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PARISPERDU
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Espaces urbains à vocations indéfinies.

9 Septembre 2009, 09:24am

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Publié par barreteau

Boulevard Ney Paris 18ème 
 

A Paris, les boulevards des Maréchaux Nord, peuvent être vus comme des espaces urbains … transitoires, à vocations indéfinies. De la porte de Champerret à celle de la Villette, on note que la densité de trafics en tous genres est proportionnelle à la dégradation du paysage. Les parties la plus cossues sont moins marquées par ces trafics que d’autres portions plus disqualifiées des Maréchaux.

L’itinéraire nord des boulevards des Maréchaux rend  compte, en effet, de contrastes inhérents à la géographie de cet espace peu ordinaire. Cette bande de territoire, parfois appelée "la zone" joue de ses ambiguïtés: routes et habitations, Paris et banlieues, circulations et stations, …

Cette "zone" présente un profil sociologique particulièrement marqué car sa population est constituée d'un métissage de classes et de cultures, découlant souvent d'un prolongement naturel des habitats des arrondissements ou de la proche banlieue.
Au regard s’offre alors une marge interlope à l'activité plus ou moins développée, à la fois séduisante et dangereuse, calme et violente, sublime et immonde …




>> Déjà sur Parisperdu : "Exterieurs nuit".

 

 

 

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Né dans la rue.

5 Septembre 2009, 09:18am

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Publié par barreteau

Gérard Zlotykamien, les "éphémères".


Parmi les lieux prestigieux de Paris, il y a le superbe bâtiment conçu par Jean Nouvel pour la Fondation Cartier, et c'est là que vous pourrez découvrir jusqu'au 29 novembre 2009, l'exposition sur le Graffiti, judicieusement intitulée : "Né dans la rue".

Le "Street art" est à la mode ces temps-ci !!! Plusieurs expositions parisiennes en ont fait la preuve dernièrement ... Ce nouvel accrochage met en lumière l’extraordinaire vitalité d’un mouvement artistique qui a pris son essor dans les rues de New York au début des années 1970 et qui est rapidement devenu un phénomène mondial.

Naturellement, vous y verrez les œuvres des "stars" new-yorkaises que sont Keith Haring et Jean-Michel Basquiat, deux artistes incontournables, très "demandés" par les collectionneurs. Mais mon choix, ira vers un artiste français, un parisien à mon sens trop méconnu : Gérard Zlotykamien, un confère de Jérome Mesnager, de Mosko et de Némo.

Gérard Zlotykamien est né en 1940. Il commence son œuvre en 1963 mais se fait surtout remarquer au cours des années 1970 en dessinant à la bombe de peinture des silhouettes fantomatiques dans l'immense chantier dit du "trou des Halles" à Paris. Ses dessins, qu'il appelle "éphémères" évoquent les ombres humaines qui se sont imprimées sur les murs lors de l'explosion d'Hiroshima.

Vendeur au rayon bricolage du BHV le jour et graffitiste la nuit, très en marge du milieu de l'Art, Zlotykamien a peint ses "éphémères" dans de nombreuses villes du monde.

Si vous ne connaissez pas encore son œuvre, courrez vite à la Fondation Cartier …


 

 

 >> Zlotykamien à la Fondation Cartier pour l'art contemporain.

>> Voir aussi sur Parisperdu : " art-urbain+street-art."

 

 

 

 

 

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Saint-Sulpice entretient le mystère.

1 Septembre 2009, 07:49am

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Publié par barreteau

© Sylvain Margaine

 

L'église Saint-Sulpice, située dans le 6ème arrondissement de Paris, est la plus grande église de Paris après Notre-Dame. Deux tours, dont l'une inachevée, constituent l'une des singularités d'un bâtiment truffé d'œuvres d'art. Six architectes et près de 134 ans ont été nécessaires à l'achèvement de sa construction, après que la première pierre eue été posée par Anne d’Autriche en 1646.

 

La récente renommée de l'église provient du retentissement de la fiction "Da Vinci Code", qui attribue à Saint-Sulpice quelques uns des concepts occultes auxquels sont confrontés les héros du film.

L'Eglise Saint-Sulpice a donc suscité, dès 2005, l'attention d'un large public grâce à ce roman de Dan Brown et à son adaptation cinématographique par Ron Howard. Cette année-là, l'église a attiré quelques 200 000 visiteurs supplémentaires. Pourtant l'autorisation de tournage, à l'intérieur de l'église, n'a jamais été accordée par la paroisse, qui a cherché à préserver le caractère sacré du lieu. Malgré tout, des "Da Vinci Tour" font toujours un passage obligé par Saint-Sulpice et figurent parmi les best-sellers des programmes des tour-opérateurs parisiens.

 

 La partie cachée, non-accessible au public, de l'édifice est un véritable labyrinthe de colimaçons et de passages étroits reliant ses 21 chapelles. Avec son vaste péristyle, ses appartements abandonnés cachés sous les toits, ses grands combles tout en bois surplombant les voûtes de la nef …  tout ici est démesuré et entretien une atmosphère étrange et envoutante.

Vous voyez ici la coupole de la chapelle de la Vierge. Elle n'est pas surmontée d'une croix mais d'une étoile comme pour nous indiquer que Saint-Sulpice n'est définitivement pas une église comme les autres … Le mystère et l'étrange se mêlent ici au sacré et au divin.

 

 

 

>> En savoir plus sur l'Eglise Saint-Sulpice.

 

 

>> En voir plus sur les coulisses de Saint-Sulpice.



 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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Le lecteur du square.

28 Août 2009, 08:36am

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Publié par barreteau

Square Jean Leclaire, Paris 17ème

 

 

"J'aime le Paris dépeuplé des jours d'Août.
Au matin, s'assoient sur les bancs perlés de rosée, … ces gens … que le seul hasard fait vivre dans les capitales. On les découvre souvent par hasard, ils font leur apparition derrière les frondaisons des impasses et des squares."

 

Extrait du  "Paris" de Jean Follain.



>> Le "Paris" de Jean Follain éveille la mémoire, il en perpétue le désir ...

>> Voir aussi sur Parisperdu: "La traversée de Paris".



 

 

 

 

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Walter Benjamin, à la recherche d'un Paris perdu.

24 Août 2009, 10:02am

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Publié par barreteau

"Passatges" - Port-Bou,  Juillet 2009



En 1935, le philosophe allemand Walter Benjamin entreprend un ouvrage qu'il intitule: "Le Livre des passages" et où il tente d'analyser l'entrée dans la modernité à travers les vestiges du Paris du 19e siècle. Resté inachevé, l'ouvrage constitue la matrice intellectuelle des derniers écrits du philosophe allemand et inscrit sa pensée aux confluents de l’esthétique, de l’histoire, des études urbaines et de la sociologie de la culture.

 

Dans cet ouvrage, l’apport principal de Walter Benjamin est sans doute d’avoir conçu la ville comme l’espace d’intelligibilité de la modernité. "Le Livre des passages" représente, en effet, une tentative sans précédent pour déchiffrer dans l’architecture parisienne du 19e siècle la préhistoire de la modernité. Walter Benjamin y développe une conception sémiotique de la ville. Celle-ci se donne à lire, un peu comme un livre. On trouve un héritage direct de cette approche dans l’ouvrage de Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes", qui place la question de la lisibilité au cœur de l’expérience moderne de Paris.

 

Loin de Paris, c'est dans la petite ville catalane de Port-Bou, là où Walter Benjamin, tentant d’échapper au nazisme, s’est donné la mort le 26 septembre 1940, que s’élève, depuis 1994, une œuvre spatiale de Dani Karavan, en mémoire du grand penseur juif allemand. Cet hommage à Walter Benjamin, nommé du nom catalan "Passatges", fait directement référence à son ouvrage inachevé, "Le Livre des passages".

Si vous le visitez, il ne faudra surtout pas vous arrêter au premier aspect, plutôt abrupt, du monument, car ce mémorial est avant tout une formidable machine à émouvoir et à penser.

Tout comme l'est aussi l'œuvre littéraire de Walter Benjamin.


>> Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes".



 

 

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La photo de Willy Ronis fait débat.

27 Juillet 2009, 11:10am

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Publié par barreteau

Image © AFP

 

 

Quand l'AFP va en Arles pour couvrir l'édition 2009 des Rencontres photographiques, elle s'intéresse - quoi de plus normal -  à l'invité d'honneur, le doyen des photographes français Willy Ronis, 98 ans.  

 

Gérard Julien, le photographe de l'Agence fait son métier et prend plusieurs images de Willy Ronis. Mais photographier un maître de la photo n'est pas si aisé. Le respect qu'on lui voue a naturellement quelque chose d'intimidant et forcément, au moment d'appuyer sur le déclic, un petit frisson vous parcourt le corps …

 

L'AFP, proposera donc avec son interview plusieurs portraits du Maître. Mais le vieil homme, ne se déplace plus qu'en fauteuil roulant, et là est la question : plan large, plan serré, fauteuil dans ou hors cadre … le débat est ouvert, que faut-il choisir ?

 

Par respect, je dirais même par amitié pour Willy, ma réponse est celle du plan serré : une image où Willy nous délivre un franc sourire et des yeux pleins de malice, montrant qu'il a gardé toute sa vivacité d'esprit.

Pourtant ce n'est pas le choix que feront la quasi-totalité des journaux qui reprendront l'article de l'AFP. La chasse au sensationnel est leur credo et l'unique photo qui sera bien souvent publiée est celle d'un Willy Ronis dans son fauteuil roulant, la tête renversée et le visage pâle. Un Willy un peu fatigué, accusant bien sûr le poids des ans, mais surtout las d'être traqué par une multitude d'objectifs sous des angles quelque peu indignes. Oui indignes car Willy qui n'a jamais recherché le sensationnel, qui a toujours su montrer l'homme, même le plus miséreux, sous son meilleur jour … oui Willy méritait mieux que cela.

Si d'ici fin Août, vous passez par Arles, vous pourrez facilement vous en rendre compte …
 

 

>> La Photo qui fait débat /  Image © AFP

 

>> Déjà dans Parisperdu : "Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles".

 

 

 

  

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La fille de Quéribus.

23 Juillet 2009, 17:10pm

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Publié par barreteau


Hier, ce fut comme une apparition : une jeune fille, seule, un peu perdue au milieu du vieux château, à 728 mètres d'altitude, face à l'immensité de la plaine …

Immédiatement cette image en appelait une autre et, en écho, me revenait l'image de "La fille de Bercy", elle aussi seule sur la terrasse surplombant le fleuve, face à la démesure de la Très Grande Bibliothèque …


>> En écho, dans Parisperdu : "La fille de Bercy".

 

 

 

 

 

 

 

 

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Balade hors des sentiers battus (3/3)

19 Juillet 2009, 09:37am

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Publié par barreteau

Square Vaillant / Rue du Japon –Paris 20ème

 

Paris, un jour de juillet.

17 heures, place Gambetta.

 

C'est l'heure idéale pour aborder ce quartier "en bout de piste", coincé entre le verdoyant cimetière du Père Lachaise et de petits tertres urbains.

Dès que vous atteignez la place Gambetta, instantanément,  vous allez vous croire dans le centre ville d'une sous-préfecture de province. Il vous semble même que vous pourriez rencontrer des figures déjà vues ailleurs, tant les gens semblent ici moins pressés, plus abordables que dans le centre historique.

Face à la place Martin Nadeau, la terrasse d'un café est bien attirante. N'hésitez surtout pas à vous y arrêter: vous avez devant vous la monté vers la rue Gasnier-Guy et le nouveau square qui occupe le secteur détruit de la rue de la Cloche. Là vivait, il y a encore peu de temps, tout un quartier populaire qui s'étendait jusqu'à la rue des Partants et à celle des Amandiers …

 

"Quand on questionne le passé, il répond présent !" disait Sacha Guitry. Eh oui … car ici la nostalgie vous guette nécessairement : tant de choses ont changé … Ceux qui sont venu ici, il ya 10 ans, 15 ans ne reconnaitront rien …
 

Pour vous replonger dans la vie d'aujourd'hui, le mieux sera de terminer cette journée de balade au Square Vaillant, derrière la mairie du 20ème. Tout autour de l'élégante serre, des enfants de toutes nationalités s'adonnent à des jeux de leur âge, en toute insouciance … Passer ici quelques instants à les observer est un réel délice.
 

Le soleil commence à décliner, il est temps de rentrer, les pieds bien fatigués, mais le cœur léger et l'esprit enrichi d'images, de rencontres, d'émotions accessibles seulement à ceux qui n'hésitent pas à cheminer dans la capitale, hors des sentiers battus …

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris, guide à l'usage du touriste averti".

 


>> Voir aussi sur Parisperdu :Balade hors des sentiers battus ... (2/3)

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Rue de la Cloche".

 

 

 

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Balade hors des sentiers battus (2/3)

15 Juillet 2009, 10:08am

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Publié par barreteau

 

 

Paris, un jour de juillet.

Midi, parc de Belleville - Paris 20ème.

 

C'est peu avant midi, que vous allez atteindre le haut de la rue Piat et que vous pourrez découvrir de son belvédère, une grande partie de Paris à vos pieds. Avec le soleil au zénith, la ville, inondée de lumière, semble irréelle tant le calme qui règne ici est profond, aucun écho du vacarme assourdissant de la capitale ne parvient jusqu'à vous.


Descendez alors les allées du parc, en cheminant près des bassins et des cascades qui vous apportent tant de fraîcheur, observez les jeux des enfants sur les toboggans ou près des points d'eau, autoriser-vous un regard furtif vers les langoureuses étreintes des amoureux assis sur les bancs ou à même le gazon …
 

En remontant vers le haut du parc, par l'escalier qui part de la rue des Couronnes, vous allez sans doute commencer à ressentir une petite faim, mais surtout fuyez le café Bobo, même s'il semble dire qu'après tout, ce n'est pas "La Mer à Boire " …
Allez plutôt casser la croûte au vieux Belleville ou, si le temps vous presse, optez pour un sandwich à la boulangerie du coin de la rue du Transvaal.
Le ventre plein, les charmes du haut-Belleville s'offrent à vous : perdez-vous dans les passages, les cités, les ruelles, les rues qui respirent encore l'air d'autrefois: rue des Cascades, rue de l'Ermitage, rue des Soupirs …

Il serait bien étonnant que vous ne rencontriez pas quelques artisans, artistes ou commerçants prêts à vous montrer leurs savoir-faire et à engager avec vous la conversation sur leur quartier, sur ce haut de Belleville qu'ils aiment tant.

 

A suivre …

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris ... à dimension humaine".
 

>> Voir aussi sur Parisperdu : Balade hors des sentiers battus ... (1/3)

 

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Balade hors des sentiers battus (1/3)

11 Juillet 2009, 08:53am

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Publié par barreteau

Bar "Le Pont tournant", Angle du quai de Jemmapes et de la rue de la Grange aux Belles.
Paris 10ème – 1996


Paris est un réservoir infini d'images et de sensations. Pour vous en abreuver, il vous faudra l'arpenter d'ouest en est, du nord au sud, marcher sans cesse pour espérer, tel Léon-Paul Fargue, devenir un véritable "piéton de Paris", et peut-être alors pouvoir suivre ses fantômes.

Au cours de ces promenades, le marcheur va s'imprégner d'un parfum rare, un peu celui des photos de Doisneau ou de Willy Ronis, celui du promeneur résolu à prendre son temps et à ouvrir grand les yeux.
Voici l'exemple d'une balade parisienne hors des sentiers battus... lors d'une journée bien remplie :

Paris, un jour de juillet.
Départ, 6 heures du matin.

Un plan de Paris en poche, vous éviterez les coins trop fréquentés : Saint- Germain, les Champs, le Trocadéro, ou trop chics, Passy, le Marais ...
Vous foncerez plutôt, face au soleil levant, en direction des hauts quartiers de l'Est parisien.

Dès que vous aurez atteint le canal Saint-Martin, il conviendra de mettre votre esprit en éveil, de guetter le plus humble détail, chaque cillement des paupières lourdes de la ville encore endormie. Là, vous pourrez contempler les couleurs fauves de l'un de mes paysages parisiens de prédilection, cher aussi à Eugène Dabit, peintre et auteur de L'Hôtel du Nord. Vous longerez le canal, vous l'enjamberez par ses passerelles aériennes, vous écouterez le bruit de l'eau s'échappant des écluses et admirerez la majestueuse courbe de cette voie argentée …

N'hésitez pas alors à pénétrer au "Bar du Pont Tournant", un des cafés encore fréquenté par les mariniers. Là, malgré l'heure matinale, les marmites de moules-frites, se vident aussi vite que les ballons de blanc. Un rouquin barbu m'apostrophe dans une langue que je ne comprends pas, en m'adressant un clin d'œil appuyé. Plus loin, vous devez pouvoir assister au même genre de spectacle dans les cafés, les brasseries, les troquets et les bistrots qui se font face de chaque côté du canal, juste avant le bassin de La Villette et sa jonction au canal de l'Ourcq.

A suivre...
 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux"


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.

7 Juillet 2009, 09:18am

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Publié par barreteau


Paris est sans conteste l'un des grands thèmes de Ronis, ses images éclectiques et abondantes, se répondent et se croisent, dans une danse de vie placée sous le signe de la liberté. Le "photographe-polygraphe", comme il se nomme lui-même, fut en effet toujours guidé par le seul souci de s'affranchir des contraintes et des modes. Un artiste autonome, en recherche constante de l'authenticité.

Ronis nous montre simplement les choses et les êtres comme ils sont, comme ils vont, comme ils viennent dans ce Paris, où il va au hasard de la vie, de la ville, "pour provoquer des images", comme il le dit joliment.


"Paris, c'est mon sang!" ajoute-t-il. Dans les quartiers populaires de Belleville, de Ménilmontant, mais dans beaucoup d'autres aussi, il parcourait les ruelles vétustes, les arrière-cours, les squares, les friches urbaines, fixant sur la pellicule les petits métiers, les jeux des enfants, les fêtes foraines et les bals...


Rien de laid ni de vulgaire n'apparaît jamais sur les photos de Ronis. Tout est joie et espièglerie, douceur et volupté, légèreté et humour. Même lorsqu'il traite de sujets difficiles - la pauvreté, par exemple -, il parvient à distiller ce je-ne-sais-quoi de "bonheur malgré tout" et d'humaine tendresse.

Ronis fêtera ses 99 ans aux Rencontres de la Photographie d'Arles, où une rétrospective lui est consacrée. Le doyen des photographes français, a passé trois quarts de siècle à promener son regard bienveillant parmi les hommes, leurs destins, leurs joies et leurs misères. Aujourd'hui qu'il n'exerce plus ses talents, il garde encore cette capacité à s'émerveiller sur le monde, à croire en l'avenir, à ne rien regretter de ce qu'il a vécu.

Mais comment regretter une vie passée à ouvrir grands les yeux, pour faire en sorte que l'ordinaire se révèle extraordinaire ?

 

>> Ecoutez Willy Ronis sur son parcours, sa vision de la photographie, ...

>> Parisperdu et Willy Ronis.


 

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Etrange banalité ...

2 Juillet 2009, 08:22am

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Publié par barreteau

Rue Myrha - Paris 18ème

 

A la sortie des bistrots, malgré la nuit, la lumière est à son intensité maximale, elle explose de tous côtés … Elle s'étalera sur toute la surface de la photographie et les plus fins détails percuteront le devant de la scène.

Les hommes, toutes générations confondues, sont ici les plus nombreux. En attente, solitaires ou par petits groupes de deux ou trois, ils sont seuls dans la cité qui les entoure, perdus dans la ville, perdus dans la vie.

Ces individus ponctuent notre parcours dans ce quartier "chaud" de la Goutte d'or. Leurs regards à l’agressivité préventive indiquent qu’ils sont ici chez eux.
Certains "deal", d’autres, moins nombreux ou moins visibles, guettent et surveillent les prostituées. D'autres encore sont là, appuyés au mur qui forme un arrière-plan plus sombre, sans ouverture, rendant possible l’adossement, le contrôle de l’arrière, et donne, malgré la pénombre, un champ de vision longitudinal lointain. Quelques uns sont enveloppés par la lumière artificielle, des ombres marquent leur visage et leur donnent d'affreux rictus.

Ces situations qui ailleurs pourraient sembler bizarres, décalées, paraissent ici normales, naturelles.
Chaque nuit, à la Goutte d'or, règne une étrange banalité …



>> Déjà sur Parisperdu : "Eva yé t'aime".

>> Déjà sur Parisperdu : "Perspective à la Chapelle".



 

 

 

 

 

 

 

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Lumière sur la rue de Montempoivre.

28 Juin 2009, 09:53am

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Publié par barreteau


La rue de Montempoivre
est une petite rue bien calme du 12ème arrondissement. Elle débouche sur la porte du même nom. Cette dernière n'a toutefois pas eu l'honneur de figurer parmi les 34 portes qui rythment le périph, si bien que peu de parisiens en connaissent l'existence. Et, si vous y résidez, vous serez constamment obligé, pour préciser votre adresse, d'indiquer : "c'est entre la porte de Vincennes et la porte Dorée" …

Ici, seule une raie de lumière égaye et réchauffe la petite rue à l'atmosphère plutôt froide.

Cette irruption du soleil est due au seul fait que les immeubles n'ont pas pu s'adosser au pont du chemin de fer de la Petite Ceinture. Mais la nature urbaine ayant, par définition, horreur du vide, ce no-mans' land fait - peu ou prou - office de décharge sauvage : cartons et objets divers sont fréquemment déposés ici, bien en évidence dans le petit puits de lumière, face à l'incongru placard publicitaire.

Un peu plus loin, une enfilade de ponts donne à la rue de Montempoivre un petit air de rue Watt. Ce paysage est toutefois bien différent de celui de la célèbre voie souterraine du 13ème. Car là, s'annonce la coulée verte, et alors, au bout de la rue, enfin libérée de toute entrave, la lumière éclate de toute part …


 

>> "Rue de Montempoivre superstar" sur le blog Belairsud.





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Belleville, embarquement immédiat.

24 Juin 2009, 09:59am

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Publié par barreteau

Passage de Pékin, 75020 Paris - 1997

 

Pourquoi suis-je tant attaché au quartier de Belleville ?
Ici pourtant point de jolis immeubles, rien que les façades simples d'un quartier populaire ou des constructions sans âme, rebâties à la hâte dans les secteurs qui ont été rasés dans les années 70 …


Mais ce quartier a une âme, … et partout, la vie est bien là… C'est un dépaysement constant, dû sans doute aux effluves d'épices ou de mets exotiques, aux diverses tenues vestimentaires entrevues çà et là, ou encore aux dialectes inconnus entendus dans les rues. Des rues dont les noms évoquent déjà le voyage : passage de Pékin, rue d'Annam, rue du Sénégal, rue de Pali Kao...
Sur les vitrines des points-service "téléphone et internet", une liste sans fin de pays s'égraine. Elle ressemble au tableau d'affichage des "Départs" ou des "Arrivées" d'un aéroport international. Et partout, sur les murs, des petits bouts de papier couverts d'idéogrammes, nous montrent le mode de communication favori de la communauté chinoise.


A Belleville, il existe encore des artisans avec leurs petites boutiques, des "alimentations épiceries", des boucheries hallal ou "cacher, sous contrôle du grand rabbinat de Paris" …
Les gosses jouent aux ballons sur la bande centrale des boulevards de Belleville ou de La Villette, et rêvent de devenir Zizou ou Thierry Henry …

On voit, tout au long des trottoirs, des arabes, assis sur leurs tabourets, et agitant des éventails les jours de chaleur... Des chinois sans papier, fraîchement débarqués, gardent encore leur coutume de s'asseoir, accroupis, recroquevillés … Des sri-lankais, vendeurs de maïs grillés, guettent les flics; des blacks discutent en bandes, et leur groupe est de temps à autre secoué par de grands éclats de rire … Des bananes "jaunes extérieurement, blancs à l'intérieur" sortent des supermarchés asiatiques, les bras et les mains surchargés de sacs … jaunes.

A la sortie du métro de Belleville, les missionnaires de l'église protestante, de la scientologie, les Falunlong cherchent à séduire les passants … avec le sourire. Ils se feront plus instant avec la gente féminine.
Décidément, ce quartier est un lieu saint: mosquées, églises, synagogues cohabitent et assurent les habitants de leurs bénédictions, car ici, rarement le ton monte …

Les kebabs, les traiteurs, les restos asiatiques, les petits bistrots, les cafés-terrasses, les fast-foods animent le quartier de jour comme de nuit.

Au café "Aux Folies", un vieux "rade" dont la déco date des années 30, s'agglutine une faune cosmopolite composée de chinois, de juifs, de maghrébins et de français souvent d'origine provinciale, le tout forme un mélange très représentatif de la diversité ethnique de Belleville. C'est dans un brouhaha provoqué par tous ces clients, dont chacun s'exprime dans sa langue, que l'on prend une bière au bar et là, en se coudoyant avec ses voisins, on comprend alors ce que veut dire l'expression "une fraternité de voisinage ".

C'est sans doute pour toutes ces raisons, pour tout ce vivant fatras, que je suis aussi fortement attaché à ce quartier …



>> Voir aussi sur Parisperdu : "Chinoiseries à Belleville".
 

 

 

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Plus belle la ville.

20 Juin 2009, 20:58pm

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Publié par barreteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jardin du 18 passage des Soupirs - Paris 20ème

Paris n’est plus ce qu’il était… et c’est peut-être tant mieux !
En effet, depuis qu’un vent nouveau a dépoussiéré les transports, l’arpenter à pied relèverait presque du romanesque. Enfourcher une "petite reine" pour baguenauder dans Paris n’a plus rien d’exceptionnel, c'est l'effet Vélib’...

Et parfois, que trouve-t-on au hasard d'une rue, au pied des immeubles, sur des terrains en friche ? Des jardins, et même de plus en plus de jardins car, depuis l’an 2000, de nombreux riverains se sont appropriés une cinquantaine de ces terrains communautaires, que l'on appelle "les jardins partagés".

Les Parisiens auraient-ils envie de s’octroyer un nouveau type de loisir dans leurs moments de répit ? Peut-être bien car ici, on se réunit pour grattouiller son lopin de terre, pour pique-niquer ou recevoir les enfants des écoles voisines. C'est aussi un formidable catalyseur pour se connaître, un préalable à la solidarité.


Mais quelle est l’idée finale de ces jardins partagés ?
Vraisemblablement celle de créer une dynamique qui va favoriser l’entraide de proximité.  Des exemples ? Ils sont légion : acheter la baguette de la voisine, qui gardera votre enfant, … prêter sa perceuse au voisin et utiliser son accès Wifi… : mieux vivre, ça ne coûte rien.

Plus ouverte, plus conviviale, et s'il faisait enfin bon vivre dans la capitale ?

 

  • Autres jardins partagés:

 >> "Jardinons ensemble"

>> "Jardins partagés"

>> Aussi sur "Parisperdu": "La belle au Bois Dormoy ..."

 

 

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