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PARISPERDU

Gazomètres.

16 Octobre 2009, 09:51am

Publié par barreteau



Le terme "gazomètre" fut créé par William Murdoch, l'inventeur de l'éclairage au gaz, dans les années 1800. En dépit des objections de ses associés, qui lui expliquaient que son "gazo-mètre" ne mesurait rien, contrairement à ce que semblait indiquer son suffixe, le terme fut retenu et passa dans l'usage courant.

Pourtant, le terme de "réservoir à gaz" aurait été plus exact car ces immenses structures métalliques sont utilisées pour conserver le gaz sous une cloche, dont la hauteur varie en fonction de la quantité de gaz présente.

 

La révolution industrielle du 19ème siècle vit fleurir les gazomètres aux abords des villes.

A Paris, la plus forte concentration de ces réservoirs se trouvait à la périphérie Nord: de La Plaine, au Landy, en passant par La Villette et la rue de l'Evangile. On en dénombra jusqu'à 61 en 1907.
Ces "énormes cloches en fer boulonné" dont les plus grosses, hautes de 65 m, mesurent 75 m de diamètre, ont marqué durant plusieurs décennies le paysage industriel urbain. Les pulsations de leurs calottes bombées étaient le signe tangible du fonctionnement de l’usine à gaz. L’alternance levée-abaissement de leurs couvercles signalait le mouvement remplissage-émission et permettait de distinguer les variations diurne et nocturne de la distribution du gaz. A Paris, les gazomètres alimenteront plus de 40 000 réverbères, surtout abondants aux abords des bâtiments publics, des halles, des théâtres et … en y ajoutant les vitrines illuminées, ils vont faire de Paris, la fameuse "ville lumière".

 

Mais en 1951, on découvre, dans un petit village des Pyrénées du gaz naturel. Le méthane de Lacq arrivera à Paris juste dix ans plus tard, et cette arrivée sonnera le glas des gazomètres car le gaz naturel peut se stocker dans des poches souterraines.

Devenus inutiles, les gazomètres disparaissent peu à peu du paysage urbain, …
A Paris, tous seront démolis, le dernier en 1982.



>> Déjà sur Parisperdu : "Carrefour de l'Evangile".


>> Déjà sur Parisperdu : "Usine à Gaz !"


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Dalle ou dédale des Olympiades ?

12 Octobre 2009, 08:53am

Publié par barreteau


Loin de la structure traditionnelle du tissu urbain, ce quartier du 13ème arrondissement est extrêmement déroutant. Si vous voulez vous rendre dans certaines rues, à une adresse précise, rue du Javelot ou rue du Disque, par exemple, il faudra vous armer d'une bonne dose de patience. Car ces rues, enfouies sous la dalle, sont totalement invisibles, inaccessibles aux piétons et quasiment introuvables.

Venant de la rue de Tolbiac, vous allez gravir 56 marches, soit presque 10 mètres de dénivelé, et déboucherez alors sur un panorama d'immeubles uniformes et inexpressifs.
La dalle est bruyante, et les discussions se réverbèrent en écho sur les immenses parois d'immeubles aux alvéoles bien rangées, trop bien rangées ... A observer les cases de béton savamment biseauté, on se prend à rêver à une certaine science fiction où des véhicules en lévitation desservent chaque case/appartement, aux coordonnées tridimensionnelles rigoureusement répertoriées. Vous habitez alors, par exemple, le "repère" suivant: X02/Y15/Z24. Et pourtant, c'est bien au sol que se situe votre adresse, rue du Disque ou rue du Javelot !

Vous devez gravir encore 28 marches supplémentaires pour accéder à un second niveau de la dalle qui ici, n'est plus toute neuve ... ! La crèche va être reconstruite, et la dalle sera rénovée, promet une affichette. Mais à coté, sur le béton brut, un tag crie: "Vas y, nique ta race".

Troisième niveau, fin du dédale ... vous débouchez sur un jardin condamné. Le vent frais tournoie entre les barres toutes semblables. L'herbe a poussé entre les dalles de béton, et les gigantesques pots des tilleuls adultes se fissurent.
Le jardin domine un trou béant où les voies ferrées de l'ancienne gare des Gobelins s'engouffrent sous la dalle. Une bande de gamins vient y trainer. Ironie du lieu, à observer leurs jeux intemporels, un parfum tenace de nostalgie embaume - aujourd'hui - l'utopie d'hier.

 

 >> Voir aussi sur Parisperdu: "Italie 13" : La politique de la table rase.

 

 

 

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Au cimetière de Charonne.

8 Octobre 2009, 18:45pm

Publié par barreteau



Le quartier ressemble à un village et conserve encore aujourd'hui un aspect campagnard. Sur un tertre se dresse l'église Saint-Germain-de-Charonne à laquelle est accolé un petit cimetière.
Avec celui du Calvaire à Montmartre, il est le seul cimetière parisien à jouxter une église paroissiale. Ces deux lieux ont donc échappé aux dispositions du décret du 12 juin 1804 interdisant les inhumations dans l’enceinte des villes et bourgs.

 

Si le quartier a subit d’énormes bouleversements dans les années 70-80, l’église et son petit cimetière forment un îlot suranné, non dénué de charme, et où la tristesse n'est pas de mise.
Bien sûr, calme et sérénité émanent naturellement de ce type de lieu mais le côté paisible du site est également dû au fait qu'aucune personnalité marquante, aucun V.I.P n'est enterré ici.


Vous qui recherchez un "Paris différent", calme, apaisé, silencieux, hors du temps, … ce coin de Charonne est fait pour vous.


>> Voir aussi dans Parisperdu : "Le regard sur la ville"

 

 

 

 

 

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Ici Paris n'est plus le même.

4 Octobre 2009, 09:05am

Publié par barreteau

Boulevard d'Indochine, Paris 19ème.
 

Il y a beaucoup à dire sur le Paris des boulevards extérieurs. Là échouent nombre de celles et de ceux que la capitale ne veut pas accueillir entre ses murs. Sur cet anneau urbain, l’être humain ne demeure pas et le passant semble en exil, étranger à l’espace qui l'entoure. Ces lieux restent indifférents à l’égard de beaucoup.
Ici Paris n’est déjà plus le même, pourtant ce n’est pas encore la banlieue. Dans ces interstices aux quartiers compressés, il y a des stades, des parcs, des cimetières, des échangeurs, … de la circulation, du vacarme, des accidents, des trafics en tous genres …

Personne n’habite dans ces mornes décors, mais quelques humains fréquentent ces lieux déshérités. Ce sont souvent des prostituées, en majorité étrangères, souvent droguées, parfois mineures, baladées de mains de macs en mains de bourgeois… Ce sont aussi des immigrés, perdus entre campagne et ville, entre boulots et chômage, dans un environnement hérissé de déchets d'urbanisme, de vieilles usines en déroute ou de récentes constructions à but sportif ou culturel, ou encore de bistrots délabrés ou de Mc Donald's rutilants …

Pourtant, à l'heure où la ville semble vouloir redessiner ses limites, le futur de Paris, d'un "Grand Paris", ne se jouerait-il pas ici, dans ces lieux que la ville n'a pas voulu, jusqu'ici, reconnaître comme les siens … ?


>> Déjà sur Parisperdu : " Espaces urbains à vocations indéfinies"

 



 

 

 

 

 

 

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La villa Faucheur.

30 Septembre 2009, 09:26am

Publié par barreteau

Une impasse sécurisée de la villa Faucheur – Paris 20ème – octobre 2005

 

C'est un lieu un peu spécial, car ici, de tout temps, une certaine agitation a toujours régné.


Historiquement, la villa Faucheur était une villa de petits artisans, avec son atelier-vedette, celui du céramiste Le Tallec. Créé en 1905, il y resta jusqu'en 1978. Il y avait également là beaucoup de logements modestes, comme dans tous les quartiers ouvriers de l’est parisien.

En 1978, la villa Faucheur est restructurée et réaménagée afin d'implanter des foyers de la Sonacotra pour les travailleurs migrants. Une école primaire y sera également ouverte.


Dans les années 80, plusieurs squats, d’une trentaine d’habitants chacun, s'établissent Villa Faucheur. Tous sont "gérés" par le Mouvement Autonome qui se définit comme un organe en lutte pour l’autonomie du prolétariat, un mouvement classé à gauche de l'extrême gauche. On assiste alors, quotidiennement, à de violents affrontements entre résidents et squatters. Finalement, les squats seront purgés et les Autonomes quitteront le quartier.


Le secteur va par la suite abriter une population immigrée de plus en plus importante, surtout d'origine africaine, ainsi qu'une forte proportion de ménages en situation précaire. Les conditions de logements dans la Villa restent inégales : une moitié du bâti est relativement récent alors que l’autre moitié, datant d’avant 1948, est souvent fortement dégradé.

Un esprit de cité, de territoire s'installe ici, comme dans les banlieues. La cité "Piat-Faucheur-Envierges" est ce qu'on appelle "un quartier difficile". Elle héberge environ 3000 habitants et l'essentiel des 82 nationalités recensées sur le quartier de Belleville. La cité a même été pendant quelque temps classée en zone urbaine sensible (ZUS). Elle n'a pas bonne réputation dans le "quart Est" de Paris. On déconseille aux nouveaux arrivants de s'y installer. C'est une cité stigmatisée et "stigmatisante". Des trafics en tous genres se déroulent, en permanence, sous le haut porche de la Villa, ils sont souvent suivis de bagarres et de règlements de comptes.

Nouveaux migrants des années 2000, les "bobos" investissent à leur tour ce quartier du 20ème arrondissement. Aussi, retrouve-t-on aujourd'hui nombre de bourgeois-bohèmes, dans ce labyrinthe de rues tortueuses qu'est la Villa Faucheur. Là, enfermés à l'abri des regards, barricadés derrière des grilles, les bobos goutent au charme "un peu spécial" de ce quartier "ultra-tendance" …



>> L'Atelier du céramiste Le Tallec.

>> Le Mouvement Autonome.

>> Némo à la Villa Faucheur.


Voir aussi sur Parisperdu :

>> "Malaise à Belleville".

>> "Belleville : de la déliquescence à la délinquance ... "

>> "C'est déjà ça …"

 

 

 

 

 

 

 

 

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De l'autre côté de l'amer.

26 Septembre 2009, 08:53am

Publié par barreteau

Rue du Tunnel: perspective vers la rue des Alouettes  - Paris 19ème -  Juin 1995

 

Dans la perspective de la rue du Tunnel, le mât émetteur est comme un amer destiné à orienter le promeneur. Dépouillé des ses organes actifs, il y a bien longtemps qu'il n'émet plus rien, car depuis le printemps 1996, une armada de bulldozers a achevé de tirer un trait sur les studios de télévision des Buttes Chaumont situés au pied de ce mât qui, pendant 40 ans, s'est élevé au-dessus des collines de Belleville.

Ici, se  dressent désormais les immeubles d'habitation d'une énorme opération immobilière. La valeur du site des Buttes-Chaumont avait été estimée à 450 millions de Francs, on ne trouva qu'un seul preneur … à 150 millions, mais ne s'agissait-il pas d'un spécialiste du bâtiment … et de la télé …? Bouygues … bien sûr !

 

Les studios détruits par Bouygues ont pourtant un glorieux passé qui rend cette opération encore plus scandaleuse.
C'est ici, en effet, que Léon Gaumont construisit dès 1895 le premier studio de cinéma français. Un immense périmètre, allant de la rue de La Villette à la rue du Plateau et au parc des Buttes-Chaumont, était alors le lieu de travail de quelques 1 500 opérateurs du 7ème art.
Puis les studios des Buttes furent rachetés et transformés par la Radio Télévision Française qui devient par la suite l'ORTF. Et c'est l'essentiel de l'histoire de la télévision en France qui s'écrivit ici, jusque vers 1985. Toutes les tentatives de sauvegarde d'une mémoire du site par la création, par exemple, d'un musée de la télévision échouèrent et dès 1989, les pelleteuses commencèrent le massacre.

 

Qu'il a-t-il maintenant de l'autre côté de l'amer ?
Plus grand chose. Il ne reste des Studios des Buttes-Chaumont que quelques troquets, rescapés de la ceinture de bistrots qui les entouraient et que fréquentaient alors aussi bien les cameramen, les techniciens … que les vedettes du show-business de l'époque.

 

Seul supplément d'âme dans ce coin de béton plutôt laid, le Centre d’Art Contemporain du Plateau créé ici en 2002, un lieu culturel et social de qualité qui, en plus de ses expositions d'arts plastiques s’ouvre à d’autres champs artistiques, en proposant des soirées de musique contemporaine, des séances de lecture et bien d'autres choses encore …


>> Le Centre d’Art Contemporain du Plateau : site officiel.

 

 

 

 

 

 

 

 

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La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ?

22 Septembre 2009, 09:17am

Publié par barreteau

Photo: © Bertrand Prévost

 


Crise internationale, crise du monde financier, crise des entreprises, mondialisation, délocalisation, crise de l'emploi …

Des milliards de pertes, mais pour qui ? : les actionnaires, les patrons, les épargnants …

Des profits, mais pourquoi ? : parachutes dorés, primes pour les traders, stock-options …

Plan de relance sur plan de relance … Des sommets où le monde politique essaie de rattraper un pouvoir économique non maîtrisé …

Au milieu de ce cataclysme international où l'on perd tous nos repères, nos valeurs, nos références, nous qui voulons comprendre les responsabilités, tirer les leçons de ces erreurs; seule une tribune ouverte à tous, plurielle, libre, nous évitera de sombrer dans l'obscurantisme, l'extrémisme et toutes ses conséquences.

 

Dans un monde médiatique, où tout va trop vite via Internet, la photographie a-t-elle encore une place, un rôle à jouer ? La force de la photographie, devenue numérique, réellement instantanée, est d'être un support majeur qui s'exprime dans notre subconscient.

Au-delà de son message, la photographie est aussi une expression culturelle, un ressenti, une atmosphère et cette qualité reste en ces temps difficiles très prisée par un public toujours plus nombreux sur les photo-blogs, les magazines ou les grandes expositions spécialisés ?
La photographie peut-elle remettre l'homme au centre du débat, le placer au-dessus de la logique économique, financière qui bien souvent l'écrase ou même tout simplement le nie … ?

 

Quelque soit l'actualité, Parisperdu, poursuit sa recherche d'une vision d'un Paris et de ses habitants faite de libre expression et de respect des valeurs essentielles de tolérance et d'humanisme.

Un grand ancien, récemment disparu nous en a clairement indiqué le chemin …

 

 

>> Willy Ronis, un grand ancien récemment disparu …

 

>> Bertrand Prévost, un photographe humaniste d'aujourd'hui ?

 

>> Bertrand Prévost, "Projet des  Parisiens du 19ème."

  

 

 

 

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Fabien, par un chemin détourné.

17 Septembre 2009, 09:53am

Publié par barreteau


En hommage à Willy Ronis

 

Fabien rentre de l'école, il dévale "quatre à quatre" l'escalier de la rue de l'Equerre. Aujourd'hui, il est très en retard …

L'école de Fabien est située en haut de la rue Clavel, son entrée jouxte un bâtiment montrant une mosaïque où l'on lit : "PEIGNES A.MERMET". Il s'est toujours demandé ce que cela voulait bien dire ? Mais Fabien n'a jamais osé en demander la signification à sa maîtresse d'école.

Pourtant elle lui aurait certainement répondu, qu'il s'agissait d'un vestige de la fabrique artisanale des "Peignes Mermet". Cette  superbe fresque reste, en effet, le seul témoignage de l'ancienne activité industrielle du quartier.

Lorsque Fabien sort de l'école, il rentre habituellement par le square Bolivar. Un élégant square triangulaire, calme, isolé, un peu hors du monde dans ce coin retiré du 19ème … Puis il prend les escaliers de la rue de l'Equerre, un parcours que ses parents lui demandent de respecter strictement …

Mais parfois, la tentation est trop forte et, au lieu de descendre le Square Bolivar, Fabien remonte jusqu'à la rue Fessart pour atteindre le parc des buttes Chaumont. Là, il y retrouve ses copains pour jouer au foot …

Et justement, c'est ce détour qu'il a fait aujourd'hui …
Fabien sait qu'il va sans doute se faire réprimander par sa mère qui déjà doit l'attendre avec impatience …




>> Voir aussi sur Parisperdu : "Garage de l'Equerre".

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Square Bolivar".

>> La mosaïque des "PEIGNES MERMET".

 

 

 

 

 

 

 

 

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Au revoir et merci Monsieur Ronis.

13 Septembre 2009, 09:10am

Publié par barreteau


"Les amoureux de la Bastille". 1957, sur les murs de l'Hôtel de Ville, Paris 2005.
Portrait WR:  AFP/Gérard Julien

 

 

Willy Ronis, photographe et amoureux de Paris, nous a quitté samedi 12 septembre. Considéré comme l'un des grands maîtres à penser de la photographie humaniste, il avait 99 ans.

Je suis ému à l'extrême par ce grand départ. Willy, que j'ai eu la chance de pouvoir croiser à plusieurs reprises au cours de ces quinze dernières années, me laisse le souvenir d'une grande sensibilité, d'une gentillesse hors du commun. C'était un être fait de paix tranquille, qui parlait des hommes aussi bien qu'il les photographiait.

J'attendais avec crainte le décès inéluctable de mon très cher "Professeur", car c'est grâce à lui que j'ai "la passion" de l'image, et c'est aussi grâce à lui qu'est né Parisperdu.
Ses photos et la douceur de leurs nuances, la délicatesse de leur lumière, la poésie de leur composition, sont très exactement l'émanation du personnage fait de tendresse et d'imagination que j'ai connu. Avec Ronis, on comprend tout de suite que c'est le photographe qui fait la photo, pas l'appareil...


Un Grand merci, Willy, pour l'œuvre que vous nous laissez, une œuvre à la hauteur du grand homme que vous resterez. Un grand merci aussi pour l'exemple que vous êtes, car pour les nouvelles générations, Willy Ronis, c'est l'école de la photographie par excellence.
La relève ne va pas être facile.

 


>> En mai dernier,  Willy Ronis racontait les circonstances dans lesquelles il a pris un certain nombre de ses clichés les plus célèbres.

 

 

  • Willy Ronis et Parisperdu :

>> La photo de Willy Ronis fait débat …

>> Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.

 

 

 

 

 

 

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Espaces urbains à vocations indéfinies.

9 Septembre 2009, 09:24am

Publié par barreteau

Boulevard Ney Paris 18ème 
 

A Paris, les boulevards des Maréchaux Nord, peuvent être vus comme des espaces urbains … transitoires, à vocations indéfinies. De la porte de Champerret à celle de la Villette, on note que la densité de trafics en tous genres est proportionnelle à la dégradation du paysage. Les parties la plus cossues sont moins marquées par ces trafics que d’autres portions plus disqualifiées des Maréchaux.

L’itinéraire nord des boulevards des Maréchaux rend  compte, en effet, de contrastes inhérents à la géographie de cet espace peu ordinaire. Cette bande de territoire, parfois appelée "la zone" joue de ses ambiguïtés: routes et habitations, Paris et banlieues, circulations et stations, …

Cette "zone" présente un profil sociologique particulièrement marqué car sa population est constituée d'un métissage de classes et de cultures, découlant souvent d'un prolongement naturel des habitats des arrondissements ou de la proche banlieue.
Au regard s’offre alors une marge interlope à l'activité plus ou moins développée, à la fois séduisante et dangereuse, calme et violente, sublime et immonde …




>> Déjà sur Parisperdu : "Exterieurs nuit".

 

 

 

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Né dans la rue.

5 Septembre 2009, 09:18am

Publié par barreteau

Gérard Zlotykamien, les "éphémères".


Parmi les lieux prestigieux de Paris, il y a le superbe bâtiment conçu par Jean Nouvel pour la Fondation Cartier, et c'est là que vous pourrez découvrir jusqu'au 29 novembre 2009, l'exposition sur le Graffiti, judicieusement intitulée : "Né dans la rue".

Le "Street art" est à la mode ces temps-ci !!! Plusieurs expositions parisiennes en ont fait la preuve dernièrement ... Ce nouvel accrochage met en lumière l’extraordinaire vitalité d’un mouvement artistique qui a pris son essor dans les rues de New York au début des années 1970 et qui est rapidement devenu un phénomène mondial.

Naturellement, vous y verrez les œuvres des "stars" new-yorkaises que sont Keith Haring et Jean-Michel Basquiat, deux artistes incontournables, très "demandés" par les collectionneurs. Mais mon choix, ira vers un artiste français, un parisien à mon sens trop méconnu : Gérard Zlotykamien, un confère de Jérome Mesnager, de Mosko et de Némo.

Gérard Zlotykamien est né en 1940. Il commence son œuvre en 1963 mais se fait surtout remarquer au cours des années 1970 en dessinant à la bombe de peinture des silhouettes fantomatiques dans l'immense chantier dit du "trou des Halles" à Paris. Ses dessins, qu'il appelle "éphémères" évoquent les ombres humaines qui se sont imprimées sur les murs lors de l'explosion d'Hiroshima.

Vendeur au rayon bricolage du BHV le jour et graffitiste la nuit, très en marge du milieu de l'Art, Zlotykamien a peint ses "éphémères" dans de nombreuses villes du monde.

Si vous ne connaissez pas encore son œuvre, courrez vite à la Fondation Cartier …


 

 

 >> Zlotykamien à la Fondation Cartier pour l'art contemporain.

>> Voir aussi sur Parisperdu : " art-urbain+street-art."

 

 

 

 

 

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Saint-Sulpice entretient le mystère.

1 Septembre 2009, 07:49am

Publié par barreteau

© Sylvain Margaine

 

L'église Saint-Sulpice, située dans le 6ème arrondissement de Paris, est la plus grande église de Paris après Notre-Dame. Deux tours, dont l'une inachevée, constituent l'une des singularités d'un bâtiment truffé d'œuvres d'art. Six architectes et près de 134 ans ont été nécessaires à l'achèvement de sa construction, après que la première pierre eue été posée par Anne d’Autriche en 1646.

 

La récente renommée de l'église provient du retentissement de la fiction "Da Vinci Code", qui attribue à Saint-Sulpice quelques uns des concepts occultes auxquels sont confrontés les héros du film.

L'Eglise Saint-Sulpice a donc suscité, dès 2005, l'attention d'un large public grâce à ce roman de Dan Brown et à son adaptation cinématographique par Ron Howard. Cette année-là, l'église a attiré quelques 200 000 visiteurs supplémentaires. Pourtant l'autorisation de tournage, à l'intérieur de l'église, n'a jamais été accordée par la paroisse, qui a cherché à préserver le caractère sacré du lieu. Malgré tout, des "Da Vinci Tour" font toujours un passage obligé par Saint-Sulpice et figurent parmi les best-sellers des programmes des tour-opérateurs parisiens.

 

 La partie cachée, non-accessible au public, de l'édifice est un véritable labyrinthe de colimaçons et de passages étroits reliant ses 21 chapelles. Avec son vaste péristyle, ses appartements abandonnés cachés sous les toits, ses grands combles tout en bois surplombant les voûtes de la nef …  tout ici est démesuré et entretien une atmosphère étrange et envoutante.

Vous voyez ici la coupole de la chapelle de la Vierge. Elle n'est pas surmontée d'une croix mais d'une étoile comme pour nous indiquer que Saint-Sulpice n'est définitivement pas une église comme les autres … Le mystère et l'étrange se mêlent ici au sacré et au divin.

 

 

 

>> En savoir plus sur l'Eglise Saint-Sulpice.

 

 

>> En voir plus sur les coulisses de Saint-Sulpice.



 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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Le lecteur du square.

28 Août 2009, 08:36am

Publié par barreteau

Square Jean Leclaire, Paris 17ème

 

 

"J'aime le Paris dépeuplé des jours d'Août.
Au matin, s'assoient sur les bancs perlés de rosée, … ces gens … que le seul hasard fait vivre dans les capitales. On les découvre souvent par hasard, ils font leur apparition derrière les frondaisons des impasses et des squares."

 

Extrait du  "Paris" de Jean Follain.



>> Le "Paris" de Jean Follain éveille la mémoire, il en perpétue le désir ...

>> Voir aussi sur Parisperdu: "La traversée de Paris".



 

 

 

 

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Walter Benjamin, à la recherche d'un Paris perdu.

24 Août 2009, 10:02am

Publié par barreteau

"Passatges" - Port-Bou,  Juillet 2009



En 1935, le philosophe allemand Walter Benjamin entreprend un ouvrage qu'il intitule: "Le Livre des passages" et où il tente d'analyser l'entrée dans la modernité à travers les vestiges du Paris du 19e siècle. Resté inachevé, l'ouvrage constitue la matrice intellectuelle des derniers écrits du philosophe allemand et inscrit sa pensée aux confluents de l’esthétique, de l’histoire, des études urbaines et de la sociologie de la culture.

 

Dans cet ouvrage, l’apport principal de Walter Benjamin est sans doute d’avoir conçu la ville comme l’espace d’intelligibilité de la modernité. "Le Livre des passages" représente, en effet, une tentative sans précédent pour déchiffrer dans l’architecture parisienne du 19e siècle la préhistoire de la modernité. Walter Benjamin y développe une conception sémiotique de la ville. Celle-ci se donne à lire, un peu comme un livre. On trouve un héritage direct de cette approche dans l’ouvrage de Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes", qui place la question de la lisibilité au cœur de l’expérience moderne de Paris.

 

Loin de Paris, c'est dans la petite ville catalane de Port-Bou, là où Walter Benjamin, tentant d’échapper au nazisme, s’est donné la mort le 26 septembre 1940, que s’élève, depuis 1994, une œuvre spatiale de Dani Karavan, en mémoire du grand penseur juif allemand. Cet hommage à Walter Benjamin, nommé du nom catalan "Passatges", fait directement référence à son ouvrage inachevé, "Le Livre des passages".

Si vous le visitez, il ne faudra surtout pas vous arrêter au premier aspect, plutôt abrupt, du monument, car ce mémorial est avant tout une formidable machine à émouvoir et à penser.

Tout comme l'est aussi l'œuvre littéraire de Walter Benjamin.


>> Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes".



 

 

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La photo de Willy Ronis fait débat.

27 Juillet 2009, 11:10am

Publié par barreteau

Image © AFP

 

 

Quand l'AFP va en Arles pour couvrir l'édition 2009 des Rencontres photographiques, elle s'intéresse - quoi de plus normal -  à l'invité d'honneur, le doyen des photographes français Willy Ronis, 98 ans.  

 

Gérard Julien, le photographe de l'Agence fait son métier et prend plusieurs images de Willy Ronis. Mais photographier un maître de la photo n'est pas si aisé. Le respect qu'on lui voue a naturellement quelque chose d'intimidant et forcément, au moment d'appuyer sur le déclic, un petit frisson vous parcourt le corps …

 

L'AFP, proposera donc avec son interview plusieurs portraits du Maître. Mais le vieil homme, ne se déplace plus qu'en fauteuil roulant, et là est la question : plan large, plan serré, fauteuil dans ou hors cadre … le débat est ouvert, que faut-il choisir ?

 

Par respect, je dirais même par amitié pour Willy, ma réponse est celle du plan serré : une image où Willy nous délivre un franc sourire et des yeux pleins de malice, montrant qu'il a gardé toute sa vivacité d'esprit.

Pourtant ce n'est pas le choix que feront la quasi-totalité des journaux qui reprendront l'article de l'AFP. La chasse au sensationnel est leur credo et l'unique photo qui sera bien souvent publiée est celle d'un Willy Ronis dans son fauteuil roulant, la tête renversée et le visage pâle. Un Willy un peu fatigué, accusant bien sûr le poids des ans, mais surtout las d'être traqué par une multitude d'objectifs sous des angles quelque peu indignes. Oui indignes car Willy qui n'a jamais recherché le sensationnel, qui a toujours su montrer l'homme, même le plus miséreux, sous son meilleur jour … oui Willy méritait mieux que cela.

Si d'ici fin Août, vous passez par Arles, vous pourrez facilement vous en rendre compte …
 

 

>> La Photo qui fait débat /  Image © AFP

 

>> Déjà dans Parisperdu : "Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles".

 

 

 

  

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