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PARISPERDU
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Belle amie.

9 Novembre 2009, 09:29am

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Publié par barreteau



"Le photographe sur le qui-vive est comme l'amoureux qui attend une belle amie.

Parfois elle ne vient pas, ou bien celle qui arrive en souriant n'est pas celle qu'il attendait. Qu'importe ! Ce qui compte c'est l'émotion, et l'aptitude à capturer son passage."

Willy Ronis (Extrait du livre "Ce jour-là", aux Editions Mercure de France, 2006)

 

En parcourant l'œuvre de Ronis, je me suis aperçu que beaucoup d'amoureux s'y était donné rendez-vous. Et en relisant les écrits de Willy, j'ai compris qu'il avait trouvé-là matière à rêver, à imaginer et à romancer.
Dans l'escalier, à l'angle de la rue d'Annam et de la rue de la Bidassoa, dans le 20ème arrondissement, ce jour-là, moi aussi j'ai trouvé matière à rêver ...



 >> "Rue de la Bidassoa", voir l'histoire de cette photo, dans Parisperdu.

 

 

 

 

 

 

 

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Christophe, cycliste intermittent ...

5 Novembre 2009, 09:07am

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Publié par barreteau


C'est au parc de la Turlure, sur la butte Montmartre, que j'ai fait la connaissance de Christophe.

Une fine silhouette, allongée sur un banc contre lequel un vélo était adossé, m'avait intrigué. Je dû attendre de longues minutes avant qu'il ne se relève. Alors, toute suite, nous avons engagé la conversation. Il faut dire que Christophe est du genre bavard et … il en a des choses à raconter …

J'appris d'abord qu'il venait de grimper, en danseuse, la rue Lepic pour atteindre le sommet de la butte. Je compris mieux l'état de fatigue dans lequel il était. Mais ce n'est pas là son moindre exploit car, le goût du voyage, Christophe l'a depuis qu'il a 5 ans.
Bambin aventureux, il profite de l'inattention de ses parents pour s'enfoncer dans un bois. On ne le retrouvera qu'à la nuit tombée … Vingt ans plus tard, il enfourche son vélo pour une chevauchée intrépide autour de la Méditerranée.

Entre-temps, il se passionne pour les sciences, l'astronomie et l'histoire des religions. A la sortie de l'adolescence, il étudie le commerce international, atterrit dans une start-up parisienne au poste de responsable commercial, puis il décide finalement de tout plaquer pour une petite balade en vélo à travers les seize pays du pourtour méditerranéen.
Il devient alors, comme il le dit lui-même, un "intermittent du cyclisme" … tout comme il y a des intermittents du spectacle !

 

Croyez-vous qu'il va s'arrêter là ? Certainement pas, il recherche actuellement le sponsor qui devrait lui permettre d'attaquer, toujours à vélo, la transaméricaine. Une route qui le conduira d'Anchorage en Alaska à Ushuaia à l'extrême pointe de l'Argentine.

Et précisément, sur ce banc, au chevet du Sacré Cœur, il vient de rêver qu'il avait enfin trouvé son sponsor et qu'il débutait son expédition …
Sûr, il entrera tout à l'heure dans la basilique mettre un cierge pour que son rêve se réalise …



 

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Squat utopique.

1 Novembre 2009, 10:16am

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Publié par barreteau

13  rue Robineau Paris 20ème – juin 1997

 

 

L'arrivée a été discrète. Les jeunes squatters, quatre garçons et quatre filles, ont posé leurs bagages sans bruit, dans cet immeuble inoccupé de la rue Robineau.

 

Puis, ils sont "sortis du bois", sans esbroufe ni tapage. Ils ont "toqué" aux portes des voisins pour se présenter. Les riverains absents ont eu droit à un petit mot dans leur boîte à lettres. "Si vous avez des interrogations, n'hésitez pas à venir nous en parler", précise la missive, invitant chacun "à un goûter festif " !

 

Beaucoup de voisins ne se sont pas offusqués de la situation. "Franchement, il n'y a rien eu à redire", note une quadragénaire. Ils étaient hyper gentils et tout doux. Ils nous ont dit qu'ils étaient étudiants et qu'ils n'avaient pas de logement. Et aussi, qu'ils ne trouvaient pas normal qu'un tel immeuble reste vide et fermé". L'idée de ce squat, dit-elle, ne l'a "pas dérangée" car de toute façon, cet immeuble abandonné depuis près de cinq ans, semblait voué à la démolition.

 

Puis les jeunes ont cherché les coordonnées du propriétaire pour discuter avec lui et l'informer de leur présence. L'initiative était originale, quelque peu utopique sans doute. On peut aussi comprendre l'inquiétude du propriétaire...  Alerté par un proche, le "maître des lieux" a effectivement vu rouge. La police a été dépêchée sur place.

 

Entre-temps, les squatters avaient appelé des amis pour faire nombre. "Là, ça a commencé à choquer certains voisins", note-t-on dans la rue. Les policiers sont intervenus tôt le matin, dès potron-minet. Onze jeunes ont été placés en garde à vue, soupçonnés d'avoir causé des dégradations pour entrer dans l'immeuble. Ils ont tous été remis en liberté dans l'après-midi, après qu'un simple rappel à la loi leur ait été notifié; car la police, sans jugement, ne peut les forcer à quitter les lieux. Seul un juge civil peut prononcer une ordonnance d'expulsion, et c'est seulement alors que les policiers peuvent procéder à l'évacuation de l'immeuble.

 

Mais ce séjour au poste n'a pas brisé leur rêve : ces squatters revendiquent le droit d'occuper un immeuble vide. Et, sitôt sortis du commissariat, les squatters ont repris leur quartier au 13 rue Robineau. Ils disent n'être "ni militants du DAL (Droit au logement), ni anarchistes" et ne revendiquent aucune appartenance à aucun parti.
"On a besoin d'un logement, c'est tout. Quand on est jeune, les cautions, l'argent pour le loyer, tout ça … n'est pas toujours possible".
Les voilà sans doute installés là pour quelques temps …

 

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C'était un petit jardin.

28 Octobre 2009, 09:42am

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Publié par barreteau

Jardin, Villa Emile Loubet - Paris 19ème (1996)


Crée en 1972, "Le petit jardin" est une chanson bien dans la tonalité de Parisperdu.
Les deux Jacques: Dutronc et Lanzmann nous délivrent, à leur manière, un peu de tendresse et de poésie.
Pour ceux qui ne connaisse pas cette œuvre finalement assez intimiste, vous pourrez la découvrir, ci-dessous.
Une onde de nostalgie parcourra  sans doute les autres …

C'est aussi beau que Paris, enfin … ce qu'il en reste !

 

" C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
Qui sentait bon le bassin parisien
C'était un petit jardin
Avec une table et une chaise de jardin
Avec deux arbres, un pommier et un sapin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin

Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton
Dans le jardin une voix chanta

De grâce, de grâce, monsieur le promoteur,
De grâce, de grâce, préservez cette grâce
De grâce, de grâce, monsieur le promoteur
Ne coupez pas mes fleurs

C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
A la place du joli petit jardin
Il y a l'entrée d'un souterrain
Où sont rangées comme des parpaings
Les automobiles du centre urbain

C'était un petit jardin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin".



 

>> "Le petit Jardin", chanté par Jacques Dutronc (Vidéo)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A la porte de Montemproivre.

24 Octobre 2009, 10:46am

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Publié par barreteau



A l'est du 12e arrondissement, la porte de Montempoivre est une minuscule porte parisienne, bordée essentiellement par des immeubles d'habitation de type HBM, des constructions érigées dans les années 1920.

En venant du nord, la ligne de chemin de fer de la petite ceinture, enjambe à cet endroit, à la fois la rue du Sahel et la coulée verte, ou si l'on préfère, la " Promenade plantée", qui arrive de l'avenue Daumesnil.

Perché, là haut, sur ce pont métallique, la double voie ferrée a encore de l'allure, même si - depuis bien longtemps – plus aucun train ne fait trembler ses lourdes tôles rivetées.

La voie semble se perdre dans un horizon lointain qui ressemble à une paisible campagne même si pourtant, en contrebas, la ville de tous côtés l'enserre ….

Dans quelques années, vers 2012 si tout va bien,  le bruit des bogies sur d'autres rails pourrait bien se faire à nouveau entendre dans le secteur avec le  prolongement du tramway T3 de la porte d'Ivry à la porte de la Chapelle.

 

 

 

 

 

 

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Mélancolie d'un chinois à Paris.

20 Octobre 2009, 12:10pm

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Publié par barreteau

 

Parisperdu a inspiré un lecteur chinois, … de surcroît poète.
Celui-ci reprend sur son blog ces quatre photos,

 

 1       2 

3        4

 

 

 

 

 

 

et nous livre quelques pages de son journal intime, sous une rubrique intitulée "Mélancolie à Paris".

 En voici une version française, avec les approximations linguistiques dues à l'automatisation de la traduction …
 

" Matin de printemps dans le Paris perdu".

La nuit est passée et le vent d'ouest a défraîchi l'arbre bleu.
Seul un grand bâtiment regarde la route à l'horizon.

Le matin tôt,
Lentement je marche sur cette route près de Paris.
Le cœur semble se réveiller, il doit se réveiller,
Sombre et agile rêveur.


La route se prolonge.
Le jour est comme écrasé par la peine,
Et pour la première fois, la pluie soyeuse se disperse soudainement.
Le ciment des blocs de maisons alignées
Est d'un blanc grisâtre qui brille sur l'émigré.
Un sourire sur mon visage couvre l'Histoire.
Pathétique.


La route se prolonge.
Des étudiants passent par ici,
Leur jeunesse s'exprime gaiement.
Et ma condition d'étranger, disparaît dans
Les coins insouciants de leurs yeux.


La route se prolonge.
Par dessus un mur,
La tache jaune d'une fleur jette un coup d'œil
Pour accueillir
La bruine fraîche qui recouvre le piéton.
Le temps passé a disparu au loin
Mon humeur est comme une maladie d'amour.


Le matin tôt,
Je me promène
sur la route qui sort de Paris.
Le scintillement de mes pensées tient le premier rôle,
Mon humeur va se calmer maintenant.
Le vent a soufflé, la fleur s'est envolée,


La route se prolonge,
Imprévue, perdue .........


 

 

 

 

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Gazomètres.

16 Octobre 2009, 09:51am

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Publié par barreteau



Le terme "gazomètre" fut créé par William Murdoch, l'inventeur de l'éclairage au gaz, dans les années 1800. En dépit des objections de ses associés, qui lui expliquaient que son "gazo-mètre" ne mesurait rien, contrairement à ce que semblait indiquer son suffixe, le terme fut retenu et passa dans l'usage courant.

Pourtant, le terme de "réservoir à gaz" aurait été plus exact car ces immenses structures métalliques sont utilisées pour conserver le gaz sous une cloche, dont la hauteur varie en fonction de la quantité de gaz présente.

 

La révolution industrielle du 19ème siècle vit fleurir les gazomètres aux abords des villes.

A Paris, la plus forte concentration de ces réservoirs se trouvait à la périphérie Nord: de La Plaine, au Landy, en passant par La Villette et la rue de l'Evangile. On en dénombra jusqu'à 61 en 1907.
Ces "énormes cloches en fer boulonné" dont les plus grosses, hautes de 65 m, mesurent 75 m de diamètre, ont marqué durant plusieurs décennies le paysage industriel urbain. Les pulsations de leurs calottes bombées étaient le signe tangible du fonctionnement de l’usine à gaz. L’alternance levée-abaissement de leurs couvercles signalait le mouvement remplissage-émission et permettait de distinguer les variations diurne et nocturne de la distribution du gaz. A Paris, les gazomètres alimenteront plus de 40 000 réverbères, surtout abondants aux abords des bâtiments publics, des halles, des théâtres et … en y ajoutant les vitrines illuminées, ils vont faire de Paris, la fameuse "ville lumière".

 

Mais en 1951, on découvre, dans un petit village des Pyrénées du gaz naturel. Le méthane de Lacq arrivera à Paris juste dix ans plus tard, et cette arrivée sonnera le glas des gazomètres car le gaz naturel peut se stocker dans des poches souterraines.

Devenus inutiles, les gazomètres disparaissent peu à peu du paysage urbain, …
A Paris, tous seront démolis, le dernier en 1982.



>> Déjà sur Parisperdu : "Carrefour de l'Evangile".


>> Déjà sur Parisperdu : "Usine à Gaz !"


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Dalle ou dédale des Olympiades ?

12 Octobre 2009, 08:53am

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Publié par barreteau


Loin de la structure traditionnelle du tissu urbain, ce quartier du 13ème arrondissement est extrêmement déroutant. Si vous voulez vous rendre dans certaines rues, à une adresse précise, rue du Javelot ou rue du Disque, par exemple, il faudra vous armer d'une bonne dose de patience. Car ces rues, enfouies sous la dalle, sont totalement invisibles, inaccessibles aux piétons et quasiment introuvables.

Venant de la rue de Tolbiac, vous allez gravir 56 marches, soit presque 10 mètres de dénivelé, et déboucherez alors sur un panorama d'immeubles uniformes et inexpressifs.
La dalle est bruyante, et les discussions se réverbèrent en écho sur les immenses parois d'immeubles aux alvéoles bien rangées, trop bien rangées ... A observer les cases de béton savamment biseauté, on se prend à rêver à une certaine science fiction où des véhicules en lévitation desservent chaque case/appartement, aux coordonnées tridimensionnelles rigoureusement répertoriées. Vous habitez alors, par exemple, le "repère" suivant: X02/Y15/Z24. Et pourtant, c'est bien au sol que se situe votre adresse, rue du Disque ou rue du Javelot !

Vous devez gravir encore 28 marches supplémentaires pour accéder à un second niveau de la dalle qui ici, n'est plus toute neuve ... ! La crèche va être reconstruite, et la dalle sera rénovée, promet une affichette. Mais à coté, sur le béton brut, un tag crie: "Vas y, nique ta race".

Troisième niveau, fin du dédale ... vous débouchez sur un jardin condamné. Le vent frais tournoie entre les barres toutes semblables. L'herbe a poussé entre les dalles de béton, et les gigantesques pots des tilleuls adultes se fissurent.
Le jardin domine un trou béant où les voies ferrées de l'ancienne gare des Gobelins s'engouffrent sous la dalle. Une bande de gamins vient y trainer. Ironie du lieu, à observer leurs jeux intemporels, un parfum tenace de nostalgie embaume - aujourd'hui - l'utopie d'hier.

 

 >> Voir aussi sur Parisperdu: "Italie 13" : La politique de la table rase.

 

 

 

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Au cimetière de Charonne.

8 Octobre 2009, 18:45pm

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Publié par barreteau



Le quartier ressemble à un village et conserve encore aujourd'hui un aspect campagnard. Sur un tertre se dresse l'église Saint-Germain-de-Charonne à laquelle est accolé un petit cimetière.
Avec celui du Calvaire à Montmartre, il est le seul cimetière parisien à jouxter une église paroissiale. Ces deux lieux ont donc échappé aux dispositions du décret du 12 juin 1804 interdisant les inhumations dans l’enceinte des villes et bourgs.

 

Si le quartier a subit d’énormes bouleversements dans les années 70-80, l’église et son petit cimetière forment un îlot suranné, non dénué de charme, et où la tristesse n'est pas de mise.
Bien sûr, calme et sérénité émanent naturellement de ce type de lieu mais le côté paisible du site est également dû au fait qu'aucune personnalité marquante, aucun V.I.P n'est enterré ici.


Vous qui recherchez un "Paris différent", calme, apaisé, silencieux, hors du temps, … ce coin de Charonne est fait pour vous.


>> Voir aussi dans Parisperdu : "Le regard sur la ville"

 

 

 

 

 

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Ici Paris n'est plus le même.

4 Octobre 2009, 09:05am

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Publié par barreteau

Boulevard d'Indochine, Paris 19ème.
 

Il y a beaucoup à dire sur le Paris des boulevards extérieurs. Là échouent nombre de celles et de ceux que la capitale ne veut pas accueillir entre ses murs. Sur cet anneau urbain, l’être humain ne demeure pas et le passant semble en exil, étranger à l’espace qui l'entoure. Ces lieux restent indifférents à l’égard de beaucoup.
Ici Paris n’est déjà plus le même, pourtant ce n’est pas encore la banlieue. Dans ces interstices aux quartiers compressés, il y a des stades, des parcs, des cimetières, des échangeurs, … de la circulation, du vacarme, des accidents, des trafics en tous genres …

Personne n’habite dans ces mornes décors, mais quelques humains fréquentent ces lieux déshérités. Ce sont souvent des prostituées, en majorité étrangères, souvent droguées, parfois mineures, baladées de mains de macs en mains de bourgeois… Ce sont aussi des immigrés, perdus entre campagne et ville, entre boulots et chômage, dans un environnement hérissé de déchets d'urbanisme, de vieilles usines en déroute ou de récentes constructions à but sportif ou culturel, ou encore de bistrots délabrés ou de Mc Donald's rutilants …

Pourtant, à l'heure où la ville semble vouloir redessiner ses limites, le futur de Paris, d'un "Grand Paris", ne se jouerait-il pas ici, dans ces lieux que la ville n'a pas voulu, jusqu'ici, reconnaître comme les siens … ?


>> Déjà sur Parisperdu : " Espaces urbains à vocations indéfinies"

 



 

 

 

 

 

 

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La villa Faucheur.

30 Septembre 2009, 09:26am

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Publié par barreteau

Une impasse sécurisée de la villa Faucheur – Paris 20ème – octobre 2005

 

C'est un lieu un peu spécial, car ici, de tout temps, une certaine agitation a toujours régné.


Historiquement, la villa Faucheur était une villa de petits artisans, avec son atelier-vedette, celui du céramiste Le Tallec. Créé en 1905, il y resta jusqu'en 1978. Il y avait également là beaucoup de logements modestes, comme dans tous les quartiers ouvriers de l’est parisien.

En 1978, la villa Faucheur est restructurée et réaménagée afin d'implanter des foyers de la Sonacotra pour les travailleurs migrants. Une école primaire y sera également ouverte.


Dans les années 80, plusieurs squats, d’une trentaine d’habitants chacun, s'établissent Villa Faucheur. Tous sont "gérés" par le Mouvement Autonome qui se définit comme un organe en lutte pour l’autonomie du prolétariat, un mouvement classé à gauche de l'extrême gauche. On assiste alors, quotidiennement, à de violents affrontements entre résidents et squatters. Finalement, les squats seront purgés et les Autonomes quitteront le quartier.


Le secteur va par la suite abriter une population immigrée de plus en plus importante, surtout d'origine africaine, ainsi qu'une forte proportion de ménages en situation précaire. Les conditions de logements dans la Villa restent inégales : une moitié du bâti est relativement récent alors que l’autre moitié, datant d’avant 1948, est souvent fortement dégradé.

Un esprit de cité, de territoire s'installe ici, comme dans les banlieues. La cité "Piat-Faucheur-Envierges" est ce qu'on appelle "un quartier difficile". Elle héberge environ 3000 habitants et l'essentiel des 82 nationalités recensées sur le quartier de Belleville. La cité a même été pendant quelque temps classée en zone urbaine sensible (ZUS). Elle n'a pas bonne réputation dans le "quart Est" de Paris. On déconseille aux nouveaux arrivants de s'y installer. C'est une cité stigmatisée et "stigmatisante". Des trafics en tous genres se déroulent, en permanence, sous le haut porche de la Villa, ils sont souvent suivis de bagarres et de règlements de comptes.

Nouveaux migrants des années 2000, les "bobos" investissent à leur tour ce quartier du 20ème arrondissement. Aussi, retrouve-t-on aujourd'hui nombre de bourgeois-bohèmes, dans ce labyrinthe de rues tortueuses qu'est la Villa Faucheur. Là, enfermés à l'abri des regards, barricadés derrière des grilles, les bobos goutent au charme "un peu spécial" de ce quartier "ultra-tendance" …



>> L'Atelier du céramiste Le Tallec.

>> Le Mouvement Autonome.

>> Némo à la Villa Faucheur.


Voir aussi sur Parisperdu :

>> "Malaise à Belleville".

>> "Belleville : de la déliquescence à la délinquance ... "

>> "C'est déjà ça …"

 

 

 

 

 

 

 

 

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De l'autre côté de l'amer.

26 Septembre 2009, 08:53am

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Publié par barreteau

Rue du Tunnel: perspective vers la rue des Alouettes  - Paris 19ème -  Juin 1995

 

Dans la perspective de la rue du Tunnel, le mât émetteur est comme un amer destiné à orienter le promeneur. Dépouillé des ses organes actifs, il y a bien longtemps qu'il n'émet plus rien, car depuis le printemps 1996, une armada de bulldozers a achevé de tirer un trait sur les studios de télévision des Buttes Chaumont situés au pied de ce mât qui, pendant 40 ans, s'est élevé au-dessus des collines de Belleville.

Ici, se  dressent désormais les immeubles d'habitation d'une énorme opération immobilière. La valeur du site des Buttes-Chaumont avait été estimée à 450 millions de Francs, on ne trouva qu'un seul preneur … à 150 millions, mais ne s'agissait-il pas d'un spécialiste du bâtiment … et de la télé …? Bouygues … bien sûr !

 

Les studios détruits par Bouygues ont pourtant un glorieux passé qui rend cette opération encore plus scandaleuse.
C'est ici, en effet, que Léon Gaumont construisit dès 1895 le premier studio de cinéma français. Un immense périmètre, allant de la rue de La Villette à la rue du Plateau et au parc des Buttes-Chaumont, était alors le lieu de travail de quelques 1 500 opérateurs du 7ème art.
Puis les studios des Buttes furent rachetés et transformés par la Radio Télévision Française qui devient par la suite l'ORTF. Et c'est l'essentiel de l'histoire de la télévision en France qui s'écrivit ici, jusque vers 1985. Toutes les tentatives de sauvegarde d'une mémoire du site par la création, par exemple, d'un musée de la télévision échouèrent et dès 1989, les pelleteuses commencèrent le massacre.

 

Qu'il a-t-il maintenant de l'autre côté de l'amer ?
Plus grand chose. Il ne reste des Studios des Buttes-Chaumont que quelques troquets, rescapés de la ceinture de bistrots qui les entouraient et que fréquentaient alors aussi bien les cameramen, les techniciens … que les vedettes du show-business de l'époque.

 

Seul supplément d'âme dans ce coin de béton plutôt laid, le Centre d’Art Contemporain du Plateau créé ici en 2002, un lieu culturel et social de qualité qui, en plus de ses expositions d'arts plastiques s’ouvre à d’autres champs artistiques, en proposant des soirées de musique contemporaine, des séances de lecture et bien d'autres choses encore …


>> Le Centre d’Art Contemporain du Plateau : site officiel.

 

 

 

 

 

 

 

 

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La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ?

22 Septembre 2009, 09:17am

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Publié par barreteau

Photo: © Bertrand Prévost

 


Crise internationale, crise du monde financier, crise des entreprises, mondialisation, délocalisation, crise de l'emploi …

Des milliards de pertes, mais pour qui ? : les actionnaires, les patrons, les épargnants …

Des profits, mais pourquoi ? : parachutes dorés, primes pour les traders, stock-options …

Plan de relance sur plan de relance … Des sommets où le monde politique essaie de rattraper un pouvoir économique non maîtrisé …

Au milieu de ce cataclysme international où l'on perd tous nos repères, nos valeurs, nos références, nous qui voulons comprendre les responsabilités, tirer les leçons de ces erreurs; seule une tribune ouverte à tous, plurielle, libre, nous évitera de sombrer dans l'obscurantisme, l'extrémisme et toutes ses conséquences.

 

Dans un monde médiatique, où tout va trop vite via Internet, la photographie a-t-elle encore une place, un rôle à jouer ? La force de la photographie, devenue numérique, réellement instantanée, est d'être un support majeur qui s'exprime dans notre subconscient.

Au-delà de son message, la photographie est aussi une expression culturelle, un ressenti, une atmosphère et cette qualité reste en ces temps difficiles très prisée par un public toujours plus nombreux sur les photo-blogs, les magazines ou les grandes expositions spécialisés ?
La photographie peut-elle remettre l'homme au centre du débat, le placer au-dessus de la logique économique, financière qui bien souvent l'écrase ou même tout simplement le nie … ?

 

Quelque soit l'actualité, Parisperdu, poursuit sa recherche d'une vision d'un Paris et de ses habitants faite de libre expression et de respect des valeurs essentielles de tolérance et d'humanisme.

Un grand ancien, récemment disparu nous en a clairement indiqué le chemin …

 

 

>> Willy Ronis, un grand ancien récemment disparu …

 

>> Bertrand Prévost, un photographe humaniste d'aujourd'hui ?

 

>> Bertrand Prévost, "Projet des  Parisiens du 19ème."

  

 

 

 

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Fabien, par un chemin détourné.

17 Septembre 2009, 09:53am

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Publié par barreteau


En hommage à Willy Ronis

 

Fabien rentre de l'école, il dévale "quatre à quatre" l'escalier de la rue de l'Equerre. Aujourd'hui, il est très en retard …

L'école de Fabien est située en haut de la rue Clavel, son entrée jouxte un bâtiment montrant une mosaïque où l'on lit : "PEIGNES A.MERMET". Il s'est toujours demandé ce que cela voulait bien dire ? Mais Fabien n'a jamais osé en demander la signification à sa maîtresse d'école.

Pourtant elle lui aurait certainement répondu, qu'il s'agissait d'un vestige de la fabrique artisanale des "Peignes Mermet". Cette  superbe fresque reste, en effet, le seul témoignage de l'ancienne activité industrielle du quartier.

Lorsque Fabien sort de l'école, il rentre habituellement par le square Bolivar. Un élégant square triangulaire, calme, isolé, un peu hors du monde dans ce coin retiré du 19ème … Puis il prend les escaliers de la rue de l'Equerre, un parcours que ses parents lui demandent de respecter strictement …

Mais parfois, la tentation est trop forte et, au lieu de descendre le Square Bolivar, Fabien remonte jusqu'à la rue Fessart pour atteindre le parc des buttes Chaumont. Là, il y retrouve ses copains pour jouer au foot …

Et justement, c'est ce détour qu'il a fait aujourd'hui …
Fabien sait qu'il va sans doute se faire réprimander par sa mère qui déjà doit l'attendre avec impatience …




>> Voir aussi sur Parisperdu : "Garage de l'Equerre".

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Square Bolivar".

>> La mosaïque des "PEIGNES MERMET".

 

 

 

 

 

 

 

 

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Au revoir et merci Monsieur Ronis.

13 Septembre 2009, 09:10am

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Publié par barreteau


"Les amoureux de la Bastille". 1957, sur les murs de l'Hôtel de Ville, Paris 2005.
Portrait WR:  AFP/Gérard Julien

 

 

Willy Ronis, photographe et amoureux de Paris, nous a quitté samedi 12 septembre. Considéré comme l'un des grands maîtres à penser de la photographie humaniste, il avait 99 ans.

Je suis ému à l'extrême par ce grand départ. Willy, que j'ai eu la chance de pouvoir croiser à plusieurs reprises au cours de ces quinze dernières années, me laisse le souvenir d'une grande sensibilité, d'une gentillesse hors du commun. C'était un être fait de paix tranquille, qui parlait des hommes aussi bien qu'il les photographiait.

J'attendais avec crainte le décès inéluctable de mon très cher "Professeur", car c'est grâce à lui que j'ai "la passion" de l'image, et c'est aussi grâce à lui qu'est né Parisperdu.
Ses photos et la douceur de leurs nuances, la délicatesse de leur lumière, la poésie de leur composition, sont très exactement l'émanation du personnage fait de tendresse et d'imagination que j'ai connu. Avec Ronis, on comprend tout de suite que c'est le photographe qui fait la photo, pas l'appareil...


Un Grand merci, Willy, pour l'œuvre que vous nous laissez, une œuvre à la hauteur du grand homme que vous resterez. Un grand merci aussi pour l'exemple que vous êtes, car pour les nouvelles générations, Willy Ronis, c'est l'école de la photographie par excellence.
La relève ne va pas être facile.

 


>> En mai dernier,  Willy Ronis racontait les circonstances dans lesquelles il a pris un certain nombre de ses clichés les plus célèbres.

 

 

  • Willy Ronis et Parisperdu :

>> La photo de Willy Ronis fait débat …

>> Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.

 

 

 

 

 

 

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