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PARISPERDU

Balles habiles à Belleville.

6 Mars 2009, 14:45pm

Publié par barreteau



C'est rue de l'Ermitage, dans le 20ème que nous rencontrons Fabio. En cette fin d'après-midi, il s'adonne à quelques exercices.
Il avait commencé à réparer sa mobylette, mais cela ne va pas comme il veut, aussi change-t-il de sujet ...
Pour se décontracter un peu, il a pris, dans la sacoche de son engin, les trois balles de tennis qui ne le quittent jamais. Pourtant Fabio n'est pas un adepte de ce sport, ses balles ne rencontreront jamais de raquette ... car sans cesse elles tournoient entre ses mains expertes.
Fabio est un as du jonglage. Une activité qui est pour lui bien plus qu'un hobby, car il fait partie des Ballapapass, une
association parisienne de jongleurs et d'artistes de rue. 

Dans quelque temps Fabio se produira à "Balles Habiles à Belleville"
un événement parisien qui combine, chaque année sur les pelouses du parc de Belleville, la Convention de jonglerie et le Festival d'Arts de rue.

Fabio devient alors Mosquito, un personnage clownesque drôle et touchant, dont les numéros de jonglerie explorent des univers aussi divers que le quotidien, la danse, la guerre, l'amour...

Déjà ici, rue de l'Ermitage, Fabio-Mosquito nous a montré un aperçu de ses capacités ... en véritable professionnel des arts de la rue.

J'espère qu'un jour, vous aussi, vous aurez la chance de rencontrer ce personnage attachant ... à Belleville ou ailleurs ! Alors en attendant, et comme disent les rappeurs : "Respect" !



>>
Les Ballapapass et "Balles Habiles à Belleville"

>>"Balles Habiles à Belleville" devient "100 balles"


 

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"Le travail révélé" : regards de photographes, paroles d'experts.

2 Mars 2009, 10:17am

Publié par barreteau

Alain, restaurateur de meubles anciens.
 
Du 6 au 20 mars 2009, la mairie du 13ème arrondissement de Paris ouvrira ses portes à une exposition photographique intitulée "Le travail révélé".

Trente photographes, mondialement connus comme Raymond Depardon, Lucien Clergue, Martin Parr ou Jean Gaumy ... exposeront près de 80 clichés reflétant les réalités du travail d'aujourd'hui.
En complément, le 17 mars, 20 experts des sciences et du monde du travail s'exprimeront lors de Conférences-Débats.

"Le travail révélé" est un évènement faisant converger des points de vue esthétiques et scientifiques et reposant sur des valeurs fondatrices : le travail, l'art et l'engagement citoyen.
Et si le travail ne pouvait être révélé que par un croisement des regards ?


>> En savoir plus ... 


 

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Voir et comprendre Paris.

27 Février 2009, 09:44am

Publié par barreteau


Comment voir Paris et comment comprendre cette ville ?
C'est une question que beaucoup se pose et à laquelle le photographe peut essayer de répondre.


On peut décrire Paris à partir des regards de ceux qui se sont déjà approprié cette ville. Les regards des grands maîtres de la photo : les Ronis, Izis, Doisneau ... mais on peut aussi choisir d'arpenter la capitale telle qu'elle est aujourd'hui, avec ses territoires architecturés et ses terrains vagues ...

On en arrive alors à d'autres questionnements. On cherche alors à comprendre quel regard porter sur le réel, comment mettre en mouvement son regard ? Le leur me fascine, surtout celui de Willy, et en voulant voir de plus en plus, on voit de mois en moins ... à moins qu'il ne faille tout reconsidérer autrement ?

Parisperdu tente ce défi singulier, en travaillant avant tout sur la perception de la rue, celle d'hier comme celle d'aujourd'hui.
La photographie est-elle un tremplin pour mieux comprendre cette ville en perpétuelle évolution?
A vous d'en juger !



>> Déjà sur Parisperdu "Le regard sur la ville".
 

 

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Nouvelle vie en usines.

23 Février 2009, 09:26am

Publié par barreteau


Les Grands Moulins de Paris - 13ème arrondissement -1997.


Il y a vingt ans, on démolissait sans réfléchir. Aujourd'hui, on a enfin pris conscience qu'il est important qu'il y ait dans les villes un continuum historique et physique, et les bâtiments industriels, les usines, les ateliers du XIXe et du XXe siècle sont devenus les supports décomplexés de projets novateurs. Paris respecte enfin son patrimoine industriel.

Les transformations architecturales fleurissent à Paris et tout autour : les Magasins Généraux dans le 13ème, les anciennes Pompes Funèbres de Paris, La Halle aux farines, les Grands Moulins de Pantin, la Sudac ...
Les usines oubliées et les entrepôts sinistres s'inventent des lettres de noblesse.


L'architecture contemporaine serait-elle devenue conservatrice au point de s'accrocher aux vieux murs de son patrimoine industriel ? Pas du tout, répondent urbanistes et architectes. "Toute l'histoire de l'architecture est une succession de transformations et de reconversions: les temples grecs ont été recyclés en églises; des couvents ont été reconvertis en filatures ou parfois en hôtels ..."
Et aujourd'hui, certains architectes ont su jouer astucieusement avec les vieux édifices comme s'ils étaient une matière première. Ils pensent aussi que leur démarche s'inscrit dans le droit fil du développement durable : reconvertir, c'est éviter de polluer et de gaspiller...

Mais il faut qu'il y ait une certaine adéquation entre la forme du bâtiment et sa nouvelle fonction. On ne peut pas tout faire dans tout. Et plus on procède à des changements de fond, plus c'est cher !
Alors, l'enveloppe du bâtiment est souvent dissociée de l'intérieur, comme c'est le cas pour le pôle universitaire Paris Diderot dédié aux Sciences, et installé dans l'ancienne Halle aux farines, dans le quartier des Grands Moulins de Paris, dans le 13ème. L'enveloppe de cette halle en béton armé, construite en 1950, a été conservée et les amphithéâtres ont été glissés à l'intérieur comme un "bateau dans une bouteille", les architectes ont seulement ajouté des verrières pour laisser passer la lumière zénithale, et réalisé une extension métallique légère pour accueillir le restau-U.
Une reconversion en douceur, en somme ...
On en redemande.




>> La Halle aux farines.

>> Voir aussi sur ParisPerdu : "Des étudiants dans la farine ... ?"

>> Voir aussi sur ParisPerdu : "Jean Nouvel conservera l'ancien ..."

>> Le 104, les anciennes Pompes Funèbres de Paris.


 

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Raymond, batelier indépendant.

19 Février 2009, 09:42am

Publié par barreteau

Ecluse du Square Eugène Varlin - Canal St Martin Paris 10ème
 

Raymond aime son métier de batelier indépendant, parcourant les canaux de l'Est et du Nord de la France. Contrairement au marinier-salarié d'une grande entreprise dont les tâches et les horaires sont bien définis, Raymond est un homme libre.
Il est le propriétaire de l'Aster, un bateau transmis par son père qui était lui aussi batelier ... On n'arrive pas dans ce métier par hasard. C'est souvent une affaire de famille.
Et cela continue car Raymond travaille en couple avec Ginette, sa femme, qui l'assiste dans les manœuvres délicates et le remplace à la barre quand il s'occupe de l'entretien. Car à bord des petites péniches, comme sur l'Aster, il n'y a pas de mécanicien. C'est au patron d'assurer les petites réparations sur le moteur, de surveiller les niveaux d'huile, de prendre soin de l'installation électrique, de la robinetterie ... Il faut savoir se débrouiller seul, mais cela ne dérange aucunement Raymond, au contraire, il adore cette liberté d'action.

Raymond et Ginette sont parfois aidés d'un matelot, pour les longues périodes de navigation, lorsqu'ils vont à Rotterdam ou en Allemagne ... Raymond préfère toutefois éviter cet équipage car "un matelot à bord, ça vous bouffe le bénéfice" dit-il.

Aujourd'hui, dans le transport de marchandises, les artisans, comme Raymond, ont du mal à survivre face à la flotte industrielle. Pour s'en sortir, certains de ses collègues ont été amenés à s'orienter vers le tourisme fluvial. Une perspective que Raymond se refuse à envisager, il préfère sa vie de bohème, entre tâches polyvalentes ... et revenus aléatoires.


>> Voir aussi sur Parisperdu : la traversée du 10ème via le canal St Martin.

 

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Chez Victor, impasse Compans.

15 Février 2009, 09:29am

Publié par barreteau

Chez Victor, impasse Compans.


Il faut monter la rue Compans, monter toujours et encore, s'égarer du côté de la rue de Bellevue, revenir sur ses pas et chercher à nouveau l'impasse Compans. Cette impasse est décidément une énigme, même sur les plans de Paris, on ne l'a trouve pas...
Pourtant elle doit bien être quelque part ...

Une cité de béton se dresse-là, sur le point le plus haut de la rue, juste avant qu'elle ne redescende vers la place des Fêtes. Etait-ce là, le lieu, l'impasse où Willy Ronis a photographié le bistrot guinguette "Chez Victor" ? Prenait-elle le tracé de la rue Eugénie Cotton qui justement contourne les cinq énormes barres du monstre de béton ? Ou bien alors est-ce le monstre lui-même qui a tout englouti dans ses entrailles : l'impasse, la guinguette avec son zinc, ses jeux de boules et ses tables sous la tonnelle ...?

Willy nous dit que "de chez Victor, on avait une vision à 180 degrés: du canal Saint-Denis aux pistes du Bourget...". Par chance, il est aujourd'hui possible de grimper sur l'immense dalle sur laquelle reposent les barres tentaculaires du monstre froid de béton. Ainsi pourrons-nous peut-être retrouver le point de vue de la guinguette ?

Et effectivement, le bistrot guinguette devait bien se situer là, car sous nos pieds, s'étale le quartier de la Mouzaïa avec ses villas en impasse, puis à l'horizon, de l'ouest à l'est: la butte Montmartre, le canal Saint-Denis, les immeubles du Pré-Saint-Gervais ... Mais de nouveau, il est encore là..., notre regard butte sur l'énorme store vénitien que constituent les barres de béton ... et, plus à l'Est nous ne sommes plus autorisés à accéder à la ligne d'horizon.

Les instants de grâce et d'insouciance que Ronis a connus ici, en haut de la rue Compans, sont désormais bien loin ... Heureusement, il nous reste les clichés du maître. Ils nous permettent aisément d'imaginer ce lieu d'une quiétude alors toute campagnarde, dominant une ville qui n'en n'était pas encore vraiment une ...



>> Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955 :"Les jeux de boules et les tables sous la tonnelle" ©Photo Willy Ronis


>> Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955: " La guinguette et son zinc" ©Photo Willy Ronis

 

>> Pour retrouver l'impasse Compans (Extrait d'un plan du 19ème - 1967/68)
 

 

 

 

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" Montmartre, made in China "

11 Février 2009, 11:36am

Publié par barreteau

Place du Tertre, 75018 Paris

Il y a encore peu, les peintres qui posaient leur chevalet sur la place du Tertre créaient des toiles "typiques" de Montmartre et ils en détenaient le monopole de la vente.

Mais l'ampleur du marché potentiel a attisé la concurrence car, plus de 10 millions de personnes visitent Montmartre chaque année et beaucoup d'entre elles y achètent des peintures en guise de souvenirs,  ...
Aussi  aujourd'hui, les peintres officiels de la place du Tertre se sentent menacés par les boutiques de souvenirs de Montmartre qui vendent des peintures importées d'Asie et d'Europe de l'Est, des peintures à bas prix, de bien piètre qualité et produites à la chaîne ... Ces toiles portent des signatures "bidon" comme Georges, Claude, Paul, ... pour faire couleur locale et être vendues comme authentiquement Montmartroises.


Ces tableaux n'ont pas d'âme, mais leur coût est dérisoire comparé aux prix pratiqués sur la Place du Tertre. Certaines de ces toiles importées sont mêmes constituées d'un dessin imprimé sur lequel les vendeurs passent quelques coups de peinture pour donner une touche d'authenticité. Ce n'est pas de l'art, c'est ... au mieux ... pour ne pas dire au pire ... de la décoration. C'est sûr, à ces prix-là, on ne peut pas en attendre plus !

Les peintres de l'historique carré des artistes, parlent de concurrence déloyale de la part de ces toiles de Paris "made in China"
et pour moraliser le marché, l'association Paris-Montmartre réclame, en vain, aux élus parisiens une "traçabilité" des tableaux.

"On pourrait écrire Made in... au dos des toiles. Au moins les clients sauraient ce qu'ils achètent" entend-t-on sur
la Place. Une appellation d'origine contrôlée ? L'idée fait sourire. Car ce qui compte, c'est la beauté du tableau, pas la nationalité de son auteur.
Après tout Picasso était espagnol, non ?



>> L'association Paris-Montmartre

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Léon, gribouilleur place du Tertre". 

 

 

 

 

 

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La belle au Bois Dormoy.

7 Février 2009, 12:54pm

Publié par barreteau


2 bis Cité de La Chapelle, juin 1997. 

Le Bois Dormoy est le nom donné par les riverains du quartier de La Chapelle, au terrain sauvage situé entre le 2 bis Cité de La Chapelle et le 41-43, rue Marx Dormoy, dans le 18ème arrondissement.

Ce terrain est en friche depuis presque 20 ans. Aujourd'hui encore, une longue palissade en empêche l'accès. Mais derrière celle-ci, une riche végétation de diverses espèces végétales s'est développée, des sureaux surtout, mais aussi des arbres à papillons, ... tout une flore.


Après de multiples démêlés et rebondissements juridiques, cette parcelle serait aujourd'hui rachetée par la Mairie de Paris, qui souhaite y installer une maison de retraite et une crèche.
Mais, c'est sans compter avec les riverains, les amoureux de la nature et les amateurs d'oxygène qui ont créé l'association "Le Bois Dormoy" pour préserver ce poumon végétal situé à proximité de voies ferrées, dans un quartier extrêmement pollué ...

L'association du Bois Dormoy a ouvert un dialogue avec la mairie pour que le futur projet se fasse en concertation avec les habitants du quartier de La Chapelle. Si vous aussi, vous pensez que dans ce quartier, il y a trop de voitures, trop de béton, trop de pollution ... et pas assez de verdure, alors rejoignez le Bois Dormoy !    

 


>> En savoir plus sur le Bois Dormoy, ...

  

  

 

 

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Ici l'on tue ...

3 Février 2009, 09:34am

Publié par barreteau


Nous sommes tout près des abattoirs de La Villette, là où "on tranche le lard" comme le chante Jacques Dutronc ...
Ici, sur le quai de la Gironde, subsistent encore aujourd'hui quelques activités connexes, telle l'usine de "Cuirs et Peaux" Joseph Fischer ou les Etablissements Félix Gaucher, un marchand de charcuterie et de salaisons, en gros et demi-gros ...

A La Villette, sur l'un des murs de l'abattoir, on pouvait lire, sur une enseigne, cette dramatique sentence: "Ici l'on tue ...". Une évidence qui toutefois ne manquait pas de surprendre le promeneur, et l'incitait surtout à passer son chemin au plus vite.

Sur le site de La Villette, le mois de mars 1974 marque la fin d'une époque car on y tue le dernier bœuf.
En 1979, naît alors l'Etablissement Public du Parc de La Villette qui lance le grand projet de réhabilitation et d'aménagement des 55 hectares de friches industrielles, avec la mission de créer le premier parc culturel urbain.

Ce sera une réussite !



>> Des abattoirs ... au premier parc culturel urbain.

>> Démolition des abattoirs de La Villette, septembre 1977 -Photo© Jean-Luc Charuel 

 

 

 

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Paris Changing

30 Janvier 2009, 09:23am

Publié par barreteau


Rue Galande, 1899 - 1998


Un ami américain vient de m'offrir cet ouvrage en pensant qu'il devrait m'intéresser car il est incontestablement dans ma sphère d'intérêt et d'une proximité certaine avec Parisperdu.

Bel ouvrage en effet et beau reportage parisien de Christopher Rauschenberg, le photographe, mais surtout, excellent travail de la maison d'édition qui a su recréer - pour les photos modernes - les tonalités douces, les nuances, les gris pâles des plaques d'Atget ...


Le choix des sujets, est en revanche plus discutable, car si certains lieux s'imposent d'eux-mêmes ( la Rue Saint-Bon, la Rue de Fourcy, la Cour de Rohan, ...) dans bien d'autres cas, on sent que le photographe s'est laissé allé à une certaine facilité (Versailles, le parc de St Cloud où bien sûr les statues n'ont pas bougé depuis des siècles !..., c'est moins vrai pour le parc de Sceaux, tant il était en friche à l'époque d'Atget).
Le regard du photographe américain s'étonne parfois de choses assez banales pour nous les parisiens (un bénitier à l'Eglise Saint-Sulpice, un candélabre à la galerie Colbert, ...) ou ne s'encombre pas de critères esthétiques comme, par exemple, lorsqu'il découvre un immeuble bâché et qu'il le retient toutefois dans sa sélection des lieux d'Atget (2 rue de l'Abbaye).

Vu l'énorme travail d'Eugène Atget, éternel flâneur du Paris post-haussmannien, les démarches comparatives du Paris d'aujourd'hui avec l'œuvre de ce "photographe archéologue", ont encore de beaux jours devant elles.



>> Christopher Rauschenberg

 

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Les couleurs de Belleville.

26 Janvier 2009, 11:27am

Publié par barreteau


47 et 49 rue Vilin 75020 Paris - Photo ©Philippe Hiraga - 1971


Il y a quelque temps, nous avions posé la question:
"De quelle couleur est Belleville ?"
Et, lorsque sur ce sujet, j'ai récemment interrogé Willy Ronis - lui qui, dans les années 50 a beaucoup photographié le quartier- le grandissime photographe m'a répondu très directement :" La couleur ? Je ne m'en souviens pas, car à l'époque où je faisais ces images, ma vision était exclusivement en noir et blanc".
Puis, lorsque j'insiste pour savoir si toutefois, il "revoit" la couleur du mur du bistrot qui sert de toile de fond à sa photo "Au repos de la Montagne", Willy me rétorque :
"Ce n'est pas la couleur qui avait fait que je m'étais arrêté-là, mais le type en marcel qui prenait un verre à l'intérieur " !
Finalement, nous n'en saurons pas plus auprès de Willy Ronis ...


Mais aujourd'hui, ce sont les photos prises par Philippe lors de la démolition de la rue Vilin, au cours de l'été 1971, qui nous donnent la réponse.
Belleville était donc dans des camaïeux de rouge, de bordeaux, d'orange, de rose, ... c'est dire si les couleurs étaient gaies, et surtout contrastaient fortement avec un état du bâti ... plutôt triste, tant il était dégradé.

Mais pourquoi ces immeubles à la dérive, suintant de pauvreté, sont-ils restés aussi longtemps dans cet état ? Parce qu'ils ont une histoire bien à eux ...
Beaucoup de ces immeubles sont des bâtiments qui ont servi à abriter des gens venus ici pour construire la ville, pour travailler dans ses ateliers et ses usines... Autrement dit, ce sont les HLM d'une autre époque, des édifices construits à la va-vite, avec des murs constitués de matériaux de piètre qualité et, pour leur donner un peu de "standing", ... on les peignait de couleurs chatoyantes.


Au fil du temps, avec la politique de blocage des loyers de l'après guerre, on assista à l'appauvrissement des propriétaires et le quartier s'est rapidement "ghettoïsé". Tout cela a souvent empêché de faire les indispensables travaux d'entretien et, années après années, ces immeubles sont devenus de véritables ruines ...
Et lorsque ces bâtiments ont trop coûté en entretien, lorsque la rentabilité des loyers a trop diminuée, on les a démolit !
Oui, finalement Belleville en a vu ... de toutes les couleurs.


>> Voir aussi :"Elles tombent l'une après l'autre"
- Photo © Philippe Hiraga

>> "Au repos de la Montagne"
- Photo ©Willy Ronis

>> Voir aussi : "Mélanges de couleurs"  


 

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Le garage de l'Equerre.

22 Janvier 2009, 09:44am

Publié par barreteau


A Paris, dans le 19ème arrondissement, la destinée du garage de l'Equerre est tout à fait révélatrice de l'évolution du quartier.
Suivons donc son parcours.

En 1930, au 7-9 de la rue de l'Equerre, s'implante un garage. Avec son fier fronton gravé, il se présente alors comme un temple de la "modernité automobile".

Dans les années 1980, les asiatiques sont de plus en plus présents à Belleville et s'impliquent fortement dans l'économie locale aussi, il ne faut pas être étonné de voir le mécanicien vietnamien Nguyen Van
Trieu, fraichement arrivé à Paris, reprendre l'activité du garage de l'Equerre.

Mais dès la fin des années 90, les promoteurs immobiliers sont - partout à Paris - à la recherche de bonnes affaires et, les vieux garages de quartier sont des cibles de choix car ils offrent de grandes surfaces et de beaux volumes.

Un projet immobilier est alors conçu par l'Agence XLGD et Associés, pour l'édification de logements au-dessus du garage, sur quatre niveaux. Le permis de construire ne sera finalement pas accordé.

Puis, au début des années 2000, les bobos arrivent en nombre dans les quartiers Est de la capitale. On le sait, le bobo est friand de culture; il va donc falloir lui en fournir dans un secteur qui en manque cruellement ... La Cosmic Galerie va définitivement remplacer le Garage de l'Equerre ... on conservera, bien sûr, son fier fronton gravé, car cela fait "authentique" et "l'authentique" plait aux bobos.


Ainsi, à Paris comme ailleurs en France, les garages comme bien d'autres bâtiments industriels sont souvent recyclés "culturellement". Cela nous montre bien que nous ne fabriquons et ne produisons plus grand-chose ... et avec tous ces bâtiments vides d'activités, c'est sûr que l'on va avoir le temps de se cultiver ... au chômage.


>> Cosmic Galerie

>> Le projet immobilier de l'Agence XLGD et Associés.

>> "Bobo Attitude" ou "Les Bobos sur Parisperdu". 




 

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Les dormeurs de la place des Vosges.

18 Janvier 2009, 12:35pm

Publié par barreteau


Place des Vosges, 1972


En cette après-midi d'été, lorsque je pénétrai sur la place des Vosges, mon regard fut immédiatement attiré par une masse sombre, celle d'une auto pas comme les autres...

Il s'agissait d'un London cab, un ancien taxi londonien. Je fis une photo où "l'engin" se coulait dans la célèbre perspective des arcades de la place. Mais je n'étais pas sûr du résultat. Aussi, me rapprochai-je du véhicule, en pensant à Robert Capa, ce photographe de guerre qui disait: "Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près".

Et là, quelle ne fut pas ma surprise: à l'intérieur du "cab", se tenaient deux messieurs: l'un, assis, avait gardé son chapeau, l'autre allongé, l'avait posé à côté de lui. Tous deux étaient immobiles, ... morts peut-être. Mais soudain un léger ronflement s'échappa par la vitre baissée, tous deux dormaient ... profondément.

Comme souvent dans ces cas-là, face aux scènes insolites que je photographie, je me mets à imaginer l'histoire de la photo. Que faisaient donc ces deux dormeurs place des Vosges ?

J'ai d'abord pensé qu'ils étaient partis de Londres, qu'ils avaient roulé toute la nuit, et que d'épuisement ils s'étaient endormis à leur arrivée à Paris. Ou peut-être encore, de façon plus improbable, qu'après avoir pénétré, par hasard, place des Vosges, ils n'en avaient plus retrouvé la sortie et après avoir tourné en rond, pendant des heures, le sommeil avait eu raison d'eux ...!


Plus sérieusement, j'ai extrait cette photo de mes archives après avoir vu l'exposition de Robert Frank, "Paris/Les Américains" au  Jeu de Paume, car l'une de ses photos ("Detroit, 1955") me semble faire écho à nos "Dormeurs de la place des Vosges".

Les photos de Robert Frank, un des derniers géants de la photographie du XXème siècle, témoignent d'une prise de parole neuve - pour son époque - qui rapprochait, de façon vraiment révolutionnaire, le photographe du sujet photographié. Dans la rue aussi, "si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près".


>> Robert Capa, photographe de guerre

>> Robert Frank, "Paris/Les Américains" au Jeu de Paume

 

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Filles du calvaire.

14 Janvier 2009, 09:42am

Publié par barreteau


L'image un peu leste et racoleuse de cette publicité, au métro Filles du Calvaire, semblerait-elle vouloir nous donner une indication sur les moeurs de ce quartier du 11ème arrondissement ?
Les "filles du calvaire" ne seraient-elles pas des filles de joie qui, autrefois, écumaient le quartier ?

 

 Le prix Goncourt 1991, un roman de Pierre Combescot, intitulé "Les Filles-du-Calvaire" pourrait confirmer cette hypothèse. L'auteur nous narre - en effet - la vie de Madame Maud, derrière son comptoir du bistrot des Trapézistes, aux Filles-du-Calvaire. Autour d'elle, un petit monde interlope et coloré où se côtoient artistes du Cirque d'Hiver tout proche, souteneurs, prostitués des deux sexes ... Mille et une destinées emplissent ce livre baroque, dans le Paris de la première moitié du siècle dernier.

Coluche, enfonce le clou avec un de ses mots d'esprit, dont il avait le secret : "On parle souvent du boulevard des Filles-du-Calvaire mais on ne  parle pas souvent du calvaire des filles du boulevard".

Pourtant, la réalité est beaucoup moins romantique. Ici, rien à voir avec les filles de joie, et même bien au contraire ...
Ce quartier, hébergeait le couvent de la congrégation des Filles du Calvaire qui lui donnera son nom ...



>> La congrégation des Filles-du-Calvaire a son site web...

>> Au métro "Filles du Calvaire"...

 

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A Paris, la guerre des boules de neige n'aura pas lieu.

10 Janvier 2009, 09:08am

Publié par barreteau


Le quai du Louvre, face au Pont des Arts et à l'Institut, sous la neige, en janvier 1945
.


En cet hiver 2009, la neige tombe à Paris ... et en quantité.
Bonne nouvelle pour nos gamins qui, comme nous le faisions dans notre enfance, vont pouvoir s'en donner à cœur joie dans les parcs et les jardins de la capitale. Alors, bienvenue aux boules et autres bonhommes de neige ?

Que nenni ! La Mairie de Paris a fermé, lundi dernier, tous les parcs et jardins de la capitale!
Mais pourquoi donc ? "Parce qu'on peut glisser et tomber" répond, sans rire, la Mairie de Paris.
Ainsi, après l'opération "Paris plage" de l'été où châteaux de sable et baignades sont impossibles, nous avons en saison d'hiver un épisode "Paris montagne" sans accès aux joies de la neige ...
Je conseille aux services de la Mairie de Paris, d'aller voir du côté de Montréal ou d'Helsinki, comment les enfants québécois ou finnois font pour se divertir l'hiver.

Mais, chez nous, on préfère mettre en avant le fameux principe de précaution, décidemment très dans l'air du temps. Il semblerait, en effet, que le reflexe sécuritaire des fonctionnaires parisiens soit justifié par l'attitude de plus en plus procédurière de particuliers qui n'hésiteraient plus à mettre en cause la responsabilité du Maire au regard de lois de plus en plus contraignantes.

Les dérives judiciaires américaines qui nous montrent que l'on peut faire des procès et demander des dommages-intérêts pour tout et n'importe quoi, commencent à s'implanter sur le vieux continent. Alors, pour éviter les Tribunaux, tout ce qui a une parcelle d'autorité ouvre le parapluie, et de plus en plus grand ...

Nous devrions donc voir prochainement l'accès aux plages de l'Océan interdit en dehors de zones étroites surveillées par des CRS sauveteurs; et idem pour la montagne ! Ne riez pas, ça vient !

Nos enfants, pauvres gamins de Paris, seront donc privés des petits plaisirs qui ont agrémenté notre enfance !
Allez, filez dans vos chambres, rivés devant la télé ou les consoles de jeux!
C'est sans doute beaucoup moins dangereux ...


>> Voir aussi, "Le Monde" du 06/01/2009.

>> Lire aussi sur Parisperdu : "Paris Plage ou St Trop-sur-Seine"

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