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PARISPERDU
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Paris vu par Roland Castro.

15 Mars 2015, 18:53pm

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Publié par barreteau

HBM du boulevard Soult _ Paris 12ème (mai 2005)

Roland Castro est un architecte pas comme les autres : passionné, contestataire et engagé …
Un peu "grande gueule" aussi, et c'est sans doute pourquoi sa vision de Paris n'est pas toujours dans l'air du temps. Elle n'en est pas moins intéressante, car Castro nous aide à comprendre l’espace public et à percevoir une certaine poétique de la ville.

Spécialiste du logement social, Castro critique - par exemple - violemment le réaménagement de la Place des Fêtes, "une blessure dans la ville", une place enlaidie par des tours.

A ces dernières, il préfère les habitations bon marché, les fameux HBM qui entourent Paris, des logements sociaux construits dans les années 1920. Ils n’ont pas coûté cher et ont été créés rapidement. Mais leur qualité contraste diablement avec les grandes barres, bâties soixante ans plus tard et qu’il faut maintenant réhabiliter ou démolir.

Et, devant les HBM, Castro dit son espoir que soit retrouvé un savoir-faire aujourd'hui perdu en matière d’urbanisme.

Il cite aussi en exemple, d'autres secteurs de Paris, en particulier ceux situés sur les collines  et qui, de ce fait, ont résisté à l’urbanisation d’Haussmann.

Sur les collines de Belleville, dans le quartier de la Mouzaïa, une multitude de petites maisons coexistent agréablement. Là, on trouve dans les venelles du quartier la même densité que dans un grand ensemble, mais quelle différence dans la qualité de vie !

Les projets de Roland Castro vont toujours en ce sens: son travail s’applique à inventer des habitations plus humaines, plus agréables à habiter...

Bonne continuation Monsieur Castro.


>> Mieux connaître Roland Castro …

>> "Archi-respectueux" du passé.

>> Jean Nouvel conservera l'ancien.

 

 

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Poussettes duo.

10 Mars 2015, 14:50pm

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Publié par barreteau

Cour du 42 Rue d'Avron, 75020 Paris (mai 1994)

Pourquoi ce jour-là ai-je poussé la porte cochère du 42 rue d'Avron ?

Sans doute parce que j'ai vu cette pancarte qui la surplombe et qui indique "Maison Mosca, au fond de la cour à droite". Voilà bien le genre de détail qui m'incite toujours à aller plus loin …

Il n'y a pas âme qui vive dans la cour, mais elle est encombrée par quatre ou cinq poussettes … toutes identiques, toutes biplaces …! Or ce type "d'engin"  transporte habituellement des enfants jumeaux … Il y aurait donc en cet endroit autant de jumeaux ? Bizarre !

Cette bizarrerie n'est pourtant pas ce qui me fera appuyer sur le déclencheur de mon appareil photo … c'est plutôt le lointain souvenir d'une image qui ressemble à la scène que j'ai sous les yeux. Oui voilà ce qui me poussera à l'action.
L'image en question à pour titre : "Villa du Parc", elle a été prise non loin d'ici, en 1948, par un certain Willy Ronis …


>> "Villa du Parc", © Willy Ronis _ 1948.

 


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Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë.

5 Mars 2015, 09:02am

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Publié par barreteau

 Destruction d'un immeuble situé 5, impasse Bonne Nouvelle_ Paris 10ème.

Que restera-t-il dans cinquante ans du Paris modelé par Monsieur Delanoë ?
Essentiellement des lieux froids, glaciaux où le souffle et l'esprit sont absents, des quartiers sans âme, ni réelle identité ... Finalement, les caractéristiques du bâti érigé lors de sa mandature seront à l'image de l'homme: rigide, bourgeois-bohème et quelque peu arrogant.

Mais là n'est pas le principal reproche. Il y a plus dramatique, car qui aurait pu imaginer dans ses pires cauchemars que cet homme aurait pu perpétrer un tel saccage de la capitale pour y édifier d'aussi affreuses constructions ou élaborer d'aussi insensés aménagements comme à Belleville où dans le 13ème arrondissement, avec ces quartiers d'une grande laideur: Rive Gauche et Masséna?

Et c'est bien là le problème, Monsieur Delanoë n'aura rien embelli, mais il aura beaucoup défiguré, rasé le passé, détruit le patrimoine et tout cela sans la moindre vision futuriste.

Pourtant, démolir, transformer, réaménager, n'est pas nécessairement un désastre.

Ce peut être bénéfique pour la ville, comme cela s'est produit à maintes reprises dans la capitale, tout au long des siècles.

De Charles V jusqu'au XXe siècle, Paris a tout d'abord été agrandi, puis transformé et modifié pour - à chaque fois - s'adapter à son époque et souvent alors Paris s'en est trouvé embelli, sublimé.

C'est ainsi que sous le règne de Napoléon III, grâce au savoir-faire du baron Haussmann, Paris se transforme et s'adapte au nouvel essor industriel de l'époque, et donne naissance à ce magnifique Paris que l'on peut encore admirer aujourd'hui.

Après la seconde guerre mondiale, d'autres progrès apportent confort et qualité de vie. L'auto individuelle participe à ce mouvement, aussi s'avère-t-il nécessaire de lui faire une place dans la ville.
Le président Pompidou le comprit, et en dépit des esprits chagrins, fit faire des travaux qui n'ont pas enlaidi la ville, bien au contraire.

Aujourd'hui, on tente de nous faire croire que la "voie Pompidou" et quelques autres tronçons sur la rive gauche ont privé les Parisiens de promenades agréables et vivifiantes au bord du fleuve. C'est faux.
Les voies de circulation sur les berges de la Seine, ont remplacé tout un fatras d'entrepôts, de hangars, de chantiers à ciel ouvert, de dépôts de matériaux de toutes sortes, qui n'ont jamais rendu la ville plus belle ni permis la moindre promenade au bord de l'eau  …

Alors aujourd'hui, faut-il sevrer Paris de voitures ? Doit-on stopper totalement la circulation automobile à Paris ? La réponse a été trouvée depuis longtemps à Londres ou à Singapour. Le péage urbain, est en effet un moyen plus intelligent et beaucoup plus efficace que "le tout Vélib" ou le "Paris-Plages permanent" ?

Non décidément, Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë …

 

>> Paris-plages ou Saint-Trop-sur-Seine.


>> Paris demande à être gracié.

 

 

 

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La ville en chantier.

28 Février 2015, 11:39am

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Publié par barreteau

Carrefour de la rue des Orteaux et de la rue de la Réunion – Paris 20ème. (juin 2012)

La démolition est toujours un irrémédiable gâchis et malheureusement souvent, elle ne préfigure rien de bon.
Ce ne sont alors qu'un amas d'immeubles éventrés, d'espaces laissés vacants par la destruction des bâtiments, de décombres accumulés derrière des palissades, d'énormes étais soutenant des maisons tenant encore debout par miracle … tout cela témoigne d'une ville meurtrie, assassinée, et dont rien ne laisse deviner un éventuel avenir.

Quels regrets, quels espoirs, se dessinent derrière ces scènes de la ville ventre ouvert, derrière ces murs blessés, ces lieux dégradés, ces tours qui s'effondrent, ces bâtiments qui sortent de terre en quelques jours, ces quartiers qui émergent ?
Quels nouveaux espaces urbains se dessinent à la lisière entre ville et banlieue ?

La ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... mais comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.


>> Même endroit … deux ans plus tôt …

>> Déjà sur Parisperdu : "Démolition, reconstruction, la ville en chantier"

 

 

 

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Promenade partagée entre l'enfer et le paradis.

23 Février 2015, 09:45am

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Publié par barreteau


Enfer ou paradis, voilà le dilemme du 20ème arrondissement de Paris.

Pour certains, cet arrondissement n'est pas seulement le dernier numériquement. Il est aussi le dernier endroit où ils aimeraient vivre. Car pour eux, le capharnaüm de la mixité sociale qui règne ici, est vécu comme un véritable enfer.

Pour d'autres tout au contraire, le 20ème est un éden, excentré sur ses hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, ceux-là trouvent qu'il y fait bon vivre.

Rien d'étonnant alors d'y trouver le "Passage Dieu", et non loin de là, "l'Impasse Satan" … !

Si leur proximité est amusante, indubitablement le choix des noms de ces  voies de communication l'est tout autant : car il semble indiquer que servir Satan mène à une impasse, alors que l'autre voie serait un passage vers Dieu … 
Ceci dit le panneau "Accès pompier" que l'on voit ici, aurait sans doute mieux sa place sous le "Passage Satan" !

Et, entre le passage et l'impasse ... n'y aurait-il pas une place pour le purgatoire ?
Mais on aura beau chercher, il n'y a pas de Place du Purgatoire dans ce 20ème arrondissement …



>> Passage Dieu et Impasse Satan.

>> Autres impasses dans le secteur.

 

 

 

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L'Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait.

18 Février 2015, 08:39am

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Publié par barreteau

 
Graham Robb est un historien comme je les aime. Érudit, mais vivant, il a le goût du détail et le sens de la narration. Et francophile et francophone avec ça. Professeur à Oxford, spécialiste de Rimbaud et de Baudelaire, il m'a enchanté avec son Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait.

Robb propose une fascinante comédie humaine de Paris, dans laquelle l'histoire de la ville est éclairée par l'expérience de ses habitants. C'est une longue promenade à travers le temps, les gens et les rues de Paris. Une promenade depuis son cœur historique, l'île de la Seine, qui abritait la tribu des Parisii, jusqu'aux banlieues tentaculaires qui inspirent aujourd'hui bien plus de craintes qu'au temps où elles étaient infestées de brigands et de loups.
 
Aventures, récits, anecdotes se succèdent ainsi à travers le canevas des rues, à travers une foule de personnages inconnus ou illustres : le tout jeune lieutenant d'artillerie Buonaparte, par exemple, encore bien timide, déniaisé par une galante au Palais-Royal ; Marie-Antoinette, paniquée, totalement perdue aux abords des Tuileries, qui tente de retrouver son mari dans sa fuite ; ou bien un certain Vidocq, tout frais sorti du bagne, en passe de devenir une star de la police ; ou encore Proust, fasciné par l'ouverture de la première ligne de métro qui va de la Concorde au Châtelet, mais trop claustrophobe pour descendre sous terre...

Voilà donc la grande Histoire de Paris racontée avec de petites histoires.
Ce livre est un voyage, un grand régal … à lire absolument.



>> "Une Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait" chez Flammarion.

>> Voir aussi : "Paris, portrait d'une ville".


 

 

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#LeicaValentine

13 Février 2015, 10:45am

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Publié par barreteau

Photo: © Peter Turnley - ID #78・Paris, 2013

Leica lance à l'occasion de la Saint Valentin un concours Photo sur le thème de l'amour avec le hashtag #LeicaValentine. Et comme le parrain de l'opération est le photojournaliste Peter Turnley, un américain  vivant depuis bien longtemps à Paris, on aura compris que les amoureux de (ou à) Paris seront aux premières loges.

Pour trouver de l'inspiration,  consultez les photos de Peter Turnley sur le Blog Leica qui nous parle de ses photographies sur l’amour et les amoureux, toutes réalisées à Paris.



>> Consulter le blog Leica.

>> En savoir plus sur Peter Turnley.

 

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De l'art de la diversification.

11 Février 2015, 16:43pm

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Publié par barreteau

8bis rue de la Liberté 75019 Paris

Rue de la Liberté, plusieurs portails se succèdent laissant deviner derrière eux la présence d'ateliers.
Au 8bis, une enseigne confirme mon intuition, on peut y lire : " Menuiserie / Gilles Weber"

Monsieur Weber est un artisan menuisier qui a créé ici sa société, il y a bientôt dix ans.
Il travaille le bois mais aussi le PVC et, de ce modeste atelier, sortent régulièrement des éléments pour des cuisines intégrées, des portes, des fenêtres, des escaliers … et bien d'autres choses encore.

Mais ce que l'on devine moins aisément, c'est que cet alsaco-lorrain n'a pas mis tous ses œufs dans le même panier car "au pays", il a gardé des attaches … parfois étonnantes, ainsi à Colmar, il est gérant d'un fast-food et à Metz, il est l'associé d'un débitant de tabacs.
Ce qu'on appelle l'art de la diversification des activités …


>> 6, 8, 8bis et 10 rue de la Liberté, Paris 19ème.


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Yves Martin, le promeneur tout en poésie.

6 Février 2015, 13:58pm

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Publié par barreteau


On l'a souvent comparé à Léon-Paul Fargue, sans doute à cause de son côté "piéton de Paris". Avec sa carcasse imposante, ses rouflaquettes grises, ses vêtements d'un autre âge, il s'est composé une silhouette presque légendaire.

A partir de chez lui, rue Marcadet, Yves Martin n'en finit pas de sillonner la capitale. Rue des Martyrs, rue de Provence, le pont des Arts, le long des canaux, d'une porte à l'autre, il va partout et guette, selon les heures, le plus humble détail de la ville. Ses déambulations seront la source de ses meilleurs recueils: "Le Partisan", "Le Marcheur", "Manèges des mélancolies" …

Dans un poème du "Marcheur" dédié à Eugène Dabit, peintre et auteur de "L'Hôtel du Nord", il nous livre l'un de ses tableaux parisiens de prédilection:

"Au château tremblant, canal de l'Ourcq-Saint-Martin,
Trépignaient les mariniers sous les drapeaux de frites.
Les moules sautaient dans des cuves rouges
Avec des clins d'œil bleus".

Les "Manèges des mélancolies" sont pleins de cafés, de brasseries, de troquets et de bistrots. "Printemps 1966" renferme en un seul poème la "bougnate du Nord-Sud", les harengs de chez Lipp, des "volcans de choucroute", des "vins irascibles", et les ombres de Tinan et de Toulet, deux piliers de bar salués en passant ...

Fondateur en 1959, avec le metteur en scène Bertrand Tavernier, du Nickel-Odéon, un très haut lieu de la cinéphilie, Martin se consacre à la  réhabilitation de films crépusculaires, comme "Les Passagers de la nuit", définissant du même coup sa propre esthétique: "L'inquiétude est sœur de la poésie."

Paris reste pour lui un réservoir infini d'images et de sensations, le long des rues, à la terrasse des cafés, sur les écrans de l'après-midi, ce marcheur-voyeur regarde intensément les passantes.  "Le Marcheur" fourmille de rencontres amoureuses, vite évanouies dans ce Paris où tout semble possible …


>> Le Partisan, suivi du Marcheur, par Yves Martin. Editions La Table ronde.

>> Manèges des mélancolies. Poésies inédites (1960-1990). Edition rare.

 

 

 

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Ce n'est pas vraiment la Paix !

1 Février 2015, 09:53am

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Publié par barreteau

 Hôtel de la Paix – 4 rue Louis Bonnet – Paris 11ème (janvier 2009)

Dans le 11éme arrondissement, la rue Louis Bonnet a toujours été une rue très commerçante.

Dans les années 80, un bon nombre d'établissements de la communauté chinoise, en majorité des restaurants, s'implantent ici. Ceux-ci remplacent des commerces tenus jusqu'alors par la communauté juive, un changement caractéristique de l'évolution de Belleville. Et c'est ainsi que disparaîtra, entre-autres, la célèbre charcuterie delicatessen Goldenberg avec ses spécialités d'Europe centrale.

Toutefois, jusqu'au tournant de l'an 2000, la physionomie de la rue change peu et elle conserve alors pratiquement les mêmes immeubles depuis plus d'un siècle.

Mais aujourd'hui la rue présente un tout autre visage et, ce sont les petits hôtels qui font les frais de la restructuration du secteur. C'est ainsi qu'au bas de la rue, au N°4, on vient d'assister à la destruction de l'hôtel de la Paix.

Fermé suite à un incendie qui s'était déclaré dans ses étages supérieurs, l'Hôtel de la Paix a été muré pendant de longues années pour empêcher les squatters de l'occuper. C'est là qu'avait été tourné une séquence du film "Bourne Identity", où l'on voit Bourne et Marie se cacher dans ce petit hôtel de la rue Louis Bonnet.

Cette rue qui peut de prime abord sembler plutôt paisible a connu pas mal d'évènements plus ou moins dramatiques: plusieurs incendies dans un périmètre restreint, des bagarres de rue intercommunautaires entre Juifs et Arabes et de nombreux règlements de compte dont certains avec mort d'hommes …

Non décidément, rue Louis Bonnet, ce n'est pas vraiment la Paix !


>> The Bourne Identity, (ou La Mémoire dans la peau), un film réalisé par Doug Liman et sorti en salles en 2002 avec Matt Damon dans le rôle principal.(capture d'écran)

>> Demande de démolition du 2-4 rue Louis Bonnet.

>> La guerre à l'Hôtel de la Paix.


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Paris est à tout le monde.

26 Janvier 2015, 09:58am

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Publié par barreteau

Boutique de souvenirs, rue de Steinkerque, au pied de la butte Montmartre _Paris (18e), juin 2012

C'est la fin d'un monopole pour l'un des produits phares des boutiques de souvenirs de Paris.
Depuis une quinzaine de jours, les célèbres slogans " I♥Paris " et " J'♥Paris ", qui ornent tee-shirts, sweat-shirts mais aussi porte-clés, tasses et autres bibelots, ne peuvent plus être considérés comme des marques.

Dans leur arrêt du 6 janvier dernier, les juges de la Cour de Cassation rappellent que les slogans de ce type ont été popularisés dès 1977 par la création du logo " I♥New York " du célèbre graphiste américain Milton Glaser. Selon eux, la formule "véhicule un sentiment d'attachement à une ville particulière" que le touriste perçoit comme "un signe décoratif, dont il comprend le sens quelle que soit sa langue" et non pas "comme une marque".

Ces slogans sont désormais dans le domaine public et tout le monde peut les reproduire sans risque.

Paris est donc à tout le monde. Mais ça, Montesquieu le pensait déjà, il y a bien longtemps,  lorsqu'il écrivait : "La France est aux Français, Paris est à tout le monde".


>> "I'm parisien, I love rien" sur Parisperdu.

 

 

 

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Les impasses de Planchat.

21 Janvier 2015, 11:40am

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Publié par barreteau

Vue prise de l'impasse de Bergame, vers l'impasse des Crins. Paris 20ème (juin 2012)

Dans le 20ème arrondissement, entre la rue Planchat et la rue de Buzenval, on en trouve déjà 8, elles ont pour noms: Véran, Rolleboise, Casteggio, Poule, Crins, Bergame, des Souhaits et de la Confiance … ce sont les fameuses impasses du secteur Planchat, directement héritées du parcellaire de cet ancien quartier de maraîchage et de vignes.

Un peu plus loin, entre la rue de la Réunion et la rue des Orteaux, ça recommence: à nouveau des impasses et des passages qui, cette fois-ci, donnent sur la rue des Vignoles. On trouve ici: Satan, Rançon, Savart, des Vignoles auxquels ont peut ajouter, donnant sur la rue des Haies, les passages Dieu et Dagorno, ainsi que les impasses Gros et St Paul … de quoi en perdre son latin certes, mais on peut aussi trouver un réel plaisir à s'enfoncer dans ces multiples interstices de la ville.

Au début des années 2000, un vaste projet de réhabilitation de ce secteur a été entrepris car, il faut bien le dire, l'habitat dans ces impasses n'était pas très reluisant et même parfois "limite insalubre".

Toutes les impasses n'ont pas été touchées, certaines sont encore "dans leur jus", comme à l'écart de la ville, à l'écart du temps …

La restructuration la plus lourde a concerné trois impasses, celles des Crins, de Casteggio et des Souhaits. Elle a permis la réhabilitation de 11 logements et la construction de 88 logements neufs, 11 ateliers et 52 places de parking.

Cette réalisation nommée "Eden Bio", par l'architecte en charge du projet, a certes densifié le secteur mais a heureusement respecté l'esprit du quartier en préservant ses passages et ses impasses. Les façades des nouvelles habitations alternent le bois, le métal et le végétal … Pour une fois que le béton n'a pas tout envahi, on ne va pas se plaindre !


>> Parisperdu pour les nuls (4/5): " De Planchat-Vignoles à la Place de Rungis"

>> "Eden-Bio", le projet qui a réhabilité le secteur.


>> 33 rue des Vignoles: l'impasse des anarchistes ...

 

 

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Allée verte.

16 Janvier 2015, 12:05pm

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La rue Saint-Sabin a gardé son atmosphère provinciale avec de nombreuses échoppes d'artisans et divers magasins de petits commerçants, mais pour combien de temps ? Car toutes et tous ferment désormais les uns après les autres.

Au 58 de cette rue, une autre voie prend naissance. A ce croisement, se dresse une immense façade aveugle avec pour tout élément décoratif une plaque de rue parisienne ou l'on peut lire : "Allée verte, anciennement rue verte".
Non loin de là,  il y a aussi la rue du Chemin Vert  … et pas très loin non plus la célèbre Coulée verte … décidément ce coin du 11ème arrondissement semble avoir trouvé sa couleur !

Puis l'Allée Verte coupera la rue Nicolas Appert, le génial inventeur de la boîte de conserve, avant de déboucher dans le boulevard Richard Lenoir et même s'il n'y a aucune verdure dans l'Allée Verte … cette allée est généralement bien calme avec sa halte-garderie, sa maison de retraite … son club de tennis de table …

Mais à deux pas de là, ce calme a été fracassé le 7 janvier dernier lors de l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo par des terroristes extrémistes …


>> "Je suis CHARLIE"

>> La coulée verte: "Pour un urbanisme retardataire".

 

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Flamenco et syndicalistes révolutionnaires.

11 Janvier 2015, 09:51am

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Publié par barreteau

Passage du 33 rue des Vignoles_ Paris 20ème (Juin 1997)

Lorsque que pour la première fois, je pénètre dans ce passage de la rue des Vignoles, je découvre une cour bordée d'ateliers. Un lieu comme il en existait encore beaucoup à cette époque, dans Paris. Tous les ateliers viennent alors d'être fraichement repeints en blanc, ce qui donne une impression de clarté, de propreté et même de standing à cet endroit pourtant banal.

Ce qui attire immédiatement mon regard, c'est une pancarte. On peut y lire: "Flamenco en France". Je suis quelque peu intrigué que "La peña flamenca de Paris" ait élu domicile dans cet étroit passage. Arrivé au fond de l'impasse, je ne remarquerai rien d'autre …

Lorsque je suis retourné récemment ici, le passage était toujours là, et ça, c'est un peu surprenant … car ce secteur du 20ème arrondissement a subi ces dernières années, un large processus de restructuration de son habitat. Toutefois, si la configuration des lieux n'a pas bougé, la couleur des ateliers du passage a radicalement changé: fini le blanc immaculé … tout ici a été repeint en rouge !
Un rouge révolutionnaire sans doute car le passage abrite le siège d'une confédération que je n'avais même pas remarqué lors de ma première visite. Cette fois-ci, impossible de "louper" la Confédération Nationale des Travailleurs : couleur rouge omniprésente et, partout des drapeaux et fanions rouges et noirs siglés: CNT !
La CNT est une confédération de type syndicaliste révolutionnaire et anarcho-syndicaliste qui a connu un essor important en Espagne durant la période antifranquiste de 1936-1939. De là à expliquer le voisinage en cet endroit des anciens antifranquistes et des adhérents à l'association Flamenco … ?

Mais récemment, le passage du 33 de la rue des Vignoles a eu la surprise de tomber sur un avis de démolition de la mairie de Paris. Le "33" est situé dans l’îlot Planchat-Vignoles, un des îlots voué à destruction sans même savoir quelle construction est prévue à la place.

Des engagements ont été pris par la Mairie pour régler le problème de ces "expulsés-expulsables", mais aussi pour conserver le parcellaire caractéristique de ce quartier. Jusqu’à présent aucun projet n’a toutefois été rendu public par la Ville. La mobilisation se poursuit donc … et en matière de mobilisation, de manifestations et de défilés en tous genres, la CNT est experte ... !

Toutefois, l'impasse des anarchistes, comme certains la nomme dans le quartier, a sans doute entamé son compte à rebours avant ... la destruction finale.


>> Le passage du 33 rue des Vignoles, aujourd'hui.

>> Flamenco au 33 rue des Vignoles.

>> La CNT syndicalisme révolutionnaire et anarcho-syndicalisme.

>> Déjà sur Parisperdu : Lieu semblable, destin semblable.

 

 

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Belleville : les chantiers de la mémoire.

6 Janvier 2015, 10:04am

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Publié par barreteau

Rue Pixérécourt, Paris 20ème _ 1984

A Belleville, dans les années 1960, tout le monde sait que les vieux immeubles ne seront plus entretenus car ils ont vocation à être détruits lors de la future rénovation du quartier qui déjà se dessine. Les habitants commencent alors à déménager, souvent déplacés dans les nouveaux HLM "confortables" de Sarcelles ou de Créteil. Mais paradoxalement  de nouveaux venus, notamment des migrants du Maghreb, s’installent dans ce bâti libéré ... pour quelque temps.

Dès la fin des années 70, les démolitions vont bon train et la rénovation des années 80, conduira à la "désastreuse" transfiguration de la Place des Fêtes, et à la politique des "Zones d’Aménagement Concertées" aux Amandiers à Ménilmontant ou dans le Bas-Belleville.

Les conditions de la "rénovation" de ces quartiers, le relogement, la conception des constructions nouvelles sur fond de spéculation immobilière ne seront pas sans conséquence sur le plan social et humain. Elles conduiront à la détérioration des conditions de vie et à la destruction des structures sociales. Et aujourd'hui encore, on ne peut que dresser le constat d’un immense gâchis urbanistique et humain.

Passant d’une image intimiste en noir et blanc à une poétique des ruines, la photo présentée ici semble de prime abord hétéroclite, mais elle dévoile finalement la réalité du fait social et urbain. Elle témoigne d’une société en construction, en constant changement, autant que d’un monde en décomposition.
Car ici, trois générations d'habitat coexistent - encore pour quelque temps - dans un reliquat de jardin: un habitat précaire fait de planches et de matériaux de récupération, dernier témoin des baraques des bidonvilles des années 50, au second plan se trouve un des petits immeubles de rapport qui constituaient il y encore peu de temps, l'habitat majoritaire de ces quartiers et, occupant tout l'arrière plan, l'une des tours de la Place des Fêtes.
Dans ce minuscule espace, c'est bien l'un des chantiers de la mémoire de Belleville, que l'
on découvre ...


>> Une rage de destruction.

>> Le ZACage du 20ème arrondissement.

>> Démolition des murs ... démolition des vies.

 

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