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PARISPERDU

De l'art de la diversification.

11 Février 2015, 16:43pm

Publié par barreteau

8bis rue de la Liberté 75019 Paris

Rue de la Liberté, plusieurs portails se succèdent laissant deviner derrière eux la présence d'ateliers.
Au 8bis, une enseigne confirme mon intuition, on peut y lire : " Menuiserie / Gilles Weber"

Monsieur Weber est un artisan menuisier qui a créé ici sa société, il y a bientôt dix ans.
Il travaille le bois mais aussi le PVC et, de ce modeste atelier, sortent régulièrement des éléments pour des cuisines intégrées, des portes, des fenêtres, des escaliers … et bien d'autres choses encore.

Mais ce que l'on devine moins aisément, c'est que cet alsaco-lorrain n'a pas mis tous ses œufs dans le même panier car "au pays", il a gardé des attaches … parfois étonnantes, ainsi à Colmar, il est gérant d'un fast-food et à Metz, il est l'associé d'un débitant de tabacs.
Ce qu'on appelle l'art de la diversification des activités …


>> 6, 8, 8bis et 10 rue de la Liberté, Paris 19ème.


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Yves Martin, le promeneur tout en poésie.

6 Février 2015, 13:58pm

Publié par barreteau


On l'a souvent comparé à Léon-Paul Fargue, sans doute à cause de son côté "piéton de Paris". Avec sa carcasse imposante, ses rouflaquettes grises, ses vêtements d'un autre âge, il s'est composé une silhouette presque légendaire.

A partir de chez lui, rue Marcadet, Yves Martin n'en finit pas de sillonner la capitale. Rue des Martyrs, rue de Provence, le pont des Arts, le long des canaux, d'une porte à l'autre, il va partout et guette, selon les heures, le plus humble détail de la ville. Ses déambulations seront la source de ses meilleurs recueils: "Le Partisan", "Le Marcheur", "Manèges des mélancolies" …

Dans un poème du "Marcheur" dédié à Eugène Dabit, peintre et auteur de "L'Hôtel du Nord", il nous livre l'un de ses tableaux parisiens de prédilection:

"Au château tremblant, canal de l'Ourcq-Saint-Martin,
Trépignaient les mariniers sous les drapeaux de frites.
Les moules sautaient dans des cuves rouges
Avec des clins d'œil bleus".

Les "Manèges des mélancolies" sont pleins de cafés, de brasseries, de troquets et de bistrots. "Printemps 1966" renferme en un seul poème la "bougnate du Nord-Sud", les harengs de chez Lipp, des "volcans de choucroute", des "vins irascibles", et les ombres de Tinan et de Toulet, deux piliers de bar salués en passant ...

Fondateur en 1959, avec le metteur en scène Bertrand Tavernier, du Nickel-Odéon, un très haut lieu de la cinéphilie, Martin se consacre à la  réhabilitation de films crépusculaires, comme "Les Passagers de la nuit", définissant du même coup sa propre esthétique: "L'inquiétude est sœur de la poésie."

Paris reste pour lui un réservoir infini d'images et de sensations, le long des rues, à la terrasse des cafés, sur les écrans de l'après-midi, ce marcheur-voyeur regarde intensément les passantes.  "Le Marcheur" fourmille de rencontres amoureuses, vite évanouies dans ce Paris où tout semble possible …


>> Le Partisan, suivi du Marcheur, par Yves Martin. Editions La Table ronde.

>> Manèges des mélancolies. Poésies inédites (1960-1990). Edition rare.

 

 

 

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Ce n'est pas vraiment la Paix !

1 Février 2015, 09:53am

Publié par barreteau

 Hôtel de la Paix – 4 rue Louis Bonnet – Paris 11ème (janvier 2009)

Dans le 11éme arrondissement, la rue Louis Bonnet a toujours été une rue très commerçante.

Dans les années 80, un bon nombre d'établissements de la communauté chinoise, en majorité des restaurants, s'implantent ici. Ceux-ci remplacent des commerces tenus jusqu'alors par la communauté juive, un changement caractéristique de l'évolution de Belleville. Et c'est ainsi que disparaîtra, entre-autres, la célèbre charcuterie delicatessen Goldenberg avec ses spécialités d'Europe centrale.

Toutefois, jusqu'au tournant de l'an 2000, la physionomie de la rue change peu et elle conserve alors pratiquement les mêmes immeubles depuis plus d'un siècle.

Mais aujourd'hui la rue présente un tout autre visage et, ce sont les petits hôtels qui font les frais de la restructuration du secteur. C'est ainsi qu'au bas de la rue, au N°4, on vient d'assister à la destruction de l'hôtel de la Paix.

Fermé suite à un incendie qui s'était déclaré dans ses étages supérieurs, l'Hôtel de la Paix a été muré pendant de longues années pour empêcher les squatters de l'occuper. C'est là qu'avait été tourné une séquence du film "Bourne Identity", où l'on voit Bourne et Marie se cacher dans ce petit hôtel de la rue Louis Bonnet.

Cette rue qui peut de prime abord sembler plutôt paisible a connu pas mal d'évènements plus ou moins dramatiques: plusieurs incendies dans un périmètre restreint, des bagarres de rue intercommunautaires entre Juifs et Arabes et de nombreux règlements de compte dont certains avec mort d'hommes …

Non décidément, rue Louis Bonnet, ce n'est pas vraiment la Paix !


>> The Bourne Identity, (ou La Mémoire dans la peau), un film réalisé par Doug Liman et sorti en salles en 2002 avec Matt Damon dans le rôle principal.(capture d'écran)

>> Demande de démolition du 2-4 rue Louis Bonnet.

>> La guerre à l'Hôtel de la Paix.


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Paris est à tout le monde.

26 Janvier 2015, 09:58am

Publié par barreteau

Boutique de souvenirs, rue de Steinkerque, au pied de la butte Montmartre _Paris (18e), juin 2012

C'est la fin d'un monopole pour l'un des produits phares des boutiques de souvenirs de Paris.
Depuis une quinzaine de jours, les célèbres slogans " I♥Paris " et " J'♥Paris ", qui ornent tee-shirts, sweat-shirts mais aussi porte-clés, tasses et autres bibelots, ne peuvent plus être considérés comme des marques.

Dans leur arrêt du 6 janvier dernier, les juges de la Cour de Cassation rappellent que les slogans de ce type ont été popularisés dès 1977 par la création du logo " I♥New York " du célèbre graphiste américain Milton Glaser. Selon eux, la formule "véhicule un sentiment d'attachement à une ville particulière" que le touriste perçoit comme "un signe décoratif, dont il comprend le sens quelle que soit sa langue" et non pas "comme une marque".

Ces slogans sont désormais dans le domaine public et tout le monde peut les reproduire sans risque.

Paris est donc à tout le monde. Mais ça, Montesquieu le pensait déjà, il y a bien longtemps,  lorsqu'il écrivait : "La France est aux Français, Paris est à tout le monde".


>> "I'm parisien, I love rien" sur Parisperdu.

 

 

 

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Les impasses de Planchat.

21 Janvier 2015, 11:40am

Publié par barreteau

Vue prise de l'impasse de Bergame, vers l'impasse des Crins. Paris 20ème (juin 2012)

Dans le 20ème arrondissement, entre la rue Planchat et la rue de Buzenval, on en trouve déjà 8, elles ont pour noms: Véran, Rolleboise, Casteggio, Poule, Crins, Bergame, des Souhaits et de la Confiance … ce sont les fameuses impasses du secteur Planchat, directement héritées du parcellaire de cet ancien quartier de maraîchage et de vignes.

Un peu plus loin, entre la rue de la Réunion et la rue des Orteaux, ça recommence: à nouveau des impasses et des passages qui, cette fois-ci, donnent sur la rue des Vignoles. On trouve ici: Satan, Rançon, Savart, des Vignoles auxquels ont peut ajouter, donnant sur la rue des Haies, les passages Dieu et Dagorno, ainsi que les impasses Gros et St Paul … de quoi en perdre son latin certes, mais on peut aussi trouver un réel plaisir à s'enfoncer dans ces multiples interstices de la ville.

Au début des années 2000, un vaste projet de réhabilitation de ce secteur a été entrepris car, il faut bien le dire, l'habitat dans ces impasses n'était pas très reluisant et même parfois "limite insalubre".

Toutes les impasses n'ont pas été touchées, certaines sont encore "dans leur jus", comme à l'écart de la ville, à l'écart du temps …

La restructuration la plus lourde a concerné trois impasses, celles des Crins, de Casteggio et des Souhaits. Elle a permis la réhabilitation de 11 logements et la construction de 88 logements neufs, 11 ateliers et 52 places de parking.

Cette réalisation nommée "Eden Bio", par l'architecte en charge du projet, a certes densifié le secteur mais a heureusement respecté l'esprit du quartier en préservant ses passages et ses impasses. Les façades des nouvelles habitations alternent le bois, le métal et le végétal … Pour une fois que le béton n'a pas tout envahi, on ne va pas se plaindre !


>> Parisperdu pour les nuls (4/5): " De Planchat-Vignoles à la Place de Rungis"

>> "Eden-Bio", le projet qui a réhabilité le secteur.


>> 33 rue des Vignoles: l'impasse des anarchistes ...

 

 

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Allée verte.

16 Janvier 2015, 12:05pm

Publié par barreteau


La rue Saint-Sabin a gardé son atmosphère provinciale avec de nombreuses échoppes d'artisans et divers magasins de petits commerçants, mais pour combien de temps ? Car toutes et tous ferment désormais les uns après les autres.

Au 58 de cette rue, une autre voie prend naissance. A ce croisement, se dresse une immense façade aveugle avec pour tout élément décoratif une plaque de rue parisienne ou l'on peut lire : "Allée verte, anciennement rue verte".
Non loin de là,  il y a aussi la rue du Chemin Vert  … et pas très loin non plus la célèbre Coulée verte … décidément ce coin du 11ème arrondissement semble avoir trouvé sa couleur !

Puis l'Allée Verte coupera la rue Nicolas Appert, le génial inventeur de la boîte de conserve, avant de déboucher dans le boulevard Richard Lenoir et même s'il n'y a aucune verdure dans l'Allée Verte … cette allée est généralement bien calme avec sa halte-garderie, sa maison de retraite … son club de tennis de table …

Mais à deux pas de là, ce calme a été fracassé le 7 janvier dernier lors de l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo par des terroristes extrémistes …


>> "Je suis CHARLIE"

>> La coulée verte: "Pour un urbanisme retardataire".

 

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Flamenco et syndicalistes révolutionnaires.

11 Janvier 2015, 09:51am

Publié par barreteau

Passage du 33 rue des Vignoles_ Paris 20ème (Juin 1997)

Lorsque que pour la première fois, je pénètre dans ce passage de la rue des Vignoles, je découvre une cour bordée d'ateliers. Un lieu comme il en existait encore beaucoup à cette époque, dans Paris. Tous les ateliers viennent alors d'être fraichement repeints en blanc, ce qui donne une impression de clarté, de propreté et même de standing à cet endroit pourtant banal.

Ce qui attire immédiatement mon regard, c'est une pancarte. On peut y lire: "Flamenco en France". Je suis quelque peu intrigué que "La peña flamenca de Paris" ait élu domicile dans cet étroit passage. Arrivé au fond de l'impasse, je ne remarquerai rien d'autre …

Lorsque je suis retourné récemment ici, le passage était toujours là, et ça, c'est un peu surprenant … car ce secteur du 20ème arrondissement a subi ces dernières années, un large processus de restructuration de son habitat. Toutefois, si la configuration des lieux n'a pas bougé, la couleur des ateliers du passage a radicalement changé: fini le blanc immaculé … tout ici a été repeint en rouge !
Un rouge révolutionnaire sans doute car le passage abrite le siège d'une confédération que je n'avais même pas remarqué lors de ma première visite. Cette fois-ci, impossible de "louper" la Confédération Nationale des Travailleurs : couleur rouge omniprésente et, partout des drapeaux et fanions rouges et noirs siglés: CNT !
La CNT est une confédération de type syndicaliste révolutionnaire et anarcho-syndicaliste qui a connu un essor important en Espagne durant la période antifranquiste de 1936-1939. De là à expliquer le voisinage en cet endroit des anciens antifranquistes et des adhérents à l'association Flamenco … ?

Mais récemment, le passage du 33 de la rue des Vignoles a eu la surprise de tomber sur un avis de démolition de la mairie de Paris. Le "33" est situé dans l’îlot Planchat-Vignoles, un des îlots voué à destruction sans même savoir quelle construction est prévue à la place.

Des engagements ont été pris par la Mairie pour régler le problème de ces "expulsés-expulsables", mais aussi pour conserver le parcellaire caractéristique de ce quartier. Jusqu’à présent aucun projet n’a toutefois été rendu public par la Ville. La mobilisation se poursuit donc … et en matière de mobilisation, de manifestations et de défilés en tous genres, la CNT est experte ... !

Toutefois, l'impasse des anarchistes, comme certains la nomme dans le quartier, a sans doute entamé son compte à rebours avant ... la destruction finale.


>> Le passage du 33 rue des Vignoles, aujourd'hui.

>> Flamenco au 33 rue des Vignoles.

>> La CNT syndicalisme révolutionnaire et anarcho-syndicalisme.

>> Déjà sur Parisperdu : Lieu semblable, destin semblable.

 

 

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Belleville : les chantiers de la mémoire.

6 Janvier 2015, 10:04am

Publié par barreteau

Rue Pixérécourt, Paris 20ème _ 1984

A Belleville, dans les années 1960, tout le monde sait que les vieux immeubles ne seront plus entretenus car ils ont vocation à être détruits lors de la future rénovation du quartier qui déjà se dessine. Les habitants commencent alors à déménager, souvent déplacés dans les nouveaux HLM "confortables" de Sarcelles ou de Créteil. Mais paradoxalement  de nouveaux venus, notamment des migrants du Maghreb, s’installent dans ce bâti libéré ... pour quelque temps.

Dès la fin des années 70, les démolitions vont bon train et la rénovation des années 80, conduira à la "désastreuse" transfiguration de la Place des Fêtes, et à la politique des "Zones d’Aménagement Concertées" aux Amandiers à Ménilmontant ou dans le Bas-Belleville.

Les conditions de la "rénovation" de ces quartiers, le relogement, la conception des constructions nouvelles sur fond de spéculation immobilière ne seront pas sans conséquence sur le plan social et humain. Elles conduiront à la détérioration des conditions de vie et à la destruction des structures sociales. Et aujourd'hui encore, on ne peut que dresser le constat d’un immense gâchis urbanistique et humain.

Passant d’une image intimiste en noir et blanc à une poétique des ruines, la photo présentée ici semble de prime abord hétéroclite, mais elle dévoile finalement la réalité du fait social et urbain. Elle témoigne d’une société en construction, en constant changement, autant que d’un monde en décomposition.
Car ici, trois générations d'habitat coexistent - encore pour quelque temps - dans un reliquat de jardin: un habitat précaire fait de planches et de matériaux de récupération, dernier témoin des baraques des bidonvilles des années 50, au second plan se trouve un des petits immeubles de rapport qui constituaient il y encore peu de temps, l'habitat majoritaire de ces quartiers et, occupant tout l'arrière plan, l'une des tours de la Place des Fêtes.
Dans ce minuscule espace, c'est bien l'un des chantiers de la mémoire de Belleville, que l'
on découvre ...


>> Une rage de destruction.

>> Le ZACage du 20ème arrondissement.

>> Démolition des murs ... démolition des vies.

 

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Meilleurs Voeux pour 2015 !

1 Janvier 2015, 09:17am

Publié par barreteau

"Bonne année ! ",

"Happy new year ! ",

"Ein gutes neues Jahr ! ",

"Migliori auguri ! "

"Feliz año nuevo !" …

Parisperdu vous présente ses meilleurs vœux pour 2015.

Gardons le contact toute l’année en nous retrouvant régulièrement sur Parisperdu, sur Twitter et aussi en rejoignant le Groupe Facebook :"Paris Hier, aujourd'hui … demain", la page des amoureux de Paris animée par Parisperdu.

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Bas-Belleville ou Babelville ?

26 Décembre 2014, 18:18pm

Publié par barreteau

Ecole primaire 37-39 rue de Tourtille - Paris 20e arrondissement

Le Bas-Belleville est l'un des derniers quartiers populaires de Paris. C'est aussi l'un des quartiers de Paris aux communautés les plus mélangées. Depuis toujours, Belleville a en effet été un lieu d’arrivée privilégié pour différentes couches d’immigration: les juifs russes et polonais fuyant les pogromes au début du 20e siècle, les Arméniens fuyant le génocide, les Espagnols arrivés pendant le régime de Franco, puis les pieds noirs tunisiens après l’indépendance, les travailleurs algériens et maghrébins quittant les bidonvilles, les Africains souvent logés dans des foyers et pour finir, est arrivée une forte vague d’immigration Chinoise et asiatique.

Plus récemment, petit à petit, est arrivée la gentrification du quartier, le "populo" quitte Belleville, cédant la place au "bobo", à la classe moyenne voire moyenn e-supérieure.

Mais comment vivent ensemble toutes ces communautés ?
Comment cohabitent tous ces habitants d’origines si diverses que boulevard de Belleville, les jours de marchés, c'est la Tour de Babel: pas moins d'une cinquantaine de langues et de dialectes peuvent y être entendus …

Eh bien, sur les collines de Belleville et de Ménilmontant, la cohabitation ne se passe pas si mal et, malgré de nombreuses transformations urbaines et sociales, ces quartiers ont su conserver leur âme. Il se dégage un charme particulier de ces hauteurs. Elles sont à la fois closes et aérées, faites de grandes artères et de petits chemins de traverse qu'il faut savoir observer en prenant tout son temps pour parcourir ce coin de Paris.

Les habitants de Belleville, pour reprendre l'expression de Georges Perec, "habitent leur quartier",  entretiennent et perpétuent l'histoire et le mythe d'un village singulier, ouvrant ainsi pour l'avenir tout le champ des possibles ...


>> Lire aussi sur Parisperdu: "Belleville de haut en bas".

 

 

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Il ne faut pas se fier aux apparences.

20 Décembre 2014, 09:58am

Publié par barreteau

Villa Emile Loubet_Paris 19ème.

Il ne faut pas se fier aux apparences. Certes, les 19ème et 20ème arrondissements ont largement souffert de l'appétit des promoteurs dans les années 1970/80. Mais heureusement, une fois que l'on a franchi les barres de béton de la place des Fêtes, monte du fond de la ville une vague généreuse de villas des temps anciens, petits chefs-d'œuvre d'architecture éclectique.

Paris a su en effet préserver, en cet endroit, un habitat que couronne un environnement de rues étroites, de placettes calmes et d'impasses noyées dans la verdure.

Ce sont les quartiers de la Mouzaïa, de la Campagne à Paris, du Hameau du Danube et aussi de quelques autres secteurs qui ont toujours fait de la résistance, repliés sur leurs bastions de villas et de maisonnettes où désormais se fondent néo-bobos et parigots de tout temps.

Et, sur la place circulaire du "Rhin et Danube", occupant l'endroit stratégique d'un ancien octroi, se trouve le bien nommé "Café Parisien" où se donnent rendez-vous à toutes heures du jour, jeunes et anciens du quartier.
Ainsi va la vie dans ce coin du 19ème. Ce quartier bossu à l'urbanisme imparfait et aux rues étroites possède donc des habitants qui tiennent fermement la barre face aux bouleversements de leur patrimoine immobilier.
On les retrouve dans les ruelles, à l'abri du flot des automobiles, sûrs d'être ailleurs, … dans une autre époque.
Décidemment, il ne faut pas se fier aux apparences …


>> Voir aussi : "Chère Mouzaïa".

>> Voir aussi : "La Mouzaïa : encore un village".

>> Voir aussi : "Pour un urbanisme retardataire".

>> Voir aussi : "On comprend que j'adore cette petite cacophonie, et je voudrais dire pourquoi".

 

 

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Retour à l'escalier de l'avenue Simon-Bolivar.

15 Décembre 2014, 11:16am

Publié par barreteau

Avenue Simon-Bolivar. Juillet 2012

La Butte Bergeyre est un village parisien isolé, méconnu et peu fréquenté. A l'écart du tumulte de la ville, la butte est seulement desservie par une unique rue et par trois escaliers plutôt abrupts. Depuis l'avenue Simon Bolivar c'est une volée de 75 marches qui mène à ce village haut perché, si haut que certains habitants du quartier surnomment cet escalier "la pyramide aztèque".

En 1950, Willy Ronis a capturé ici, l'une de ses images cultes.
L'écouter raconter ses prises de vue a toujours été pour moi un délice.
Voilà ce qu'il nous dit à propos du fameux cliché "Avenue Simon Bolivar" :

"Cette photo, je l'ai faite en 1950. J'étais là, dans cet escalier, j'attendais quelque chose, parce que je voulais qu'il y ait un peu de monde qui passe. À un moment donné, j'entends une voix de femme derrière moi, qui parlait à son enfant, qu'elle tenait dans ses bras. J'ai attendu qu'elle me dépasse, et miracle, miracle qui arrive quelquefois dans la photographie : quand elle est arrivée en bas, est passé cet attelage étonnant - car même en 1950 il n'y avait plus tellement d'attelages avec des chevaux. Et ce qui est amusant, c'est qu'il y a en même temps cet ouvrier municipal, qui est en train de réparer ses feux tricolores, et des femmes qui promènent leurs enfants dans des poussettes derrière. Et puis le petit cordonnier qui parle avec le client. Et le petit chat noir, en bas de l'escalier. C'est une photo pleine d'histoires !"

Alors, aujourd'hui, une fois encore,  je suis retourné sur les lieux. Bien sûr la prise de vue s'imposait et sous un angle voisin de celui du Maître … mais le résultat est loin, très loin d'être à la hauteur du sien …


>> Avenue Simon-Bolivar, 1950 ©Willy Ronis/ Agence Rapho

 
>> Voir aussi : "N'est pas Willy Ronis qui veut ?"

 

 

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Le voyage raté du Moaï à Paris.

9 Décembre 2014, 13:40pm

Publié par barreteau


En 2008, deux chefs rapanuis viennent visiter Paris.  Ils représentent la communauté de 4 900 habitants qui vit sur l’île de Pâques, située à 4 000 kilomètres de toute autre terre. Selon ces chefs, un Moai aurait exprimé son désir d’aller à Paris pour "apporter une énergie spirituelle qui changerait la conscience de l’humanité" !?!

Le projet de transfert d’un Moaï à Paris prend réellement corps quand les fondations italienne "Mare Nostrum" et française "Louis-Vuitton" acceptent de financer l'opération. Leur but avoué était de faire connaître la culture de l’île de Pâques, en échange d’une contribution à la préservation de son patrimoine.

En 2009, Le Conseil des monuments nationaux du Chili approuve le projet. Un Moaï de l’île de Pâques devrait donc être exposé à Paris, dans le Jardin des Tuileries, du 26 avril au 9 mai 2010.

Mais ce "voyage" du Moaï commence à agiter la communauté pascuane et de nombreuses voix opposées au transfert s'élèvent dans la petite île. Le Conseil des monuments nationaux du Chili (CMN) conditionne désormais son accord à un référendum local.
La consultation se déroule début mars 2010, mais depuis quelques jours déjà, le Chili doit faire face à des évènements autrement plus urgents: le 27 février 2010, un séisme d'une magnitude de 8,8 suivi d'un tsunami ravageant 350 kilomètres de côtes dans la partie centre-sud du pays, fait 525 morts, 2 millions de sinistrés et 20 milliards de dollars de dégâts. Même la lointaine île de Pâques a dû procéder à une évacuation partielle de sa population en raison du risque de tsunami.

Dans ces conditions, on comprend que le déplacement du Moaï à Paris ne soit plus une priorité. Et, le 8 avril, les résultats du "référendum local sur le Moaï" tombent: 89 % des habitants de l’îlot du Pacifique sud se sont opposés au voyage de la statue. Les autorités chiliennes donnent officiellement leur décision finale le 14 avril 2010 : le Moaï n'ira pas à Paris.

Il faut dire qu'au long de leur histoire, les Pascuans (plus exactement les Rapa Nui) ont vu disparaître une bonne partie de leur patrimoine. Ils peuvent aussi soupçonner que ce qui s'en va ... ne revient pas. Et qu'ont-ils vraiment à gagner dans l'affaire, vu le rayonnement déjà énorme de l'île ?

Il faudra donc aller à l'île de Pâques pour découvrir ces géants.
Pour moi, depuis la semaine dernière, … c'est chose faite !

 

>> En savoir plus sur le voyage raté du Moaï à Paris.

>> En avril 1997, un moaï un peu spécial, nommé "Moaï de la Paix" avait fait un bref séjour à Paris.

>> Montage de photos personnelles de mon carnet de voyage à l'île de Pâques (©Pierre Barreteau)

 

 

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Pâques à Paris ?

21 Novembre 2014, 08:41am

Publié par barreteau

Tête de Moaï dans le hall d'entrée du Musée du quai Branly – Paris 7ème

Récemment un ami m'a dit : "Si tu veux voir les Moaï, pas besoin d'aller jusqu'à la lointaine île de Pâques, vas tout simplement au musée du quai Branly et là, tu pourras en voir trois !".

Alors je me suis rendu dans ce musée flambant neuf et, effectivement, dès le hall d’entrée, impossible de manquer, haut perchée, la tête d'un Moaï.
Mais hélas, … il ne s'agit que d'une tête, et la sombre console d'acier censée remplacer le corps de la statue, ne me fait pas rêver. Pour moi … "ça le fait pas" !

Je découvrirai une deuxième tête, bien plus petite, au Pavillon des Sessions, et une troisième tête de Moaï sur le plateau des collections permanentes de ce même musée.
Mais voilà, 3 têtes n'ont jamais fait un Moaï entier !

Alors c'est décidé, je pars très bientôt pour l'île de Pâques.
Là-bas, à 15 000 kilomètres de Paris, 980 géants de pierre m'attendent …
Je reviendrai vous en parler ici ….

 

>> Visiter le musée du quai Branly.

>> Déplacement exceptionnel d’une tête de Moaï au musée du quai Branly.

>> En 2010, un Moaï entier vient à Paris …?

 


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Voyage à Belleville (6/6): Et si on sortait ce soir.

15 Novembre 2014, 10:02am

Publié par barreteau

Entre les deux bistrots cultes: "Aux Folies" et "Au vieux Saumur" s'ouvre la rue Dénoyez, le "paradis du graff"_ Paris 20ème (juin 2012)


Belleville n'est pas Oberkampf, aussi ne trouve-t-on ici que très peu de bars branchés ou décalés. Quelques bars à vins dans la mouvance "bobo-chicos" ont bien essayé de s’implanter mais le quartier demeure encore largement orienté vers le demi de bière pas cher et la faune alternative "qui va avec". 

L'adresse incontournable de Belleville : "Aux Folies" est située au coin des rues de Belleville et Dénoyez, ce café attire une énorme clientèle, venue de tous horizons, qui s’agglutine ici dans le bruit et l'agitation.

Mais Belleville reste avant tout le quartier des petits restaurants pas chers qui vous permettront de faire le tour du monde en parcourant seulement quelques rues. L'Asie est largement représentée avec: "Au Poivre de Szechuan" (chinois), "Krung Thep" (thaï) et d'innombrables restaurants vietnamiens servant leur soupe pho, très insolite mais non moins addictive !

On trouve aussi des bars à tapas espagnol (Chez Ramona), des restaurants argentins (Chez Valentin), des "épiceries- sandwichs" aux prix imbattables (Chez les polonaises Adriana et Margot) …

Toutefois on peut aussi rester dans la tradition culturelle et culinaire française en fréquentant "Le Baratin", une vénérable maison à la cuisine de bistrot ou mieux encore "Au Vieux Belleville" un repaire d’un autre temps, avec bal musette et vin rouge … ambiance garantie !

Le soir venu, pour danser ou écouter un concert, on peut se rendre à "La Bellevilloise", une ancienne coopérative parisienne, un lieu chargé d’histoire; mais on peut aussi lui préférer "La Java", une salle de concert insoupçonnée située dans le bas-Belleville, au fond d’une galerie marchande des années vingt.

A Belleville, de jour comme de nuit, le monde est à vous  …

(merci de nous avoir suivi au cours des 6 étapes de ce "Voyage" ...)


 

>> "La Java", une salle de concert située dans le bas-Belleville.

>> Belleville, embarquement immédiat.

 

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