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PARISPERDU
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Leica : 100 ans de Photographie.

28 Mars 2014, 14:36pm

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Publié par barreteau

Planche-contact du reportage "Tour Eiffel, Paris 1953" © Marc Riboud.

Leica commémore actuellement son jubilé : un centenaire !

En effet, en mars 1914, Leica construit le premier appareil photo destiné à accueillir un film petit format 35 mm pour un plein format de 24 x 36 mm.

Ce principe "petit négatif - grand format" révolutionne alors les formes d'expression des photographes qui devaient jusque-là travailler avec des appareils photo à plaque, plutôt incommodes.

Une fois surmontées les perturbations dues à la première guerre mondiale, Leica connait à partir de 1925 un succès mondial et le "mythe" de la marque au point rouge émerge rapidement avec les nombreuses photos qui vont influencer profondément notre compréhension des événements mondiaux et qui depuis lors sont devenues des icônes.

La photo "Falling Soldier" prise par Robert Capa pendant la guerre civile espagnole, le célèbre portrait du leader de la révolution cubaine "Che Guevara" réalisé par Alberto Korda, "Kim Phúc", la petite fille brûlée courant nue qui fut photographiée pendant la guerre du Vietnam par Nick Út, en sont quelques exemples.

Et, parmi toutes les photos célébrissimes prises avec un Leica, il en est une emblématique de Paris, c'est "Le peintre de la Tour Eiffel" un cliché issu d'un reportage de Marc Riboud, c'était en  1953 … et, sur ce thème, on n'a pas fait mieux depuis !

>> Tour Eiffel 1953, les 3 images sélectionnées par Marc Riboud sur sa planche-contact (surlignées en rouge).

>> Leica, Blog officiel.

 

 

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Paris, la Capitale des signes.

23 Mars 2014, 14:20pm

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Publié par barreteau

Karlheinz Stierle au Collège de France à Paris, le 1er avril 2009.

Paru à l’automne 2001, le livre de Karlheinz Stierle a été traduit en français, neuf ans après sa sortie en allemand, sous un titre un peu différent de l’original. "Der Mythos von Paris. Zeichen und Bewusstsein der Stadt", est devenu: "Le mythe de Paris. Signes et conscience de la ville".

Le titre français, flatte quelque peu cette certitude : Paris est la capitale de bien autre chose que la France.
Ce débordement est sans doute ce qui conduit la quête des signes lisibles dans l’ouvrage. Celui-ci raconte l’émergence d’une "conscience de la ville" dont le rapport avec Paris est posé à l’ouverture même de l’introduction en une phrase saisissante, qui définit à la fois la conscience que l’on a, à travers Paris, de la ville et, de manière plus forte, la structure même de la ville comme conscience : "C’est à Paris que la ville advient à la conscience". Comprenons : que la ville se représente elle-même comme structure de lisibilité, et Stierle fait alors défiler des textes d'auteurs, souvent français mais pas seulement, qui font émerger cette conscience de la ville.

C’est à Paris donc que la conscience prend conscience d’elle-même comme pensée, qu’elle se découvre donc "pensée par Paris". Et c’est dans la mesure où Paris est une structure à déchiffrer, dans la mesure où la ville a une lisibilité propre, qu’elle se présente à travers un réseau de signes, que toute sa "matière" est "sémiotisée" et qu’elle se réfléchit naturellement dans les textes des auteurs sélectionnés par Stierle.

Le signe étant toujours à la fois signe de quelque chose et de lui-même, signe du fonctionnement sémiotique même, mouvement par lequel la sémiotique de la ville "se fait réflexive". Car, selon Stierle, il y a une "expérience de la subjectivité" qui n’a lieu que dans et par la ville, car celle-ci finit par constituer un point de référence du présent. Et c’est là sans doute l'une des plus belles et plus fortes idées de ce livre si dense.

C’est parce qu’il y a des signes qu’on a accès à l’expérience humaine mais, est-on tenté d’ajouter à la lecture de "La Capitale des signes", c’est parce qu’il y a de l’expérience qu’il y a des signes à déchiffrer.

On pourrait alors se contenter d’aborder "La Capitale des signes" comme un très riche (et très germanique) manuel de littérature sur Paris. Mais de par son indéniable beauté, celui-ci nous permet d'apprécier le génie de Stierle à travers son expérience de Paris, ses interrogations sur sa méthode de chercheur, ses fantasmes pour appréhender une globalité et son goût du détail, son rapport au lisible et à l’indéchiffrable ….

 

>> Déjà sur parisperdu: "Der Passagenwerk" de Walter Benjamin.

 

 

 

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Pour un urbanisme retardataire.

17 Mars 2014, 09:28am

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Publié par barreteau

 Coulée verte, près de la rue du Sahel, Paris 12ème.

Parisperdu ne serait-il donc que le reflet d'une vaine nostalgie ?
Non, car il affiche, avant tout,  le désir de montrer qu'autre chose a existé et que sans doute, autre chose est possible ?

Je propose seulement que, dans cette ville, l'on restaure ou conserve des espaces d'indétermination dans lesquels l'homme a la possibilité de demeurer disponible ou de poursuivre à vive allure sa marche dans le fracas et les tracas.
Je suis en quelque sorte pour un urbanisme retardataire …

Souvent nous sommes bien négligents à l'égard de Paris car, tels des enfants, nous n'avons pas conscience du danger. Mais attention, il ne faut pas négliger le passé d'une ville, qui faute de mémoire et de soins,  risque de s'écrouler, de se perdre, de disparaître …
Depuis quelques années, les aménageurs ont voulu attendrir un immobilier trop rigide en provoquant des coulées vertes dont les réussites ne sont pas toujours conformes à leurs vœux.
Car en effet, cette avalanche de verdure surprend et paraît le comble de l'artifice, comme chaque fois où l'homme a voulu singer la nature.

Et, dans ces minuscules oasis de verdure, le promeneur sensible éprouve quelque mélancolie tant il sait que l'autre monde barbare, impitoyable, bêtement soumis aux déterminations économiques, existe lui aussi … là, tout proche.


>> La coulée verte vue par Willy Ronis - 1995

 

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Parc de Belleville.

11 Mars 2014, 08:07am

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Publié par barreteau

 Parc de Belleville (Août 2012)

Le parc de Belleville, à l'écart de la ville qui repose à ses pieds, si proche, si loin … est un lieu public par excellence puisqu'il brasse les générations, les strates sociales, les ethnies de toutes sortes.

Ici les gens se conduisent comme les badauds l'ont fait de tous temps, et même les enfants ont encore assez de pouvoir pour entraver la marche trop rapide de leurs parents.

Et dans ce lieu qui semble en lévitation au-dessus de la ville, les gens ne sont pas indifférents les uns aux autres. Ils s'observent, ils s'évaluent, ils se draguent ou se contestent du regard.
On se frôle, ce qui est encore la meilleure façon de se rencontrer marginalement, délicatement.

Dans le parc de Belleville on assiste à d'imperceptibles jeux de rôles …

 

>> Le parc de Belleville, déjà sur Parisperdu.

 

 

 

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Flâner.

6 Mars 2014, 10:30am

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Publié par barreteau

Flânerie au parc de Belleville (juin 2006)

La flânerie est souvent conçue comme une activité qui ne prête pas à conséquence.
Il est vrai qu'à la différence d'un voyageur pressé ou d'un travailleur, le flâneur ne se fixe pas de but et que le chemin qu'il a parcouru, reconnu, importe plus que le terme dont il n'avait même pas d'idée précise au départ.

Le vrai flâneur est capable d'aller au bout de lui-même, et cette fatigue librement consentie est souvent une récompense car il s'agit aussi de "fatiguer" la ville, non point par cruauté ou pour la prendre en défaut, mais pour qu'elle nous livre enfin son vrai visage, celui qu'elle refuse à la plupart de ses habitants ou de ses passants.

Avancer librement, lentement dans une ville pressée, n'attacher du prix qu'à l'émerveillement de l'instant dans une société de marchands, voilà la bonne méthode pour parcourir une ville.

Et, en la matière Georges Perec sera notre maître, lui qui s'oblige "à voir plus platement … jusqu'à ressentir pendant un bref instant, l'impression d'être dans une ville étrangère ou, mieux encore, jusqu'à ne plus comprendre ce qui se passe ou ce qui ne se passe pas, que le lieu tout entier devienne étranger, que l'on ne sache même plus que ça s'appelle une ville, une rue, des immeubles, des trottoirs."

Alors à tous, bonne flânerie dans les rues de Paris ….


>> De l'art de flâner.

 

 

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Mur des "je t'aime".

2 Mars 2014, 09:25am

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Publié par barreteau

L’artiste Frédéric Baron, après avoir recueilli les mots "Je t’aime" dans plus de 300 langues, a voulu nous transmettre ces messages d’amour en les exposant sur un mur.

Construit au cœur du square Jehan-Rictus, près de la place des Abbesses dans le 18ème arrondissement, sur une surface de 40 m² avec un total de 511 carreaux en lave émaillée, le mur des "Je t'aime" reprend 311 fois la plus douce et la plus romantique des expressions.

En voici quelques extraits, phonétiquement retranscrits : "nian'-ni-né-sné-i-kou-nou" (Inde), "sé-rèt-lèk" (Hongrie), "daï-sou-ki" (Japon), "ti amo" (Italie), "veille-el-skar-deille" (Norvège), "èk-èt -you- lif" (Afrique du Sud).

Un peu de quiétude et de douceur dans notre monde parisien échevelé et brutal … cela ne peut pas faire de mal !


>> Le site web du mur des "Je t'aime".

>> Dans le même esprit: "Les lovelocks".

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Dernier appel.

25 Février 2014, 11:58am

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Publié par barreteau

WilAutoportrait, 1991, © Willy Ronis


Ce jour là, je trouve un message de Willy Ronis sur mon répondeur.

En substance Willy me dit "si vous voulez me rappeler, je serai chez moi ce soir".

Cet immense photographe m'a fait l'honneur de s'intéresser à mon modeste travail de prises de vues dans les quartiers de l'Est parisien, et à plusieurs reprises nous avons eu de passionnantes conversations sur Belleville, sur la photo, … sur le monde.

Je le rappelle bien sûr le soir même, mais … personne. Le lendemain dans la matinée … puis le soir, …toujours personne au bout du fil … ?

J'apprendrai ensuite que cette fois-là, sa séance de dialyse l'a énormément fatigué et que les médecins l'ont gardé en observation quelques jours. Voilà pourquoi je n'arrivais pas à le joindre au téléphone.

Par la suite, nous n'avons pas fixé de nouveau rendez-vous, car il m'a écrit pour me dire qu'il était "absolument submergé par le travail". La préparation de la rétrospective de son œuvre qui devait se tenir à l'Hôtel de la Monnaie en 2010, pour son centième anniversaire, l'occupait et surtout le préoccupait beaucoup.

Le 18 juillet 2009, je le verrai brièvement aux rencontres photographiques d'Arles, sans pouvoir malheureusement m'entretenir avec lui.

Deux mois plus tard, Willy Ronis nous quittait définitivement.

Notre dernier contact aura donc été … les 56 secondes de cet appel manqué du 5 novembre 2008 … Je ne résiste pas à vous les offrir (le lien est ci-dessous).


>> Dernier appel téléphonique, 5 novembre 2008.

>> Au revoir et merci Monsieur Ronis.

 

 

 

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Rétrospective Cartier-Bresson à Beaubourg.

21 Février 2014, 09:04am

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Publié par barreteau

Rue de Vaugirard Paris, mai 1968 _© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos, courtesy

Dix ans après la mort d’Henri Cartier-Bresson, le Centre Pompidou-Beaubourg consacre une vaste rétrospective au célèbre photographe dont l’œuvre embrasse une grande partie du XXe siècle.

Plus de 500 photographies, dessins, peintures, films et documents invitent à une relecture de son œuvre.

Henri Cartier-Bresson (1908-2004) a souvent été présenté comme l’homme d’un seul type de photo, celui de “l’instant décisif " mais cette exposition démontre qu’il existe plusieurs Cartier-Bresson.

Il y a d’abord un jeune homme qui se lance dans la photo et trouve sa voie dans le surréalisme. Il y a ensuite un photographe qui s’engage politiquement auprès des communistes et s’intéresse au cinéma comme moyen de propagande. Il y a enfin le photojournaliste qui crée avec David Seymour et Robert Capa, en 1947, l’agence Magnum.

Dès les années 30, il s’achète un Leica, "l’instrument parfait pour le dessin accéléré et l’exercice du regard sur la vie", dira-t-il. "Avec cet appareil, j’allais fouiner, il n’y a pas d’autre mot, j’allais flairer. Mais en plus j’étais nourri de tout un bagage littéraire et visuel".
Un petit film des années 1960 permet de mieux comprendre sa façon de travailler. Elégamment vêtu, il se mêle à la foule parisienne, devant des panneaux d’affichage, son discret Leica à la main. Tel un chat, il tourne autour de sa proie avant de fondre sur elle, rapide comme l’éclair. "Arriver à pas de loup, être discret (...) Si on force les gens, on n’obtient rien", souligne-t-il.

Lorsque Cartier-Bresson fonde l'agence-coopérative Magnum, il dit :"Nous voulons être les témoins de notre époque". Il va alors parcourir le monde. En Inde, il photographie Gandhi juste avant son assassinat. En Chine, il assiste à la prise de pouvoir des communistes. Il photographie la décolonisation, Mai 68 …

Partout, au cours de ses déambulations urbaines, il recherche délibérément les analogies intuitives, les effets de montage entre un personnage au premier plan et une image placée à l'arrière. La photo - ci-dessus - prise en 1968 veut incarner le choc entre deux mondes qui ne se comprennent pas.

Avec lui, pas de recadrage ni de retouches. Il n’aime pas la couleur qui n’a pas "la force d’abstraction" du noir et blanc.

Mais subitement, en 1970, il abandonne le reportage photographique pour revenir à sa première passion, le dessin. Attiré par le bouddhisme, il ne réalisera plus alors que des photos méditatives et contemplatives.


>> L'Exposition "Henri Cartier-Bresson" au Centre Pompidou, Paris.

>> HBC déjà sur Parisperdu : "Photographier, c'est une façon de vivre".

 

 

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Vieux Bistrots à Paris.

17 Février 2014, 09:50am

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Publié par barreteau

A l'ami Pierre, 5 Rue de la Main d'Or, 75011 Paris 

A Paris, le 11ème arrondissement aurait la densité la plus importante de bistrots.
Mais attention, il y a bistrots et bistrots … il y a les authentiques et ceux qui donnent dans le concept marketing. Pourtant, faire le tri n'est pas trop difficile car chaque quartier présente des facettes bien différentes.

Dans les hauts lieux de la" branchitude", entre Oberkampf et la rue Saint Maur, n'espérez pas trouver d'authentiques rades parigots, tous ont disparu et, même si la devanture a été conservé dans son jus, leur décor intérieur dans le style "authen-toc", ne me dit rien qui vaille …

Ici, c'est tendance "bobos et créatifs de tous poils" dérivant, le soir venu, de bars branchés en bars branchés souvent surpeuplés et bruyants…

Pour être dans le "vrai" et être plus au calme il faudra aller du côté de la Bastille ou mieux encore vers Charonne et Ledru Rollin.

Là on trouve encore d'authentiques "bistrots" qui sont souvent le cœur vivant d'un quartier, des lieux d'excellence pour se rencontrer, tisser des liens ou bien seulement … rêver devant un verre.
Voici quelques adresses :

  • Mélac: L'un des bistrots à vins les plus sympathiques de Paris. Mélac fait partie de cette génération d'Aveyronnais qui ont choisi de sortir des sentiers battus de la limonade pour redonner ses lettres de noblesses au bistro à vin. Entre amis et sans chichis !
  • Le Bistrot du peintre : Un bistrot carte postale datée 1900. Fresques, grands miroirs, luminaires, pâtes de verre ... Ici, tous les ingrédients de l'Art Nouveau sont intacts. On y met la viande Salers à l'honneur mais aussi tous les classiques du bistrot : bourguignon de bœuf, lapin rôti ... pour une clientèle hétéroclite de tous âges et de toute classe sociale.
  • A l'ami Pierre : Un typique bistrot à vins de quartier qui a su garder son charme avec une atmosphère détendue et des tronches au comptoir. Ce n'est pas Pierre mais Marcel qui est en cuisine et qui mitonne de classiques plats bistrotiers : œuf mayonnaise, saucisson lyonnais lentilles, andouillette 5A …
  • Loulou de Bastille: "Ici tout est fait maison y compris l'addition faite à la main" peut-on lire sur la devanture. Tout un programme pour ce vrai bistro de quartier aux peintures jaunies et plafonniers boule d'époque.
  • Carbonne 14 : En lieu et place du dernier café charbon bougnat de Paris, le Carbone 14 a su garder le décor historique avec son beau comptoir en formica rouge et ses chaises bistrot. Sauf que les fûts de bière ont remplacé le "chantier” de charbon. On y vient pour boire un verre ou pour grignoter sur le pouce. Parfois il y a des soirées platine, on emmène alors ses vieux 45 tours ...
     

Soumis à des contraintes diverses, peu de bistrots peuvent rester dans leur "jus" aussi, dans ce quartier comme ailleurs, beaucoup ont rendu les armes à la branchitude ambiante (Chez Paul, Chez Mamy … et d'autres ne présentent aujourd'hui plus d'intérêt). Le métier est difficile car la clientèle est exigeante, elle veut du vieux tout neuf, de l'authentique au goût du jour, du passé recomposé. Et le pire, c'est qu'on lui en donne...

Ainsi, dans cet arrondissement ont été créé de toutes pièces un certain nombre de néo-vieux-bistrots - que beaucoup de sites internet consacrés au tourisme et à la restauration présentent comme de vieux bistrots parisiens.
Comme disait Guy Debord "Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux."


>> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?

>> Déjà dans Parisperdu: CARBONE 14.

>> Autres quartiers parisiens … autres bistrots (toujours sur Parisperdu).

 

 

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C'est la vie de château.

12 Février 2014, 10:09am

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Publié par barreteau

Métro Château Rouge - Paris 18ème (mai 2010)

Le quartier tire son appellation d'un petit manoir de couleur rouge qui jadis s'élevait ici.

Aujourd'hui, Château Rouge est un quartier quelque peu informel, accroché au flanc de la butte Montmartre, à proximité de la Goutte d'Or et de Clignancourt. Traversé du nord au sud, par le boulevard Barbès et la ligne 4 du métro, c'est avant tout un quartier à forte population d'origine africaine.

En journée, le secteur est très animé. Ainsi, rue Dejean, de nombreux marchés, épiceries et coiffeurs africains sont ouverts de façon quasi-permanente. Et, le week-end, des centaines de clients venus de toute l'Ile-de-France s'affairent ici, à la recherche de produits souvent introuvables ailleurs: des légumes ou des fruits tropicaux peu courants, des épices rares, des poissons capitaine ou thiof …

Lorsque vous sortez du métro Château Rouge, si la faim vous tenaille, empruntez la rue Custine puis à gauche la rue Ramey. Cette dernière comporte une multitude de petits restos africains et là, vous allez découvrir les vraies saveurs de l'Afrique occidentale. Vous n'aurez que l'embarras du choix. Chez "Maïmouna et Mandela", par exemple, les "mafé" ou les "yassa" sont à 5 euros ! Attention toutefois car, si la note n'est pas salée, … la sauce est très épicée !

Mais à Château-Rouge, ce n'est pas la vie de château car, prostitution et trafic de drogue font aussi partie du quotidien.
Aujourd'hui, ce quartier très chaud est en grande rénovation. On y détruit de nombreux immeubles vétustes pour pouvoir construire de nouveaux logements sociaux.

Cela va-t-il définitivement nettoyer Château Rouge … ?


>> Le nouveau visage du quartier Château Rouge.

>> Des problèmes persistants dans les quartiers Château Rouge et Goutte d’or.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Tourisme ethnique".

 



 

 

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Les friches parisiennes s'invitent aux municipales.

7 Février 2014, 10:16am

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Publié par barreteau


Les deux principales candidates à la mairie de Paris s'affrontent désormais autour de la réhabilitation de certaines friches parisiennes. Après tout, cela pourrait peut-être valoir un supplément de suffrages … sait-on jamais?

A droite, on propose de métamorphoser quelques-unes des fameuses stations fantômes du métro. Il s'agit de 7 stations (Haxo, Porte-des-Lilas, Champs-de-Mars, Saint-Martin, Porte-Molitor, Croix-Rouge et Arsenal) fermées définitivement en 1946 car considérées alors comme peu fréquentées, peu rentables.

Le projet de la candidate serait de faire de ces stations inutilisées des lieux de convivialité branchés, des boîtes de nuit où les problèmes de voisinage seraient forcément évités … Ou alors, on pourrait y abriter des salles d'entraînement pour certains sports voire des espaces culturels ou de création … Un programme aussi vaste qu'imprécis !
Ainsi, on se demande par où passera le métro à la station Arsenal transformée … en piscine ?

De son côté, la gauche voudrait une ceinture verte autour de la capitale … et présente un projet d'aménagement de la petite ceinture.

Sur une dizaine de kilomètres de cette ligne de chemin de fer qui encercle Paris sur 32 kilomètres, il s'agirait de relier le bois de Boulogne au bois de Vincennes par une coulée verte alternant espaces "sauvages" et espaces aménagés et aussi de transformer les anciens tunnels ferroviaires en cinéma, restaurant ou aquarium … Indiana Jones aux portes de Paris !

Décidément l'underground parisien donne des idées aux candidates.

Paroles, paroles … promesses, promesses, tout cela est-il bien réaliste ?


>> Déjà sur Parisperdu : les stations fantômes du métro parisien.

 

 

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Ce n'étaient que de frêles ateliers.

2 Février 2014, 15:06pm

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Cours des artisans au 42 de la rue de la Jonquière_ Paris 17ème (1997)

Au cœur du 17ème, la rue des Moines débouche dans la rue de la Jonquière, juste à la hauteur d'une pharmacie. L'officine est prise en sandwich entre deux porches donnant accès à de vastes cours intérieures, respectivement au 42 et au 44 de cette rue commerçante.

Dans les années 90, vivaient ici, au rythme de leurs activités, de nombreux petits ateliers dont les bâtiments occupaient tout cet espace intérieur.

On trouvait tout d'abord, un fabricant-distributeur de "raccords et coudes" en fonte malléable, la société Lombard. Au fil de son développement, cette entreprise avait accaparé plusieurs locaux de la cour. Puis c'était l'artisan-peintre Noël Priot qui proposait ici ses compétences en peinture et décoration, papiers peints, patines anciennes, revêtement des sols et des murs … Son écriteau mentionnait deux numéros de téléphone: celui du jour et celui pour l'appeler le soir, chez lui, … car l'on n'était pas encore à l'époque du "portable" !

L'alignement de ces ateliers se terminait par une petite imprimerie dont les rotatives tournaient parfois tard dans la nuit, ce qui avait le don d'excéder les riverains …

Mais cette époque est  révolue et tout est redevenu terriblement calme dans la cour du 42 rue de la Jonquière. Car, à l'aube des années 2000, il n'a pas fallu beaucoup de temps aux promoteurs pour occuper le terrain … Il ne leur a pas fallu non plus beaucoup d'efforts pour démolir ces frêles ateliers et construire, dans la cour mise à nue, des bâtiments de 4-5 étages qui remplissent et rentabilisent autrement mieux tout cet espace …


>> Vue actuelle de la Cour des artisans au 42 de la rue de la Jonquière (Google street)

>> Les artisans de Parisperdu !

 

 

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Petit lexique d'urbanisme : de A à Z .

27 Janvier 2014, 10:08am

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Publié par barreteau

 ZAC de la Gare de Rungis _Paris 13ème. (avril 2010)

L'urbanisme et son vocabulaire évoluent rapidement sous l'effet du changement des modes de vie et d'une production législative surabondante. Souvent ici, nous nous faisons l'écho des démolitions, des bouleversements de certains secteurs du nord-est de la capitale, aussi nous a-t-il semblé utile de préciser la signification des termes les plus usités dans le domaine de l'urbanisme.

Ce petit lexique fournira aussi quelques clefs pour la compréhension de la logique de mutation urbanistique de certains quartiers de Paris.

Aménagement urbain : L’aménagement urbain ou urbanisme est un champ disciplinaire et professionnel recouvrant l'étude du phénomène urbain, l'action d'urbanisation et l'organisation de la ville et de ses territoires. Les personnes qui exercent ce métier sont des urbanistes. 

Réhabilitation : il s'agit de l'amélioration d'un bâti déconsidéré par son mauvais état, en améliorant les toitures, les façades, le confort sanitaire ... En termes d'urbanisme, la réhabilitation ne se confond pas avec la restauration (qui implique le retour à un état initial, en général de qualité), ni avec la rénovation (qui n'est ni plus ni moins qu'une opération de démolition-reconstruction).

Rénovation : mot improprement utilisé (mais adopté par l'usage et la réglementation) pour la "démolition-reconstruction". La rénovation qui concerne en général tout le bâti d'un quartier peut être motivée par la mauvaise qualité des bâtiments ; par leur inadaptation, qui conduit à remplacer des usines abandonnées par des logements, des logements vétustes par des bureaux ou des logements neufs ; par leur insuffisante occupation du sol ou par leur inadaptation à la circulation automobile, notamment dans les quartiers d'affaires. La rénovation a notamment existé à Paris sous Haussmann, puis dans les années 1960-1970 sous l'influence des idées du mouvement moderne. Les critiques formulées à l'égard de la "rénovation-bulldozer" (exil des anciens habitants, uniformisation sociale de Paris, fortes densités, opposition d'échelle et de style entre le tissu ancien et les quartiers rénovés...) ont conduit les aménageurs à favoriser davantage la réhabilitation depuis une dizaine d'années, même si celle-ci réclame plus de délicatesse, de complexité, de lenteur (exemple du musée d'Orsay, après l'échec des pavillons Baltard des Halles).

ZAC : (Zone d'aménagement concerté) : procédure d'urbanisme opérationnel instituée en 1967. Elle tirait les conséquences de l'échec des ZUP, "zones à urbaniser en priorité", qui avaient été utilisées dans les années 1960 pour de très grandes opérations de logement. Les ZAC limitaient la taille des opérations, permettaient la construction d'activités polyvalentes (logements, activités, équipements collectifs …), organisaient la concertation entre l'Etat (qui finance le logement social, obligatoire pour 20 à 50 % des logements), les communes, les organismes aménageurs (publics ou privés) et les propriétaires privés. Les ZAC doivent être réalisées dans les zones urbaines (ou à urbaniser) du POS, mais elles peuvent le remplacer par un plan d'aménagement de zone (PAZ).


>> Lexique d'urbanisme … plus développé.

>> "Démolition" , n°1 dans la liste des #tags de Parisperdu

 

 

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Main basse sur la ville.

22 Janvier 2014, 09:40am

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Publié par barreteau

1 rue de Thionville Paris 19ème (juin 1997) 

Paris, 1997, loin des constructions nouvelles, c'est un morceau du Paris ancien que l'on découvre ici. Intact.
Mais pour combien de temps encore ?

Car il faut bien dire que les quartiers populaires de Paris sont l’objet de toutes les convoitises, celles des promoteurs immobiliers bien sûr, mais aussi celles de projets publics d’urbanisme et enfin celles de démarches individuelles visant à satisfaire l'accès à la propriété de la classe "moyenne-sup", que d'aucuns nommeront "bobos".
C'est donc au nom de la “mixité sociale” que les pauvres sont virés des quartiers populaires.

Cette gentrification est-elle un projet politique ou un processus social naturel et inéluctable ?
Sommes-nous nous-mêmes les acteurs de cette gentrification ?

A Paris, depuis une vingtaine d'années, l’espace urbain est profondément remodelé. Ces transformations sont dictées par des aspects sécuritaires (fermetures d'impasses dans le 19ème), par la "dysneylandisation" de certains secteurs (Cour Saint Emilion dans le 12ème), par le "bétonnage" et la "goudronnification" de zones entières (Avenue de France, toujours dans le 12ème).

Il serait temps de commencer à réfléchir comment le citadin ordinaire peut se réapproprier l’espace urbain ?


>> Toujours le 1 rue de Thionville, mais en juin 2012

>> Déjà sur Parisperdu : " Quelque part quelqu'un".

 

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Mais au milieu coule ... le périphérique !

17 Janvier 2014, 08:54am

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Publié par barreteau

Forêt Linéaire/crédit photo: © Cité de l'architecture et du patrimoine

Pour l’instant, l’endroit est tout sauf bucolique : il y a le périph, et à son flanc, une étroite parcelle coincée contre le boulevard des Maréchaux. Pourtant c'est là, dans le 19e, entre les portes de la Villette et d’Aubervilliers, que la Ville de Paris va planter une nouvelle forêt urbaine, la Forêt Linéaire, par "linéaire", entendez « plus longue que large ».
Le chantier est en cours et les premiers promeneurs pourront fouler le terrain aménagé début 2014.
Mais pour la promenade en forêt, il faudra attendre … 2030 !

Dans le détail, ces 11.500 m2 de verdure auront trois visages : côté porte d'Aubervilliers, une prairie arborée avec de jeunes plants de chênes. Au milieu, une futaie dense et humide. Et côté porte de la Villette, un taillis, la partie la plus boisée, allant jusqu'au canal Saint-Denis.
Au total, 3.040 arbres seront plantés car il en faut au minimum un tel nombre pour que la forêt puisse cacher le mur antibruit actuellement en cours de construction le long du périphérique. Ce projet est une alternative, moins onéreuse et moins lourde en travaux, à la couverture du périphérique, méthode employée par exemple à la Porte des Lilas, à l’autre bout de l’arrondissement.

Mais, malgré le mur antibruit, on peut douter que le vacarme incessant des voitures, qui circuleront juste à côté de la forêt, ne nuise pas aux promeneurs.

L'on peut aussi se demander si le nouvel aménagement mettra fin aux occupations marginales d'un quartier sans cesse en chantier, et qui a toujours été considéré comme un "no man's land" ?
La réponse est en partie "oui", car déjà le plus grand camp parisien de Roms qui se trouvait ici,  sur la ZAC Claude-Bernard a été évacué manu militari. Mais l’implantation d’un espace arboré dans ce quartier nord de Paris ne va-t-elle pas favoriser les trafics et la prostitution, des activités déjà bien installées dans le quartier ?

Les forêts ne se font pas en trois jours, les bois de Boulogne et de Vincennes ont, eux, prospéré sur d'anciennes forêts remontant au Moyen Age pour le premier et à l'Antiquité pour le second. Aussi, avant de tutoyer les cimes, les Parisiens devront supporter les travaux de mise en place : la largeur de l'ensemble des voies du périphérique sera en effet réduite afin de permettre la construction du mur antibruit.

Et, une fois la forêt "construite", on ne pourra pas dire comme Robert Redford : "Et au milieu coule une rivière". Car au milieu de la Forêt Linéaire, c'est bel et bien l'infernal périph qui continuera à écouler son flot incessant de voitures …


>> Paris plante sa première forêt (source: Paris.fr)

 


 

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