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PARISPERDU

Rétrospective Cartier-Bresson à Beaubourg.

21 Février 2014, 09:04am

Publié par barreteau

Rue de Vaugirard Paris, mai 1968 _© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos, courtesy

Dix ans après la mort d’Henri Cartier-Bresson, le Centre Pompidou-Beaubourg consacre une vaste rétrospective au célèbre photographe dont l’œuvre embrasse une grande partie du XXe siècle.

Plus de 500 photographies, dessins, peintures, films et documents invitent à une relecture de son œuvre.

Henri Cartier-Bresson (1908-2004) a souvent été présenté comme l’homme d’un seul type de photo, celui de “l’instant décisif " mais cette exposition démontre qu’il existe plusieurs Cartier-Bresson.

Il y a d’abord un jeune homme qui se lance dans la photo et trouve sa voie dans le surréalisme. Il y a ensuite un photographe qui s’engage politiquement auprès des communistes et s’intéresse au cinéma comme moyen de propagande. Il y a enfin le photojournaliste qui crée avec David Seymour et Robert Capa, en 1947, l’agence Magnum.

Dès les années 30, il s’achète un Leica, "l’instrument parfait pour le dessin accéléré et l’exercice du regard sur la vie", dira-t-il. "Avec cet appareil, j’allais fouiner, il n’y a pas d’autre mot, j’allais flairer. Mais en plus j’étais nourri de tout un bagage littéraire et visuel".
Un petit film des années 1960 permet de mieux comprendre sa façon de travailler. Elégamment vêtu, il se mêle à la foule parisienne, devant des panneaux d’affichage, son discret Leica à la main. Tel un chat, il tourne autour de sa proie avant de fondre sur elle, rapide comme l’éclair. "Arriver à pas de loup, être discret (...) Si on force les gens, on n’obtient rien", souligne-t-il.

Lorsque Cartier-Bresson fonde l'agence-coopérative Magnum, il dit :"Nous voulons être les témoins de notre époque". Il va alors parcourir le monde. En Inde, il photographie Gandhi juste avant son assassinat. En Chine, il assiste à la prise de pouvoir des communistes. Il photographie la décolonisation, Mai 68 …

Partout, au cours de ses déambulations urbaines, il recherche délibérément les analogies intuitives, les effets de montage entre un personnage au premier plan et une image placée à l'arrière. La photo - ci-dessus - prise en 1968 veut incarner le choc entre deux mondes qui ne se comprennent pas.

Avec lui, pas de recadrage ni de retouches. Il n’aime pas la couleur qui n’a pas "la force d’abstraction" du noir et blanc.

Mais subitement, en 1970, il abandonne le reportage photographique pour revenir à sa première passion, le dessin. Attiré par le bouddhisme, il ne réalisera plus alors que des photos méditatives et contemplatives.


>> L'Exposition "Henri Cartier-Bresson" au Centre Pompidou, Paris.

>> HBC déjà sur Parisperdu : "Photographier, c'est une façon de vivre".

 

 

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Vieux Bistrots à Paris.

17 Février 2014, 09:50am

Publié par barreteau

A l'ami Pierre, 5 Rue de la Main d'Or, 75011 Paris 

A Paris, le 11ème arrondissement aurait la densité la plus importante de bistrots.
Mais attention, il y a bistrots et bistrots … il y a les authentiques et ceux qui donnent dans le concept marketing. Pourtant, faire le tri n'est pas trop difficile car chaque quartier présente des facettes bien différentes.

Dans les hauts lieux de la" branchitude", entre Oberkampf et la rue Saint Maur, n'espérez pas trouver d'authentiques rades parigots, tous ont disparu et, même si la devanture a été conservé dans son jus, leur décor intérieur dans le style "authen-toc", ne me dit rien qui vaille …

Ici, c'est tendance "bobos et créatifs de tous poils" dérivant, le soir venu, de bars branchés en bars branchés souvent surpeuplés et bruyants…

Pour être dans le "vrai" et être plus au calme il faudra aller du côté de la Bastille ou mieux encore vers Charonne et Ledru Rollin.

Là on trouve encore d'authentiques "bistrots" qui sont souvent le cœur vivant d'un quartier, des lieux d'excellence pour se rencontrer, tisser des liens ou bien seulement … rêver devant un verre.
Voici quelques adresses :

  • Mélac: L'un des bistrots à vins les plus sympathiques de Paris. Mélac fait partie de cette génération d'Aveyronnais qui ont choisi de sortir des sentiers battus de la limonade pour redonner ses lettres de noblesses au bistro à vin. Entre amis et sans chichis !
  • Le Bistrot du peintre : Un bistrot carte postale datée 1900. Fresques, grands miroirs, luminaires, pâtes de verre ... Ici, tous les ingrédients de l'Art Nouveau sont intacts. On y met la viande Salers à l'honneur mais aussi tous les classiques du bistrot : bourguignon de bœuf, lapin rôti ... pour une clientèle hétéroclite de tous âges et de toute classe sociale.
  • A l'ami Pierre : Un typique bistrot à vins de quartier qui a su garder son charme avec une atmosphère détendue et des tronches au comptoir. Ce n'est pas Pierre mais Marcel qui est en cuisine et qui mitonne de classiques plats bistrotiers : œuf mayonnaise, saucisson lyonnais lentilles, andouillette 5A …
  • Loulou de Bastille: "Ici tout est fait maison y compris l'addition faite à la main" peut-on lire sur la devanture. Tout un programme pour ce vrai bistro de quartier aux peintures jaunies et plafonniers boule d'époque.
  • Carbonne 14 : En lieu et place du dernier café charbon bougnat de Paris, le Carbone 14 a su garder le décor historique avec son beau comptoir en formica rouge et ses chaises bistrot. Sauf que les fûts de bière ont remplacé le "chantier” de charbon. On y vient pour boire un verre ou pour grignoter sur le pouce. Parfois il y a des soirées platine, on emmène alors ses vieux 45 tours ...
     

Soumis à des contraintes diverses, peu de bistrots peuvent rester dans leur "jus" aussi, dans ce quartier comme ailleurs, beaucoup ont rendu les armes à la branchitude ambiante (Chez Paul, Chez Mamy … et d'autres ne présentent aujourd'hui plus d'intérêt). Le métier est difficile car la clientèle est exigeante, elle veut du vieux tout neuf, de l'authentique au goût du jour, du passé recomposé. Et le pire, c'est qu'on lui en donne...

Ainsi, dans cet arrondissement ont été créé de toutes pièces un certain nombre de néo-vieux-bistrots - que beaucoup de sites internet consacrés au tourisme et à la restauration présentent comme de vieux bistrots parisiens.
Comme disait Guy Debord "Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux."


>> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?

>> Déjà dans Parisperdu: CARBONE 14.

>> Autres quartiers parisiens … autres bistrots (toujours sur Parisperdu).

 

 

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C'est la vie de château.

12 Février 2014, 10:09am

Publié par barreteau

Métro Château Rouge - Paris 18ème (mai 2010)

Le quartier tire son appellation d'un petit manoir de couleur rouge qui jadis s'élevait ici.

Aujourd'hui, Château Rouge est un quartier quelque peu informel, accroché au flanc de la butte Montmartre, à proximité de la Goutte d'Or et de Clignancourt. Traversé du nord au sud, par le boulevard Barbès et la ligne 4 du métro, c'est avant tout un quartier à forte population d'origine africaine.

En journée, le secteur est très animé. Ainsi, rue Dejean, de nombreux marchés, épiceries et coiffeurs africains sont ouverts de façon quasi-permanente. Et, le week-end, des centaines de clients venus de toute l'Ile-de-France s'affairent ici, à la recherche de produits souvent introuvables ailleurs: des légumes ou des fruits tropicaux peu courants, des épices rares, des poissons capitaine ou thiof …

Lorsque vous sortez du métro Château Rouge, si la faim vous tenaille, empruntez la rue Custine puis à gauche la rue Ramey. Cette dernière comporte une multitude de petits restos africains et là, vous allez découvrir les vraies saveurs de l'Afrique occidentale. Vous n'aurez que l'embarras du choix. Chez "Maïmouna et Mandela", par exemple, les "mafé" ou les "yassa" sont à 5 euros ! Attention toutefois car, si la note n'est pas salée, … la sauce est très épicée !

Mais à Château-Rouge, ce n'est pas la vie de château car, prostitution et trafic de drogue font aussi partie du quotidien.
Aujourd'hui, ce quartier très chaud est en grande rénovation. On y détruit de nombreux immeubles vétustes pour pouvoir construire de nouveaux logements sociaux.

Cela va-t-il définitivement nettoyer Château Rouge … ?


>> Le nouveau visage du quartier Château Rouge.

>> Des problèmes persistants dans les quartiers Château Rouge et Goutte d’or.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Tourisme ethnique".

 



 

 

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Les friches parisiennes s'invitent aux municipales.

7 Février 2014, 10:16am

Publié par barreteau


Les deux principales candidates à la mairie de Paris s'affrontent désormais autour de la réhabilitation de certaines friches parisiennes. Après tout, cela pourrait peut-être valoir un supplément de suffrages … sait-on jamais?

A droite, on propose de métamorphoser quelques-unes des fameuses stations fantômes du métro. Il s'agit de 7 stations (Haxo, Porte-des-Lilas, Champs-de-Mars, Saint-Martin, Porte-Molitor, Croix-Rouge et Arsenal) fermées définitivement en 1946 car considérées alors comme peu fréquentées, peu rentables.

Le projet de la candidate serait de faire de ces stations inutilisées des lieux de convivialité branchés, des boîtes de nuit où les problèmes de voisinage seraient forcément évités … Ou alors, on pourrait y abriter des salles d'entraînement pour certains sports voire des espaces culturels ou de création … Un programme aussi vaste qu'imprécis !
Ainsi, on se demande par où passera le métro à la station Arsenal transformée … en piscine ?

De son côté, la gauche voudrait une ceinture verte autour de la capitale … et présente un projet d'aménagement de la petite ceinture.

Sur une dizaine de kilomètres de cette ligne de chemin de fer qui encercle Paris sur 32 kilomètres, il s'agirait de relier le bois de Boulogne au bois de Vincennes par une coulée verte alternant espaces "sauvages" et espaces aménagés et aussi de transformer les anciens tunnels ferroviaires en cinéma, restaurant ou aquarium … Indiana Jones aux portes de Paris !

Décidément l'underground parisien donne des idées aux candidates.

Paroles, paroles … promesses, promesses, tout cela est-il bien réaliste ?


>> Déjà sur Parisperdu : les stations fantômes du métro parisien.

 

 

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Ce n'étaient que de frêles ateliers.

2 Février 2014, 15:06pm

Publié par barreteau

Cours des artisans au 42 de la rue de la Jonquière_ Paris 17ème (1997)

Au cœur du 17ème, la rue des Moines débouche dans la rue de la Jonquière, juste à la hauteur d'une pharmacie. L'officine est prise en sandwich entre deux porches donnant accès à de vastes cours intérieures, respectivement au 42 et au 44 de cette rue commerçante.

Dans les années 90, vivaient ici, au rythme de leurs activités, de nombreux petits ateliers dont les bâtiments occupaient tout cet espace intérieur.

On trouvait tout d'abord, un fabricant-distributeur de "raccords et coudes" en fonte malléable, la société Lombard. Au fil de son développement, cette entreprise avait accaparé plusieurs locaux de la cour. Puis c'était l'artisan-peintre Noël Priot qui proposait ici ses compétences en peinture et décoration, papiers peints, patines anciennes, revêtement des sols et des murs … Son écriteau mentionnait deux numéros de téléphone: celui du jour et celui pour l'appeler le soir, chez lui, … car l'on n'était pas encore à l'époque du "portable" !

L'alignement de ces ateliers se terminait par une petite imprimerie dont les rotatives tournaient parfois tard dans la nuit, ce qui avait le don d'excéder les riverains …

Mais cette époque est  révolue et tout est redevenu terriblement calme dans la cour du 42 rue de la Jonquière. Car, à l'aube des années 2000, il n'a pas fallu beaucoup de temps aux promoteurs pour occuper le terrain … Il ne leur a pas fallu non plus beaucoup d'efforts pour démolir ces frêles ateliers et construire, dans la cour mise à nue, des bâtiments de 4-5 étages qui remplissent et rentabilisent autrement mieux tout cet espace …


>> Vue actuelle de la Cour des artisans au 42 de la rue de la Jonquière (Google street)

>> Les artisans de Parisperdu !

 

 

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Petit lexique d'urbanisme : de A à Z .

27 Janvier 2014, 10:08am

Publié par barreteau

 ZAC de la Gare de Rungis _Paris 13ème. (avril 2010)

L'urbanisme et son vocabulaire évoluent rapidement sous l'effet du changement des modes de vie et d'une production législative surabondante. Souvent ici, nous nous faisons l'écho des démolitions, des bouleversements de certains secteurs du nord-est de la capitale, aussi nous a-t-il semblé utile de préciser la signification des termes les plus usités dans le domaine de l'urbanisme.

Ce petit lexique fournira aussi quelques clefs pour la compréhension de la logique de mutation urbanistique de certains quartiers de Paris.

Aménagement urbain : L’aménagement urbain ou urbanisme est un champ disciplinaire et professionnel recouvrant l'étude du phénomène urbain, l'action d'urbanisation et l'organisation de la ville et de ses territoires. Les personnes qui exercent ce métier sont des urbanistes. 

Réhabilitation : il s'agit de l'amélioration d'un bâti déconsidéré par son mauvais état, en améliorant les toitures, les façades, le confort sanitaire ... En termes d'urbanisme, la réhabilitation ne se confond pas avec la restauration (qui implique le retour à un état initial, en général de qualité), ni avec la rénovation (qui n'est ni plus ni moins qu'une opération de démolition-reconstruction).

Rénovation : mot improprement utilisé (mais adopté par l'usage et la réglementation) pour la "démolition-reconstruction". La rénovation qui concerne en général tout le bâti d'un quartier peut être motivée par la mauvaise qualité des bâtiments ; par leur inadaptation, qui conduit à remplacer des usines abandonnées par des logements, des logements vétustes par des bureaux ou des logements neufs ; par leur insuffisante occupation du sol ou par leur inadaptation à la circulation automobile, notamment dans les quartiers d'affaires. La rénovation a notamment existé à Paris sous Haussmann, puis dans les années 1960-1970 sous l'influence des idées du mouvement moderne. Les critiques formulées à l'égard de la "rénovation-bulldozer" (exil des anciens habitants, uniformisation sociale de Paris, fortes densités, opposition d'échelle et de style entre le tissu ancien et les quartiers rénovés...) ont conduit les aménageurs à favoriser davantage la réhabilitation depuis une dizaine d'années, même si celle-ci réclame plus de délicatesse, de complexité, de lenteur (exemple du musée d'Orsay, après l'échec des pavillons Baltard des Halles).

ZAC : (Zone d'aménagement concerté) : procédure d'urbanisme opérationnel instituée en 1967. Elle tirait les conséquences de l'échec des ZUP, "zones à urbaniser en priorité", qui avaient été utilisées dans les années 1960 pour de très grandes opérations de logement. Les ZAC limitaient la taille des opérations, permettaient la construction d'activités polyvalentes (logements, activités, équipements collectifs …), organisaient la concertation entre l'Etat (qui finance le logement social, obligatoire pour 20 à 50 % des logements), les communes, les organismes aménageurs (publics ou privés) et les propriétaires privés. Les ZAC doivent être réalisées dans les zones urbaines (ou à urbaniser) du POS, mais elles peuvent le remplacer par un plan d'aménagement de zone (PAZ).


>> Lexique d'urbanisme … plus développé.

>> "Démolition" , n°1 dans la liste des #tags de Parisperdu

 

 

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Main basse sur la ville.

22 Janvier 2014, 09:40am

Publié par barreteau

1 rue de Thionville Paris 19ème (juin 1997) 

Paris, 1997, loin des constructions nouvelles, c'est un morceau du Paris ancien que l'on découvre ici. Intact.
Mais pour combien de temps encore ?

Car il faut bien dire que les quartiers populaires de Paris sont l’objet de toutes les convoitises, celles des promoteurs immobiliers bien sûr, mais aussi celles de projets publics d’urbanisme et enfin celles de démarches individuelles visant à satisfaire l'accès à la propriété de la classe "moyenne-sup", que d'aucuns nommeront "bobos".
C'est donc au nom de la “mixité sociale” que les pauvres sont virés des quartiers populaires.

Cette gentrification est-elle un projet politique ou un processus social naturel et inéluctable ?
Sommes-nous nous-mêmes les acteurs de cette gentrification ?

A Paris, depuis une vingtaine d'années, l’espace urbain est profondément remodelé. Ces transformations sont dictées par des aspects sécuritaires (fermetures d'impasses dans le 19ème), par la "dysneylandisation" de certains secteurs (Cour Saint Emilion dans le 12ème), par le "bétonnage" et la "goudronnification" de zones entières (Avenue de France, toujours dans le 12ème).

Il serait temps de commencer à réfléchir comment le citadin ordinaire peut se réapproprier l’espace urbain ?


>> Toujours le 1 rue de Thionville, mais en juin 2012

>> Déjà sur Parisperdu : " Quelque part quelqu'un".

 

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Mais au milieu coule ... le périphérique !

17 Janvier 2014, 08:54am

Publié par barreteau

Forêt Linéaire/crédit photo: © Cité de l'architecture et du patrimoine

Pour l’instant, l’endroit est tout sauf bucolique : il y a le périph, et à son flanc, une étroite parcelle coincée contre le boulevard des Maréchaux. Pourtant c'est là, dans le 19e, entre les portes de la Villette et d’Aubervilliers, que la Ville de Paris va planter une nouvelle forêt urbaine, la Forêt Linéaire, par "linéaire", entendez « plus longue que large ».
Le chantier est en cours et les premiers promeneurs pourront fouler le terrain aménagé début 2014.
Mais pour la promenade en forêt, il faudra attendre … 2030 !

Dans le détail, ces 11.500 m2 de verdure auront trois visages : côté porte d'Aubervilliers, une prairie arborée avec de jeunes plants de chênes. Au milieu, une futaie dense et humide. Et côté porte de la Villette, un taillis, la partie la plus boisée, allant jusqu'au canal Saint-Denis.
Au total, 3.040 arbres seront plantés car il en faut au minimum un tel nombre pour que la forêt puisse cacher le mur antibruit actuellement en cours de construction le long du périphérique. Ce projet est une alternative, moins onéreuse et moins lourde en travaux, à la couverture du périphérique, méthode employée par exemple à la Porte des Lilas, à l’autre bout de l’arrondissement.

Mais, malgré le mur antibruit, on peut douter que le vacarme incessant des voitures, qui circuleront juste à côté de la forêt, ne nuise pas aux promeneurs.

L'on peut aussi se demander si le nouvel aménagement mettra fin aux occupations marginales d'un quartier sans cesse en chantier, et qui a toujours été considéré comme un "no man's land" ?
La réponse est en partie "oui", car déjà le plus grand camp parisien de Roms qui se trouvait ici,  sur la ZAC Claude-Bernard a été évacué manu militari. Mais l’implantation d’un espace arboré dans ce quartier nord de Paris ne va-t-elle pas favoriser les trafics et la prostitution, des activités déjà bien installées dans le quartier ?

Les forêts ne se font pas en trois jours, les bois de Boulogne et de Vincennes ont, eux, prospéré sur d'anciennes forêts remontant au Moyen Age pour le premier et à l'Antiquité pour le second. Aussi, avant de tutoyer les cimes, les Parisiens devront supporter les travaux de mise en place : la largeur de l'ensemble des voies du périphérique sera en effet réduite afin de permettre la construction du mur antibruit.

Et, une fois la forêt "construite", on ne pourra pas dire comme Robert Redford : "Et au milieu coule une rivière". Car au milieu de la Forêt Linéaire, c'est bel et bien l'infernal périph qui continuera à écouler son flot incessant de voitures …


>> Paris plante sa première forêt (source: Paris.fr)

 


 

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Jardin infernal.

12 Janvier 2014, 09:58am

Publié par barreteau


L'échangeur de la Porte de Bagnolet est sans aucun doute l'un des plus vastes échangeurs autoroutiers d'Europe.

Le projet a été conçu comme un "complexe d'échanges" qui imbrique étroitement différentes bretelles d'autoroute et de raccordements au périphérique, mais aussi un parking semi enterré de 2200 places, une station de métro et une gare routière de 22 quais.
Le projet initial prévoit aussi l'implantation, au cœur de cet ensemble, d'un centre commercial, d'une salle de spectacles de type Zénith et d'un jardin public. Bref ce projet gigantesque est conçu comme un pôle d'échanges où la voiture bien sûr mais aussi l'homme doivent trouver leur place.

Lorsqu'il ouvre à la circulation, en 1969, le complexe d'échanges comporte au total 19 ponts et viaducs entremêlés, des tabliers jumeaux, des viaducs courbes enjambant d'autres bretelles … un terrible carrefour autoroutier hostile à toute présence humaine.

Du projet de départ qui voulait en faire un lieu de rencontre, qu'en reste-t-il aujourd’hui ?
Pas grand-chose car, la salle de spectacles n'a jamais vu le jour, le centre commercial a été implanté hors du périmètre de l'échangeur et la dalle de 26 000 m2 couvrant le parking et la gare routière va rester désespérément vide, car le jardin public qu'il était prévu d'aménager sur celle-ci ne sera jamais réalisé.
Le vaste espace au pied des viaducs de l'autoroute A3 reste alors dans un état de quasi abandon.

Et c'est sans doute mieux ainsi car ce jardin aurait été un enfer.
Pour s'en convaincre, le piéton doit (et ce n'est pas facile) s'introduire dans le ventre de ce monstre de béton, au centre de ce gigantesque manège.

Les quelques 300.000 véhicules qui transitent chaque jour par cet échangeur tourbillonnent alors au-dessus de votre tête dans un vacarme incessant. Pire encore, le niveau de la pollution atmosphérique dépasse ici largement les moyennes et cela se sent, très vite les yeux vous piquent … et l'impact de l'échangeur, en termes de gaz nocifs, se fait sentir jusqu'à 400 mètres à la ronde.

Si vous voulez vous rendre compte par vous-même de l'irréalité de ce lieu improbable, une opportunité se présente prochainement à vous. La 3ème édition de "Paris face cachée", créée à l'initiative de la ville de Paris visitera l'échangeur de la porte de Bagnolet, dimanche 2 février 2014.

Pour profiter de ce voyage original, vous devez accepter la règle du jeu: le lieu de rendez-vous est tenu secret et n’est dévoilé que sur le billet, après inscription !
Les réservations se font exclusivement en ligne sur www.parisfacecachee.fr

Si vous avez raté le rendez-vous, il vous faudra alors tenter seul l'aventure et pour cela, commencer par trouver l'accès de cette descente aux enfers …


Déjà dans Parisperdu:

>> De la zone au périph'

>> L'envers de la ville, la ville à l'envers ...

 

 

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Les leçons d'Italie 13.

7 Janvier 2014, 12:27pm

Publié par barreteau

Dalle des Olympiades (axe nord-sud): quelques unes des trente tours d'une centaine de mètres de hauteur. Paris 13ème (octobre 2010)

Dans le projet initial de l'opération Italie 13, l'avenue d'Italie devait être élargie aux dimensions des Champs-Elysées et transformée en voie rapide. Les piétons et la desserte locale devaient traverser l'avenue par des passerelles ou des tunnels, et de chaque côté de l'avenue, des tours de grande hauteur devaient s'élever, presque toutes sur le même modèle du parallélépipède strict … la folie des grandeurs !

Le point le plus ambitieux de cette opération devait être la tour Apogée : d'une hauteur comparable à celle de la tour Montparnasse: 210 mètres … encore la folie des grandeurs !

Mais au cours des années 1970, la hauteur projetée de cette tour "signal" a progressivement diminué avant l'annulation définitive de son projet.

Et en 1980, cerise sur le gâteau, l'État français a dû payer 470 millions de francs au promoteur pour être revenu sur le permis de construire qu'il lui avait délivré.

Cet évènement marque le point d'arrêt des grandes opérations d'urbanisme de tours à Paris. Le projet Italie 13 n'aura donc été que très partiellement mis en œuvre et au final, peut donc être considéré comme un semi-échec.

Partant de ce constat amer, l'urbanisme parisien s'est alors lancé dans une direction beaucoup plus modeste. Ainsi, l'opération Paris Rive Gauche, à quelques centaines de mètres d'Italie 13, seule opération urbaine de grande envergure menée à Paris depuis lors, marque sur l'avenue Pierre-Mendès-France l'abandon de la construction sur dalle et le retour à l'alignement sur rue, au gabarit uniforme : la pierre de taille de l'époque haussmannienne a simplement laissé la place à la paroi de verre.

Et le patrimoine urbain, que l'on croyait pouvoir négliger en dehors du "périmètre sacré" des six premiers arrondissements, fait désormais l'objet de toutes les attentions : alors que les architectes des années 1960 prévoyaient de détruire une gare d'Orsay devenue inutile, leurs successeurs des années 2000 intègrent la plupart des derniers vestiges du passé industriel: Grands Moulins de Paris, SUDAC, Frigos … dans les nouveaux quartiers du 21e siècle.

Et c'est tant mieux !


>> "Italie 13" : La politique de la table rase.

 

 

 

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Scène quotidienne de "la Cloche" à Belleville.

2 Janvier 2014, 11:31am

Publié par barreteau

Deux "frères de la cloche". Paris 2001

C'est avec tristesse que je viens d'apprendre le décès de Jean Ro. survenu en Allemagne où, depuis quelques années, il s'était installé en famille.

Je veux lui rendre un dernier hommage en publiant ce huitième et dernier billet du gamin de Paname que nous suivons depuis déjà longtemps ici.

Aujourd'hui, il nous narre une scène de "la Cloche" comme il en a si souvent vu, au cours de sa jeunesse, à Belleville.

 

Paris a toujours eu ses clochards. Dans les beaux quartiers, ils étaient souvent polis et courtois et pratiquaient avec allégresse une sorte de philosophie désabusée.
Quant à ceux de Belleville, c'était tout autre chose !


Poussant de vieux landaus, les "clodos" de Belleville "travaillaient" principalement à ramasser des chiffons. Souvent, armés d'un crochet, ils s'affairaient à chercher dans les poubelles tout objet encore utile et jeté par ceux qu'ils appelaient les bourgeois … Ces derniers se voyaient gratifiés d'un "Vous êtes trop bon, mon prince" lorsqu'ils leur avaient donné quelque chose.

A Belleville, si la plupart des gens faisaient semblant de ne pas les remarquer, il était toutefois difficile de ne pas les voir tant ils étaient souvent ivres. Ces clochards-pochards, avaient en effet une propension appuyée pour la dive bouteille.

Je me souviens d'une scène qui dans sa conclusion déclencha l'hilarité générale des gens de ma rue.

 Remontant la rue des Envierges, un clochard s'accrochait à son "collègue".

- " J'te jure Robert, j'le f'rai plus !..."

Mais, d'un grand coup de coude, le "Robert " le renvoyait valdinguer jusqu'au milieu de la chaussée. 

-"Fout moi l'camp fumier!...Tu m'as laissé tout seul…pour aller r'trouvé ce salaud de Georges...pff tiens ! J'te crache dessus ! Vas l'retrouver ton Georges !....Bon vent et bon débarras !.... Monsieur s'en va!...et maint' nant y'rvient...et faudrait que j'le r'prenne... ordure...

Tu t'es barré, mais maintenant que j'ai une voiture, tu r'viens !!"

La voiture dont parlait le pauvre homme n'était autre que son landau aux roues voilées!

Soudain interpelés par des rires leur indiquant qu'ils n'étaient pas seuls dans la rue, comme ils avaient eu l'air de le croire jusqu'à cet instant, en demi-ton, l'homme jeta à l'autre:

-" Allez viens!... ! Amènes toi mon Paulo !" ..."

Et l'un contre l'autre, ils s'éloignèrent à pas chaloupés.

 

>> Retrouvez Jean Ro, un gamin de Paris, sur Parisperdu.

 

 

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Meilleurs voeux à tous ...

31 Décembre 2013, 15:18pm

Publié par barreteau


A tous les fidèles de "Parisperdu", et aussi à ceux qui passent ici par hasard ... :

"Bonne année 2014", qu'elle vous soit douce et vous apporte bonheur et succès dans vos entreprises.

 


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Les barreaux verts ont disparu ...

24 Décembre 2013, 10:10am

Publié par barreteau

A l'angle de la rue de la Marne et de la rue de Thionville, la chaufferie de la CPCU est mise à terre.
En arrière-plan, le bar des Barreaux verts attend d'être fixé sur son sort … (Septembre 2011 _75019 Paris)


Dans le quartier de l'Ourcq, au 13 de la rue de Thionville exactement, il y avait un endroit que j'adorais ... un petit bar bien sympathique, niché à la pointe d'un triangle d'immeubles bas.

Les fenêtres de l'établissement étaient pourvues de grilles de défense peintes en vert, aussi le propriétaire n'aura pas eu à chercher longtemps un nom pour son bar : ce sera les "Barreaux Verts".

Mais dernièrement, le quartier du canal de l'Ourcq a connu de profonds réaménagements aussi lorsque je m'y suis rendu récemment, je n'ai plus reconnu grand-chose: la chaufferie de la CPCU-Villette a été rasée, les petits immeubles ont été remplacés par un bâti beaucoup plus conséquent … aussi, plus je m'approche de la rue de Thionville, plus je crains de ne plus retrouver mon petit bar de quartier.

Lorsque je débouche sur la rue de l'Ourcq,  je peux esquisser un sourire, car de loin … je reconnais la façade de briques du bar des Barreaux verts.
Mais, ma joie sera de courte durée car en m'approchant je lis: "Café Mama Kin" …


Mama Kin … ? Cet établissement n'a plus rien à voir avec le petit rade que j'ai connu.
Ici, on donne maintenant dans le pub atypique avec masques africains, peintures ethniques sur les murs... bières belges et cocktails péruviens … ! Le soir c'est concert, DJ à gogo, et beaucoup de bruit dans la rue.
On a compris que ce n'est pas ma tasse de thé …

Dans le quartier de l'Ourcq, les souvenirs - tout comme les feuilles mortes - disparaissent à la pelle … mécanique !

Des miens, il ne reste plus rien.
Aux fenêtres du bar, même "le vert" des barreaux a disparu …
Ils ont été repeints en bleu … !


>> Lire aussi sur Parisperdu: "La chaufferie de La Villette et sa grande cheminée".


 

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Et Zoo ... !

19 Décembre 2013, 08:31am

Publié par barreteau

Le zoo de Vincennes, en travaux (printemps 2012)

Malgré son appellation, le bois de Vincennes ne fait pas partie du territoire vincennois. Il est en effet rattaché au XIIe arrondissement de Paris. D'une superficie de 995 hectares, le bois de Vincennes accueille de nombreuses structures dont le Parc floral, l'Hippodrome, et aussi … le Zoo.

Le zoo a été installé ici dès 1934 mais, depuis l’hiver 2008, il est fermé pour une rénovation complète. Bien que de tout temps connu sous le vocable "Zoo de Vincennes", il pourrait prochainement prendre l'appellation "Parc zoologique de Paris".

Mais ce changement de nom n'est pas du goût de tous, et les élus de Vincennes ont lancé une pétition pour que le Zoo de Vincennes continue à porter officiellement ce nom.

Car pour eux, débaptiser "leur" zoo est une injure faite à leur ville, pire au patrimoine national …  Après tout, argumentent-ils "on dit le lac du bois de Boulogne, et pas le lac du bois de Paris"!

Un compromis pourrait être trouvé autour d'un nouveau nom : "le Parc zoologique de Paris-Vincennes".

Alors, Parc zoologique … de quoi ?
La réponse ne sera connue que peu de temps avant la réouverture du zoo entièrement rénové.
Elle est prévue au printemps 2014 … et zoo !



>> En savoir plus sur la rénovation du zoo …

 

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Tati, avenue de France.

14 Décembre 2013, 08:35am

Publié par barreteau

Dans "Playtime", le film de Jacques Tati sorti en 1967, on découvre un Paris futuriste fait d'immeubles de verre et d'acier, froids et impersonnels.

Avenue de France, dans la bien-nommée ZAC(cage) de Paris-Rive Gauche, la fiction de Tati est aujourd'hui devenue réalité.

 Ici, la ville est à la fois touchante et terrifiante. Le long de buildings très graphiques, des sortes de funambules déambulent … perdus dans ces grands espaces. Et cette présence humaine fantomatique a du mal à animer la sinistre avenue.

A l'intérieur des immeubles on s'attend à rencontrer les mêmes "open-space" que ceux vus dans "Playtime", où des employés, jouets de la démesure et du grotesque, sont concentrés sur des plateaux sans âme.

De retour à l'extérieur, on guette une autre silhouette, celle du longiligne Tati …
On ne serait pas surpris en effet de l'apercevoir ici, avec son pas hésitant, sa mimique interloquée, et surtout se demandant pourquoi diable l'on a voulu à tout prix copier le décor de son film …



>> En savoir plus sur Playtime, le film de Jacques Tati.

>> La silhouette longiligne de Tati.

>> J'aurais aimé que ce monde me parle.
 

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