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PARISPERDU
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A Belleville, La Forge n'est plus ce qu'elle était ...

13 Juin 2014, 09:03am

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Publié par barreteau

La Forge, 23 rue Ramponeau Paris 20ème

Cette ancienne usine de clefs, de plus de 1000 m2, était désaffectée depuis longtemps, quand, un matin d'octobre 91, en l'absence de permis de démolir, des ouvriers ont commencé à démonter la toiture... En moins d'une heure, une dizaine d'artistes ont occupé le lieu et ont ainsi stoppé sa démolition.
Très vite, le squat de la Forge s'y est installé.

Les artistes, groupés en une association: "La Forge de Belleville" - soutenus par la Bellevilleuse (sans qui 70 % du Bas-Belleville serait aujourd'hui démoli) - ont obtenu en 1997 que la Ville de Paris officialise et contractualise cette occupation par une convention temporaire de mise à disposition.
C'est bien la première fois qu'un squat d'artistes obtient un bail!

En contrepartie de loyers aux conditions très avantageuses, l'association s'engageait à développer un projet artistique et culturel cohérent, totalement ouvert sur le quartier, et à assurer une rotation régulière des artistes accueillis dans l'usine.

Mais au printemps 2005, la Ville décide de résilier la convention concernant l'occupation de l'usine, et lance un appel à projets pour désigner le nouvel occupant du site.
Il s'en suivra une longue bataille juridique entre l'association "la Forge de Belleville" et la Mairie de Paris. 

Régulièrement de nouveaux appels d'offre sont lancés mais n'aboutissent pas suite aux contestations et recours des diverses parties, si bien qu'en 2008,  la "Forge de Belleville" occupe toujours les lieux.

Une énième bataille juridique va finir par chasser le collectif d'artistes pour confier le site à l'association "Traces" qui ne restera en place que peu de temps.
Et, en 2012, la Ville intronise une nouvelle association gestionnaire: "Caserne Ephémère".

"Caserne Éphémère" émane du "Point éphémère", le gestionnaire du lieu du même nom sur le Canal Saint-Martin, dans le 19e arrondissement. C'est un acteur historique de la culture underground parisienne des années 1980-90, élevé depuis au rang d’acteur quasi-institutionnel, de professionnel de la Culture et d'opérateur privé du marché de l’art.

Et c'est bien là où le bât blesse car l'ambition de "Caserne Ephémère" pour la Forge est bel et bien d’en faire une résidence d’artistes exclusivement tournée vers la professionnalisation et le marché de l'art dans le nouveau monde de Belleville … celui des galeries d’arts et des concept-stores … à la mode.
Finie donc  l’ouverture du lieu au public et finie l’animation culturelle entre les habitants de Belleville, les associations et les artistes du quartier.

Depuis 1997, La Ville de Paris n’aura finalement jamais réussi mettre en valeur ce lieu, sauvé de la destruction par l’action collective des artistes et des habitants du quartier. Elle se sera montrée incapable de maintenir en vie le souffle créatif de cet espace unique et hautement emblématique de Belleville.

Car une question de fond reste sans réponse : que veut-on finalement faire de ces lieux symboles, arrachés par des batailles d’habitants et d’artistes contre les promoteurs, une fois que la Mairie les rachète, consacrant ainsi leur valeur d’intérêt général ?
Si le but est d’attirer par une programmation choisie une population plus aisée, ils deviennent alors le premier outil, avant même le logement, pour embourgeoiser le quartier.

Et c'est ainsi que Belleville est progressivement mis aux normes de l’embourgeoisement parisien. Reste à voir si les Bellevillois qui se sont battus dans les années 90 pour sauver la vieille Forge ouvrière contre un promoteur et son projet de supermarché-parking, adhèreront au projet de la Ville qui va à l'encontre d'une certaine idée de la fraternité qui permet encore ce "vivre ensemble typiquement Bellevillois".


>> Le site web du Collectif de "La Forge de Belleville" n'est plus en ligne … reste sa page Facebook, pour combien de temps ?

>> Point éphémère/ Usines éphémères, site officiel.


 

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La plus petite maison de Paris.

6 Juin 2014, 08:45am

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Publié par barreteau

39 rue du Château-d'Eau _ Paris 10ème.

Dans le 10ème arrondissement, à proximité de la mairie, exactement au n°39 de la rue du Château-d'Eau, se trouve la plus petite maison de Paris.

Un peu plus d'un mètre de large pour 5 mètres de haut, une boutique au rez-de-chaussée et une pièce pour vivre à l'étage, … voilà une bien étrange résidence !

Autrefois, à cet emplacement, il y aurait eu un passage entre la rue du Château-d'Eau et la rue du Faubourg-Saint-Martin. Des querelles d'héritage au sujet de ce passage auraient conduit les propriétaires à le boucher par cette maison miniature …

On ne sait pas si ces faits sont exacts, mais quoiqu'il en soit, le 39 de la rue du Château-d'Eau est désormais répertorié comme "la plus petite maison de Paris".

A ce titre, elle est en compétition avec le 88 de la rue René Boulanger, également dans le 10ème arrondissement et aussi avec le 13 quai Voltaire où l’on signale "la plus étroite façade d’immeuble de Paris".

Toutefois, en comparaison du 39 de la rue du Château-d'Eau, ces deux autres adresses semblent avoir d'immenses façades car chacune d'elles atteignent allègrement … les 2,50 m de large !

 

>>  Le 88 de la rue René Boulanger _ Paris 10ème.

>> Le 13 quai Voltaire _ Paris 7ème


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Les étranges dalles de la rue de la Croix Faubin.

1 Juin 2014, 08:31am

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Publié par barreteau

L'une des cinq dalles, face au n°16 de la rue de la Croix-Faubin – Paris 11ème (juin 2010)

 

Dans le 11ème arrondissement, à l'angle de la rue de la Croix-Faubin et de la rue de la Roquette, vous pourrez découvrir - en étant quelque peu perspicace - cinq dalles de granit, incrustées à même le sol.
Ces pierres marquent l'endroit exact où la guillotine était dressée, à l'entrée même de la prison de la Grande-Roquette qui jadis se tenait ici.
En sortant de la prison, les condamnés à mort n’avaient donc que quelques pas à faire pour aller se faire couper la tête …

Ces blocs avaient une fonction essentielle, ils permettaient de caler précisément l'échafaud, de façon à ce que la lame effectue avec la plus grande précision son macabre ouvrage.
On comprend mieux ainsi, pourquoi cette prison fut longtemps surnommée "l'Abbaye des Cinq-Pierres".

Ces dalles, aujourd'hui oubliées, furent un temps si célèbres qu'elles ont été chantées par Aristide Bruant ou mieux encore par l'assassin et poète Pierre François Lacenaire :
"Oh, je vous connais bien, Dalles qui faites place,
Aux quatre pieds de l'échafaud"
.


>> Les 5 dalles, face au N° 16 de la rue de la Croix Faubin.

>> Et c’est deux rues plus loin, au 60 rue de la Folie Regnault, que la guillotine était entreposée. (Voir "En marge d'Atget" sur Parisperdu)

 

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Cirque Électrique.

26 Mai 2014, 10:37am

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Publié par barreteau

Place du Maquis du Vercors - 75020 Paris

A Paris, les cirques ont toujours dû s'installer dans des endroits pour le moins … spéciaux.
On a vu "Les Romanès", baladés de terrain vague en terrain vague, se produirent dans des lieux insolites, au fil de terrains laissés en friches : passage Lathuile dans le 18ème, rue Paul-Bert dans le 11ème …

Il en va de même pour le "Cirque électrique", un cirque pas comme les autres, qui finalement s'est installé Place du Maquis du Vercors, dans le 20e arrondissement, un coin perdu, près de la Porte des Lilas.

Dans ce lieu qui ne fait pas vraiment rêver, à proximité d’un dépôt de bus, entre le périph' et les ventilateurs d'une piscine, la mairie de Paris a créé "La Dalle des Cirques". Un terrain d'expérience pour un cirque à la programmation éclatée, folle et ambitieuse.
Plusieurs chapiteaux proposent divers programmes: nouvelles créations, traditions du cirque, bals du dimanche, spectacles pour les enfants, concerts, débats, rencontres et vernissage …

Le Cirque Électrique est un havre créatif duquel émane immédiatement une impression de cordialité et, depuis maintenant près de vingt ans, incontestablement, le Cirque Électrique donne dans l'éclectique …
A découvrir.



>> Le Cirque électrique : Site officiel.

 

 

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Des rues de Paris en bois !

21 Mai 2014, 10:59am

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Publié par barreteau

Pavés de bois du passage Saint-Maur (Paris 11ème)

En 1912, Paris est considéré comme la ville ayant la circulation automobile la plus dense du monde : plus de 30 000 voitures passent en effet, chaque jour, dans la rue de Rivoli ou la place de l’Opéra. Berlin suit, loin derrière avec 14 000 véhicules/jour sur la Postdamer Platz et en Amérique, la 5ème avenue de New York ne fait alors pas mieux que 8 000 voitures par jour !

Mais ces rues, pavées en pierres, répercutent le bruit des voitures de manière insupportable pour les riverains. Des essais de pavage avec des pavés en bois sont entrepris et l'on constate que dans ces rues, le tumulte sonore est bien moindre : le revêtement en bois est alors considéré comme le mieux adapté à une circulation intense de l'automobile.

Et, à la veille de la première guerre mondiale, le quart des chaussées parisiennes est pavé de bois …

En 1925, près d'un million et demi de mètres carrés de rues de la capitale sont ainsi couverts en sapin du Nord, pin des Landes et bois exotiques. Mais à la longue, ces pavés en bois se révèlent coûteux, glissants et difficiles à entretenir. Ils sont progressivement remplacés et au final définitivement abandonnés peu après 1930. 

Pourtant aujourd'hui encore, en cherchant bien, on en trouve quelques rares exemplaires sur le sol parisien. Pour aller à leur rencontre, il faudra vous rendre Passage Saint-Maur, dans le 11ème, exactement au 81 de la rue Saint-Maur, ou dans le 3ème, au 38 de la rue Notre-Dame de Nazareth …

Sur place, n'espérez pas revivre les souvenirs de mai 68 et le fameux slogan "sous les pavés, la plage !" car le pavé en bois - lui - est posé directement à même le sol originel !


>> Le  passage Saint Maur - Paris 11ème (juin 2006)

 


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De l'abribus à l'abri voyageur.

16 Mai 2014, 16:29pm

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Publié par barreteau


50 ans après la naissance des premiers abribus à Paris (en 1964), leur concept est réinventé pour offrir aux voyageurs un nouveau mobilier moderne et intelligent.

En effet, l’ensemble des 1920 abribus parisiens vont être remplacés par un nouveau modèle qui sera installé à partir du 2ème semestre 2014. 80 unités seront même ajoutées portant le nombre total d'abribus parisiens à 2000.

La commission d’appel d’offres de la Ville a attribué le 19 novembre dernier, à l’unanimité, ce nouveau marché à la société SOPACT, une filiale de JC Decaux.

Les anciens abris seront donc intégralement déposés et remplacés, et le nouveau contrat prévoit la fourniture, la pose, mais aussi l’entretien, la maintenance et l’exploitation publicitaire des nouveaux abris sur une période de 15 ans.

Le renouvellement des abribus est donc l'occasion de choisir un nouveau mobilier qui donnera aux rues de Paris une image moderne, dynamique.

On passera de l'"abri-bus" à l'"abri-voyageur". Car, les nouveaux abris proposeront de nouveaux services : chargeur universel de portable, informations des passages en temps réel ... Ils seront aussi plus confortables, en permettant en particulier de s’asseoir devant et derrière l’abri-voyageur, sous un toit protégeant mieux des intempéries.

Mais le principal intérêt pour la Ville de Paris, sera économique car le niveau de la redevance perçue par la Ville qui était de 3,9M€ en 2013 va passer avec ce nouveau marché à 8,3M€ par an.
La rentabilité de l'affaire sera bien … à l'abri.

 

Le mobilier urbain sur Parisperdu:


>> Les Vespasiennes ou Sanisettes.

>> Les cabines téléphoniques.

>> Les colonnes Morris.

>> Les fontaines Wallace.

>> Les kiosques à journaux.

 

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Excentré ou excentrique ... ?

11 Mai 2014, 16:03pm

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Publié par barreteau

Angle de la rue des Vinaigriers et du passage Dubail _Paris 10ème (2010)

Excentrés, infréquentables? C'est pourtant là que Paris bouge. L'Est parisien prend aujourd'hui sa revanche. Entre atmosphère (encore) populaire et adresses branchées, ces territoires défrichés s'imposent tout d'un coup face au triangle d'or et à la rive gauche.

De Belleville à Ménilmontant, l'art prend de la hauteur et, progressivement rattrapés par la fièvre d'Oberkampf, ces coins populaires deviennent le terrain de jeu de nombreux artistes et de jeunes galeries concentrées dans un triangle logé entre les stations de métro Belleville, Couronnes et Pyrénées.

Un peu plus au nord, le quartier Barbès, autour de la Goutte d'Or, reste celui des populations bigarrées, de Tati et du métro aérien. Avec la restauration du cinéma Louxor et l'arrivée de nouvelles enseignes à la pointe de la mode, il prend aujourd'hui un nouvel essor.

Quand au 10ème arrondissement, il est devenu le fief bobo par excellence.

Le phénomène de mode, allant du canal Saint-Martin vers le Faubourg Saint-Denis a été rapide. Et, en quelques années, la folie bobo s'est déplacée vers le cœur populaire du 10ème où, jusqu'alors, ­ kebabs et épiceries turques ­ tenaient le haut du pavé.

Tout a commencé, le long du canal, puis la rue du Faubourg- Saint-Denis a pris le relais avec l'arrivée en nombre de bars branchés très courus. A tel point que certaines terrasses débordent tant, qu'elles doivent contenir leurs clients dans un périmètre délimité par un bandeau de sécurité.

Entre le boulevard Magenta et le canal Saint-Martin, la rue des Vinaigriers, autrefois tranquille, est l'autre axe majeur de ce 10ème en effervescence. Elle concentre désormais quelques-unes des adresses phares de l'arrondissement: Fabrique à Gâteaux, Cafés, Design Store, magasin de vêtements et de mobilier Design, bars à vins avec ambiance musicale …

Excentrés ces quartiers ? Peut-être. Excentriques … sûrement.

 

>> Guide de survie en pays bobo.

 

 

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Le ZACage du 20ème arrondissement.

6 Mai 2014, 08:55am

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Publié par barreteau

Carrefour de la rue des Vignoles et de la rue de la Réunion _ Paris 20ème (juin 1997)

Longtemps considéré comme un arrondissement défavorisé, le 20ème a connu de lourdes opérations de rénovation de son habitat, dans le cadre des zones d’aménagement concerté (ZAC).
Cette procédure était-elle un bien ou un mal ? Quel bilan peut-on en faire aujourd'hui ?

Contrairement aux opérations de réhabilitation où le bâti est conservé, la rénovation par la ZAC implique inévitablement le processus suivant : "expropriation-destruction-reconstruction".

Une telle "restructuration" aboutit, par un tour de passe-passe, à une métamorphose de la population du quartier. Ce sont des artisans chassés par les promoteurs, des habitants modestes qui ne peuvent se permettre de payer les loyers proposés dans les nouveaux immeubles, des commerçants qui ferment boutique ...

Dans le quartier de la Réunion, la ZAC a été imposée par la ville de Paris, sans que celle-ci ne se pose la question de la pertinence de cette procédure par rapport aux problèmes à traiter.

On a donc éliminé les impasses, et ce faisant, on a détruit 400 logements, de nombreux ateliers, des boutiques, des hôtels meublés … Pour autant, devait-on nécessairement transformer la structure des rues dans ce secteur ? Surtout quand on sait que cette construction en impasses et en passages multiples a été héritée de l’organisation en lanières des vignobles qui s'étendaient ici au 18ème siècle.

Mais pour le promoteur immobilier, il est plus compliqué et plus coûteux de respecter le parcellaire ancien … car alors on construit moins dense !

La ZAC de la Réunion est restée en panne de nombreuses années, et avec elle, l’ensemble de l’aménagement du quartier.
Cette panne s'explique de différentes façons :

Tout d'abord, le parti pris d’aménagement fondé sur la "destruction-rénovation" a eu beaucoup de mal à passer, et cela pour deux raisons : d’une part parce qu’on avait affaire à un quartier parfaitement constitué, avec sa trame urbaine, ses habitudes, son tissu économique, ses habitants, bref son histoire de morceau de ville, et d’autre part parce que la conjoncture économique n'a plus permis d’équilibrer l'opération en vendant des locaux d’activités et des bureaux. 

En suite, les associations ont vite compris que le cadre prévu pour favoriser la "concertation", n'était que purement consultatif … et elles ont durci leurs actions.

Alors, les chantiers traînent, les dents creuses du bâti ne sont pas comblées, les palissades ceignent les terrains vagues pendant des années.
On a le sentiment d’un énorme gâchis, dans un quartier fragile où il y a quand même une résistance qui s’exprime de la part des habitants contre des méthodes brutales de rénovation et de destruction dont on sait parfaitement qu’elles ne feront pas place à quelque chose qui pourra avantager la population autochtone du quartier.

Pour attirer l’attention sur le quartier et parce qu’elles "en avaient marre des murages", les associations de défense ont fait peindre les façades par des artistes.

Miss Tic est alors devenue, avec ses pochoirs, l'artiste emblématique de ce 20ème aujourd'hui disparu.
Enfin un peu de poésie dans ce monde de brutes …
d'ailleurs, l'une de ses œuvres ne disait-elle pas : "La poésie ébauche les contours d'une ville à colorier" ?


>>
Miss Tic : "La poésie ébauche les contours d'une ville à colorier".

>> Le résultat aujourd'hui : l'exemple du "11-13 passage Josseaume, 72 rue des Vignoles", ZAC de la Réunion.

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Une nostalgie d'avenir.

1 Mai 2014, 12:31pm

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Publié par barreteau

Quartier de Belleville _ Paris 20ème (mars 1997)

On connaît l'un des buts de Parisperdu : explorer les zones urbaines à l'abandon, y rencontrer leurs derniers habitants.

Sur la colline de Belleville, je déambule dans les cours, là où la vie palpite et s'enlise, pour fixer des images de la vie ordinaire de gens sans histoire.

Car ici, malgré l'évolution de la société moderne, ces lieux, ces hommes et ces femmes sont longtemps restés à l'écart du temps.

Mais aujourd’hui, tout cela a disparu et c'est tout un pan de Belleville qui n'existe plus que dans certaines mémoires.

Pourtant, je veux croire à une nostalgie d'avenir, c'est-à-dire, que  tout ce que l'on aimait bien dans notre ville avant, on pourrait continuer à le vivre encore aujourd'hui et dans le futur.


>> La nostalgie de (ou sur) Parisperdu.

>> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur …

 

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Les paris de Paris.

26 Avril 2014, 10:42am

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Publié par barreteau


"Le Grand Paris Idéal" vu par MVRDV, une agence d'architecture et d'urbanisme néerlandaise (2009)


Les nouveaux paris de Paris devraient être d'arrêter de suréquiper ce qui l'est déjà trop (nous ne sommes pas au Japon que diable, nous avons de la place!) et, de cesser de faire des gratte-ciels (laissons cela à Manhattan !).

Alors de grâce Messieurs les Architectes, Messieurs les Urbanistes pensez plutôt à aménager la campagne, car les citadins vont bientôt fuir ces villes tentaculaires que vous leur fabriquez et où tout pose problème.

Allez donc démontrer vos talents et votre génie ailleurs, comme le fit Niemeyer en sortant du néant une ville toute neuve, un vrai défi mais une réussite ... ou comme le génial Gaudí, qui sût créer sans renier le passé, et conserver le lien sacré qui de tout temps a existé entre l'Art et l'Artisanat. Ce lien qui justement éloigne toute tentation d'échapper à l'échelle humaine, et permet de respecter cet allié incomparable qu'est le monde végétal, où les grands arbres doivent rester grands et ne pas ressembler à des buis plantés au pied de tours aussi colossales qu'inhumaines ...

Reconnaissez aussi, Messieurs, les graves problèmes qu'entraînent la surpopulation des grandes villes et les fâcheuses conséquences de toute cette surenchère, dissimulée sous les termes passe-partout de "restructuration", de "requalification du bâti", d' "optimisation de l'urbanisme des métropoles " …

Messieurs les Architectes, laissez donc Paris et ses alentours en paix, tout comme l'ont fait Rome, Amsterdam, Vienne, et bien d'autres villes européennes…  qui sont toutes des villes finies et qui n'ont aucun besoin d'ajout !


>> Jean Nouvel conservera l'ancien.

 

 

 

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Comment parler de l'oeuvre de Willy Ronis ?

21 Avril 2014, 09:54am

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Publié par barreteau

 Les amoureux du pont des arts_ 1957 ©Willy Ronis

"Fixer des vertiges. Les photographies de Willy Ronis" est un essai de Michel Onfray publié en 2007 et portant sur 16 photographies de Willy Ronis dont le travail est comparé à la peinture classique et aux toiles de maîtres.

Parler de l'œuvre de Willy Ronis via une analyse comparative, pourquoi pas ?
Mais mettre en parallèle des œuvres de peintres aussi différents que Delacroix, Renoir, Léger, Mondrian, David, Seurat, Courbet, Millet, Van Gogh, Magritte … et d'autres, avec des photos de Ronis, cela me semble, comment dire, … un peu "tiré par les cheveux".

Bien sûr, l'on sait que le regard de Ronis s'est, en partie construit, grâce à des visites au Louvre effectuées dans son enfance. Mais alors s'il faut parler de maîtres, Ronis se réclamait plutôt des peintres flamants et de Breughel en particulier et, à ma connaissance, de personne d'autre !

"Le vertige prouve l'art", avance Onfray d'entrée de jeu pour reprendre une phrase d'Arthur Rimbaud : "J’écrivais des silences, les nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges", et pour se lancer sur le terrain de la photographie de Ronis.

Onfray affirme alors que ce vertige est à même de déboucher "sur une clairière de sens, donc de plaisir". L'œuvre du photographe serait-elle donc, pour l'œil de celui qui la regarde, un simple plaisir qui doit par ailleurs, pour être comprise, se voir constamment rapprochée de l'œuvre de peintres classiques, comme Onfray le suggère sans cesse ?

Voilà une bien curieuse analyse qui nous est proposée-là, car Willy Ronis a beau avoir été nourri, dès son plus jeune âge, par la fréquentation des musées, ses photographies appartiennent à un art qui est autonome, indépendant de la peinture, et qui n'a pas, en conséquence, à sans cesse se réclamer d'elle pour s'expliquer.

Ce recours constant d'Onfray à une kyrielle de peintres révèle surtout son incapacité à parler de la photographie en tant que telle. Et les propos du philosophe sur l'œuvre du photographe sonnent bien étrangement à côté de ceux de Ronis lui-même quand il parle de son travail, en des termes humbles qui ressemblent à ses photos.
Ainsi, dans "Traits et portraits", un regard intime sur certaines de ses photographies, paru au Mercure de France, Ronis nous dit: "Je n’ai jamais poursuivi l’insolite, le jamais vu, l’extraordinaire, mais bien ce qu’il y a de plus typique dans notre existence quotidienne... ”

Et c'est bien pour cette fastueuse simplicité que l'on vous dit:
"Merci Monsieur Ronis, votre talent s'exprime de lui-même et ne doit rien à personne".


>> Michel Onfray : "Fixer des vertiges. Les Photographies de Willy Ronis".

>> Traits et portraits : "Ce jour-là" de Willy Ronis.

>> "Les amoureux du pont des arts", décrits par Willy Ronis dans son ouvrage "Ce jour-là".

>> Parisperdu et Willy Ronis.

 

 

 

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" Ça commence toujours comme ça "

16 Avril 2014, 08:22am

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Publié par barreteau

Cité de la Chapelle Paris 18ème (Juillet 2010)

Depuis quelques jours, dans ce quartier du 18ème arrondissement, de nouveaux panneaux d'information ont fleuri. Ils annoncent que le permis de démolir concernant les bâtiments d'une partie de cette cité, a été délivré le 27 juillet.
Dès le lendemain, des panneaux ont été posés, ça commence toujours comme ça …

C'est donc à partir de cette date d'information au public que court le délai de deux mois autorisant les recours. "Nous sommes étonnés - m'ont confié des habitants du secteur - On a l'impression que ces constructions sont en parfait état. Pourquoi les démolir ? "

Peut-être veut-on faire mieux encore, car le projet de la Ville, prévoit une refonte totale du site actuel ? Un projet contesté par une partie des élus et par les associations de quartier qui comptent bien utiliser ce délai de recours…

Mais comme souvent, en pareil cas, les chances de succès de ces recours sont très faibles. Et, deux mois, c'est court …

Mais, dernier coup de théâtre, la nouvelle "loi Alur" va raccourcir le délai de recours à un mois seulement.
Et là, la contestation de l'intérêt d'un projet deviendra quasiment mission impossible … c'est sans doute ce que la Ville et les pouvoirs publics veulent !



>> La loi Alur du 26 mars 2014.

>> Voir aussi : "Paris Poubelle (1)".

 

 

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L'avenir de la Halle Freyssinet enfin assuré !

11 Avril 2014, 09:50am

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Publié par barreteau

L'avenir de la Halle Freyssinet enfin assuré !

Crédit Photo: ©Wilmotte & Associés

Pendant longtemps l'avenir de la halle Freyssinet nous a ici préoccupés. La mairie de Paris a en effet, pendant des années, semblé se désintéresser de ce bâtiment pourtant remarquable à bien des égards.

La menace de l'amputation de l'une de ses travées, voire pire de sa destruction totale a longtemps plané. Il était patent aussi que sa future affectation "embêtait" tout le monde : allait-elle accueillir le nouveau Tribunal de Grande Instance ou un centre administratif ou un lieu consacré à "l’évenementiel"… ?

Pendant un temps elle est en effet devenue un centre d'exposition très tendance, un lieu à la mode, mais qu'est-ce qui se démode plus vite que la mode ? …
Alors que faire de ce monument classé et surtout avec quel budget … une "denrée" bien rare en ces temps de crise ? 

Seul un mécène, un dirigeant d'une grande entreprise privée semblait alors pouvoir être en mesure de sauver la Halle. Mais un tel homme, prêt à prendre un tel risque, existe-t-il encore de nos jours ?

La réponse est finalement : oui !
Car c'est Xavier Niel, le fondateur de Free qui va implanter dans la Halle Freyssinet un énorme incubateur qui regroupera de jeunes entreprises innovantes du secteur du numérique. Une fois la vitesse de croisière atteinte, le "méga incubateur numérique" regroupera un millier de start-up et sera peut-être le plus gros incubateur au monde !


Xavier Niel financera personnellement 90% de cette structure d'accueil organisée en société, dont les 10% restants seront détenus par la Caisse de dépôts.

Le projet d'aménagement a été confié à l'architecte Jean-Michel Wilmotte, un gage de succès pour le respect du bâti. Eugène Freyssinet, le génial inventeur du béton précontraint, ne pouvait rêver mieux pour la reconversion de son bâtiment d'avant-garde … 
 

  •  La Halle Freyssinet sur Parisperdu :

>> La Halle Freyssinet a nouveau menacée

>> La Halle Freyssinet devient très tendance

>> La Halle Freyssinet ... et ce n'est que justice !

>> Rue Louise Weiss.

 

 

 

 

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Les Parisiens passent le périphérique.

7 Avril 2014, 15:51pm

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Publié par barreteau

Les Parisiens passent le périphérique.
A Paris, la pression immobilière est très forte. Aujourd'hui seulement un foyer sur trois a la capacité d'acheter un appartement adapté à ses besoins.

Cette inflation continuelle des prix de l'immobilier a entraîné l'embourgeoisement des quartiers populaires de Paris et de la première couronne, aussi ceux-ci ont vu leur sociodémographie changer profondément. On observe d'ailleurs ce phénomène dans de nombreuses villes mondialisées. A New York, par exemple, même Harlem commence à se "boboïser".

A Paris, ce mouvement centrifuge fait exploser les idées reçues d'un quart nord-est dévitalisé et paupérisé et d'une banlieue ouest aisée et engoncée dans son conservatisme.

Résultat, tout autour de la capitale, services et commerces se développent en parallèle de la boboïsation, et ces nouvelles adresses banlieusardes attirent également les Parisiens, rassurés par les lignes de métro qui s'étirent hors des frontières, et du Vélib' qui essaime ses bornes en proche banlieue.

Et, hors du périph', c'est au sud et à l'ouest que l'on retrouve le plus l'esprit village si cher à nos bobos. Au sud de Paris, les gares de  Versailles sont empruntées chaque année par 4,5 millions de personnes. A l'ouest, à Boulogne, l'on sent que l'on est au commencement de quelque chose, car le Marais et Oberkampf ont démarré exactement ainsi …
En banlieue oui, mais pas n'importe laquelle !


> > De la zone au périph'.

 

 

 

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Le Paris décalé de Martin Parr.

2 Avril 2014, 09:23am

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Publié par barreteau


Depuis maintenant plus de 20 ans, la Maison Européenne de la Photographie confie à de grands photographes le soin de nous livrer leur vision de Paris.
Après Henri Cartier-Bresson, Édouard Boubat, Ralph Gibson, Bruce Davidson, Duane Michals, William Klein, … c'est aujourd'hui à Martin Parr qu'est donnée cette carte blanche.

Et, la capitale en voit de toutes les couleurs dans le viseur décalé du plus anglais des photographes. Car si Martin Parr photographie essentiellement des scènes de la vie ordinaire, celles-ci ont toujours le don de nous prendre au dépourvu.

Aujourd’hui il nous invite à le suivre à travers Paris. Pendant deux ans (2011-2013), Martin Parr s’est finalement assez peu penché sur les Parisiens et les Parisiennes, il leur a préféré les troupeaux de touristes devant la "Joconde" et Notre-Dame … En complément, l’auteur a aussi choisi quelques tirages plus anciens comme ceux déjà montrés sur "La Goutte d'or et ses habitants" …

En une soixantaine de clichés, le Paris à la sauce Martin Parr ressemble à une fresque sociale parfumée d’humour britannique : grotesque, drôle, souvent franchement moqueuse.

Dans son regard ironique, voici donc Paris, haut lieu du tourisme de masse, capitale de la mode, avec ses plages de sable l’été sur les berges de la Seine …
Bienvenue dans un monde aux couleurs pétantes où le banal flirte avec le mauvais goût.
A voir absolument ….



>> A la Maison Européenne de la Photographie, jusqu'au 25 mai 2014.

>> Martin Parr (site officiel).

 

 

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