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PARISPERDU

Le ZACage du 20ème arrondissement.

6 Mai 2014, 08:55am

Publié par barreteau

Carrefour de la rue des Vignoles et de la rue de la Réunion _ Paris 20ème (juin 1997)

Longtemps considéré comme un arrondissement défavorisé, le 20ème a connu de lourdes opérations de rénovation de son habitat, dans le cadre des zones d’aménagement concerté (ZAC).
Cette procédure était-elle un bien ou un mal ? Quel bilan peut-on en faire aujourd'hui ?

Contrairement aux opérations de réhabilitation où le bâti est conservé, la rénovation par la ZAC implique inévitablement le processus suivant : "expropriation-destruction-reconstruction".

Une telle "restructuration" aboutit, par un tour de passe-passe, à une métamorphose de la population du quartier. Ce sont des artisans chassés par les promoteurs, des habitants modestes qui ne peuvent se permettre de payer les loyers proposés dans les nouveaux immeubles, des commerçants qui ferment boutique ...

Dans le quartier de la Réunion, la ZAC a été imposée par la ville de Paris, sans que celle-ci ne se pose la question de la pertinence de cette procédure par rapport aux problèmes à traiter.

On a donc éliminé les impasses, et ce faisant, on a détruit 400 logements, de nombreux ateliers, des boutiques, des hôtels meublés … Pour autant, devait-on nécessairement transformer la structure des rues dans ce secteur ? Surtout quand on sait que cette construction en impasses et en passages multiples a été héritée de l’organisation en lanières des vignobles qui s'étendaient ici au 18ème siècle.

Mais pour le promoteur immobilier, il est plus compliqué et plus coûteux de respecter le parcellaire ancien … car alors on construit moins dense !

La ZAC de la Réunion est restée en panne de nombreuses années, et avec elle, l’ensemble de l’aménagement du quartier.
Cette panne s'explique de différentes façons :

Tout d'abord, le parti pris d’aménagement fondé sur la "destruction-rénovation" a eu beaucoup de mal à passer, et cela pour deux raisons : d’une part parce qu’on avait affaire à un quartier parfaitement constitué, avec sa trame urbaine, ses habitudes, son tissu économique, ses habitants, bref son histoire de morceau de ville, et d’autre part parce que la conjoncture économique n'a plus permis d’équilibrer l'opération en vendant des locaux d’activités et des bureaux. 

En suite, les associations ont vite compris que le cadre prévu pour favoriser la "concertation", n'était que purement consultatif … et elles ont durci leurs actions.

Alors, les chantiers traînent, les dents creuses du bâti ne sont pas comblées, les palissades ceignent les terrains vagues pendant des années.
On a le sentiment d’un énorme gâchis, dans un quartier fragile où il y a quand même une résistance qui s’exprime de la part des habitants contre des méthodes brutales de rénovation et de destruction dont on sait parfaitement qu’elles ne feront pas place à quelque chose qui pourra avantager la population autochtone du quartier.

Pour attirer l’attention sur le quartier et parce qu’elles "en avaient marre des murages", les associations de défense ont fait peindre les façades par des artistes.

Miss Tic est alors devenue, avec ses pochoirs, l'artiste emblématique de ce 20ème aujourd'hui disparu.
Enfin un peu de poésie dans ce monde de brutes …
d'ailleurs, l'une de ses œuvres ne disait-elle pas : "La poésie ébauche les contours d'une ville à colorier" ?


>>
Miss Tic : "La poésie ébauche les contours d'une ville à colorier".

>> Le résultat aujourd'hui : l'exemple du "11-13 passage Josseaume, 72 rue des Vignoles", ZAC de la Réunion.

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Une nostalgie d'avenir.

1 Mai 2014, 12:31pm

Publié par barreteau

Quartier de Belleville _ Paris 20ème (mars 1997)

On connaît l'un des buts de Parisperdu : explorer les zones urbaines à l'abandon, y rencontrer leurs derniers habitants.

Sur la colline de Belleville, je déambule dans les cours, là où la vie palpite et s'enlise, pour fixer des images de la vie ordinaire de gens sans histoire.

Car ici, malgré l'évolution de la société moderne, ces lieux, ces hommes et ces femmes sont longtemps restés à l'écart du temps.

Mais aujourd’hui, tout cela a disparu et c'est tout un pan de Belleville qui n'existe plus que dans certaines mémoires.

Pourtant, je veux croire à une nostalgie d'avenir, c'est-à-dire, que  tout ce que l'on aimait bien dans notre ville avant, on pourrait continuer à le vivre encore aujourd'hui et dans le futur.


>> La nostalgie de (ou sur) Parisperdu.

>> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur …

 

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Les paris de Paris.

26 Avril 2014, 10:42am

Publié par barreteau


"Le Grand Paris Idéal" vu par MVRDV, une agence d'architecture et d'urbanisme néerlandaise (2009)


Les nouveaux paris de Paris devraient être d'arrêter de suréquiper ce qui l'est déjà trop (nous ne sommes pas au Japon que diable, nous avons de la place!) et, de cesser de faire des gratte-ciels (laissons cela à Manhattan !).

Alors de grâce Messieurs les Architectes, Messieurs les Urbanistes pensez plutôt à aménager la campagne, car les citadins vont bientôt fuir ces villes tentaculaires que vous leur fabriquez et où tout pose problème.

Allez donc démontrer vos talents et votre génie ailleurs, comme le fit Niemeyer en sortant du néant une ville toute neuve, un vrai défi mais une réussite ... ou comme le génial Gaudí, qui sût créer sans renier le passé, et conserver le lien sacré qui de tout temps a existé entre l'Art et l'Artisanat. Ce lien qui justement éloigne toute tentation d'échapper à l'échelle humaine, et permet de respecter cet allié incomparable qu'est le monde végétal, où les grands arbres doivent rester grands et ne pas ressembler à des buis plantés au pied de tours aussi colossales qu'inhumaines ...

Reconnaissez aussi, Messieurs, les graves problèmes qu'entraînent la surpopulation des grandes villes et les fâcheuses conséquences de toute cette surenchère, dissimulée sous les termes passe-partout de "restructuration", de "requalification du bâti", d' "optimisation de l'urbanisme des métropoles "

Messieurs les Architectes, laissez donc Paris et ses alentours en paix, tout comme l'ont fait Rome, Amsterdam, Vienne, et bien d'autres villes européennes…  qui sont toutes des villes finies et qui n'ont aucun besoin d'ajout !


>> Jean Nouvel conservera l'ancien.

 

 

 

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Comment parler de l'oeuvre de Willy Ronis ?

21 Avril 2014, 09:54am

Publié par barreteau

 Les amoureux du pont des arts_ 1957 ©Willy Ronis

"Fixer des vertiges. Les photographies de Willy Ronis" est un essai de Michel Onfray publié en 2007 et portant sur 16 photographies de Willy Ronis dont le travail est comparé à la peinture classique et aux toiles de maîtres.

Parler de l'œuvre de Willy Ronis via une analyse comparative, pourquoi pas ?
Mais mettre en parallèle des œuvres de peintres aussi différents que Delacroix, Renoir, Léger, Mondrian, David, Seurat, Courbet, Millet, Van Gogh, Magritte … et d'autres, avec des photos de Ronis, cela me semble, comment dire, … un peu "tiré par les cheveux".

Bien sûr, l'on sait que le regard de Ronis s'est, en partie construit, grâce à des visites au Louvre effectuées dans son enfance. Mais alors s'il faut parler de maîtres, Ronis se réclamait plutôt des peintres flamants et de Breughel en particulier et, à ma connaissance, de personne d'autre !

"Le vertige prouve l'art", avance Onfray d'entrée de jeu pour reprendre une phrase d'Arthur Rimbaud : "J’écrivais des silences, les nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges", et pour se lancer sur le terrain de la photographie de Ronis.

Onfray affirme alors que ce vertige est à même de déboucher "sur une clairière de sens, donc de plaisir". L'œuvre du photographe serait-elle donc, pour l'œil de celui qui la regarde, un simple plaisir qui doit par ailleurs, pour être comprise, se voir constamment rapprochée de l'œuvre de peintres classiques, comme Onfray le suggère sans cesse ?

Voilà une bien curieuse analyse qui nous est proposée-là, car Willy Ronis a beau avoir été nourri, dès son plus jeune âge, par la fréquentation des musées, ses photographies appartiennent à un art qui est autonome, indépendant de la peinture, et qui n'a pas, en conséquence, à sans cesse se réclamer d'elle pour s'expliquer.

Ce recours constant d'Onfray à une kyrielle de peintres révèle surtout son incapacité à parler de la photographie en tant que telle. Et les propos du philosophe sur l'œuvre du photographe sonnent bien étrangement à côté de ceux de Ronis lui-même quand il parle de son travail, en des termes humbles qui ressemblent à ses photos.
Ainsi, dans "Traits et portraits", un regard intime sur certaines de ses photographies, paru au Mercure de France, Ronis nous dit: "Je n’ai jamais poursuivi l’insolite, le jamais vu, l’extraordinaire, mais bien ce qu’il y a de plus typique dans notre existence quotidienne... ”

Et c'est bien pour cette fastueuse simplicité que l'on vous dit:
"Merci Monsieur Ronis, votre talent s'exprime de lui-même et ne doit rien à personne".


>> Michel Onfray : "Fixer des vertiges. Les Photographies de Willy Ronis".

>> Traits et portraits : "Ce jour-là" de Willy Ronis.

>> "Les amoureux du pont des arts", décrits par Willy Ronis dans son ouvrage "Ce jour-là".

>> Parisperdu et Willy Ronis.

 

 

 

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" Ça commence toujours comme ça "

16 Avril 2014, 08:22am

Publié par barreteau

Cité de la Chapelle Paris 18ème (Juillet 2010)

Depuis quelques jours, dans ce quartier du 18ème arrondissement, de nouveaux panneaux d'information ont fleuri. Ils annoncent que le permis de démolir concernant les bâtiments d'une partie de cette cité, a été délivré le 27 juillet.
Dès le lendemain, des panneaux ont été posés, ça commence toujours comme ça …

C'est donc à partir de cette date d'information au public que court le délai de deux mois autorisant les recours. "Nous sommes étonnés - m'ont confié des habitants du secteur - On a l'impression que ces constructions sont en parfait état. Pourquoi les démolir ? "

Peut-être veut-on faire mieux encore, car le projet de la Ville, prévoit une refonte totale du site actuel ? Un projet contesté par une partie des élus et par les associations de quartier qui comptent bien utiliser ce délai de recours…

Mais comme souvent, en pareil cas, les chances de succès de ces recours sont très faibles. Et, deux mois, c'est court …

Mais, dernier coup de théâtre, la nouvelle "loi Alur" va raccourcir le délai de recours à un mois seulement.
Et là, la contestation de l'intérêt d'un projet deviendra quasiment mission impossible … c'est sans doute ce que la Ville et les pouvoirs publics veulent !



>> La loi Alur du 26 mars 2014.

>> Voir aussi : "Paris Poubelle (1)".

 

 

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L'avenir de la Halle Freyssinet enfin assuré !

11 Avril 2014, 09:50am

Publié par barreteau

L'avenir de la Halle Freyssinet enfin assuré !

Crédit Photo: ©Wilmotte & Associés

Pendant longtemps l'avenir de la halle Freyssinet nous a ici préoccupés. La mairie de Paris a en effet, pendant des années, semblé se désintéresser de ce bâtiment pourtant remarquable à bien des égards.

La menace de l'amputation de l'une de ses travées, voire pire de sa destruction totale a longtemps plané. Il était patent aussi que sa future affectation "embêtait" tout le monde : allait-elle accueillir le nouveau Tribunal de Grande Instance ou un centre administratif ou un lieu consacré à "l’évenementiel"… ?

Pendant un temps elle est en effet devenue un centre d'exposition très tendance, un lieu à la mode, mais qu'est-ce qui se démode plus vite que la mode ? …
Alors que faire de ce monument classé et surtout avec quel budget … une "denrée" bien rare en ces temps de crise ? 

Seul un mécène, un dirigeant d'une grande entreprise privée semblait alors pouvoir être en mesure de sauver la Halle. Mais un tel homme, prêt à prendre un tel risque, existe-t-il encore de nos jours ?

La réponse est finalement : oui !
Car c'est Xavier Niel, le fondateur de Free qui va implanter dans la Halle Freyssinet un énorme incubateur qui regroupera de jeunes entreprises innovantes du secteur du numérique. Une fois la vitesse de croisière atteinte, le "méga incubateur numérique" regroupera un millier de start-up et sera peut-être le plus gros incubateur au monde !


Xavier Niel financera personnellement 90% de cette structure d'accueil organisée en société, dont les 10% restants seront détenus par la Caisse de dépôts.

Le projet d'aménagement a été confié à l'architecte Jean-Michel Wilmotte, un gage de succès pour le respect du bâti. Eugène Freyssinet, le génial inventeur du béton précontraint, ne pouvait rêver mieux pour la reconversion de son bâtiment d'avant-garde … 
 

  •  La Halle Freyssinet sur Parisperdu :

>> La Halle Freyssinet a nouveau menacée

>> La Halle Freyssinet devient très tendance

>> La Halle Freyssinet ... et ce n'est que justice !

>> Rue Louise Weiss.

 

 

 

 

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Les Parisiens passent le périphérique.

7 Avril 2014, 15:51pm

Publié par barreteau

Les Parisiens passent le périphérique.
A Paris, la pression immobilière est très forte. Aujourd'hui seulement un foyer sur trois a la capacité d'acheter un appartement adapté à ses besoins.

Cette inflation continuelle des prix de l'immobilier a entraîné l'embourgeoisement des quartiers populaires de Paris et de la première couronne, aussi ceux-ci ont vu leur sociodémographie changer profondément. On observe d'ailleurs ce phénomène dans de nombreuses villes mondialisées. A New York, par exemple, même Harlem commence à se "boboïser".

A Paris, ce mouvement centrifuge fait exploser les idées reçues d'un quart nord-est dévitalisé et paupérisé et d'une banlieue ouest aisée et engoncée dans son conservatisme.

Résultat, tout autour de la capitale, services et commerces se développent en parallèle de la boboïsation, et ces nouvelles adresses banlieusardes attirent également les Parisiens, rassurés par les lignes de métro qui s'étirent hors des frontières, et du Vélib' qui essaime ses bornes en proche banlieue.

Et, hors du périph', c'est au sud et à l'ouest que l'on retrouve le plus l'esprit village si cher à nos bobos. Au sud de Paris, les gares de  Versailles sont empruntées chaque année par 4,5 millions de personnes. A l'ouest, à Boulogne, l'on sent que l'on est au commencement de quelque chose, car le Marais et Oberkampf ont démarré exactement ainsi …
En banlieue oui, mais pas n'importe laquelle !


> > De la zone au périph'.

 

 

 

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Le Paris décalé de Martin Parr.

2 Avril 2014, 09:23am

Publié par barreteau


Depuis maintenant plus de 20 ans, la Maison Européenne de la Photographie confie à de grands photographes le soin de nous livrer leur vision de Paris.
Après Henri Cartier-Bresson, Édouard Boubat, Ralph Gibson, Bruce Davidson, Duane Michals, William Klein, … c'est aujourd'hui à Martin Parr qu'est donnée cette carte blanche.

Et, la capitale en voit de toutes les couleurs dans le viseur décalé du plus anglais des photographes. Car si Martin Parr photographie essentiellement des scènes de la vie ordinaire, celles-ci ont toujours le don de nous prendre au dépourvu.

Aujourd’hui il nous invite à le suivre à travers Paris. Pendant deux ans (2011-2013), Martin Parr s’est finalement assez peu penché sur les Parisiens et les Parisiennes, il leur a préféré les troupeaux de touristes devant la "Joconde" et Notre-Dame … En complément, l’auteur a aussi choisi quelques tirages plus anciens comme ceux déjà montrés sur "La Goutte d'or et ses habitants" …

En une soixantaine de clichés, le Paris à la sauce Martin Parr ressemble à une fresque sociale parfumée d’humour britannique : grotesque, drôle, souvent franchement moqueuse.

Dans son regard ironique, voici donc Paris, haut lieu du tourisme de masse, capitale de la mode, avec ses plages de sable l’été sur les berges de la Seine …
Bienvenue dans un monde aux couleurs pétantes où le banal flirte avec le mauvais goût.
A voir absolument ….



>> A la Maison Européenne de la Photographie, jusqu'au 25 mai 2014.

>> Martin Parr (site officiel).

 

 

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Leica : 100 ans de Photographie.

28 Mars 2014, 14:36pm

Publié par barreteau

Planche-contact du reportage "Tour Eiffel, Paris 1953" © Marc Riboud.

Leica commémore actuellement son jubilé : un centenaire !

En effet, en mars 1914, Leica construit le premier appareil photo destiné à accueillir un film petit format 35 mm pour un plein format de 24 x 36 mm.

Ce principe "petit négatif - grand format" révolutionne alors les formes d'expression des photographes qui devaient jusque-là travailler avec des appareils photo à plaque, plutôt incommodes.

Une fois surmontées les perturbations dues à la première guerre mondiale, Leica connait à partir de 1925 un succès mondial et le "mythe" de la marque au point rouge émerge rapidement avec les nombreuses photos qui vont influencer profondément notre compréhension des événements mondiaux et qui depuis lors sont devenues des icônes.

La photo "Falling Soldier" prise par Robert Capa pendant la guerre civile espagnole, le célèbre portrait du leader de la révolution cubaine "Che Guevara" réalisé par Alberto Korda, "Kim Phúc", la petite fille brûlée courant nue qui fut photographiée pendant la guerre du Vietnam par Nick Út, en sont quelques exemples.

Et, parmi toutes les photos célébrissimes prises avec un Leica, il en est une emblématique de Paris, c'est "Le peintre de la Tour Eiffel" un cliché issu d'un reportage de Marc Riboud, c'était en  1953 … et, sur ce thème, on n'a pas fait mieux depuis !

>> Tour Eiffel 1953, les 3 images sélectionnées par Marc Riboud sur sa planche-contact (surlignées en rouge).

>> Leica, Blog officiel.

 

 

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Paris, la Capitale des signes.

23 Mars 2014, 14:20pm

Publié par barreteau

Karlheinz Stierle au Collège de France à Paris, le 1er avril 2009.

Paru à l’automne 2001, le livre de Karlheinz Stierle a été traduit en français, neuf ans après sa sortie en allemand, sous un titre un peu différent de l’original. "Der Mythos von Paris. Zeichen und Bewusstsein der Stadt", est devenu: "Le mythe de Paris. Signes et conscience de la ville".

Le titre français, flatte quelque peu cette certitude : Paris est la capitale de bien autre chose que la France.
Ce débordement est sans doute ce qui conduit la quête des signes lisibles dans l’ouvrage. Celui-ci raconte l’émergence d’une "conscience de la ville" dont le rapport avec Paris est posé à l’ouverture même de l’introduction en une phrase saisissante, qui définit à la fois la conscience que l’on a, à travers Paris, de la ville et, de manière plus forte, la structure même de la ville comme conscience : "C’est à Paris que la ville advient à la conscience". Comprenons : que la ville se représente elle-même comme structure de lisibilité, et Stierle fait alors défiler des textes d'auteurs, souvent français mais pas seulement, qui font émerger cette conscience de la ville.

C’est à Paris donc que la conscience prend conscience d’elle-même comme pensée, qu’elle se découvre donc "pensée par Paris". Et c’est dans la mesure où Paris est une structure à déchiffrer, dans la mesure où la ville a une lisibilité propre, qu’elle se présente à travers un réseau de signes, que toute sa "matière" est "sémiotisée" et qu’elle se réfléchit naturellement dans les textes des auteurs sélectionnés par Stierle.

Le signe étant toujours à la fois signe de quelque chose et de lui-même, signe du fonctionnement sémiotique même, mouvement par lequel la sémiotique de la ville "se fait réflexive". Car, selon Stierle, il y a une "expérience de la subjectivité" qui n’a lieu que dans et par la ville, car celle-ci finit par constituer un point de référence du présent. Et c’est là sans doute l'une des plus belles et plus fortes idées de ce livre si dense.

C’est parce qu’il y a des signes qu’on a accès à l’expérience humaine mais, est-on tenté d’ajouter à la lecture de "La Capitale des signes", c’est parce qu’il y a de l’expérience qu’il y a des signes à déchiffrer.

On pourrait alors se contenter d’aborder "La Capitale des signes" comme un très riche (et très germanique) manuel de littérature sur Paris. Mais de par son indéniable beauté, celui-ci nous permet d'apprécier le génie de Stierle à travers son expérience de Paris, ses interrogations sur sa méthode de chercheur, ses fantasmes pour appréhender une globalité et son goût du détail, son rapport au lisible et à l’indéchiffrable ….

 

>> Déjà sur parisperdu: "Der Passagenwerk" de Walter Benjamin.

 

 

 

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Pour un urbanisme retardataire.

17 Mars 2014, 09:28am

Publié par barreteau

 Coulée verte, près de la rue du Sahel, Paris 12ème.

Parisperdu ne serait-il donc que le reflet d'une vaine nostalgie ?
Non, car il affiche, avant tout,  le désir de montrer qu'autre chose a existé et que sans doute, autre chose est possible ?

Je propose seulement que, dans cette ville, l'on restaure ou conserve des espaces d'indétermination dans lesquels l'homme a la possibilité de demeurer disponible ou de poursuivre à vive allure sa marche dans le fracas et les tracas.
Je suis en quelque sorte pour un urbanisme retardataire …

Souvent nous sommes bien négligents à l'égard de Paris car, tels des enfants, nous n'avons pas conscience du danger. Mais attention, il ne faut pas négliger le passé d'une ville, qui faute de mémoire et de soins,  risque de s'écrouler, de se perdre, de disparaître …
Depuis quelques années, les aménageurs ont voulu attendrir un immobilier trop rigide en provoquant des coulées vertes dont les réussites ne sont pas toujours conformes à leurs vœux.
Car en effet, cette avalanche de verdure surprend et paraît le comble de l'artifice, comme chaque fois où l'homme a voulu singer la nature.

Et, dans ces minuscules oasis de verdure, le promeneur sensible éprouve quelque mélancolie tant il sait que l'autre monde barbare, impitoyable, bêtement soumis aux déterminations économiques, existe lui aussi … là, tout proche.


>> La coulée verte vue par Willy Ronis - 1995

 

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Parc de Belleville.

11 Mars 2014, 08:07am

Publié par barreteau

 Parc de Belleville (Août 2012)

Le parc de Belleville, à l'écart de la ville qui repose à ses pieds, si proche, si loin … est un lieu public par excellence puisqu'il brasse les générations, les strates sociales, les ethnies de toutes sortes.

Ici les gens se conduisent comme les badauds l'ont fait de tous temps, et même les enfants ont encore assez de pouvoir pour entraver la marche trop rapide de leurs parents.

Et dans ce lieu qui semble en lévitation au-dessus de la ville, les gens ne sont pas indifférents les uns aux autres. Ils s'observent, ils s'évaluent, ils se draguent ou se contestent du regard.
On se frôle, ce qui est encore la meilleure façon de se rencontrer marginalement, délicatement.

Dans le parc de Belleville on assiste à d'imperceptibles jeux de rôles …

 

>> Le parc de Belleville, déjà sur Parisperdu.

 

 

 

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Flâner.

6 Mars 2014, 10:30am

Publié par barreteau

Flânerie au parc de Belleville (juin 2006)

La flânerie est souvent conçue comme une activité qui ne prête pas à conséquence.
Il est vrai qu'à la différence d'un voyageur pressé ou d'un travailleur, le flâneur ne se fixe pas de but et que le chemin qu'il a parcouru, reconnu, importe plus que le terme dont il n'avait même pas d'idée précise au départ.

Le vrai flâneur est capable d'aller au bout de lui-même, et cette fatigue librement consentie est souvent une récompense car il s'agit aussi de "fatiguer" la ville, non point par cruauté ou pour la prendre en défaut, mais pour qu'elle nous livre enfin son vrai visage, celui qu'elle refuse à la plupart de ses habitants ou de ses passants.

Avancer librement, lentement dans une ville pressée, n'attacher du prix qu'à l'émerveillement de l'instant dans une société de marchands, voilà la bonne méthode pour parcourir une ville.

Et, en la matière Georges Perec sera notre maître, lui qui s'oblige "à voir plus platement … jusqu'à ressentir pendant un bref instant, l'impression d'être dans une ville étrangère ou, mieux encore, jusqu'à ne plus comprendre ce qui se passe ou ce qui ne se passe pas, que le lieu tout entier devienne étranger, que l'on ne sache même plus que ça s'appelle une ville, une rue, des immeubles, des trottoirs."

Alors à tous, bonne flânerie dans les rues de Paris ….


>> De l'art de flâner.

 

 

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Mur des "je t'aime".

2 Mars 2014, 09:25am

Publié par barreteau

L’artiste Frédéric Baron, après avoir recueilli les mots "Je t’aime" dans plus de 300 langues, a voulu nous transmettre ces messages d’amour en les exposant sur un mur.

Construit au cœur du square Jehan-Rictus, près de la place des Abbesses dans le 18ème arrondissement, sur une surface de 40 m² avec un total de 511 carreaux en lave émaillée, le mur des "Je t'aime" reprend 311 fois la plus douce et la plus romantique des expressions.

En voici quelques extraits, phonétiquement retranscrits : "nian'-ni-né-sné-i-kou-nou" (Inde), "sé-rèt-lèk" (Hongrie), "daï-sou-ki" (Japon), "ti amo" (Italie), "veille-el-skar-deille" (Norvège), "èk-èt -you- lif" (Afrique du Sud).

Un peu de quiétude et de douceur dans notre monde parisien échevelé et brutal … cela ne peut pas faire de mal !


>> Le site web du mur des "Je t'aime".

>> Dans le même esprit: "Les lovelocks".

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Dernier appel.

25 Février 2014, 11:58am

Publié par barreteau

WilAutoportrait, 1991, © Willy Ronis


Ce jour là, je trouve un message de Willy Ronis sur mon répondeur.

En substance Willy me dit "si vous voulez me rappeler, je serai chez moi ce soir".

Cet immense photographe m'a fait l'honneur de s'intéresser à mon modeste travail de prises de vues dans les quartiers de l'Est parisien, et à plusieurs reprises nous avons eu de passionnantes conversations sur Belleville, sur la photo, … sur le monde.

Je le rappelle bien sûr le soir même, mais … personne. Le lendemain dans la matinée … puis le soir, …toujours personne au bout du fil … ?

J'apprendrai ensuite que cette fois-là, sa séance de dialyse l'a énormément fatigué et que les médecins l'ont gardé en observation quelques jours. Voilà pourquoi je n'arrivais pas à le joindre au téléphone.

Par la suite, nous n'avons pas fixé de nouveau rendez-vous, car il m'a écrit pour me dire qu'il était "absolument submergé par le travail". La préparation de la rétrospective de son œuvre qui devait se tenir à l'Hôtel de la Monnaie en 2010, pour son centième anniversaire, l'occupait et surtout le préoccupait beaucoup.

Le 18 juillet 2009, je le verrai brièvement aux rencontres photographiques d'Arles, sans pouvoir malheureusement m'entretenir avec lui.

Deux mois plus tard, Willy Ronis nous quittait définitivement.

Notre dernier contact aura donc été … les 56 secondes de cet appel manqué du 5 novembre 2008 … Je ne résiste pas à vous les offrir (le lien est ci-dessous).


>> Dernier appel téléphonique, 5 novembre 2008.

>> Au revoir et merci Monsieur Ronis.

 

 

 

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