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PARISPERDU

Faut-il idéaliser le passé ? (2/3)

26 Avril 2015, 08:39am

Publié par barreteau

 Faut-il idéaliser le passé… ? (2/3)
« La France Heureuse », un hors série signé Historia et Paris Match, paru en septembre 2013.

Actuellement, les enquêtes d'opinion nous révèlent une France pessimiste et c'est encore plus vrai pour la jeunesse française. La nostalgie devient alors le sentiment dominant d'une  société où, dans tous les domaines, le ringard a laissé la place au "vintage". Certes, subsistent encore dans les discours politiques les plus stéréotypés, des restes d'une vieille allergie au conservatisme, mais cette pensée magique ne peut pas résister longtemps à la vague nostalgique qui touche toute société inquiète d'elle-même et de son avenir.

Ce que nous regrettons dans le passé, ce n'est pas le passé en tant que tel, mais la vision de l'avenir qui prévalait alors, et l'idée que "demain sera meilleur qu'aujourd'hui". Ainsi lors des trente glorieuses souffle une envie de construire, de découvrir ensemble des chemins jamais explorés, de poursuivre des utopies. C'est ce que l'on appelle l'optimisme …

Alors qu'aujourd'hui, nous aurions tendance à nous raccrocher à une espérance passée, faute de croire suffisamment en l'avenir.

C'est pourquoi il me paraît vital de repenser le progrès comme une exigence sociétale, tout en étant lucide sur ce qui s'est dégradé: le travail et les loisirs, l'environnement, la "décence commune"... mais aussi en retrouvant une forme d'innocence sur notre capacité à "reprendre la main". Bref ne nous cachons pas les errances de la modernité, la dégradation des relations sociales, l'apparition de nouvelles formes de barbarie; soyons lucides aussi sur les risques que font peser sur l'avenir les nouvelles donnes démographiques, industrielles, scientifiques... mais n'oublions pas que rien de grand ne s'est accompli sans une certaine naïveté. Le progrès se fait quasiment toujours au détriment de certains avantages du passé. Il faut donc le juger "globalement", c'est-à-dire si "au total" notre vie s'en est retrouvé améliorée - même si cela n’empêche pas que certains aspects de celle-ci se soient détériorés. C'est ce que l'on oublie fréquemment de faire : on voudrait le beurre et l'argent du beurre, ne revenir en arrière que pour certains points. Aimer le présent et le passé ne sont pas à opposer systématiquement …

Alors, à cette condition, oui c'était mieux avant ! A moins que ce ne soit le contraire ! C'est ce que nous verrons dans notre prochain billet ….

 

(A suivre)

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "L'avenir, c'était mieux avant" …

>> Voir aussi : Faut-il idéaliser le passé ? (1/3)

 

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Faut-il idéaliser le passé ? (1/3)

21 Avril 2015, 19:02pm

Publié par barreteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le peintre Daniel Pipard à Belleville © Willy Ronis (1948)

"C’était mieux avant, beaucoup plus décadent", chante Miossec. Lui aussi s’est mis à la rengaine nostalgique. Ce refrain veut nous dire que les choses allaient forcément mieux autrefois. Mais autrefois, c'est quand ? Chacun, en fonction de son âge et de son vécu, est libre de déplacer la frontière entre l’avant et l’après. Une ligne qui semble délimiter un passé heureux d’un quotidien gris et déprimant. Et si les personnes âgées sont particulièrement touchées, le "c’était mieux avant" n’épargne pas les plus jeunes.

Alors, était-ce vraiment mieux avant ?

S'il s'agit d'un questionnement qui paraît simple, … la réalité est néanmoins complexe.

Car nos sociétés évoluent à une vitesse considérable, et cette évolution entraine une forte difficulté identitaire. Et cette même évolution a rompu le lien avec d'anciens principes, des habitudes de vie et de pensée, qui me semble-t-il, aurait dû être conservé.

Je n'affirme pas que cette évolution soit purement négative mais elle n'est pas nécessairement bénéfique, et j’échangerai parfois volontiers l’utopie d’hier contre la nostalgie d’aujourd’hui !

Je ne suis pourtant pas passéiste, et si bien sûr, je dis oui au  progrès,  il faut néanmoins savoir raison garder car le jour où le fric arrêtera de guider le monde par le bout du nez, je saluerai alors sans retenu le progrès….

Je me suis toujours méfié de la nostalgie comme de la peste car elle favorise une totale paresse de l'esprit et n'encourage ni le dialogue, ni le sens critique. 

Toutefois mes goûts semblent plutôt se cristalliser vers une période située entre 1966 et 1975, pour la musique, le cinéma, et aussi la littérature …quoiqu'un peu moins exclusivement.

L'esprit d'une époque je pense, une époque d’expérimentations et de luttes, où l'espoir semblait encore possible. Il me semble aussi que le temps accordé alors aux choses et aux gens était complètement différent, voire plus authentique, plus sincère ... moins égocentré.

Les conditions de vie depuis cette période, semblent s'être considérablement dégradées, hormis  le confort immédiat apporté par nos "machines"... Mais tout cela est une question d'appréciation personnelle.

Alors était-ce vraiment mieux avant ? Nous tenterons de répondre à cette question dans nos prochains billets …

(A suivre)

 

>> Pour une nostalgie d'avenir

>> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

 

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L'esprit du Bas-Belleville enfin retrouvé.

16 Avril 2015, 08:19am

Publié par barreteau

 

L'esprit du Bas-Belleville enfin retrouvé.
Au 5 de la rue Lesage, Paris 20ème (novembre 2010)
 

Dans le bas-Belleville, la rue Lesage a longtemps fait grise mine. Ses immeubles modestes, aux façades dégradées, abritaient souvent des logements peu reluisants. Mais, au tournant de l'an 2000, une vague de réhabilitations a progressivement amélioré la situation. Pour une fois, à Belleville, on ne pratiquait plus la politique de la table rase.
Les actions des diverses associations de quartier - la Bellevilleuse en tête - finissaient par payer !

Au 5 de la rue Lesage, un ancien hôtel de voyageurs avait été plus ou moins transformé au fil des ans en foyer de travailleurs immigrés, composé d'une quarantaine de chambres dont certaines atteignaient tout juste 5 mètres carrés … L'ensemble se trouvait dans un état lamentable, proche de l'insalubrité.

Toutefois le bâtiment, certes passablement dégradé, gardait encore un charme certain,
dû au contraste très surprenant entre sa façade simple, régulière, modeste, et, la cour pittoresque que l'on découvre, une fois le porche franchi. On y trouve en effet, de petits immeubles résultant d’agrandissements successifs, tous entourés de coursives, à l’ombre de deux grands arbres, un érable et un marronnier, dont la ramure passe au dessus des toits.

Et voilà que cet ensemble a fait l'objet d'une réhabilitation réussie permettant la création de 5 logements confortables distribués autour de la cour intérieure pavée, avec ses coursives rénovées et soulignées par des balustrades ajourées…

Le contraste entre une rue étroite, mais animée, de la capitale et la tranquillité d’une cour intérieure, si représentatif de l’esprit d’origine du Bas-Belleville, est enfin ici pleinement retrouvé.

 

>>  La rénovation récente du Bas-Belleville : Dossier de presse du 31 mai 2005

 

 

 

 

 

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Paris sera-t-il toujours Paris ?

11 Avril 2015, 20:27pm

Publié par barreteau

Paris sera-t-il toujours Paris ?
La Maison Rose, 2 rue de l’Abreuvoir – 75018 Paris

Je garde le souvenir du Paris de mon enfance, avec ses artisans, ses jardins et ses cours intérieurs que l'on pouvait visiter librement, ses réseaux de caves aussi, qui nous permettaient de traverser tout un arrondissement et de faire d'étranges découvertes. A cette époque, il y avait encore de nombreux petits métiers qui faisaient du lien … tous ont aujourd'hui disparu. Qui fait du lien aujourd'hui à Paris ? Les associations sont là pour ça me direz-vous ? Laissez-moi rire, la plupart sont politiquement instrumentalisées à coup de subventions essentiellement destinées au "renvoi d'ascenseur" électoral !

Maintenant, Paris n'a plus d’âme ! Paris est devenue une ville étouffante, épuisante et dans laquelle on perd même  l'envie de la découverte et du rapport humain car toute entreprise est devenue une mission commando! J'en suis fatigué d'avance...

Et je ne parle pas des sommes énormes qu'il faut débourser pour être locataire ou propriétaire à Paris intra-muros …. Ce qui fait qu'y vivre, même dans le 20ème, devient de plus en plus un luxe … Comment peut-on encore parler de quartier populaire quand le 20 mètre carré est en moyenne à plus de 800 euros? La gentrification est partout. Alors la plupart de ceux qui travaillent à Paris doivent habiter en banlieue et font des heures de trajet qui chaque jour s'ajoutent à leurs heures de travail. Bonjour la qualité de vie !

Suite à l'exode forcé de ses habitants, Paris devient de plus en plus une ville musée, une ville de commerces, d'agences et de bureaux.

Paris change comme toutes les villes, mais hélas sans originalité, on ne sait plus construire autre chose que des tours de verre et d'acier, des cubes ou des parallélépipèdes …

Alors si Paris ressemble de plus en plus à toutes les capitales, comment Paris pourrait-il être toujours Paris ?


>> Paris, est-elle la plus belle ville du monde ?

>> "Paris, n’est plus Paris"

 

 

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L'histoire singulière du 88 rue de Ménilmontant.

6 Avril 2015, 09:12am

Publié par barreteau

 Cour-impasse du 88 rue de Ménilmontant - Paris 20 ème (2012)

A partir d'octobre 1946, les Ronis déjeunent régulièrement le dimanche chez Monsieur et Madame Pipard, au 88 rue de Ménilmontant. C'est ainsi que Willy va découvrir le quartier de Belleville-Ménilmontant et, ce quartier deviendra l'un des thèmes de prédilection de son œuvre photographique. Il y reviendra régulièrement toute sa vie …  jusqu'à plus de 80 ans !
Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

Daniel  Pipard est alors un artiste peintre, un confrère donc de Marie-Anne, l'épouse de Willy.
Pipard, plutôt mégalo, se considère comme un grand artiste, et se fait appeler - excusez du peu -  le "Duc de Ménilmuch".

Outre les Ronis, il compte parmi ses amis Jacques Prévert, Robert Doisneau, Sacha Guitry, Boris Vian, Edith Piaf, Charles Trenet, Maurice Chevalier, et bien d’autres célébrités … qui toutes fréquentent régulièrement l'impasse du 88 rue de Ménilmontant, là où Pipard a son atelier. Le "duc de Ménilmuch"  y donne des réceptions au cours desquelles l'art et la poésie sont à l'honneur.

De 1945 à 1978, ce lieu sera l'un des cercles artistiques de Paris parmi les plus courus.
Cette époque s'achève brutalement avec la mort accidentelle de Daniel Pipard, le 24 février 1978, renversé par une voiture. Il repose au cimetière du Père Lachaise. Sa femme et sa fille habiteront l'impasse jusqu'en 1982.

Quelques années plus tard, l'atelier des Pipard est transformé en une manufacture de miroirs.
En 1999, l'entreprise déménage en banlieue et, les locaux abandonnés deviennent un lieu alternatif haut en couleur "réquisitionné au nom du peuple pour créer un espace libre" (sic).

Mais en 2009, le couperet tombe, les squatteurs de la miroiterie doivent partir.
Les "miroitiers" résisteront trois ans, mais l'argent reprend ses droits, et bientôt nous aurons là un une belle résidence pour bobos chics...
Fermez le ban, et circulez, … il n'y a plus rien à voir !


>> Le peintre Pipard vu par Willy Ronis (1948)

>> Le peintre Pipard vu par Robert Doisneau (1953)

>> En savoir plus sur Daniel Pipard, le Duc de Ménilmuch'

>> La reconversion temporaire de "La Miroiterie" en salle de concert.

 


 

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Le charme hétérogène de la colline du Télégraphe.

1 Avril 2015, 08:25am

Publié par barreteau

 Carrefour rue de Belleville et rue du Télégraphe Paris 20ème (Août 2014)

C’est sur les hauteurs de Ménilmontant que le scientifique Claude Chappe va réaliser le 12 juillet 1793 les essais grandeur nature de son "télégraphe", un système permettant de transmettre des messages à l’aide de codes, sur de grandes distances.

Son télégraphe possède alors 98 signaux différents, un nombre largement suffisant pour un usage quotidien. Aussi après avoir relié avec succès Ménilmontant et des villes du Val d’Oise, la construction d’une ligne entre Paris et Lille sera décidée.

La rue de Belleville que l'on aperçoit ici, prise en enfilade, forme un dos d'âne au niveau du carrefour de la rue du Télégraphe et atteint alors l'un de ses plus hauts sommets de la capitale, 128 mètres, tout juste devancé par le cimetière du Calvaire à Montmartre (131 m).

C'est précisément à ce carrefour que se dressait le mât de la fameuse invention de Chappe, pleinement utilisée, dès juillet 1793, pour correspondre avec les armées du nord.

Sur cette hauteur, mis à part l'immeuble moderne à droite, l'environnement n'a pas trop changé depuis cette époque.
Mais, au fil des ans, de nouvelles innovations ont pris place dans ce carrefour : tout d'abord le mât "Dervaux" signalant l'accès à la station de métro, et plus récemment la station Vélib et finalement tout dernièrement celle d'Autolib.
Pas de doute, la colline du télégraphe possède un charme certain pour attirer à elle toutes les innovations …


>>   Repère d'altitude: 128,508 mètres

>> Voir aussi : "Demain : tous bobos ?"

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Paris Nord-Est, une future ville dans la ville.

25 Mars 2015, 11:43am

Publié par barreteau

Au niveau de le Station T3 Rosa Parks (février 2014)

Après l'opération "Paris Rive Gauche" lancée en 1991 et qui - à ce jour - n'est pas encore entièrement achevée, c'est l'aménagement d'une vaste zone des 18ème et 19ème arrondissements et, récemment élargie au 10ème, qui vient de démarrer sous l'appellation "Paris Nord-Est".

Paris Nord-Est est le plus vaste projet d’aménagement lancé à ce jour à Paris, mais va-t-on commettre les mêmes erreurs au Nord qu'au Sud de Paris ?

La leçon à tirer de "Paris Rive Gauche", est pourtant claire: la planification urbaine est inefficiente et stérile. Et la question reste bien sûr d'actualité pour ces quartiers du Nord-Est, qui risquent de se retrouver traités à l'identique, d'une part en annihilant bêtement les espaces intéressants et d'autre part en ne proposant rien d'attrayant ni même de simplement agréable. Ainsi au final, le projet accouche de vastes espaces, certes grandioses mais désolés, déserts.

On retrouve alors une population isolée, coupée du monde, coincée entre autant de frontières que sont le périph, les Maréchaux et les voies ferrées. Aussi est-il probable que la logique de l'enclave à l'intérieur du 18 ou du 19ème aura les mêmes conséquences désastreuses que celles que l'on voit aujourd'hui dans le 12éme à "Paris Rive Gauche".

Dans ce dernier quartier, on a bien vu d'une part, que la "normalisation" de l'espace imposée par la table rase, et remplacé par un dense tissu de logements/bureaux - densité encore plus marquée par la hauteur - rend tout uniforme, massif et ennuyeux.
Et d'autre part,  on a aussi constaté que l'absence de couture avec le reste de la ville au bâti modeste et le type de constructions massives font que les alignements de l'Avenue de France ont la grâce d'un supertanker "atterrissant" dans un port de pêche …

De surcroît la problématique du chemin de fer, entrevue et mal solutionnée "Rive Gauche", est ici encore plus cruciale, car il s'agit d'intégrer au projet les deux énormes pôles des Gares de l’Est et du Nord et leurs innombrables faisceaux invasifs de voies ferrées … vaste question …

Mais voilà qu'on nous donne la solution dans un sabir urbanistique : "enclavement des quartiers rompu par un maillage d’espaces verts, développé et connecté avec les espaces naturels périphériques, formant des corridors écologiques et des espaces contribuant au plan biodiversité parisien …" (sic) ?

Oui mais concrètement vivra-t-on mieux dans ces sites traversés de toutes parts par le chemin de fer ?

Et pour créer du neuf, quoi de mieux que de changer le nom des lieux : exit donc le carrefour de l’Évangile, sa connotation religieuse faisait sans doute trop ringarde pour les décisionnaires d'aujourd'hui … ce sera Rosa Parks … plus dans l'ère du temps avec sa touche ethno-socialo-culturelle …

L'ambition des promoteurs du projet n'est rien de moins que de créer "une ville dans la ville", au cœur même de ce territoire longtemps délaissé.

Rendez-vous dans quinze ans pour savoir si le pari est réussi …


>> C’est écrit dans l’Évangile.

>> Carrefour de l’Évangile.

>> L'entrepôt Macdonald : vers un avenir meilleur.

 

 

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Des pellicules plein la tête.

20 Mars 2015, 09:19am

Publié par barreteau

M. Wu Dinh devant son magasin du 72 de l'avenue des Gobelins_Paris 13ème

Au 72 de l'avenue des Gobelins, une devanture attire mon regard. Il y est écrit: "Photo-Ciné Gobelins".

Y pénétrer n'est pas une mince affaire car la boutique est littéralement remplie à ras bord de matériels photo : des appareils et des objectifs bien sûr mais aussi une montagne de filtres et d'accessoires divers entassés-là, pêle-mêle dans le plus grand désordre.

Vous êtes chez Monsieur Wu Dinh qui depuis 35 ans, tient cette sorte de caverne d'Ali Baba, … version vietnamienne ! Aidé par son épouse, il vend, achète, stocke et répare du matériel d’occasion, essentiellement de "l'argentique".

Comme il est pratiquement impossible de rentrer à l'intérieur de la boutique, les transactions se font sur le trottoir. On peut négocier, mais Monsieur Wu Dinh est dur, très dur en affaires ...

Des pellicules plein la tête, des appareils par milliers et des monceaux d'accessoires, ici il n'y a rien à jeter : le magasin de M. Wu Dinh, c'est une véritable chasse au trésor pour les photographes.


>>  L'Insta du magasin "Photo-Ciné Gobelins".

>> "Photo-Ciné Gobelins": impossible de rentrer à l'intérieur !

 

 

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Paris vu par Roland Castro.

15 Mars 2015, 18:53pm

Publié par barreteau

HBM du boulevard Soult _ Paris 12ème (mai 2005)

Roland Castro est un architecte pas comme les autres : passionné, contestataire et engagé …
Un peu "grande gueule" aussi, et c'est sans doute pourquoi sa vision de Paris n'est pas toujours dans l'air du temps. Elle n'en est pas moins intéressante, car Castro nous aide à comprendre l’espace public et à percevoir une certaine poétique de la ville.

Spécialiste du logement social, Castro critique - par exemple - violemment le réaménagement de la Place des Fêtes, "une blessure dans la ville", une place enlaidie par des tours.

A ces dernières, il préfère les habitations bon marché, les fameux HBM qui entourent Paris, des logements sociaux construits dans les années 1920. Ils n’ont pas coûté cher et ont été créés rapidement. Mais leur qualité contraste diablement avec les grandes barres, bâties soixante ans plus tard et qu’il faut maintenant réhabiliter ou démolir.

Et, devant les HBM, Castro dit son espoir que soit retrouvé un savoir-faire aujourd'hui perdu en matière d’urbanisme.

Il cite aussi en exemple, d'autres secteurs de Paris, en particulier ceux situés sur les collines  et qui, de ce fait, ont résisté à l’urbanisation d’Haussmann.

Sur les collines de Belleville, dans le quartier de la Mouzaïa, une multitude de petites maisons coexistent agréablement. Là, on trouve dans les venelles du quartier la même densité que dans un grand ensemble, mais quelle différence dans la qualité de vie !

Les projets de Roland Castro vont toujours en ce sens: son travail s’applique à inventer des habitations plus humaines, plus agréables à habiter...

Bonne continuation Monsieur Castro.


>> Mieux connaître Roland Castro …

>> "Archi-respectueux" du passé.

>> Jean Nouvel conservera l'ancien.

 

 

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Poussettes duo.

10 Mars 2015, 14:50pm

Publié par barreteau

Cour du 42 Rue d'Avron, 75020 Paris (mai 1994)

Pourquoi ce jour-là ai-je poussé la porte cochère du 42 rue d'Avron ?

Sans doute parce que j'ai vu cette pancarte qui la surplombe et qui indique "Maison Mosca, au fond de la cour à droite". Voilà bien le genre de détail qui m'incite toujours à aller plus loin …

Il n'y a pas âme qui vive dans la cour, mais elle est encombrée par quatre ou cinq poussettes … toutes identiques, toutes biplaces …! Or ce type "d'engin"  transporte habituellement des enfants jumeaux … Il y aurait donc en cet endroit autant de jumeaux ? Bizarre !

Cette bizarrerie n'est pourtant pas ce qui me fera appuyer sur le déclencheur de mon appareil photo … c'est plutôt le lointain souvenir d'une image qui ressemble à la scène que j'ai sous les yeux. Oui voilà ce qui me poussera à l'action.
L'image en question à pour titre : "Villa du Parc", elle a été prise non loin d'ici, en 1948, par un certain Willy Ronis …


>> "Villa du Parc", © Willy Ronis _ 1948.

 


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Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë.

5 Mars 2015, 09:02am

Publié par barreteau

 Destruction d'un immeuble situé 5, impasse Bonne Nouvelle_ Paris 10ème.

Que restera-t-il dans cinquante ans du Paris modelé par Monsieur Delanoë ?
Essentiellement des lieux froids, glaciaux où le souffle et l'esprit sont absents, des quartiers sans âme, ni réelle identité ... Finalement, les caractéristiques du bâti érigé lors de sa mandature seront à l'image de l'homme: rigide, bourgeois-bohème et quelque peu arrogant.

Mais là n'est pas le principal reproche. Il y a plus dramatique, car qui aurait pu imaginer dans ses pires cauchemars que cet homme aurait pu perpétrer un tel saccage de la capitale pour y édifier d'aussi affreuses constructions ou élaborer d'aussi insensés aménagements comme à Belleville où dans le 13ème arrondissement, avec ces quartiers d'une grande laideur: Rive Gauche et Masséna?

Et c'est bien là le problème, Monsieur Delanoë n'aura rien embelli, mais il aura beaucoup défiguré, rasé le passé, détruit le patrimoine et tout cela sans la moindre vision futuriste.

Pourtant, démolir, transformer, réaménager, n'est pas nécessairement un désastre.

Ce peut être bénéfique pour la ville, comme cela s'est produit à maintes reprises dans la capitale, tout au long des siècles.

De Charles V jusqu'au XXe siècle, Paris a tout d'abord été agrandi, puis transformé et modifié pour - à chaque fois - s'adapter à son époque et souvent alors Paris s'en est trouvé embelli, sublimé.

C'est ainsi que sous le règne de Napoléon III, grâce au savoir-faire du baron Haussmann, Paris se transforme et s'adapte au nouvel essor industriel de l'époque, et donne naissance à ce magnifique Paris que l'on peut encore admirer aujourd'hui.

Après la seconde guerre mondiale, d'autres progrès apportent confort et qualité de vie. L'auto individuelle participe à ce mouvement, aussi s'avère-t-il nécessaire de lui faire une place dans la ville.
Le président Pompidou le comprit, et en dépit des esprits chagrins, fit faire des travaux qui n'ont pas enlaidi la ville, bien au contraire.

Aujourd'hui, on tente de nous faire croire que la "voie Pompidou" et quelques autres tronçons sur la rive gauche ont privé les Parisiens de promenades agréables et vivifiantes au bord du fleuve. C'est faux.
Les voies de circulation sur les berges de la Seine, ont remplacé tout un fatras d'entrepôts, de hangars, de chantiers à ciel ouvert, de dépôts de matériaux de toutes sortes, qui n'ont jamais rendu la ville plus belle ni permis la moindre promenade au bord de l'eau  …

Alors aujourd'hui, faut-il sevrer Paris de voitures ? Doit-on stopper totalement la circulation automobile à Paris ? La réponse a été trouvée depuis longtemps à Londres ou à Singapour. Le péage urbain, est en effet un moyen plus intelligent et beaucoup plus efficace que "le tout Vélib" ou le "Paris-Plages permanent" ?

Non décidément, Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë …

 

>> Paris-plages ou Saint-Trop-sur-Seine.


>> Paris demande à être gracié.

 

 

 

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La ville en chantier.

28 Février 2015, 11:39am

Publié par barreteau

Carrefour de la rue des Orteaux et de la rue de la Réunion – Paris 20ème. (juin 2012)

La démolition est toujours un irrémédiable gâchis et malheureusement souvent, elle ne préfigure rien de bon.
Ce ne sont alors qu'un amas d'immeubles éventrés, d'espaces laissés vacants par la destruction des bâtiments, de décombres accumulés derrière des palissades, d'énormes étais soutenant des maisons tenant encore debout par miracle … tout cela témoigne d'une ville meurtrie, assassinée, et dont rien ne laisse deviner un éventuel avenir.

Quels regrets, quels espoirs, se dessinent derrière ces scènes de la ville ventre ouvert, derrière ces murs blessés, ces lieux dégradés, ces tours qui s'effondrent, ces bâtiments qui sortent de terre en quelques jours, ces quartiers qui émergent ?
Quels nouveaux espaces urbains se dessinent à la lisière entre ville et banlieue ?

La ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... mais comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.


>> Même endroit … deux ans plus tôt …

>> Déjà sur Parisperdu : "Démolition, reconstruction, la ville en chantier"

 

 

 

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Promenade partagée entre l'enfer et le paradis.

23 Février 2015, 09:45am

Publié par barreteau


Enfer ou paradis, voilà le dilemme du 20ème arrondissement de Paris.

Pour certains, cet arrondissement n'est pas seulement le dernier numériquement. Il est aussi le dernier endroit où ils aimeraient vivre. Car pour eux, le capharnaüm de la mixité sociale qui règne ici, est vécu comme un véritable enfer.

Pour d'autres tout au contraire, le 20ème est un éden, excentré sur ses hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, ceux-là trouvent qu'il y fait bon vivre.

Rien d'étonnant alors d'y trouver le "Passage Dieu", et non loin de là, "l'Impasse Satan" … !

Si leur proximité est amusante, indubitablement le choix des noms de ces  voies de communication l'est tout autant : car il semble indiquer que servir Satan mène à une impasse, alors que l'autre voie serait un passage vers Dieu … 
Ceci dit le panneau "Accès pompier" que l'on voit ici, aurait sans doute mieux sa place sous le "Passage Satan" !

Et, entre le passage et l'impasse ... n'y aurait-il pas une place pour le purgatoire ?
Mais on aura beau chercher, il n'y a pas de Place du Purgatoire dans ce 20ème arrondissement …



>> Passage Dieu et Impasse Satan.

>> Autres impasses dans le secteur.

 

 

 

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L'Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait.

18 Février 2015, 08:39am

Publié par barreteau

 
Graham Robb est un historien comme je les aime. Érudit, mais vivant, il a le goût du détail et le sens de la narration. Et francophile et francophone avec ça. Professeur à Oxford, spécialiste de Rimbaud et de Baudelaire, il m'a enchanté avec son Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait.

Robb propose une fascinante comédie humaine de Paris, dans laquelle l'histoire de la ville est éclairée par l'expérience de ses habitants. C'est une longue promenade à travers le temps, les gens et les rues de Paris. Une promenade depuis son cœur historique, l'île de la Seine, qui abritait la tribu des Parisii, jusqu'aux banlieues tentaculaires qui inspirent aujourd'hui bien plus de craintes qu'au temps où elles étaient infestées de brigands et de loups.
 
Aventures, récits, anecdotes se succèdent ainsi à travers le canevas des rues, à travers une foule de personnages inconnus ou illustres : le tout jeune lieutenant d'artillerie Buonaparte, par exemple, encore bien timide, déniaisé par une galante au Palais-Royal ; Marie-Antoinette, paniquée, totalement perdue aux abords des Tuileries, qui tente de retrouver son mari dans sa fuite ; ou bien un certain Vidocq, tout frais sorti du bagne, en passe de devenir une star de la police ; ou encore Proust, fasciné par l'ouverture de la première ligne de métro qui va de la Concorde au Châtelet, mais trop claustrophobe pour descendre sous terre...

Voilà donc la grande Histoire de Paris racontée avec de petites histoires.
Ce livre est un voyage, un grand régal … à lire absolument.



>> "Une Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait" chez Flammarion.

>> Voir aussi : "Paris, portrait d'une ville".


 

 

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#LeicaValentine

13 Février 2015, 10:45am

Publié par barreteau

Photo: © Peter Turnley - ID #78Paris, 2013

Leica lance à l'occasion de la Saint Valentin un concours Photo sur le thème de l'amour avec le hashtag #LeicaValentine. Et comme le parrain de l'opération est le photojournaliste Peter Turnley, un américain  vivant depuis bien longtemps à Paris, on aura compris que les amoureux de (ou à) Paris seront aux premières loges.

Pour trouver de l'inspiration,  consultez les photos de Peter Turnley sur le Blog Leica qui nous parle de ses photographies sur l’amour et les amoureux, toutes réalisées à Paris.



>> Consulter le blog Leica.

>> En savoir plus sur Peter Turnley.

 

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