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PARISPERDU
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Passage Ruelle.

3 Juin 2015, 14:11pm

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Publié par barreteau

Passage Ruelle.

Le long des voies ferrées, une curieuse bâtisse (1997)

On se croirait presque à Harlem ou dans les bas-fonds de Bangkok … Le passage Ruelle débouche sur la Cité de la Chapelle dont la longue palissade cache tant bien que mal le faisceau de voies ferrées qui s'échoue à la gare du Nord. Le secteur n'est pas très reluisant. C'est le genre d'endroit où l'on comprend tout de suite qu'il ne soit guère conseillé de s'y aventurer la nuit.

Avant de rejoindre la Cité de la Chapelle, le passage Ruelle fait un coude et c'est précisément dans ce coude que je découvre cette étrange bâtisse.

Derrière un grand portail métallique surmonté d'un enroulement de barbelés, le haut bâtiment de briques a encore fière allure, mais rien n'indique sa fonction ni son propriétaire.

Pour comprendre ce qu'abrite ce lieu inaccessible, il faudra faire le tour du bloc d'habitations et atteindre la rue Jean-François Lépine. Là, c'est la directrice du collège Marx Dormoy qui saura me renseigner: il s'agit de l'annexe de son établissement …


>> Un établissement qui se veut "branché" dans ce quartier peu accueillant.

 

>> Le passage Ruelle dans le " Guide de survie en pays bobo".

 

 

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Ce drôle de lieu qu'on nomme Périf'.

27 Mai 2015, 14:40pm

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Publié par barreteau

 

Le périphérique à la Porte de Pantin (février 2013)

 

C'est un drôle de lieu qui porte un drôle de nom. Le Périf' parisien est un anneau infernal sur lequel tournent en permanence plus d'un million de véhicules.

De jour comme de nuit, jamais leur vacarme ne s'arrête …

On dénombre quelque 100.000 riverains, parisiens ou habitants de la petite couronne, touchés par le bruit de l'infernal boulevard.

Dans la zone des 150 mètres autour du périphérique, plus de 60.000 personnes sont impactées dont 40.000 (soit près de 70 %) à des niveaux supérieurs à 68 dB(A) qui est la valeur limite acceptée en France pour le bruit routier.

La zone la plus sonore se situe entre la porte de Bagnolet et la porte des Lilas avec un niveau moyen dépassant les 78 dB, suivie de près par le segment porte d'Ivry-porte d'Italie.

Le récent abaissement de la vitesse limite autorisée à 70 km s'est traduit par une baisse réelle d'environ 0,5 dBA. C'est peu car les études préliminaires laissaient espérer une réduction du niveau sonore de 1,7 dBA.

Baisser la vitesse ne peut être qu'un levier parmi d'autres, d'une politique d'amélioration du niveau sonore. Les autres options consisteraient à changer les revêtements de chaussée ou encore à diminuer le nombre de poids lourds sur le périphérique. Sans parler des nécessaires travaux sur les habitations elles-mêmes. Une grande majorité des gens vivant en bord du périphérique ont été contraints d'y habiter car tous les parisiens savent qu'aux abords du périph' les loyers sont plus faibles que n'importe où ailleurs dans Paris.

Ainsi va la vie aux abords du boulevard périphérique parisien, faite de pauvreté voire de misère, de vacarme et d'air hautement pollué ….

 

>> Le jardin infernal.

>> L'envers de la ville, la ville à l'envers.

>> De la zone au périph'.

 

 

 

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"Par(ad)is perdu".

20 Mai 2015, 09:09am

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Publié par barreteau

 

Quand on a goûté aux balades parisiennes, on n'a surtout pas envie de s'arrêter. Les diamants ne sont-ils pas éternels … ?

Dans "A la recherche du temps perdu", à la lecture de Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust nous offre une vision d'un par(ad)is perdu … où s'y perdre est délicieux !

Mais c'était au temps où la vie et les sentiments n'étaient pas encore formatés … car aujourd'hui, Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis. Le réveil risque d'être difficile !

 

>> Les Editos de Parisperdu.

 

 

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Entre Ourcq et Crimée.

16 Mai 2015, 09:43am

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Publié par barreteau

Entre Ourcq et Crimée.

9 rue de l'Ourcq, côté cour … Paris 19ème (1999)

On se désole de la dégradation de ce quartier populaire autrefois peuplé de retraités et de familles modestes. Mais surtout, au pied de ces petits immeubles sans charme, on constate qu'ici, la politique de la ville n'a pas donné les résultats escomptés.

De manière très hypocrite tout le monde a dit, à partir de 2003, que la rénovation urbaine c’était génial, qu’on tenait là enfin un grand programme qui produirait des effets massifs sur le devenir des gens. En fait, on s’est occupé des murs, par la méthode quasi-généralisée de la destruction/reconstruction, mais on ne s'est pas occupé des gens.

Auparavant, les gens de ces quartiers vivaient dans un habitat quasi-insalubre mais ça se passait très bien, maintenant l'habitat a été amélioré et tout va mal ! Je reconnais que c’est un peu simpliste, mais c’est un fait. On a investi massivement sur la forme urbaine…mais parallèlement le fond, c'est-à-dire la condition socio-économique des gens s'est beaucoup dégradée.

Entre Ourcq et Crimée, les habitants sont désormais surtout des pauvres, des chômeurs, des jeunes à la dérive, des immigrés pas toujours en situation régulière … tous sont plus ou moins confrontés à la stigmatisation, à l’exclusion, à la discrimination, bref au rejet de notre société.

Ce ne sont pas seulement les murs qu'il aurait fallu rénover mais c'est aussi les trajectoires de vie de leurs habitants qu'il fallait améliorer. Mais pour cela, le politique n'a pas de réponse …



>> Au 9 rue de l'Ourcq, le coiffeur peigne la girafe !

 

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A Paris, la justice prend de la hauteur.

11 Mai 2015, 09:14am

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Publié par barreteau

 

Vue du futur palais de justice de Paris  © RPBW

Si tout va bien, s'il n'y a pas de retard dans les travaux, en juin 2017, il y aura un nouveau gratte-ciel à Paris: un édifice de 160 mètres de haut, 40 étages avec des jardins suspendus … Il s'agit du nouveau Palais de Justice (TGI) de Paris. Un projet au long cours, très controversé et qui a été "baladé" de site en site avant finalement d'atterrir dans le 17ème, aux Batignolles.

Il sera le premier gratte-ciel à être construit dans la capitale depuis l'érection des tours du front de Seine, terminées en 1990. Le bâtiment sera composé de quatre ensembles de verres superposés offrant au total 120 000 m² et un hectare de jardins suspendus … Batignolles n'est pas loin de Babylone ! Mais contrairement à la merveille de l'Antiquité, le gratte-ciel, fut-il dessiné par l'architecte star Renzo Piano, ne risque pas de se voir classer dans un "Top 7" architectural, car des cubes de verre restent des cubes, peut importe comment ils sont agencés,… cela reste froid et laid. Et, après le jardin enterré de la BNF, on aura les jardins suspendus du TGI, mais là encore: bon courage à ceux qui pourraient vouloir en profiter...

Au début du siècle précédent, on avait du mal à concevoir quelque chose de laid, il fallait que tout soit orné, travaillé, il suffit de voir la qualité qu'avaient les gares de l'époque (Orsay par exemple, ou même les gares de la Petite Ceinture). Maintenant, les architectes bobos nous pondent des trucs toujours plus moches, excentriques, inesthétiques, qui ne font que dénaturer un peu plus notre belle capitale.

A Babylone, les jardins suspendus sont devenus l'une des sept merveilles du monde antique parce que leur construction faisait écho à une histoire: Nabuchodonosor voulait que le palais rappelle à son épouse, Amytis de Médie, les montagnes boisées de son pays natal.

On peut douter qu'à Paris, le colosse des Batignolles dégagera autant de romantisme …

 

>> Autre site étudié pour le TGI.

>> Les jardins suspendus de Babylone.

 

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Paris, je t’aime ?

6 Mai 2015, 09:12am

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Publié par barreteau

Nous sommes en juin 2006 et je déambule dans le 13ème arrondissement. De l'horrible rocade qu'est l'avenue de France, j'aperçois sur la façade du complexe de cinémas qui jouxte la Grande Bibliothèque, une immense affiche portant la mention " Paris, je t’aime".

Justement une séance va commencer, je ne connais rien de ce film mais j'entre … pour voir.

Je dois dire, qu'aujourd'hui il ne me reste que peu de souvenirs de ce film qui, loin d'être un chef d'œuvre, est un drôle de film à sketches.

Dans une suite de 18 courts-métrages, "Paris je t'aime" traite de l'amour éphémère. Chaque scénario se déroule dans l'un des 20 arrondissements que compte Paris. Les films consacrés aux 11ème et 15ème arrondissements ont été tournés mais n'ont pas été intégrés au montage final du film, d'où cette suite de seulement 18 courts-métrages. Pourquoi avoir éliminé les 11ème et 15ème arrondissements? Je n'en sais rien …

Chacun des courts-métrages est filmé par un réalisateur ou une réalisatrice différents et joué par des acteurs et actrices qui n'apparaissent pas dans les autres parties du film.

Chaque cinéaste a dû se soumettre à des contraintes sévères : respecter la durée du film (environ 5 minutes), s’occuper d’un seul arrondissement et le filmer en deux jours.

Tout cela donne un puzzle assez confus qui ne met guère en valeur un arrondissement plutôt qu'un autre et parfois, même en connaissant bien Paris, on a l'impression … de ne pas y être !

Paris je t'aime ? Oui, mais pas comme ça ….

 

 

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Faut-il idéaliser le passé ? (3/3)

1 Mai 2015, 10:10am

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Publié par barreteau

Faut-il idéaliser le passé… ? (3/3) 

Bidonville de Nanterre (1960) Photo © Jean Pottier 

 

On regrette souvent un "paradis perdu" que l'on idéalise à force de ne plus l'avoir, de ne plus pouvoir le voir. Et l'on se dit "Oui vraiment c'était mieux avant". Encore faudrait-il clairement définir quand commence cet "avant". L'époque de nos grand-mères ? Mais déjà à cette époque, on regrettait l'avant ! Alors... encore avant ? Nous voyons bien alors que cela est absurde. Dire ''c'était mieux avant'' me semble vague, inconséquent, et être le résultat d'une nostalgie nuisible. Il faut savoir saisir pleinement le présent et ses opportunités, et en particulier les opportunités pour réintroduire des valeurs disparues mais qui toujours restent en puissance dans le présent lui-même. Il y a un devoir - non pas naïf, mais vital - d'embrasser le présent, sans pour autant rejeter l'héritage du passé et de l'Histoire. Si le passé est utile, ce n'est pas comme idéal d'un ancien état de fait supérieur, mais comme inspiration vers un mieux-être dans un effort continu, effort qui n'était pas plus facile avant nous que dans le monde d'aujourd'hui. Les défis et les carences du temps présent ne font pas la gloire d'un temps passé qui était tout aussi imparfait et tout aussi en quête d'autres horizons que le nôtre. 

Idéaliser le passé est une erreur car cela nous empêche d'accéder à sa richesse et à ses leçons. Au final, cela peut même parasiter notre relation au présent ...

"C'était mieux avant" : cette phrase fait partie aussi des choses pré-écrites qu'on aime bien ressortir en fin d'une conversation comme la conclusion à tous nos maux. Mais non ce n'était pas mieux avant, seulement on se rassure avec ce genre d'idée, mais à chaque époque suffit sa peine.

Aujourd'hui on a le chômage,  la crise,  l'euro, la dette, Internet... mais hier ?

La seule différence, la vraie différence, je l'admets bien volontiers, c'est qu'hier on rêvait encore.

Alors, "mieux avant" ? Non, je ne le pense pas, mais l'être humain a la mémoire sélective et c'est le vieillissement qui fait regretter un "paradis perdu". Nous avons souvent le regret d'une période qui nous paraît maintenant heureuse et bonne, parce que nous étions protégés, ou aimés, ou insouciants, et peut-être aussi... jeunes.

Chaque chose allait alors de soi. Quand on est enfant, on ne peut pas regretter ce que l'on n'a pas connu, on ne fait qu'en rêver. Quand on est adulte, on est dans l'action, on se crée un présent, en se souhaitant un meilleur futur. Ce n'est que le vieillissement, et l'amertume qui l'accompagne parfois, qui font regretter un "paradis perdu" - mais celui-ci a-t-il vraiment existé ? Ne regrette-t-on pas tout simplement le temps où l'on ne se posait pas cette question?  Donc, je la pose autrement, "mieux avant, mais avant quoi ?"

 Non, décidément ce n'était pas mieux avant !

 

>> Nostalgie.

>> Un passé idyllique ?

>> Faut-il idéaliser le passé ? (2/3)

 

 

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Faut-il idéaliser le passé ? (2/3)

26 Avril 2015, 08:39am

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Publié par barreteau

 Faut-il idéaliser le passé… ? (2/3)
« La France Heureuse », un hors série signé Historia et Paris Match, paru en septembre 2013.

Actuellement, les enquêtes d'opinion nous révèlent une France pessimiste et c'est encore plus vrai pour la jeunesse française. La nostalgie devient alors le sentiment dominant d'une  société où, dans tous les domaines, le ringard a laissé la place au "vintage". Certes, subsistent encore dans les discours politiques les plus stéréotypés, des restes d'une vieille allergie au conservatisme, mais cette pensée magique ne peut pas résister longtemps à la vague nostalgique qui touche toute société inquiète d'elle-même et de son avenir.

Ce que nous regrettons dans le passé, ce n'est pas le passé en tant que tel, mais la vision de l'avenir qui prévalait alors, et l'idée que "demain sera meilleur qu'aujourd'hui". Ainsi lors des trente glorieuses souffle une envie de construire, de découvrir ensemble des chemins jamais explorés, de poursuivre des utopies. C'est ce que l'on appelle l'optimisme …

Alors qu'aujourd'hui, nous aurions tendance à nous raccrocher à une espérance passée, faute de croire suffisamment en l'avenir.

C'est pourquoi il me paraît vital de repenser le progrès comme une exigence sociétale, tout en étant lucide sur ce qui s'est dégradé: le travail et les loisirs, l'environnement, la "décence commune"... mais aussi en retrouvant une forme d'innocence sur notre capacité à "reprendre la main". Bref ne nous cachons pas les errances de la modernité, la dégradation des relations sociales, l'apparition de nouvelles formes de barbarie; soyons lucides aussi sur les risques que font peser sur l'avenir les nouvelles donnes démographiques, industrielles, scientifiques... mais n'oublions pas que rien de grand ne s'est accompli sans une certaine naïveté. Le progrès se fait quasiment toujours au détriment de certains avantages du passé. Il faut donc le juger "globalement", c'est-à-dire si "au total" notre vie s'en est retrouvé améliorée - même si cela n’empêche pas que certains aspects de celle-ci se soient détériorés. C'est ce que l'on oublie fréquemment de faire : on voudrait le beurre et l'argent du beurre, ne revenir en arrière que pour certains points. Aimer le présent et le passé ne sont pas à opposer systématiquement …

Alors, à cette condition, oui c'était mieux avant ! A moins que ce ne soit le contraire ! C'est ce que nous verrons dans notre prochain billet ….

 

(A suivre)

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "L'avenir, c'était mieux avant" …

>> Voir aussi : Faut-il idéaliser le passé ? (1/3)

 

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Faut-il idéaliser le passé ? (1/3)

21 Avril 2015, 19:02pm

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Publié par barreteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le peintre Daniel Pipard à Belleville © Willy Ronis (1948)

"C’était mieux avant, beaucoup plus décadent", chante Miossec. Lui aussi s’est mis à la rengaine nostalgique. Ce refrain veut nous dire que les choses allaient forcément mieux autrefois. Mais autrefois, c'est quand ? Chacun, en fonction de son âge et de son vécu, est libre de déplacer la frontière entre l’avant et l’après. Une ligne qui semble délimiter un passé heureux d’un quotidien gris et déprimant. Et si les personnes âgées sont particulièrement touchées, le "c’était mieux avant" n’épargne pas les plus jeunes.

Alors, était-ce vraiment mieux avant ?

S'il s'agit d'un questionnement qui paraît simple, … la réalité est néanmoins complexe.

Car nos sociétés évoluent à une vitesse considérable, et cette évolution entraine une forte difficulté identitaire. Et cette même évolution a rompu le lien avec d'anciens principes, des habitudes de vie et de pensée, qui me semble-t-il, aurait dû être conservé.

Je n'affirme pas que cette évolution soit purement négative mais elle n'est pas nécessairement bénéfique, et j’échangerai parfois volontiers l’utopie d’hier contre la nostalgie d’aujourd’hui !

Je ne suis pourtant pas passéiste, et si bien sûr, je dis oui au  progrès,  il faut néanmoins savoir raison garder car le jour où le fric arrêtera de guider le monde par le bout du nez, je saluerai alors sans retenu le progrès….

Je me suis toujours méfié de la nostalgie comme de la peste car elle favorise une totale paresse de l'esprit et n'encourage ni le dialogue, ni le sens critique. 

Toutefois mes goûts semblent plutôt se cristalliser vers une période située entre 1966 et 1975, pour la musique, le cinéma, et aussi la littérature …quoiqu'un peu moins exclusivement.

L'esprit d'une époque je pense, une époque d’expérimentations et de luttes, où l'espoir semblait encore possible. Il me semble aussi que le temps accordé alors aux choses et aux gens était complètement différent, voire plus authentique, plus sincère ... moins égocentré.

Les conditions de vie depuis cette période, semblent s'être considérablement dégradées, hormis  le confort immédiat apporté par nos "machines"... Mais tout cela est une question d'appréciation personnelle.

Alors était-ce vraiment mieux avant ? Nous tenterons de répondre à cette question dans nos prochains billets …

(A suivre)

 

>> Pour une nostalgie d'avenir

>> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

 

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L'esprit du Bas-Belleville enfin retrouvé.

16 Avril 2015, 08:19am

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Publié par barreteau

 

L'esprit du Bas-Belleville enfin retrouvé.
Au 5 de la rue Lesage, Paris 20ème (novembre 2010)
 

Dans le bas-Belleville, la rue Lesage a longtemps fait grise mine. Ses immeubles modestes, aux façades dégradées, abritaient souvent des logements peu reluisants. Mais, au tournant de l'an 2000, une vague de réhabilitations a progressivement amélioré la situation. Pour une fois, à Belleville, on ne pratiquait plus la politique de la table rase.
Les actions des diverses associations de quartier - la Bellevilleuse en tête - finissaient par payer !

Au 5 de la rue Lesage, un ancien hôtel de voyageurs avait été plus ou moins transformé au fil des ans en foyer de travailleurs immigrés, composé d'une quarantaine de chambres dont certaines atteignaient tout juste 5 mètres carrés … L'ensemble se trouvait dans un état lamentable, proche de l'insalubrité.

Toutefois le bâtiment, certes passablement dégradé, gardait encore un charme certain,
dû au contraste très surprenant entre sa façade simple, régulière, modeste, et, la cour pittoresque que l'on découvre, une fois le porche franchi. On y trouve en effet, de petits immeubles résultant d’agrandissements successifs, tous entourés de coursives, à l’ombre de deux grands arbres, un érable et un marronnier, dont la ramure passe au dessus des toits.

Et voilà que cet ensemble a fait l'objet d'une réhabilitation réussie permettant la création de 5 logements confortables distribués autour de la cour intérieure pavée, avec ses coursives rénovées et soulignées par des balustrades ajourées…

Le contraste entre une rue étroite, mais animée, de la capitale et la tranquillité d’une cour intérieure, si représentatif de l’esprit d’origine du Bas-Belleville, est enfin ici pleinement retrouvé.

 

>>  La rénovation récente du Bas-Belleville : Dossier de presse du 31 mai 2005

 

 

 

 

 

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Paris sera-t-il toujours Paris ?

11 Avril 2015, 20:27pm

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Publié par barreteau

Paris sera-t-il toujours Paris ?
La Maison Rose, 2 rue de l’Abreuvoir – 75018 Paris

Je garde le souvenir du Paris de mon enfance, avec ses artisans, ses jardins et ses cours intérieurs que l'on pouvait visiter librement, ses réseaux de caves aussi, qui nous permettaient de traverser tout un arrondissement et de faire d'étranges découvertes. A cette époque, il y avait encore de nombreux petits métiers qui faisaient du lien … tous ont aujourd'hui disparu. Qui fait du lien aujourd'hui à Paris ? Les associations sont là pour ça me direz-vous ? Laissez-moi rire, la plupart sont politiquement instrumentalisées à coup de subventions essentiellement destinées au "renvoi d'ascenseur" électoral !

Maintenant, Paris n'a plus d’âme ! Paris est devenue une ville étouffante, épuisante et dans laquelle on perd même  l'envie de la découverte et du rapport humain car toute entreprise est devenue une mission commando! J'en suis fatigué d'avance...

Et je ne parle pas des sommes énormes qu'il faut débourser pour être locataire ou propriétaire à Paris intra-muros …. Ce qui fait qu'y vivre, même dans le 20ème, devient de plus en plus un luxe … Comment peut-on encore parler de quartier populaire quand le 20 mètre carré est en moyenne à plus de 800 euros? La gentrification est partout. Alors la plupart de ceux qui travaillent à Paris doivent habiter en banlieue et font des heures de trajet qui chaque jour s'ajoutent à leurs heures de travail. Bonjour la qualité de vie !

Suite à l'exode forcé de ses habitants, Paris devient de plus en plus une ville musée, une ville de commerces, d'agences et de bureaux.

Paris change comme toutes les villes, mais hélas sans originalité, on ne sait plus construire autre chose que des tours de verre et d'acier, des cubes ou des parallélépipèdes …

Alors si Paris ressemble de plus en plus à toutes les capitales, comment Paris pourrait-il être toujours Paris ?


>> Paris, est-elle la plus belle ville du monde ?

>> "Paris, n’est plus Paris"

 

 

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L'histoire singulière du 88 rue de Ménilmontant.

6 Avril 2015, 09:12am

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 Cour-impasse du 88 rue de Ménilmontant - Paris 20 ème (2012)

A partir d'octobre 1946, les Ronis déjeunent régulièrement le dimanche chez Monsieur et Madame Pipard, au 88 rue de Ménilmontant. C'est ainsi que Willy va découvrir le quartier de Belleville-Ménilmontant et, ce quartier deviendra l'un des thèmes de prédilection de son œuvre photographique. Il y reviendra régulièrement toute sa vie …  jusqu'à plus de 80 ans !
Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

Daniel  Pipard est alors un artiste peintre, un confrère donc de Marie-Anne, l'épouse de Willy.
Pipard, plutôt mégalo, se considère comme un grand artiste, et se fait appeler - excusez du peu -  le "Duc de Ménilmuch".

Outre les Ronis, il compte parmi ses amis Jacques Prévert, Robert Doisneau, Sacha Guitry, Boris Vian, Edith Piaf, Charles Trenet, Maurice Chevalier, et bien d’autres célébrités … qui toutes fréquentent régulièrement l'impasse du 88 rue de Ménilmontant, là où Pipard a son atelier. Le "duc de Ménilmuch"  y donne des réceptions au cours desquelles l'art et la poésie sont à l'honneur.

De 1945 à 1978, ce lieu sera l'un des cercles artistiques de Paris parmi les plus courus.
Cette époque s'achève brutalement avec la mort accidentelle de Daniel Pipard, le 24 février 1978, renversé par une voiture. Il repose au cimetière du Père Lachaise. Sa femme et sa fille habiteront l'impasse jusqu'en 1982.

Quelques années plus tard, l'atelier des Pipard est transformé en une manufacture de miroirs.
En 1999, l'entreprise déménage en banlieue et, les locaux abandonnés deviennent un lieu alternatif haut en couleur "réquisitionné au nom du peuple pour créer un espace libre" (sic).

Mais en 2009, le couperet tombe, les squatteurs de la miroiterie doivent partir.
Les "miroitiers" résisteront trois ans, mais l'argent reprend ses droits, et bientôt nous aurons là un une belle résidence pour bobos chics...
Fermez le ban, et circulez, … il n'y a plus rien à voir !


>> Le peintre Pipard vu par Willy Ronis (1948)

>> Le peintre Pipard vu par Robert Doisneau (1953)

>> En savoir plus sur Daniel Pipard, le Duc de Ménilmuch'

>> La reconversion temporaire de "La Miroiterie" en salle de concert.

 


 

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Le charme hétérogène de la colline du Télégraphe.

1 Avril 2015, 08:25am

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Publié par barreteau

 Carrefour rue de Belleville et rue du Télégraphe Paris 20ème (Août 2014)

C’est sur les hauteurs de Ménilmontant que le scientifique Claude Chappe va réaliser le 12 juillet 1793 les essais grandeur nature de son "télégraphe", un système permettant de transmettre des messages à l’aide de codes, sur de grandes distances.

Son télégraphe possède alors 98 signaux différents, un nombre largement suffisant pour un usage quotidien. Aussi après avoir relié avec succès Ménilmontant et des villes du Val d’Oise, la construction d’une ligne entre Paris et Lille sera décidée.

La rue de Belleville que l'on aperçoit ici, prise en enfilade, forme un dos d'âne au niveau du carrefour de la rue du Télégraphe et atteint alors l'un de ses plus hauts sommets de la capitale, 128 mètres, tout juste devancé par le cimetière du Calvaire à Montmartre (131 m).

C'est précisément à ce carrefour que se dressait le mât de la fameuse invention de Chappe, pleinement utilisée, dès juillet 1793, pour correspondre avec les armées du nord.

Sur cette hauteur, mis à part l'immeuble moderne à droite, l'environnement n'a pas trop changé depuis cette époque.
Mais, au fil des ans, de nouvelles innovations ont pris place dans ce carrefour : tout d'abord le mât "Dervaux" signalant l'accès à la station de métro, et plus récemment la station Vélib et finalement tout dernièrement celle d'Autolib.
Pas de doute, la colline du télégraphe possède un charme certain pour attirer à elle toutes les innovations …


>>   Repère d'altitude: 128,508 mètres

>> Voir aussi : "Demain : tous bobos ?"

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Paris Nord-Est, une future ville dans la ville.

25 Mars 2015, 11:43am

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Publié par barreteau

Au niveau de le Station T3 Rosa Parks (février 2014)

Après l'opération "Paris Rive Gauche" lancée en 1991 et qui - à ce jour - n'est pas encore entièrement achevée, c'est l'aménagement d'une vaste zone des 18ème et 19ème arrondissements et, récemment élargie au 10ème, qui vient de démarrer sous l'appellation "Paris Nord-Est".

Paris Nord-Est est le plus vaste projet d’aménagement lancé à ce jour à Paris, mais va-t-on commettre les mêmes erreurs au Nord qu'au Sud de Paris ?

La leçon à tirer de "Paris Rive Gauche", est pourtant claire: la planification urbaine est inefficiente et stérile. Et la question reste bien sûr d'actualité pour ces quartiers du Nord-Est, qui risquent de se retrouver traités à l'identique, d'une part en annihilant bêtement les espaces intéressants et d'autre part en ne proposant rien d'attrayant ni même de simplement agréable. Ainsi au final, le projet accouche de vastes espaces, certes grandioses mais désolés, déserts.

On retrouve alors une population isolée, coupée du monde, coincée entre autant de frontières que sont le périph, les Maréchaux et les voies ferrées. Aussi est-il probable que la logique de l'enclave à l'intérieur du 18 ou du 19ème aura les mêmes conséquences désastreuses que celles que l'on voit aujourd'hui dans le 12éme à "Paris Rive Gauche".

Dans ce dernier quartier, on a bien vu d'une part, que la "normalisation" de l'espace imposée par la table rase, et remplacé par un dense tissu de logements/bureaux - densité encore plus marquée par la hauteur - rend tout uniforme, massif et ennuyeux.
Et d'autre part,  on a aussi constaté que l'absence de couture avec le reste de la ville au bâti modeste et le type de constructions massives font que les alignements de l'Avenue de France ont la grâce d'un supertanker "atterrissant" dans un port de pêche …

De surcroît la problématique du chemin de fer, entrevue et mal solutionnée "Rive Gauche", est ici encore plus cruciale, car il s'agit d'intégrer au projet les deux énormes pôles des Gares de l’Est et du Nord et leurs innombrables faisceaux invasifs de voies ferrées … vaste question …

Mais voilà qu'on nous donne la solution dans un sabir urbanistique : "enclavement des quartiers rompu par un maillage d’espaces verts, développé et connecté avec les espaces naturels périphériques, formant des corridors écologiques et des espaces contribuant au plan biodiversité parisien …" (sic) ?

Oui mais concrètement vivra-t-on mieux dans ces sites traversés de toutes parts par le chemin de fer ?

Et pour créer du neuf, quoi de mieux que de changer le nom des lieux : exit donc le carrefour de l’Évangile, sa connotation religieuse faisait sans doute trop ringarde pour les décisionnaires d'aujourd'hui … ce sera Rosa Parks … plus dans l'ère du temps avec sa touche ethno-socialo-culturelle …

L'ambition des promoteurs du projet n'est rien de moins que de créer "une ville dans la ville", au cœur même de ce territoire longtemps délaissé.

Rendez-vous dans quinze ans pour savoir si le pari est réussi …


>> C’est écrit dans l’Évangile.

>> Carrefour de l’Évangile.

>> L'entrepôt Macdonald : vers un avenir meilleur.

 

 

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Des pellicules plein la tête.

20 Mars 2015, 09:19am

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Publié par barreteau

M. Wu Dinh devant son magasin du 72 de l'avenue des Gobelins_Paris 13ème

Au 72 de l'avenue des Gobelins, une devanture attire mon regard. Il y est écrit: "Photo-Ciné Gobelins".

Y pénétrer n'est pas une mince affaire car la boutique est littéralement remplie à ras bord de matériels photo : des appareils et des objectifs bien sûr mais aussi une montagne de filtres et d'accessoires divers entassés-là, pêle-mêle dans le plus grand désordre.

Vous êtes chez Monsieur Wu Dinh qui depuis 35 ans, tient cette sorte de caverne d'Ali Baba, … version vietnamienne ! Aidé par son épouse, il vend, achète, stocke et répare du matériel d’occasion, essentiellement de "l'argentique".

Comme il est pratiquement impossible de rentrer à l'intérieur de la boutique, les transactions se font sur le trottoir. On peut négocier, mais Monsieur Wu Dinh est dur, très dur en affaires ...

Des pellicules plein la tête, des appareils par milliers et des monceaux d'accessoires, ici il n'y a rien à jeter : le magasin de M. Wu Dinh, c'est une véritable chasse au trésor pour les photographes.


>>  L'Insta du magasin "Photo-Ciné Gobelins".

>> "Photo-Ciné Gobelins": impossible de rentrer à l'intérieur !

 

 

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