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PARISPERDU

"Réinventer Paris", qu'elle disait …

5 Avril 2016, 16:32pm

Publié par barreteau

"Réinventer Paris", qu'elle disait …

 Le projet "réinventer Paris"_Infographie Le Figaro

 

Madame la maire de Paris, veut "Réinventer Paris" … rien que ça ! Vu les premières opérations réalisées par Madame Hidalgo, on peut craindre le pire. J'en veux pour témoin le réaménagement de la Place de la République que la maire érige en  "emblème de la reconquête de l’espace public" ! En fait il s'agit plutôt d'un massacre. Cette place a en effet été transformée en un espace à la fois laid, sale et dégradé auquel on ajoutera la ridicule transformation de la statue et de son très beau socle en "monument à Charlie" constamment tagué et vandalisé. Et la Mairie ne fait toujours rien pour remettre le lieu en état.

Mais le pire est peut-être à venir avec le projet "23 chantiers pour réinventer Paris" que la Mairie s'est donné pour objectif de mener à bien, d'ici la fin de son mandat, en 2020.

Sur un nouveau site Internet dédié à ce projet, la mairie de Paris présente donc les 23 sites proposés pour être réinvestis, réinventés. L'Hôtel de Coulanges (IVe), l'ancien conservatoire (XIIIe), la Gare Masséna (XIIIe), les Bains-Douches Castagnary (XVe), la sous-station Voltaire (XIe)... font partie du lot. Il y a également des terrains nus ou des friches industrielles dans le quartier de Clichy-Batignolles (XVIIe) ou le Triangle Éole-Évangile (XIXe). Au total, ce ne sont pas moins de 150.000 mètres carrés constructibles qui sont mis à disposition sur ces territoires appartenant à la Ville ou à des bailleurs sociaux ou encore à des sociétés d'économie mixte.

L'appel à projets qui a été lancé débouchera prochainement sur la sélection des consortiums les plus sérieux et, finalement, un jury international sélectionnera les lauréats en mai prochain. Tout cela nous rappelle la méthode Delanoë pour la Canopée des Halles qui constituera, après le trou des années 70, le gouffre financier des années 2010 … Il y a malheureusement fort à parier que les mêmes causes produiront les mêmes effets …



>> Non Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë.

 

 

 

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Ou comment le saccage a été subventionné.

30 Mars 2016, 10:41am

Publié par barreteau

Ou comment le saccage a été subventionné.

L'assassinat de Baltard (1971) © Jean-Claude Gautrand

 

Sous les pioches d'Haussmann c'est tout un pan de Paris, celui de Balzac et d'Eugène Sue, qui va disparaître. Est-ce regrettable ? Peut-être moins que le saccage des dernières décades qui a défiguré Paris et qui sévit encore...

Car après Haussmann, le massacre reprend dans les années 50-60. Et Georges Pillement dans son ouvrage "Paris poubelle" nous le décrit en détail, montrant comment le saccage a été subventionné… Ecoutons-le : "Il ne se passe pas de mois sans qu'on démolisse dans Paris plusieurs maisons anciennes qui donnent à la capitale son charme et son pittoresque. Car les spéculateurs ne voient qu'un terrain bien situé et qui sera d'un bon rapport lorsque la demeure ancienne sera démolie et qu'on aura élevé sur son emplacement un immeuble d'habitation qu'on vendra par appartement. Ces promoteurs ont d'excellents amis dans les administrations, qui leur facilitent les autorisations et leur versent les subventions qui leur permettront de mener à bien leur saccage."

On n'a que trop démoli dans Paris, il faudrait désormais que toutes les constructions anciennes qui ont jusqu'ici échappé au massacre soient enfin préservées si l'on veut garder quelque chose de l'atmosphère qu'on y respirait il n'y a pas encore si longtemps. Mais bien des rues l'ont déjà totalement perdue.


>> Paris Poubelle.

>> A lire: "Paris poubelle", de Georges Pillement, chez Jean-Jacques Pauvert. Ou comment le saccage a été subventionné.

>> Marville et son Paris perdu.

 

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Chuuuttt !!!

24 Mars 2016, 11:54am

Publié par barreteau

Chuuuttt !!!

Chuuuttt!!! - Jef Aérosol - Place Stravinsky (Paris 4ème arrondissement)

 

Depuis bientôt 35 ans, Jef Aérosol égrène ses pochoirs ou ses collages dans les endroits les plus inattendus de nos villes. En amenant l'art dans la rue, à la portée de tous, il donne l'occasion à chacun de voir différemment son environnement quotidien.

Pour Chuuuttt !!!, fresque réalisée avec l'aide de la ville de Paris, sur ce mur de 25 mètres de haut, il a pensé à un regard, avec une pointe de malice. Ce portrait, c'est le sien, qui, sur cette place entre Beaubourg, l'Ircam et l'église voisine, n'enjoint pas la foule à se taire mais plutôt à écouter la ville, la musique urbaine, à tendre l'oreille vers la vie, à écarquiller les yeux pour rencontrer et découvrir l'autre.

Et puis, il y a cette petite flèche, la fameuse flèche rouge de Jef Aérosol, une figure récurrente dans son œuvre et qui s'est peu à peu installée comme une seconde signature. La flèche participe à l'organisation graphique du tableau. Elle indique aussi un sens au spectateur. Un sens, donc à la fois une direction vers où porter son regard et une signification à chercher dans l'œuvre … ou en soi-même.

 

>> "Urban street", l'art urbain sur Parisperdu

 

 

 

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Habiter l'inhabitable.

19 Mars 2016, 10:36am

Publié par barreteau

Habiter l'inhabitable.

Ménilmontant, ilot n°11, rue des Amandiers. (1958)

Pendant des années, dans la décade 1990-2000, j'ai arpenté les passages, les cours, monté des escaliers branlants d'immeubles vétustes ou d'habitats bricolés aux murs crasseux, aux planchers déglingués. J'ai vu les fenêtres bouchées au carton pour isoler un peu, les branchements électriques dangereux, … l'entassement des choses et des gens. Il ne s'agissait que de non-habitations où l'on rencontre toutes formes de délabrement, de non respect des normes de sécurité, de dangers …

Cette situation nous vient de loin, du siècle dernier. Alors l'éradication de cette indignité, de cette misère de l'habitat insalubre, a commencé par la démolition pure et simple. Et les rénovations de l'après-guerre vont se faire à coups de grandes barres, dans les quartiers populaires de l'Est de la capitale.

Au XIXe siècle, la ville ancienne avec ses petites rues, est supposée incompatible avec la salubrité. Avec ses ilots infestés par la tuberculose, elle était perçue comme une forme mortifère. Il va falloir une révolution mentale pour que cette contradiction disparaisse. Et au final, elle est maintenant considérée comme une chose précieuse qu'il convient de conserver le plus possible.

Peut-être a-t-on enfin trouvé la méthode car aujourd'hui, réparer l'insalubre, c'est digne.

 

 >> A la limite de l'irréel …

>> Les marchands de sommeil sur Parisperdu.

 

 

 

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Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (2/2)

13 Mars 2016, 13:01pm

Publié par barreteau

 Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (2/2)

Au Café des deux Moulins, 15 Rue Lepic, 75018 Paris

 

Un peu plus bas que le Marché de la Butte, rue Lepic, le Café des deux Moulins, où Amélie était serveuse, ne désemplit pas non plus. Depuis la sortie du film, le bistrot a changé plusieurs fois de propriétaires, sa façade a été repeinte en rose, le tabac supprimé, mais le décor intérieur style "années cinquante" est resté inchangé.

Si quelques habitués continuent à venir prendre le matin leur café et lire leur journal sur le zinc, ce sont surtout les touristes qui peuplent la salle. Pourtant, une clientèle "plus française" serait souhaitable pour justement "garder l’esprit du film".

Mais les touristes continuent à affluer de partout, d’Europe, des États-Unis, d’Amérique latine… Et aussi, de plus en plus, d’Asie : Chine, Taïwan et surtout Japon. Parfois, ils entrent juste pour prendre des photos, mais la plupart s’assoient pour commander la "crème brûlée" dont Amélie aimait faire craquer la croûte. Aujourd'hui, elle est servie comme dans le film dans un petit plat ovale. L’hiver il peut s'en vendre entre 200 et 250 par jour ! 

Les Japonais, sont les premiers fans du film. Ils réservent, par agences, des tables entières. Et leurs réactions sont impressionnantes ! Ils arrivent ébahis, poussent des petits cris, prennent des photos de leurs crèmes brûlées qu’ils tapotent avec leur petite cuillère, avec une jouissance étonnante. On sent que ce film leur procure une grande émotion. Paris est toujours pour eux la ville des amoureux.  

Aujourd'hui, le cœur de Montmartre bat toujours au rythme de sa petite fée. Si on ne demande plus tous les dix mètres aux habitants du quartier où se situent l’épicerie et le café d’Amélie, c’est parce qu’ils figurent désormais dans tous les guides. Il existe même une application pour smartphone : "Le Montmartre d’Amélie Poulain".

Depuis toujours, la butte Montmartre a été le lieu de tournages de nombreux films, de Truffaut à Woody Allen, mais aucun n’a fait porter à ce point le regard du monde entier sur elle. Et aucun n’a réussi une telle alchimie entre son héroïne et son décor.

Le film de Jeunet nous livre une vision de Montmartre largement mythifiée, mais dont on trouve encore des éléments : les vieux Montmartrois cultivent cet "esprit de village", les jeunes "bobos" qui s’y installent aussi. Et si des hordes de Parisiens et de touristes, se sont précipitées dès la sortie du film à l’épicerie Collignon et au Café des deux Moulins, c’est pour retrouver les traces encore présentes, de ce Paris dont ils rêvaient. Et qu’ils recherchent encore…


>>  Où l'on retrouve Amélie Poulain.

>> Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (1/2)

 

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Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (1/2)

7 Mars 2016, 09:16am

Publié par barreteau

Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (1/2)

Le Marché de la Butte 56 Rue des Trois Frères, 75018 Paris

Niché sur le flanc de la Butte, au coin de la rue des Trois-Frères, le marché de la Butte a conservé son enseigne de fiction "Maison Collignon", apposée au-dessus de son vrai nom "Chez Abdel". Il a gardé aussi les paniers en osier, les bocaux de bonbons, les fleurs en plastique et les nains de jardin, imaginés par les décorateurs du film. 

Et les touristes qui s’y arrêtent toutes les dix minutes, s’extasient dans toutes les langues en reconnaissant "l’épicerie d’Amélie" !

En braquant ses caméras sur cette épicerie, située près de chez lui, Jean-Pierre Jeunet ne savait sans doute pas qu’il allait bouleverser la vie de cette famille marocaine, qui avait ouvert ce commerce en 1973. Car Abdel se dit toujours étonné que tant de monde continue à défiler chez lui. Ils prennent une canette, une pomme, des petits bonbons, histoire d’acheter quelque chose ici. D’autres passent en voiture en criant : "Collignon, tête d’oignon".  

Aujourd'hui, cette épicerie montmartroise, devenue célèbre dans le monde entier, assume désormais sa double identité : celle de "l’Arabe du coin", ancré dans le quartier depuis près de quarante ans et qui continue à vendre à une clientèle d’habitués du shampooing ou des cacahuètes. Et celle de l'épicerie imaginaire où travaillait Lucien (Jamel Debbouzze), le protégé d’Amélie.

Finalement, les deux s’emmêlent un peu dans l’esprit d’Abdel, aussi conclut-il avec modestie: "On fait comme dans le film, on continue à avoir des clients fidèles, à livrer à domicile aux personnes âgées ou aux vieux peintres" …

 

>> Où l'on retrouve Amélie Poulain.

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Silhouettes parisiennes.

2 Mars 2016, 09:03am

Publié par barreteau

Silhouettes parisiennes.
Rue des Meuniers/Square du Massif Central _Paris 12ème (1996)


En photographie, le plus important n'est pas la marque de votre boitier ou le prix de vos objectifs… le plus important c'est la lumière … et la façon dont vous allez la capturer. Willy Ronis avait coutume de dire: "Ce n'est pas l'appareil qui fait la photo, c'est le photographe".

N’oubliez pas l'étymologie : photographier c’est "écrire avec la lumière" et, si vous avez compris cela, vous savez qu'il est essentiel d’apprendre à bien gérer cette lumière pour obtenir le meilleur résultat possible sur vos images.

Et qui dit lumière dit aussi forcément "ombres". L’ombre est liée à l’obscurité et aux éléments "cachés", rien de mieux donc pour ajouter un petit effet mystérieux à votre image en tentant de faire deviner un élément ou de faire naître une atmosphère. Vous pouvez aussi choisir la silhouette pour présenter le sujet de votre photo sous un autre angle, c'est alors l’ombre qui devient votre sujet principal... et ainsi, en jouant avec l’ombre et la lumière, vous allez sublimer le réel, transformer les corps en silhouettes anonymes.

Cet effet de silhouette donne souvent de la force aux images : il s’en dégage une ambiance particulière. L’image est à la fois simple (le sujet est noir sur un arrière-plan clair), et forte car elle raconte une histoire. Comme en ce jour d'été à la sortie d'un passage couvert sous la Petite Ceinture, quelque part dans le 12ème arrondissement …

 

>> Ecrire avec la lumière.

 

 

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Où est-il donc mon Paris ?

25 Février 2016, 10:56am

Publié par barreteau

Montmartre, 1936

Avant Piaf il y eut  Fréhel… Symbole française de la chanson réaliste du début du 20ème siècle, Fréhel est une interprète renommée pour son talent et sa personnalité … autant que pour ses excès.

Mais la chanson réaliste, c'est quoi ? C'est un genre musical popularisé pendant l’entre-deux guerres et ses interprètes seront presque essentiellement des femmes. Il est caractérisé par des chansons à texte traitant de sujets dramatiques et empreints d’une noirceur certaine, souvent inspirés par le quotidien des quartiers populaires de Paris. Ces chansons avaient le grand mérite de s’intéresser de près à la misère et au quotidien des petites gens.

Chanson nostalgique s’il en est une, "Où est-il donc ?" nous parle déjà des transformations des quartiers populaires de Paris.

Mais Montmartre semble disparaître,

Car déjà de saison en saison,

Des Abbesses à la Place du Tertre,

On démolit nos vieilles maisons.

Sur les terrains vagues de la butte,

De grandes banques naîtront bientôt,

Où ferez-vous alors vos culbutes,

Vous, les pauvres gosses à Poulbot ?

En regrettant le temps jadis,

Nous chanterons, pensant à Salis,

Montmartre ton " De Profundis ! "

 

Dans "Où est-il donc ?", c’est toute l’histoire de la chanson française – et pas seulement celle de Montmartre – qui défile devant nos yeux, comme dans un vieux film en noir et blanc.

Et, lorsqu'on entend la voix de Fréhel, au timbre chaud et puissant, on ressent comme un frisson tellement elle est présente … et unique.


>> Ecouter Fréhel.

 

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Parisperdu … et maintenant des "Produits dérivés" ?

19 Février 2016, 12:12pm

Publié par barreteau

 

J'ai trouvé, par hasard sur le web, ces tee-shirts. Bien sûr cela m'a intrigué car mon blog affiche ce même nom depuis maintenant plus de 10 ans ! Alors, j'ai cherché en savoir plus sur ces fameux tee-shirts …

J'ai finalement appris que tout est parti d'une blague que les supporters de l'Olympique de Marseille ont voulu faire à ceux du Paris St Germain …

Une boutique de vente s'est même ouverte à Marseille sous le nom de Marsey. Mais le succès n'a jamais été au rendez-vous et la boutique a fermé.

Toutefois, la commercialisation des vêtements portant le label "PARIS PERDU" continue sur le web … comme s'il s'agissait d'une ligne de produits dérivés du blog: "Parisperdu" … !

 

>> Trouver les vêtements portant le label "PARIS PERDU" (site officiel)

 

 

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Paris du temps perdu.

14 Février 2016, 10:11am

Publié par barreteau

Paris du temps perdu.

Marcel Proust et Eugène Atget bien que contemporains ne se connaissaient pas.

Leurs œuvres monumentales témoignent de cette même volonté patiente et méticuleuse de restituer la vie de leur temps, ce Paris légendaire de la Belle époque. 

Tandis que Proust s'attachait à décrire la complexité de l'âme humaine, Atget, lui, photographiait les rues, les places, les jardins, les échoppes qui servaient alors de décor au peuple parisien.

Dans l'ouvrage "Paris du temps perdu" que les Editions Hoëbeke viennent de publier, les photographies de l'un font subtilement écho aux mots de l'autre. Et c'est Odette ou encore Albertine que l'on croit reconnaître derrière de furtives passantes, et c’est l'hôtel de la duchesse de Guermantes que dissimulent les lourdes portes cochères photographiées par Atget.
Ces deux regards croisés sur un Paris irrémédiablement perdu suscitent une vive émotion teintée d'une douce mélancolie.

 

 

>> Atget sur Parisperdu

 

 

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Le grand bouleversement du quartier des Amandiers.

9 Février 2016, 09:47am

Publié par barreteau

Le grand bouleversement du quartier des Amandiers.
Rue des Amandiers et rue de Tlemcen_ Paris 20ème

 

J'ai souvent parlé, ici, du grand bouleversement qu'a connu le quartier des Amandiers au cours des 40 ou 50 dernières années.

Depuis les années 60, cette partie de Ménilmontant a en effet été presque entièrement détruite puis rebâtie. Théâtre de toutes les politiques urbaines, sa démolition a parfois été facilitée par des opérations quelque peu "border-line", car murages illégaux, détériorations volontaires du bâti et incendies criminels furent des faits courants aux Amandiers.

Pourtant aujourd'hui, une promenade dans le quartier, permet de constater que tout n'a pas été rasé. Les associations de riverains qui ont beaucoup lutté - "La Bellevilleuse" en tête - pour conserver l'âme du secteur, ont réussi à sauver, ça et là, quelques rares constructions.

Ainsi, toute la rive paire de la rue Robineau n'a pas été touchée alors qu'ailleurs ce n'est plus que ponctuellement que l'on retrouve les bâtiments d'avant le grand chambardement.

Rue Désirée, seuls les numéros 6 à 10 et aussi le 13 ont été conservés en raison de leur bon état.

Mais, rue des Mûriers, le mitage est patent car seuls restent aujourd'hui: les 6 et 8 (sur rue); le 12 (sur rue et cour); le 18 (sur rue); le 26 (sur rue et cour); le 28 (sur rue et cour).

Rue des Partants, on n'a pas finassé avec le bulldozer aussi retrouve-t-on seulement le numéro 30 dans sont état d'origine.

Les habitants de Ménilmontant qui ont connu le quartier avant ces multiples et récentes transformations font des récits bien nostalgiques de la démolition, des expulsions et de la reconstruction qu'ils ont vécues ici. Tous témoignent de l'esprit chaleureux et populaire de l'ancien "Ménilmuche", d'un esprit de village et d'un mode de vie aujourd'hui presque oublié. Et tout cela contraste tristement avec les images actuelles d'un quartier aseptisé et sans âme.

Aussi c'est bien un constat à la fois révolté et désabusé d'un immense gâchis urbanistique et humain, qu'il faut désormais dresser.


>> "Les Amandiers", déjà sur Parisperdu

>> "Les Amandiers". Projet de l'architecte Antoine Grumbach: "Quartiers anciens, approches nouvelles" 1998

 

 

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Comment un quartier se transforme : l'exemple du 10ème arrondissement.

4 Février 2016, 09:17am

Publié par barreteau

Comment un quartier se transforme : l'exemple du 10ème arrondissement. 

179 Rue Saint-Maur, 75010 Paris

 

Des rues qui se métamorphosent, des commerces qui disparaissent, des prix qui grimpent… A Paris, en quelques années, des quartiers entiers peuvent voir leur identité complètement remise en question.
Exemple dans le 10ème arrondissement de Paris.

Considéré jusque dans les années 1990 comme un quartier "mort", le sud du Xe arrondissement de Paris est en pleine transformation. Décrit comme le nouveau paradis "bobo" de la capitale, les grossistes en prêt-à-porter et les salons de coiffures africains ont peu à peu été remplacés par d'innombrables bars à bières et autres cafés festifs … à la mode du moment.

Seules quelques petites bijouteries fantaisie apportent, avec des enseignes telles "Merveilles & Bagatelles", "Paris Gold" … un peu de diversité à un quartier qui désormais en manque passablement.

 

 

>> Voir aussi "Gentrification".

 

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La petite fille de Venise.

22 Janvier 2016, 20:57pm

Publié par barreteau

 

 La petite fille de Venise.

Fondamente Nuove _Venise 1959 © Willy Ronis

 

Pour moi, il n'est pas question d'aller à Venise sans aller faire un tour au Fondamente Nuove. Et lorsque je suis sur ce quai, invariablement je pense à cette petite fille que Willy Ronis a photographiée ici. C'était en 1959.

Plus aucun enfant ne joue désormais là, ni au bord de la lagune ou le long des canaux de Venise... La cité des Doges est devenue bien trop touristique, bien trop encombrée pour laisser le moindre terrain de jeux aux enfants ….

Pourtant de nouveau, le mois dernier, je suis allé vérifier si, au Fondamente Nuove, la magie révélée par l'image de Ronis, opérait encore … ?

Aujourd'hui le quai n'est plus qu'une accumulation de pontons (les "zattere"), de mâts affublés de caméras de surveillance, de cabines et d'installations diverses … si bien que, si par le plus grand des hasards, une petite fille s'aventurait sur la lagune, on ne la verrait même pas …

Pourtant il nous reste le cadre de l'image, tel que Ronis l'a choisi. Il a peu changé avec son palais en toile de fond comme pour nous dire que malgré le temps qui passe, nous sommes bien encore et toujours à Venise … Une cité unique au monde, incomparable et … espérons-le … éternelle.

Alors une fois encore, merci Willy …

 

>> Le quai "Fondamente Nuove" aujourd'hui (2015) et hier (1959).

>> Analyse d'une photographie d'enfant.

 

 

 

 

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Belleville entend défendre son territoire.​

22 Janvier 2016, 20:51pm

Publié par barreteau

 Belleville entend défendre son territoire.​
Au
48 rue Ramponeau_Paris 20ème: le fond de la cour et la porte de la métallerie Grésillon

 

Comme chaque décennie depuis les années 70, Belleville doit faire face à une nouvelle vague de rénovation urbaine qui, ici comme dans d’autres quartiers du Nord-Est de Paris, conduit à repousser toujours davantage aux marges de la ville ceux qui, hier encore, parvenaient tant bien que mal à s’y loger et aussi à y mener leurs activités.

Toutefois, aujourd'hui enfin, Paris entend lutter contre la désindustrialisation en constatant qu'elle ne peut pas tout sacrifier sur l’autel du tourisme. 

Nous avons déjà parlé ici du cas de la cour du 48-50 rue Ramponeau où l'atelier de métallerie Grésillon et d'autres ateliers mitoyens sont menacés par la spéculation immobilière. Face à cette tendance lourde, observable à Paris comme dans toutes les capitales où les scintillements de la ville touristique et de la rentabilité à court terme aiguisent les appétits, il conviendra de suivre avec attention les conclusions que la mission "Fabriquer à Paris" a récemment rendues.

Il faut rester confiant car Belleville a déjà su, dans le passé, faire entendre la voix de ses habitants et faire revenir à la raison ceux qui envisageaient de construire le quartier sans sa population.


>> Conclusions et préconisations du rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation "Fabriquer à Paris" 

>> Le 48 rue Ramponeau ne veut pas mourir …


>> Cour de la métallerie Grésillon.

 

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Une association, empêcheuse de bétonner en rond !

18 Janvier 2016, 09:42am

Publié par barreteau

 Une association, empêcheuse de bétonner en rond !
3 villa de l'Ermitage_Paris 20ème (juin 1997)

 

Dans les années 90, la Villa de l’Ermitage n'était encore qu'une suite de bicoques branlantes et d'ateliers d’artisans où régnait une atmosphère de quiétude heureuse. Puis le progrès en marche passa au bulldozer la plupart des villages du 20ème arrondissement, bétonnant allègrement le secteur. Village champêtre au cœur du tissu urbain, la survivance de la Villa de l’Ermitage n’a pourtant pas été évidente face à l'avidité des promoteurs.

Mais l’association de préservation "Viva Villa" de la Villa de l’Ermitage veillait au grain et fut ici l'empêcheur de bétonner en rond.

Alors, aujourd'hui, les petites maisons de ville, les pavillons, les ateliers d’artistes bordés de jardinets et de courettes, et d'autres constructions hétéroclites pleines de charme sont encore là … et c'est un petit miracle.

La Villa de l’Ermitage reste donc un confetti verdoyant, mémoire d’un quartier disparu célébré depuis longtemps par les photographes amoureux de Paris.


>> La villa de l'Ermitage déjà sur Parisperdu

>> L’association "Viva Villa"(statut)

 

 

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