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PARISPERDU

Daltonien ?

17 Avril 2018, 18:36pm

Publié par barreteau

Daltonien ... ?

Graff à la craie – Place Mazas Paris 12ème (février 2018)

 

C'est en observant un géranium à la lumière d'une chandelle que le chimiste anglais John Dalton eut le sentiment qu'il ne percevait pas correctement les couleurs. Et c'est ainsi que fût identifiée, dès la fin du 18ème siècle, l'anomalie de perception des couleurs nommée logiquement "daltonisme".

J'ai immédiatement pensé à cette anomalie de la vision quand j'ai vu ce graff place Mazas, juste après avoir traversé le pont d'Austerlitz. Car en effet comment interpréter ce graff où l'on lit "Bleu" alors que pour le tracer on a utilisé toute la palette des couleurs ?

 

>> Graff, Tag, art-urbain ou street-art sur Parisperdu

 

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Un aller-retour Paris – Pondichéry.

11 Avril 2018, 14:31pm

Publié par barreteau

Un aller-retour Paris – Pondichéry.

Murungapakkam, banlieue de Pondichéry (2012) et Rue des Anglais_75005 Paris (2018)

 

En balade dans le quartier Saint Michel, j'emprunte la rue des Anglais en espérant apercevoir quelque chose de typique d'outre-manche, quelque chose de "so british"
Mais bien au contraire, à l'endroit où la rue se rétrécie, c'est un morceau de France arraché à l'Empire britannique des Indes qui se révèle à mon regard : la Paillotte Pondichérienne !

Certes ce petit restaurant indien a connu des jours meilleurs car aujourd'hui il est fermé et l'immeuble semble voué à la démolition ou pour le moins à une profonde restructuration. L'ensemble n'est pas très reluisant aussi me fait-il immédiatement penser à ces petites échoppes que l'on rencontre en bords de route dans la banlieue de Pondichéry.
Je me souviens de l'une d'elles, celle d'un tailleur qui avait pompeusement baptisé la sienne "Paris Tailors Ladys and Gents specilist" (sic)

A cet instant, je venais de faire un aller-retour express entre Paris et Pondichéry !


>> L'Inde sur Parisperdu

 

 

 

 
 

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La Gare d'Australie … ?

6 Avril 2018, 08:53am

Publié par barreteau

La Gare d'Australie … ?

Ce sont deux fillettes, elles montent "pile au buzzer" dans la rame du métro. L'une doit avoir 10-11 ans, l'autre semble être sa sœur cadette et n'a pas plus de 7 ans.
La petite a le souci de l'orientation car immédiatement elle cherche à déchiffrer le plan de cette ligne n°10 qui s'affiche au-dessus des vitres de la voiture. Elle questionne alors sa sœur : "On va jusqu'à la Gare d'Australie ?" lance-t-elle.

L'ainée instantanément pouffe de rire : "Gare d'Australie … n'importe-quoi" fait-elle dans un grand rire moqueur.
La petite, un peu vexée regarde alors avec encore plus d'attention le plan et rectifie : "Ah oui, c'est la Gare d'Australitz !
Cette fois l'ainée ne rira pas, elle se contentera d'un haussement d'épaule marquant un dépit certain. La candeur des jeunes enfants est parfois décourageante …

 

>> Sur le quai de la gare d'Austerlitz, la naissance d'une idylle ...

>> Massacre à Austerlitz.

 

 

 

 
 
 
 
 
 

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"Le Rectangle" : la photographie pure à la française.

1 Avril 2018, 09:40am

Publié par barreteau

 "Le Rectangle" : la photographie pure à la française.
  Ilse Bing : Trois hommes assis sur des marches près de la Seine, Paris, 1931

En 1937, Emmanuel Sougez fonde, avec le soutien de René Servant et de Pierre Adam, le groupe "Le Rectangle".  Sougez devient alors le Président de la première "Association de Photographes Illustrateurs et Publicitaires" de France. Le nombre de participants est volontairement réduit à 13 (Pierre Adam, Marcel Arthaud, Serge Boiron, Louis Caillaud, Yvonne Chevalier, André Garban, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Gaston Paris, Philippe Pottier, Jean Roubier, René Servant et Emmanuel Sougez).


Le Rectangle prône l’élitisme tout en militant pour une "photographie française" car Sougez croit en une nationalité de la photographie professionnelle, en un génie photographique spécifiquement français.
Par ailleurs, le président du Rectangle est parmi les premiers à percevoir la dichotomie qui existe entre la pratique professionnelle de la photographie et la formation des photographes, il sait aussi que les photographes sont formés "sur le tas" ou, s’ils en ont les moyens, au sein d’établissements étrangers (Tabard aux États-Unis, Zuber et Ilse Bing en Allemagne, par exemple). Il veut donc lutter contre cette vague de photographes étrangers ou formés à l'étranger qui, depuis dix ans, déferle sur Paris, imposant selon lui : "d’infâmes images sans valeur ni soin".

Pour Sougez, il y a donc les bons et les mauvais photographes. Ces derniers écraseraient par leur pléthorique production le travail des premiers qui, de facto, deviendraient invisibles des galeristes, des éditeurs et des patrons de presse.
Sans doute les photographes du Rectangle sont-ils de bons professionnels, mais leur photographie et leurs pratiques n’existent déjà plus aux yeux du public quand ils portent leur groupe sur les fonts baptismaux. Et, leur unique exposition de 1938 va démontrer un énorme décalage avec la réalité du moment car le nouveau média photographique n’est pas un art mais, comme le démontre Gisèle Freund, il est surtout un "puissant instrument politique" et, avec le cinéma, "un réel besoin pour le public". La presse illustrée n’est plus celle que Sougez connaît depuis longtemps car dans Vu, dans Regards, la photographie n’illustre plus le texte, elle est article à part entière.

Pendant l’Occupation, alors que bon nombre de photographes seront contraints à l’exil, alors que certains devront se cacher, la plupart des membres du Rectangle continuent à travailler et en 1941, agréés par Vichy ou par les autorités allemandes, les photographes du Rectangle accepteront la censure pour continuer à pratiquer "leur" photographie.
Toutefois à partir de 1942, Le Rectangle est contraint de mettre ses activités en sommeil. Dès la guerre finie, ils feront renaître leurs rêves en fondant, en 1946, le "Groupe des XV" dont la doctrine est : "Respect du procédé – vraie photographie – négatif parfait". Et si possible, pas de retouche, cette bonne à tout faire des mauvais photographes ! Pas de flou non plus, ce "style de myope" ! Et le plus possible d’idées neuves, d’angles nouveaux, d’originalité. Seule compte la bonne vieille tradition, celle des Nadar, Atget … mais c'est aussi celle qu'adoptera avec un souffle nouveau un certain … Henri Cartier-Bresson !


>> Ilse Bing :  Autoportrait aux deux miroirs (1931)

>> Le Groupe des XV

 >> Les inconnus du Groupe des XV



 

 
 

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"Paris vu par un chien"

26 Mars 2018, 10:08am

Publié par barreteau

"Paris vu par un chien"

La petite fille de la rue Soufflot,_"Paris vu par un chien"1962_Photo © Jean Louis Swiners

 

Lorsque vous déambulez dans Paris, plutôt que de prendre les choses de haut, mettez-vous donc à leur niveau et vous allez alors retrouver la taille, la posture ou le regard d'un enfant … voire d'un chien !

C'est en tout cas, ce que préconisait Jean-Louis Swiners, auteur de la série de photos "Paris vu par un chien". "Mettez-vous en situation et vous verrez des choses" ajoutait-il.

Aujourd'hui, le manche à selfie démocratise cette pratique. Attention toutefois à ne pas vous faire embarquer par la police qui arrête depuis des décennies les messieurs indiscrets explorant sous les jupes des dames. Le musée de la Mondaine, dans les locaux de la Préfecture de Police de Paris, possède ainsi plusieurs exemplaires de diverses "cannes photographiques".

Faut-il alors s'allonger franchement sur le sol, le cadrage n'en sera que plus précis, mais l'Homo erectus n'a pas l'habitude de cette position qui pourtant peut magnifier le sujet photographié tout en le rendant insolite. La solution peut aussi venir des écrans de visée pliables qui facilitent l'exercice, sans avoir à se mettre au ras du bitume.
Au final, "Paris vu par un chien" n'est donc pas un exercice aussi facile qu'il y parait … dur, dur la vie de chien !


>> Jean-Louis Swiners, prix Niepce 1962

>> Jean-Louis Swiners, déjà sur Parisperdu

 

 

 

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Rue Pierre Dac … mort de rire !

20 Mars 2018, 11:20am

Publié par barreteau

Rue Pierre Dac … mort de rire !

La rue Pierre Dac vue des escaliers entourant la station de métro Lamarck – Caulaincourt. 75018_Paris (2017)

 

Voici ce qui pourrait s'apparenter à un canular mais que l'on peut néanmoins certifier être exact : la rue Pierre-Dac, existe bel et bien.  Elle est située dans le 18ème arrondissement de Paris, à la hauteur du 101 de la rue Caulaincourt.

La voie a ainsi été nommée en 1995 en hommage au comédien, humoriste et membre de la Résistance, Pierre Dac, qui avait un domicile 49, avenue Junot, à deux pas de cette rue.

On pourra se souvenir que, non loin de là, la Cité Véron fut, pour une courte période durant l'année 1994, nommée "rue Pierre-Dac" puis rebaptisée de son nom initial.

L’actuelle rue Pierre Dac, très courte, est constituée de deux escaliers typiques de la colline de Montmartre, qui entourent l'entrée de la station de métro Lamarck - Caulaincourt. Elle permet une échappée visuelle vers la colline, avec un certain "esprit d’escaliers" que n'aurait pas renié l'humoriste !

Qu’on nous permettre ici de soumettre un exemple des nombreuses maximes du sieur Dac :

"Un concerné n'est pas forcément un imbécile en état de siège pas plus qu'un concubin n'est obligatoirement un abruti de nationalité cubaine".

Rappelons également que Pierre Dac est l'inventeur du Schmilblick, un objet rigoureusement intégral puisqu'il ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout !
Avec Pierre Dac et sa rue, c'est certain, on est … mort de rire !!!

 

>> Fernand Raynaud a lui aussi sa rue …

 

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Des immeubles d’angle particulièrement spectaculaires.

15 Mars 2018, 09:22am

Publié par barreteau

Des immeubles d’angle particulièrement spectaculaires.

 

Angle 8-10 rue Carpeau et 136-138 rue Lamark _Paris 18ème (juin 2017)

 

A l’angle du 8-10 rue Carpeau et du 136-138 rue Lamark, il est un immeuble d’habitation que l'on identifie aisément comme une construction des années 50, tant la disposition de ses retraits successifs et de ses conduits de cheminées, plutôt gigantesques, sont révélateurs de cette époque.

Les différents retraits des façades résultent de l'application stricte du règlement d’urbanisme parisien en vigueur à l’époque et qui prescrivait que « la verticale du gabarit doit correspondre à la largeur de la voie (c'est la fameuse loi H=L).

Quant à ces sorties de cheminées, elles obéissent à une autre réglementation, également très stricte : un conduit de fumée pour chaque cuisine et un autre conduit pour chacune des deux ou trois autres pièces ; tout ceci donne un rendu monumental. 

Alors, la conjonction des deux contraintes rend, encore aujourd’hui, la vision de ces immeubles d’angle particulièrement spectaculaires.



>> Architecture et logement sur Parisperdu.

 

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Les 30x40 / Club photographique de Paris.

10 Mars 2018, 16:52pm

Publié par barreteau

Les 30x40 / Club photographique de Paris.

Rue de l'Evangile, Paris 1958, Photo ©Jean-Claude Gautrand

 

Les 30x40 ou "Club photographique de Paris" est créé à Paris en 1952 par les photographes professionnels Roger Doloy, Jean-Claude Gautrand et Jean-Pierre Sudre.

Le nom du club, "Les 30×40", provient des dimensions minimales, en centimètres, des tirages admis à la sélection pour les expositions que le groupe organisait régulièrement dans le lobby du Studio 28. Le Studio 28 est un cinéma situé au 28, rue Tholozé à Paris dans le 18ème arrondissement. Ce cinéma existe encore aujourd'hui.

"Les 30×40" éditaient aussi un cahier bimensuel : "Jeune photographie", dont la qualité de ses textes suppléait à l'absence de photographie, impossible à éditer dans une publication ronéotypée !

Le club comptait parmi ses membres, rien de moins que six prix Niepce: Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Jean-Pierre Ducatez, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners et Patrick Zachmann.

Après une période faste autour des années 70, le club a été dissout en 1998.

 

>> Déjà sur Parisperdu : "Jean-Claude Gautrand, L'assassinat de Baltard, Paris 1971"

 

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J'ai essayé le bokeh dans la nuit parisienne …

4 Mars 2018, 08:46am

Publié par barreteau

 

Les Champs Elysées, Paris_ Février 2018

 

Le "bo" quoi ?  Le bokeh (à prononcer "bokè") est un mot d'origine japonaise, qui se traduit en français par "flou". C'est aussi le terme utilisé en photographie, non pas pour décrire une image ratée, mais au contraire pour désigner la qualité "artistique" de la partie de la photo où la mise au point n'a pas été effectuée.

Il s'agit donc d'un flou d'arrière-plan, obtenu avec un téléobjectif lumineux et une ouverture maximale afin d'avoir une très petite profondeur de champ.

Pour savoir si vous avez réussi votre bokeh, il suffit alors de regarder si votre sujet est bien net et votre fond bien flou.

Alors que pensez-vous de ce bokeh que j'ai dernièrement capturé dans la descente des "Champs" … ?

 

>> Le bokeh pour les débutants, sur nikon.fr

 

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M. Barbès et Mme de Rochechouart.

26 Février 2018, 11:00am

Publié par barreteau

 

 M. Barbès et Mme de Rochechouart.

Station de métro Barbès-Rochechouart Paris 18ème (18 décembre 2014_ 18h20)

 

Tout comme Monsieur Lefèbvre et Mademoiselle Utile ont donné leurs initiales aux petits beurres "LU", M. Barbès et Mme de Rochechouart ont donné leurs noms à la station du métro parisien "Barbès-Rochechouart".

Mais au fait qui sont-ils ?
Armand Barbès fut un opposant à la monarchie de Juillet. Républicain et révolutionnaire, il fut, avec l'anarchisme Auguste Blanqui, le chef de file de l'insurrection de mai 1839 qui avait pour projet de renverser le roi Louis-Philippe. Mais cette attaque sera un cuisant échec. Elle aura non seulement pour résultat, de signer la fin d'une amitié entre Blanqui et Barbès mais aussi celle de faire arrêter ce dernier et de le condamner à mort. Pourtant grâce à une intervention de l'illustre chef de file des Romantiques, Victor Hugo, Barbès sera finalement gracié.
En 1848, il tente -en vain- de créer une nouvelle République en profitant d'une insurrection à l'Hôtel de ville de Paris. Cette dernière déconvenue lui laisse un goût si amer que Barbès décide de plier bagages pour les Pays-Bas et de ne plus jamais revenir en France. Il meurt là-bas en 1870.

Et qu'en est-il de "Rochechouart" ?
Née Marguerite de Rochechouart de Montpipeau, cette religieuse fut - à la jonction du XVIIe et XVIIIe siècle - l'une des abbesses de Montmartre. Elle dirige même la célèbre abbaye de 1718 à 1727.

"Rochechouart" fait partie des rares stations du métro parisien à porter le nom d'une femme. Et, reconnaissez que, le nom d'un anarchiste, Armand Barbès, accolé à celui d'une abbesse, répondant au merveilleux nom de Marguerite de Rochechouart de Montpipeau, c'est tout de même savoureux.

 

>> A Barbès, les nouveaux marchés de la misère.
 

>> Le Louxor, renaissance à Barbès.

 

 

 

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Les Inconnus du Groupe des XV.

20 Février 2018, 09:12am

Publié par barreteau

Les Inconnus du Groupe des XV.

Café à l'angle rue de la Grange aux Belles et quai de Jemmapes, Paris (Xème arr.) 1396,
©Photo : Pierre Jahan, in "Paris la nuit".

 

Le Groupe des XV est créé à Paris en 1946 par 15 photographes. Outre André Garban, le fondateur du Groupe, les 14 autres membres sont alors : Marcel Bovis, Yvonne Chevallier, Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Edith Gérin, René-Jacques, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Lucien Lorelle, Daniel Masclet, Philippe Pottier, Willy Ronis, Jean Séeberger et René Servant.

Pendant plus de 10 ans, jusqu'à 1957, date à laquelle le Groupe va cesser ses activités, certains membres vont quitter le Groupe alors que d'autres photographes vont le rejoindre.

Dans les années 50-52, parmi les nouveaux entrants, beaucoup sont des photographes humanistes dont nous avons déjà longuement parlé dans Parisperdu. Ainsi, Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab feront partie, pour des périodes plus ou moins longues, du Groupe des XV.

Mais certains membres, surtout parmi ceux qui ont fait partie du groupe dès sa fondation, restent encore aujourd'hui peu connus, on peut ainsi citer par exemple: Lucien Lorelle , Daniel Masclet, Philippe Pottier, Jean Séeberger, René Servant, Louis Victor Emmanuel Sougez, François Tuefferd, Pierre Jahan ou Yvonne Chevallier.
Et même les deux co-fondateur du Groupe : André Garban et Henri Lacheroy sont encore aujourd'hui restés dans l'ombre.
Tous ceux-là forment ce que l'on appellera : "Les Inconnus du Groupe des XV".

 

 

>> Le Groupe des XV sur Parisperdu.

 

 

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Le Groupe des XV.

14 Février 2018, 15:38pm

Publié par barreteau

Le Groupe des XV.

Le Groupe des XV, vers 1946_ Photo ©Jean-Marie et Pierre Auradon

De gauche à droite et de bas en haut : photographe debout (de dos) non identifié, Robert Doisneau (couché), Lucien Lorelle, Willy Ronis, Pierre Jehan, Marcel Bovis (au premier rang) ; Jean-Marie Auradon, Marcel Amson, photographe non identifié portant un chapeau, Emmanuel Sougez, Jean Séeberger, André Gaban (debout au second rang) ; sur l'escabeau, Suzanne la femme de Jean Séeberger, prend la photo.

 

Le groupe des XV est fondé à Paris en 1946 par 15 photographes, d'où son nom …
Il a deux objectifs principaux : faire reconnaître la photographie comme moyen d'expression artistique à part entière et œuvrer à la sauvegarde du patrimoine photographique français.

Pour faire connaitre le Groupe, André Garban, son fondateur, organise chaque année, une exposition collective, souvent dans une galerie parisienne. Et c'est dans son studio de portraits, situé rue Bourdaloue, près de l'église Notre-Dame-de-Lorette, que se tiennent les réunions du Groupe. André Garban organise aussi, dès 1946 le Salon national de la photographie, dans la galerie Mansart de la Bibliothèque nationale.

Outre André Garban, ses membres historiques sont : Marcel Bovis, Yvonne Chevallier, Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Edith Gérin, René-Jacques, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Lucien Lorelle, Daniel Masclet, Philippe Pottier, Willy Ronis, Jean Séeberger et René Servant.

Autour des années 50 – 52 d'autres photographes viendront rejoindre ce Groupe, comme par exemple : Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab ...

Tous défendent les qualités formelles, la maîtrise technique et les valeurs du métier, excluant le pictorialisme et la photographie subjective sans pour autant rejeter les idées neuves, l'originalité, les angles nouveaux. Ils ne dédaignent ni le surréalisme - cher à Pierre Jahan - ni les apports de la nouvelle objectivité.

Ces photographes, tous professionnels, tirent leurs revenus de commandes publiques et privées. Ils collaborent avec la presse (Plaisir de France, Réalité...) et l'édition.

Ce groupe, dissous en 1957, n'est en rien dogmatique et cherche principalement à défendre la photographie française face à l'hégémonie américaine de l'époque. Les photographies faites par ces membres ont souvent le même point commun : la représentation de scènes de rue témoignant de la vie quotidienne et traditionnelle des Français. C'est à ce titre que l'on peut rapprocher le Groupe des XV de la photographie humaniste.

 

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

 

 

 

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La photographie est un défi à la disparition.

8 Février 2018, 12:13pm

Publié par barreteau

 

La photographie est un défi à la disparition.

      Arrière cours, rue de Belleville (1997)

 

Dans les années 70, François-Xavier Bouchart est l'un des seuls photographes, avec Henri Guérard, à quadriller systématiquement Belleville pour prendre des clichés de l'ensemble du quartier, et y compris de certaines rues et passages aujourd'hui disparus : le passage des Faucheux, le passage Kuzner, la rue Vincent …

Ces photographes nous montrent essentiellement des façades d'habitations défraîchies, des arrières cours lépreuses, d'anciens commerces, mais aussi les enfants de ces quartiers, les terrains vagues après des destructions d'immeubles ...
Leur travail propose un regard personnel sur ce quartier populaire si bien mis en images par Willy Ronis, dans les années 50, alors que Belleville et Ménilmontant étaient encore intacts.

Bouchart et Guérard ont voulu photographier ces mêmes lieux durant leur phase de mutations urbaine, économique et sociale. Ils voulaient aussi poursuivre l'inventaire que menait, également à cette époque, Georges Perec pour son documentaire "En remontant la rue Vilin", et fixer dans le bromure d'argent, les restes de ce Paris populaire qui était en train de disparaître.

Aujourd'hui la rue Vilin, même au trois-quarts raccourcie et avec un tracé modifié, a tout de même conservé son nom ; aller au-delà aurait été une insulte à la mémoire et à l'œuvre de George Perec.

Heureusement la photographie est un défi à la disparition car tous ces photographes qui ont arpenté Belleville, Ménilmontant et Charonne, ces hauts quartiers de l'Est, nous donnent à voir un "conservatoire du Paris populaire".

 

 

>> Photographe d'urgence à Belleville

>> Le Belleville des années 70 vu par François-Xavier Bouchart

>> Henri Guérard, photographe : la rencontre manquée.

>> Voir aussi : Le regard sur la ville.

>> La rue Vilin, planche-contact par Pierre Getzler©, juin 1970

 

 

 

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Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

2 Février 2018, 12:06pm

Publié par barreteau

Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

    Rue de Ménilmontant _ Paris 20ème

 

C'est Willy Ronis qui nous parle de son attachement à Belleville et à Ménilmontant :

"Ce quartier, dans l’imaginaire des petits bourgeois qu’étaient mes parents, avait une connotation très péjorative, c'était un quartier de voyous. Je le découvre fin 1947. Ma femme qui était peintre, connaissait un garçon du nom de Daniel Pipard qui habitait 88 rue de Ménilmontant et qui lui avait dit : "Tu devrais venir avec ton mari chez nous, j'ai un chic atelier dans une petite impasse, rue de Ménilmontant, et tu verras, c'est un quartier intéressant."

Et c’est ainsi qu'accompagnant ma femme, j’ai fait la connaissance et des Pipard et du quartier. Daniel Pipard m’a emmené deux ou trois fois voir certains coins pittoresques du quartier et je me suis pris d’un très grand intérêt pour Belleville et Ménilmontant et au bout d'un certain temps, je lui ai dit : "Laisse-moi maintenant, je vais faire des photos, on verra bien ce qui en sortira."
Et chaque fois que j’avais un peu de temps devant moi, je sautais sur ma moto mais comme à cette époque, j'habitais le 15ème, je traversais donc tout Paris pour voir ce quartier et pour aller chez cet ami peintre. Et puis voilà, je me suis pris d'intérêt, d’affection pour ces lieux mais je ne l’ai pas fait en chercheur et en historien, je l'ai fait simplement au pif, comme ça. Je me promenais comme dans une ville étrangère que j’étais peut être amené à ne jamais revisiter.
Je suis assez peu entré chez les gens, j’ai surtout musardé par les rues et les passages. C’est ainsi que j'ai engrangé beaucoup de documents entre novembre 1947 et 1950. Je pensais qu’il y avait là matière à un album. J'ai montré mes photos à une dizaine d'éditeurs, mais ça n’a intéressé personne. Entre temps, j’ai fait la connaissance de Pierre Mac Orlan que Daniel Pipard connaissait bien et qui a bien voulu, à tout hasard, m’écrire une préface pour ce projet. Voyant que je n'obtenais aucun succès en montrant ces photos, je les ai fourrées dans un tiroir et je n’y ai plus pensé.

En 1953, j'ai eu un jour la visite de Claude Arthaud, la fille de Benjamin Arthaud, le fondateur des éditions, et elle me dit : "Voilà, mon père m’a confié la direction d'une collection qui s’appellera Les Imaginaires et j’aimerais bien, connaissant votre travail, commencer avec un album signé de vous. Est-ce que vous avez un sujet que vous voudriez bien traiter ? " Alors je lui dis : "Non seulement cette idée me plaît mais j'ai quelque chose de tout prêt". J’ai ouvert le tiroir où dormaient depuis très longtemps toutes ces photos et cela lui a beaucoup plu. La première édition a paru en 1954. Ce livre a eu un succès d’estime mais une bonne partie est partie dans les boîtes des quais et ensuite rachetée par des soldeurs.

Entre temps, je m'étais tellement épris du quartier qu’il n'était pas question de ne pas y retourner parce que le livre était paru. J’ai donc continué à y faire des photos dans les années cinquante et soixante et puis ma vie a pris un autre tour, j’étais préoccupé par d’autres sujets. D'ailleurs entre 1972 et 1983, ma femme et moi, nous avons quitté Paris pour le Vaucluse et je n’y ai plus pensé. Mais si je me plaisais beaucoup dans le Midi, j’avais quand même une certaine nostalgie de ma vie antérieure.

Et donc en 83, j'avais reparlé chez Arthaud d’une éventuelle réédition du livre car on n’en trouvait plus sauf chez des libraires spécialisés où ils se négociaient fort cher. L'éditeur a acquiescé et la deuxième édition est parue en 84. Elle a été épuisée en trois mois. Depuis il y a encore eu deux autres éditions.
Dans le quartier, il y avait naturellement les nostalgiques, les gens qui habitaient là et qui ont vu changer le quartier, pas en très bien la plupart du temps, et puis également les gens qui s’intéressaient au vieux Paris et pour qui ce livre était un reflet du vieux Paris disparu, enfin presque entièrement disparu".

Après avoir lu cela, vous comprenez aisément pourquoi Parisperdu porte un si vif intérêt à ce quartier de Paris et aussi au photographe qui en a si bien restitué l'atmosphère si particulière et si attachante. Un grand merci, un très grand merci Willy …


>> Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

>> La traversée de Belleville par Willy RONIS.

>> Parisperdu, la genèse du blog.

 

 

 

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Les lumières de l'Evangile.

27 Janvier 2018, 17:28pm

Publié par barreteau

Les lumières de l'Evangile.

Quartier de l'Evangile, Station Rosa Parks, Paris 18e et 19e, février 2016.

 

Je suis revenu des dizaines de fois à cet endroit car je voulais sentir les saisons, la brume hivernale à l’aube, la pluie légère ou drue, la neige pourtant rare à Paris, mais aussi le soir à la tombée de la nuit. 

Chaque mois, chaque jour, chaque moment, la lumière varie sans cesse et pour le photographe, elle est très importante, primordiale même. Ici, elle permet aussi de restituer l'émotion ressentie avant la restructuration de ce quartier de l'Evangile, un quartier à cheval entre le 18e et le 19e arrondissement.

C'est un endroit unique dans la capitale, où trônaient autrefois les gazomètres, où l'on trouve encore aujourd'hui le dernier calvaire de Paris et où la rue sur quelques centaines de mètres semble se poursuivre sans fin entre ses deux murs semblables pour se perdre en elle-même …

Pour obtenir la bonne lumière, j’ai parfois attendu toute une journée. Je me souviens d’avoir poireauté ici cinq heures sous une pluie fine, légèrement abrité par la tranchée des chemins de fer de l'Est.
A la fin de la journée, un arc en ciel est apparu au-dessus des immeubles, des grues et des voies ferrées. Alors, c’est comme si la lumière diffractée était sortie de terre et qu'elle voulait nous restituer tout ce qui a ici disparu, enterré par ce nouveau quartier.
Un vieil adage ne prétend-t-il pas qu’au pied de l'arc en ciel, il y a un trésor ?
Ce jour-là, pour moi, c’était la photo parfaite.

 

>> Retrouvez le secteur de l'Evangile, sur Parisperdu.

 

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