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PARISPERDU

Photographes Humanistes (6/13) : Jean Marquis

5 Novembre 2017, 10:37am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (6/13) : Jean Marquis


Rue du Petit Musc, Paris, 1951.

 

Né en 1926 à Armentières dans le Nord, Jean Marquis doit ses débuts en photographie au grand photographe des années 1950 : Robert Capa, cousin de sa jeune épouse Susie. 
Il commence alors dans un laboratoire où il a l’occasion de visionner les planches contacts de grands photographes, comme Cartier-Bresson ou David Seymour. Puis il réalise un reportage sur la Deûle et les canaux du Nord, qui séduit Capa et qui le fait alors entrer à l'Agence Magnum.

Armé d’un Leica acheté à Henri Cartier-Bresson, il commence sa carrière de photo-reporter sans jamais laisser de côté sa recherche de sujets personnels.

Il suit d’abord le chemin de la photographie humaniste, dans une période de grands changements sociaux, avant de se tourner vers une photographie plus contemplative en apportant une vision nouvelle sur la photo industrielle et le monde du travail.

Jean Marquis a beaucoup photographié Paris. Il adorait marcher jour et nuit dans ce qu’il appelle "le théâtre de la rue". La mode, les hommes politiques, les grandes manifestations, les anciennes Halles, les écrivains et artistes en vue, les courses de chevaux, le cinéma, tout est passé devant son objectif, merveilleusement mis en scène par son regard précis et sa passion pour la lumière naturelle.

Jean Marquis, ce photographe humaniste trop longtemps oublié vient de fêter ses 91ans.
Je n'arrête pas de vous le dire : la photographie assure une belle longévité …

 

>> La Grande Expo Jean Marquis – "Un regard lumineux" au Salon de la Photo 2016

>>
Photographes Humanistes (5/13) : René-Jacques

 

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Des noms d'une grande banalité …

31 Octobre 2017, 12:30pm

Publié par barreteau

Des noms d'une grande banalité …

Cité Antoine Loubeyre _ Paris 20ème

 

Sur le territoire du 20ème arrondissement, pas de beaux monuments ou de choses spectaculaires à voir. D'ailleurs un signe qui ne ment pas :  les touristes ne s'y risquent guère.
Et, de surcroît, dans le secteur, les appellations des rues ne font pas vraiment rêver...
Elles doivent fréquemment leurs noms à des lotisseurs, à d'anciens propriétaires de terrains ou encore d'immeubles. Des noms devenus aujourd'hui d'une grande banalité …

Pour rehausser leur faible prestige, on leur a accolé les vocables plus séduisants de "Villa" : Godin, Hardy, Olivier Métra … ou de "Cité" : Adrienne, Antoine Loubeyre, Aubry, Bisson…

Mais au final, rien qui ne peut être comparé à une rue du Paradis, un passage du Désir, une allée des Brouillards ou une place des Fêtes …

 

>> Le 20ème, sur Parisperdu (environ 140 billets !!!)

 

 

 

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Photographes Humanistes (5/13) : René-Jacques.

26 Octobre 2017, 09:54am

Publié par barreteau

 

 Photographes Humanistes (5/13) : René-Jacques

Paris 1933, Photo : © René-Jacques.
 

Dès ses 20 ans René Giton "dit René-Jacques" se passionne pour la photographie et obtient un premier prix au Concours de photographie amateur de Royan.

Puis le jeune homme entreprend des études littéraires et de droit qui devraient lui ouvrir une carrière politique. Cependant, sans autre formation qu'un stage d'assistant chez le photographe Gilbert Boisgontier, il décide de faire de son loisir favori son métier, adoptant définitivement son nom d'artiste : René-Jacques.

Il entreprend alors des recherches personnelles, notamment sur Paris, qu'il photographie de jour comme de nuit, dans un registre à la fois impressionniste et poétique. On le remarque surtout pour ses compositions équilibrées, pour les tonalités subtiles de scènes de rues souvent désertes.

Dans les années 1950, il est l'un des fondateurs du Groupe des XV, un collectif de photographes qui comptera en autre Robert Doisneau et Willy Ronis. Ce groupe représente, à lui seul, le mouvement humaniste de la photographie française d'après-guerre.

Travailleur infatigable, régulièrement sollicité par la publicité qui apprécie son style élégant et novateur, René-Jacques ne renoncera jamais à son œuvre d'auteur humaniste. Des écrivains comme Léon-Paul Fargue ou Francis Carco recourent à lui pour illustrer leurs ouvrages, appréciant sa vision singulière du paysage urbain. C'est alors comme si la carrière littéraire, envisagée par René Guiton dans sa jeunesse, trouvait son aboutissement dans l'expression du photographe.

Il nous quitte en 2003, à l'âge de 95 ans. Quand je vous dis que la photo humaniste assure à qui la pratique une belle longévité : Ronis a vécu jusqu'à 99 ans …


>> Voir aussi : Paris dans l'œil des maîtres. (1/3)


>> Rétrospective René-Jacques au Jeu de Paume.

>> René-Jacques sur Parisperdu.

>> Photographes Humanistes (4/13) : Janine Niepce

 

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Les employés municipaux en action !

21 Octobre 2017, 10:00am

Publié par barreteau

Les employés municipaux en action !

 

Place du Parvis du sacré Cœur _ Montmartre Paris 18ème (mars 2017)

 

  • "Un employé municipal c'est un félin : on ne le voit pas arriver, on ne le voit pas repartir,
  • Ouais, finalement, c'est un peu comme s'il n'était pas venu …"

(Extrait du spectacle "Les employés municipaux" par LES CHEVALIERS DU FIEL)


>> "Les employés municipaux" / LES CHEVALIERS DU FIEL

>> Ailleurs aussi …

 

 

 

 

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Photographes Humanistes (4/13) : Janine Niepce.

16 Octobre 2017, 10:42am

Publié par barreteau



Rue St Vincent Paris,1950 © Janine Niepce

Janine Niépce est une lointaine parente de Nicéphore Niépce, l'un des inventeurs de la photographie. Toute sa vie, elle a choisi de fixer en noir et blanc des gens ordinaires et leur vie quotidienne, un travail qui la rapproche de photographes humanistes tels Robert Doisneau et Willy Ronis.

Née dans une famille de vignerons bourguignons, reconvertis dans la fabrication de décors de théâtre, elle entre, dans les années 40, dans la Résistance puis elle suit des études d'art et d'archéologie et se passionne pour la photo.
 
Elle devient photographe professionnelle dès 1946 et est alors l'une des premières femmes reporters. Influencée par Henri Cartier-Bresson, "le seul qui m'ait donné des conseils judicieux pour être reporter", elle entre chez Rapho en 1955. Ses photos retracent, dans la deuxième moitié du 20e siècle, l'évolution de la condition féminine, la vie agricole en voie de disparition, la période insouciante des Trente glorieuses ou encore l'effervescence de Mai 1968.

Janine Niépce eut un fils, décédé dans un accident de montagne.
Elle-même nous quitte un dimanche d'août 2007, à Paris, à l'âge de 87 ans.
Son talent photographique et sa gaieté sont reconnus par tous.


>> Janine Niepce, site officiel

>> Janine Niepce, déjà sur Parisperdu.

>>
Photographes Humanistes (3/13) : Jean Dieuzaide

 

 

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La place Goudeau, les Hydropathes et le Bateau-Lavoir.

10 Octobre 2017, 08:40am

Publié par barreteau



Place Émile-Goudeau, un matin de février 2017 (Paris 18ème)

 

Depuis 2010, un collectif d'artistes originaires de Montmartre ou de ses alentours fait revivre la tradition "hydropathesque" associant l'amour du vin et des lettres, autour d'évènements et de créations musicales, cinématographique, photographique, etc. …

Auto-défini comme un "collectif artistique et festif", c'est en se réunissant régulièrement Place Émile-Goudeau qu'ils firent la connaissance de leurs défunts prédécesseurs et décidèrent de porter à leur tour ce flambeau éteint depuis le XIXème siècle. 

Quand on leur demande "Pourquoi votre société a-t-elle pris le nom d'Hydropathe ?
On apprend qu'il s'agit d'un jeu de mot sur le nom du fondateur : Goudeau, c'est-à-dire "goût d'eau" et, pour des gens qui n'aiment pas beaucoup l'eau… cela donne "hydropathes". Et de surcroit, toujours dans la même veine, la société tient ses séances à l'hôtel Boileau … ! 

De l'autre côté de la place, il est un lieu mythique de la vie artistique parisienne : le Bateau Lavoir.

Dès le début des années 1900, l'endroit devient rapidement un lieu de rencontre, où l'on remarque la présence de Paul Gauguin, Pablo Picasso, Kees van Dongen, Juan Gris, Constantin Brancusi, Amedeo Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob, le Douanier Rousseau et de bien d'autres artistes moins célèbres.

La maison est compartimentée en petits logements d'une pièce, répartis de chaque côté d'un couloir rappelant les coursives d'un bateau, ce serait l'origine du nom de "Bateau". Pour "Lavoir", ce nom lui aurait été donné par Max Jacob car au Bateau Lavoir les conditions de vies sont précaires : on y crève de chaud en été et de froid en hiver, tout comme dans les Lavoirs publics de l'époque.

Malraux fera inscrire le Bateau Lavoir aux monuments historiques en 1969. Manque de chance, cinq mois plus tard, le bâtiment est détruit par un incendie.
Il ne reste aujourd'hui qu’une petite partie du bâtiment original.


>> Léon, gribouilleur place du Tertre.

 

 

 

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Photographes Humanistes (3/13) : Jean Dieuzaide.

5 Octobre 2017, 09:29am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (3/13) : Jean Dieuzaide
Vendeuse de billets de loterie, Paris 1960 © Jean Dieuzaide

 

Jean Dieuzaide est né en 1921 près de Toulouse. Très jeune il est passionné par la photographie, il ira même jusqu'à acheter un petit Vest Pocket et à développer lui-même ses films, puis il s'emploie à parfaire son expérience photographique dans cette région toulousaine qui lui est si chère, et à laquelle il restera fidèle sa vie durant.

Le 19 août 1944, lorsque Toulouse se soulève, il va à grands risques rendre compte de la libération de sa ville ; son magnifique portrait la même année, du Général de Gaulle lui vaut une reconnaissance publique.

Sous le pseudonyme de Yan, il devient alors photographe de presse. Exigeant et loyal, il choisit de ne s'intéresser qu'aux sujets qui lui semblent dignes d'intérêt. Et, refusant de rejoindre la capitale, Jean Dieuzaide valorise la beauté de sa région ; il observe avec bonheur les paysages du sud, leurs reliefs, leurs particularités, les offrant à voir sous un nouveau jour. Il reçoit pour cela le prix Niepce en 1954 et le prix Nadar en 1961.

La photographie se révèle pour Jean Dieuzaide comme le moyen d'expression le plus en harmonie avec son rapport au monde. Dieuzaide est un homme sensible, un photographe humaniste qui s’attache aux humbles, aux gestes du quotidien, revendiquant la grandeur et l’émotion qui se dégagent des gens simples, nous exposant sans détours cette foi en l'autre dans ce face à face que permet la photographie.

Mais Jean Dieuzaide s'est souvent positionné en artisan de la photographie, en illustrateur plutôt qu'en artiste et cela a longtemps desservi la reconnaissance de la valeur artistique de son travail. Et c'est sans doute aussi sa grande humilité, son choix de rester loin de la capitale qui ont longtemps freiné la pleine reconnaissance de son œuvre.

En 1970, il crée, avec ses amis : Clergue, Boubat et quelques autres, les Rencontres Internationales de la photographie à Arles.

Puis, en 1974, Jean Dieuzaide fonde à Toulouse la Galerie du Château d'Eau. C'est la première galerie française exclusivement dédiée à la photographie, toute sa vie il œuvra à faire connaître et reconnaître ce haut lieu de la photographie.

En 1977, Jean Dieuzaide alerte les pouvoirs publics sur la probable disparition du papier photographique baryté, car les fabricants veulent lui substituer les papiers plastifiés RC, moins riches en contrastes et bien moins durables. Après de multiples démarches et des débats passionnés, son combat aura gain de cause : les industriels reviendront sur leur décision d'arrêter la fabrication du papier baryté.

Dieuzaide nous quitte en septembre 2003. Il aura exercé son activité de photographe professionnel pendant soixante ans.

Aujourd'hui plus d'un million de négatifs consciencieusement classés et sur lesquels veille avec attention Jacqueline Dieuzaide nous laisse à penser que l'œuvre de ce grand photographe reste encore largement à découvrir …


>> Jean Dieuzaide, en savoir plus


 >> Toulouse acquiert le fonds photographique de Jean Dieuzaide et lui dédie un lieu : Le "lieuZaide", ouvrira en 2018.

>> Photographes Humanistes (2/13) : Sabine Weiss

 

 

 

 

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Voir Paris au travers du temps qui passe ....

2 Octobre 2017, 10:37am

Publié par barreteau

Voir Paris au travers du temps qui passe ....

 Paris, Musée d'Orsay

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La couleur de Paris.

27 Septembre 2017, 09:58am

Publié par barreteau

 

La couleur de Paris.

 

"De ma lucarne, j'ai vue sur Paris et je regarde les dômes, les flèches, les coupoles, les tours, les cheminées d'usines, les toits, les siècles, le gris du zinc, de l'ardoise et des fumées ou des brouillards. Le gris est la teinte dominante, mais un gris nuancé, différencié à l'extrême."

Extrait de "Tout sur le tout" d'Henri Calet

 

 

>> Quand Henri Calet traînait dans les quartiers pourris de Paris.

 

 

 

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Les Photographes Humanistes (2/13) : Sabine Weiss

22 Septembre 2017, 09:01am

Publié par barreteau

Les Photographes Humanistes (2/13) : Sabine Weiss

  L'homme qui court, Paris, 1953. © Sabine Weiss

 

(Billet dédié à Sarah, elle se reconnaîtra)

 

C'est sans doute la dernière grande représentante encore vivante de l’école humaniste de la photographie française d'après-guerre. Sabine Weiss, née en 1924, a aujourd'hui 93 ans … et 80 ans de prises de vue "derrière elle".
Et il faut croire que la photo humaniste assure, à qui la pratique, une belle longévité : Ronis a vécu jusqu'à 99 ans …

Sabine Weiss démarre la photographie très jeune, parce que la manipulation chimique du développement l'intéresse ; son père est ingénieur chimiste.

Genevoise d'origine, une peine de cœur la fait fuir à Paris en 1946. Elle y débarque au petit matin sans point de chute mais rapidement devient l’assistante du photographe de mode Willy Maywald. Trois ans plus tard, elle rencontre son mari – le peintre américain Hugh Weiss – et se lance comme photographe indépendante. Elle fait alors de tout : de la publicité, de la mode, du reportage et des portraits d’artistes.

En 1950, elle fait le portrait de Miro, ce qui lui vaut un rendez-vous avec le directeur de Vogue. Elle dira : " Je suis arrivée avec mes photos de clochards et de morveux. Un monsieur assis à côté de moi, hochait la tête en disant : « Bien, bien ». C’était Robert Doisneau. Je ne connaissais même pas son nom à l’époque. Tout de suite, il m’a proposé de rejoindre l’agence Rapho".

Le fondateur de Rapho, Charles Rado, exporte alors le travail de Sabine Weiss aux Etats-Unis, où elle devient plus connue qu’en France.

Sabine Weiss photographie beaucoup pour Vogue mais ce sont ses clichés en noir et blanc, des instantanés captés dans les rues de Paris, qui marqueront l’histoire de la photographie du XXe siècle.
Sens de la composition, maîtrise de la lumière et de l'instant décisif, elle s’inscrit dans la lignée d’un Cartier-Bresson ou d’un Willy Ronis, les géants de la fameuse "école humaniste française de l’après-guerre".  Plus tard, elle déclarera : "Je n’aime que les photographies prises dans la rue, au hasard des rencontres ". 

Photographes humanistes… Pourquoi a-t-on inventé ce terme ?
Parce que ces photographes sont sensibles aux gens qui les environnent et produisent des images pouvant paraitre simples, dépouillées, mais qui montrent la joie, le malheur, la vie de tous les jours d’un individu. Et, certaines de ces images, sans importance à l’époque, deviennent aujourd'hui capitales car la vie a changé.
Sabine a photographié surtout les gamins et les clochards des rues de Paris, les passants, les amoureux et les musiciens, avec une sensibilité et un talent de la composition formidable.

Dans les années 1980, Sabine Weiss multiplie les voyages et se penche notamment sur la thématique des religions.
Elle a arrêté la prise de vue il y a 2-3 ans car avec une épaule cassée, elle dit ne plus pouvoir tenir convenablement l’appareil….

C’est désormais la gestion de ses archives qui l'occupe car elle vient d'en faire le don au Musée de l’Elysée, à Lausanne : 200 000 négatifs, 7000 planches-contacts, quelques 2700 tirages vintage et 2000 tardifs, 3500 tirages de travail et encore 2000 diapositives… eh oui, 80 années de déclic ! Merci Madame !

 

>> Sabine Weiss, en juin 2016 (photo © Jacques Maugars)

>> Sabine Weiss, site officiel

>> 
Photographes Humanistes (1/13) : Marcel Bovis

 

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Trainée ou Poulbot ?

17 Septembre 2017, 09:45am

Publié par barreteau

Trainée ou Poulbot ?

Rue Poulbot Paris 18ème, février 2017

Jusqu'en 1967, au cœur du vieux village de Montmartre, l'actuelle rue Poulbot se nommait rue Trainée. Et, la petite impasse mal pavée qui donnait sur cette rue, portait le même nom, c'était l'impasse Traînée...

On peut penser que ce changement de nom est le bienvenu car il semble préférable de rendre hommage à l'artiste qui a immortalisé les gamins du quartier plutôt qu'à une trainée, une femme de mauvaises mœurs.

Erreur, vous n'y êtes pas du tout... car la traînée dont il s'agit n'est pas la femme des rues ou des impasses, c'est une manière de chasser les loups en tirant sur le sol une charogne qu'on met ensuite dans un piège dissimulé par une trappe. On disait alors que l'on chassait le loup "à la traînée".

Utrillo qui a peint l'impasse aurait du mal à la reconnaître aujourd'hui. Pourtant l'ancienne ruelle a conservé une allure de village avec ses maisons blanches, ses jardins et sa palissade en bois.
Au fond de l'impasse en pente, un portail bleu, et derrière celui-ci la cour de récréation d'une école : Eh oui, les Poulbots sont bien toujours là ! …


>> Je reviens d'une rue qui n'existe pas ...

>> "Impasse Trainée", par Utrillo

>> "Impasse Trainée", par Izis (1)

>> "Impasse Trainée", par Izis (2)

 

 

 

 

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Les Photographes Humanistes (1/13) : Marcel Bovis.

12 Septembre 2017, 10:56am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (1/13) : Marcel Bovis

Marcel Bovis, Boulevard Beaumarchais, Paris, 1954

 

Il y a une dizaine d'années, j'écrivais : "on ne se lassera jamais de regarder les images de ces photographes humanistes : celles des célébrissimes Ronis, Doisneau, Boubat, Izis, Brassaï et celles d'auteurs moins connus -mais tout aussi représentatifs de ce courant- que sont : Marcel Bovis, René-Jacques, Jean Dieuzaide, Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Édith Gérin, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab ..."
 

Et bien à partir d'aujourd'hui, je vais vous faire découvrir ou mieux connaître ces photographes humanistes peut-être moins célèbres mais tout aussi représentatifs de ce courant.

Ils sont donc 13 et le premier d'entre-eux, qui d'ailleurs est sans doute le plus connu, est Marcel Bovis.

Bovis est un photographe au tempérament discret, un travailleur acharné, un manuel et un homme curieux que tout intriguait.
Né à Nice en 1904, donc avant Willy Ronis (1910), Izis (1911) et Robert Doisneau (1912), Marcel Bovis découvre la photographie au service militaire, à Briançon. Premiers sujets : les paysages enneigés et ses copains de régiment, des photos qu'il développe dit-il : "dans l'écurie du colonel, le seul endroit où il y avait de l'eau".

C'est un hobby certes, mais il le pratique avec sérieux, patience et précision car, par exemple, n'ayant pas de cellule, il devait intuitivement deviner le temps exact de pose.

Tout en gagnant sa vie comme décorateur, Bovis continue à apprendre et, sur un coup d'audace, rejoint l'équipe de la revue Arts et Métiers graphiques. De cette époque des années trente, datent ses beaux reportages sur Paris la nuit, puis, plus tard, ses clichés sur les fêtes foraines, dont il saura préserver la densité poétique.

En 1941, désormais rattaché au monde de l'image, Marcel Bovis devient un photographe-illustrateur pour des éditeurs, ou même des auteurs. Chartres et ses vitraux, Bourges, Nîmes, Avignon, la France l'accueille à bras ouverts, comme naguère le fakir Motto Louis avec sa femme volante.
S'il est plutôt resté en coulisses, témoin modeste loin des stars et des sunlights, on lui doit toutefois un somptueux portrait de Duke Ellington. Marcel Bovis a aussi expérimenté les solarisations, tenté quelques collages, osé quelques nus et beaucoup étudié l'histoire de la photographie : ­ il était fou d'Eugène Atget et de son esprit indépendant, "fidèle à la ligne qu'il s'était tracée".
 
En 1991, Marcel Bovis fait don à l’État français de tout son trésor, plus de vingt mille négatifs et contacts originaux, réalisés entre 1927 et 1977.
"J'ai essayé de faire au mieux", confiera-t-il lors de sa rétrospective au Palais de Tokyo (1992), heureux de cet hommage qui lui donnait l'occasion d'évoquer Paris.
Il nous a quittés en 1997, il avait 93 ans …

 

 

>> Marcel Bovis au Grand Palais.

>> Les Humanistes sur Parisperdu

>> La photo humaniste a-t-elle un avenir ?

>> Voir aussi : Paris dans l'œil des maîtres. (3/3)

 

 

 

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Chais de Bercy : l'esprit d'un lieu en déshérence.

4 Septembre 2017, 10:15am

Publié par barreteau

 Chais de Bercy : l'esprit d'un lieu en déshérence

Rue du Mâconnais - Paris 12ème (1997)
 

C'est un décor fantôme, où l'on ressent l'abandon souverain qui habite le lieu.
Drôle de lieu d'ailleurs, presqu'un non-lieu …

Les jeux des lumières, les matières vieillissantes, les perspectives et la structure du bâtiment sont mis en évidence et magnifiés par le silence qui règne ici.
Ce silence omniprésent, parait correspondre à un temps qui se serait tu, il en émane une atmosphère énigmatique, questionnant le spectateur sur la vie passée et l'esprit de ce lieu en déshérence.

Mais il me semble que quelqu’un est là … alors que l'on n'aperçoit que … quelque chose ! Alors oui, en fermant les yeux, on imagine aisément la vie de ce local aujourd’hui abandonné. On devine le tintement des bouteilles, l'omniprésente odeur du vin rouge qui vous prend à la gorge, la silhouette furtive d’un maître de chais … Et toutes ces présences invisibles deviennent l’esprit de ce lieu désert.

 

 

>> Dans les Chais de Bercy.
 

>> Voir aussi: Aurélien Villette, photographe des lieux en déshérence.

 

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Cité de la Mairie.

2 Septembre 2017, 09:40am

Publié par barreteau

Cité de la Mairie.

La Cité de la Mairie, est une petite impasse d'à peine 25 mètres de long. Elle a l'air insignifiante mais elle nous en apprend beaucoup sur l'histoire de Montmartre et du 18ème arrondissement.

Son nom vient en effet du voisinage avec l'ancienne mairie de Montmartre. Celle-ci se situait à l’angle de la rue et de la Place des Abbesses. Le jeune Georges Clémenceau y siégera en 1870, ainsi que Jean Baptiste Clément, l'auteur du "Temps des Cerises".

Mais à compter de 1860, les Communes de Montmartre et de La Chapelle sont intégrées au tout nouveau 18ème arrondissement. Le petit bâtiment municipal de la Place des Abbesses devient alors très vite trop étroit pour faire face à l’augmentation de population.
Aussi, en 1892 la Mairie du 18ème est transférée Place Jules Joffrin. Toutefois, ce nouvel édifice ne sera achevé qu’en 1905. Aussi ce n'est qu'à cette date que l’ancien bâtiment, voisin de la Cité de la Mairie sera démoli.
À son emplacement se tient aujourd’hui le Square Jehan Rictus, avec son célèbre "Mur des Je t'aime".


>> Le mur des "je t'aime".

>> Ancienne Mairie du XVIII-ème arrondissement, Place des Abbesses.

 

 

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C'est l'ère de la nouvelle économie.

28 Août 2017, 07:49am

Publié par barreteau

 

C'est l'ère de la nouvelle économie.

Passage Pouchet, à l'angle du 81 rue Pouchet_Paris 17ème (1997)

 

Nous sommes du côté de la Porte Pouchet et là aussi, les commerces de bouche ont pratiquement tous disparu. La rue est désormais acquise aux magasins de téléphones portables, de cartouches d'encre pour les imprimantes et de cigarettes électroniques …. Un peu plus loin, Clignancourt déroule son coulis de minables qui vendent téléphones et Marlboro d'occasion …

De même plus aucune trace d'artisans, d'horlogers, de papetiers ou même de fleuristes … leur disparition a entrainé un appauvrissement de l'ambiance des rues, jusqu'à imposer à ces dernières la misère des distributeurs de billets de banque, des bureaux d'assurances et d'agences immobilière, qui s'adjugent désormais l'espace commun sous l'œil froid des caméras de surveillance.

C'est parait-il l'ère de la nouvelle économie, celle de la croyance dans le progrès qui implique que l'humain ira vers un monde toujours meilleur … sauf que certains ne suivront pas et seront abandonnés en chemin …

 

>> La disparition des petits commerces.

>> On ferme.

 

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