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PARISPERDU

Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon

22 Janvier 2018, 15:23pm

Publié par barreteau

 Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon


Reportage sur Paris-plage vers 1936 © André Papillon

 

André Papillon est né en 1910 à Bordeaux. Ayant, pendant la Première Guerre mondiale, perdu son père, officier de marine, ainsi que son frère aîné, André grandit à Bordeaux auprès de sa mère. Puis il rejoint à Paris sa sœur qui est l'épouse du photographe François Kollar, lequel l'initie au métier.

En 1936, devenu reporter indépendant, il couvre le Front populaire et la guerre d'Espagne pour Match, et travaille pour plusieurs journaux et des magazines tels que Regards, Vu …

Photographe engagé, il participe en 1935 à l'Exposition "Documents de la vie sociale" organisée par l'Association des artistes et écrivains révolutionnaires.

Après la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il est mobilisé, il reprend son activité de reporter pour Le Monde illustré, La vie du rail, …

Attiré par la photographie industrielle, il a pour clients Saint-Gobain, Coca-Cola, Oméga, Moulinex, …

Il est également en relation avec de nombreux artistes et écrivains comme Cocteau, Colette, Matisse, Rouault, …
En 1948, il participe à l'exposition de la Photo League à New-York aux côtés de Boubat, Brassaï, Doisneau, Kollar, René-Jacques, Ronis et quelques autres photographes humanistes.

Il cesse toute activité en 1982 et décèdera quatre ans plus tard.

 

>> Pêcheur corse (vers 1948)

>> Le dernier allumeur de réverbères, 1950

>> André Papillon sur Artnet.

>> Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

 

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Le viaduc de Tolbiac a été "valorisé" !

17 Janvier 2018, 14:37pm

Publié par barreteau

Le viaduc de Tolbiac a été "valorisé" !

“Brouillard au Pont de Tolbiac”, dessin de Jacques Tardi (1982).

 

C'est une longue histoire qui a connu son épilogue au cours de l'année 2017. Le viaduc de Tolbiac, cher au détective Nestor Burma, décrit par Léo Malet, filmé par Jean-Pierre Melville et dessiné par Jacques Tardi a été "recyclé" en février 2017.

L'affaire débute en février 96, quand la Semapa, chargée de l'opération "Seine-Rive Gauche", commence le démantèlement du viaduc. A l'époque, explication alors toute poétique de la Semapa, : "Il y avait incompatibilité de l'ouvrage existant avec le parti pris architectural de la ZAC". Un "parti pris" qui consistera à déverser sous forme de dalle un vaste tapis de béton pour recouvrir l'ensemble des voies ferrées surplombées par le viaduc.
Mais sa condamnation n'a provoqué ni l'émotion ni la mobilisation qui avaient par exemple sauvé de la casse l'hôtel du Nord. Car en effet, les aménageurs, échaudés par la contestation que suscite l'ensemble de leur ZAC, ont pris soin de ménager le "symbole" : le pont ne sera pas détruit, mais démonté. Une nuance qui permet à la Semapa de balayer les critiques et d'assurer que le pont sera un jour remonté. "Sa réinstallation sera d'autant plus emblématique qu'elle se fera à proximité de son implantation première et dans un délai rapide pour que sa mémoire ne s'efface pas", affirme alors sans coup férir la directrice générale de la Semapa.

La carcasse du viaduc ­est donc démontée, en trois morceaux, ripée en dehors du site ferroviaire­ et entreposée dans la petite gare d'Auneau, dans l'Eure-et-Loir !

Il faut bien dire que les aménageurs du XIIIe ont démontré une méconnaissance totale du patrimoine populaire de ce secteur. L'histoire du pont colle pourtant à celle de l'arrondissement. Construit en 1895 pour remplacer une passerelle en bois, il a été bâti à l'image du petit peuple de ces quartiers : pas beau, mais solide et utile.

Bien sûr, le pont ne sera jamais réinstallé. Comme la fameuse rue Watt, sacrifiée elle aussi sur l'autel de la ZAC, c'est encore un lieu identitaire fort du Paris populaire qui passe à la trappe.

Fin 2016, la Semapa passe un appel d'offre pour un "marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Auneau (28)".
Courant 2017, les quelques 600 tonnes de l'ouvrage partent pour un site sidérurgique dont la destination exacte a été gardée confidentielle.
Que voulait-on cacher ? Que craignait-on vraiment ? L'annonce de sa "valorisation" ne pouvait plus alors émouvoir personne … sauf peut-être quelques cheminots à la retraite …

 

>> La saga du viaduc de Tolbiac sur Parisperdu : 

-  Le viaduc de Tolbiac.

- Le viaduc de Tolbiac (Suite) ....

- Viaduc de Tolbiac, où es-tu ?

>> "Marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Aneau (28)" passé par la Semapa.


>> La Semapa reconstruira le viaduc !

 

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Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

12 Janvier 2018, 10:05am

Publié par barreteau


Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners
      
Rue Rambuteau, mai 1968

 

Jean-Louis Swiners est né en 1935 à Montreuil-sous-Bois. En 1957, après des études secondaires, Swiners accepte un poste, non rétribué, de porteur de valises du photographe Jean-Philippe Charbonnier. Et, dès le début 58, il fait partie de l'équipe des photographes principaux du groupe Réalités, au même titre qu' Édouard Boubat.

Disposant d'un studio et d'un laboratoire personnel, il se livre - en dehors de son travail salarié - à de multiples recherches personnelles, notamment dans le domaine du portrait.

Grâce, entre autres, à son reportage "Paris vu par un chien", il reçoit le prix Niépce en 1962. Il utilise alors le chèque et le billet d'avion qui l'accompagne pour effectuer un reportage sur les fêtes de la Pâques orthodoxe à Arachova en Grèce.

En 1964, il abandonne la prise de vues et reprend ses études interrompues par la guerre d'Algérie. Il étudie à l'EHESS de 1965 à 1980 sous la direction de Roland Barthes. Durant cette période il demeure fortement ancré dans le milieu du journalisme et de la photographie : il est journaliste à Planète, rédacteur en chef de Terre d'Images puis directeur commercial du mensuel Photo, fondé par Roger Thérond en 1967.

A partir de 1980, il débute une seconde vie. Il invente le marketing de combat et se consacre à l'enseignement de la stratégie d'entreprise et du marketing stratégique à l'European Business School de Paris et à HEC, avec, en parallèle, une activité de consultant en entreprise, sur les sujets de la créativité, de l'innovation et du leadership.

Mais Jean-Louis Swiners n'a pas complètement quitté le monde de la photo. De 1980 à 2006, il fait partie du jury du Prix Nadar. Aujourd'hui, membre des Gens d'Images, il est l'un des rares photographes vivants (avec Yann Arthus-Bertrand) figurant dans le "Who's Who en France".

 

 

>> Discussion avec Jean-Louis Swiners.

>> Photographes Humanistes (11/13) :Éric Schwab

 

 

 

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Et il y a aussi, le chat …

6 Janvier 2018, 11:16am

Publié par barreteau

 

 Et il y a aussi, le chat …

 

La photo de l'Avenue Simon Bolivar, prise par Willy Ronis en 1950 est une image culte.
C'est aussi une image très dense qui comprend une multitude de personnages : la dame qui descend l'escalier avec son bébé dans les bras, la charrette à cheval, le monsieur qui remplace l'ampoule du feu tricolore, les passants, le cordonnier sur son pas-de-porte … et il y a aussi l'ombre très présente d'un arbre.
Ronis pensait connaitre sa photo par cœur, dans ses moindres détails, pourtant cinquante ans après l'avoir prise, dans les années 2000, il découvrait que, sur cette image, il y avait aussi… un chat.

Cela a dû lui faire bien plaisir, tant il adorait les chats … surtout les noirs qui apportent toujours un excellent contraste sur des images en noir et blanc …

L'Avenue Simon Bolivar serait donc une photo encore plus riche qu'il n'y parait au premier coup d'œil … n'est-ce pas le chat … ?

 

>> Vous aussi vous ne l'avez pas vu ? … mais si, il est là !

>> Les chats par Willy Ronis. 

>> Le chat à Gordes
 

 

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Meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

1 Janvier 2018, 10:36am

Publié par barreteau

 

 

Pour cette année 2018, Parisperdu vous souhaite de réaliser vos rêves,
tous vos rêves … les plus doux … comme les plus fous.

Merci à tous pour votre fidélité.

 

 

 

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Photographes Humanistes (11/13) : Éric Schwab

27 Décembre 2017, 10:39am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (11/13) : Éric Schwab

Rue de Réaumur, 1943_ Éric Schwab © Getty Images

 

Né en septembre 1910 à Hambourg d’un père français et d’une mère juive allemande, Éric Schwab arrive à Paris au début des années 1930. Il fait ses débuts comme photographe de mode et de plateaux de cinéma. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il est mobilisé dans le nord de la France. On connaît peu de détails sur cette partie de sa vie. Mais on sait qu’il revient dans la région parisienne et qu'à partir de septembre 1944 Schwab travaille pour l’AFP comme correspondant de guerre et suit la progression des troupes alliées.

Sa rencontre avec Meyer Levin début 1945 est un moment fort. C’est le début d’une grande amitié et d’un périple qui va les conduire vers la découverte de l’univers concentrationnaire à bord de leur jeep « Spirit of Alpena ». Durant toute l'année 45, ils visitent les camps de Buchenwald, Dachau, Leipzig-Thekla et Terezin.

A Terezin, dans les baraquements, il trouve une petite femme, âgée de 56 ans, qui a échappé à la mort et s’occupe des enfants survivants. C'est un moment d’intense émotion car il vient de retrouver sa mère …

En une vingtaine de photos, certaines à la limite de l’insupportable, Schwab nous décrit toute l’horreur des camps d’extermination nazis. Il photographie l’inhumain perpétré par la barbarie et porte l'horreur des camps à la une des journaux.

Mais Éric Schwab n’a pas connu immédiatement la notoriété d’autres photographes qui ont documenté la libération des camps car la plupart de ses photos sont publiées non signées.

Il faudra attendre plusieurs années pour que soient reconnus les talents de Schwab, notamment la qualité de ses cadrages, la force de ses portraits. Ses photos deviennent alors des icônes d’une terrible période de l’humanité.

Après la guerre, Éric Schwab quitte la France et s’établit à New York en 1946. Pendant quelques années, il continue à collaborer à l’AFP, sur des sujets plus légers. Passionné de jazz, il documente les rues de Broadway, les clubs de jazz d’Harlem, les bains de mer à Coney Island.

Éric Schwab quitte l’AFP au début des années cinquante. Il travaille ensuite dans divers organismes des Nations Unies à New York et Genève, notamment à l’Organisation Mondiale de la Santé. Il voyage et s’intéresse particulièrement au sort des réfugiés. Une de ses photos intitulée « réfugiés au Pendjab » prise en Inde en 1951 sera sélectionnée pour la mythique exposition photo The Family of Man en 1955 à New York.

Il n’a semble-t-il pas laissé de récit sur la découverte des camps et ses retrouvailles avec sa mère, décédée en 1962.
Éric Schwab est mort en 1977 à l’âge de 67 ans.

 

 

>> Éric Schwab, un photographe humaniste qui a photographié l’inhumain.

>> Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

 

 

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Les parisiens.

22 Décembre 2017, 11:30am

Publié par barreteau

Les parisiens.

Rue Montorgueil Paris 1er

 

"Les parisiens n'ont jamais de leur ville le plaisir qu'en prennent les provinciaux.
D'abord, pour eux, Paris se limite à la taille de leurs habitudes et de leurs curiosités.
Un parisien réduit sa ville à quelques quartiers, il ignore tout ce qui est au-delà, et qui cesse d'être Paris pour lui.
Puis il n'y a pas ce sentiment presque continu de se perdre qui est un grand charme. Cette sécurité de ne connaître personne, de ne pouvoir être rencontré par hasard".

Extrait du roman "Aurélien" de Louis Aragon.


>> "I love rien, I'm parisien"

>> Tout le monde déteste les parisiens ...


 

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Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

17 Décembre 2017, 09:22am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

 Le patin à roulettes _ Paris,1961.

 

Léon Herschtritt est né à Paris en 1936. Il fait des études classiques, puis un rapide passage à l’Ecole nationale de photographie. Il rapporte de son service militaire la maquette d’un livre "Les gosses d’Algérie" et, pour ce reportage, il sera le plus jeune photographe à recevoir le prix Niepce, en 1960.

Il fera ensuite ses premières armes de journaliste reporter-photographe dans les salles de rédaction de "France-Observateur", "La vie catholique illustrée" et "Réalités".
Puis il devient reporter indépendant dès 1962. Herschtritt se consacre alors aux reportages d’actualités politique, sociale et humaine : "Les grèves à Decazeville", "Les Paysans italiens", "La vieillesse". En 1966, il obtient le prix des Gens d’images pour son livre "Au hasard des femmes" et il publie aussi un livre sur la prostitution : "La célébration des putains".

En 1973, Herschtritt ouvre le premier bistrot de photographe à Paris : un lieu de rencontre qu’il anime et où il organise mensuellement, jusqu'en 1977, des expositions.
Puis, vivement secondé par sa femme Nicole, il devient jusqu'en 1993, antiquaire spécialisé en photographie ancienne et appareils photographiques de collection dans la première galerie consacrée à la photographie au marché aux puces de Paul Bert (Saint Ouen). C'est aussi à cette époque qu'il publie "Jamais deux fois le même regard" un livre regroupant des photographies de sa collection personnelle.

En 1998 est créé la Galerie Léon Herschtritt, au cœur de Saint Germain des Prés où les expositions de photos se succèdent. Il y fête ses "50 ans en photographie" en 2006 et participe cette même année à une exposition collective sur "La Photographie humaniste" à la Bibliothèque Nationale qui lui achète 40 photographies pour son fond.

Avec son regard profondément humaniste, son sens inné de la composition et une vraie éthique du reportage, Léon Herschtritt, c'est 60 ans de photographies …

 

>> Léon Herschtritt, site officiel

>> Léon Herschtritt : Autoportrait 1959

>> L'exposition : « Léon Herschtritt, Photographe à vie ! » à la Galerie Esther Woerdehoff

>> Léon Herschtritt aux Rencontres d'Arles 2009

>> Photographes Humanistes (9/13): Ina Bandy

 

 

 

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Sente à Bigot

11 Décembre 2017, 14:54pm

Publié par barreteau

Le fond de la Sente à Bigot - 75019 Paris

Nous sommes à l'exacte limite du "9-3" et du 19ème arrondissement de Paris. Et, à cet endroit précis, une drôle d'impasse débouche sur le boulevard, c'est la sente à Bigot

A son entrée, le long de l'immeuble de logements sociaux Adoma, une quinzaine d'africains ont étalés chaises, fauteuils et petits mobiliers récupérés alentours et plus ou moins convenablement retapés. Tout est à vendre pour des prix oscillant de 2 à 15 euros.

Au fond de la sente, un bâtiment pseudo-futuriste, c'est le centre de maintenance de la RATP. Avec sa multitude d'ouvertures rondes et son toit-hélice, il étonne et surtout contraste fortement avec l'environnement plutôt glauque du secteur.
Et, avec sa proue en béton, il ressemble à un navire prêt à affronter l'océan de rails qui s'étale à ses pieds.

La sente à Bigot n'est décidément pas une adresse ordinaire ….

 

>> Le centre de maintenance RATP du site La Villette, 8 Sente à Bigot, XIXe arrondissement de Paris.

 

 

 

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Photographes Humanistes (9/13): Ina Bandy

5 Décembre 2017, 09:03am

Publié par barreteau


Photographes Humanistes (9/13): Ina Bandy


Montreuil - 1947 © coll. Fondation Robert Ardouvin / Ina Bandy

 

 Ida Gurevitsch naît en 1903 à Tallin dans une Estonie alors province russe. Au début des années 1920, Ida séjourne à Moscou, elle y rencontre Nicolas Neumann, un photographe hongrois. Ils se marient et quittent l’U.R.S.S. en 1925. Nicolas Neumann, alias Nicolas Bandy, apprend les ficelles du métier à celle qui deviendra Ina Bandy et gardera ce pseudonyme même après leur divorce.

Puis elle traverse l’Europe, en séjournant en Allemagne avant de venir s’installer définitivement en France au début des années 1930.

À Paris, elle se lie avec l’agence photographique "Alliance Photo" fondée par René Zuber et où collaborent Denise Bellon, Robert Capa et quelques autres photographes, tous alors inconnus.

Dans les années qui précèdent la guerre, Ina vit dans le XVe arrondissement de Paris, et par la suite, malgré les persécutions nazies des familles juives, elle choisit de rester en France, se cachant sous son pseudonyme.

Après-guerre, elle s’installe à l’hôtel de la Paix, 29 quai d’Anjou sur l’île Saint-Louis. Elle y habitera jusqu’à sa mort. Elle y occupe une petite chambre avec vue sur la Seine et dispose d’un petit local au rez-de-chaussée qui lui sert d’atelier. Elle réalise toutes les opérations elle-même, allant jusqu’à faire ses tirages de grand format sur le sol de sa cuisine. L’hôtel, outre le fait qu’il est très bon marché, abrite quelques autres "gentils farfelus" : Michel Tournier, Georges de Caunes, Pierre Boulez, Gilles Deleuze, Jesús Rafael Soto ou la comtesse de la Falaise.
Ina Bandy réalise alors des reportages photographiques pour des magazines tels que ELLE, Médecine de France et Art News ou des journaux parisiens. Elle photographie, ainsi, entre autres, des personnalités des arts et de la culture : Giacometti, Calder ou Chagall et bien d’autres. Elle réalise aussi des reportages en noir et blanc, mais aussi en couleur, sur la vie quotidienne et plus particulièrement celle des gens modestes. Pour autant, ses sujets de prédilection seront les enfants. Elle en fera des milliers de photographies dont l’esprit situe son œuvre au côté des photographes humanistes comme Robert Doisneau, Willly Ronis et Sabine Weiss.

Femme menue, d’aspect chétif, elle se sera battue toute sa vie pour sa survie… Son attitude solitaire et discrète explique en partie le manque de renseignements dont nous disposons aujourd’hui sur son œuvre et sa vie.

Elle meurt en février 1973, presque oubliée et son fond photographique est dispersé.

Aujourd’hui, sa famille, notamment Antoine Gurewitch, son petit-neveu, avec l’aide d’historiens et de personnes qui l’ont connue, effectue des recherches sur son histoire personnelle et son œuvre photographique encore trop méconnue.

 

>> Une exposition marque le retour d’Ina Bandy sur la scène photographique.
 

>> Autoportrait Paris © coll. Fondation Robert Ardouvin / Ina Bandy

>> Photographes Humanistes (8/13): Édith Gérin

 

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"6 mètres avant Paris"… il en reste très peu !

30 Novembre 2017, 10:01am

Publié par barreteau

"6 mètres avant Paris"… il en reste très peu !

Jonction du boulevard Félix Faure à Aubervilliers et du Boulevard de la Commanderie Paris 19ème.
Photo © : Aspered

 

Eustache Kossakowski réalise, au Printemps 1971, une série de 159 photos qu'il intitule "6 mètres avant Paris". Le regard attiré par les panneaux indiquant la limite administrative de Paris, Kossakowski décide de les photographier tous, absolument tous. Peu importe qu'ils soient en tôle ou en ciment, l'essentiel pour lui, est qu'ils portent le nom de la capitale.

Lors de mon billet consacré à cette série de Kossakowski, je disais : "Aujourd'hui, refaire cet exercice est totalement impossible. A quelques très rares exceptions près, les panneaux "Paris" ont tous disparu des portes d'entrée de la capitale : comme pour mieux signifier que Paris déborde maintenant sur les banlieues ... à moins que ce ne soit l'inverse ... !

Et pourtant ... sur Instagram, j'ai récemment découvert une démarche similaire. Aspered, l'auteur-photographe nous dit : "Sans d'abord connaître le travail de Kossakowski, je me suis moi aussi lancé dans l'idée de photographier ces panneaux qui entourent Paris. Mais il n'en reste plus beaucoup. Et, en 2017 ça devient une véritable chasse au trésor, car je n'en ai trouvé qu'une petite quarantaine ... 38 exactement !"

Merci à l'auteur de ce remake, désormais passablement "écourté" …

 

>> Le travail d'Eustache KOSSAKOWSKI sur Parisperdu

>> Ici, c'est Paris ...

>> "6 mètres avant Paris", récemment au MAC VAL

 

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Photographes Humanistes (8/13): Édith Gérin

25 Novembre 2017, 19:18pm

Publié par barreteau


 Boulevard Auguste Blanqui. Paris (XIIIème arr.), début des années 1950.

 

Edith Gérin est née en 1910 en Lorraine, près de Thionville.

Elle passe son enfance et sa jeunesse à Paris, dans le 18e arrondissement, boulevard Ornano. Ce n’est que vers 37 ans qu’elle commence à s’adonner à la photographie. Habitant à l’époque sur la rive droite de la Seine, elle photographie surtout le fleuve et les quais avec des ambiances de brume matinale ou des scènes de rue du centre de Paris.

Plus tard, ayant déménagé sur la rive gauche, à la limite des 13e et 14e arrondissements, elle promène alors son appareil entre le Quartier latin et le sud de capitale, alors en pleine mutation. Elle a ainsi immortalisé les quartiers Glacière-Arago-Gobelins avant les grandes rénovations des années 1960.

Ne cherchant pas à faire œuvre de témoignage, elle s’est surtout attachée aux ambiances, aux éclairages, aux reflets sur les pavés mouillés ... La présence de personnages demeure pour elle anecdotique, souvent sous formes de silhouettes plutôt que comme objet d’étude.
Bien qu'aujourd'hui classée parmi les photographes humanistes, elle s’est toujours défendue d’avoir voulu faire de la photographie humaniste, sa sensibilité l’orientant essentiellement vers des atmosphères insolites ou poétiques.

Ses œuvres ont été publiées dans les revues spécialisées des années 60 : "Photo ciné revue", "Noir et blanc" … ou "Point de vue images du monde" qui consacrait à l’époque sa double page centrale à la photographie.

Durant ses années d’activité professionnelle, elle n’a pu voyager qu’en France et en Europe, mais une fois à la retraite, elle entreprend des expéditions plus lointaines. Elle en rapporte de nombreuses photographies encore peu connues.
De même, ce n’est que dans les années 1980 qu’elle sort un grand nombre de photos de ses tiroirs et commence à exploiter plus méthodiquement ses clichés du Paris ancien.

Dans les années 1990, certaines de ses photographies ont été présentées lors d’expositions sur la photographie humaniste et ont illustré plusieurs livres : "Paris perdu" (1991), "Je me souviens du 13e arrondissement" (1995), "Paris des photographes" et "Les Parisiens " (1996). Elle a également fait partie des huit photographes représentant la photographie humaniste à l’occasion des rencontres d’Arles en 1993 et 1994.

 

Edith Gérin nous a quitté en 1997, elle avait 87 ans.

 
 

>> Aujourd'hui Edith Gérin se vend très bien …

>>
Photographes Humanistes (7/13) : Jean-Philippe Charbonnier


 

 

 

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Vive la nostalgie !

20 Novembre 2017, 15:45pm

Publié par barreteau

Vive la nostalgie !

Rue de Belleville _Paris 20ème


Dans ces quartiers excentrés de Paris, faute de volonté réelle au plus haut niveau, le passé disparaît progressivement. Ainsi c'est tout un pan de Belleville qui n'existe plus désormais que dans certaines mémoires.

Toutefois, en se promenant dans les rues pentues du 20ème arrondissement, on ressent, aujourd'hui encore, un sentiment étrange : tout n'a pas disparu ! Le côté "à part", celui d'un Paris différent du reste de la capitale est encore là dans quelques recoins protégés de Belleville et de Ménilmontant.  Mais ce ressenti est une chose intime, différent du spectaculaire, aussi est-il est difficile à transcrire.

Alors, malgré tous les bouleversements qu'a connu le secteur, on se rend bien compte que ce Paris n'est pas près de disparaître... Et c'est tant mieux !

Alors, vive la nostalgie ! Vive les dinosaures ! Et bienvenue dans le monde réel.


>> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

>> Parisperdu et la nostalgie.

 

 

 

 

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Photographes Humanistes (7/13) : Jean-Philippe Charbonnier.

15 Novembre 2017, 09:07am

Publié par barreteau

 

 Photographes Humanistes (7/13) : Jean-Philippe Charbonnier

 

Deux mains et une culotte, Luxembourg, Paris 1978  
© Jean-Philippe Charbonnier

 

Jean-Philippe Charbonnier, piéton de Paris débute sa carrière de photographe sur un plateau de cinéma. Durant la Seconde Guerre Mondiale, il se réfugie à Lyon où il travaille dans divers labos photos.
Une presse abondante, née dans l’enthousiasme de la libération, lui fournit de nombreuses occasions de travail, notamment au sein de la rédaction des journaux "Libération" et "France-Dimanche".

De 1950 à 1974, il collabore à la revue illustrée "Réalités" alors la plus influente en France.
Le regard tourné vers l’extérieur, Charbonnier parcourt son pays et le monde pour réaliser de nombreux photo-reportages. Les portraits de vies qu’il effectue alors avec sincérité et proximité attirent l’attention de l’agence Rapho qui a fédéré en son sein l’école dite
"humaniste". Une école que Jean-Philippe Charbonnier intègre dès lors aux côtés de Willy Ronis, Édouard Boubat ou encore Sabine Weiss. Ses travaux sont alors publiés dans le monde entier.

Ses images racontent le quotidien des hommes ; certaines sont prises dans la rue, à la volée, et d’autres sont posées. Ses photographies sont toujours compréhensibles par le lecteur, centrées sur le personnage principal, sans effets inutiles.

Son travail réalisé sur Paris révèle la singularité d’une œuvre marquée par un regard social et touchant, porté sur la transformation de la société de l’après-guerre.

Au hasard de ses reportages, Charbonnier photographie des tranches de vie, devenues des documents d’histoire. "On fait toujours des photos qui seront historiques un jour ou l’autre" répétait Charbonnier. Il écrivait lui-même ses légendes qu'il considérait indissociables de ses photos. Leurs textes révèlent un humour où sommeille parfois une douce ironie. Elles constituent "avant tout une conversation, un monologue, un à propos de, plutôt qu’une espèce de littérature plus ou moins journalistique" disait-il.

Exposé aux Rencontres photographiques d'Arles en 1976 et au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1983, il obtient en 1996 le Grand Prix de Photographie de la Ville de Paris.

Jean-Philippe Charbonnier, piéton de Paris nous quitte en 2004, il a alors 84 ans …


>> Jean-Philippe Charbonnier, l'œil de Paris aux Editions Séguier

>> Jean-Philippe Charbonnier, piéton de Paris

>> Photographes Humanistes (6/13) : Jean Marquis

 

 

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Les couvreurs-zingueurs de Paris au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco ?

10 Novembre 2017, 14:28pm

Publié par barreteau

Les couvreurs-zingueurs de Paris au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco ?

 

Actuellement, 80% des toits parisiens sont recouverts de zinc, une matière qu’il faut renouveler tous les 50 ans, un chantier permanent mené à bien par des couvreurs-zingueurs, des hommes harnachés au-dessus du vide ou juchés sur des échelles.

Aujourd'hui, les couvreurs de Paris militent pour que leur profession soit inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco. Ils sont les gardiens d’un océan de gris, de tous ces toits de zinc qui participent au caractère unique de la capitale. Car depuis Napoléon III, tous les immeubles haussmanniens sont recouverts de zinc, un matériau peu cher et facile à installer. C’est ainsi que, peu à peu, une forêt métallique a recouvert Paris de gris, rendant largement visible, depuis le ciel, la transformation de la capitale par le baron Haussmann.
 
Le zinc a aussi permis aux architectes d’utiliser peu de charpentes, laissant plus d’espace intérieur pour y vivre. Sont alors apparues les chambres sous les toits, les chambres dites "de bonnes", elles aussi typiques de Paris.
Ces toits au charme désuet sont devenus l'un des symboles de la capitale, immortalisés par la photographie, la peinture ou le cinéma. C’est là, par exemple, qu’Henri Verneuil situe la course-poursuite de Jean-Paul Belmondo dans « Peur sur la ville » (1975). Tandis que sur l’affiche de « Paris nous appartient », de Jacques Rivette (1958), Gianni Esposito arpente le toit du Théâtre de la Ville.

Pour obtenir la reconnaissance de l'Unesco, une première étape a été franchie en juin dernier lorsque le savoir-faire du couvreur-zingueur parisien a été inscrit à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel français.

À terme, les couvreurs-zingueurs souhaitent que les toits eux-mêmes soient reconnus par l’Unesco, cette fois par une inscription au patrimoine matériel mondial : les toits de Paris auraient alors une valeur universelle.
Mais la démarche est compliquée et, surtout, il reste à convaincre Anne Hidalgo, fervente militante de la végétalisation des toits, et … toujours là pour la casse des traditions, des particularités et du patrimoine de Paris ! Non Parisperdu ne lui dit pas merci …


>> C'est le lieu exact où les toits de Paris paraissent s’étendre à l’infini …

>> La couleur de Paris.

>> Les chambres sous les toits, les chambres dites "de bonnes", elles aussi typiques de Paris.

 

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