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PARISPERDU
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M. Barbès et Mme de Rochechouart.

26 Février 2018, 11:00am

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Publié par barreteau

 

 M. Barbès et Mme de Rochechouart.

Station de métro Barbès-Rochechouart Paris 18ème (18 décembre 2014_ 18h20)

 

Tout comme Monsieur Lefèbvre et Mademoiselle Utile ont donné leurs initiales aux petits beurres "LU", M. Barbès et Mme de Rochechouart ont donné leurs noms à la station du métro parisien "Barbès-Rochechouart".

Mais au fait qui sont-ils ?
Armand Barbès fut un opposant à la monarchie de Juillet. Républicain et révolutionnaire, il fut, avec l'anarchisme Auguste Blanqui, le chef de file de l'insurrection de mai 1839 qui avait pour projet de renverser le roi Louis-Philippe. Mais cette attaque sera un cuisant échec. Elle aura non seulement pour résultat, de signer la fin d'une amitié entre Blanqui et Barbès mais aussi celle de faire arrêter ce dernier et de le condamner à mort. Pourtant grâce à une intervention de l'illustre chef de file des Romantiques, Victor Hugo, Barbès sera finalement gracié.
En 1848, il tente -en vain- de créer une nouvelle République en profitant d'une insurrection à l'Hôtel de ville de Paris. Cette dernière déconvenue lui laisse un goût si amer que Barbès décide de plier bagages pour les Pays-Bas et de ne plus jamais revenir en France. Il meurt là-bas en 1870.

Et qu'en est-il de "Rochechouart" ?
Née Marguerite de Rochechouart de Montpipeau, cette religieuse fut - à la jonction du XVIIe et XVIIIe siècle - l'une des abbesses de Montmartre. Elle dirige même la célèbre abbaye de 1718 à 1727.

"Rochechouart" fait partie des rares stations du métro parisien à porter le nom d'une femme. Et, reconnaissez que, le nom d'un anarchiste, Armand Barbès, accolé à celui d'une abbesse, répondant au merveilleux nom de Marguerite de Rochechouart de Montpipeau, c'est tout de même savoureux.

 

>> A Barbès, les nouveaux marchés de la misère.
 

>> Le Louxor, renaissance à Barbès.

 

 

 

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Les Inconnus du Groupe des XV.

20 Février 2018, 09:12am

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Publié par barreteau

Les Inconnus du Groupe des XV.

Café à l'angle rue de la Grange aux Belles et quai de Jemmapes, Paris (Xème arr.) 1396,
©Photo : Pierre Jahan, in "Paris la nuit".

 

Le Groupe des XV est créé à Paris en 1946 par 15 photographes. Outre André Garban, le fondateur du Groupe, les 14 autres membres sont alors : Marcel Bovis, Yvonne Chevallier, Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Edith Gérin, René-Jacques, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Lucien Lorelle, Daniel Masclet, Philippe Pottier, Willy Ronis, Jean Séeberger et René Servant.

Pendant plus de 10 ans, jusqu'à 1957, date à laquelle le Groupe va cesser ses activités, certains membres vont quitter le Groupe alors que d'autres photographes vont le rejoindre.

Dans les années 50-52, parmi les nouveaux entrants, beaucoup sont des photographes humanistes dont nous avons déjà longuement parlé dans Parisperdu. Ainsi, Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab feront partie, pour des périodes plus ou moins longues, du Groupe des XV.

Mais certains membres, surtout parmi ceux qui ont fait partie du groupe dès sa fondation, restent encore aujourd'hui peu connus, on peut ainsi citer par exemple: Lucien Lorelle , Daniel Masclet, Philippe Pottier, Jean Séeberger, René Servant, Louis Victor Emmanuel Sougez, François Tuefferd, Pierre Jahan ou Yvonne Chevallier.
Et même les deux co-fondateur du Groupe : André Garban et Henri Lacheroy sont encore aujourd'hui restés dans l'ombre.
Tous ceux-là forment ce que l'on appellera : "Les Inconnus du Groupe des XV".

 

 

>> Le Groupe des XV sur Parisperdu.

 

 

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Le Groupe des XV.

14 Février 2018, 15:38pm

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Publié par barreteau

Le Groupe des XV.

Le Groupe des XV, vers 1946_ Photo ©Jean-Marie et Pierre Auradon

De gauche à droite et de bas en haut : photographe debout (de dos) non identifié, Robert Doisneau (couché), Lucien Lorelle, Willy Ronis, Pierre Jehan, Marcel Bovis (au premier rang) ; Jean-Marie Auradon, Marcel Amson, photographe non identifié portant un chapeau, Emmanuel Sougez, Jean Séeberger, André Gaban (debout au second rang) ; sur l'escabeau, Suzanne la femme de Jean Séeberger, prend la photo.

 

Le groupe des XV est fondé à Paris en 1946 par 15 photographes, d'où son nom …
Il a deux objectifs principaux : faire reconnaître la photographie comme moyen d'expression artistique à part entière et œuvrer à la sauvegarde du patrimoine photographique français.

Pour faire connaitre le Groupe, André Garban, son fondateur, organise chaque année, une exposition collective, souvent dans une galerie parisienne. Et c'est dans son studio de portraits, situé rue Bourdaloue, près de l'église Notre-Dame-de-Lorette, que se tiennent les réunions du Groupe. André Garban organise aussi, dès 1946 le Salon national de la photographie, dans la galerie Mansart de la Bibliothèque nationale.

Outre André Garban, ses membres historiques sont : Marcel Bovis, Yvonne Chevallier, Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Edith Gérin, René-Jacques, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Lucien Lorelle, Daniel Masclet, Philippe Pottier, Willy Ronis, Jean Séeberger et René Servant.

Autour des années 50 – 52 d'autres photographes viendront rejoindre ce Groupe, comme par exemple : Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab ...

Tous défendent les qualités formelles, la maîtrise technique et les valeurs du métier, excluant le pictorialisme et la photographie subjective sans pour autant rejeter les idées neuves, l'originalité, les angles nouveaux. Ils ne dédaignent ni le surréalisme - cher à Pierre Jahan - ni les apports de la nouvelle objectivité.

Ces photographes, tous professionnels, tirent leurs revenus de commandes publiques et privées. Ils collaborent avec la presse (Plaisir de France, Réalité...) et l'édition.

Ce groupe, dissous en 1957, n'est en rien dogmatique et cherche principalement à défendre la photographie française face à l'hégémonie américaine de l'époque. Les photographies faites par ces membres ont souvent le même point commun : la représentation de scènes de rue témoignant de la vie quotidienne et traditionnelle des Français. C'est à ce titre que l'on peut rapprocher le Groupe des XV de la photographie humaniste.

 

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

 

 

 

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La photographie est un défi à la disparition.

8 Février 2018, 12:13pm

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Publié par barreteau

 

La photographie est un défi à la disparition.

      Arrière cours, rue de Belleville (1997)

 

Dans les années 70, François-Xavier Bouchart est l'un des seuls photographes, avec Henri Guérard, à quadriller systématiquement Belleville pour prendre des clichés de l'ensemble du quartier, et y compris de certaines rues et passages aujourd'hui disparus : le passage des Faucheux, le passage Kuzner, la rue Vincent …

Ces photographes nous montrent essentiellement des façades d'habitations défraîchies, des arrières cours lépreuses, d'anciens commerces, mais aussi les enfants de ces quartiers, les terrains vagues après des destructions d'immeubles ...
Leur travail propose un regard personnel sur ce quartier populaire si bien mis en images par Willy Ronis, dans les années 50, alors que Belleville et Ménilmontant étaient encore intacts.

Bouchart et Guérard ont voulu photographier ces mêmes lieux durant leur phase de mutations urbaine, économique et sociale. Ils voulaient aussi poursuivre l'inventaire que menait, également à cette époque, Georges Perec pour son documentaire "En remontant la rue Vilin", et fixer dans le bromure d'argent, les restes de ce Paris populaire qui était en train de disparaître.

Aujourd'hui la rue Vilin, même au trois-quarts raccourcie et avec un tracé modifié, a tout de même conservé son nom ; aller au-delà aurait été une insulte à la mémoire et à l'œuvre de George Perec.

Heureusement la photographie est un défi à la disparition car tous ces photographes qui ont arpenté Belleville, Ménilmontant et Charonne, ces hauts quartiers de l'Est, nous donnent à voir un "conservatoire du Paris populaire".

 

 

>> Photographe d'urgence à Belleville

>> Le Belleville des années 70 vu par François-Xavier Bouchart

>> Henri Guérard, photographe : la rencontre manquée.

>> Voir aussi : Le regard sur la ville.

>> La rue Vilin, planche-contact par Pierre Getzler©, juin 1970

 

 

 

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Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

2 Février 2018, 12:06pm

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Publié par barreteau

Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

    Rue de Ménilmontant _ Paris 20ème

 

C'est Willy Ronis qui nous parle de son attachement à Belleville et à Ménilmontant :

"Ce quartier, dans l’imaginaire des petits bourgeois qu’étaient mes parents, avait une connotation très péjorative, c'était un quartier de voyous. Je le découvre fin 1947. Ma femme qui était peintre, connaissait un garçon du nom de Daniel Pipard qui habitait 88 rue de Ménilmontant et qui lui avait dit : "Tu devrais venir avec ton mari chez nous, j'ai un chic atelier dans une petite impasse, rue de Ménilmontant, et tu verras, c'est un quartier intéressant."

Et c’est ainsi qu'accompagnant ma femme, j’ai fait la connaissance et des Pipard et du quartier. Daniel Pipard m’a emmené deux ou trois fois voir certains coins pittoresques du quartier et je me suis pris d’un très grand intérêt pour Belleville et Ménilmontant et au bout d'un certain temps, je lui ai dit : "Laisse-moi maintenant, je vais faire des photos, on verra bien ce qui en sortira."
Et chaque fois que j’avais un peu de temps devant moi, je sautais sur ma moto mais comme à cette époque, j'habitais le 15ème, je traversais donc tout Paris pour voir ce quartier et pour aller chez cet ami peintre. Et puis voilà, je me suis pris d'intérêt, d’affection pour ces lieux mais je ne l’ai pas fait en chercheur et en historien, je l'ai fait simplement au pif, comme ça. Je me promenais comme dans une ville étrangère que j’étais peut être amené à ne jamais revisiter.
Je suis assez peu entré chez les gens, j’ai surtout musardé par les rues et les passages. C’est ainsi que j'ai engrangé beaucoup de documents entre novembre 1947 et 1950. Je pensais qu’il y avait là matière à un album. J'ai montré mes photos à une dizaine d'éditeurs, mais ça n’a intéressé personne. Entre temps, j’ai fait la connaissance de Pierre Mac Orlan que Daniel Pipard connaissait bien et qui a bien voulu, à tout hasard, m’écrire une préface pour ce projet. Voyant que je n'obtenais aucun succès en montrant ces photos, je les ai fourrées dans un tiroir et je n’y ai plus pensé.

En 1953, j'ai eu un jour la visite de Claude Arthaud, la fille de Benjamin Arthaud, le fondateur des éditions, et elle me dit : "Voilà, mon père m’a confié la direction d'une collection qui s’appellera Les Imaginaires et j’aimerais bien, connaissant votre travail, commencer avec un album signé de vous. Est-ce que vous avez un sujet que vous voudriez bien traiter ? " Alors je lui dis : "Non seulement cette idée me plaît mais j'ai quelque chose de tout prêt". J’ai ouvert le tiroir où dormaient depuis très longtemps toutes ces photos et cela lui a beaucoup plu. La première édition a paru en 1954. Ce livre a eu un succès d’estime mais une bonne partie est partie dans les boîtes des quais et ensuite rachetée par des soldeurs.

Entre temps, je m'étais tellement épris du quartier qu’il n'était pas question de ne pas y retourner parce que le livre était paru. J’ai donc continué à y faire des photos dans les années cinquante et soixante et puis ma vie a pris un autre tour, j’étais préoccupé par d’autres sujets. D'ailleurs entre 1972 et 1983, ma femme et moi, nous avons quitté Paris pour le Vaucluse et je n’y ai plus pensé. Mais si je me plaisais beaucoup dans le Midi, j’avais quand même une certaine nostalgie de ma vie antérieure.

Et donc en 83, j'avais reparlé chez Arthaud d’une éventuelle réédition du livre car on n’en trouvait plus sauf chez des libraires spécialisés où ils se négociaient fort cher. L'éditeur a acquiescé et la deuxième édition est parue en 84. Elle a été épuisée en trois mois. Depuis il y a encore eu deux autres éditions.
Dans le quartier, il y avait naturellement les nostalgiques, les gens qui habitaient là et qui ont vu changer le quartier, pas en très bien la plupart du temps, et puis également les gens qui s’intéressaient au vieux Paris et pour qui ce livre était un reflet du vieux Paris disparu, enfin presque entièrement disparu".

Après avoir lu cela, vous comprenez aisément pourquoi Parisperdu porte un si vif intérêt à ce quartier de Paris et aussi au photographe qui en a si bien restitué l'atmosphère si particulière et si attachante. Un grand merci, un très grand merci Willy …


>> Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

>> La traversée de Belleville par Willy RONIS.

>> Parisperdu, la genèse du blog.

 

 

 

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Les lumières de l'Evangile.

27 Janvier 2018, 17:28pm

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Publié par barreteau

Les lumières de l'Evangile.

Quartier de l'Evangile, Station Rosa Parks, Paris 18e et 19e, février 2016.

 

Je suis revenu des dizaines de fois à cet endroit car je voulais sentir les saisons, la brume hivernale à l’aube, la pluie légère ou drue, la neige pourtant rare à Paris, mais aussi le soir à la tombée de la nuit. 

Chaque mois, chaque jour, chaque moment, la lumière varie sans cesse et pour le photographe, elle est très importante, primordiale même. Ici, elle permet aussi de restituer l'émotion ressentie avant la restructuration de ce quartier de l'Evangile, un quartier à cheval entre le 18e et le 19e arrondissement.

C'est un endroit unique dans la capitale, où trônaient autrefois les gazomètres, où l'on trouve encore aujourd'hui le dernier calvaire de Paris et où la rue sur quelques centaines de mètres semble se poursuivre sans fin entre ses deux murs semblables pour se perdre en elle-même …

Pour obtenir la bonne lumière, j’ai parfois attendu toute une journée. Je me souviens d’avoir poireauté ici cinq heures sous une pluie fine, légèrement abrité par la tranchée des chemins de fer de l'Est.
A la fin de la journée, un arc en ciel est apparu au-dessus des immeubles, des grues et des voies ferrées. Alors, c’est comme si la lumière diffractée était sortie de terre et qu'elle voulait nous restituer tout ce qui a ici disparu, enterré par ce nouveau quartier.
Un vieil adage ne prétend-t-il pas qu’au pied de l'arc en ciel, il y a un trésor ?
Ce jour-là, pour moi, c’était la photo parfaite.

 

>> Retrouvez le secteur de l'Evangile, sur Parisperdu.

 

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Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon

22 Janvier 2018, 15:23pm

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 Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon


Reportage sur Paris-plage vers 1936 © André Papillon

 

André Papillon est né en 1910 à Bordeaux. Ayant, pendant la Première Guerre mondiale, perdu son père, officier de marine, ainsi que son frère aîné, André grandit à Bordeaux auprès de sa mère. Puis il rejoint à Paris sa sœur qui est l'épouse du photographe François Kollar, lequel l'initie au métier.

En 1936, devenu reporter indépendant, il couvre le Front populaire et la guerre d'Espagne pour Match, et travaille pour plusieurs journaux et des magazines tels que Regards, Vu …

Photographe engagé, il participe en 1935 à l'Exposition "Documents de la vie sociale" organisée par l'Association des artistes et écrivains révolutionnaires.

Après la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il est mobilisé, il reprend son activité de reporter pour Le Monde illustré, La vie du rail, …

Attiré par la photographie industrielle, il a pour clients Saint-Gobain, Coca-Cola, Oméga, Moulinex, …

Il est également en relation avec de nombreux artistes et écrivains comme Cocteau, Colette, Matisse, Rouault, …
En 1948, il participe à l'exposition de la Photo League à New-York aux côtés de Boubat, Brassaï, Doisneau, Kollar, René-Jacques, Ronis et quelques autres photographes humanistes.

Il cesse toute activité en 1982 et décèdera quatre ans plus tard.

 

>> Pêcheur corse (vers 1948)

>> Le dernier allumeur de réverbères, 1950

>> André Papillon sur Artnet.

>> Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

 

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Le viaduc de Tolbiac a été "valorisé" !

17 Janvier 2018, 14:37pm

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Le viaduc de Tolbiac a été "valorisé" !

“Brouillard au Pont de Tolbiac”, dessin de Jacques Tardi (1982).

 

C'est une longue histoire qui a connu son épilogue au cours de l'année 2017. Le viaduc de Tolbiac, cher au détective Nestor Burma, décrit par Léo Malet, filmé par Jean-Pierre Melville et dessiné par Jacques Tardi a été "recyclé" en février 2017.

L'affaire débute en février 96, quand la Semapa, chargée de l'opération "Seine-Rive Gauche", commence le démantèlement du viaduc. A l'époque, explication alors toute poétique de la Semapa, : "Il y avait incompatibilité de l'ouvrage existant avec le parti pris architectural de la ZAC". Un "parti pris" qui consistera à déverser sous forme de dalle un vaste tapis de béton pour recouvrir l'ensemble des voies ferrées surplombées par le viaduc.
Mais sa condamnation n'a provoqué ni l'émotion ni la mobilisation qui avaient par exemple sauvé de la casse l'hôtel du Nord. Car en effet, les aménageurs, échaudés par la contestation que suscite l'ensemble de leur ZAC, ont pris soin de ménager le "symbole" : le pont ne sera pas détruit, mais démonté. Une nuance qui permet à la Semapa de balayer les critiques et d'assurer que le pont sera un jour remonté. "Sa réinstallation sera d'autant plus emblématique qu'elle se fera à proximité de son implantation première et dans un délai rapide pour que sa mémoire ne s'efface pas", affirme alors sans coup férir la directrice générale de la Semapa.

La carcasse du viaduc ­est donc démontée, en trois morceaux, ripée en dehors du site ferroviaire­ et entreposée dans la petite gare d'Auneau, dans l'Eure-et-Loir !

Il faut bien dire que les aménageurs du XIIIe ont démontré une méconnaissance totale du patrimoine populaire de ce secteur. L'histoire du pont colle pourtant à celle de l'arrondissement. Construit en 1895 pour remplacer une passerelle en bois, il a été bâti à l'image du petit peuple de ces quartiers : pas beau, mais solide et utile.

Bien sûr, le pont ne sera jamais réinstallé. Comme la fameuse rue Watt, sacrifiée elle aussi sur l'autel de la ZAC, c'est encore un lieu identitaire fort du Paris populaire qui passe à la trappe.

Fin 2016, la Semapa passe un appel d'offre pour un "marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Auneau (28)".
Courant 2017, les quelques 600 tonnes de l'ouvrage partent pour un site sidérurgique dont la destination exacte a été gardée confidentielle.
Que voulait-on cacher ? Que craignait-on vraiment ? L'annonce de sa "valorisation" ne pouvait plus alors émouvoir personne … sauf peut-être quelques cheminots à la retraite …

 

>> La saga du viaduc de Tolbiac sur Parisperdu : 

-  Le viaduc de Tolbiac.

- Le viaduc de Tolbiac (Suite) ....

- Viaduc de Tolbiac, où es-tu ?

>> "Marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Aneau (28)" passé par la Semapa.


>> La Semapa reconstruira le viaduc !

 

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Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

12 Janvier 2018, 10:05am

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Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners
      
Rue Rambuteau, mai 1968

 

Jean-Louis Swiners est né en 1935 à Montreuil-sous-Bois. En 1957, après des études secondaires, Swiners accepte un poste, non rétribué, de porteur de valises du photographe Jean-Philippe Charbonnier. Et, dès le début 58, il fait partie de l'équipe des photographes principaux du groupe Réalités, au même titre qu' Édouard Boubat.

Disposant d'un studio et d'un laboratoire personnel, il se livre - en dehors de son travail salarié - à de multiples recherches personnelles, notamment dans le domaine du portrait.

Grâce, entre autres, à son reportage "Paris vu par un chien", il reçoit le prix Niépce en 1962. Il utilise alors le chèque et le billet d'avion qui l'accompagne pour effectuer un reportage sur les fêtes de la Pâques orthodoxe à Arachova en Grèce.

En 1964, il abandonne la prise de vues et reprend ses études interrompues par la guerre d'Algérie. Il étudie à l'EHESS de 1965 à 1980 sous la direction de Roland Barthes. Durant cette période il demeure fortement ancré dans le milieu du journalisme et de la photographie : il est journaliste à Planète, rédacteur en chef de Terre d'Images puis directeur commercial du mensuel Photo, fondé par Roger Thérond en 1967.

A partir de 1980, il débute une seconde vie. Il invente le marketing de combat et se consacre à l'enseignement de la stratégie d'entreprise et du marketing stratégique à l'European Business School de Paris et à HEC, avec, en parallèle, une activité de consultant en entreprise, sur les sujets de la créativité, de l'innovation et du leadership.

Mais Jean-Louis Swiners n'a pas complètement quitté le monde de la photo. De 1980 à 2006, il fait partie du jury du Prix Nadar. Aujourd'hui, membre des Gens d'Images, il est l'un des rares photographes vivants (avec Yann Arthus-Bertrand) figurant dans le "Who's Who en France".

 

 

>> Discussion avec Jean-Louis Swiners.

>> Photographes Humanistes (11/13) :Éric Schwab

 

 

 

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Et il y a aussi, le chat …

6 Janvier 2018, 11:16am

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Publié par barreteau

 

 Et il y a aussi, le chat …

 

La photo de l'Avenue Simon Bolivar, prise par Willy Ronis en 1950 est une image culte.
C'est aussi une image très dense qui comprend une multitude de personnages : la dame qui descend l'escalier avec son bébé dans les bras, la charrette à cheval, le monsieur qui remplace l'ampoule du feu tricolore, les passants, le cordonnier sur son pas-de-porte … et il y a aussi l'ombre très présente d'un arbre.
Ronis pensait connaitre sa photo par cœur, dans ses moindres détails, pourtant cinquante ans après l'avoir prise, dans les années 2000, il découvrait que, sur cette image, il y avait aussi… un chat.

Cela a dû lui faire bien plaisir, tant il adorait les chats … surtout les noirs qui apportent toujours un excellent contraste sur des images en noir et blanc …

L'Avenue Simon Bolivar serait donc une photo encore plus riche qu'il n'y parait au premier coup d'œil … n'est-ce pas le chat … ?

 

>> Vous aussi vous ne l'avez pas vu ? … mais si, il est là !

>> Les chats par Willy Ronis. 

>> Le chat à Gordes
 

 

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Meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

1 Janvier 2018, 10:36am

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Pour cette année 2018, Parisperdu vous souhaite de réaliser vos rêves,
tous vos rêves … les plus doux … comme les plus fous.

Merci à tous pour votre fidélité.

 

 

 

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Photographes Humanistes (11/13) : Éric Schwab

27 Décembre 2017, 10:39am

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Photographes Humanistes (11/13) : Éric Schwab

Rue de Réaumur, 1943_ Éric Schwab © Getty Images

 

Né en septembre 1910 à Hambourg d’un père français et d’une mère juive allemande, Éric Schwab arrive à Paris au début des années 1930. Il fait ses débuts comme photographe de mode et de plateaux de cinéma. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il est mobilisé dans le nord de la France. On connaît peu de détails sur cette partie de sa vie. Mais on sait qu’il revient dans la région parisienne et qu'à partir de septembre 1944 Schwab travaille pour l’AFP comme correspondant de guerre et suit la progression des troupes alliées.

Sa rencontre avec Meyer Levin début 1945 est un moment fort. C’est le début d’une grande amitié et d’un périple qui va les conduire vers la découverte de l’univers concentrationnaire à bord de leur jeep « Spirit of Alpena ». Durant toute l'année 45, ils visitent les camps de Buchenwald, Dachau, Leipzig-Thekla et Terezin.

A Terezin, dans les baraquements, il trouve une petite femme, âgée de 56 ans, qui a échappé à la mort et s’occupe des enfants survivants. C'est un moment d’intense émotion car il vient de retrouver sa mère …

En une vingtaine de photos, certaines à la limite de l’insupportable, Schwab nous décrit toute l’horreur des camps d’extermination nazis. Il photographie l’inhumain perpétré par la barbarie et porte l'horreur des camps à la une des journaux.

Mais Éric Schwab n’a pas connu immédiatement la notoriété d’autres photographes qui ont documenté la libération des camps car la plupart de ses photos sont publiées non signées.

Il faudra attendre plusieurs années pour que soient reconnus les talents de Schwab, notamment la qualité de ses cadrages, la force de ses portraits. Ses photos deviennent alors des icônes d’une terrible période de l’humanité.

Après la guerre, Éric Schwab quitte la France et s’établit à New York en 1946. Pendant quelques années, il continue à collaborer à l’AFP, sur des sujets plus légers. Passionné de jazz, il documente les rues de Broadway, les clubs de jazz d’Harlem, les bains de mer à Coney Island.

Éric Schwab quitte l’AFP au début des années cinquante. Il travaille ensuite dans divers organismes des Nations Unies à New York et Genève, notamment à l’Organisation Mondiale de la Santé. Il voyage et s’intéresse particulièrement au sort des réfugiés. Une de ses photos intitulée « réfugiés au Pendjab » prise en Inde en 1951 sera sélectionnée pour la mythique exposition photo The Family of Man en 1955 à New York.

Il n’a semble-t-il pas laissé de récit sur la découverte des camps et ses retrouvailles avec sa mère, décédée en 1962.
Éric Schwab est mort en 1977 à l’âge de 67 ans.

 

 

>> Éric Schwab, un photographe humaniste qui a photographié l’inhumain.

>> Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

 

 

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Les parisiens.

22 Décembre 2017, 11:30am

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Publié par barreteau

Les parisiens.

Rue Montorgueil Paris 1er

 

"Les parisiens n'ont jamais de leur ville le plaisir qu'en prennent les provinciaux.
D'abord, pour eux, Paris se limite à la taille de leurs habitudes et de leurs curiosités.
Un parisien réduit sa ville à quelques quartiers, il ignore tout ce qui est au-delà, et qui cesse d'être Paris pour lui.
Puis il n'y a pas ce sentiment presque continu de se perdre qui est un grand charme. Cette sécurité de ne connaître personne, de ne pouvoir être rencontré par hasard".

Extrait du roman "Aurélien" de Louis Aragon.


>> "I love rien, I'm parisien"

>> Tout le monde déteste les parisiens ...


 

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Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

17 Décembre 2017, 09:22am

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Publié par barreteau

Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

 Le patin à roulettes _ Paris,1961.

 

Léon Herschtritt est né à Paris en 1936. Il fait des études classiques, puis un rapide passage à l’Ecole nationale de photographie. Il rapporte de son service militaire la maquette d’un livre "Les gosses d’Algérie" et, pour ce reportage, il sera le plus jeune photographe à recevoir le prix Niepce, en 1960.

Il fera ensuite ses premières armes de journaliste reporter-photographe dans les salles de rédaction de "France-Observateur", "La vie catholique illustrée" et "Réalités".
Puis il devient reporter indépendant dès 1962. Herschtritt se consacre alors aux reportages d’actualités politique, sociale et humaine : "Les grèves à Decazeville", "Les Paysans italiens", "La vieillesse". En 1966, il obtient le prix des Gens d’images pour son livre "Au hasard des femmes" et il publie aussi un livre sur la prostitution : "La célébration des putains".

En 1973, Herschtritt ouvre le premier bistrot de photographe à Paris : un lieu de rencontre qu’il anime et où il organise mensuellement, jusqu'en 1977, des expositions.
Puis, vivement secondé par sa femme Nicole, il devient jusqu'en 1993, antiquaire spécialisé en photographie ancienne et appareils photographiques de collection dans la première galerie consacrée à la photographie au marché aux puces de Paul Bert (Saint Ouen). C'est aussi à cette époque qu'il publie "Jamais deux fois le même regard" un livre regroupant des photographies de sa collection personnelle.

En 1998 est créé la Galerie Léon Herschtritt, au cœur de Saint Germain des Prés où les expositions de photos se succèdent. Il y fête ses "50 ans en photographie" en 2006 et participe cette même année à une exposition collective sur "La Photographie humaniste" à la Bibliothèque Nationale qui lui achète 40 photographies pour son fond.

Avec son regard profondément humaniste, son sens inné de la composition et une vraie éthique du reportage, Léon Herschtritt, c'est 60 ans de photographies …

 

>> Léon Herschtritt, site officiel

>> Léon Herschtritt : Autoportrait 1959

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Sente à Bigot

11 Décembre 2017, 14:54pm

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Publié par barreteau

Le fond de la Sente à Bigot - 75019 Paris

Nous sommes à l'exacte limite du "9-3" et du 19ème arrondissement de Paris. Et, à cet endroit précis, une drôle d'impasse débouche sur le boulevard, c'est la sente à Bigot

A son entrée, le long de l'immeuble de logements sociaux Adoma, une quinzaine d'africains ont étalés chaises, fauteuils et petits mobiliers récupérés alentours et plus ou moins convenablement retapés. Tout est à vendre pour des prix oscillant de 2 à 15 euros.

Au fond de la sente, un bâtiment pseudo-futuriste, c'est le centre de maintenance de la RATP. Avec sa multitude d'ouvertures rondes et son toit-hélice, il étonne et surtout contraste fortement avec l'environnement plutôt glauque du secteur.
Et, avec sa proue en béton, il ressemble à un navire prêt à affronter l'océan de rails qui s'étale à ses pieds.

La sente à Bigot n'est décidément pas une adresse ordinaire ….

 

>> Le centre de maintenance RATP du site La Villette, 8 Sente à Bigot, XIXe arrondissement de Paris.

 

 

 

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