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PARISPERDU
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Guide de survie en pays bobo. (2/3)

25 Mars 2012, 09:56am

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Publié par barreteau

Sur la Butte Bergeyre: 13-15 rue Edgar Poe _ Paris 19ème - juin  1995


Vous avez pénétré dans le 19ème arrondissement par l'interminable pont qui enjambe les voies ferrées/Est; vous êtes donc rue Riquet. Parcourir cette rue n'est pas vraiment une partie de plaisir. Surtout dans sa partie située après l'avenue de Flandre, où elle est plus étroite et en  pleine restructuration. Mais la récompense est au bout de la rue lorsqu'après une courbe, vous débouchez soudain sur le quai de la Seine, le bassin de la Villette et les entrepôt-jumeaux …

En vous dirigeant  vers la place de Stalingrad, n'hésitez pas à monter à bord de la péniche Antipode, c'est l'occasion unique de boire un verre, tout en profitant d'une belle perspective sur le bassin. Traversez ensuite ce dernier par la passerelle située à la hauteur du passage de Flandre: vous êtes alors: quai de la Loire.

A nouveau en direction de la retonde de Stalingrad, il vous faudra prendre, près du métro Jaurès, l'avenue Secrétant puis l'avenue Simon Bolivar jusqu'à ce que vous atteignez l'avenue Mathurin Moreau que vous emprunterez en direction des Buttes Chaumont. Inutile d'aller jusqu'au Parc des Buttes Chaumont car là, même hors du week-end, le bobo aime roder. Vous avez mieux à faire avec la délicieuse Butte Bergeyre.

Pour y accéder, la rue Georges Lardennois s'offre à vous. Dès son départ vous serez confronté à cette alternative: continuer par la rue ou prendre l'abrupt raccourci d'un escalier.
Je vous conseille de poursuivre par la rue et vous allez comprendre pourquoi : elle grimpe en lacets et c'est donc la meilleure façon de découvrir l'intégralité du village secret de la Butte Bergeyre.


Ici, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris, une arrière-cour essentiellement résidentielle. On peut regretter l'absence d'une véritable place de village avec un troquet, des commerces … Mais la tranquillité est à ce prix: pas de commerces donc, à une exception près, l'Utopicerie, un magasin bio d'un autre type.

A l'extrémité de la rue Georges Lardennois, j’ai retrouvé l’escalier que je cherchais. L’escalier immortalisé par Willy Ronis dans son célèbre cliché : "Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin". Cet "escalier Ronis", vous donnera un avant-gout de la fin de notre promenade. Vous découvrirez exactement de quoi il s'agit dans le prochain billet (3/3) …

En bas de l'escalier, il vous faudra reprendre l'avenue Simon Bolivar jusqu'au métro Pyrénées pour atteindre le 20ème arrondissement.


A suivre …

>> Le café Antipode … sur la péniche.

>> Butte Bergeyre, la secrète … (3/3)


>> Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

>> N'est pas Willy Ronis qui veut …

>> Guide de survie en pays bobo (1/3)

 

 

 

  

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Guide de survie en pays bobo. (1/3)

21 Mars 2012, 08:44am

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Publié par barreteau

Cité de la Chapelle Paris 18ème_ juin 1997

A Paris ce n'est pas encore, comme certains le croient, la revanche de l'Est populaire sur les bourgeois de l'Ouest. L'Est aussi s'embourgeoise et le populaire y meurt …  car désormais, à l'Est, le "bobo" est roi.

Dans ces quartiers de partout cernés par les portes à digicodes, les vidéo-interphones, les façades murées, les ateliers reconvertis en lofts, … difficile de trouver l'ouverture, de dénicher les bonnes adresses: celles des bistrots authentiques et des vrais artisans.

Voici donc un circuit balisé pour échapper au pire, flâner au mieux et respirer le vrai Paris.

 

Votre circuit fera un quart de cercle partant du 18ème pour arriver tout près de la place de la Nation, dans le 20ème arrondissement.

Départ donc devant la Gare du Nord, direction plein nord par la rue Marx Dormoy, ignorez  les innombrables bouibouis turcs, et arrêtez-vous plutôt "Au Bon vivant", un bar de quartier sans prétention mais fort agréable.
Sur le côté gauche de la rue, n'hésitez pas à aller jeter un coup d'œil au passage Ruelle, un îlot de calme avec le théâtre de la Reine Blanche et l'Atelier de Tapisserie, où l'on travaille encore à l'ancienne. Le passage butte sur les voies ferrées Nord mais ce n'est pas une impasse car par la Cité de la Chapelle, vous allez retrouver la rue Marx Dormoy.

Continuez alors à nouveau en direction du nord, par la rue de la Chapelle, toujours sur le côté gauche vous allez avoir plusieurs impasses à explorer : l'impasse du Curé qui a conservé quelques ateliers sur son côté pair alors que le côté opposé a été entièrement rénové; puis le hameau de La Chapelle où il vous faudra passer l'épreuve du digicode pour accéder à ce havre de tranquillité, enfin allez jeter un œil à l'ensoleillée impasse de la Chapelle.

Votre cheminement vers le 19ème arrondissement se fera par la paisible rue de Bourcy où un arrêt s'impose au bar "Cap 21". Son imposante patronne n'a besoin de personne pour éloigner les importuns. Vous déboucherez ensuite place Hébert où Robert Doisneau a souvent rôdé. Et, par la rue de l'Evangile, vous allez rejoindre la place de Torcy et son marché qui évoque encore celui d'une sous-préfecture de province, même s'il est désormais de toutes parts cerné par les commerces asiatiques.

Par la minuscule rue de l'Olive, vous rejoignez la rue Riquet où vous pouvez faire une halte à la petite pâtisserie-confiserie du n°92. Cela vous donnera la force d'attaquer l'interminable pont qui enjambe les voies ferrées/Est.
Vous accédez alors au 19ème arrondissement.

A suivre …

 

 

>> Cité de la Chapelle: La belle au bois Dormoy

>> Les filles de Marx Dormoy.

>> Sur les pas de Robert Doisneau

 

 

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La cour de la Métairie.

17 Mars 2012, 10:22am

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Publié par barreteau

403 de la rue des Pyrénées, 75020 Paris 


A la jonction des 92-94 rue de Belleville et du 403 de la rue des Pyrénées, un porche s'ouvre, c'est la "cour de la Métairie". Jusqu'à l'aube de la première guerre mondiale, se tenaient là, les dépendances d’un métayer, dernières traces de la vocation paysanne de la colline de Belleville.

A cette époque, les terres du métayer vont être vendues pour accueillir des activités industrielles. Et, dans la Cour, c'est la société Continsouza, qui implante une usine. Elle va employer jusqu'à un millier d’ouvriers, et devenir ainsi l’une des plus importantes usines de Belleville.

Continsouza produit alors du matériel cinématographique pour Gaumont et Pathé, mais à la fin du mois de février 1928, un terrible incendie ravage ses installations. Pendant de longs mois les ouvriers seront au chômage. Continsouza remontera en partie les bâtiments détruits et recentrera son activité sur la fabrication de machines à écrire, une production qui demeura en place jusqu’en 1948. Ses installations furent alors partagées entre plusieurs sociétés, dont le fabricant de chaussures Berthelot, (on voit encore l’inscription du nom de cette société sur notre photo).

En 1952, c'est la division impôts du ministère des Finances qui vient loger, dans une partie des anciens ateliers industriels de la Cour de la Métairie, son service d’enregistrement mécanographique des déclarations au fisc. (On voit également l’inscription du nom du ministère sur la photo).  
"Les impôts" vont quitter la Cour dans les années 1990, libérant ainsi des terrains pour la construction d’immeubles modernes.

Quant aux "Chaussures Berthelot", elles vont quitter leur immeuble en 1992 et c'est l'Etablissement Public de Santé Maison Blanche qui en fait l’acquisition. Toutefois, les travaux de réaménagement tardent, laissant le champ libre à tout un peuple de squatters. Le centre de postcure Maison Blanche n’ouvrira qu’en 2000.

Dans la "cour de la Métairie", seules subsistent aujourd’hui quelques petites sociétés occupant le 5 bis, mais ce lieu conserve un charme indéniable dû sans doute à la rémanence encore forte de son prestigieux passé industriel …


>> Pierre-Victor Continsouza, pionnier du matériel cinématographique. 

>> Chaussures Berthelot, réclame de l'époque …

>> L'Etablissement Public de Santé Maison Blanche.

 

 

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La Goutte d'or, Babel parisienne.

13 Mars 2012, 09:49am

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Publié par barreteau

La villa Poissonnière - Paris 18ème (1997)


A la sortie du métro Barbès-Rochechouart, c'est d'abord sa ligne aérienne qui interpelle, fortement présente, elle survole le tracé de l'une des anciennes enceintes de Paris, celle dite "des Fermiers-Généraux".

Mais Barbès est aussi ce carrefour qui vous immerge immanquablement dans une foule bigarrée, et vous entraine dans un véritable maelström.

Et Barbès c'est enfin un espace indistinct, une zone transfrontalière du nord de Paris. Décidément, Barbès n'est pas un quartier facile à cerner.


Tout près pourtant, il y a un véritable quartier, bien identifié lui, centré sur une butte: la Goutte d'Or... L'aspect pentu des artères rappelle l'ancienne butte viticole, réputée pour son vin blanc aux reflets dorés: le fameux "goutte d'or ".

La Goutte d'Or a toujours eu une vocation multiculturelle, a toujours été un lieu d'immigration, une Babel parisienne : d'abord provinciale, puis européenne et finalement aujourd'hui, ce sont les africains qui en constituent le contingent le plus important. Le quartier est désormais colonisé par de petits commerces exotiques et partout règnent les effluves de kebab.

Un peu plus haut, Montmartre, avec ses touristes et ses familles aisées, est pourtant tout proche et pourrait, vu d'ici, représenter une métaphore de l'ascension sociale !

Sur le versant nord, la butte de la Goutte d'Or s'échappe en pente douce vers une frontière ferroviaire constituée d'entrepôts et de voies de triage de la Gare du Nord. Les usines de locomotives et autres industries semi-lourdes ont disparu depuis longtemps. Transformé en un Paris africain, il ne reste plus de traces de ce Paris ancien.

Sauf que tout à coup, surgie de nulle part, vous arrivez à la villa Poissonnière, une étroite artère qui relie les rues Polonceau et de la Goutte d'Or. Elle semble être ici comme le dernier témoin des temps jadis.
C'est comme à la campagne …  mais Lidl est de l'autre côté de la rue!

 

>> Voir aussi: "Balade à La Goutte d'or"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Etrange banalité"

 

 

 

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Cité Florale, un îlot hors du temps.

9 Mars 2012, 09:19am

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Publié par barreteau

Rue des Iris, Paris 13ème (Avril 1996)


Dans les années 1920, la "Cité" fut construite par des cheminots de la ligne de petite ceinture sur une zone triangulaire, un ancien pré régulièrement inondé par la Bièvre. Cette particularité lui a valu de ne pas pouvoir abriter d'immeubles. Le secteur fut donc intégralement urbanisé avec de petites maisons.

Il en résulte un quartier insolite, composé de cinq ou six rues, hors du temps, comme oublié par les bâtisseurs des villes et leurs promoteurs. Les tours du quartier Italie tout proche, semblent cerner, cet îlot privilégié, sans encore le menacer …

Ici, les rues sont pavées, possèdent arbres et profusion de végétation. Elles portent des noms de fleurs : rue des Iris, des Volubilis, des Liserons, des Glycines, des Orchidées … ou square des Mimosas.

Chacune des maisons qui composent la cité florale possède son propre jardin. Toutes ont de faux airs de villa de bord de mer pour notables provinciaux.
On se dit qu'on a déjà vu cela quelque part : Arcachon ? Royan ? La Baule ?



>> C'est où ?

 

 

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Sur le banc avec Willy Ronis.

5 Mars 2012, 09:37am

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Publié par barreteau

Square Sarah Bernhardt, Paris 20ème


Nous sommes au milieu des années 90 et ce-jour là, Willy Ronis me dit au téléphone: "Il fait beau, je vous propose que nous nous rencontrions dans le square, en bas de chez moi".
En bas de chez lui effectivement car, des fenêtres de son appartement vous aviez une vue plongeante sur ce square Sarah Bernhardt, qu'il aimait tant.

17 heures était l'heure du rendez-vous. C'était je crois, en juin ou tout début juillet. Par courtoisie, pour ne pas faire attendre Willy, je gagne le lieu du rendez-vous bien avant l'heure fixée. Mais en matière de courtoisie, ce Monsieur n'avait rien à apprendre de personne, aussi quand j'arrive sur les lieux, il est déjà là, assis sur un banc, au centre du petit square.

De loin, je reste un moment à l'observer : il a son vieux Pentax sur les genoux, et je remarque qu'il tourne très souvent la tête sur la droite, vers le terrain de jeux des enfants.

Soudain, tel le félin qui bondit sur sa proie, avec une vitesse et une dextérité déconcertante pour un homme de son âge, il place le viseur à son œil et prend deux ou trois clichés d'une scène où un jeune garçon, la tête en bas sur une balançoire, est poussé par une petite fille …

Arrivé à sa hauteur, après les salutations, je demande à Willy ce qu'il vient de photographier. Il me répond laconiquement: "la vie".
Et comme j'insiste pour en savoir un peu plus, il me rétorque:
"Mais la vie, mon jeune ami, la vie tout simplement, rien que la vie, … mais c'est déjà pas si mal". Je n'en saurai pas plus …

Mais maintenant que je repense à ce moment, je me rends compte que Willy me donnait, à cet instant, la clé de tout son prodigieux travail photographique. Tout au long de sa carrière, c'est en effet "la vie" qu'il s'est efforcé de saisir à travers son objectif. La vie au quotidien, simple mais sensible. Et il savait comme personne l'aborder avec empathie et lui donner cette touche de poésie qui transforme ces moments éphémères en éternité.


>> Willy Ronis sur Parisperdu.

 

 

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L'exemplaire "Maison Rouge".

1 Mars 2012, 18:01pm

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Publié par barreteau


Au 10 du boulevard de la Bastille, se tenait jusqu'en 2003 une ancienne usine. Abandonnés depuis déjà longtemps, les ateliers de cette usine s'articulaient en 6 ou 7 bâtiments qui, curieusement, enserraient un pavillon d’habitation.

Une friche industrielle de plus de 2000 m², en plein Paris, voilà un endroit tout désigné pour une jolie promotion immobilière !

Eh bien non car le site, aujourd'hui réhabilité en une Fondation d'art contemporain (Fondation Antoine de Galbert), est un exemple de réutilisation intelligente du patrimoine industriel parisien, trop souvent démoli, trop souvent rasé pour faire place nette aux promoteurs immobiliers avides de fortes plus-values financières …
La rénovation et la conception muséographique de ce vaste espace ont été confiées à l'architecte Jean-Yves Clément qui s’est attaché à conserver les traces de l’architecture industrielle, telles les verrières et les proportions initiales des lieux. L'architecte a parfaitement su garder la spécificité du lieu, préserver le charme des volumes hétérogènes et la sensation hors du temps des constructions, tout en créant un ensemble lisible et cohérent.

L’aménagement des espaces d’accueil a été confié à l’artiste Jean-Michel Alberola qui, en intervenant sur les murs, en a fait une œuvre.

Aujourd’hui répartis en quatre salles d’exposition d’une superficie de 1 300 m2, les espaces s’organisent autour du  pavillon originel, baptisé "La Maison Rouge".

A découvrir absolument …


>> "La Maison Rouge", site officiel.

>> La Maison rouge fermera ses portes fin 2018 !

>> Jean-Michel Alberola, un artiste apparenté à la "figuration libre".

>> Les néons illuminent la Maison Rouge ...

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (3/3)

26 Février 2012, 10:45am

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Publié par barreteau

Rue Remi de Gourmont - Paris 19ème- juin 1997


Habiter une telle oasis est une chance. Des artistes y ont trouvé un cadre de tranquillité. Patrick Dupond, Jean-Paul Goude, Marc Newson, entre autres exemples, y ont leur point d’attache.

Pourtant, si curieux que cela paraisse, la colline qui nous est chère, en dépit de son pittoresque et de sa situation exceptionnelle au-dessus de Paris, n’a pas alimenté beaucoup l’imaginaire des peintres, des photographes, des cinéastes ou même des romanciers. Il est vrai que, à moins d’y résider, Bergeyre reste discrète, secrète même.

Deux exceptions toutefois : Willy Ronis qui découvre le site au début des années 1950. De ses balades ici, provient l’une des plus belles photos de son œuvre: la descente de l’escalier entre la rue Georges-Lardennois et l’avenue Simon-Bolivar.

Et, plus récemment, Claude Zidi dans “ L’Inspecteur la bavure ”, nous montre Coluche en pétanqueur cocasse sur l’emplacement de l’actuel jardin partagé de la rue Georges-Lardennois, une pente où quelques petits rangs de vigne ont été plantés pour rappeler symboliquement le passé rural et agricole – mais déjà bien lointain – de ce lieu si attachant.



>> Willy Ronis et la butte Bergeyre.

>> Coluche sur la butte Bergeyre, dans "L’Inspecteur la bavure ”.

>> Butte Bergeyre, la secrète ... (2/3)

 

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (2/3)

22 Février 2012, 08:56am

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Publié par barreteau

Rue Georges-Lardennois - Paris 19ème


La butte Bergeyre est si calme, que l'on peut même y jouer au football dans la rue. Et il faut dire que le lieu s'y connaît ici en la matière de jeux car, avant l'urbanisation de la butte, c'est un parc d'attractions, puis un stade qui avaient été créés sur ce sommet.

En effet, en 1908, la Société d’Exploitation d’Attractions Parisiennes (SEAP) construit ici, un parc de loisirs baptisé les "Folles Buttes".

Outre les manèges, les jeux très divers, les "chalets de curiosité", le clou des attractions était sans conteste la "Tour de conte de fées" autour de laquelle s’enroulait une rampe piétonne qui, à différents niveaux de sa course, permettait l'accès à de multiples divertissements.
Une sorte de Disneyland avant la lettre!

Mais dès le début de la première guerre mondiale, après des années de divertissements et de faste, la fréquentation baisse brutalement et le parc va définitivement fermer ses portes en 1926.

Parallèlement, depuis quelques d'années, sur la butte, un grand stade avait été créé. On le baptisa plus tard du nom de Bergeyre, jeune et  valeureux rugbyman tué au front en août 1914. Il avait tout juste 20 ans.

Lors des Jeux Olympiques de Paris, en 1924, le stade Bergeyre, compta parmi les sites retenus pour le déroulement des matchs qualificatifs du tournoi de football. Mais ces Jeux seront le chant du cygne de Bergeyre. Dès les années suivantes, il est question de liquider le stade et d'en vendre les terrains à un lotisseur immobilier.

Ce dernier projette un plan de découpage en 220 lots et trace cinq rues – les rues actuelles – pour les desservir.

Au 70 de la rue Georges-Lardennois, dès 1933, fut érigé un bâtiment d’allure avant-gardiste, conçut par le grand architecte Jean Weiss pour la famille Zilvelli. Cette maison aux façades camouflées par la vigne vierge reste encore aujourd'hui l'un des bijoux de l’ensemble résidentiel de la butte Bergeyre.

A suivre …

 

>> Les Folles Buttes vers 1914.

>> 70 de la rue Georges-Lardennois - Paris 19ème: La Maison Zilvelli (2008)

>>  Butte Bergeyre, la secrète ... (1/3)

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (1/3)

18 Février 2012, 09:48am

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Publié par barreteau

Rue Georges-Lardennois- Paris 19ème: panorama sur Montmartre et le Sacré-Cœur- juin 1997


Juste au-dessus de Belleville l'industrieuse se loge une butte fière de sa particularité et qui fait davantage penser à un village provincial qu'à la ville agitée qui l'entoure. Les chanceux qui y résident, retranchés sur le plateau d’une petite colline, profitent d’une qualité de paix exceptionnelle, loin du tumulte, loin du vacarme parisien.

Dans cet îlot de charme, dans cet entrelacs de rues bordées de petits pavillons et d’immeubles bas, l'on respire une atmosphère villageoise.

Découvrir ce lieu tient presque du miracle car il se trouve en grande partie escamotée à la vue du promeneur. Pour celui-là, seuls deux escaliers abrupts, percés étroitement au travers d'immeubles, donnent accès au plateau.

Quant aux automobiles, elles auront pour seule voie d’accès – et de sortie - le lacet quasi montagnard de la rue Georges-Lardennois.

Mais que l'on suive la route ou que l'on choisisse l’escalier, au sommet, l'on sera récompensé de ses efforts par la soudaine découverte d’un panorama grandiose sur Montmartre et le Sacré-Cœur, panorama d’autant plus merveilleux qu’il était insoupçonné …

 

A suivre …

 

¤     La Butte Bergeyre, déjà sur Parisperdu:

>> "Rêveries du promeneur solitaire".

>> "Sur la butte Bergeyre".

>>
"Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie".

>>
"Parisperdu pour les nuls": " Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre".

>>
"N'est pas Willy Ronis qui veut ..." !
 

 

 

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Passage du Désir.

14 Février 2012, 08:44am

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Publié par barreteau

Passage du Désir, 84  rue du Faubourg Saint-Denis 75010 PARIS


Le jour, un flot humain incessant et un bruit permanent envahissent la rue du Faubourg Saint-Denis. Les langues étrangères s'entremêlent, les primeurs se livrent à de sonores joutes verbales et les klaxons retentissent…

Le soir, l’ambiance est tout autre. La rue se vide progressivement, les commerçants ferment leurs boutiques, les habitants regagnent leurs pénates, le silence entre alors en scène.

Contraste saisissant à quelques heures d’intervalles. Maintenant, les rares présences humaines sont des silhouettes furtives, les lumières des réverbères et les néons produisent une atmosphère étrange, presque inquiétante. Une sorte de suspension dans le temps et l’espace, un entre deux: entre éveil et sommeil, entre rêve et réalité.

Et c'est là, au 84 de la rue, qu'une lourde porte barre l'accès au Passage du Désir, pourtant son nom était comme une promesse … mais il gardera sa part de mystère.

 

 >> Le Passage du Désir, vers le boulevard de Strasbourg.

>> "Les passages couverts de Paris" par Sybil Canac et Bruno Cabanis aux éditions Massin.

 

 

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Buzenval.

10 Février 2012, 09:29am

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Publié par barreteau

Cour du 79 rue des Haies 75020 Paris, (juin 1995)

Buzenval, le nom sonne comme celui d'un général d'empire victorieux, mais c'est plutôt d'une défaite dont il s'agit. Une cuisante défaite contre les Prussiens, en 1871, au hameau de Buzenval, tout près de Saint-Cloud.

 A Paris, près du métro Buzenval, dans le 20ème arrondissement, au cours des années 90, vous étiez dans l'un des derniers no man's land parisien, une friche urbaine alliant souvent le sordide au sublime. Car, en maints endroits, la laideur de la friche urbaine était rattrapée par l'exubérance de mère nature …
Un juste retour en arrière, en quelque sorte, car dans ce secteur, les patronymes des rues: rue des Haies, rue des Maraîchers, … rappellent le caractère champêtre de cet endroit, caractéristique des "villages " qui ceinturaient l'ancien Paris.

La rue des Haies est une longue rue, étroite, très calme. On peut la trouver aujourd'hui bien morne mais autrefois elle était fort animée.
Au tournant des années 70, elle a compté jusqu'à 71 bars, alimentés en grande partie par les travailleurs de l'usine "Létang et Rémy" qui occupait à l'époque plusieurs numéros de la rue.
 
Au 79 de la rue des Haies, il y avait un bar bien mystérieux. Dans ce petit café sympathique d'où souvent s'échappaient les voix d'Oum Khaltoum ou de Farid El Atrach, la patronne a longtemps fait de la résistance face aux promoteurs aux dents longues. Mais la pression foncière était trop forte, les lobbies de la Mairie trop puissants …

Tout cela n'existe plus, le vent a tourné … aujourd'hui les bobos ont envahi Buzenval, il parait même que c'est un nom qui plait à leurs oreilles. Et c'est tout un pan de l'Est Parisien qui s'est vidé de ses anciens habitants.
Oui, à Buzenval, c'est bien d'une défaite dont il s'agit: celle de toute une partie de la population originelle … poussée dehors par de nouveaux arrivants …

 

La Rue des Haies, déjà sur Parisperdu:

>> Un squat, rue des Haies.

>> La fillette aux gants de boxe.

 

 

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Le voyage a déjà commencé.

23 Janvier 2012, 09:54am

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Publié par barreteau

Passage Brady - 75010 Paris


A quelques jours de mon départ pour le sud de l'Inde (Parisperdu va donc fermer ses portes pour une petite quinzaine de jours), il m'a semblé pertinent de faire un tour du côté de "Little India, in Paris". Le passage Brady en est le cœur, un cœur bien vivant, très palpitant même …

Dès l'entrée dans ce passage, tous les sens sont sollicités: par la lumière de sa somptueuse verrière, par les devantures colorées, par les odeurs épicées, par le sourire des vendeurs en habits traditionnels et aussi par les rabatteurs de restaurants … moins traditionnels mais tout aussi souriants !
On est illico transporté en Inde.


Longtemps le passage a été menacé de fermeture par manque d'entretien et défaut d'hygiène, mais  justement, l'Inde c'est aussi un peu ça ! Des travaux de restauration sont en cours: nécessaires sans doute, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité … mais attention, il ne faudrait pas transformer ce bazar coloré en galerie marchande trop huppée …

Car ici, outre les nombreux restaurants fleurant bons le masala, les biriyani et autres dhal … c'est surtout le bazar Velan qui attire mon attention : … on y trouve de tout : des tissus pour saris aux noix de lavage, des condiments doux aux épices de feu …

Velan, Fils de Shiva et de Parvathi, est le Dieu le plus populaire auprès des hindous d'origine tamoule, donc du sud de l'Inde .

Alors pas de doute, mon voyage a déjà commencé …



>> L'épicerie-Bazar Velan, blog officiel.

>> 33, Boulevard de Strasbourg - 75010 Paris: l'une des 4 entrées du  "Passage Brady".

>> "Velan", je viens de visiter le même bazar à Pondichéry.

>> "Les passages couverts de Paris" par Sybil Canac et Bruno Cabanis aux éditions Massin.

 

 

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" Ich bin ein Berliner "

19 Janvier 2012, 10:36am

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Publié par barreteau

25, rue Boyer - Paris 20ème: la coopérative "La Bellevilloise".


Tout comme John Fitzgerald Kennedy proclamait à Berlin-Ouest "Ich bin ein Berliner", moi aussi j'ai envie de crier : "Je suis un Parisien" car, même si je ne suis pas né dans cette ville, il y a longtemps qu'elle et moi nous nous sommes mutuellement adoptés.

Et tout comme certains Berlinois peuvent être nostalgiques de l'ex-RDA (la fameuse "Ostalgie"), moi aussi je suis parfois nostalgique de l'Est de Paris, celui du temps où il avait encore quelque chose d'humain, mâtiné d'un certain charme de quartiers un peu désuets: des entrepôts de Bercy aux terrains vagues du haut-Belleville.

Aujourd'hui, à Belleville comme à Ménilmontant, l'Ostalgie refait surface, celle d'un Paris populaire et d'une époque industrieuse … toutes deux définitivement révolues.

Pourtant, se nourrissant des souvenirs surgissant d’un passé lointain, les bars vintage de la rue Oberkampf mettent maintenant en scène cet environnement populaire: celui de la mécanique et de la petite métallurgie, qui se sont maintenues ici, jusque dans les années 60.

A côté de ces bars plus ou moins authentiques, on rénove la Maison des Métallos, le bâtiment de l’Union Fraternelle de la Métallurgie et celui de l’antenne CGT du 11ème arrondissement … autant de symboles de cet ancien bastion ouvrier. Si bien qu'à l’heure de la gentrification des "quartiers Est", la nostalgie ouvrière semble fonctionner à plein.
Ce changement sociologique a paradoxalement prolongé certains particularismes du quartier : les diplômés remplacent les ouvriers dans les nombreuses associations militantes, les artistes se substituent aux artisans dans les ateliers désaffectés.


Mais les avis sont partagés sur les conséquences des transformations urbaines qui ont lieu ici, dans l'Est parisien. Car au final, les bobos sauront-ils conserver un patrimoine en perdition ou vont-ils définitivement le réduire à néant ?



>> "Le Mécano bar" : de la machine-outil et son outillage à l'ambiance latino et ses Mojitos ...

>> La Maison des Métallos.

>> Bienvenue à Boboland.

 

 

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Le Regard du Cygne.

15 Janvier 2012, 09:54am

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Publié par barreteau


Rue de Belleville, au carrefour des rues Compans et Pixérécourt, on trouve un drôle de bâtiment avec, sur la porte en fer, une indication insolite: "Studio Le Regard Du Cygne".

Après avoir poussé la porte de ce qui semble être une banale boutique, au bout d'un couloir, on débouche sur un lieu improbable, totalement inattendu.

Avec  ses pavés anciens, ses murs en pierres apparentes, ses poutres en bois d'un autre temps, l'endroit a su garder l'authenticité de l'ancien relais de poste implanté là, à la fin du XVIIe siècle.

Au début des années 80, c'est une équipe d'artistes et de professionnels, qui va créer en ce lieu un véritable conservatoire de la danse contemporaine et de l'écriture du mouvement, dans tous les styles …

En septembre 1984, le studio s'ouvre au public et la première programmation de danse contemporaine est organisée par Amy Swanson, aussi le nom du studio va s'inspirer définitivement de son patronyme et de son regard si particulier sur l'univers de la danse…

Depuis lors, beaucoup d'artistes, de chorégraphes, de danseurs … vont fréquenter le Studio, en lien étroit, quasi physique, avec un fidèle public.

Le studio "Le Regard du Cygne" installé en ce lieu atypique des hauts de Belleville est désormais devenu un lieu culturel incontournable, reconnu dans le paysage artistique parisien, … et même bien au-delà.

 

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