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PARISPERDU

Butte Bergeyre, la secrète ... (3/3)

26 Février 2012, 10:45am

Publié par barreteau

Rue Remi de Gourmont - Paris 19ème- juin 1997


Habiter une telle oasis est une chance. Des artistes y ont trouvé un cadre de tranquillité. Patrick Dupond, Jean-Paul Goude, Marc Newson, entre autres exemples, y ont leur point d’attache.

Pourtant, si curieux que cela paraisse, la colline qui nous est chère, en dépit de son pittoresque et de sa situation exceptionnelle au-dessus de Paris, n’a pas alimenté beaucoup l’imaginaire des peintres, des photographes, des cinéastes ou même des romanciers. Il est vrai que, à moins d’y résider, Bergeyre reste discrète, secrète même.

Deux exceptions toutefois : Willy Ronis qui découvre le site au début des années 1950. De ses balades ici, provient l’une des plus belles photos de son œuvre: la descente de l’escalier entre la rue Georges-Lardennois et l’avenue Simon-Bolivar.

Et, plus récemment, Claude Zidi dans “ L’Inspecteur la bavure ”, nous montre Coluche en pétanqueur cocasse sur l’emplacement de l’actuel jardin partagé de la rue Georges-Lardennois, une pente où quelques petits rangs de vigne ont été plantés pour rappeler symboliquement le passé rural et agricole – mais déjà bien lointain – de ce lieu si attachant.



>> Willy Ronis et la butte Bergeyre.

>> Coluche sur la butte Bergeyre, dans "L’Inspecteur la bavure ”.

>> Butte Bergeyre, la secrète ... (2/3)

 

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (2/3)

22 Février 2012, 08:56am

Publié par barreteau

Rue Georges-Lardennois - Paris 19ème


La butte Bergeyre est si calme, que l'on peut même y jouer au football dans la rue. Et il faut dire que le lieu s'y connaît ici en la matière de jeux car, avant l'urbanisation de la butte, c'est un parc d'attractions, puis un stade qui avaient été créés sur ce sommet.

En effet, en 1908, la Société d’Exploitation d’Attractions Parisiennes (SEAP) construit ici, un parc de loisirs baptisé les "Folles Buttes".

Outre les manèges, les jeux très divers, les "chalets de curiosité", le clou des attractions était sans conteste la "Tour de conte de fées" autour de laquelle s’enroulait une rampe piétonne qui, à différents niveaux de sa course, permettait l'accès à de multiples divertissements.
Une sorte de Disneyland avant la lettre!

Mais dès le début de la première guerre mondiale, après des années de divertissements et de faste, la fréquentation baisse brutalement et le parc va définitivement fermer ses portes en 1926.

Parallèlement, depuis quelques d'années, sur la butte, un grand stade avait été créé. On le baptisa plus tard du nom de Bergeyre, jeune et  valeureux rugbyman tué au front en août 1914. Il avait tout juste 20 ans.

Lors des Jeux Olympiques de Paris, en 1924, le stade Bergeyre, compta parmi les sites retenus pour le déroulement des matchs qualificatifs du tournoi de football. Mais ces Jeux seront le chant du cygne de Bergeyre. Dès les années suivantes, il est question de liquider le stade et d'en vendre les terrains à un lotisseur immobilier.

Ce dernier projette un plan de découpage en 220 lots et trace cinq rues – les rues actuelles – pour les desservir.

Au 70 de la rue Georges-Lardennois, dès 1933, fut érigé un bâtiment d’allure avant-gardiste, conçut par le grand architecte Jean Weiss pour la famille Zilvelli. Cette maison aux façades camouflées par la vigne vierge reste encore aujourd'hui l'un des bijoux de l’ensemble résidentiel de la butte Bergeyre.

A suivre …

 

>> Les Folles Buttes vers 1914.

>> 70 de la rue Georges-Lardennois - Paris 19ème: La Maison Zilvelli (2008)

>>  Butte Bergeyre, la secrète ... (1/3)

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (1/3)

18 Février 2012, 09:48am

Publié par barreteau

Rue Georges-Lardennois- Paris 19ème: panorama sur Montmartre et le Sacré-Cœur- juin 1997


Juste au-dessus de Belleville l'industrieuse se loge une butte fière de sa particularité et qui fait davantage penser à un village provincial qu'à la ville agitée qui l'entoure. Les chanceux qui y résident, retranchés sur le plateau d’une petite colline, profitent d’une qualité de paix exceptionnelle, loin du tumulte, loin du vacarme parisien.

Dans cet îlot de charme, dans cet entrelacs de rues bordées de petits pavillons et d’immeubles bas, l'on respire une atmosphère villageoise.

Découvrir ce lieu tient presque du miracle car il se trouve en grande partie escamotée à la vue du promeneur. Pour celui-là, seuls deux escaliers abrupts, percés étroitement au travers d'immeubles, donnent accès au plateau.

Quant aux automobiles, elles auront pour seule voie d’accès – et de sortie - le lacet quasi montagnard de la rue Georges-Lardennois.

Mais que l'on suive la route ou que l'on choisisse l’escalier, au sommet, l'on sera récompensé de ses efforts par la soudaine découverte d’un panorama grandiose sur Montmartre et le Sacré-Cœur, panorama d’autant plus merveilleux qu’il était insoupçonné …

 

A suivre …

 

¤     La Butte Bergeyre, déjà sur Parisperdu:

>> "Rêveries du promeneur solitaire".

>> "Sur la butte Bergeyre".

>>
"Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie".

>>
"Parisperdu pour les nuls": " Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre".

>>
"N'est pas Willy Ronis qui veut ..." !
 

 

 

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Passage du Désir.

14 Février 2012, 08:44am

Publié par barreteau

Passage du Désir, 84  rue du Faubourg Saint-Denis 75010 PARIS


Le jour, un flot humain incessant et un bruit permanent envahissent la rue du Faubourg Saint-Denis. Les langues étrangères s'entremêlent, les primeurs se livrent à de sonores joutes verbales et les klaxons retentissent…

Le soir, l’ambiance est tout autre. La rue se vide progressivement, les commerçants ferment leurs boutiques, les habitants regagnent leurs pénates, le silence entre alors en scène.

Contraste saisissant à quelques heures d’intervalles. Maintenant, les rares présences humaines sont des silhouettes furtives, les lumières des réverbères et les néons produisent une atmosphère étrange, presque inquiétante. Une sorte de suspension dans le temps et l’espace, un entre deux: entre éveil et sommeil, entre rêve et réalité.

Et c'est là, au 84 de la rue, qu'une lourde porte barre l'accès au Passage du Désir, pourtant son nom était comme une promesse … mais il gardera sa part de mystère.

 

 >> Le Passage du Désir, vers le boulevard de Strasbourg.

>> "Les passages couverts de Paris" par Sybil Canac et Bruno Cabanis aux éditions Massin.

 

 

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Buzenval.

10 Février 2012, 09:29am

Publié par barreteau

Cour du 79 rue des Haies 75020 Paris, (juin 1995)

Buzenval, le nom sonne comme celui d'un général d'empire victorieux, mais c'est plutôt d'une défaite dont il s'agit. Une cuisante défaite contre les Prussiens, en 1871, au hameau de Buzenval, tout près de Saint-Cloud.

 A Paris, près du métro Buzenval, dans le 20ème arrondissement, au cours des années 90, vous étiez dans l'un des derniers no man's land parisien, une friche urbaine alliant souvent le sordide au sublime. Car, en maints endroits, la laideur de la friche urbaine était rattrapée par l'exubérance de mère nature …
Un juste retour en arrière, en quelque sorte, car dans ce secteur, les patronymes des rues: rue des Haies, rue des Maraîchers, … rappellent le caractère champêtre de cet endroit, caractéristique des "villages " qui ceinturaient l'ancien Paris.

La rue des Haies est une longue rue, étroite, très calme. On peut la trouver aujourd'hui bien morne mais autrefois elle était fort animée.
Au tournant des années 70, elle a compté jusqu'à 71 bars, alimentés en grande partie par les travailleurs de l'usine "Létang et Rémy" qui occupait à l'époque plusieurs numéros de la rue.
 
Au 79 de la rue des Haies, il y avait un bar bien mystérieux. Dans ce petit café sympathique d'où souvent s'échappaient les voix d'Oum Khaltoum ou de Farid El Atrach, la patronne a longtemps fait de la résistance face aux promoteurs aux dents longues. Mais la pression foncière était trop forte, les lobbies de la Mairie trop puissants …

Tout cela n'existe plus, le vent a tourné … aujourd'hui les bobos ont envahi Buzenval, il parait même que c'est un nom qui plait à leurs oreilles. Et c'est tout un pan de l'Est Parisien qui s'est vidé de ses anciens habitants.
Oui, à Buzenval, c'est bien d'une défaite dont il s'agit: celle de toute une partie de la population originelle … poussée dehors par de nouveaux arrivants …

 

La Rue des Haies, déjà sur Parisperdu:

>> Un squat, rue des Haies.

>> La fillette aux gants de boxe.

 

 

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Le voyage a déjà commencé.

23 Janvier 2012, 09:54am

Publié par barreteau

Passage Brady - 75010 Paris


A quelques jours de mon départ pour le sud de l'Inde (Parisperdu va donc fermer ses portes pour une petite quinzaine de jours), il m'a semblé pertinent de faire un tour du côté de "Little India, in Paris". Le passage Brady en est le cœur, un cœur bien vivant, très palpitant même …

Dès l'entrée dans ce passage, tous les sens sont sollicités: par la lumière de sa somptueuse verrière, par les devantures colorées, par les odeurs épicées, par le sourire des vendeurs en habits traditionnels et aussi par les rabatteurs de restaurants … moins traditionnels mais tout aussi souriants !
On est illico transporté en Inde.


Longtemps le passage a été menacé de fermeture par manque d'entretien et défaut d'hygiène, mais  justement, l'Inde c'est aussi un peu ça ! Des travaux de restauration sont en cours: nécessaires sans doute, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité … mais attention, il ne faudrait pas transformer ce bazar coloré en galerie marchande trop huppée …

Car ici, outre les nombreux restaurants fleurant bons le masala, les biriyani et autres dhal … c'est surtout le bazar Velan qui attire mon attention : … on y trouve de tout : des tissus pour saris aux noix de lavage, des condiments doux aux épices de feu …

Velan, Fils de Shiva et de Parvathi, est le Dieu le plus populaire auprès des hindous d'origine tamoule, donc du sud de l'Inde .

Alors pas de doute, mon voyage a déjà commencé …



>> L'épicerie-Bazar Velan, blog officiel.

>> 33, Boulevard de Strasbourg - 75010 Paris: l'une des 4 entrées du  "Passage Brady".

>> "Velan", je viens de visiter le même bazar à Pondichéry.

>> "Les passages couverts de Paris" par Sybil Canac et Bruno Cabanis aux éditions Massin.

 

 

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" Ich bin ein Berliner "

19 Janvier 2012, 10:36am

Publié par barreteau

25, rue Boyer - Paris 20ème: la coopérative "La Bellevilloise".


Tout comme John Fitzgerald Kennedy proclamait à Berlin-Ouest "Ich bin ein Berliner", moi aussi j'ai envie de crier : "Je suis un Parisien" car, même si je ne suis pas né dans cette ville, il y a longtemps qu'elle et moi nous nous sommes mutuellement adoptés.

Et tout comme certains Berlinois peuvent être nostalgiques de l'ex-RDA (la fameuse "Ostalgie"), moi aussi je suis parfois nostalgique de l'Est de Paris, celui du temps où il avait encore quelque chose d'humain, mâtiné d'un certain charme de quartiers un peu désuets: des entrepôts de Bercy aux terrains vagues du haut-Belleville.

Aujourd'hui, à Belleville comme à Ménilmontant, l'Ostalgie refait surface, celle d'un Paris populaire et d'une époque industrieuse … toutes deux définitivement révolues.

Pourtant, se nourrissant des souvenirs surgissant d’un passé lointain, les bars vintage de la rue Oberkampf mettent maintenant en scène cet environnement populaire: celui de la mécanique et de la petite métallurgie, qui se sont maintenues ici, jusque dans les années 60.

A côté de ces bars plus ou moins authentiques, on rénove la Maison des Métallos, le bâtiment de l’Union Fraternelle de la Métallurgie et celui de l’antenne CGT du 11ème arrondissement … autant de symboles de cet ancien bastion ouvrier. Si bien qu'à l’heure de la gentrification des "quartiers Est", la nostalgie ouvrière semble fonctionner à plein.
Ce changement sociologique a paradoxalement prolongé certains particularismes du quartier : les diplômés remplacent les ouvriers dans les nombreuses associations militantes, les artistes se substituent aux artisans dans les ateliers désaffectés.


Mais les avis sont partagés sur les conséquences des transformations urbaines qui ont lieu ici, dans l'Est parisien. Car au final, les bobos sauront-ils conserver un patrimoine en perdition ou vont-ils définitivement le réduire à néant ?



>> "Le Mécano bar" : de la machine-outil et son outillage à l'ambiance latino et ses Mojitos ...

>> La Maison des Métallos.

>> Bienvenue à Boboland.

 

 

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Le Regard du Cygne.

15 Janvier 2012, 09:54am

Publié par barreteau


Rue de Belleville, au carrefour des rues Compans et Pixérécourt, on trouve un drôle de bâtiment avec, sur la porte en fer, une indication insolite: "Studio Le Regard Du Cygne".

Après avoir poussé la porte de ce qui semble être une banale boutique, au bout d'un couloir, on débouche sur un lieu improbable, totalement inattendu.

Avec  ses pavés anciens, ses murs en pierres apparentes, ses poutres en bois d'un autre temps, l'endroit a su garder l'authenticité de l'ancien relais de poste implanté là, à la fin du XVIIe siècle.

Au début des années 80, c'est une équipe d'artistes et de professionnels, qui va créer en ce lieu un véritable conservatoire de la danse contemporaine et de l'écriture du mouvement, dans tous les styles …

En septembre 1984, le studio s'ouvre au public et la première programmation de danse contemporaine est organisée par Amy Swanson, aussi le nom du studio va s'inspirer définitivement de son patronyme et de son regard si particulier sur l'univers de la danse…

Depuis lors, beaucoup d'artistes, de chorégraphes, de danseurs … vont fréquenter le Studio, en lien étroit, quasi physique, avec un fidèle public.

Le studio "Le Regard du Cygne" installé en ce lieu atypique des hauts de Belleville est désormais devenu un lieu culturel incontournable, reconnu dans le paysage artistique parisien, … et même bien au-delà.

 

>> En savoir plus.


 

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Elie: il fait dans la "demi-mesure" ...

11 Janvier 2012, 09:53am

Publié par barreteau


Mai 68 restera pour Elie une date importante, non pour les évènements qui marquèrent cette époque mais par le fait qu'il quitta alors, et en bons termes, son patron de la rue du Caire pour se mettre couturier à son compte, dans les hauts de Belleville.

Elie s'installa près du métro Pyrénées aussi, avait-il coutume de dire qu'il avait atteint les Pyrénées en passant par "le Sentier" !
Il occupait, au premier étage, un deux pièces que lui sous-louait son frère. C'est-là, dans un immeuble plutôt vétuste, qu'il implanta son atelier de "sur demi-mesure". Le terme ne figure pas au registre des métiers pour la bonne raison qu'à Paris, seul Elie a pratiqué cette activité.

Elle consistait à fabriquer des costumes sur mesure à partir de vêtements "grands patrons", on dirait aujourd'hui XXL, souvent invendables et que lui cédait à bon prix son ancien employeur. Comme le costume n'était pas intégralement fabriqué "sur-mesure", Elie avait inventé le terme de "demi-mesure".

Rapidement le bouche à oreille fonctionna et Elie fut obligé de chercher des sources d'approvisionnement complémentaires à celle de son ex-patron.
Il faut dire qu'Elie avait le génie de la coupe et ne vivait que pour la couture. Aussi fallait-il le voir, tel un maître de ballet, le mètre-ruban autour du cou, la pelote d'épingles au poignet et la craie de couturier en main, tournoyer autour de son client pour lui ajuster au mieux sa tenue … ajouter un peu d'étoffe au niveau de la poitrine pour les messieurs à fort jabot ou au contraire en retirer pour ceux aux fesses plates …
Pour le pantalon, il ordonnait au client de faire lui-même la mise en place de la "partie intime", en s'exclamant : "le fusil à gauche, s'il vous plaît, toujours à gauche, … !"

Puis, à la fin de l'exercice pratique, Elie retrouvait rapidement son âme de commerçant : "Je te fais le second à moitié prix, crois-moi c'est une affaire" lâchait-il systématiquement, sans que l'on comprenne bien si la bonne affaire était pour le client … ou pour lui ?
Mais vous aviez passé avec ce dôle de petit bonhomme un bon moment et vous repartiez toujours de la rue des Pyrénées, le cœur plus léger, … le portefeuille aussi.



>> Denise, ouvrière en voie de disparition.

>> Artisans, générations perdues.



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Belleville Café.

7 Janvier 2012, 10:05am

Publié par barreteau

Chez Freddy (aujourd'hui fermé), un des derniers cafés de la rue de Tourtille Paris 20ème_ Photo: © Sylvaine Conord


Une ville en recouvre toujours une autre. A Belleville, avec les destructions d'îlots anciens remplacés par des constructions plus ou moins anarchiques, les frontières des migrants se sont déplacées au fil des années. Les Chinois dans le bas-Belleville ont déplacés les juifs séfarades qui eux-mêmes ont poussés les arméniens hors de Belleville.

Pour comprendre, pour sentir ces évolutions, le mieux est de pousser la porte d'un café de Belleville.
Une fois à l'intérieur, il faut choisir sa table, idéalement dans un angle de la salle, mais assez près du zinc afin de pouvoir écouter et observer les figures locales qui se relayent ici pour prendre leur quart sous des néons d'une autre époque. A l'opposé du comptoir, aux tables du fond de la salle, de vieux clients impassibles ont leurs habitudes: rêvasser là, sans un mot, dans un décor baroque.

Mais ces dernières années, le quartier est devenu un genre de Brooklyn parisien sans qu'on sache très bien de quel côté il va dériver. Vers un riche melting-pot à la new-yorkaise, produit de l'incessant métissage et de la boboïsation. Ou vers un quartier où la haine entre les communautés est explosive?

Dans tous les cas, on aurait bien besoin des bistrots de quartier où il fait bon se coudoyer… Mais en restera-t-il encore ? Alors que tous ferment les uns après les autres.


>> "Belleville Cafés" par Anne Steiner et Sylvaine Conord, aux Editions L’Échappée.

>> Tout proche de "Chez Freddy", il y avait aussi "Chez Fanfan".

>> Malaise à Belleville.

 

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Connaissez-vous Paris ?

3 Janvier 2012, 10:03am

Publié par barreteau


Entre 1936 et 1938, Raymond Queneau pose chaque jour aux lecteurs de l'Intransigeant, trois questions sur Paris. Ce feuilleton sur le Paris des années trente a donné lieu à un ouvrage de poche: "Connaissez-vous Paris ?" récemment édité chez Folio.

Le volume reprend 456 questions et réponses, soit le quart des 2102 que Raymond Queneau rédigea pour le quotidien. Comme toujours chez Queneau, c'est remplit de poésie, de charme.
Et c'est une invitation à la promenade, même si ce Paris a bien souvent disparu.

E
n réponse au titre de l'ouvrage, nous serons sans aucun doute beaucoup à répondre: "Non"; tant à la lecture des questions, on a finalement le sentiment de ne pas toujours bien connaître cette ville prodigieuse qu'est Paris.

Pour tous les amoureux de Paris, les flâneurs, les photographes, les spécialistes de l'antiopée, voilà un petit livre qui va leur donner très envie d'arpenter à nouveau les rues de la capitale pour découvrir les lieux parisiens qu'évoquent Raymond Queneau … quand ils existent encore !
 

  • Connaître Paris, via Parisperdu …:

>> Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux.

>> Balades hors des sentiers battus.

>> Parisperdu pour les nuls.

 

 

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Meilleurs Voeux pour 2012 ... !

30 Décembre 2011, 10:25am

Publié par barreteau

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Une prolifération d'images ...

26 Décembre 2011, 14:55pm

Publié par barreteau


Il n'est plus original de parler de la prolifération des images. Partout, nous vivons dans un monde plein de photos, de vidéos... Dans les rues, dans les transports, et même de plus en plus dans nos poches, sur les écrans de nos téléphones, nous "subissons" des images qui nous parviennent à un rythme de plus en plus accéléré. Nous ne prenons plus le temps de les analyser, de les hiérarchiser. La plupart du temps, nous recevons cette masse de visuels de manière très passive.

Parisperdu est là pour prendre le contre-pied de cet état de fait, en proposant des choix assumés, revendiqués. En donnant à chaque sujet plus ou moins d'importance, en faisant comprendre l'importance d'une légende, d'un texte explicatif … en laissant à chacun la liberté de choisir entre l'image ou le texte ou encore … l'image plus le texte.

Avec "l'album des Lieux retrouvés", Parisperdu va un peu plus loin. Le mélange s'ajoute à l'accumulation.

Cet album montre en effet des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.

Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs).

C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.



>> Les "Lieux retrouvés" de Parisperdu.

 

 

 

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Flandre, morne plaine de Paris.

22 Décembre 2011, 09:46am

Publié par barreteau

173, avenue de Flandre - Paris 19ème

La rue de Flandre, dans le 19ème arrondissement, est désormais devenue avenue, et c'est là, entre les stations de métro Riquet et Crimée, que s'élèvent les Orgues de Flandre. Un avant-gout de la banlieue nord toute proche.

C'est une architecture saillante, agressive, complètement écrasante vue du trottoir et, au milieu de ces tours, un square minuscule où règne une très forte tension. Stalingrad et sa came ne sont pas très loin.

Dans les rues alentour, le deal est partout, cent paires d'yeux vous regardent, insistent en espérant vous faire presser le pas. C'est vrai à la fin, qu'est-ce que vous foutez là, … et avec un appareil photo en plus : c'est de la provoc' ou quoi ?

L'avenue de Flandre, sorte de no man's land, reste dans sa crispation, son malaise …
Mais on peut se demander à quoi cela est dû exactement ?

A la laideur des Orgues, qui fait repoussoir ? Au fait qu'ici, il n'y ait rien à voir ? Car, avenue de Flandre, ce n'est qu'une succession de boutiques de chaussures en faux cuir, de vêtements mal coupés, d'accessoires bas de gamme … qui disent aux passants : "vous êtes pauvres, vous êtes donc forcément voués à la laideur..."

Décidément, Flandre est une bien morne plaine…


>> Les orgues de Flandres.

>> L'avenue de Flandre, déjà dans parisperdu.
 

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" Paris, Portrait d'une ville "

18 Décembre 2011, 11:02am

Publié par barreteau

Démolition des Halles de Baltard. Août 1971. Copyright : Jean-Claude Gautrand.


Jean-Claude Gautrand, passionné par notre chère capitale, nous offre avec le livre "Paris" aux éditions Taschen, une chronique photographique exceptionnelle sur Paris. Avec ses 600 pages et plus de 500 photographies, ce livre est un incroyable voyage à travers un siècle et demi d’histoire, du second empire à nos jours.

Il faut dire que Jean Claude Gautrand, né en 1932, est l’un des plus grands spécialistes français de la photographie. C'est aussi un homme véritablement passionné par cette ville, sa ville "quand je franchis le périphérique, je suis à l’étranger" dit-il en reprenant les mots de Doisneau, qu’il fait sien.


Photographe professionnel depuis 1960, il s’est également fait un nom comme historien, journaliste et critique, grâce à de nombreuses publications. Il est l’auteur, toujours aux Editions  Taschen, des livres "Paris mon amour" (1999), "Brassaï" (2004) et "Ronis" (2005) et aussi de deux livres consacrés à Doisneau (2003).

Aujourd'hui, avec cette collecte de photographies tirées de dizaines d’archives et de collections privées, se rencontrent le passé et le présent, le monumental et le quotidien, les choses et les gens.

"Paris, Portrait d’une ville" qui vient de sortir en librairie, tombe donc à pic pour faire un très beau cadeau lors des fêtes de fin d’année. Car cet "album de famille", qui pourrait être celui de tout Parisien, fera le régal de tous les amoureux de Paris et de la photographie.



>> Ecouter Jean- Claude Gautrand nous présenter ce livre.

>> Le livre, au catalogue des Editions Taschen.

  

 

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