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PARISPERDU

En marge d'Atget.

28 Avril 2012, 08:06am

Publié par barreteau

Remise de la guillotine, 60 rue de la Folie-Regnault, Paris 11e (Août 1901) par Emmanuel Marie Pottier.


Si Eugène Atget est considéré comme le pionnier de la photographie urbaine, il ne faut pas occulter toute une partie de ces artisans qui ont produit une iconographie importante sur le patrimoine de la capitale. On peut citer alors les photographes qui - à partir de 1898 - ont officié à la "Commission du Vieux Paris": Ferdinand Roux, Jean Barry, Henri Godefroy, les frères Berthaud, Albert Brichaut… L’engouement est alors tel que cette institution organise des concours entre 1903 et 1907, obtenant un certain succès.

En marge de ces évènements, il existe aussi des opérateurs conscients du potentiel de ce patrimoine urbain. Emmanuel Marie Pottier, en est un bon exemple. Fils de cafetier, il débute sa carrière comme boulanger et voyage à travers la France et l’Espagne jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ce n’est qu'en 1898 qu’il s’installe définitivement à Paris et qu'il y commence ses reportages photographiques.

Ses thèmes, que ce soit le vieux Paris ou les motifs décoratifs, sont similaires à ceux d'Atget. Pottier publie ses œuvres en cartes postales avec la mention "Collection du Vieux Paris Pittoresque & Artistique", à l’heure où la carte postale est en plein essor.

Aujourd'hui, ce parfait inconnu se trouve projeté dans la lumière, à l'occasion de l'exposition  "Eugène Atget, Paris" qui vient d'ouvrir au musée Carnavalet. Au tournant des années 1900, tout comme le grand Atget, Pottier, lui aussi, explore les rues de Paris.
L'exposition en cours montre combien il a maîtrisé son sujet. Aussi la présentation de ses clichés à côté de ceux du maître Atget n'a rien d'une usurpation …

Le parfait inconnu devrait l'être un peu moins d'ici quelque temps car l'exposition "Eugène Atget, Paris" va se déplacer dans les mois à venir: Madrid, Rotterdam, Sydney … sont au programme.

A découvrir absolument, pour tous les amoureux de Paris et de la photo à l'ancienne …

 

 

>> "Eugène Atget, Paris",  au Musée Carnavalet : du 25 avril au 29 juillet 2012.

>> Atget, sur Parisperdu.



 

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Une réhabilitation exemplaire.

24 Avril 2012, 08:21am

Publié par barreteau

 Tour du Bois le Prêtre _75017 Paris (mars 2010)

Au 5, boulevard du Bois le Prêtre, dans la partie populaire du 17e, coincé entre le boulevard périphérique et le cimetière des Batignolles, s'élevait il y a encore peu une tour HLM laide et vétuste.

Le bâtiment date des années 1960, une époque où l'on construisait "à la pelle" ces grands ensembles qui ont aujourd'hui très mal vieilli. Pour vous donner une idée de l'ambiance des lieux, sachez que les habitants du quartier l'appelaient "l'immeuble Alcatraz!". Tout semblait indiquer que tôt ou tard, la tour serait promise à la démolition.

Eh bien non, car la mairie de Paris a réussi le pari inédit de réhabiliter cette tour en agrandissant les appartements, … et pour un coût deux fois moins élevé que s'il avait fallu démolir pour reconstruire.

Et aujourd'hui, au 5, boulevard du Bois le Prêtre se dresse un immeuble blanc de 50 m de haut ceint de grands balcons transparents, qui semble avoir été construit hier.

Les habitants qui ont été associés aux plans, sont restés dans l'immeuble lors des travaux, car ils ont - chacun à leur tour -occupé des appartements relais pendant que les leurs étaient rénovés.

La tour "relookée" selon ce processus est présentée par les architectes comme une première mondiale. Voilà une opération comme on aimerait en voir beaucoup dans Paris, où trop souvent on assiste à des démolitions d'immeubles réputés plus où moins vétustes avec en corollaire la déportation de leurs habitants … hors de Paris.


>> Présentation du projet par l'équipe d'architectes 


>> La tour du 5, boulevard du Bois le Prêtre: AVANT/APRES.


>> Voir aussi sur Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies ..".

 

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Le Belleville des années 70, vu par François-Xavier BOUCHART.

20 Avril 2012, 10:00am

Publié par barreteau

Terrain Vague près de la rue Vilin, 1970 F. X. Bouchart, © Nadine BEAUTHEAC-BOUCHART


Dans les années 70, François-Xavier Bouchart est l'un des seuls, avec Henri Guérard, à quadriller systématiquement Belleville pour prendre des photographies de l'ensemble du quartier, et en particulier de certaines rues et passages aujourd'hui disparus : l'allée des Faucheurs, le passage Kuzner, la rue Vincent …

Ses photographies montrent des façades d'habitations, d'anciens commerces, des enfants du quartier, des terrains vagues après les destructions d'immeubles... Les bulldozers et les immeubles éventrés, ont aussi, au travers du viseur de son appareil photo,  retenu son attention.

Son travail propose un regard personnel sur ce quartier populaire si bien mis en images par Willy Ronis, dans les années 50, alors que Belleville et Ménilmontant étaient encore intacts.
François-Xavier Bouchart a voulu photographier ces mêmes lieux en phase de mutation urbaine, économique et sociale. Il voulait aussi poursuivre cet inventaire que menait également à cette époque Georges Perec pour son documentaire "En remontant la rue Vilin", et fixer dans le bromure d'argent, les restes de ce Paris populaire qui alors disparaissait.



>> Impasse du 34 rue Henri Chevreau, 1973 par F. X. Bouchart, © Nadine BEAUTHEAC-BOUCHART

>> Le passage Kuzner Paris 20ème © Willy Ronis

>> Belleville'70 par Jean-Louis Penel.

>> Le livre collectif "Belleville-Belleville", aux Editions Créaphis, (1994), consacre un chapitre à François-Xavier Bouchart, avec 7 de ses photos. L'ouvrage lui est dédié.

 

 

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Café Charbon Mazout ...

16 Avril 2012, 13:30pm

Publié par barreteau


L'un des derniers bougnats de Paris aura sans douté été ce café-charbon-mazout du 6 rue Emile Lepeu, dans le 11e arrondissement. Il resta en activité jusqu'en 2004 et, même si à cette date peu de gens utilisaient encore le charbon, il disposait pourtant de son ''chantier'', c'est-à-dire de son tas de charbon dans l'arrière boutique et servait en salle aussi biens des tasses de petit noir que des ballons de petits blancs …

Aujourd'hui, l'âme du vieux bougnat  a été partiellement préservée. Et même s'il a été quelque peu remis au goût du jour, l'établissement a conservé un certain charme, avec son comptoir en formica rouge des années 60. Mais on est passé du charbon naturel à l'un de ses radio-isotopes car la façade affiche désormais : "Carbone 14" !

Dans le quartier, outre ce bougnat, on trouve encore quelques rares bistrots "d'époque" qui reflètent un Paris convivial et authentique.
C'est un Paris ni tout à fait d'hier, ni tout à fait d'aujourd'hui, qui continue à exister… un Paris presqu'éternel.

 

 >> Le café-charbon, au temps d'Odette Escalier.

>> "Le Carbone 14".

>> ... avec son comptoir en formica rouge des années 60.

 

 

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La cour de l'Industrie.

10 Avril 2012, 09:07am

Publié par barreteau


Au 37 bis de la rue de Montreuil, dans le 11ème, la cour de l'Industrie, créée au milieu des années 1800, témoigne aujourd'hui encore du passé artisanal de l'arrondissement.

Il y a là une cinquantaine d'ateliers pour moitié des artisans, pour l'autre des artistes. Longtemps menacés d'expropriation ceux-ci se sont très tôt constitués en un groupe de pression. Et, avec l'appui de la mairie de Paris et d'associations diverses, à coup de pétitions et d'actions, les occupants vont finalement pouvoir rester dans l'un des derniers vestiges du patrimoine artisanal du quartier.


Car aujourd'hui, la démolition de l'ensemble n'est plus à l'ordre du jour et le lieu parait définitivement sauvé. Rachetée par la mairie de Paris qui y commence des travaux de rénovation, la cour de l'Industrie restera en activité et ne sera donc ni "loftisée" ni "boboïsée".

Les doreurs-laqueurs, les sculpteurs-ornemanistes et … autres artisans à l'ancienne vont pouvoir continuer à travailler sereinement dans le dernier îlot d'ateliers dans Paris.

Preuve est faite que, même face aux promoteurs aux dents longues, la lutte et la solidarité paient …



>> Le 37bis, site officiel.

 

 

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Paris-Dakar .

6 Avril 2012, 08:46am

Publié par barreteau

Mosquée Al Fath _ rue Polonceau-  Paris 18ème (juin 2005)


Au petit matin, je pars à pied prendre le métro, et vois défiler une dernière fois les immeubles blafards de la rive gauche.

Je descends à la station Barbès-Rochechouart. Au-dessus de moi, le métro aérien fait un vacarme répété de ferrailles déglinguées. D'un pas rapide, je rejoins le quartier de la Goutte d'Or. Là commence un deuxième monde, et je ressens un léger malaise face aux codes mal appris de cette autre planète.

Il est tôt et les rues sont quasi-vides, les dealers ne sont pas encore sur leur lieu de travail … le "business" reprendra plus tard. Seul un grand Black encapuchonné, à l'air pressé, sort d'un petit immeuble de la rue de la Charbonnière, au cœur de Barbès.

Au coin de la rue, un salon de coiffure annonce toutes sortes de miracles pour la chevelure, les ongles et promet l'éternelle jeunesse… Juste à côté, c'est un minuscule "take away" africain. Le restaurant sent encore fort la banane grillée et un calicot annonce qu'il a changé de propriétaire.

Plus loin, c'est un autre restaurant miniature, puis un bazar où les mousses à raser côtoient d'énormes sacs de riz. Enfin, j'atteins la rue Polonceau et la porte verte et blanche de la mosquée Al Fath. Tout près de là, Ivoiriennes, Sénégalaises ou Guinéennes se partagent les échoppes, et les hommes peuls ou malinkés palabrent sur le trottoir.

Rue de Jessaint, adossé à un immeuble de 8 étages, un portail conduit au fond d'une cour, à un véritable capharnaüm où les immigrants en provenance de toute l'Afrique sub-saharienne viennent chercher un soutien administratif, des cartes téléphoniques, faire des transferts d'argent ou trouver des conseils pour obtenir la nationalité française.

C'est là que Soufiane, à la fois sage, patriarche et marabout, reçoit ses congénères dans son bureau miteux, plein de bibelots africains, d'effigies d'Alpha Blondy et de Barack Obama. Aux beaux jours, le marabout officie sur la terrasse de l'immeuble qui surplombe, vers le nord, l'horizon jusqu'à Saint Denis. Il dit que cette situation élevée permet une meilleure communication avec les esprits, et justifie à ses yeux le tarif majoré qu'il demande alors à ses clients …

Notre course pourrait continuer encore longtemps dans ce Paris africain où à chaque coin de rue, l'on peut vivre petites et grandes aventures … un peu comme dans un autre Paris-Dakar !

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "La Goutte d'or, Babel parisienne".

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Apartheid résidentiel".

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Origines contrôlées …"

>>  L'Institut des Cultures de l'Islam va bientôt prendre la place de la mosquée Al Fath.

 

 

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Contrefaçon à Bercy !

2 Avril 2012, 09:34am

Publié par barreteau

Le pont de Bercy, vu du métro "Quai de la Gare" Paris 13ème.


Au métro "Quai de la Gare", tout au début du quai d'Austerlitz, il est un bar-brasserie qui cherche à reproduire une époque passée, c'est: "Chez Lili et Marcel".

Mais je dois dire que ce "bistro reconstitué", avec sa fausse devanture, et tous ces petits détails de déco pour "faire d'époque", ne me fait guère rêver…
L'âme bistrotière de Bercy est,  il est vrai,  morte depuis bien longtemps.

Ici, l'on se croit plutôt dans un décor de film, tant l'accessoiriste a bien fait son métier. Et les serveurs en pantalons à bretelles et à casquette gavroche, sur-jouent, à l'évidence, leur rôle.

Au comptoir, on aimerait voir Lilli ou Marcel, pouvoir discuter "le bout de gras" avec "Marcel", rendre un sourire à "Lilli". Mais c'est impossible: "Lilli et Marcel" sont des personnages virtuels, de simples "accroches marketing".

Riton la Manivelle, lui qui est bien réel, descend parfois du haut de son 20ème, pour essayer de créer "l'atmosphère" mais je le trouve plus convainquant "Au Vieux Belleville" car là-bas, il est dans son élément naturel.

A Paris, à Bercy comme ailleurs, en matière de bistrot, méfiez-vous des contrefaçons !

 

>> L'accessoiriste a bien fait son métier.

>> Ecouter Riton la Manivelle

 

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Guide de survie en pays bobo. (3/3)

29 Mars 2012, 08:09am

Publié par barreteau

Carrefour stratégique: 84 rue des Cascades / 43 rue des Envierges _Paris 20ème - Juillet 1997


Le 20ème arrondissement commencera pour vous, au métro Pyrénées où vous trouverez l'insolite cour de la Métairie, n'hésitez pas à vous y enfoncer, elle garde un charme réel même si on y a beaucoup (trop) construit.

Bientôt vous allez atteindre un lieu stratégique du haut Belleville : le carrefour en étoile à six branches qui donne accès aux rues des Envierges, des Couronnes, des Cascades, et de la Mare …
Toutes ces rues ont peu changé et révèlent encore, pour qui sait regarder, de belles pépites.
Rue des Envierges, le bistrot "Au vieux Belleville" est l'une d'elles, avec sa petite salle, son zinc véritable, son sol carrelé encore nettoyé à la sciure de bois, et des tables d'une autre époque que l'on pousse chaque soir pour guincher sur la Java bleue ou sur d'autres airs tout aussi populaires …. : un vrai "rade" parigot.

 

A Ménilmontant, on ne manquera pas le "Piston Pélican", un bar mi-classique, mi-tendance qui a su garder une certaine authenticité car dans la journée, "on peut apporter son manger" et le soir, profiter de la musique. Tout près de là, rue de Buzenval, arrêtez-vous au bistrot "Les Pères Populaires", un bar pour étudiants fauchés dans un décor de brocante avec canapé déglingué, chaises d’écolier, formica et papier peint psychédélique. La moyenne d'âge de la clientèle est vivifiante …

Un petit pèlerinage pour terminer : au 46 de la rue de Lagny, face au square Sarah Bernhardt.
Il y a quelques années encore, c'est là que j'allais, timide comme un jeune écolier, rendre visite à un maître de la photographie : Willy Ronis.

 

>> L'insolite Cour de la Métairie.

>>  Minelle au "Vieux Belleville".

>> Le Piston Pélican, déjà sur Parisperdu.

>> Sur le banc avec Willy Ronis ...

>> Au 46 rue de Lagny, chez Willy Ronis.

>> Guide de survie en pays bobo (2/3).

 

 

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Guide de survie en pays bobo. (2/3)

25 Mars 2012, 09:56am

Publié par barreteau

Sur la Butte Bergeyre: 13-15 rue Edgar Poe _ Paris 19ème - juin  1995


Vous avez pénétré dans le 19ème arrondissement par l'interminable pont qui enjambe les voies ferrées/Est; vous êtes donc rue Riquet. Parcourir cette rue n'est pas vraiment une partie de plaisir. Surtout dans sa partie située après l'avenue de Flandre, où elle est plus étroite et en  pleine restructuration. Mais la récompense est au bout de la rue lorsqu'après une courbe, vous débouchez soudain sur le quai de la Seine, le bassin de la Villette et les entrepôt-jumeaux …

En vous dirigeant  vers la place de Stalingrad, n'hésitez pas à monter à bord de la péniche Antipode, c'est l'occasion unique de boire un verre, tout en profitant d'une belle perspective sur le bassin. Traversez ensuite ce dernier par la passerelle située à la hauteur du passage de Flandre: vous êtes alors: quai de la Loire.

A nouveau en direction de la retonde de Stalingrad, il vous faudra prendre, près du métro Jaurès, l'avenue Secrétant puis l'avenue Simon Bolivar jusqu'à ce que vous atteignez l'avenue Mathurin Moreau que vous emprunterez en direction des Buttes Chaumont. Inutile d'aller jusqu'au Parc des Buttes Chaumont car là, même hors du week-end, le bobo aime roder. Vous avez mieux à faire avec la délicieuse Butte Bergeyre.

Pour y accéder, la rue Georges Lardennois s'offre à vous. Dès son départ vous serez confronté à cette alternative: continuer par la rue ou prendre l'abrupt raccourci d'un escalier.
Je vous conseille de poursuivre par la rue et vous allez comprendre pourquoi : elle grimpe en lacets et c'est donc la meilleure façon de découvrir l'intégralité du village secret de la Butte Bergeyre.


Ici, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris, une arrière-cour essentiellement résidentielle. On peut regretter l'absence d'une véritable place de village avec un troquet, des commerces … Mais la tranquillité est à ce prix: pas de commerces donc, à une exception près, l'Utopicerie, un magasin bio d'un autre type.

A l'extrémité de la rue Georges Lardennois, j’ai retrouvé l’escalier que je cherchais. L’escalier immortalisé par Willy Ronis dans son célèbre cliché : "Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin". Cet "escalier Ronis", vous donnera un avant-gout de la fin de notre promenade. Vous découvrirez exactement de quoi il s'agit dans le prochain billet (3/3) …

En bas de l'escalier, il vous faudra reprendre l'avenue Simon Bolivar jusqu'au métro Pyrénées pour atteindre le 20ème arrondissement.


A suivre …

>> Le café Antipode … sur la péniche.

>> Butte Bergeyre, la secrète … (3/3)


>> Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

>> N'est pas Willy Ronis qui veut

>> Guide de survie en pays bobo (1/3)

 

 

 

  

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Guide de survie en pays bobo. (1/3)

21 Mars 2012, 08:44am

Publié par barreteau

Cité de la Chapelle Paris 18ème_ juin 1997

A Paris ce n'est pas encore, comme certains le croient, la revanche de l'Est populaire sur les bourgeois de l'Ouest. L'Est aussi s'embourgeoise et le populaire y meurt …  car désormais, à l'Est, le "bobo" est roi.

Dans ces quartiers de partout cernés par les portes à digicodes, les vidéo-interphones, les façades murées, les ateliers reconvertis en lofts, … difficile de trouver l'ouverture, de dénicher les bonnes adresses: celles des bistrots authentiques et des vrais artisans.

Voici donc un circuit balisé pour échapper au pire, flâner au mieux et respirer le vrai Paris.

 

Votre circuit fera un quart de cercle partant du 18ème pour arriver tout près de la place de la Nation, dans le 20ème arrondissement.

Départ donc devant la Gare du Nord, direction plein nord par la rue Marx Dormoy, ignorez  les innombrables bouibouis turcs, et arrêtez-vous plutôt "Au Bon vivant", un bar de quartier sans prétention mais fort agréable.
Sur le côté gauche de la rue, n'hésitez pas à aller jeter un coup d'œil au passage Ruelle, un îlot de calme avec le théâtre de la Reine Blanche et l'Atelier de Tapisserie, où l'on travaille encore à l'ancienne. Le passage butte sur les voies ferrées Nord mais ce n'est pas une impasse car par la Cité de la Chapelle, vous allez retrouver la rue Marx Dormoy.

Continuez alors à nouveau en direction du nord, par la rue de la Chapelle, toujours sur le côté gauche vous allez avoir plusieurs impasses à explorer : l'impasse du Curé qui a conservé quelques ateliers sur son côté pair alors que le côté opposé a été entièrement rénové; puis le hameau de La Chapelle où il vous faudra passer l'épreuve du digicode pour accéder à ce havre de tranquillité, enfin allez jeter un œil à l'ensoleillée impasse de la Chapelle.

Votre cheminement vers le 19ème arrondissement se fera par la paisible rue de Bourcy où un arrêt s'impose au bar "Cap 21". Son imposante patronne n'a besoin de personne pour éloigner les importuns. Vous déboucherez ensuite place Hébert où Robert Doisneau a souvent rôdé. Et, par la rue de l'Evangile, vous allez rejoindre la place de Torcy et son marché qui évoque encore celui d'une sous-préfecture de province, même s'il est désormais de toutes parts cerné par les commerces asiatiques.

Par la minuscule rue de l'Olive, vous rejoignez la rue Riquet où vous pouvez faire une halte à la petite pâtisserie-confiserie du n°92. Cela vous donnera la force d'attaquer l'interminable pont qui enjambe les voies ferrées/Est.
Vous accédez alors au 19ème arrondissement.

A suivre …

 

 

>> Cité de la Chapelle: La belle au bois Dormoy

>> Les filles de Marx Dormoy.

>> Sur les pas de Robert Doisneau

 

 

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La cour de la Métairie.

17 Mars 2012, 10:22am

Publié par barreteau

403 de la rue des Pyrénées, 75020 Paris 


A la jonction des 92-94 rue de Belleville et du 403 de la rue des Pyrénées, un porche s'ouvre, c'est la "cour de la Métairie". Jusqu'à l'aube de la première guerre mondiale, se tenaient là, les dépendances d’un métayer, dernières traces de la vocation paysanne de la colline de Belleville.

A cette époque, les terres du métayer vont être vendues pour accueillir des activités industrielles. Et, dans la Cour, c'est la société Continsouza, qui implante une usine. Elle va employer jusqu'à un millier d’ouvriers, et devenir ainsi l’une des plus importantes usines de Belleville.

Continsouza produit alors du matériel cinématographique pour Gaumont et Pathé, mais à la fin du mois de février 1928, un terrible incendie ravage ses installations. Pendant de longs mois les ouvriers seront au chômage. Continsouza remontera en partie les bâtiments détruits et recentrera son activité sur la fabrication de machines à écrire, une production qui demeura en place jusqu’en 1948. Ses installations furent alors partagées entre plusieurs sociétés, dont le fabricant de chaussures Berthelot, (on voit encore l’inscription du nom de cette société sur notre photo).

En 1952, c'est la division impôts du ministère des Finances qui vient loger, dans une partie des anciens ateliers industriels de la Cour de la Métairie, son service d’enregistrement mécanographique des déclarations au fisc. (On voit également l’inscription du nom du ministère sur la photo).  
"Les impôts" vont quitter la Cour dans les années 1990, libérant ainsi des terrains pour la construction d’immeubles modernes.

Quant aux "Chaussures Berthelot", elles vont quitter leur immeuble en 1992 et c'est l'Etablissement Public de Santé Maison Blanche qui en fait l’acquisition. Toutefois, les travaux de réaménagement tardent, laissant le champ libre à tout un peuple de squatters. Le centre de postcure Maison Blanche n’ouvrira qu’en 2000.

Dans la "cour de la Métairie", seules subsistent aujourd’hui quelques petites sociétés occupant le 5 bis, mais ce lieu conserve un charme indéniable dû sans doute à la rémanence encore forte de son prestigieux passé industriel …


>> Pierre-Victor Continsouza, pionnier du matériel cinématographique. 

>> Chaussures Berthelot, réclame de l'époque …

>> L'Etablissement Public de Santé Maison Blanche.

 

 

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La Goutte d'or, Babel parisienne.

13 Mars 2012, 09:49am

Publié par barreteau

La villa Poissonnière - Paris 18ème (1997)


A la sortie du métro Barbès-Rochechouart, c'est d'abord sa ligne aérienne qui interpelle, fortement présente, elle survole le tracé de l'une des anciennes enceintes de Paris, celle dite "des Fermiers-Généraux".

Mais Barbès est aussi ce carrefour qui vous immerge immanquablement dans une foule bigarrée, et vous entraine dans un véritable maelström.

Et Barbès c'est enfin un espace indistinct, une zone transfrontalière du nord de Paris. Décidément, Barbès n'est pas un quartier facile à cerner.


Tout près pourtant, il y a un véritable quartier, bien identifié lui, centré sur une butte: la Goutte d'Or... L'aspect pentu des artères rappelle l'ancienne butte viticole, réputée pour son vin blanc aux reflets dorés: le fameux "goutte d'or ".

La Goutte d'Or a toujours eu une vocation multiculturelle, a toujours été un lieu d'immigration, une Babel parisienne : d'abord provinciale, puis européenne et finalement aujourd'hui, ce sont les africains qui en constituent le contingent le plus important. Le quartier est désormais colonisé par de petits commerces exotiques et partout règnent les effluves de kebab.

Un peu plus haut, Montmartre, avec ses touristes et ses familles aisées, est pourtant tout proche et pourrait, vu d'ici, représenter une métaphore de l'ascension sociale !

Sur le versant nord, la butte de la Goutte d'Or s'échappe en pente douce vers une frontière ferroviaire constituée d'entrepôts et de voies de triage de la Gare du Nord. Les usines de locomotives et autres industries semi-lourdes ont disparu depuis longtemps. Transformé en un Paris africain, il ne reste plus de traces de ce Paris ancien.

Sauf que tout à coup, surgie de nulle part, vous arrivez à la villa Poissonnière, une étroite artère qui relie les rues Polonceau et de la Goutte d'Or. Elle semble être ici comme le dernier témoin des temps jadis.
C'est comme à la campagne …  mais Lidl est de l'autre côté de la rue!

 

>> Voir aussi: "Balade à La Goutte d'or"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Etrange banalité"

 

 

 

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Cité Florale, un îlot hors du temps.

9 Mars 2012, 09:19am

Publié par barreteau

Rue des Iris, Paris 13ème (Avril 1996)


Dans les années 1920, la "Cité" fut construite par des cheminots de la ligne de petite ceinture sur une zone triangulaire, un ancien pré régulièrement inondé par la Bièvre. Cette particularité lui a valu de ne pas pouvoir abriter d'immeubles. Le secteur fut donc intégralement urbanisé avec de petites maisons.

Il en résulte un quartier insolite, composé de cinq ou six rues, hors du temps, comme oublié par les bâtisseurs des villes et leurs promoteurs. Les tours du quartier Italie tout proche, semblent cerner, cet îlot privilégié, sans encore le menacer …

Ici, les rues sont pavées, possèdent arbres et profusion de végétation. Elles portent des noms de fleurs : rue des Iris, des Volubilis, des Liserons, des Glycines, des Orchidées … ou square des Mimosas.

Chacune des maisons qui composent la cité florale possède son propre jardin. Toutes ont de faux airs de villa de bord de mer pour notables provinciaux.
On se dit qu'on a déjà vu cela quelque part : Arcachon ? Royan ? La Baule ?



>> C'est où ?

 

 

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Sur le banc avec Willy Ronis.

5 Mars 2012, 09:37am

Publié par barreteau

Square Sarah Bernhardt, Paris 20ème


Nous sommes au milieu des années 90 et ce-jour là, Willy Ronis me dit au téléphone: "Il fait beau, je vous propose que nous nous rencontrions dans le square, en bas de chez moi".
En bas de chez lui effectivement car, des fenêtres de son appartement vous aviez une vue plongeante sur ce square Sarah Bernhardt, qu'il aimait tant.

17 heures était l'heure du rendez-vous. C'était je crois, en juin ou tout début juillet. Par courtoisie, pour ne pas faire attendre Willy, je gagne le lieu du rendez-vous bien avant l'heure fixée. Mais en matière de courtoisie, ce Monsieur n'avait rien à apprendre de personne, aussi quand j'arrive sur les lieux, il est déjà là, assis sur un banc, au centre du petit square.

De loin, je reste un moment à l'observer : il a son vieux Pentax sur les genoux, et je remarque qu'il tourne très souvent la tête sur la droite, vers le terrain de jeux des enfants.

Soudain, tel le félin qui bondit sur sa proie, avec une vitesse et une dextérité déconcertante pour un homme de son âge, il place le viseur à son œil et prend deux ou trois clichés d'une scène où un jeune garçon, la tête en bas sur une balançoire, est poussé par une petite fille …

Arrivé à sa hauteur, après les salutations, je demande à Willy ce qu'il vient de photographier. Il me répond laconiquement: "la vie".
Et comme j'insiste pour en savoir un peu plus, il me rétorque:
"Mais la vie, mon jeune ami, la vie tout simplement, rien que la vie, … mais c'est déjà pas si mal". Je n'en saurai pas plus …

Mais maintenant que je repense à ce moment, je me rends compte que Willy me donnait, à cet instant, la clé de tout son prodigieux travail photographique. Tout au long de sa carrière, c'est en effet "la vie" qu'il s'est efforcé de saisir à travers son objectif. La vie au quotidien, simple mais sensible. Et il savait comme personne l'aborder avec empathie et lui donner cette touche de poésie qui transforme ces moments éphémères en éternité.


>> Willy Ronis sur Parisperdu.

 

 

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L'exemplaire "Maison Rouge".

1 Mars 2012, 18:01pm

Publié par barreteau


Au 10 du boulevard de la Bastille, se tenait jusqu'en 2003 une ancienne usine. Abandonnés depuis déjà longtemps, les ateliers de cette usine s'articulaient en 6 ou 7 bâtiments qui, curieusement, enserraient un pavillon d’habitation.

Une friche industrielle de plus de 2000 m², en plein Paris, voilà un endroit tout désigné pour une jolie promotion immobilière !

Eh bien non car le site, aujourd'hui réhabilité en une Fondation d'art contemporain (Fondation Antoine de Galbert), est un exemple de réutilisation intelligente du patrimoine industriel parisien, trop souvent démoli, trop souvent rasé pour faire place nette aux promoteurs immobiliers avides de fortes plus-values financières …
La rénovation et la conception muséographique de ce vaste espace ont été confiées à l'architecte Jean-Yves Clément qui s’est attaché à conserver les traces de l’architecture industrielle, telles les verrières et les proportions initiales des lieux. L'architecte a parfaitement su garder la spécificité du lieu, préserver le charme des volumes hétérogènes et la sensation hors du temps des constructions, tout en créant un ensemble lisible et cohérent.

L’aménagement des espaces d’accueil a été confié à l’artiste Jean-Michel Alberola qui, en intervenant sur les murs, en a fait une œuvre.

Aujourd’hui répartis en quatre salles d’exposition d’une superficie de 1 300 m2, les espaces s’organisent autour du  pavillon originel, baptisé "La Maison Rouge".

A découvrir absolument …


>> "La Maison Rouge", site officiel.

>> La Maison rouge fermera ses portes fin 2018 !

>> Jean-Michel Alberola, un artiste apparenté à la "figuration libre".

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