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PARISPERDU
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Photographe d'urgence à Belleville.

26 Mai 2012, 07:49am

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Publié par barreteau

La rue GasnierGuy en juin 1995, "ground zero"  avant l'heure.


Dans Belleville et Ménilmontant, il est vrai que  j'ai fait les mêmes promenades, les mêmes circuits que bien d'autres photographes. C'est comme si nous avions tous en commun un certain flair … et naturellement, nous sommes passés par les mêmes rues car, d'instinct, nous les sentions plus intéressantes que d'autres.

Il y avait dans ces endroits-là, une sorte d'état de grâce, une certaine alchimie issue d'une subtile alliance de la topographie, du bâti et de l'humain.

Je trouve donc assez logique d'avoir, dans l'Est parisien, photographié les mêmes lieux que Willy Ronis, qu'Henri Guérard, que François-Xavier Bouchart, … ou sans doute de bien d'autres encore, et ce, sans aucune recherche de mimétisme.

Mais photographier le Belleville d'aujourd'hui, pour moi c'est fini! Je n'ai plus envie de revenir dans des lieux qui ont trop changé. On n'y retrouve plus ses repaires, c'est devenu autre chose, … comme ce parc de Belleville qui est un massacre.
Impossible de retrouver ses émotions … et surtout dans certaines rues pavées, cette lumière qui créait une ambiance unique.

En définitive, les superpositions des villes ne se font pas si bien que cela dans la mémoire des humains.
Belleville a complètement été transformé en un autre Belleville. On peut éventuellement accepter ce nouveau Belleville si l'on réside sur place, parce qu'alors les choses évoluent au quotidien et le psychique peut assimiler ces transformations lentes. Mais quand on a quitté un endroit, on en garde forcement une vision figée; et s'il y a entre cette image du passé et celle d'aujourd'hui un écart de temps trop important, alors ça ne colle plus, ça ne peut plus marcher…

Dans le milieu des années 90, contrairement à l'époque de Ronis, j'avais le sentiment que Belleville était en train d'être définitivement démoli et qu'il y avait des photos à faire en urgence, avant que tout cela ne disparaisse.

Aujourd'hui, seuls subsistent de maigres restes, complètement effrités, du Paris de Ronis,  … et encore seulement en de très rares endroits.

Alors amoureux d'un certain Paris, à vos appareils, il y a encore quelques rares clichés à faire, mais cette fois-ci l'urgence devient celle des temps de catastrophes … où chaque minute compte.


>> La rénovation urbaine dans le Bas-Belleville.



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Rue Gazan.

22 Mai 2012, 08:59am

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Publié par barreteau


Le Parc Montsouris qui borde la rue Gazan rend le lieu agréable et forme un quartier vert et tranquille …Gazan était un militaire napoléonien... et, dans les années 80, Coluche fut le plus illustre résident de cette rue.

Longtemps la rue a été l'une des grandes voies permettant à l'automobiliste "parigot" de rejoindre les autoroutes du soleil.

Ce temps est révolu et désormais, la rue Gazan s'étire mollement le long du Parc… Mais elle conserve toutefois une fière allure, surtout pour celui qui s'aventure sur les voies ferrées en contre-bas, à l'orée du tunnel de la petite ceinture, car alors ses immeubles, modestes au niveau de la rue, sont - vus d'ici - gigantesques !


>> Déjà sur Parisperdu: "Parc Montsouris".

>> "Un monde si proche si loin".

 

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Delenda Carthago.

18 Mai 2012, 09:46am

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Publié par barreteau

Rue Planchat Paris 20ème (juillet 2005)

"Delenda Carthago"! C'est toujours ainsi qu'à Rome, Caton l'Ancien terminait ses discours devant le Sénat: "Il faut détruire Carthage".

Cette expression indiquait clairement l'acharnement à réaliser ce que l'on avait alors à l'esprit.

Aujourd'hui à Paris, certain promoteurs immobiliers peuvent sembler suivre le chemin obsessionnel de Caton. Il faut détruire encore et toujours l'habitat ancien. Car le laisser en l'état, voire le réhabiliter ne leur permet plus de faire leurs "choux gras".

Au cours de l'Histoire, à Paris comme à Rome, les murs n'ont pas toujours eu le dernier mot.
 


>> Une rage de destruction.

>> Démolition des murs … démolition des vies.

>> La violence des démolitions forcées.

 

 

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" Cette photographie est une petite merveille ! "

14 Mai 2012, 08:36am

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Publié par barreteau

© Willy Ronis, Escalier de la rue Vilin, Belleville , 1959

François-Xavier Bouchard, est un photographe peu connu. Il a pourtant beaucoup photographié le Belleville des années 70, le Belleville d'avant son grand chambardement. Aussi, me parait- il particulièrement qualifié pour commenter la célébrissime photo de l'escalier de la rue Vilin, immortalisé par le grand Ronis.

C'est Bouchard qui parle :
" La photo de Willy Ronis, celle des enfants couchés sur la grille, on la visualise. C'est une photo fabuleuse, on ne peut pas la décrire, il y a un équilibre, il y a un sujet, une atmosphère, il y a une histoire. Ces enfants jouent sous l'escalier, l'escalier n'était pas spécialement beau, il avait été soutenu avec des piliers en ciment mais (…) de ce  bout de rue qui donnait sur Paris avec cette vue merveilleuse, plus la rue Vilin qui descendait en courbe, en S, avec ses immeubles à crépi orange et fraise, c'était très beau et c'est vrai que beaucoup de photographes se sont arrêtés à cet angle pour faire des photos. Belleville a eu cet instant de grâce où les enfants jouaient sous l'escalier et on voit la perspective de la rue au-dessus qui redescendait sur la rue de Belleville.
Cette photographie, c'est une petite merveille, c'est une histoire."


Oui, s'il est vrai que beaucoup de photographes se sont arrêtés précisément ici, rue Piat, et ont pris un nombre incalculable de photos, une seule image de cet endroit est devenue une icône universelle: celle des gamins de Willy Ronis …



>> Le Belleville des années 70, vu par François-Xavier BOUCHART.

>> De quelle couleur est Belleville ?

 

 

 

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L'illusion du virtuel.

10 Mai 2012, 08:44am

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Publié par barreteau

Carrefour stratégique: 84 rue des Cascades / 43 rue des Envierges Paris 20ème - Capture d'écran de Google Maps.


Aujourd'hui le virtuel remplace le réel. Et au fond, je n’aurais même plus besoin de me déplacer pour visiter Paris, car Google Maps et d'autres logiciels de géo-localisation me le permettent facilement, sans bouger de chez moi …
Mais alors comment rencontrer les vrais parisiens, comment partager concrètement des moments précieux avec eux, comment s'enrichir de leur expérience ?


Désormais, l'Homme que produit notre société ne s'intéresse plus qu'au virtuel et aux abstractions: il aimera l'humanité car il n'en coûte rien d'aimer un Bangladais ou un Inuit, mais il détestera son voisin et ne fera rien pour lui être agréable. Car avec ce dernier, il s'agit de relations vivantes, réelles, on sort de l'abstraction et du virtuel … et là, il faut faire un effort et c'est justement cet effort que nos sociétés n'enseignent plus.

On demande à l'Etat de se substituer à tout, on lui demandera bientôt des assurances pour toutes les circonstances de la vie entière, de sorte que l'on n'ait plus rien à prévoir soi-même et que l'on vive sans souci de la naissance à la mort.

Mais on ne voit donc pas alors que cet Homme a perdu sa vitalité par le fait même qu'il n'a plus à combattre, qu'il sera plein de vertus qui ne lui coûteront rien, mais qu'il sera anémié, endormi parce qu'il ne fera plus aucun effort.

Le virtuel n'est qu'illusion, illusion du vivre ensemble, illusion du "tweet", ce gazouillis souvent bien futile alors que la vraie vie est faite du frottement des humains entre eux, du coudoiement dans la cité, dans ses bars ou ailleurs … et de discussions en face à face …
Et là, comme diraient les enfants: "C'est pas pour de faux" !



>> Vue du même endroit, mais en se rendant physiquement sur place …

>> Tout cela est-il bien raisonnable ?

>> Lire aussi : "L’addiction aux jeux vidéo, une paresse intellectuelle".

 

 

 

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Passage de la Duée.

6 Mai 2012, 08:51am

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Publié par barreteau

Passage de la Duée - Paris 20ème_ Juillet 1995

Ce n'est pas une ruelle, ni même une allée, … un sentier peut-être ? 
En tout cas, cet étroit passage a longtemps été en compétition pour le titre de la "voie la plus étroite de Paris". Ses concurrents avaient alors pour nom: le sentier des Merisiers dans le 12e arrondissement et la rue du Chat-qui-Pêche, dans le 5e.


Avant que, dans les années 2000, des travaux de restructuration en modifient profondément le tracé, le Passage de la Duée avait une largeur d'environ seulement 80 centimètres; mais aujourd'hui, la petite venelle a beaucoup changé: sa largeur est de plusieurs mètres et, en son centre, on a supprimé son escalier.

Plus rien à voir donc avec le lieu qui, il y a encore une dizaine d'années, avait une allure de vraie séquence de film noir.  Avec sa cordonnerie d'angle, ce passage était si rétréci qu'en passant normalement rue de Pixérécourt, il était invisible, et il fallait vraiment avoir le sens de la promenade pour se dire: "Tiens, qu'est-ce-que c'est, que cet interstice ?".

Le passage donnait alors sur une cour centrale avec un immeuble de logements ouvriers et une petite coursive dans un état désastreux, l'herbe poussait au milieu des pavés ... Ensuite, dans le prolongement d'un court escalier, le passage allait, par une autre allée, rejoindre la rue de la Duée.

C'est là, au débouché sur la rue de la Duée, que Mesnager, le graffiteur de bonhommes blancs avait installé son atelier. Pas étonnant que, sur le nouvel immeuble du passage réaménagé, une farandole de personnages blancs peints par l'artiste, anime la façade de bois et de béton.
Enfin un peu de fantaisie dans ce nouveau paysage urbain bien monotone car trop souvent uniformément gris et outrageusement bétonné.




>> Le passage n'avait pas échappé à l'œil des "Grands" …

>> Le passage vu de la rue de la Duée. (Juillet 1995)

>> Mesnager, graffiteur urbain (Site officiel).

>> Passage de la Duée : une farandole de personnages blancs peints par Mesnager.

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Avis de décès".

 

 

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500

2 Mai 2012, 08:10am

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Publié par barreteau


On a connu, il y a peu la course aux 500 signatures pour les candidats à l'élection présidentielle.

On a également eu le "revival" de la mythique Fiat 500, la "Cinquecento", alias "pot de yaourt".

Il y a aussi le billet rose fuchsia de 500 €, que peu d'entre-nous ont dans leur portefeuille ...

Aux Etats-Unis, à côté du Dow Jones, la bourse cote aussi le "S&P 500".

Et récemment, Facebook vient d'annoncer 500 millions d'utilisateurs mobiles ...

Mais désormais, il faudra aussi se souvenir ... que Parisperdu a mis en ligne son 500ème billet !

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En marge d'Atget.

28 Avril 2012, 08:06am

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Publié par barreteau

Remise de la guillotine, 60 rue de la Folie-Regnault, Paris 11e (Août 1901) par Emmanuel Marie Pottier.


Si Eugène Atget est considéré comme le pionnier de la photographie urbaine, il ne faut pas occulter toute une partie de ces artisans qui ont produit une iconographie importante sur le patrimoine de la capitale. On peut citer alors les photographes qui - à partir de 1898 - ont officié à la "Commission du Vieux Paris": Ferdinand Roux, Jean Barry, Henri Godefroy, les frères Berthaud, Albert Brichaut… L’engouement est alors tel que cette institution organise des concours entre 1903 et 1907, obtenant un certain succès.

En marge de ces évènements, il existe aussi des opérateurs conscients du potentiel de ce patrimoine urbain. Emmanuel Marie Pottier, en est un bon exemple. Fils de cafetier, il débute sa carrière comme boulanger et voyage à travers la France et l’Espagne jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ce n’est qu'en 1898 qu’il s’installe définitivement à Paris et qu'il y commence ses reportages photographiques.

Ses thèmes, que ce soit le vieux Paris ou les motifs décoratifs, sont similaires à ceux d'Atget. Pottier publie ses œuvres en cartes postales avec la mention "Collection du Vieux Paris Pittoresque & Artistique", à l’heure où la carte postale est en plein essor.

Aujourd'hui, ce parfait inconnu se trouve projeté dans la lumière, à l'occasion de l'exposition  "Eugène Atget, Paris" qui vient d'ouvrir au musée Carnavalet. Au tournant des années 1900, tout comme le grand Atget, Pottier, lui aussi, explore les rues de Paris.
L'exposition en cours montre combien il a maîtrisé son sujet. Aussi la présentation de ses clichés à côté de ceux du maître Atget n'a rien d'une usurpation …

Le parfait inconnu devrait l'être un peu moins d'ici quelque temps car l'exposition "Eugène Atget, Paris" va se déplacer dans les mois à venir: Madrid, Rotterdam, Sydney … sont au programme.

A découvrir absolument, pour tous les amoureux de Paris et de la photo à l'ancienne …

 

 

>> "Eugène Atget, Paris",  au Musée Carnavalet : du 25 avril au 29 juillet 2012.

>> Atget, sur Parisperdu.



 

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Une réhabilitation exemplaire.

24 Avril 2012, 08:21am

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Publié par barreteau

 Tour du Bois le Prêtre _75017 Paris (mars 2010)

Au 5, boulevard du Bois le Prêtre, dans la partie populaire du 17e, coincé entre le boulevard périphérique et le cimetière des Batignolles, s'élevait il y a encore peu une tour HLM laide et vétuste.

Le bâtiment date des années 1960, une époque où l'on construisait "à la pelle" ces grands ensembles qui ont aujourd'hui très mal vieilli. Pour vous donner une idée de l'ambiance des lieux, sachez que les habitants du quartier l'appelaient "l'immeuble Alcatraz!". Tout semblait indiquer que tôt ou tard, la tour serait promise à la démolition.

Eh bien non, car la mairie de Paris a réussi le pari inédit de réhabiliter cette tour en agrandissant les appartements, … et pour un coût deux fois moins élevé que s'il avait fallu démolir pour reconstruire.

Et aujourd'hui, au 5, boulevard du Bois le Prêtre se dresse un immeuble blanc de 50 m de haut ceint de grands balcons transparents, qui semble avoir été construit hier.

Les habitants qui ont été associés aux plans, sont restés dans l'immeuble lors des travaux, car ils ont - chacun à leur tour -occupé des appartements relais pendant que les leurs étaient rénovés.

La tour "relookée" selon ce processus est présentée par les architectes comme une première mondiale. Voilà une opération comme on aimerait en voir beaucoup dans Paris, où trop souvent on assiste à des démolitions d'immeubles réputés plus où moins vétustes avec en corollaire la déportation de leurs habitants … hors de Paris.


>> Présentation du projet par l'équipe d'architectes 


>> La tour du 5, boulevard du Bois le Prêtre: AVANT/APRES.


>> Voir aussi sur Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies ..".

 

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Le Belleville des années 70, vu par François-Xavier BOUCHART.

20 Avril 2012, 10:00am

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Publié par barreteau

Terrain Vague près de la rue Vilin, 1970 F. X. Bouchart, © Nadine BEAUTHEAC-BOUCHART


Dans les années 70, François-Xavier Bouchart est l'un des seuls, avec Henri Guérard, à quadriller systématiquement Belleville pour prendre des photographies de l'ensemble du quartier, et en particulier de certaines rues et passages aujourd'hui disparus : l'allée des Faucheurs, le passage Kuzner, la rue Vincent …

Ses photographies montrent des façades d'habitations, d'anciens commerces, des enfants du quartier, des terrains vagues après les destructions d'immeubles... Les bulldozers et les immeubles éventrés, ont aussi, au travers du viseur de son appareil photo,  retenu son attention.

Son travail propose un regard personnel sur ce quartier populaire si bien mis en images par Willy Ronis, dans les années 50, alors que Belleville et Ménilmontant étaient encore intacts.
François-Xavier Bouchart a voulu photographier ces mêmes lieux en phase de mutation urbaine, économique et sociale. Il voulait aussi poursuivre cet inventaire que menait également à cette époque Georges Perec pour son documentaire "En remontant la rue Vilin", et fixer dans le bromure d'argent, les restes de ce Paris populaire qui alors disparaissait.



>> Impasse du 34 rue Henri Chevreau, 1973 par F. X. Bouchart, © Nadine BEAUTHEAC-BOUCHART

>> Le passage Kuzner Paris 20ème © Willy Ronis

>> Belleville'70 par Jean-Louis Penel.

>> Le livre collectif "Belleville-Belleville", aux Editions Créaphis, (1994), consacre un chapitre à François-Xavier Bouchart, avec 7 de ses photos. L'ouvrage lui est dédié.

 

 

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Café Charbon Mazout ...

16 Avril 2012, 13:30pm

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Publié par barreteau


L'un des derniers bougnats de Paris aura sans douté été ce café-charbon-mazout du 6 rue Emile Lepeu, dans le 11e arrondissement. Il resta en activité jusqu'en 2004 et, même si à cette date peu de gens utilisaient encore le charbon, il disposait pourtant de son ''chantier'', c'est-à-dire de son tas de charbon dans l'arrière boutique et servait en salle aussi biens des tasses de petit noir que des ballons de petits blancs …

Aujourd'hui, l'âme du vieux bougnat  a été partiellement préservée. Et même s'il a été quelque peu remis au goût du jour, l'établissement a conservé un certain charme, avec son comptoir en formica rouge des années 60. Mais on est passé du charbon naturel à l'un de ses radio-isotopes car la façade affiche désormais : "Carbone 14" !

Dans le quartier, outre ce bougnat, on trouve encore quelques rares bistrots "d'époque" qui reflètent un Paris convivial et authentique.
C'est un Paris ni tout à fait d'hier, ni tout à fait d'aujourd'hui, qui continue à exister… un Paris presqu'éternel.

 

 >> Le café-charbon, au temps d'Odette Escalier.

>> "Le Carbone 14".

>> ... avec son comptoir en formica rouge des années 60.

 

 

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La cour de l'Industrie.

10 Avril 2012, 09:07am

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Publié par barreteau


Au 37 bis de la rue de Montreuil, dans le 11ème, la cour de l'Industrie, créée au milieu des années 1800, témoigne aujourd'hui encore du passé artisanal de l'arrondissement.

Il y a là une cinquantaine d'ateliers pour moitié des artisans, pour l'autre des artistes. Longtemps menacés d'expropriation ceux-ci se sont très tôt constitués en un groupe de pression. Et, avec l'appui de la mairie de Paris et d'associations diverses, à coup de pétitions et d'actions, les occupants vont finalement pouvoir rester dans l'un des derniers vestiges du patrimoine artisanal du quartier.


Car aujourd'hui, la démolition de l'ensemble n'est plus à l'ordre du jour et le lieu parait définitivement sauvé. Rachetée par la mairie de Paris qui y commence des travaux de rénovation, la cour de l'Industrie restera en activité et ne sera donc ni "loftisée" ni "boboïsée".

Les doreurs-laqueurs, les sculpteurs-ornemanistes et … autres artisans à l'ancienne vont pouvoir continuer à travailler sereinement dans le dernier îlot d'ateliers dans Paris.

Preuve est faite que, même face aux promoteurs aux dents longues, la lutte et la solidarité paient …



>> Le 37bis, site officiel.

 

 

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Paris-Dakar .

6 Avril 2012, 08:46am

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Publié par barreteau

Mosquée Al Fath _ rue Polonceau-  Paris 18ème (juin 2005)


Au petit matin, je pars à pied prendre le métro, et vois défiler une dernière fois les immeubles blafards de la rive gauche.

Je descends à la station Barbès-Rochechouart. Au-dessus de moi, le métro aérien fait un vacarme répété de ferrailles déglinguées. D'un pas rapide, je rejoins le quartier de la Goutte d'Or. Là commence un deuxième monde, et je ressens un léger malaise face aux codes mal appris de cette autre planète.

Il est tôt et les rues sont quasi-vides, les dealers ne sont pas encore sur leur lieu de travail … le "business" reprendra plus tard. Seul un grand Black encapuchonné, à l'air pressé, sort d'un petit immeuble de la rue de la Charbonnière, au cœur de Barbès.

Au coin de la rue, un salon de coiffure annonce toutes sortes de miracles pour la chevelure, les ongles et promet l'éternelle jeunesse… Juste à côté, c'est un minuscule "take away" africain. Le restaurant sent encore fort la banane grillée et un calicot annonce qu'il a changé de propriétaire.

Plus loin, c'est un autre restaurant miniature, puis un bazar où les mousses à raser côtoient d'énormes sacs de riz. Enfin, j'atteins la rue Polonceau et la porte verte et blanche de la mosquée Al Fath. Tout près de là, Ivoiriennes, Sénégalaises ou Guinéennes se partagent les échoppes, et les hommes peuls ou malinkés palabrent sur le trottoir.

Rue de Jessaint, adossé à un immeuble de 8 étages, un portail conduit au fond d'une cour, à un véritable capharnaüm où les immigrants en provenance de toute l'Afrique sub-saharienne viennent chercher un soutien administratif, des cartes téléphoniques, faire des transferts d'argent ou trouver des conseils pour obtenir la nationalité française.

C'est là que Soufiane, à la fois sage, patriarche et marabout, reçoit ses congénères dans son bureau miteux, plein de bibelots africains, d'effigies d'Alpha Blondy et de Barack Obama. Aux beaux jours, le marabout officie sur la terrasse de l'immeuble qui surplombe, vers le nord, l'horizon jusqu'à Saint Denis. Il dit que cette situation élevée permet une meilleure communication avec les esprits, et justifie à ses yeux le tarif majoré qu'il demande alors à ses clients …

Notre course pourrait continuer encore longtemps dans ce Paris africain où à chaque coin de rue, l'on peut vivre petites et grandes aventures … un peu comme dans un autre Paris-Dakar !

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "La Goutte d'or, Babel parisienne".

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Apartheid résidentiel".

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Origines contrôlées …"

>>  L'Institut des Cultures de l'Islam va bientôt prendre la place de la mosquée Al Fath.

 

 

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Contrefaçon à Bercy !

2 Avril 2012, 09:34am

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Publié par barreteau

Le pont de Bercy, vu du métro "Quai de la Gare" Paris 13ème.


Au métro "Quai de la Gare", tout au début du quai d'Austerlitz, il est un bar-brasserie qui cherche à reproduire une époque passée, c'est: "Chez Lili et Marcel".

Mais je dois dire que ce "bistro reconstitué", avec sa fausse devanture, et tous ces petits détails de déco pour "faire d'époque", ne me fait guère rêver…
L'âme bistrotière de Bercy est,  il est vrai,  morte depuis bien longtemps.

Ici, l'on se croit plutôt dans un décor de film, tant l'accessoiriste a bien fait son métier. Et les serveurs en pantalons à bretelles et à casquette gavroche, sur-jouent, à l'évidence, leur rôle.

Au comptoir, on aimerait voir Lilli ou Marcel, pouvoir discuter "le bout de gras" avec "Marcel", rendre un sourire à "Lilli". Mais c'est impossible: "Lilli et Marcel" sont des personnages virtuels, de simples "accroches marketing".

Riton la Manivelle, lui qui est bien réel, descend parfois du haut de son 20ème, pour essayer de créer "l'atmosphère" mais je le trouve plus convainquant "Au Vieux Belleville" car là-bas, il est dans son élément naturel.

A Paris, à Bercy comme ailleurs, en matière de bistrot, méfiez-vous des contrefaçons !

 

>> L'accessoiriste a bien fait son métier.

>> Ecouter Riton la Manivelle

 

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Guide de survie en pays bobo. (3/3)

29 Mars 2012, 08:09am

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Publié par barreteau

Carrefour stratégique: 84 rue des Cascades / 43 rue des Envierges _Paris 20ème - Juillet 1997


Le 20ème arrondissement commencera pour vous, au métro Pyrénées où vous trouverez l'insolite cour de la Métairie, n'hésitez pas à vous y enfoncer, elle garde un charme réel même si on y a beaucoup (trop) construit.

Bientôt vous allez atteindre un lieu stratégique du haut Belleville : le carrefour en étoile à six branches qui donne accès aux rues des Envierges, des Couronnes, des Cascades, et de la Mare …
Toutes ces rues ont peu changé et révèlent encore, pour qui sait regarder, de belles pépites.
Rue des Envierges, le bistrot "Au vieux Belleville" est l'une d'elles, avec sa petite salle, son zinc véritable, son sol carrelé encore nettoyé à la sciure de bois, et des tables d'une autre époque que l'on pousse chaque soir pour guincher sur la Java bleue ou sur d'autres airs tout aussi populaires …. : un vrai "rade" parigot.

 

A Ménilmontant, on ne manquera pas le "Piston Pélican", un bar mi-classique, mi-tendance qui a su garder une certaine authenticité car dans la journée, "on peut apporter son manger" et le soir, profiter de la musique. Tout près de là, rue de Buzenval, arrêtez-vous au bistrot "Les Pères Populaires", un bar pour étudiants fauchés dans un décor de brocante avec canapé déglingué, chaises d’écolier, formica et papier peint psychédélique. La moyenne d'âge de la clientèle est vivifiante …

Un petit pèlerinage pour terminer : au 46 de la rue de Lagny, face au square Sarah Bernhardt.
Il y a quelques années encore, c'est là que j'allais, timide comme un jeune écolier, rendre visite à un maître de la photographie : Willy Ronis.

 

>> L'insolite Cour de la Métairie.

>>  Minelle au "Vieux Belleville".

>> Le Piston Pélican, déjà sur Parisperdu.

>> Sur le banc avec Willy Ronis ...

>> Au 46 rue de Lagny, chez Willy Ronis.

>> Guide de survie en pays bobo (2/3).

 

 

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