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PARISPERDU

Retour rue de Lagny.

26 Novembre 2012, 14:00pm

Publié par barreteau

Dans le square Sarah-Bernhardt, face à la rue Frédéric Loliée_ Paris 20ème (Juillet 2012)

Plusieurs fois je me suis rendu rue de Lagny pour rendre visite à mon cher professeur, comme j'aimais à l'appeler. Willy Ronis, puisque c'est de lui qu'il s'agit, goutait pourtant moyennement l'expression. Mais il n'en laissait rien paraître tant il était un parfait modèle de courtoisie. Une qualité "à l'ancienne" … et qui tend à disparaître.

Je n'étais pas encore retourné dans le quartier depuis la disparition de Willy. Je n'en avais guère envie tant je savais que cette excursion raviverait le vide que je ressens depuis son départ.
Pourtant, en cette fin d'après-midi, le square Sarah-Bernhardt m'apparaît lumineux. Lumineux, mais rigide avec ses immeubles typiques des limites de la capitale et dont la brique rouge vire à l'orange sous le soleil couchant. Ils éclairent encore les fonds du square et l'égayent, bien que d'une façon pour ainsi dire technique et administrative, conforme à sa fonction de loisir. Je dirais volontiers que c'est scandinave, socialiste-humaniste dans le sens qui reconnaît mais réduit les droits de la personne, relativement à une moyenne qu'elle accepte d'incarner.

Aux alentours, on a vite fait le tour des commerces: la moitié des rares magasins sont fermés, rien d'indispensable ou d'urgent n'explique la présence des autres: un teinturier, un marchand de tapis, un vague électricien … Il faut certainement remonter jusqu'à la rue d'Avron pour trouver du pain, des œufs, des journaux, des légumes, du vin, du tabac, des gens qui circulent … et rien ne prouve que cette distance d'environ quatre cents mètres n'étouffe pas toute velléité d'effort.
Il y a tout de même un cordonnier. Sa vieille blouse grise, ses cheveux blancs, le foutoire qui l'entoure, la lampe orange qu'il vient d'allumer humanisent le cube abstrait qui lui tient lieu d'échoppe, en ce soir d'été, rue de Lagny.

Pourtant le fracas qui nous vient du cours de Vincennes nous indique qu'un autre monde vivant, bouillonnant, existe … tout près.

Il fait quasiment nuit maintenant sur le square Sarah-Bernhardt, ce qui produit un climat apaisant et m'apporte des pensées positives sur Willy.
Je quitterai pourtant les lieux sans un regard au 46 rue de Lagny …



>> Sur le banc avec Willy Ronis.

>> Chez Willy Ronis.

 

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La République en danger ...

22 Novembre 2012, 09:22am

Publié par barreteau

Marrons chauds, place de la République - Paris 11ème (octobre 1997)

Tout le monde connaît la monumentale statue de la République, au centre de la place du même nom. Mais l'on connaît moins les deux bassins allongés, avec deux groupes de dauphins en bronze, formant fontaines, des ouvrages remarquables, situés de part et d'autre de la place.

Ces fontaines viennent d'être détruites. C'est un massacre au bulldozer.
Est-ce que Londres laisserait l'un de ses squares majeurs être ainsi défiguré ?
Je pense que non, mais à Paris, c'est possible !
Et l'on a tout cassé, au centre de la place, pour satisfaire au projet de remodelage du site.

J'en attends le résultat final. Mais je sens qu'on va nous faire, une fois encore, un espace aseptisé avec parvis bétonné, jeux en "plastoc" pour enfants, arbustes maigrelets dans leurs carrés de béton et mobilier urbain standardisé …

Et pourtant je suis plutôt pour le réaménagement de cette place, en particulier pour la rendre plus accueillante aux piétons.
Mais pas en détruisant ce que nous ont laissé nos prédécesseurs. Car la place avait été conçue comme un pendant à celle de la Concorde, la place de la Royauté avec ses fontaines, et ici la place de la République avec aussi ses fontaines …

C'est donc un pan de notre histoire, de notre patrimoine qui est balayé par une municipalité qui ne respecte guère la pierre. Une équipe municipale qui semble possédée par le démon de la liquidation du Paris qui fait l'admiration du monde entier. Pas un Paris moyenâgeux ou insalubre, mais celui resplendissant de majesté et de grâce, le Paris de Napoléon III et du baron Haussmann.
Oh bien sûr, ces deux-là ont certes en leur temps, chamboulé une grande partie de l'antique Paris, mais ce fût pour en faire une ville agréable et, encore parfaitement fonctionnelle aujourd'hui.

Pourquoi alors cette impression d'une volonté de destruction pour détruire ? Et pourquoi démolir, ne serait-il pas plus intelligent, plus subtil d'incorporer l'ancien dans le nouvel aménagement ?
Mais pour cela, il faudrait avoir la volonté et le courage de voir bien au delà des chapelles et des lubies de nos urbanistes.


>> Bassin Est avec son groupe de dauphins en bronze, formant fontaine.

>> 25 janvier 2012: le bassin Est détruit .

>> Les fontaines de la place de la République (Avant/Après)


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L'ultime défi.

18 Novembre 2012, 10:46am

Publié par barreteau

Derrière la forêt de panneaux, la gare du Nord ...  (© Photo: Action Barbès)

La poursuite d'un passé révolu, sûrement; l'attente d'une révélation, peut-être : avec cette feuille de route impossible, Parisperdu a, depuis maintenant 7 ans, sillonné les quartiers Est de la capitale.
Mais suivre les pas de Willy Ronis à soixante ans de distance, c'est nécessairement un peu le trahir.

Oui, j'avoue ma nostalgie du passé, ma méfiance envers le présent et mes doutes sur l'avenir.
Oui, je regrette l'inévitable "profanation matérielle" des rues de Paris par une armada sauvage de panneaux routiers, de panonceaux publicitaires, d'enseignes agressives, de potelets imbéciles et de véhicules bariolés encombrant trottoirs et chaussées … Autant de "verrues" sur les clichés du photographe-arpenteur des rues de la capitale.

L'ultime défi sera donc de rechercher ce que l'on ne trouvera jamais. Car comme l'explorateur, l'arpenteur du pavé parisien sait que ce qu'il cherche a déjà disparu … ou peut-être même n'a jamais existé.


>> "Editos de Parisperdu" …

>> "Paris Hier, aujourd'hui … demain"

 

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Cadeau.

16 Novembre 2012, 14:16pm

Publié par barreteau


Pour le 7ème anniversaire de Parisperdu, j'ai reçu beaucoup de messages m'encourageant à poursuivre l'aventure … Merci à tous.

J'ai aussi reçu de Custtom.com une reproduction sur toile (en format 40 x 60) de l'une de mes photos publiée sur le blog.
Merci pour ce cadeau … qui m'a fait bien plaisir, car "chaque moment de bonheur d'hier est un souvenir pour demain".

 

>> Rue Watt: une atmosphère unique.

 

 

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7 ans : Parisperdu vient d'atteindre l'âge de raison !

14 Novembre 2012, 10:18am

Publié par barreteau

Aujourd'hui, c'est l’anniversaire du blog car le premier article date du 14 novembre 2005.
7 ans et 544 billets plus tard (selon mon tableau de bord), je prends conscience du chemin parcouru.

Et je saisis l'occasion pour remercier vivement toutes les personnes qui fréquentent le blog, en France ou à l’étranger, assidûment ou par hasard.
Je remercie plus particulièrement ceux avec qui j'ai noué - au fil du temps - des liens, via des contacts directs ou les réseaux sociaux, par échanges de courriels ou de commentaires ...


Enfin, j'ai une pensée toute particulière pour la blogosphère des amoureux de Paris, d'un certain Paris … aujourd'hui perdu. Je me garderais bien de les nommer, par peur d’en oublier, mais je suis sûr qu'ils se reconnaîtront et je leur adresse mes plus chaleureuses amitiés … 


>> Rejoignez le Groupe Facebook : "Paris Hier, aujourd'hui ... demain"

 

 

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Henri Guérard, photographe : la rencontre manquée.

10 Novembre 2012, 09:23am

Publié par barreteau

Vue générale de Ménilmontant - 1955 ©Henri Guérard

Un jour d'automne 1998, au 24 de la rue des Amandiers, une affichette attire mon attention : elle annonce la vente d'un ouvrage par souscription chez l'éditeur : "Les Editions de l'Amandier", qui a ses locaux à la même adresse.

En règle générale, cette affichette aurait dû me laisser de marbre, mais une photo l'illustre et, sur celle-ci, je reconnais immédiatement un panorama de Ménilmontant.

Le photographe est Henri Guérard, son nom ne me dit rien, mais justement l'ouvrage à la vente est de lui, aussi je pousse la porte des Editions de l'Amandier.

Il me faut parcourir des couloirs, me renseigner auprès de plusieurs personnes pour enfin arriver dans un atelier où Henri et Laurent Citrinot mettent la dernière main à la confection d'un petit ouvrage blanc d'environ 150 pages : "Le regard d'un photographe sur Belleville, Ménilmontant, Charonne (1944 - 1999)".

Le titre n'est pas sans rappeler le fameux "Belleville Ménilmontant" d'un autre photographe: Willy Ronis. Ma visite relève donc de la "bonne pioche" … aussi, je participe immédiatement à la souscription.
Voulant en savoir plus sur l'auteur, Laurent Citrinot me confie qu'il faudrait plutôt parler "des auteurs" tant le couple Guérard, Henri et Simone, "font absolument tout ensemble" !
Laurent voyant mon intérêt pour l'ouvrage, pour les photos inédites de ce Belleville souvent disparu, me donne le numéro de téléphone des Guérard.

Je ne les contacterai jamais. Et aujourd'hui je le regrette car il est trop tard.
Henri nous a quittés la semaine dernière … Reste ses images, elles constituent un témoignage poignant de la destruction des quartiers de l'Est parisien.



>> Sur Parisperdu: "Photographe d'urgence à Belleville".

>> En savoir plus sur Henri Guérard.

>> Aller encore plus loin …

 

 

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Cité Leroy.

5 Novembre 2012, 09:30am

Publié par barreteau

La Cité Leroy - Paris 20ème (octobre 2011)

Après avoir arpenté la rue de la Mare et la rue des Cascades, je reste un long moment, immobile devant l'entrée de la cité Leroy. Là, son vieil immeuble étroit, planté de travers, et aujourd'hui repeint de frais, est comme un phare illuminant jusqu'à la villa de l'Ermitage.

J'ai connu le restaurant "rapide" Paris-Carthage qui occupait le rez-de-chaussée de cet immeuble atypique. Fin 2004, il a été muré car à l'époque la Cité Leroy est vouée à la destruction.

La cité ne doit sa survie qu'aux treize années de combat de ses habitants; ils n'ont pas voulu les deux mille logements et les quelques milliers de tonnes de béton qui devaient les submerger...

La menace repoussée, le quartier a donc réussi à conserver sa topographie de la fin du XIXe siècle et à préserver le calme qui tranche franchement avec l’activité de la rue des Pyrénées pourtant toute proche.

La cité Leroy intègre désormais un magnifique jardin partagé: "Leroy Sème", qui propose un bel espace, bien entretenu, où se mêlent fleurs et légumes … au grand dam des promoteurs du bétonnage des villes.


>> La Cité Leroy déjà sur Parisperdu.

>> Le jardin partagé: "Leroy Sème"


 

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Paris' new style.

1 Novembre 2012, 17:43pm

Publié par barreteau

Baresto Sans Gêne, 122 Rue Oberkampf - 75011 Paris

De l'emblématique Cirque d'Hiver jusqu'aux boulevards de Belleville et de Ménilmontant, c'est Oberkampf.
L'ancien quartier ouvrier, autrefois peu fréquentable, est devenu le repaire des artistes et des noctambules. Si bien qu'aujourd'hui, la rue Oberkampf et ses deux voisines: Saint-Maur, et Jean-Pierre Timbaud, forment le triangle d'or des nuits parisiennes.


Partout, les cafés-restaurants branchés et les galeries "arty" ont remplacé, peu à peu, les ateliers d'artisans et les bistrots traditionnels.
Ainsi dans la rue Oberkampf, jusqu'aux hauteurs de Ménilmontant, on enfile les cafés comme les perles: le Mécano, le Bric à Brac, le Nouveau Casino, le Café Charbon, la Cithéa Nova, la Locandiera, le Café de Paris, … et bien d'autres encore. Surannés à l'extérieur et contemporains à l'intérieur: voilà le "mix" intangible d'un lieu bien "tendance".

C'est un peu le Soho parisien, un quartier qui incarne la fête et les sorties nocturnes, et où se mêlent lounges-bars et spots à la mode pour une faune branchée et cosmopolite.
Celle-ci se doit d’aller et venir de bar en bistrot, de bal en concert, … pour toujours être en accord avec la frénésie ambiante qui, dans ces lieux festifs, surprendra ses oreilles lors de nuits musicales jusqu’à plus d’heures.

Au 122, de la rue Oberkampf, c'est le "Sans Gêne", un baresto ("sic") qui se décrit par des mots-clés aisément compréhensibles par les initiés : "tête à tête" · "petit resto" · "la formule" · "gay friendly" · "bouteille" …
On peut bien sûr y payer des tournées de boissons avec son mobile sur "Drinkon.me"  …
C'est le Paris' new style, et ce n'est pas le mien …



>> Déjà sur Parisperdu: "Tendance Oberkampf".

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Ni pub, ni soumise …"

 

 

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Bref entretien, rue Miguel Hidalgo.

28 Octobre 2012, 16:45pm

Publié par barreteau

17 rue Miguel Hidalgo -Paris 19ème

Sortant du métro Danube, j'emprunte la rue Miguel Hidalgo, le nom me dit quelque chose, ne s'agit-il pas de ce footballeur français devenu entraîneur national dans les années 70 ?
Non, celui-là se prénommait Michel, alors que ce Miguel est un obscur général mexicain …

Je veux prendre la première impasse qui semble s'offrir à moi, sur ma droite: la villa Maurice-Rollinat. Une espèce de vigile m'en interdit l'accès. Il porte une boucle d'oreille et à la ceinture, d'autres accessoires plus inquiétants.

La conclusion de notre entretien, plutôt brusque, est que "c'est privé", un point c'est tout. Je l'assommerais bien sans scrupule au milieu de la chaussée déserte mais c'est lui qui détient les muscles et une matraque en caoutchouc.

Le mieux est de passer son chemin. Je poursuis donc ma route à la recherche de lieux plus apaisés. Au 17, de la rue Miguel Hidalgo, une petite plaque émaillée signale que: "Les boîtes aux lettres du 17 rue Miguel Hidalgo se trouvent 2 villa Laforgue, après le pilier d'angle". Allons-y pour la villa Jules Laforgue. Elle semble en effet bien accueillante, avec son poteau de travers et ses frondaisons désordonnées. Et là, l'entrée est autorisée au public …


>>  "C'est privé" !

 

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La musique par un chemin détourné ...

24 Octobre 2012, 12:43pm

Publié par barreteau

Sous le pont de chemin de fer de la petite ceinture, vers la rue du Docteur Paul Brousse -Paris 17ème (Juin 1996)


John est contrebassiste de jazz. C'est un musicien de talent, membre de l'ABCDF, l'Association des Bassistes et Contrebassistes De France.
Il s'est déjà produit avec de grands artistes comme Daniel Humair, Enrico Rava, Angelo Debarre, Thomas Enhco ou encore Perrine Mansuy…

Lorsqu'il n'est pas en tournée pour des concerts, il va presque tous les jours rue de la Jonquière, au Conservatoire Claude Debussy, répéter avec d'autres musiciens, parfois même sur des répertoires éloignés de son univers Jazzy. Mozart, Strauss, Tchaïkovski sont alors ses favoris.

Puis il rentre chez lui à pied, son instrument sur le dos, invariablement par le même chemin. Il passe alors sous le pont de chemin de fer de la petite ceinture, et s'engouffre dans la rue du Docteur Paul Brousse pour attendre son domicile, cité Marie.

La cité Marie est une impasse isolée, ses petits pavillons sont coincés entre des rangées de hauts immeubles. Si vous passez par là un soir, ne soyez pas étonné si vous entendez quelques sonorités en basses fréquences. C'est John qui répète ses gammes ou plus vraisemblablement qui s'est lancé dans une longue "impro". Et, je ne serais pas surpris que vous restiez là un bon moment tant la musique de John couvre harmonieusement le fond sonore des boulevards des Maréchaux pourtant tout proches … 
Alors, tout comme moi, vous aurez approché la musique de John par un chemin détourné !


>> Cité Marie - Paris 17ème.

 

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Aller-retour de Montmartre à Gruissan ...

20 Octobre 2012, 11:11am

Publié par barreteau

 


En balade dernièrement dans le joli village audois de Gruissan, je découvre, dans une niche face à l'église, ce buste du chevalier Jean-François de La Barre.
Un peu comme à Montmartre donc, où une statue en pied du dit Chevalier jouxte la basilique du Sacré Cœur.

Rappelons-nous qui était le chevalier de La Barre ?

Le 1er juillet 1766, ce jeune aristocrate de 19 ans a le poing coupé et la langue arrachée avant d'être décapité et finalement jeté au bûcher.
Vous allez me demander quels crimes odieux avait-il donc commis ?

Eh bien, il n'aurait pas retiré son chapeau au passage d'une procession, et aurait aussi vandalisé un crucifix… On comprend alors que ce personnage soit devenu, pour les tenants de la laïcité, un symbole de l’intolérance religieuse.

A Gruissan, c'est en 1931 qu'un comité de libres penseurs place, en l'honneur de Jean-François de La Barre, face à l'église, ce buste que je viens de découvrir.
Si le monument de Gruissan ne manque pas de rappeler celui de Paris, il en existe un troisième, érigé en 1907 à Abbeville, sur la place-même où  le jeune homme fût supplicié.


>> En savoir plus sur le chevalier de La Barre.

>> ... aller encore plus loin.

>> Le Chevalier de la Barre à Montmartre.

 

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Chez Willy Ronis, grand témoin du Paris des petites gens .

15 Octobre 2012, 09:38am

Publié par barreteau

Willy Ronis dans son appartement de la rue de Lagny, Paris 20ème (Février 2008)

C'est un modeste appartement encombré de livres, de photos bien sûr, et aussi d’émouvantes aquarelles de Marie-Anne, son épouse disparue.
C'est le domicile parisien de Willy Ronis.


Du bureau collé à la baie vitrée, Willy Ronis domine le square Sarah Bernhardt, dans le quartier populaire de Ménilmontant. De temps à autre, résonnent des cris d’enfants. Ce sont les arrières-petits-fils des gamins de Belleville et de Ménilmontant, qu'il a immortalisés dans les terrains vagues ou sous les réverbères d’escaliers pentus, dans ce Paris en noir et blanc dont il a su si bien capturé l’âme frondeuse et la poésie urbaine.

C’est là, avec son inaltérable bonne humeur que Ronis, charmant  vieillard au regard bleu, me reçoit pour un échange à bâtons rompus.
Willy adore remonter le temps, en sortant, au hasard, des photos de ses réserves.
Il se souvient de chacune des quelques 300.000 photos prises au cours de sa longue carrière. Il a toujours, pour chacune d'elles, une précision à donner, un infime détail à révéler, une anecdote à formuler.

A l'époque de cette rencontre, il a déjà rangé son Pentax depuis 5 ans. Sans regrets, car sa vie de photographe aura quand même duré 75 ans !

Je voulais avoir son avis d'expert sur le photo-blog Parisperdu que j'avais alors démarré depuis deux ans. Le déplacement était obligatoire, car par écrit,  il m'avait annoncé: "Je regrette fort de ne pouvoir répondre à votre blog, n'étant pas informatisé …".

Ce jour là, nous n'avons pratiquement pas parlé du blog, très peu de technique …
Il y avait beaucoup mieux à faire: nous avons parlé de notre passion commune, de notre attachement au secteur Nord-est de Paris, nous avons échangé des adresses, parlé des rues, des quartiers, des évolutions de la ville, du monde...

Ce jour-là, quand Willy Ronis me dit : "Je n'allais jamais dans les beaux quartiers. Ce qui m'intéressait, c'étaient les scènes populaires", je comprends que si Paris était son principal territoire photographique, c'est un regard très particulier qu'il a voulu porter sur cette ville.

Belleville et Ménilmontant étaient à l'époque des lieux en dehors des préoccupations, des lieux de dureté sociale, et le fait de déplacer son regard, d'aller là-bas était déjà en soi, une transgression. Car aller photographier Belleville ou Ménilmontant en 1951, 52, ou 53 c'est comme, aujourd'hui, poser son regard sur La Courneuve ou Montfermeil.

Alors, ce jour-là, j'ai décidé que le regard de Parisperdu mettrait plus en avant les petites choses et les petites gens, que le faste et les grandes réalisations de notre capitale.


>> Sur le banc avec Willy Ronis.

>> Au téléphone: "Willy Ronis vous salue …"

 

 

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" Suivez-moi dans un lieu incroyable ... "

10 Octobre 2012, 09:32am

Publié par barreteau

Le passage Vandrezanne - Paris 13e (2006)

Prévert disait que c'est toujours dans les quartiers les plus pauvres que les noms de rues sont les plus beaux : rue des Cinq-diamants, Passage de la Main d'or, rue de la Goutte d'or, rue du Dessous-des-berges, rue de la Butte-aux-Cailles ...
La "Butte aux Cailles", voilà en effet un joli nom pour cet endroit un peu retiré du 13ème arrondissement.

Une butte ? Oui, il y en a bien une ... qu'escaladent quelques rues et escaliers.
Mais des cailles ? Non il n'y en a pas. D'ailleurs il n'y en a peut-être bien jamais eu, car le nom du lieu ne ferait pas référence aux oiseaux mais à un certain Pierre Caille qui fit l'acquisition, en 1543, de cette modeste éminence, au pied de laquelle coule la Bièvre.

Dans les années 1900, la ville de Paris mène d'importants travaux pour enterrer la Bièvre, et la butte prend progressivement son apparence actuelle.

Aujourd'hui encore, le village du siècle dernier a peu changé. Et, en plein cœur de Paris, on peut découvrir un lieu incroyable qui doit sa particularité, aux carrières sous-terraines de calcaire qui empêchent définitivement la construction de bâtiments lourds.

En 1900, Eugène Atget, en exploration par ici, avait photographié le passage Vandrezanne.
Ce passage a été depuis métamorphosé. Mais c'est sans doute pour rappeler qu'Atget venait souvent poser sa chambre noire par ici, qu'au bout de la rue, des escaliers portent aujourd'hui son nom.



>> Entrée du passage Vandrezanne sur la Butte-aux-Cailles en 1900. Photo d'Eugène Atget.


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Vagabondage autour du Canal.

6 Octobre 2012, 11:44am

Publié par barreteau

171 quai de Valmy - Paris 10ème (1997)


Arrivé sur le quai de Valmy, ce sont les façades colorées d'Antoine et Lili qui interpellent. Elles annoncent d'autres boutiques très "trendy", signe de la "branchisation" accélérée de cette partie du canal Saint-Martin.

Mais en poussant un peu plus loin, plus au nord, on tombe sur la face cachée du canal Saint-Martin: des quais déserts, peu ou pas aménagés, où seuls quelques pêcheurs viennent taquiner le gougeon … Depuis la création du canal, les pêcheurs ont toujours été là. Il semble que ce soit les mêmes, … les canotiers en moins!

Puis, en naviguant dans les rues tortueuses du 10ème arrondissement, à deux pas du canal, vous découvrirez un bon nombre de petits bars chaleureux.
"Chez Adel", rue de la Grange aux Belles, est l'un d'eux. C'est un rade à l'ancienne, fréquenté par des jeunes et des moins jeunes, un établissement pas cher, où certains soirs, des groupes de "musicos" aux qualités très variables se produisent …


Et, là encore, le charme du quartier opère … il fait si bon de vagabonder autour du canal.


>> United Colors of Paris-Canal.

>> Lieux Retrouvés n°036 : 171 quai de Valmy

 

 

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L'Auberge de la rue Vitruve.

2 Octobre 2012, 08:36am

Publié par barreteau

80 rue Vitruve - Paris 20ème arrondissement

Près du métro "Porte de Bagnolet", au 80 de la rue de Vitruve, se trouve l'auberge d'Artagnan. Le nom fleure bon le relai de campagne où l'on pourrait s'attabler pour un copieux repas, dans un décor rustique, près du feu crépitant dans une grande  cheminée. Mais en fait, "Le d'Artagnan" est une auberge d'un autre type.

C'est une auberge de jeunesse ! C'est même la plus grande auberge de jeunesse d'Europe. Connue de tous les routards, elle dispose de 435 lits, excusez du peu …

Les tarifs varient en fonction des saisons, mais restent accessibles pour une clientèle jeune et internationale à la recherche d'un hébergement à bas prix au centre de Paris: à partir de 23 euros la nuit y compris le petit déjeuner.

Pas étonnant alors que les étudiants du monde entier se retrouvent là, … où naturellement ils pourront citer la célèbre devise des Mousquetaires: "Tous pour un, un pour tous" … devise que l'on cite généralement à l'envers !


>> Les autres auberges de jeunesse et hébergements pour les jeunes dans Paris.

>> St Christopher's Paris Hostel: la toute nouvelle auberge de jeunesse du bassin de la Villette.

 

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