"Parisperdu" porte un "autre regard" sur Paris. En arpentant la ville depuis 30 ans, il nous montre que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit... et comme tout être vivant elle fait parfois des erreurs. Ainsi va la ville, ainsi va la vie...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." Pier Paolo Pasolini
Tout là-haut sur la Butte de Belleville, Minelle prend chaque fin de semaine son accordéon. Et cela depuis 30 ans. Elle n'a pas son pareil pour faire chanter et danser les clients de cet authentique bistrot parisien qu'est le Vieux Belleville. Le dernier des bistrots-chantant de Paris. On y mange une cuisine classique, on boit des vins de pays, on fraternise avec ses voisins de table, on vibre au son de l'accordéon et on chante à tue-tête…
Vous ne connaissez pas les paroles des chansons ? Ce n'est pas un problème… on vous distribue des feuillets. C'est chaleureux et convivial, avec un brin de nostalgie. C'est aussi bruyant bien sûr, mais "Bella Ciao" ou "Sous les ponts de Paris" chantés par une salle entière accompagnée par Minelle à l'accordéon, c'est magique ! Immuable et indémodable. Il faut y aller au moins une fois dans sa vie. On en sort la voix cassée pour admirer le splendide panorama sur Paris du haut du parc de Belleville.
La fontaine du Square de la Roquette_ Paris 11e arrondissement (2018)
En lieu et place des prisons de la Grande et de la Petite Roquette, démolies en 1975, on trouve désormais un square aménagé en 1977. Seuls vestiges du passé, les deux guérites d’accès de l'ancienne prison de la Petite Roquette servent d'entrée à l'actuel square, elles n’ont pas bougé depuis leur construction, il y a 175 ans.
Depuis l'entrée principale,au 145 rue de la Roquette, le terrain s'élève jusqu'à une fontaine en cascade, moderne et majestueuse car encadrée de jolis palmiers. À gauche de celle-ci se trouve une aire de jeux et, près de là, derrière de magnifiques parterres de fleurs se cache le local technique du jardin. Deux autres aires de jeu se situent derrière la fontaine : d'abord une aire de jeu destinée aux adolescents et, derrière, une aire de jeux destinée aux enfants. Un chemin permet de faire le tour de ces différentes aires. Une esplanade en béton se trouve près de la rue Merlin ; elle permet l'accès à une salle de spectacle en sous-sol : la salle Olympe-de-Gouges.
>> Les deux guérites d’accès de l'ancienne prison de la Petite Roquette servent d'entrée à l'actuel square.(février 2008) :
Marin Montagut, est un artiste globe-trotter, il est aussi l'auteur de plusieurs livres sur Paris. Il y a ouvert en 2020 sa première boutique où il présente les objets qu’il chine et ses créations. En novembre 2025 il publie Mon Paris de toujours.
Ce livre est une invitation à découvrir la capitale autrement, comme un voyage dans le temps, un hommage à un art de vivre qui perdure au fil des ans, des décennies et même parfois des siècles. Des adresses longtemps gardées par l'auteur comme des trésors.
Tout cela a une certaine résonnance avec Parisperdu… la nostalgie a donc de l'avenir…
Mais dans cet ouvrage quelque chose me met mal alaise : son contenu qui se voudrait être un catalogue exhaustif des "adresses à l'ancienne" m'apparait plutôt comme une bible marketing de lieux, de magasins destinés à une clientèle quelque peu boboïsante. Je doute même que l'auteur ait fréquenté les quelque 500 adresses de son ouvrage mais il veut sans doute nous le faire croire en abusant de formules telles : "j'y vais souvent", " j'aime m'y rendre", "j'adore ce lieu"…
Bref, ce lointain cousin de mon blog ne m'a pas totalement convaincu, sauf – et c'est peut-être le plus important- dans la tout fin de l'ouvrage où Marin Montagut nous livre la liste de ses balades préférées dans Paris : presque 100 lieux où flâner dans la capitale, loin des sentiers battus dans des passages, des impasses secrètes : tout ce que Parisperdu adore et vous fait découvrir depuis déjà plus de 20 ans.
ZORBA, un bar emblématique de Belleville, 137 rue du Faubourg du Temple, Paris 10e
C'est un fait les bistrots parisiens se meurent. Alors que l’on comptait plus de 200 000 troquets en France dans les années 1960, le nombre de licences IV a depuis vertigineusement chuté pour difficilement atteindre les 40 000 actuellement.
Car ici, je parle des vrais bistrots, des troquets, des rades… évidemment pas des Starbucks ou autres "néo-cafétérias" tenues par des esclaves qui rêvent de l'American way of life.
Toutefois certains vrais bistrots résistent… surtout dans le nord de Paris, mais pas seulement. Hors du périph' la Seine-Saint-Denis est, pour les troquets, un haut lieu de la Résistance Là-bas, il y a encore une foule de bistrots dans lesquels on peut rencontrer des gens de tous les peuples, de toutes les couleurs et de toutes les religions qui se foutent bien de tout ce qu'on dit sur eux et sur leur identité. Ils fraternisent jusqu'à ce que la bière ou le vin les fasse dérailler. Les patrons et les patronnes, parfois bourrus, y sont beaucoup plus attachants, que les belles filles et les beaux garçons des bars "branchés", qui viennent vous demander toutes les trente secondes si tout va bien. Dans les bistrots, on sait vivre ; on ne sait que s'ennuyer dans les néo-cafés !
Voici ce que raconte cette image : elle montre un espace extérieur qui ressemble à un parc ou un jardin public.
On y voit plusieurs arbres sévèrement élagués. Leurs branches coupées leur donnent une forme un peu étrange et presque symétrique. De surcroît ils sont alignés en rangées, ce qui donne une impression d’ordre et de perspective. Deux mats bleus de lampadaires à globe cherchent à se faire discret pour ne pas rompre l'harmonie végétale. Le ciel est bleu avec quelques nuages blancs, et autour de ces arbres l’environnement est verdoyant.
Puis au centre, il y a un banc en bois posé sur un sol clair qui ressemble à de la terre battue.
Mais le plus intéressant est à l’arrière-plan : on aperçoit une ville avec des bâtiments, ce qui suggère que le parc est situé sur une hauteur, une butte ou une colline.
L’ambiance générale est calme, l'espace est largement ouvert, c'est comme un endroit fait pour se reposer tout en admirant la vue sur la ville.
Nous sommes à l'Est de Paris à la fin du mois de février.
Nous sommes sur la méconnue Butte du Chapeau Rouge.
>> La Butte du Chapeau Rouge, déjà sur Parisperdu :
Impasse près de la Poterne des Peupliers Paris 13ème (2023) / L'album "Hors Saison" de Françis Cabrel /Label Columbia
Quand je suis entré dans cette venelle du 13ème arrondissement, sa configuration, son ambiance d'un calme absolu m'ont immédiatement fait penser à la chanson de Francis Cabrel intitulée Hors saison.
Je vous en livre les paroles, légèrement modifiées pour ce contexte parisien :
"C'est le silence
Qui se remarque le plus
Les volets tous descendus
De l'herbe ancienne
Dans les bacs à fleurs
Sur les balcons
On doit être hors-saison
Le périph' quand même
Dans ses roulements continue
Son même thème
Sa chanson vide et têtue
Pour quelques ombres perdues
Sous des capuchons
On doit être hors-saison
Le vent transperce
Ces courtes venelles
Quelqu'un cherche une adresse irréelle
Et le courrier déborde
Au seuil des pavillons
On doit être hors-saison
Une ville se fane
Dans les brouillards ventés
La colère du boulevard est trop près
Les tourments la condamnent
Aux écrans de fumée
Personne ne s'éloigne
On pourrait tout prendre
Les murs, les jardins, les rues
On pourrait mettre
Aux boîtes aux lettres nos prénoms dessus
Ou bien, peut-être un jour
Les gens reviendront ".
Cette mélancolie d'une beauté troublante nous met "hors saison" dans nos âmes et nos cœurs...
Jusqu'au 24 mai 2026 se tient à Paris -au Jeu de Paume- l'exposition "Paris dans l'objectif de Martin Parr".
Forte d'environ 180 photographies, cette exposition dévoile le regard souvent ironique du photographe britannique, récemment disparu.
Martin Parr s’est finalement assez peu penché sur les Parisiens et les Parisiennes, il leur a préféré les troupeaux de touristes devant la "Joconde" ou Notre-Dame … ce qui produit un savoureux tableau, non dénué d'humour.
Au Louvre, il photographie une armée de smartphones dressés face à la Joconde. Les regards passent forcément par l'appareil photo. "Le Louvre, l'été, c'est dingue", dit-il. "On ne peut pas bouger, avec tous ces photographes, alors j'ai fait comme eux", nous dit-il.
Ravage est un roman de science-fiction post-apocalyptique écrit par René Barjavel et paru en 1943. Cet ouvrage fait état du pessimisme de l'auteur à l'égard de l'utilisation du progrès scientifique et technique.
Dans Ravage la description du "Paris nouveau" avec ses "cités tours" qui ont remplacé les anciens quartiers froidement rasés est très proche du Plan Voisin, une vision urbanistique futuriste impulsée par Gabriel Voisin, avionneur et constructeur automobile d'avant-garde, qui prévoyait de raser intégralement le nord de la rive droite pour y disposer un quartier de tours avec deux immenses avenues (Nord-Sud et Est-Ouest) pouvant servir de pistes d'aviation! À l'époque de Barjavel, ce plan - appuyé par Le Corbusier - faisait l'objet de furieuses polémiques avec les défenseurs du patrimoine historique parisien.
Le plan Voisin dessinait le Paris de 2052 dans le "monde de l'avenir" selon Le Corbusier, avec ses gratte-ciels, ses villes tentaculaires, ses autostrades, ses avions à décollage vertical sillonnant le ciel de Paris. Cette vision de l'urbanisme futur, faisant "table rase" du passé, eut cours jusque dans les années 1960.
Cependant de nos jours à Paris, les arguments des promoteurs actuels des tours de grande hauteur (TGH) sont encore proches de ces idées d'il y a presque un siècle : jouer avec la densité pour épargner l'espace au sol, séparation des voies de circulation et des habitations, urbanisme concerté, mégalomanie du "silhouettage", ingénierie sociale, et j'en passe .... À nouveau un ravage !
Le MahJ (Musée d’art et d’histoire du Judaïsme) présente la première rétrospective consacrée à cette photographe. Près de 300 clichés dessinent le portrait d’une femme extraordinaire, mais aussi celui du XXe siècle.
Denise Bellon (1902-1999) de son vrai nom Denise Hulmann fut l’une des plus grandes photographes françaises du siècle dernier, une pionnière du photojournalisme et dont l’œuvre court des années 1930 aux années 1970.
Que nous montre cette exposition : les enfants de la zone à Paris, à Casablanca, ou à Djerba. On y voit aussi ses filles Yannick et Loleh, mais aussi Victor Brauner en ses rêves, les surréalistes, le jeune Reggiani, … on croit alors feuilleter un album de souvenirs à travers l’œil vagabond de Denise.
Denise Bellon sort enfin de l’ombre grâce à cette exposition remarquable, qui se termine par la projection du film de sa fille Yannick et de Chris Marker qui lui rendent hommage.
Si les toits de Paris sont uniques et iconiques, c’est grâce aux savoir-faire des artisans couvreurs-zingueurs, un art aujourd’hui internationalement reconnu par son inscription récente à l’UNESCO.
Avec près de 80 % des toits de Paris recouverts de zinc, les couvreurs zingueurs parisiens possèdent toutes les compétences nécessaires à la restauration des toitures des immeubles haussmanniens construits à Paris au cours du XIXème siècle.
Ces toits sont caractérisés par la forme des combles et l’utilisation du zinc, un métal léger qui réduit la taille de la charpente et augmente le volume habitable de la surface.
La restauration d’une toiture consiste à enlever les anciennes pièces de zinc, à mesurer et à découper de nouvelles pièces sur place et sur mesure à l’aide d’un outil spécial : la plieuse parisienne, puis à assembler et à fixer les pièces sur la toiture.
Viennent ensuite les ornemanistes qui eux, travaillent le zinc dans leurs ateliers pour fabriquer des fenêtres, reproduire ou créer des ornements de faîtage qui rehaussent la beauté de la toiture.
La pratique est transmise par le biais d’un programme d’alternance, dans lequel les apprentis alternent théorie, cours pratiques et expérience pratique sur les chantiers de construction ou de rénovation.
La fierté de préserver la beauté du paysage se manifeste par une coutume qui consiste à laisser un objet sous un morceau de toiture à la fin d’un travail, objet que les couvreurs de zinc retrouveront des décennies plus tard lorsqu’ils referont à nouveau la toiture du bâtiment.
Lorsque je questionne Gemini sur ces deux noms : celui de Willy Ronis et le mien, voilà ce que l'IA propose :
"Pierre Barreteau et Willy Ronis : Un héritage photographique".
On le sait l'IA peut dire le vrai mais elle peut aussi se tromper ! Aussi j'ajouterai à son texte mes propres commentaires (ci-dessous en italique).
Les curieux pourront soumettre la même question à l'IA concurrente : ChatGPT et là on verra si on peut vraiment se fier à l'Intelligence artificielle qui, dit-on, va révolutionner le monde ?
Voici donc le texte produit par Gemini :
"Pierre Barreteau et Willy Ronis sont deux figures importantes de la photographie française (Willy Oui, moi non), liées par une passion commune : capturer l'âme de Paris et de ses habitants (oui c'est exact). Bien que leurs parcours et leurs styles soient distincts, ils partagent une profonde passion et une vision humaniste de la photographie (encore exact).
Willy Ronis : Le maître incontesté (c'est incontestable en effet).
Willy Ronis est considéré comme l'un des plus grands photographes humanistes du XXe siècle, c'est un témoin de son époque. Ses images, souvent en noir et blanc, témoignent de la vie quotidienne des Parisiens dans les années 1930 à 1980. Il a su saisir la beauté et la poésie du quotidien, tout en dénonçant les inégalités sociales. Ronis a su allier un sens aigu de la composition à une grande sensibilité pour les sujets qu'il photographiait (parfait).
Pierre Barreteau : Un héritier inspiré (si l'on veut).
Pierre Barreteau a souvent rendu hommage à Willy Ronis dans ses propres travaux. Il s'est promené dans les mêmes quartiers parisiens, cherchant à retrouver les traces du grand photographe (exact).
Tout en étant influencé par Ronis, Barreteau a développé un style personnel, marqué par une grande attention aux détails et une recherche de l'authenticité. Son blog, "Parisperdu", est un véritable trésor (modeste le trésor)pour les amateurs de photographie. Il y partage ses propres clichés, ainsi que ses réflexions sur l'œuvre de Ronis et d'autres grands photographes (Oui, c'est ma démarche).
Les points communs entre les deux photographes sont :
L'amour de Paris : Tous deux ont été profondément marqués par la capitale française et ont voulu en rendre compte à travers leurs images.
Une approche humaniste : Leurs photographies sont toujours empreintes d'une grande humanité. Ils s'intéressent aux gens, à leurs histoires, à leurs émotions.
Un regard poétique : Ils savent trouver la beauté dans les situations les plus ordinaires (Je suis assez d'accord).
En conclusion :
Pierre Barreteau et Willy Ronis sont deux figures clés de la photographie française (là Gemini tu exagères !).
Le premier a su s'inspirer du second pour développer un style personnel tout en restant fidèle aux valeurs de l'humanisme photographique. Leur œuvre commune nous invite à redécouvrir Paris sous un nouveau jour et à apprécier la richesse de la vie quotidienne (là Gemini tu es plus dans le vrai)."
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>> Photos comparatives choisies par Gemini : A Paris, les escaliers de la rue des Annelets :
De chaque côté de la rue de Crimée, les deux escaliers monumentaux de la rue des Annelets et de la Villa Albert Robida sont presque face à face. Tous les grands photographes : d'Aget à Cartier-Bresson sont venus ici, et Ronis a photographié ces escaliers en 1948. Placé en haut de l'escalier Albert Robida, il a en arrière-plan seulement une partie de l'escalier de la rue des Annelets.
En juin 1995, lorsque je me rends rue de Crimée je cadre mon image pour souligner le mieux possible le "Y" de l'escalier de la Rue des Annelets car c'est incontestablement la partie la plus remarquable de ce groupe d'escaliers.
A Paris, le Musée Carnavalet présente jusqu’au 8 février l’exposition "Les gens de Paris, 1926-1936, dans le miroir des recensements de population".
Il s'agit d'une rencontre inédite avec la population de la capitale durant l’entre-deux-guerres.
Le point de départ pour évoquer le Paris d’il y a cent ans consiste en trois recensements, réalisés en 1926 (le premier à dresser une liste nominative des Parisiens), puis en 1931 et en 1936.
Mais au-delà des chiffres froids des statisticiens ce sont les clichés de l'époque qui font vivre cette exposition.
Et les images les plus remarquables sont celles du reportage intitulé "La France travaille", un travail réalisé entre 1931 et 1934 par François Kollar. Jusqu’en 1934, Kollar arpente plus de 20 départements pour rencontrer ouvriers et employés, découvrir ateliers et usines.
Ancien tourneur chez Renault, François Kollar est l’un des grands photographes du monde industriel de l’entre-deux-guerres. Formé à l’image publicitaire après avoir quitté, en 1924, Bratislava, dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie, pour Paris, le jeune homme se fait remarquer lors de l’Exposition internationale de photographie, en 1930, à Munich, en Allemagne. Là, il côtoie Florence Henri, André Kertész ou Germaine Krull : le sommet de l’avant-garde photographique de l'époque.
De son reportage "La France travaille" Kollar ramènera 2000 précieux clichés.
Courrez vite les voir au Musée Carnavalet, jusqu'au 8 février 2026.
Il est des rues que l’on traverse sans les voir, et des impasses qui, elles, vous arrêtent.
Dans l’Est parisien, entre Belleville et Charonne, subsistent encore aujourd'hui des venelles où le temps s’est replié. Parisperdu a déjà longuement décrit ces lieux de silence, de résistance, de vie passée d'artisans et d'ouvriers et aussi de ces chats qui se baladent là, langoureusement.
Alors voici à nouveau une flânerie à pas lents, une errance douce parmi les impasses reculées des 19ᵉ et 20ᵉ arrondissements, où chaque pierre semble se souvenir d'un Paris d'un autre temps.
Impasse des Souhaits – Paris 20ᵉ
Là, derrière la rue des Vignoles, l’impasse des Souhaits respire encore l’odeur de l’ancien faubourg. Les pavés y brillent d’un éclat humide, les murs portent les ombres des luttes passées. C’est ici qu’un squat survécut un temps, avant que la mémoire ne reprenne le dessus.
Quelques maisons basses, des chats en embuscade et le parfum d’un Paris disparu. L’impasse Poule, minuscule et rebelle, semble narguer les immeubles voisins. Elle fut autrefois l’adresse d’artisans, de maçons, et aussi de rêves simples.
Une ruelle serrée où la lumière s’invite en biais. Les façades lézardées gardent la trace d’un Paris ouvrier, celui des ateliers de fortune et des voix de réunions entre voisins qui se tenaient ici chaque dimanche.
C’est là que Willy Ronis prit la célèbre photo « Chez Victor ». L’impasse a disparu, mais son souvenir persiste dans les cœurs des flâneurs et des amoureux de cet immense photographe.
Passage des Fours-à-Chaux – 117 avenue Simon-Bolivar, Paris 19ᵉ
Un passage oublié, replié sur lui-même. Autrefois industriel, aujourd’hui refuge de calme. Les briques rouges racontent ici la chaleur des fours d’autrefois.
Un moignon de rue, un nom de voyage oriental. L’impasse de Suez se noie dans l'urbanité toute proche, comme si elle avait honte de sa propre obstination.
Petite voie cachée, aux pavés paisibles. Les glycines et les roses trémières ; les petits portails et les persiennes vertes donnent à la Cité un air de campagne recluse.
Départ : Métro Belleville (19ᵉ) → Passage des Fours-à-Chaux → Impasse Compans → Descente vers Ménilmontant → Rue du Retrait → 88 rue de Ménilmontant → Rue des Vignoles (Impasse Rançon, Casteggio, Rolleboise, Poule, Souhaits) → Cité Florentine →
Terminus : Impasse de Suez (Porte de Bagnolet).
Durée approximative : 2 h 30 à pied, en flâneur averti.
Boite à clés dans l'espace public. Paris 15ème (mai 2025)
Une mode chasse l'autre : après les cadenas d'amour (lovelocks) qui pendant des années ont fleuri les grillages et les garde-corps de nos métropoles, ce sont les boîtes à clés qui inondent maintenant nos villes.
A Paris, la prolifération de ces petits coffres noirs sont devenus le symbole de quartiers dépourvus d’habitants, chassés par les locations saisonnières. Pour celles-ci comment récupérer les clés du logement de vacances ? Il est loin le temps où elles étaient tout naïvement déposés sous un pot de fleurs ou un paillasson. A l'époque de la commande à distance, des échanges en temps réel, de l'Internet ultra-haut débit, de la communication à tout-va… restait à régler le problème de la clé physique à s’échanger. La solution technologique finalement trouvée a été celle du boîtier, avec code à quatre chiffres.
Mais aujourd'hui dans nos villes saturées de location Airbnb, la multiplication de ces boîtiers pose problème et fait l'objet de rejets dans de nombreuses métropoles.
A Paris, depuis un an, la maire a pris un arrêté pour interdire les dispositifs propres aux meublés touristiques, comme des boîtes à clés ou des réceptacles fixés sur le mobilier urbain. En cas d'infraction, un autocollant exigeant le retrait de la boîte sous 15 jours est apposé : passé ce délai et sans action du propriétaire, l’objet sera retiré, puis détruit par les services de la Ville de Paris. Ainsi les contrôles des boîtes illégales (souvent symboles de locations illégales) ont été renforcés, notamment dans les arrondissements les plus touchés comme le Marais, Saint-Germain-des-Prés et Montmartre. Toute infraction est punie d'une amende pouvant aller jusqu’à 1500 €, et même 3000 € en cas de récidive.
La Ville compte aussi sur les riverains pour signaler la présence de ces boîtiers installés illégalement, via l’application "Dans Ma Rue".
Bonne Année ! Happy New Year ! Ein Gutes Neues Jahr ! Migliori Auguri ! Feliz año nuevo ! …
Parisperdu vous présente tous ses meilleurs vœux pour 2026.
Gardons le contact toute l’année en nous retrouvant régulièrement sur Parisperdu, et aussi sur le groupe Facebook :"Paris Hier, aujourd'hui … demain"animé par Parisperdu, le photo blog des amoureux de Paris.
>> Le passage à la nouvelle année sur Les Champs-Elysées :
L'album des Lieux retrouvésmontre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.
Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs). C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.