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PARISPERDU

Willy Ronis et Paul Cézanne jouent aux cartes !

11 Octobre 2022, 13:25pm

Publié par barreteau

Les joueurs de cartes

Images du haut :
Paul Cézanne, (1892-95),"Les joueurs de cartes" / Courtauld Institute of Art, London.

Paul Cézanne, (1890-92),"Les Joueurs de cartes", / Metropolitan Museum of Art, New-York City.

 

Images du bas :

Willy Ronis : "Café, rue des Cascades, Ménilmontant" - Paris, 1948

Willy Ronis : "La partie de Tarot, Joinville le Pont ", 1991.

 

 

Il existe cinq versions connues des "Joueurs de cartes" peintes par Cézanne et conservées à Paris au musée d'Orsay, à Londres au Courtauld Institute of Art, à New York au Metropolitan Museum of Art et à Philadelphie à la Barnes Foundation. La cinquième et dernière version a été acquise par la famille royale du Qatar en 2012, dans le cadre d'une transaction privée pour un montant de 191,5 millions d’euros !
Ronis connaissait-il ces œuvres où Cézanne met en scène quatre, puis trois et finalement seulement deux joueurs sur sa dernière toile ?
Oui vraisemblablement. Ronis avait au moins connaissance de certaines reproductions de ces toiles. Pour autant, avait-il en mémoire les tableaux de Cézanne au moment d'appuyer sur le déclic ? Là, cela est moins sûr…

Ce qui est sûr par contre c'est qu'il a souvent cherché à photographier des joueurs de cartes car ils entrent pleinement dans les scènes populaires qu'il affectionnait tant.

Dans sa moisson de photos récoltées dans les quartiers populaires, j'ai identifié cinq photos de Ronis montrant des joueurs de cartes, mais il en existe probablement d'autres.

On retrouve donc ce thème dans :
- "Café, rue des Cascades, Ménilmontant" - Paris, 1948
- "Café, place d'Aligre", Paris, 1952 
- "Partie de cartes en plein air, rue Botzaris", Paris 1952
- "La belote", Paris, 1954
- "La partie de Tarot, Joinville le Pont ", 1991.

 

>> Willy Ronis et les peintres flamands. (3/3)

 

 

 

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Willy Ronis et les peintres flamands. (3/3)

13 Septembre 2022, 11:15am

Publié par barreteau

Willy Ronis et les peintres flamands. (3/3)Willy Ronis et les peintres flamands. (3/3)

Photo du haut : "La danse de la mariée en plein air"   
Pieter Brueghel l'ancien (vers 1566)
     

Photo du bas : "Fête provençale La Crémade Vaucluse"
©Willy Ronis  (1964)

 

Ronis, très tôt nourri par les peintres flamands, a alors son style  en place : des noir et blanc à la lumière travaillée, une composition rigoureuse héritée de cette école flamande des XVIe-XVIIe siècles. Dès ses premiers clichés dans les années 1920 Ronis s’inspire de ces compositions, en particulier celles de Brueghel l'Ancien, qui va grandement déterminer la disposition de ses personnages dans le cadre.

D'ailleurs, en 1967, il dit : "Mes photographies réussies de scènes à épisodes multiples font penser, toutes proportions gardées, à ces tableaux de Brueghel dont on éprouve une si grande joie à explorer les différentes parties. Chacune de ces parties est un petit tableau, et pourtant chacun concourt merveilleusement à la composition générale. Même si certains peuvent trouver ridicule de faire un parallèle entre une œuvre de Brueghel et une photo de reportage".

Sa passion pour la peinture et le dessin se lit dans ses photos qui ont souvent des compositions picturales avec ses cadrages très recherchés. Formé « au goût de la composition », pour lui la photo est avant tout un équilibre. La composition est donc fondamentale, ainsi que l’équilibre des valeurs, des rapports entre ombres et lumières. L’importance des ombres dans ses images est primordiale : "Ce n’est pas la lumière qui m’a inspiré, c’est ce qu’elle éclaire" dit-il, aussi ses personnages émergent souvent du clair-obscur.

Par ailleurs il est obsédé par le rythme ternaire et son écho dans le temps : le nombre "3"  pose sa composition et l’équilibre autour d’un pivot central et en écho, ces situations ternaires se répètent, photographiées de façon répétitive au cours des décennies, inconsciemment.

Aussi contrairement à bien des photographes de son époque, Willy Ronis se dit artiste. "La photographie, je savais bien, moi, que je n'étais pas qu'un presse-bouton !"

Jeune, Willy Ronis est passionné de musique et il aurait voulu en faire son métier.
Faute d'avoir pu être compositeur de musique, il est compositeur d’images.


 

>> Willy Ronis et les peintres flamands. (2/3)

 

 

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Willy Ronis et les peintres flamands. (2/3)

4 Septembre 2022, 11:17am

Publié par barreteau

 

Willy Ronis et les peintres flamands. (2/3)Willy Ronis et les peintres flamands. (2/3)

Photo du Haut : "Paysage d'hiver avec Patineurs".
Hendrick Avercamp (vers 1608)                                                     

Photo du bas : "Un dimanche sur le lac gelé du Bois de Boulogne",
 © Willy Ronis  (1954)

Dès sa tendre enfance, Willy fréquente les musées où sa mère l’emmène souvent pour l'éveiller aux arts plastiques. Plus tard, jeune homme timide, il continue à fréquenter régulièrement Rembrandt et les maîtres du Siècle d'or hollandais au Louvre. Lorsqu'il se met à pratiquer la photo il sera clairement influencé par la peinture flamande dans la manière de penser et de composer certaines photos.

Ces visites dans les musées lui ont - très tôt - permis d'exercer autrement son regard et de découvrir qu'en photographie aussi, il existe des règles de composition. Pour être bonne, une photo doit tenir debout, avoir une harmonie, exactement comme un tableau.

D'ailleurs il précise : "La première fois que j'ai pénétré dans les petits cabinets qui se trouvent de part et d'autre de la galerie des Rubens, au Louvre, je me suis senti chez moi : ces scènes ne représentaient pas des gens riches, nobles, laissant leur empreinte dans l'Histoire, mais des scènes de kermesse, de patinage sur des canaux gelés, la petite bourgeoisie, les bistrots, les artisans. Je me sentais en sympathie avec cette population-là".

 

>> Willy Ronis et les peintres flamands. (1/3)

>> Voir aussi : Scène de patinage à Kampen, oeuvre du peintre flamand Barend Avercamp 1625 / 1650

 

 

 

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Willy Ronis et les peintres flamands. (1/3)

26 Août 2022, 09:17am

Publié par barreteau

Willy Ronis et les peintres flamands. (1/3)Willy Ronis et les peintres flamands. (1/3)

Photo du haut : Paysans jouant aux cartes dans une taverne 
David Teniers II (1610-1690)

Photo du bas : La partie de Tarots, Joinville le Pont (1991)
© Willy Ronis

 

Willy Ronis nous dit : "Je n’ai pas eu de maître à penser en photographie, ou plutôt certainement qu’ils sont nombreux à avoir plus ou moins influencé ma démarche"
Et il ajoute : "Mais ce que je sais, c’est que mes vrais maîtres, ce ne sont pas les photographes. Ce sont les musiciens, ou les peintres. Et en peinture ce sont les petits maîtres flamands du XVIIe siècle. C’est Brueghel et l'école des peintres flamands, par leur composition, par leur disposition des personnages dans le cadre".

Chez Ronis, les fondamentaux de la photographie et de la peinture vont se mélanger et produire une œuvre artistiquement riche car il a parfaitement analysé les œuvres des maîtres de la peinture. Il applique alors certaines grandes lois de la composition picturale à la photographie : balance des valeurs claires et sombres, unité du sujet, rythme de l'image, clair-obscur, contre-jour, etc…

Il apprécie donc dans la peinture flamande les scènes de la vie quotidienne dont les personnages font écho à ce qu'il retrouve alors dans la rue à Paris ou ailleurs. Ses sujets, ce sont d'abord les gens : "Les rues vides ne m'intéressent pas." dira-t-il. Les petits métiers, les ouvriers à l'usine, les bistrots, les bords de Marne, les couples, la jeunesse... le tout sans spectaculaire, en se concentrant sur le quotidien et la "poésie de la rue".

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

 

 

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Fermeture estivale : quand la tour Eiffel se reflète dans la mer …

30 Juillet 2022, 17:23pm

Publié par barreteau

Fermeture estivale : quand la tour Eiffel se reflète dans la mer …

      La tour Eiffel se reflète dans la mer

 

Comme chaque année, à l'occasion des vacances d'été, Parisperdu fait une pause.

Nous vous donnons rendez-vous, ici même, le 29 août 2022.

 

D'ici-là, Parisperdu vous souhaite de très bonnes vacances !

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De chaque côté de la rue de Crimée.

5 Juillet 2022, 17:52pm

Publié par barreteau

 Rue de Crimée, Paris 19ème : Escaliers de de rue des Annelets et de la villa Albert de Robida

 

De chaque côté de la rue de Crimée, les deux escaliers monumentaux de la rue des Annelets et de la Villa Albert Robida sont presque face à face. Tous les grands photographes : d'Aget à Cartier-Bresson sont venus ici, et Ronis a photographié ces escaliers en 1948. Placé en haut de l'escalier Albert Robida, il a en arrière-plan seulement une partie de l'escalier de la rue des Annelets.

Soixante ans après Ronis, lorsque je me rends rue de Crimée je cadre mon image pour souligner le mieux possible le "Y" de l'escalier de la Rue des Annelets car c'est incontestablement la partie la plus remarquable de ce groupe d'escaliers.

 

>> La photo de Willy Ronis, au même endroit.

 

>> Les escaliers des rues de Paris.

 

 

 

 

 

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Les jambes des femmes sont des compas.

27 Juin 2022, 08:30am

Publié par barreteau

Les jambes des femmes sont des compas.

 De haut en bas et de gauche à droite : © Lily Franey ; © Willy Ronis ; © Sabine Weiss

 

Le cinéaste François Truffaut disait : « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens et lui donnent son équilibre et son harmonie. »

Et avec Willy Ronis, Sabine Weiss ou Lily Franey : chez ces trois photographes humanistes les « compas » sont bien là !

Willy Ronis et Sabine Weiss ont saisi des « compas » enjambant élégamment une flaque d’eau et dans ce miroir : la colonne Vendôme pour Willy et l’obélisque de la place de la Concorde pour Sabine rendent la ville immédiatement identifiable.

Quant à Lily Franey, « son compas » n’enjambe rien mais semble glisser sur la place entièrement couverte d’eau. Et là encore c’est un monument parisien qui permet de localiser la photo ; car sur la place de la République, la statue de Marianne est si colossale qu’elle se reflète en entier dans le « compas » et de surcroît le rameau d'olivier, symbole de paix, qu’elle tient dans sa main droite, devient l’embout du parapluie tenu par la jeune femme.

Même dans des lieux différents, l’on s'étonne parfois de faire des photos qui font écho à certaines images déjà vues. C'est alors comme si l'image d’un autre photographe, imprimée dans notre mémoire, latente dans notre inconscient, entre en résonnance avec notre nature profonde et nous pousse vers l'instant décisif, celui qui va déclencher la prise de vue.

 

>> Lily Franey, site officiel.

 

 

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Sabine Weiss, 80 années de déclic.

12 Juin 2022, 09:18am

Publié par barreteau

Sabine Weiss, 80 années de déclic.

A Paris en 2005, chez Sabine et Hugh Weiss lors du tournage du film : "Sabine Weiss : Un regard sur le temps".
Photo : ©Lily FRANEY

 

Elle a été sans doute la dernière grande représentante de l’école humaniste de la photographie française d'après-guerre. Sabine Weiss, née Sabine Weber en 1924, nous a quittés fin décembre 2021, elle avait 97 ans… et 80 ans de prises de vue "derrière elle".
Et il faut croire que la photo humaniste assure à qui la pratique une belle longévité : Ronis a vécu jusqu'à 99 ans…

Sabine Weiss démarre la photographie très jeune, parce que la manipulation chimique du développement l'intéresse ; son père est ingénieur chimiste.

Genevoise d'origine, une peine de cœur la fait fuir à Paris en 1946. Elle y débarque au petit matin sans point de chute mais rapidement devient l’assistante du photographe de mode Willy Maywald. Trois ans plus tard, elle rencontre son mari – le peintre américain Hugh Weiss – et se lance comme photographe indépendante. Elle fait alors de tout : de la publicité, de la mode, du reportage et des portraits d’artistes.

En 1950, elle fait le portrait de Miro, ce qui lui vaut un rendez-vous avec le directeur de Vogue. Elle dira : « Je suis arrivée avec mes photos de clochards et de morveux. Un monsieur assis à côté de moi, hochait la tête en disant : "Bien, bien". C’était Robert Doisneau. Je ne connaissais même pas son nom à l’époque. Tout de suite, il m’a proposé de rejoindre l’agence Rapho. »

Le fondateur de Rapho, Charles Rado, exporte alors le travail de Sabine Weiss aux Etats-Unis, où elle devient alors plus connue qu’en France.

Sabine Weiss photographie beaucoup pour Vogue mais ce sont ses clichés en noir et blanc, des instantanés captés dans les rues de Paris, qui marqueront l’histoire de la photographie du XXe siècle.
Sens de la composition, maîtrise de la lumière et de l'instant décisif, elle s’inscrit dans la lignée d’un Cartier-Bresson ou d’un Willy Ronis, les géants de la photographie française de l’après-guerre.  Plus tard, elle déclarera : « Je n’aime que les photographies prises dans la rue, au hasard des rencontres. » 

Sabine a photographié surtout les gamins et les clochards des rues de Paris, les passants, les amoureux et les musiciens, avec une sensibilité et un talent formidable pour la composition.

Dans les années 1980, Sabine Weiss multiplie les voyages et se penche notamment sur la thématique des religions.
Elle arrête la prise de vue à la fin des années 90 car, avec une épaule cassée, elle dit ne plus pouvoir tenir convenablement l’appareil… Elle est naturalisée française en 1995.

Elle se consacre alors à la gestion de ses archives avant d'en faire le don au Musée de l’Elysée, à Lausanne : 200 000 négatifs, 7000 planches-contacts, quelque 2700 tirages vintage et 2000 tardifs, 3500 tirages de travail et encore 2000 diapositives… eh oui, 80 années de déclic !
Merci Madame !


>> Sabine Weiss, site officiel.

>> Hugh Weiss, site officiel.

>> Le film : "Sabine Weiss : Un regard sur le temps".

 

 

 

 

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Miss-Tic, la pionnière de l'art urbain en France nous a quittés.

23 Mai 2022, 16:01pm

Publié par barreteau

Miss Tic, la pionnière de l'art urbain en France nous a quitté…

Pochoir et aphorisme de Miss-Tic : "C'est la vie, ça va passer ..."

 

Miss-Tic vient de nous quitter.
C'était l'une des grandes figures du street art.
Plasticienne et grapheuse elle était surtout connue pour ses pochoirs parisiens de femmes monochromes, toujours assortie d'aphorismes piquants.

Tous ceux qui ont parcouru les quartiers excentrés de la capitale ont, un jour ou l'autre, croisé une œuvre de Miss-Tic. Son dessin épuré est immédiatement reconnaissable et ses textes d'accompagnement, volontairement ambigus, sont toujours bien vus.

Miss-Tic a subtilement orné les vilains murs de la ville pour nous la rende supportable ...
On est loin des graffs tapageurs qui défigurent souvent les murs de Paris.

Bon voyage la Miss...

 

>> Miss-Tic sur Parisperdu

 

 

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Ophélie et Nymphéa : la femme et l’eau.

20 Mai 2022, 10:46am

Publié par barreteau

Ophélie et Nymphéa, deux approches artistiques.

 De haut en bas : Ophélie ©Lily Franey et Nymphéa ©Ange Leccia

 

Lily Franey et Ange Leccia sont deux artistes très différents mais j’ai décelé un fort cousinage dans l’une de leurs réalisations. En effet, tous deux se sont intéressés au thème de la femme et de l’eau pour nous proposer des images qui nous font rêver, voyager dans un imaginaire contemplatif.

 

Ophélie par Lily Franey

Lily Franey est une photographe professionnelle dont le travail s’inscrit dans le mouvement des photographes humanistes. Elle a côtoyé les plus grands : Willy Ronis, Sabine Weiss…

Mais parfois elle s’autorise un pas de côté, vers une démarche poétique, onirique… et là encore elle y excelle. Ainsi en 1996, Lily installe un décor dans son appartement et fait appel à des danseuses contemporaines pour travailler sur le thème de l’eau et d’Ophélie.

Il en naîtra une première exposition intitulés « Miroirs d’eau » où se mêlent photographies et sculptures textiles. La performance a lieu à la piscine de Villeneuve-Le-Roi où le décor et les photographies (accompagnés d’un spectacle de danse) sont situés sur le bord du bassin alors qu’une partie des spectateurs est dans l’eau.

Puis ces photographies seront projetées à l’Institut du Monde Arabe, en grand format, pour une performance chorégraphique sur le poème Ophélie d’Arthur Rimbaud :
Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
On entend dans les bois lointains des hallalis…
 

Nymphéa par Ange Leccia

D’abord peintre, Ange Leccia se tourne rapidement vers les arts filmiques. Ses “arrangements”, comme il les nomme, naissent d’un travail sur l’image, filmée ou photographique.

A Nantes, en 2007, Ange Leccia réalise une œuvre pour ESTUAIRE, une manifestation annuelle organisée par Nantes Métropole.

À la tombée de la nuit, une jeune femme, nymphe ou sirène, évolue tranquillement dans l’environnement aquatique d’un canal. La créature semble prisonnière du canal, son corps semble se prolonger dans ce boyau inhospitalier. La lumière de la projection joue à la surface mouvante de l’eau, hommage bien perceptible d’Ange Leccia aux recherches picturales de Claude Monet. Cette ondine est incarnée par Laetitia Casta, icône adulée de notre société, devenue ici nymphe mythique contemporaine.


Et lorsque l’on sait qu’en anglais, Nymphéa se dit : « Water lily », Ange Leccia ne ferait-il pas un clin d’œil à Lily Franey ?


>> Lily Franey, site officiel.

>> Lily Franey déjà sur Parisperdu : (1) et (2)

>> Ange Leccia, site officiel.

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Lily Franey, amie humaniste de Willy (2) : "Les cueilleuses ".

29 Avril 2022, 11:29am

Publié par barreteau

Lily Franey, amie humaniste de Willy (2).

© Lily Franey"Lucie, la cueilleuse de genêts"_ Auvergne, 2000_ (Vue partielle, image inversée)
© Willy Ronis : "La cueilleuse de thym, Lagnes (Vaucluse), 1980"

 

En approfondissant ma connaissance de l’œuvre photographique de Lily Franey, j'ai de nouveau été touché par l'une de ses photos qui - là encore - me renvoi en écho une autre photo de Willy Ronis.
J'ai appelé ce rapprochement : "Les cueilleuses ".

L'histoire est celle-ci : une cueilleuse de genêts par un matin froid d'hiver rencontre une cueilleuse de thym dans la chaleur de l'été.

Les deux photographes humanistes nous racontent leur photos :

Willy nous dit : "dans ce village du Vaucluse la cueilleuse n'était pas venue au rendez-vous, c'est Marie-Anne - ma femme - qui prendra sa place pour le cliché !"

Quant à Lily lorsqu'elle rencontre Lucie, la cueilleuse de genêts, en plus du croisement de leurs regards, il y a un autre échange. En effet, Lily raconte : "me voyant arriver tête nue, Lucie m'avait passé un de ses bonnets de laine en me disant, il faudra que je vous tricote des chaussettes de laine à vous. Depuis, je l'appelle ma mamie chaussettes".

C'est un peu la fable de la cigale et la fourmi !

 

 

>> Lily Franey, amie humaniste de Willy (1) : sous les jupes des femmes.

>> Lily Franey, site officiel.

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

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Lily Franey, amie humaniste de Willy (1) : sous les jupes des femmes.

18 Avril 2022, 15:40pm

Publié par barreteau

 

Lily Franey, une amie de Willy.

© Lily Franey"Cité du Val de Marne" (1991), sur le thème du poème "Tout dire" de Paul Eluard.
© Willy Ronis : "Place Vendôme - Paris, 1947".

 

J'ai fait récemment la connaissance de la photographe Lily Franey via l'Agence Gamma-Rapho qui gère ses droits. C'est ainsi que j'ai acquis l'autorisation de la publication du portrait de Willy Ronis qui figure sur un récent billet de Parisperdu, une photo prise par Lily Franey en 1993.

Lily Franey est née à Paris en 1947. Issue du monde ouvrier, elle travaille en usine dès l’âge de 14 ans. A partir de 1980, elle s’oriente vers la photographie. Mariée, mère de deux enfants, elle part pendant trois ans au Maroc avec sa famille. Elle y réalise ses premiers reportages qui seront publiés dans la presse. Puis, bien d'autres suivront : Au Nicaragua, elle photographie les Indiens Miskitos, au Mexique elle s’intéresse au sort des réfugiés du Guatemala, en Éthiopie et au Soudan, elle témoigne de la famine de l’hiver 1985. Elle parcourt ainsi l’Afrique de l’Ouest, le Vietnam, Madagascar, le Laos, l’Afrique du Sud, le Kurdistan et le Liban.

Son travail s’inscrit dans la démarche des photographes humanistes. Ses interventions constantes dans le monde du travail l’amènent à participer en 1991 à une grande exposition sur la vie des machinistes de la RATP, parrainée par Robert Doisneau. Les problèmes sociaux, plus précisément ceux de la vie des femmes, de la jeunesse et du monde de l’enfance sont au cœur du travail de Lily Franey qui se veut témoin de son époque.  Elle s’intéresse également à la ruralité et a réalisé une enquête photographique sur la transmission de la mémoire et les relations entre générations dans les villages du Livradois en Auvergne.

J'ai choisi ici une photo, sans doute un peu atypique du travail de Lily Franey mais pour moi, à la vue de cette photo, cela a été comme une évidence : j'ai instantanément revu une photo de Willy Ronis : "Place Vendôme - Paris, 1947".
Je suis certain que Lily ne m'en voudra pas d'avoir un peu occulté son combat qui souvent est au cœur de son travail photographique. Mais comme Willy était son ami, il est juste qu'elle se retrouve maintenant ici, en sa compagnie.

 

 

>> Lily Franey, site officiel.

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

 

 

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Les conseils de Willy Ronis aux photographes.

29 Mars 2022, 11:11am

Publié par barreteau

Le photographe Willy Ronis photographiant dans le bus à Paris, France, en 1993. © (Photo Lily FRANEY / Gamma-Rapho)

 

C'est Willy Ronis qui nous parle photo et qui - au passage - donne quelques précieux conseils aux photographes amateurs. A méditer puis à appliquer lors de nos prises de vues !
Ecoutons-le:

"Au moment du déclic, il y a toujours l’appréhension. Lorsqu’on travaille sur le vivant, il y a toujours une fugacité génératrice d’angoisse. « Est-ce que j’ai pris le bon moment ? ». Cette angoisse m’a toujours tenaillé.
Ensuite, il y a le moment du développement. Quand je développe, il y a naturellement la grande inconnue : « Est-ce que j’ai appuyé au bon moment ? N’ai-je pas négligé quelque chose qui, dans le fond, casse complètement l’intérêt de mon image ? Quelque chose qui prend une importance que je n’avais pas prévue au moment où j’ai appuyé ? ».
Physiologiquement, l’œil n’est pas construit pour embrasser tout le champ visuel avec la même capacité d’analyse. L’œil est un toucher à distance. Et on ne touche qu’un seul objet à la fois. L’œil est incapable de capter en photographie une vision globale : le principal et l’accessoire. Il y a toujours le danger que l’accessoire tue le principal.
L’exemple le plus simple, c’est le jeune homme qui photographie sa petite amie dans un jardin et ne fait pas attention qu’elle a un arbre qui lui sort de la tête. L’arbre est à trois mètres derrière mais il regarde la fille, pas ce qu’il y a derrière elle ! Ça, c’est une chose à laquelle il faut toujours avoir l’esprit : que se passe-t-il derrière et sur les côtés ?
C’est pourquoi j’aime tant les marchés. À mon avis, on touche là la plus haute difficulté photographique. On voit quelque chose d’intéressant mais quelque chose à côté peut tuer complètement ce que l’on voit : ou bien c’est un grand trou – et alors ça casse la composition – ou bien ça n’est pas bon et ça rentre en contradiction avec ce que l’on a voulu exprimer.
Il faut avoir l’œil partout.
Dans ces conditions, avec toutes ces contraintes, la photo parfaite pour moi serait celle où j’aurais pu communiquer à celui qui la regarde l’émotion qui a déterminé le déclic. Je veux faire participer. Je veux montrer quelque chose qui m’a ému et je voudrais que ce soit parfait.
Donc, les questions formelles sont extrêmement importantes. Je suis un fou de la forme. Pour moi, il ne peut pas y avoir de contenu exprimé s’il n’y a pas une forme complètement châtiée dans tous ses détails. Ou alors… c’est un cas très spécial. Par exemple lorsqu’il n’y a qu’un seul personnage avec un fond inexistant ? A ce moment-là, c’est la simple expression du personnage qui compte. Mais la composition est ce qui requiert mon attention la plus vive.

Je m’autorise à mettre en scène ou à faire recommencer une situation en reportage commandé, jamais la photo libre. Dans la photo libre, la composition se fait spontanément par le fait du hasard combiné avec votre aptitude à vous placer au bon endroit. Là, on photographie d’abord avec ses pieds. Cette composition sur le vif est évidemment très difficile ".

Voilà pourquoi Willy Ronis est toujours en attente du sujet. Il guette, il épie, mais le hasard fait ce qu’il veut, aussi il lui faut être en embuscade du hasard.
La chance, dont il parle souvent, se mérite et s‘apprivoise avec "une vision globale".
Il faut donc regarder partout pour ne pas tuer l’essentiel.
La vie immédiate est sa passion : " J’aimais le mouvement, c’est l’œil qui fait la photo". 

Il avait l’œil partout, mais surtout sur le cœur. Et ses photos sont pleines d’histoires en suspens… "J’ai remercié le destin de m’avoir fait photographe. Cela m’a probablement préservé de souffrances intolérables".
Et pendant ces 99 ans passés parmi les hommes, il aura promené son regard d’enfant, et sa soif d'amour pour l'Humain.

Du Front populaire des années trente au Paris bétonné des années soixante-dix, en passant par la lumière de la Provence, la poésie de Paris, les gens de peu des campagnes, les travailleurs des usines, les loisirs sur les bords de la Marne, les fêtes populaires, … Ronis rapporte la "geste populaire".

Plus promeneur que photographe, plus humain qu’artiste, il demeure, lui seulement redécouvert à 75 ans, comme une des plus belles sources de fraîcheur et d’émotion, qui soient arrivées à l’art de la photographie.

Peu de temps avant sa mort, dans une interview accordée à un grand quotidien, au journaliste qui le questionnait : Qu’aimeriez-vous que l’on dise de vous ?
Willy Ronis répondait : "J'aimerais qu'on dise, c’était un brave type et il était bon photographe".

Alors finalement quelle trace a-t-il laissé ? Une trace d'harmonie, de paix, d'humanité et une grande émotion chez tous ceux qui l'ont connu.
Je suis content d'avoir connu Willy Ronis. C'est une chance.

 

>> Willy Ronis sur Parisperdu.

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

 

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Les Livres de Parisperdu.

24 Novembre 2021, 15:30pm

Publié par barreteau

 Les LIvres de Parisperdu.

 

Depuis 17 ans j'anime le blog "Parisperdu" : c'est une longue période aussi désormais le blog sera en semi-sommeil.
Toutefois vous pouvez approfondir votre regard sur Paris grâce aux 2 livres que je viens de publier.

Le premier ouvrage s'intitule
Portraits incertains … de certains parisiens .

et le second :
Paris itinéraires bis, balades urbaines .

Pour en savoir plus, pour être parmi les premiers à découvrir cet ouvrage ou pour vous le procurer, c'est ICI.

 

Alors à bientôt…

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Publication du livre : "Paris itinéraires bis, balades urbaines" .

28 Octobre 2021, 10:13am

Publié par barreteau

 

Première et quatrième de couverture du livre : "Paris itinéraires bis, balades urbaines" .

 

Depuis maintenant 17 ans j'anime ce blog et, pour aller un peu plus loin, tout en restant dans la même veine j'ai, en 2020, publié le livre :

Portraits incertains … de certains parisiens .

Aujourd'hui, pour aller encore plus loin, mon deuxième livre vient d'être édité, il s'agit de :

Paris itinéraires bis, balades urbaines .

 

Pour en savoir plus, pour être parmi les premiers à découvrir cet ouvrage ou pour vous le procurer, c'est ICI.

 

A bientôt peut-être…

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