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PARISPERDU
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Le mirage de la rue Myrha

19 Janvier 2021, 12:41pm

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Publié par barreteau

Le mirage de la rue Myrha

Rue Myrha, Paris 18ème  (2016)
 

Dans le quartier de la Goutte d'Or, la rue Myrha reste associée au crack, à la pauvreté et aux prières de rue. Au premier coup d'œil, la rue Myrha ressemble à toutes les artères de la Goutte d'Or : c'est un patchwork de merceries, d'épiceries exotiques et de taxiphone, ces boutiques où l'on peut téléphoner et envoyer de l'argent à l'étranger pour quelques euros. Il y a aussi constamment dans la rue des vendeurs à la sauvette qui alpaguent les passants pour leur proposer des cigarettes de contrebande. Pire, dans l'immeuble vétuste du numéro 4, en septembre 2015, un incendie se déclare et fait périr huit personnes, dont deux jeunes enfants.

Mais au-delà de ce drame et des désordres qu'elle vit, au-delà des fantasmes qu'elle suscite, la rue Myrha connaît depuis quelques années une certaine gentrification. Ce quartier populaire séduit en effet de plus en plus de jeunes cadres en quête d'exotisme ou de "soi-disant" authenticité. Aussi depuis deux à trois ans, de nouveaux commerces s'ouvrent pour cette nouvelle population : cantine bio et végan, libraire/café/galerie et diverses boutiques qui proposent des produits "qu'on n'a pas déjà vus partout sur Instagram", car désormais : "Populaire is the new chic !" …

Au numéro 32 de la rue, un tout récent bâtiment de verre et de béton, s'est installé sur un ancien terrain vague, c'est le "360 Factory" un lieu bruyant combinant restaurant, studio d'enregistrement et salle de concert.

Mais ici comme un peu partout dans le Nord-Est parisien, une fois les immeubles haussmanniens rasés et remplacés par des gros blocs de béton, on s'est rendu compte que ces bâtiments, en plus de défigurer les quartiers, étaient beaucoup plus difficiles à gérer. Car cet habitat massif, très fermé devient une aubaine pour les dealers et les délinquants qui veulent se rendre invisibles aux yeux des forces de l'ordre.
Rénover un bâtiment ou un quartier ne règle donc pas les problèmes du crack ou de la délinquance, cela ne fait que les déplacer. Ainsi, à quelques mètres de la rue Myrha, rue de Panama par exemple, c'est toujours l'enfer.

Alors, la réhabilitation de la rue Myrha ne serait-elle qu'un mirage ? Bien sûr, cette voie est plus agréable qu'il y a vingt ans. Mais on ne peut juger de l'évolution d'une rue séparément de celles qui l'entourent : Myrha n'est pas le symbole d'un quartier qui s'améliore, mais d'un quartier où l'on se donne beaucoup de mal pour camoufler les problèmes plutôt que de les régler.

 

>> A lire : "Rue Jean-Pierre Timbaud : une vie de famille entre barbus et bobos" de Géraldine Smith.

 

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La Butte Bergeyre, nouveau terrain de chasse des architectes.

10 Janvier 2021, 16:11pm

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Publié par barreteau

La Butte Bergeyre, nouveau terrain de chasse des architectes.

28 Rue Philippe Hecht, Photo ©copyright Ajile

Dans le 19ème arrondissement, à deux pas du prestigieux bâtiment du siège du Parti Communiste, réalisé par un Niemeyer alors au sommet de son art, se niche un havre d'authenticité. Une petite butte où l'air est plus pur, où la vie est plus paisible …
C'est la butte Bergeyre, un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.
Sur la butte Bergeyre, la vision de Paris est toute autre : la lumière est partout, on se sent hors du bruit de la ville, l'air n'est plus le même ... le privilège des hauteurs ... peut-être.

Habiter une telle oasis est une chance. Et les chanceux qui y résident, retranchés sur le plateau de cette petite colline, profitent d’une qualité de vie exceptionnelle, loin du tumulte, loin du vacarme parisien.
Il n'est alors pas étonnant que cet environnement ait intéressé les architectes pour y dessiner quelques habitations singulières.

Ainsi, dès 1933, au 70 de la rue Georges-Lardennois, fut érigé un bâtiment d’allure avant-gardiste, conçut par le grand architecte Jean Weiss pour la famille Zilvelli. Cette maison aux façades camouflées par la vigne vierge reste encore aujourd'hui l'un des bijoux de l’ensemble résidentiel de la butte Bergeyre.

Plus récemment, au 28 de la rue Philippe Hecht, les architectes Virginie Jacquier et David Lovera, fondateurs de l’agence Ajile, ont construit une maison-tube de sept étages, un modèle pour un mode d’habitat vertical en milieu dense. Car en effet, après avoir détruit la bâtisse existante et une fois consolidé le sol instable de la butte, ils ont installé sur cette parcelle, d'à peine 4,80 mètres de large, les fondations sur des micro-pieux de 18 mètres de profondeur, pour y déployer un volume qui offre une superficie de 204 m². La maison se compose de 7 niveaux, où se dispatchent une entrée, un salon, une cuisine, quatre chambres et, cerise sur le gâteau, un "roof top" qui offre un horizon à 360 degrés et des couchers de soleil imprenables sur la butte Montmartre.

Le montant de l'opération tout compris - achat du terrain, destruction de l'ancienne bâtisse, construction neuve, honoraires des architectes et bureaux de contrôle- s'élève à 2,1 millions d'euros.

On l'aura compris, la butte Bergeyre est en train de changer de population. Autrefois habitée par une classe aisée mais somme toute relativement modeste parmi laquelle venait "se cacher" quelques artistes, elle voit aujourd'hui de nouveaux arrivants qui viennent y étaler leur richesse.
Willy Ronis qui dans les années 50 en avait fait l'un de ses terrains de chasse photographique, doit se retourner dans sa tombe !

 

>> 70 de la rue Georges-Lardennois - Paris 19ème : La Maison Zilvelli (2008)

>> Willy Ronis sur la butte Bergeyre (1).

>> Willy Ronis sur la butte Bergeyre (2).

 

 

 

 

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Meilleurs vœux pour 2021.

1 Janvier 2021, 09:28am

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Publié par barreteau


Exit 2020, annus horribilis, par la faute d'un satané virus !
Bienvenue à 2021 que l'on espère meilleure.

Parisperdu vous souhaite une BONNE ANNEE 2021

Gardons le contact toute l’année en nous retrouvant régulièrement sur Parisperdu, et aussi en rejoignant le groupe Facebook : "Paris Hier, aujourd'hui … demain" animé par Parisperdu, le photo blog des amoureux de Paris.

Et prenez bien soin de vous.

 

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Liberté, Égalité, Fraternité.

22 Décembre 2020, 09:33am

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Publié par barreteau


Rue de l'Égalité vue en direction de la rue de la Liberté _Paris 19ème

 

La devise de la République française : "Liberté, Égalité, Fraternité" est mise à l'honneur à Paris.
En effet, trois rues de la Capitale portent chacune l'un de ces vocables : rue de la Liberté, rue de l’Égalité et rue de la Fraternité.

Ces voies ont été ouvertes sous leur dénomination actuelle en 1889, car l'année 1889 marquait le centenaire de la Révolution française, un hommage en quelque sorte de la ville de Paris à la République.

 Mais j'ai toujours trouvé curieux que l'on relègue ces trois appellations au fond du 19ème, dans le quartier de la Mouzaïa, un quartier où personne jamais ne va, sauf les bobos évidemment qui ont fondé dans ce coin reculé de la capitale, une sorte de colonie.

N'aurait-il pas été plus judicieux d'attribuer ces noms aux symboles si forts, par exemple aux rues entourant l'Hôtel de ville, en remplacement des rues Lobau, de la Coutellerie ou St Martin ?
N'y aurait-il pas là nouveau chantier pour Madame Hidalgo ?

 

>> Au numéro 1 de la rue de l'Égalité


>> La Mouzaïa sur Parisperdu.

 

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Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?

13 Décembre 2020, 16:54pm

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Publié par barreteau

Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?
Willy Ronis tenant son Rolleiflex • Crédit : Lily FRANEY/Gamma-Rapho – Getty (1993)

 

Willy Ronis que j'ai côtoyé sur le tard était un homme absolument merveilleux, un conteur hors pair, quelqu’un d’une humanité prodigieuse et d’une immense sensibilité. Tout cela se lit sur ses photos.

En 2008, une année avant sa disparition, il disait : " Je ne crois pas du tout qu'une fée spécialement attachée à ma personne ait, tout au long de ma vie, semé des petits miracles sur mon chemin. Je pense plutôt qu'il en éclot tout le temps et partout, mais nous oublions de regarder. Quel bonheur d'avoir eu si souvent les yeux dirigés du bon côté ! "

Je partage avec lui le sentiment que pour réussir une belle image il faut certes un jeu de circonstances, de hasard, d’instinct et de métier, mais qu’au fond une bonne photo sur le vif c’est avant tout une rencontre imprévue et fugace entre des gens qui ne se parleront pas, et que l’imprévu est le sel de toute chose pour les âmes curieuses. Et Willy Ronis d'ajouter : "Il y a parfois des moments qui sont si forts que j'ai peur de les tuer en faisant une photo".
Et oui, si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?


>> "Le siècle de Willy Ronis".

 

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"Deux ou trois choses que je sais d'elle" : la vraie star c'est Paris …

6 Décembre 2020, 15:58pm

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Publié par barreteau

Crédit photo : Tamasa Diffusion
 

À première vue, on pourrait penser que la star de ce film de Jean-Luc Godard, sorti en 1967, c’est Marina Vlady alias Juliette Janson, une épouse et mère ordinaire, vivant dans un grand ensemble de banlieue parisienne, récemment construit.

Mais plus que Marina Vlady, la vraie star de "Deux ou trois choses que je sais d’elle", c’est Paris. Ou plutôt sa banlieue qui, en cette période prospère des Trente Glorieuses, est en pleine transformation. Aux portes de la capitale se construisent alors de grandes barres d’immeubles, afin d’accueillir des familles. Jean-Luc Godard observe ce phénomène d’urbanisation de l’Île-de-France avec un regard comparable à celui d’un sociologue. Le tournage du film se fait à la très moderne cité des 4000 à La Courneuve, qui à cette époque, représente une certaine révolution immobilière.

Jean-Luc Godard signe un film où la fiction rencontre le documentaire et inversement. Mais surtout, le film est un condensé des différentes thématiques (idéologiques et esthétiques) de Jean-Luc Godard. Parmi les plus notables, citons celle sur l’impérialisme américain avec le discours sur la guerre du Viêt-Nam ou bien le jeu si particulier de ses comédiens.
Mais c'est la bande annonce du film qui nous révèle ce que Godard entend par "ELLE".

 

>> Voir la bande annonce du film.

>> L'affiche du film.

>> Jean-Luc Godard and Marina Vlady sur le tournage de "Deux ou trois choses que je sais d'elle" (1967) photo: © Giancarlo Botti

 

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Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

28 Novembre 2020, 18:11pm

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Publié par barreteau

Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

Isabelle Huppert, Photo: ©Willy Ronis, 1994

 

Le "New York Times" vient de classer Isabelle Huppert, meilleure actrice du XXIe siècle.
La Française est en effet placée par le journal américain au deuxième rang du classement des 25 plus grands acteurs du siècle en cours. Mais comme c'est un homme qui occupe le premier rang (Samuel L. Jackson), le titre de meilleure actrice revient donc à Isabelle Huppert.

Willy Ronis ne s'était pas trompé en 1994 lorsqu'il accepta de photographier l'actrice, car c'est la seule "star" qu'il aura photographiée.
En effet, Willy qui ne fréquentait guère le monde du cinéma ou du show business, préférait se rendre dans les quartiers populaires pour y photographier de petites gens et ainsi continuer à assoir son rang de n°1  des photographes humanistes (selon mon classement personnel !).

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

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Sabine Weiss, pour l'ensemble de son œuvre.

22 Novembre 2020, 15:02pm

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Publié par barreteau

Sabine Weiss, pour l'ensemble de son œuvre.

Sabine Weiss, autoportrait en 1954 et portrait en octobre 2014.

 

En 2019, Kering s’associe aux Rencontres d’Arles et lancent ensemble le prix Women in Motion qui vise à donner une plus grande visibilité aux femmes photographes.

Cette année, malgré l'annulation de la 51e édition du festival l'été dernier, les Rencontres ont décidé de maintenir ce prix et de le décerner en novembre, mois traditionnellement dédié à la photographie.
Et c'est Sabine Weiss, grande figure de la photographie humaniste, qui a remporté le prix Women in Motion 2020, décerné pour l'ensemble de sa carrière.

C'est donc près de 80 ans de photographie qui sont récompensées. Car Sabine Weiss, 96 ans, toujours en activité, est l'une des plus éminentes représentantes, à côté d'Edouard Boubat, de Willy Ronis ou de Robert Doisneau, de ce que l'on a appelé la photographie humaniste française.
 Humaniste elle l'est à 100% car elle s'intéresse d'abord aux gens et porte toujours sur eux un regard empathique et bienveillant. Elle "shoote" des enfants, des vieillards, des amoureux, des clochards, des gitans, des lieux de culte toutes religions confondues, des familles chez elles, et à Paris, la rue de jour et de nuit, souvent autour de son domicile du 14ème arrondissement.

"J’ai fait énormément de choses différentes, -dit-elle - des reportages sur des pays, de la mode, des personnalités, des usines, des voitures, des bébés, des morts, des vivants… Et des photographies pour moi, à mes temps perdus, dans la rue. Ce sont celles que je préfère, celles qui me touchent le plus, parce qu’elles représentent une époque qui n’existe plus. Une époque où les gens étaient plus simples et plus gentils qu'aujourd'hui."


>> Sabine Weiss, déjà sur Parisperdu.

>> Sabine Weiss et son regard compatissant.

>> "Prix Women In Motion pour la photographie".

 

 

 

 

 

 

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L'attente fût longue ….

13 Novembre 2020, 18:40pm

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Publié par barreteau

L'attente fût longue ….

 Place de l'Obélisque PORT-VENDRES 66660 : Mise en place de la nouvelle Statue, le 9 novembre 2020

 

Il y a exactement 15 ans, le 14 novembre 2005, j'écrivais ici : "Depuis quatre ans, j'alerte - sans succès - les maires successifs de Port-Vendres sur l'état de dégradation de plus en plus dramatique du monument aux Morts de leur ville, une œuvre originale de grande valeur, sculptée par Aristide Maillol en 1922.

Cet abandon n'est acceptable d'aucun point de vue : artistique, culte du souvenir, patrimoine local et national. Si personne n'y prend garde, l'œuvre originale, sculptée par Maillol, déjà fortement dégradée et mutilée, tombera définitivement en ruines ! Il est urgent d'intervenir".

L'urgence fut toute relative car ce n'est que depuis une semaine qu'une solution a enfin été trouvée. En effet, le 9 novembre 2020 a été mis en place un tirage d'après les moules de l'original de la statue d'Aristide Maillol et cela grâce à l'action de l'Association "Aimons Port-Vendres" et la réalisation de la Fondation Maillol/Galerie Dina Vierny à Paris.

La nouvelle sculpture en résine chargée de poudre de pierre s’harmonise fort bien avec l’appareillage de pierres blondes de l’escalier monumental de la place Louis XVI et aussi avec l’obélisque en marbre clair ; le tout baigné par la merveilleuse lumière de la Côte Vermeille.

Que l'attente fût longue, très longue … mais aujourd'hui, le projet de remplacement de la statue, enfin arrivé à son terme, est une réussite totale.

 

>> En savoir plus sur la genèse et la réalisation du projet.

>> La nouvelle statue vue de face.

>> La nouvelle statue vue de dos.

 

 

 

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Cyclo-chaos.

8 Novembre 2020, 18:50pm

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Publié par barreteau

Cyclo-chaos.

 Rue de Tilsitt _ Paris 8ème (2020)

 

Après dix mois, la pandémie ne cesse de modifier nos vies.

Ainsi à Paris, la Mairie a décidé, au nom de la santé, la multiplication de pistes cyclables provisoires, les désormais fameuses "coronapistes". Ces aménagements ont accéléré la transformation de la ville et de son espace public. Annoncées comme temporaires, les nouvelles pistes vont être pérennisées. Comme souvent, le provisoire s’installe dans la durée…
Cela n’a pas manqué de frapper les amoureux de la capitale comme les amateurs d’harmonie et de calme. En premier lieu, l’espace public est devenu le lieu d’une sorte de guerre de tous contre tous, où le piéton de Paris a intérêt à ne pas être distrait par une belle façade ou des pensées vagabondes : une seconde d’inattention peut mettre sa vie en péril. Dans cette nouvelle confusion circulatoire, où voitures, bus, camions, motos, vélos, trottinettes roulent en tous sens…, le code de la route devient parfois secondaire et l'anarchie a vite fait de régner.

Ce qui faisait l’élégance de la rue parisienne est défait et l’espace public, ce précieux bien commun, sans cesse banalisé dans un effacement progressif des lignes et des repères hérités de l’histoire parisienne.
Les partisans de la modernité heureuse vont se réjouir de cette vie débordante et de l’effacement des anciens repères, mais, vous l'avez compris ce n'est pas ma tasse de thé …

 

>> Triste capitale.

 

 

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Bistrot-bougnat hier, café-branché aujourd'hui.

1 Novembre 2020, 09:51am

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Publié par barreteau

Bistrot-bougnat hier, café-branché d'aujourd'hui.

 104 rue de Bagnolet 75020 Paris

 

Aussi loin que l'on remonte dans la mémoire d'anciens parisiens encore vivants, il y a toujours eu un café-bistrot au 104 de la rue de Bagnolet.  A cette adresse, on a donc connu, de tout temps, un vrai bistrot, un café authentique, dans ce 20ème profond, loin de tout …

Le photographe Pierre Jahan qui dans les années 50 faisait partie du Groupe des XV, nous montre ici l'établissement en 1947. A l'époque le café faisait aussi hôtel et avait de surcroît une activité de bougnat puisqu'il vendait du bois et du charbon. Les bières de Neufchâteau, une brasserie vosgienne aujourd'hui disparue, avait alors fourni le store-banne à cet établissement.

Le bistrot-bougnat du 104 rue de Bagnolet est maintenant devenu "Le Gambetta". Il est toujours accolé à l'ancienne gare de la Petite Ceinture qui elle ne voit plus les trains, mais accueille désormais le café de "La Flèche d’Or".
Aussi ces deux établissements contigus se font maintenant concurrence à coups de programmes de concerts et de platines de DJ. Un autre monde dans un coin de la capitale, pourtant toujours aussi reculé …


>> Pierre Jahan dans le Groupe des XV en 1950 aux côtés de Robert Doisneau et de Willy Ronis, …

 >> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?



 

 

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L’Esprit de Paris

24 Octobre 2020, 18:35pm

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Publié par barreteau

L’Esprit de Paris

 Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, par © Brassaï, 1933

 

Léon-Paul Fargue se qualifiait lui-même de "Piéton de Paris". C'était, il y a bien longtemps, dans un temps où Paris se nommait encore la Ville-Lumière. C'était dans une époque allant de 1934 à 1947.  

Et aujourd'hui, les Éditions du Sandre publient le tome I de ses œuvres complètes : "L’Esprit de Paris", une immense somme rassemblant l’intégrale de ses chroniques parisiennes : 700 pages de descriptions légères ou détaillées du Paris de cette époque.

"Je parle, je marche, je me souviens, c’est un tout." disait-il.
 
Dans Paris, avec son regard furtif, son verbe étincelant mêlé à un jargon précis, Fargue voit tout, et devine le reste..."Il n’est bon spleen que de Paris" ajoutait encore Fargue, paraphrasant Baudelaire et Villon.
Ce premier volume de l'œuvre de Léon-Paul Fargue est un outil puissant et poétique pour arpenter un Paris disparu. Aussi si, comme moi, vous aimez vous lamenter sur Paris défiguré, Paris pollué, Paris déserté, cet ouvrage monumental va vous régaler.

 

>> Léon-Paul Fargue : "L'Esprit de Paris", Édition intégrale des chroniques parisiennes.

>> Léon-Paul Fargue déjà sur Parisperdu.

 

 

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Pierre Jahan, un photographe à la marge.

17 Octobre 2020, 18:48pm

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Publié par barreteau

Pierre Jahan, un photographe à la marge …
 

Petites filles à Montmartre © Pierre Jahan -1938

 

Photographe à la marge de tous les courants, mais rappelant parfois Brassaï ou Man Ray,
Pierre Jahan se distingue par une production extrêmement variée qui oscille entre production personnelle et travaux commerciaux parmi lesquels de nombreux reportages sur le Paris des années 40 à 60.


Il a produit aussi avec succès des photos et des collages publicitaires avec une certaine touche surréaliste. D'ailleurs, à ce sujet, il disait : "Le surréalisme... tire grand parti de l'équivoque et se prête à nombre de transpositions. Aussi je pense que le photographe a aussi le droit d'utiliser ses clichés comme un matériau susceptible d'engendrer le Rêve".

Au cours de sa longue carrière, il a côtoyé les plus grands photographes de son époque. En 1936, Pierre Jahan rejoint Emmanuel Sougez dans l'aventure du Rectangle, un groupe de praticiens notoires, organisé pour assurer, en même temps que des productions de premier ordre, la défense et la diffusion de la photographie.

A la même époque, il commence à exposer avec François Kollar, Henri Cartier-Bresson, Man Ray ... Puis en 1950, il rejoint le Groupe des XV aux côtés notamment de Robert Doisneau, Willy Ronis, René-Jacques. Il s'intitulait alors "illustrateur" ce qui impliquait un rapport étroit au texte, au livre, à la commande, et une certaine modestie. Il faisait partie d'une génération de photographes professionnels qui considéraient leur pratique comme un art du plaisir, de la liberté, de la disponibilité.

Installé à Paris depuis 1933 où il s'est éteint le 21 février 2003, Pierre Jahan avait 93 ans.


>> Pierre Jahan, un témoin du XXe siècle.


 >> Le Groupe "Rectangle".

>> Le Groupe des XV.

 

 

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Les enfants du 209 rue Saint-Maur.

9 Octobre 2020, 14:03pm

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Publié par pierre barreteau

Entrée du 209 rue Saint-Maur _Paris 10e

C’est l’histoire extraordinaire d’un immeuble ordinaire. Un immeuble choisi au hasard par la réalisatrice Ruth Zylberman, un immeuble dont elle ne savait rien.
Pendant plusieurs années, elle a enquêté pour retrouver les anciens locataires du 209, rue Saint-Maur dans le 10ème arrondissement de Paris, et reconstituer l’histoire de cette communauté humaine pendant l’Occupation.

Chassés d'Allemagne ou ayant fui les pogroms d'Europe centrale, un tiers des habitants de cet immeuble du 10e arrondissement est de confession juive. Mais après que Vichy ne recense les juifs, après la rafle du Vel d'Hiv' de juillet 1942 et les déportations vers Auschwitz, combien allait-on, aujourd'hui, retrouver d'enfants du 209 rue Saint-Maur ?

Ruth Zylberman a cherché partout et a fini par retrouver des survivants à Paris, en banlieue, en province, dans le monde entier. Elle les a filmés, ainsi les habitants de l’immeuble aujourd’hui, pour redonner vie à ces histoires oubliées.

Cela donne un récit, entre Perec et Modiano, un film qui allie rigueur historique et créativité visuelle.
Un film magnifique et émouvant, à voir absolument.

 

>> Voir le film.

 

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Le savoir-faire des bottiers de Belleville est toujours vivant !

2 Octobre 2020, 15:01pm

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Publié par barreteau

Le savoir-faire des bottiers de Belleville est toujours vivant !

"L'Atelier Maurice Arnoult" Association AMA. Crédit photo : @atelier_ama

 

Déjà 10 ans que Maurice Arnoult, maître bottier à Belleville, nous a quitté. Il avait alors 102 ans et avait démarré dans ce métier à l'âge de 14 ans. Autant dire qu'il en avait accumulé du savoir-faire !

Avant son grand départ, Maurice - dans son atelier du 83, rue de Belleville - avait pris soin, pendant vingt ans, de transmettre bénévolement son savoir-faire à une foule d’apprenti(e)s venu(e)s des quatre coins du monde.
Et, dès 2005, l'association "L’Atelier de Maurice Arnoult" (AMA) va encadrer ce travail de transmission et elle continue encore aujourd'hui à garder vivante la mémoire de l’artisan-maître -bottier .

Depuis le décès de Maurice, c’est désormais Michel Boudoux, un autre maître-bottier, qui a la responsabilité de former les élèves de l'AMA à la fabrication de la "chaussure femme, sur mesure".
D'autres artisans-bottiers ont rejoint l'association en tant que maîtres bénévoles, ainsi aujourd'hui Jacques Aslanian et Léon Mesrobian s'attachent eux-aussi à faire perdurer ces savoir-faire artisanaux.

Là où il est, Maurice Arnoult peut bien être satisfait de la relève ….


>> L'association AMA « l'Atelier Maurice Arnoult », site officiel

>> Maurice Arnoult, déjà sur Parisperdu.

>> Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !

>> Michel Boudoux, maître-bottier.


 

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