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PARISPERDU
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Paris est une Zad (suite)

28 Juin 2021, 15:32pm

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Publié par barreteau

 Paris en une Zad (suite)

 

C'est Nicolas Etienne d'Orves, l'auteur du "Dictionnaire amoureux de Paris" qui nous dit :
"Le mot Saccage est trop faible pour décrire ce que Paris subit avec Anne Hidalgo".
Il ajoute : "C'est du massacre, presque de la torture. S'employer avec tant d'ardeur, tant d'énergie, tant de paradoxale bonne fois à défigurer l'une des plus belles villes du monde est assez vertigineux".

On croyait que Paris avait connu le pire avec la bétonisation calamiteuse des années
gaullo-pompidoliennes, mais non. La génération Hidalgo semble prendre un malin plaisir à poser çà et là des verrues urbanistiquement incorrectes : les plots jaunes des voies cyclables, les nouveaux bancs publics, les nouvelles fontaines, les nouveaux kioskes, les nouveaux lampadaires, ces absurdes traverses de chemin de fer, ces rogatons de jardins soi-disant "participatifs" aussitôt pelés, puants et lépreux. Sans compter la saleté aberrante de ces poubelles non vidées, ces chaussées pas rincées, ces vélos jetés dans la Seine.

 

>> Paris est une ZAD

 

 

 

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Paris l'été.

15 Juin 2021, 09:38am

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Publié par barreteau

Paris l'été.

 Square Jean Leclaire, Paris 17e

 

Paris, l'été semble se lever plus tard que de coutume.

Les odeurs, les bruits, la lumière qui change : tout annonce que la ville se prépare à prendre des vacances.

Pendant des heures le téléphone se refuse à sonner, dans la rue pas d'autos gênantes … des merveilles se proposent à chaque mètre. Le vide des gares est immense, mêmes les commerces des arrondissements lointains se vident ….

 

Extraits de "Refuge" un ouvrage de Léon-Paul Fargue (Chapitre "Sauver Paris" Page 155)

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Le petit Parisien.

5 Juin 2021, 10:32am

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Publié par barreteau

Le petit Parisien.

  Photo : © Willy Ronis / Rapho, 1952

 

L’image nous est familière tant elle fait partie des icônes de la photographie.

On le sait, Ronis n'aime pas les photos mises en scène... Il y a pourtant une notable exception, pour cette photo connue dans monde entier et intitulée: "Le Petit Parisien", une photo prise en 1952, montant un gamin avec son pain presque plus grand que lui ! Et cette photo a eu un succès extraordinaire. On en a fait des posters, des cartes postales.

Ronis nous explique ce que nous ne savons pas de la photo :

"Dans la file d'attente d'une boulangerie, j'ai avisé un gamin qui avait l'air déluré. Il était avec sa grand-mère à laquelle j'ai demandé s'il pouvait sortir avec son pain et courir pour que je le photographie. Elle était d'accord.

Je me suis posté un peu plus loin, j’ai attendu. Il a acheté son pain et il a couru, de façon si gracieuse et si vivante. Je l’ai fait courir trois fois, sur quelques mètres pour avoir la meilleure photo.

Ce garçon-là, je l’ai retrouvé grâce à sa belle-mère qui, un jour, s’est manifestée et m’a téléphoné. Grâce à cette femme, j’ai pu aussi retrouver le nom de la rue où j’avais fait cette photo : la rue Péclet dans le 15ème.

Alors j'y suis retourné pour voir si j’allais retrouver la porte, si j’allais me souvenir. La maison n’avait pas été ravalée, c’était exactement le même décor, et j’ai eu la preuve que c’était bien là parce que sur le cliché complet il y avait en bas de ce mur un regard pour le gaz, comme une petite boîte en fonte, qui était resté à la même place. Le regard n’avait pas bougé pendant toutes ces années !"

Alors moi aussi je suis retourné récemment dans la rue Péclet… Aujourd'hui, il n'y a plus de boulangerie, plus de maisons ressemblant à celle du cliché de Ronis, plus de petit regard de gaz non plus. Mais il nous reste cette image lumineuse, gaie, vivante de ce petit Parisien.
Merci Monsieur Ronis, vous qui savez si bien transformer ces moments éphémères en éternité.

 

 

>> Ce jour-là, p. 189.

>> "Je l’ai fait courir trois fois, sur quelques mètres pour avoir la meilleure photo". Les contacts des photos © Willy Ronis / 1952

 

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Paris est une ZAD.

21 Mai 2021, 12:03pm

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Publié par barreteau

 

 Paris est une ZAD.


Vincent Trémolet de Villers a récemment publié un éditorial bien enlevé et rédigé d'une plume qui fait mouche.

Je ne résiste pas à vous le livrer :

"Elle rêvait d’un autre monde. Une surréalité faite de mobilité douce, d’écriture inclusive, de potagers citoyens, d’urbanisme dégenré, de murs végétaux, de moutons résilients sur le bord du périphérique. Une utopie fluide comme le mouvement d’une trottinette entre les plots jaunes d’une coronapiste. Une ville-monde, capitale du « feel good » progressiste. Las ! Si la novlangue est précieuse pour les discours, elle ne ramasse pas les déchets, ne répare pas les nids-de-poule, ne nettoie pas la saleté. Une fois les mots envolés, reste sous nos yeux une ville défigurée.

Perspective bouchée, mobilier dissonant, patrimoine délabré, vélos désossés, rats qui sortent de terre, palettes de bois à l’abandon : Paris est une ZAD. Mais à la différence des autres zones alternatives, ce sont les pouvoirs publics qui organisent le désordre. Anne Hidalgo et son équipe s’en défendent et l’assurent, leur ville est propre comme un sou neuf. Les milliers de clichés qui alimentent le compte #SaccageParis seraient-ils une manipulation ou bien la vérité crue et mise à nue ?".

 

Personnellement, je peux témoigner avoir vu des amoncellements de détritus formant de quasi-décharges en plein centre de Paris. La saleté est partout et les rats pullulent dans les parcs, sous les arbustes.
Je m'attendrais à trouver ça plutôt dans un pays du tiers monde. Un choc total. Absolu. Inexcusable. Et c'est dans ce cloaque que l'on va recevoir les J.O !
Mais c'est l'honneur de la France qui est en cause.

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Nus (10_10)

10 Mai 2021, 11:06am

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Publié par barreteau

Nu © Willy Ronis

 

Willy Ronis n'est pas un spécialiste du nu. S'il en a photographié quelques-uns entre 1949 et 2002, seul un petit nombre a été publié. Dans ceux-ci on découvre des corps toujours sculptés par une douce lumière naturelle.
Cette part de son œuvre restera peu connue jusqu'en 2008 et la parution de l'album de nus préfacé par Philipe Sollers, qui écrit :
" D'où vient cette étrange beauté ? De la retenue, de la discrétion, du silence".

Il est vrai qu'à l'opposé des nus bavards, voire vulgaires, de la grande diffusion, les formes magnifiquement soulignées par une lumière naturelle d'une exceptionnelle légèreté, témoignent dans les photographies de Ronis, du respect et de l'élégance de son regard.

Parmi ces nus, celui de son épouse Marie-Anne à Gordes - dit Le nu provençal - est devenu une icône. Et pour cause : cette composition magistrale dans son jeu des lignes et des formes, baigne dans une lumière transparente. Cette image connaîtra un immense succès de diffusion, qu'a confirmé Willy Ronis, ému par son succès : " C'est une photo fétiche, parue depuis lors sans discontinuer ici et partout. Le miracle existe. Je l'ai rencontré".

En 2002, Willy Ronis, frappé par l'arthrite, cesse de prendre des photographies. Son dernier cliché est un nu qui figure dans le livre Nues sorti en 2008.

 

>> Le nu provençal.

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : L'Intime (9_10)

29 Avril 2021, 12:39pm

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Publié par barreteau

 

 Willy Ronis ou la preuve par 9 : L'Intime (9_10)

 “La vieille dame dans un parc, Nogent-sur-Marne », 1988©Willy Ronis

 

L'Intime de Willy Ronis c'est toutes ces photos qui dévoilent des facettes de sa vie familiale avec sa femme Marie-Anne et son fils Vincent.

Cette photo que Ronis a intitulé : “La vieille dame dans un parc, Nogent-sur-Marne" a été prise en 1988.
Ecoutons Ronis nous parler de cette image où l'on devine plus qu'on ne voit Marie-Anne, alors atteinte par la maladie d’Alzheimer, c'est très émouvant :

« Ce jour-là, justement, j’étais dans son petit appartement qui donnait sur le parc de la maison de retraite. La vue était très belle.
Marie-Anne donnait des signes de fatigue et, en regardant par la fenêtre, je m’étais dit que j’aurais aimé la photographier dans ce parc, assise sur le petit banc de pierre qu’on voyait de la chambre. Cette réflexion, je me l’étais faite pendant l’été, et je me disais : « Non, ayons de la patience, ce sera beaucoup mieux en novembre ». Je préférais prendre cette photo en automne, je voulais voir les feuilles mortes par terre, je savais que ma photographie serait plus symbolique. Elle dirait le retour à la terre, imminent. Alors, j’ai attendu. Et j’ai eu raison.
Marie-Anne a d’ailleurs vécu encore trois ans, et nous la voyons, toute petite, sur le banc de pierre, au milieu des feuilles mortes. Cette photo, naturellement, m’est très chère, je ne peux pas en dire davantage. Marie-Anne fait partie de la nature, du feuillage, comme un petit insecte, dans l’herbe. Nous avons vécu ensemble quarante-six ans. »

Y a-t-il une différence d'attitude entre l'amateur et le professionnel lorsqu'ils photographient leurs proches ? Je ne le crois pas. Dans les deux cas, en effet, il s'agit d'une activité foncièrement sentimentale, puisqu'elle se manifeste chez soi ou ailleurs en un moment de détente en week-end, en vacances. Se trouvent par là-même associés, quel que soit celui qui photographie, le désir de conserver, au fil du temps, la mémoire des lieux et des images des êtres qui leurs sont chers.

 

>> Willy Ronis et Marie-Anne à Gordes (Vaucluse), 1949

>> Marie-Anne lors de ses dernières années.

 

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : L'Ailleurs (8_10)

17 Avril 2021, 12:15pm

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Publié par barreteau

Chez Petros, marché Modiano, Thessalonique (Grèce), 1992 _Photo ©Willy Ronis

 

Amoureux de Paris, Willy Ronis n’en a pas moins effectué de nombreux voyages dans le monde. Et il nous a rapporté de magnifiques images de cet "Ailleurs".

Dès 1938, il assure le reportage de deux croisières organisées en Méditéranée et dans les Balkans. Un travail qui sera diffusé l’année suivante grâce à son ami Robert Capa sous le titre « Les Balkans à nouveau en danger » !

Au lendemain de la guerre, il couvre le Congrès international de la paix à Varsovie en 1950. La même année, il se rend à Bruges où il réalise la magnifique photo du Béguinage. Ce qui l’incite à repartir en 1954 vers la Hollande attiré par la peinture flamande dont il apprécie tant les scènes de la vie quotidienne, et qu’il retrouve dans ces personnages en costumes traditionnels.

Se succèderont ensuite les voyages à Londres, à Venise, en RDA pour l’Association d’échanges franco-allemands, à Moscou et à Alger en 1969 pour couvrir le premier Festival panafricain. Autant d’occasions pour Willy Ronis de démontrer son ouverture d’esprit et sa curiosité vis-à-vis de l’Autre.

En 1981, invité par le centre culturel français, il découvre New-York et ses rues animées. En 1986, l’association France-URSS l’invite à Moscou pour photographier le quotidien des Soviétiques. En 1990, un dernier voyage le conduit vers l’île de La Réunion en compagnie des photographes Sabastiao Salgado et Guy Le Querrec.

Ces photographies prises ailleurs, au-delà de nos frontières, ne sont guère différentes de celles réalisées à Marseille ou à Belleville. C’est que la photographie de Willy Ronis est constante : l’être humain et son environnement social et quotidien sont au cœur de son travail.

 

>> L'histoire de la Photo Chez Petros, marché Modiano, Thessalonique (Grèce), 1992 _©Willy Ronis

>> Le Béguinage, Bruges (Belgique), 1951 _©Willy Ronis

 

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Ville défigurée, Paris déchetterie... le saccage de Paris.

7 Avril 2021, 11:50am

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Publié par barreteau

Ville défigurée, Paris déchetterie... le saccage de Paris

Place de la Madeleine : les toilettes "Art nouveau", classées monuments historiques
(Janvier 2020)

 

Des internautes, suivis par des personnalités politiques, dénoncent un «enlaidissement» de la capitale. Des milliers de photos dénonçant la saleté de Paris ont été publiées récemment par des internautes sur Twitter via le mot-dièse #saccageparis .
La Mairie regrette un travestissement de la réalité, tout en admettant un problème.

Pourtant quand je vois sur la place de la Madeleine les toilettes "Art nouveau", protégées monuments historiques, livrées aux vandales et aux squatters, je comprends que le patrimoine et la beauté de Paris sont vraiment les dernières choses qui comptent pour son premier magistrat.

Or cette politique qui dure depuis des années à Paris, cet enlaidissement est une honte. Les Parisiens sont en colère mais pas seulement eux. C'est la France entière qui l'est car Paris, c'est le patrimoine de tous les Français !

 

>> La ville lumière a perdu beaucoup de son éclat ...

>> Paris ne s'est pas fait en un jour, il ne doit pas être défait en un mandat !

>> Prolifération des rats à Paris.

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : La Provence (7_10)

29 Mars 2021, 14:56pm

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : La Provence (7_10)

Signes (Var), 1947
© Willy Ronis_Médiathèque de l'architecture et du patrimoine,

En 1948, Ronis avait acheté une maison en ruine à Gordes ("la Maison-Vieille"),  rue de la Calade, puis en 1958 une autre maison (le "Moulin"), toute proche la première, rue de la Fontaine-Basse.

Au début, Gordes sera le village de la résidence secondaire, utilisée seulement à la belle saison, entre deux allers-retours vers Paris.

Mais à Paris, les commandes se font rares car durant toute cette période Ronis n'est pas reconnu à sa juste valeur et sombre dans l’oubli. Il dira d'ailleurs: "Les rédactions pensaient que j'avais tout plaqué, elles ne m'appelaient plus. J'ai alors sérieusement songé à quitter le métier. J'étais une espèce de maniaque inadapté."

Alors il s'installe à plein temps à Gordes, dans sa maison de la rue de la Fontaine-Basse, un ancien moulin en ruines, qu'il avait d'abord acquis pour servir de garage à la "Maison-Vieille". Il va alors restaurer de fond en comble le "Moulin" qui a toujours sa roue à aubes et, en 1969, "Maison-Vieille" sera vendue.

Pour se régénérer, Ronis va se lancer dans l’enseignement à temps partiel avec des cours hebdomadaires aux Beaux-arts d'Avignon, à la Faculté des Lettres d'Aix en Provence, à la Faculté des Sciences Saint-Charles à Marseille et il prendra aussi la direction d'un stage à la Maison des Jeunes à Arles.
Mais Gordes, éloigné des grands axes de circulation, ne rend pas facile tous ces déplacements alors, en 1972, il s’installe à L'Isle-sur-la-Sorgue. Il y restera 10 ans. Puis en 1982, il retourne à Paris, car vivre loin de la capitale pour un photographe est suicidaire, surtout pour quelqu’un qui travaille sur le réel immédiat. De surcroît Marie-Anne est frappée par la maladie d'Alzheimer.

Dans le Vaucluse, comme à Paris, Ronis savait s’émerveiller des "cadeaux du hasard", des petites choses que d’autres auraient négligées et avec lesquelles il tirera de magnifiques images.  Car pour Ronis tous ces petits évènements ont une étincelle de vie : "Dans une vie, tout se ramène à une petite constellation de chose", nous dira-t-il.
Même si dans ces évènements il y a souvent une accumulation de douleurs: la mort, en 1987, dans un accident de deltaplane de son fils aimé Vincent, puis la mort de Marie-Anne sa femme en 1991, et de tant d’amis proches … devenus des visages enfuis.

 

En 1948, c'est une de ses photos les plus célèbres : "Marie-Anne (Lansiaux),Gordes". Une série de quatre clichés de sa femme pris après la sieste lors de sa toilette. Rebaptisé "Le nu provençal" ce cliché, publié par l'agence Rapho, connaît tout de suite un important succès. Ce nu par Willy Ronis a souvent été comparé aux nus des peintures de Bonnard.

En 1980, sur les conseils de Pierre-Jean Amar qu'il avait rencontré à L'Isle-sur-la-Sorgue et aussi de Guy Le Querrec et de Claude Nori, Ronis publie sa première monographie "Sur le fil du hasard" aux Éditions Contrejour. Cet ouvrage recevra le prix Nadar et l’encouragera à revenir sur le devant de la scène avec de nouveaux projets.

 

 

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Paris (6_10)

15 Mars 2021, 09:57am

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Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Paris (6_10)

Les amoureux de la Bastille, Paris, 1957.

© Willy Ronis_Médiathèque de l'architecture et du patrimoine,

 

Pour Willy Ronis, Paris est un lieu exceptionnel qu'il ne cessera, sa vie durant, d'observer avec un regard poétique et tendre, parfois teinté de mélancolie ou de nostalgie. Sur les traces de Balzac, de Prévert et d'Atget, il va collecter une succession de petits miracles que seul un regard attentif et disponible en permanence lui a permis de rapporter dans les mailles de son filet.
A partir de 1937, armé d'un Rolleiflex 6x6, il sillonne la capitale, capte au jour le jour les multiples aspects de la rue, ainsi que les mouvements sociaux qui déjà se succèdent. Et après l'interruption due à l'Occupation, l'activité de Willy Ronis à Paris va repartir de plus belle. Il couvre le retour des prisonniers à la Gare de l'Est, les fêtes de la fin du conflit et toujours les paysages, les décors de la ville et son animation.

1947, c'est le début de sa découverte et de son exploration des quartiers de Belleville et de Ménilmontant qui vont le marquer définitivement et dont il tirera un ouvrage admirable.

Dans le même temps, Ronis multiplie les reportages à Paris et dans sa banlieue, photographiant les scènes pittoresques, les passants affairés, les amoureux, les quais de Seine, les bords de Marne, les Halles ou le Quartier latin et la vitalité retrouvée de sa jeunesse. Ces Photographies, à la fois si complémentaires et si différentes les unes des autres, dans le fond comme dans la forme, témoignent toutes d'un regard empli de tendresse, mais sans complaisance ni emphase. Ces images sensibles et aujourd'hui quasi intemporelles interrogent avec force la condition humaine.

Merci Monsieur Ronis ...

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Le monde ouvrier (5_10)

5 Mars 2021, 13:57pm

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Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Le monde ouvrier (5_10)

 

Le mineur silicosé © Willy Ronis-1951

 

Au milieu des années 30, avec la montée du Front populaire, les mêmes idéaux rapprochent Ronis de Robert Capa et de David Seymour, photographes déjà célèbres.
En 1938, il immortalise Rose Zehner, déléguée syndicale aux usines Citroën du quai de Javel haranguant ses collègues ouvrières lors des grèves de 1938 chez Citroën.
En juillet 1940, Willy Ronis est catégorisé comme juif. Il part vivre dans le sud de la France. Il a mis la photographie de côté et exerce divers métiers : décorateur de studio, régisseur de théâtre …
En 1946, il entre à l’Agence Rapho et rejoint les grands noms de la photographie de l'époque que sont les Brassaï, Doisneau, Ergy Landau. En 1945, il fait un reportage sur le retour des prisonniers. Il collabore alors aux revues Point de vue, Regards, L'Écran français, Le Monde illustré, Time ou Life. Il sera d'ailleurs le premier photographe français à travailler pour Life.

Dans les années 50, Willy Ronis milite, au sein du Groupe des XV, pour que la photographie soit reconnue comme discipline artistique. À la fin des années 50, il exerce des activités d'enseignement auprès de l'EDHEC, de l'école d'Estienne et à Vaugirard.
Sa période à l'agence Rapho sera contrariée par sa volonté d'indépendance : il refuse plusieurs contrats qui ne lui conviennent pas et quitte l'agence en 1955.

On a alors pu dire que Willy Ronis, avec Robert Doisneau et Édouard Boubat, est l’un des photographes majeurs de cette école française de l’après-guerre qui a su concilier avec talent les valeurs humanistes et les exigences esthétiques du réalisme poétique. Il a cette particularité de traiter les sujets — y compris les sujets difficiles — avec une tendresse accompagnée d'une certaine joie de vivre. Les critiques qualifieront cette manière de photographier, de mièvre et sentimentaliste. En revanche, contrairement à Robert Doisneau, il travaille ses clichés sur l'instant : en une ou deux prises de vue, sans mise en scène, laissant une place importante au hasard.

Il travaille beaucoup avec Life qui lui passe régulièrement commande pour ses reportages, deux clichés de cette époque donneront à Willy Ronis le respect de ses pairs mais seront aussi à l'origine de l'arrêt de sa collaboration avec le magazine américain. Il éprouve avec Life comme avec l'agence Rapho le déplaisir de voir son travail retouché afin de lui donner un autre sens que celui voulu originellement :

  • Ainsi, le portrait du mineur silicosé de 1951, devient dans les colonnes de Life « L’évangélisation du monde ouvrier est-elle possible ? ».
  • Plus tard, un cliché représentant des ouvriers en grève écoutant leur délégué syndical, verra le délégué syndical escamoté.

Willy Ronis tentera de résister, mais Life ne lui passera plus de commande.
En 1972, déçu, il arrête le photojournalisme et quitte Paris pour le Midi de la France : sa volonté d'exercer un droit de regard sur l'utilisation qui est faite de ses clichés lui vaut alors une traversée du désert d'une dizaine d'années.

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Autoportraits (4_10)

24 Février 2021, 09:33am

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Autoportraits (4_10)

 Autoportrait dans le Studio Roness Boulevard Voltaire _Paris, 1935_ © Willy Ronis

 

L’autoportrait est un jeu auquel Willy Ronis s’est souvent livré et, avec des approches toujours fort différentes.
Véritable flash-back sur un demi‑siècle d’existence, cette série de photographies nous fait passer du jeune homme plutôt sophistiqué au vieux monsieur bien intégré dans la vie.

En effet, ses premiers autoportraits sont des images assez apprêtées, soigneusement éclairées et mise en scène. On y lit clairement l’influence du studio photo paternel.

Puis, le photographe s’éloigne de ce passé et profite de son travail et de ses rencontres pour réaliser des images plus vivantes.
Déjà, le célèbre autoportrait aux deux flashes, en 1951, est plus réaliste et techniquement plus élaboré. Le regard s’approfondit, témoignant d’une tendance évidente à l’introspection, tout en s’efforçant d’intégrer la réalité qui l’entoure, comme l’illustrent les autoportraits vénitiens de 1981.
Cette démarche trouve son aboutissement dans l’image quasi surréaliste captée à Paris, rue des Couronnes, en 1985, où le photographe se fond en un double reflet de lui-même, intégré dans le jeu des miroirs d’une vitrine de magasin. Ronis signe-là un chef d'œuvre de sophistication pour ce type d'exercice de style.

Dix ans plus tard, en 1995, Ronis souhaite nous léguer un ultime autoportrait, mais il cherche un moyen original, il y parviendra en se photographiant lui-même lors d'un saut … en parachute.
Il avait 85 ans !

 

 

>> Autoportrait Rue des Couronnes, Paris 20e (1985)

>> Willy Ronis parachutiste, autoportrait pris avec un "Horizon" à balayage (1995).

>> Petit échantillon des autoportraits de Willy Ronis. 

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Les débuts (3_10)

15 Février 2021, 12:19pm

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Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Les débuts (3_10)

Paris, Le 14 juillet 1936 vu par Willy Ronis _© Willy Ronis

 

Willy a 15 ans lorsque son père, qui possède un studio photo et qu'il exploite sous le pseudonyme de "Roness", lui offre un appareil photo. S'il commence à parcourir les rues de Paris pour s'essayer à la photographie, Willy Ronis n'a qu'un rêve : devenir compositeur de musique.

Cependant à 20 ans, Ronis découvre la Société Française de Photographie et notamment les travaux de Brassaï, de Pierre Boucher, et de Rogi André l'épouse d'André Kertész. Ces photographes lui ouvrent les yeux sur une pratique radicalement différente de la photographie qu'exerce son père dans son studio : une pratique qui met en avant des images vivantes et non-conventionnelles.

Mais lors de son retour du service militaire en 1932, son père, très malade, lui demande de l’aider au studio. C'est ainsi que Willy Ronis va faire lui-même les tirages de ses photos personnelles. Et s'il est peu intéressé par la photographie commercialisée par le studio familial, il reste passionné par les expositions de photographies qu'il va voir un peu partout dans Paris.

Alors qu'en France la Gauche se mobilise, ce qui amènera l’avènement du Front populaire aux élections législatives de 1936, le jeune photographe, partisan de telles idées, suit avec entrain les manifestations ouvrières d’alors et prend ses premiers clichés marquants. Ceux-ci seront publiés, dès 1932, par la revue Regards, un média de sensibilité communiste.

Cette année 1932 sera décisive pour lui puisqu’elle est celle de la mort de son père et aussi de la vente d’un studio qui périclitait et qu'il vivait comme un fardeau.
Ainsi libéré, Willy Ronis allait pouvoir partir vers une nouvelle carrière …

 

>> Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)
 
 
 
 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)

7 Février 2021, 18:50pm

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Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)
 

Carrefour rue Vilin - rue Piat - Belleville - 1959 © Willy RONIS

 

Willy Ronis et Belleville-Ménilmontant, c'est une longue histoire d'amour. Et celui qui en parle encore le mieux, c'est évidement Ronis lui-même. Alors voici en quels termes il nous raconte sa découverte puis de son attachement à Belleville et à Ménilmontant :
"Je n’imaginais pas que Belleville prendrait dans mon travail une telle importance. C’est un peu le hasard qui m’a fait connaître le quartier. Je l’ai connu à un moment où il se présentait sous des dehors particulièrement intéressants. Fin 1947, quand j’ai commencé à m’y promener, il y avait moins de voitures dans Paris qu’en 1939. La guerre était passée par là. Il n’y avait plus d’essence, on avait réquisitionné la plupart des véhicules et l’industrie automobile redémarrait à peine. Imaginez des rues de Paris sans quasiment aucune voiture. Ça, pour un photographe, quel bonheur !
Depuis tout petit, on m’avait dit : « Ne va pas dans ce quartier, c’est le milieu, les Apaches, les prostituées ». En plus de cela, j’avais, jeune homme, une grande fringale de monuments, de belles choses. J’allais sur les quais, les Champs-Élysées, les musées… Ce qui fait courir les touristes. Dans les quartiers populaires de Belleville, il n’y avait rien de tout ça. Je découvre donc Belleville fin 1947. Ma femme qui était peintre, connaissait un garçon du nom de Daniel Pipard qui habitait 88 rue de Ménilmontant et qui lui avait dit : "Tu devrais venir avec ton mari chez nous et tu verras, c'est un quartier intéressant." Et c’est ainsi qu'accompagnant ma femme, j’ai fait la connaissance et des Pipard et du quartier. Pipard m’a emmené deux ou trois fois voir certains coins pittoresques du quartier et au bout d'un certain temps, je lui ai dit : "Laisse-moi maintenant, je vais faire des photos, on verra bien ce qui en sortira."

Et puis voilà, je me suis pris d'intérêt, d’affection pour ces lieux. Je me promenais comme dans une ville étrangère que j’étais peut-être amené à ne jamais revisiter.  Et comme j’aimais le quartier, je montais très souvent d’un coup de moto faire des photos entre deux reportages.

Peu à peu a germé dans mon esprit que ça pourrait faire un livre. Mais personne n’en a voulu. Ça n’était pas un quartier vendeur. Pas le Paris que les touristes ou les provinciaux ont envie d’acheter pour montrer : « Regardez comme c’est beau, Paris ! ». Au bout d’un certain temps, j’ai cessé d’aller voir les éditeurs et j’ai rangé mes photos dans un tiroir. C’est seulement en 1953 que la fille de l’éditeur Arthaud m’a contacté. Son père venait de lui confier une collection – « Les imaginaires » - un peu en marge du caractère commercial de la maison. Je lui ai montré mon Belleville. Elle a été prise d’enthousiasme. Le livre est paru l’année suivante mais n’a eu aucun succès commercial.
Mais une deuxième édition parait en 84, et là, elle a été épuisée en trois mois. Depuis il y a encore eu deux autres éditions.
Dans le quartier, le livre et ses photos ont eu un grand écho car il y avait naturellement les nostalgiques, les gens qui habitaient là et qui ont vu changer le quartier, pas en très bien la plupart du temps, et puis également les gens qui s’intéressaient au vieux Paris et pour qui ce livre était le reflet d'un Paris disparu, enfin presque entièrement disparu".

Et, en 2015 la Ville de Paris donne le nom de Willy Ronis au belvédère qui surplombe le parc de Belleville. La dénomination “Belvédère Willy Ronis” est ainsi attribuée à l’espace commençant au numéro 7 et finissant au numéro 33 de la rue Piat, à Paris 20ème.
Même si l'on peut considérer qu'elle est un peu tardive, il s'agit d'une juste reconnaissance, car le Belvédère de la rue Piat occupe exactement l'emplacement où Willy a capturé cette célèbre photo, des gamins sur la grille de l'escalier de la rue Vilin ... c'était dans les années 50 !



>> Willy Ronis raconte Belleville Ménilmontant.

>> Willy Ronis : Evocation de Belleville (Document Ina)

>> Willy Ronis ou la preuve par 9 (1/10)

 

 
 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 ! (1/10)

28 Janvier 2021, 12:59pm

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Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 ! (1/10)

La passerelle du pont des Arts - Paris, 1964_ ©Willy Ronis

 

On connait ici mon admiration et mon attachement pour Willy Ronis.

Ce grand photographe humaniste a été pour moi une source d'inspiration et il m'a encouragé lors de la création du blog Parisperdu. Sur ce blog, depuis le début de mes publications, en 2005, 90 billets lui ont déjà été consacrés.
Est-ce beaucoup ? Est-ce trop ?
Sans doute n'est-ce toujours pas assez pour cet immense photographe, aussi à partir d'aujourd'hui j'entame une série de 9 billets supplémentaires.
Pourquoi 9 billets me direz-vous ?

Eh bien parce que le chiffre 9 m'apparait vraiment être le chiffre-clé de Willy Ronis.
Jugez plutôt : il est né à Paris dans le 9e arrondissement et nous a quitté en 2009 à 99 ans, il obtient le grand Prix national de la photographie en 1979 et est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1990, il lègue son œuvre photographique de 90 000 clichés à la France en 1989 et  l'exposition-vente de sa succession a débuté un 9 décembre … et je pense que l'on pourrait trouver encore d'autres occurrences du chiffre 9 dans l'œuvre et dans la vie de Ronis !
Nous voici donc au départ de cette série: "Willy Ronis ou la preuve par 9", soit une aventure de 99 ans en 9 chapitres dont le premier sera, sans doute, celui qui me tient le plus à cœur et aussi celui que j'ai le plus exploré à travers ses images et en arpentant moi-même le terrain, il s'agit bien sûr de : Belleville Ménilmontant.

 

>> Parisperdu sur Willy Ronis : une centaine de billets .

 

 

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