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PARISPERDU

Willy Ronis ou la preuve par 9 : L'Ailleurs (8_10)

17 Avril 2021, 12:15pm

Publié par barreteau

Chez Petros, marché Modiano, Thessalonique (Grèce), 1992 _Photo ©Willy Ronis

 

Amoureux de Paris, Willy Ronis n’en a pas moins effectué de nombreux voyages dans le monde. Et il nous a rapporté de magnifiques images de cet "Ailleurs".

Dès 1938, il assure le reportage de deux croisières organisées en Méditéranée et dans les Balkans. Un travail qui sera diffusé l’année suivante grâce à son ami Robert Capa sous le titre « Les Balkans à nouveau en danger » !

Au lendemain de la guerre, il couvre le Congrès international de la paix à Varsovie en 1950. La même année, il se rend à Bruges où il réalise la magnifique photo du Béguinage. Ce qui l’incite à repartir en 1954 vers la Hollande attiré par la peinture flamande dont il apprécie tant les scènes de la vie quotidienne, et qu’il retrouve dans ces personnages en costumes traditionnels.

Se succèderont ensuite les voyages à Londres, à Venise, en RDA pour l’Association d’échanges franco-allemands, à Moscou et à Alger en 1969 pour couvrir le premier Festival panafricain. Autant d’occasions pour Willy Ronis de démontrer son ouverture d’esprit et sa curiosité vis-à-vis de l’Autre.

En 1981, invité par le centre culturel français, il découvre New-York et ses rues animées. En 1986, l’association France-URSS l’invite à Moscou pour photographier le quotidien des Soviétiques. En 1990, un dernier voyage le conduit vers l’île de La Réunion en compagnie des photographes Sabastiao Salgado et Guy Le Querrec.

Ces photographies prises ailleurs, au-delà de nos frontières, ne sont guère différentes de celles réalisées à Marseille ou à Belleville. C’est que la photographie de Willy Ronis est constante : l’être humain et son environnement social et quotidien sont au cœur de son travail.

 

>> L'histoire de la Photo Chez Petros, marché Modiano, Thessalonique (Grèce), 1992 _©Willy Ronis

>> Le Béguinage, Bruges (Belgique), 1951 _©Willy Ronis

 

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Ville défigurée, Paris déchetterie... le saccage de Paris.

7 Avril 2021, 11:50am

Publié par barreteau

Ville défigurée, Paris déchetterie... le saccage de Paris

Place de la Madeleine : les toilettes "Art nouveau", classées monuments historiques
(Janvier 2020)

 

Des internautes, suivis par des personnalités politiques, dénoncent un «enlaidissement» de la capitale. Des milliers de photos dénonçant la saleté de Paris ont été publiées récemment par des internautes sur Twitter via le mot-dièse #saccageparis .
La Mairie regrette un travestissement de la réalité, tout en admettant un problème.

Pourtant quand je vois sur la place de la Madeleine les toilettes "Art nouveau", protégées monuments historiques, livrées aux vandales et aux squatters, je comprends que le patrimoine et la beauté de Paris sont vraiment les dernières choses qui comptent pour son premier magistrat.

Or cette politique qui dure depuis des années à Paris, cet enlaidissement est une honte. Les Parisiens sont en colère mais pas seulement eux. C'est la France entière qui l'est car Paris, c'est le patrimoine de tous les Français !

 

>> La ville lumière a perdu beaucoup de son éclat ...

>> Paris ne s'est pas fait en un jour, il ne doit pas être défait en un mandat !

>> Prolifération des rats à Paris.

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : La Provence (7_10)

29 Mars 2021, 14:56pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : La Provence (7_10)

Signes (Var), 1947
© Willy Ronis_Médiathèque de l'architecture et du patrimoine,

En 1948, Ronis avait acheté une maison en ruine à Gordes ("la Maison-Vieille"),  rue de la Calade, puis en 1958 une autre maison (le "Moulin"), toute proche la première, rue de la Fontaine-Basse.

Au début, Gordes sera le village de la résidence secondaire, utilisée seulement à la belle saison, entre deux allers-retours vers Paris.

Mais à Paris, les commandes se font rares car durant toute cette période Ronis n'est pas reconnu à sa juste valeur et sombre dans l’oubli. Il dira d'ailleurs: "Les rédactions pensaient que j'avais tout plaqué, elles ne m'appelaient plus. J'ai alors sérieusement songé à quitter le métier. J'étais une espèce de maniaque inadapté."

Alors il s'installe à plein temps à Gordes, dans sa maison de la rue de la Fontaine-Basse, un ancien moulin en ruines, qu'il avait d'abord acquis pour servir de garage à la "Maison-Vieille". Il va alors restaurer de fond en comble le "Moulin" qui a toujours sa roue à aubes et, en 1969, "Maison-Vieille" sera vendue.

Pour se régénérer, Ronis va se lancer dans l’enseignement à temps partiel avec des cours hebdomadaires aux Beaux-arts d'Avignon, à la Faculté des Lettres d'Aix en Provence, à la Faculté des Sciences Saint-Charles à Marseille et il prendra aussi la direction d'un stage à la Maison des Jeunes à Arles.
Mais Gordes, éloigné des grands axes de circulation, ne rend pas facile tous ces déplacements alors, en 1972, il s’installe à L'Isle-sur-la-Sorgue. Il y restera 10 ans. Puis en 1982, il retourne à Paris, car vivre loin de la capitale pour un photographe est suicidaire, surtout pour quelqu’un qui travaille sur le réel immédiat. De surcroît Marie-Anne est frappée par la maladie d'Alzheimer.

Dans le Vaucluse, comme à Paris, Ronis savait s’émerveiller des "cadeaux du hasard", des petites choses que d’autres auraient négligées et avec lesquelles il tirera de magnifiques images.  Car pour Ronis tous ces petits évènements ont une étincelle de vie : "Dans une vie, tout se ramène à une petite constellation de chose", nous dira-t-il.
Même si dans ces évènements il y a souvent une accumulation de douleurs: la mort, en 1987, dans un accident de deltaplane de son fils aimé Vincent, puis la mort de Marie-Anne sa femme en 1991, et de tant d’amis proches … devenus des visages enfuis.

 

En 1948, c'est une de ses photos les plus célèbres : "Marie-Anne (Lansiaux),Gordes". Une série de quatre clichés de sa femme pris après la sieste lors de sa toilette. Rebaptisé "Le nu provençal" ce cliché, publié par l'agence Rapho, connaît tout de suite un important succès. Ce nu par Willy Ronis a souvent été comparé aux nus des peintures de Bonnard.

En 1980, sur les conseils de Pierre-Jean Amar qu'il avait rencontré à L'Isle-sur-la-Sorgue et aussi de Guy Le Querrec et de Claude Nori, Ronis publie sa première monographie "Sur le fil du hasard" aux Éditions Contrejour. Cet ouvrage recevra le prix Nadar et l’encouragera à revenir sur le devant de la scène avec de nouveaux projets.

 

 

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Paris (6_10)

15 Mars 2021, 09:57am

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Paris (6_10)

Les amoureux de la Bastille, Paris, 1957.

© Willy Ronis_Médiathèque de l'architecture et du patrimoine,

 

Pour Willy Ronis, Paris est un lieu exceptionnel qu'il ne cessera, sa vie durant, d'observer avec un regard poétique et tendre, parfois teinté de mélancolie ou de nostalgie. Sur les traces de Balzac, de Prévert et d'Atget, il va collecter une succession de petits miracles que seul un regard attentif et disponible en permanence lui a permis de rapporter dans les mailles de son filet.
A partir de 1937, armé d'un Rolleiflex 6x6, il sillonne la capitale, capte au jour le jour les multiples aspects de la rue, ainsi que les mouvements sociaux qui déjà se succèdent. Et après l'interruption due à l'Occupation, l'activité de Willy Ronis à Paris va repartir de plus belle. Il couvre le retour des prisonniers à la Gare de l'Est, les fêtes de la fin du conflit et toujours les paysages, les décors de la ville et son animation.

1947, c'est le début de sa découverte et de son exploration des quartiers de Belleville et de Ménilmontant qui vont le marquer définitivement et dont il tirera un ouvrage admirable.

Dans le même temps, Ronis multiplie les reportages à Paris et dans sa banlieue, photographiant les scènes pittoresques, les passants affairés, les amoureux, les quais de Seine, les bords de Marne, les Halles ou le Quartier latin et la vitalité retrouvée de sa jeunesse. Ces Photographies, à la fois si complémentaires et si différentes les unes des autres, dans le fond comme dans la forme, témoignent toutes d'un regard empli de tendresse, mais sans complaisance ni emphase. Ces images sensibles et aujourd'hui quasi intemporelles interrogent avec force la condition humaine.

Merci Monsieur Ronis ...

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Le monde ouvrier (5_10)

5 Mars 2021, 13:57pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Le monde ouvrier (5_10)

 

Le mineur silicosé © Willy Ronis-1951

 

Au milieu des années 30, avec la montée du Front populaire, les mêmes idéaux rapprochent Ronis de Robert Capa et de David Seymour, photographes déjà célèbres.
En 1938, il immortalise Rose Zehner, déléguée syndicale aux usines Citroën du quai de Javel haranguant ses collègues ouvrières lors des grèves de 1938 chez Citroën.
En juillet 1940, Willy Ronis est catégorisé comme juif. Il part vivre dans le sud de la France. Il a mis la photographie de côté et exerce divers métiers : décorateur de studio, régisseur de théâtre …
En 1946, il entre à l’Agence Rapho et rejoint les grands noms de la photographie de l'époque que sont les Brassaï, Doisneau, Ergy Landau. En 1945, il fait un reportage sur le retour des prisonniers. Il collabore alors aux revues Point de vue, Regards, L'Écran français, Le Monde illustré, Time ou Life. Il sera d'ailleurs le premier photographe français à travailler pour Life.

Dans les années 50, Willy Ronis milite, au sein du Groupe des XV, pour que la photographie soit reconnue comme discipline artistique. À la fin des années 50, il exerce des activités d'enseignement auprès de l'EDHEC, de l'école d'Estienne et à Vaugirard.
Sa période à l'agence Rapho sera contrariée par sa volonté d'indépendance : il refuse plusieurs contrats qui ne lui conviennent pas et quitte l'agence en 1955.

On a alors pu dire que Willy Ronis, avec Robert Doisneau et Édouard Boubat, est l’un des photographes majeurs de cette école française de l’après-guerre qui a su concilier avec talent les valeurs humanistes et les exigences esthétiques du réalisme poétique. Il a cette particularité de traiter les sujets — y compris les sujets difficiles — avec une tendresse accompagnée d'une certaine joie de vivre. Les critiques qualifieront cette manière de photographier, de mièvre et sentimentaliste. En revanche, contrairement à Robert Doisneau, il travaille ses clichés sur l'instant : en une ou deux prises de vue, sans mise en scène, laissant une place importante au hasard.

Il travaille beaucoup avec Life qui lui passe régulièrement commande pour ses reportages, deux clichés de cette époque donneront à Willy Ronis le respect de ses pairs mais seront aussi à l'origine de l'arrêt de sa collaboration avec le magazine américain. Il éprouve avec Life comme avec l'agence Rapho le déplaisir de voir son travail retouché afin de lui donner un autre sens que celui voulu originellement :

  • Ainsi, le portrait du mineur silicosé de 1951, devient dans les colonnes de Life « L’évangélisation du monde ouvrier est-elle possible ? ».
  • Plus tard, un cliché représentant des ouvriers en grève écoutant leur délégué syndical, verra le délégué syndical escamoté.

Willy Ronis tentera de résister, mais Life ne lui passera plus de commande.
En 1972, déçu, il arrête le photojournalisme et quitte Paris pour le Midi de la France : sa volonté d'exercer un droit de regard sur l'utilisation qui est faite de ses clichés lui vaut alors une traversée du désert d'une dizaine d'années.

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Autoportraits (4_10)

24 Février 2021, 09:33am

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Autoportraits (4_10)

 Autoportrait dans le Studio Roness Boulevard Voltaire _Paris, 1935_ © Willy Ronis

 

L’autoportrait est un jeu auquel Willy Ronis s’est souvent livré et, avec des approches toujours fort différentes.
Véritable flash-back sur un demi‑siècle d’existence, cette série de photographies nous fait passer du jeune homme plutôt sophistiqué au vieux monsieur bien intégré dans la vie.

En effet, ses premiers autoportraits sont des images assez apprêtées, soigneusement éclairées et mise en scène. On y lit clairement l’influence du studio photo paternel.

Puis, le photographe s’éloigne de ce passé et profite de son travail et de ses rencontres pour réaliser des images plus vivantes.
Déjà, le célèbre autoportrait aux deux flashes, en 1951, est plus réaliste et techniquement plus élaboré. Le regard s’approfondit, témoignant d’une tendance évidente à l’introspection, tout en s’efforçant d’intégrer la réalité qui l’entoure, comme l’illustrent les autoportraits vénitiens de 1981.
Cette démarche trouve son aboutissement dans l’image quasi surréaliste captée à Paris, rue des Couronnes, en 1985, où le photographe se fond en un double reflet de lui-même, intégré dans le jeu des miroirs d’une vitrine de magasin. Ronis signe-là un chef d'œuvre de sophistication pour ce type d'exercice de style.

Dix ans plus tard, en 1995, Ronis souhaite nous léguer un ultime autoportrait, mais il cherche un moyen original, il y parviendra en se photographiant lui-même lors d'un saut … en parachute.
Il avait 85 ans !

 

 

>> Autoportrait Rue des Couronnes, Paris 20e (1985)

>> Willy Ronis parachutiste, autoportrait pris avec un "Horizon" à balayage (1995).

>> Petit échantillon des autoportraits de Willy Ronis. 

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Les débuts (3_10)

15 Février 2021, 12:19pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Les débuts (3_10)

Paris, Le 14 juillet 1936 vu par Willy Ronis _© Willy Ronis

 

Willy a 15 ans lorsque son père, qui possède un studio photo et qu'il exploite sous le pseudonyme de "Roness", lui offre un appareil photo. S'il commence à parcourir les rues de Paris pour s'essayer à la photographie, Willy Ronis n'a qu'un rêve : devenir compositeur de musique.

Cependant à 20 ans, Ronis découvre la Société Française de Photographie et notamment les travaux de Brassaï, de Pierre Boucher, et de Rogi André l'épouse d'André Kertész. Ces photographes lui ouvrent les yeux sur une pratique radicalement différente de la photographie qu'exerce son père dans son studio : une pratique qui met en avant des images vivantes et non-conventionnelles.

Mais lors de son retour du service militaire en 1932, son père, très malade, lui demande de l’aider au studio. C'est ainsi que Willy Ronis va faire lui-même les tirages de ses photos personnelles. Et s'il est peu intéressé par la photographie commercialisée par le studio familial, il reste passionné par les expositions de photographies qu'il va voir un peu partout dans Paris.

Alors qu'en France la Gauche se mobilise, ce qui amènera l’avènement du Front populaire aux élections législatives de 1936, le jeune photographe, partisan de telles idées, suit avec entrain les manifestations ouvrières d’alors et prend ses premiers clichés marquants. Ceux-ci seront publiés, dès 1932, par la revue Regards, un média de sensibilité communiste.

Cette année 1932 sera décisive pour lui puisqu’elle est celle de la mort de son père et aussi de la vente d’un studio qui périclitait et qu'il vivait comme un fardeau.
Ainsi libéré, Willy Ronis allait pouvoir partir vers une nouvelle carrière …

 

>> Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)
 
 
 
 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)

7 Février 2021, 18:50pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)
 

Carrefour rue Vilin - rue Piat - Belleville - 1959 © Willy RONIS

 

Willy Ronis et Belleville-Ménilmontant, c'est une longue histoire d'amour. Et celui qui en parle encore le mieux, c'est évidement Ronis lui-même. Alors voici en quels termes il nous raconte sa découverte puis de son attachement à Belleville et à Ménilmontant :
"Je n’imaginais pas que Belleville prendrait dans mon travail une telle importance. C’est un peu le hasard qui m’a fait connaître le quartier. Je l’ai connu à un moment où il se présentait sous des dehors particulièrement intéressants. Fin 1947, quand j’ai commencé à m’y promener, il y avait moins de voitures dans Paris qu’en 1939. La guerre était passée par là. Il n’y avait plus d’essence, on avait réquisitionné la plupart des véhicules et l’industrie automobile redémarrait à peine. Imaginez des rues de Paris sans quasiment aucune voiture. Ça, pour un photographe, quel bonheur !
Depuis tout petit, on m’avait dit : « Ne va pas dans ce quartier, c’est le milieu, les Apaches, les prostituées ». En plus de cela, j’avais, jeune homme, une grande fringale de monuments, de belles choses. J’allais sur les quais, les Champs-Élysées, les musées… Ce qui fait courir les touristes. Dans les quartiers populaires de Belleville, il n’y avait rien de tout ça. Je découvre donc Belleville fin 1947. Ma femme qui était peintre, connaissait un garçon du nom de Daniel Pipard qui habitait 88 rue de Ménilmontant et qui lui avait dit : "Tu devrais venir avec ton mari chez nous et tu verras, c'est un quartier intéressant." Et c’est ainsi qu'accompagnant ma femme, j’ai fait la connaissance et des Pipard et du quartier. Pipard m’a emmené deux ou trois fois voir certains coins pittoresques du quartier et au bout d'un certain temps, je lui ai dit : "Laisse-moi maintenant, je vais faire des photos, on verra bien ce qui en sortira."

Et puis voilà, je me suis pris d'intérêt, d’affection pour ces lieux. Je me promenais comme dans une ville étrangère que j’étais peut-être amené à ne jamais revisiter.  Et comme j’aimais le quartier, je montais très souvent d’un coup de moto faire des photos entre deux reportages.

Peu à peu a germé dans mon esprit que ça pourrait faire un livre. Mais personne n’en a voulu. Ça n’était pas un quartier vendeur. Pas le Paris que les touristes ou les provinciaux ont envie d’acheter pour montrer : « Regardez comme c’est beau, Paris ! ». Au bout d’un certain temps, j’ai cessé d’aller voir les éditeurs et j’ai rangé mes photos dans un tiroir. C’est seulement en 1953 que la fille de l’éditeur Arthaud m’a contacté. Son père venait de lui confier une collection – « Les imaginaires » - un peu en marge du caractère commercial de la maison. Je lui ai montré mon Belleville. Elle a été prise d’enthousiasme. Le livre est paru l’année suivante mais n’a eu aucun succès commercial.
Mais une deuxième édition parait en 84, et là, elle a été épuisée en trois mois. Depuis il y a encore eu deux autres éditions.
Dans le quartier, le livre et ses photos ont eu un grand écho car il y avait naturellement les nostalgiques, les gens qui habitaient là et qui ont vu changer le quartier, pas en très bien la plupart du temps, et puis également les gens qui s’intéressaient au vieux Paris et pour qui ce livre était le reflet d'un Paris disparu, enfin presque entièrement disparu".

Et, en 2015 la Ville de Paris donne le nom de Willy Ronis au belvédère qui surplombe le parc de Belleville. La dénomination “Belvédère Willy Ronis” est ainsi attribuée à l’espace commençant au numéro 7 et finissant au numéro 33 de la rue Piat, à Paris 20ème.
Même si l'on peut considérer qu'elle est un peu tardive, il s'agit d'une juste reconnaissance, car le Belvédère de la rue Piat occupe exactement l'emplacement où Willy a capturé cette célèbre photo, des gamins sur la grille de l'escalier de la rue Vilin ... c'était dans les années 50 !



>> Willy Ronis raconte Belleville Ménilmontant.

>> Willy Ronis : Evocation de Belleville (Document Ina)

>> Willy Ronis ou la preuve par 9 (1/10)

 

 
 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 ! (1/10)

28 Janvier 2021, 12:59pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 ! (1/10)

La passerelle du pont des Arts - Paris, 1964_ ©Willy Ronis

 

On connait ici mon admiration et mon attachement pour Willy Ronis.

Ce grand photographe humaniste a été pour moi une source d'inspiration et il m'a encouragé lors de la création du blog Parisperdu. Sur ce blog, depuis le début de mes publications, en 2005, 90 billets lui ont déjà été consacrés.
Est-ce beaucoup ? Est-ce trop ?
Sans doute n'est-ce toujours pas assez pour cet immense photographe, aussi à partir d'aujourd'hui j'entame une série de 9 billets supplémentaires.
Pourquoi 9 billets me direz-vous ?

Eh bien parce que le chiffre 9 m'apparait vraiment être le chiffre-clé de Willy Ronis.
Jugez plutôt : il est né à Paris dans le 9e arrondissement et nous a quitté en 2009 à 99 ans, il obtient le grand Prix national de la photographie en 1979 et est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1990, il lègue son œuvre photographique de 90 000 clichés à la France en 1989 et  l'exposition-vente de sa succession a débuté un 9 décembre … et je pense que l'on pourrait trouver encore d'autres occurrences du chiffre 9 dans l'œuvre et dans la vie de Ronis !
Nous voici donc au départ de cette série: "Willy Ronis ou la preuve par 9", soit une aventure de 99 ans en 9 chapitres dont le premier sera, sans doute, celui qui me tient le plus à cœur et aussi celui que j'ai le plus exploré à travers ses images et en arpentant moi-même le terrain, il s'agit bien sûr de : Belleville Ménilmontant.

 

>> Parisperdu sur Willy Ronis : une centaine de billets .

 

 

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Le mirage de la rue Myrha

19 Janvier 2021, 12:41pm

Publié par barreteau

Le mirage de la rue Myrha

Rue Myrha, Paris 18ème  (2016)
 

Dans le quartier de la Goutte d'Or, la rue Myrha reste associée au crack, à la pauvreté et aux prières de rue. Au premier coup d'œil, la rue Myrha ressemble à toutes les artères de la Goutte d'Or : c'est un patchwork de merceries, d'épiceries exotiques et de taxiphone, ces boutiques où l'on peut téléphoner et envoyer de l'argent à l'étranger pour quelques euros. Il y a aussi constamment dans la rue des vendeurs à la sauvette qui alpaguent les passants pour leur proposer des cigarettes de contrebande. Pire, dans l'immeuble vétuste du numéro 4, en septembre 2015, un incendie se déclare et fait périr huit personnes, dont deux jeunes enfants.

Mais au-delà de ce drame et des désordres qu'elle vit, au-delà des fantasmes qu'elle suscite, la rue Myrha connaît depuis quelques années une certaine gentrification. Ce quartier populaire séduit en effet de plus en plus de jeunes cadres en quête d'exotisme ou de "soi-disant" authenticité. Aussi depuis deux à trois ans, de nouveaux commerces s'ouvrent pour cette nouvelle population : cantine bio et végan, libraire/café/galerie et diverses boutiques qui proposent des produits "qu'on n'a pas déjà vus partout sur Instagram", car désormais : "Populaire is the new chic !" …

Au numéro 32 de la rue, un tout récent bâtiment de verre et de béton, s'est installé sur un ancien terrain vague, c'est le "360 Factory" un lieu bruyant combinant restaurant, studio d'enregistrement et salle de concert.

Mais ici comme un peu partout dans le Nord-Est parisien, une fois les immeubles haussmanniens rasés et remplacés par des gros blocs de béton, on s'est rendu compte que ces bâtiments, en plus de défigurer les quartiers, étaient beaucoup plus difficiles à gérer. Car cet habitat massif, très fermé devient une aubaine pour les dealers et les délinquants qui veulent se rendre invisibles aux yeux des forces de l'ordre.
Rénover un bâtiment ou un quartier ne règle donc pas les problèmes du crack ou de la délinquance, cela ne fait que les déplacer. Ainsi, à quelques mètres de la rue Myrha, rue de Panama par exemple, c'est toujours l'enfer.

Alors, la réhabilitation de la rue Myrha ne serait-elle qu'un mirage ? Bien sûr, cette voie est plus agréable qu'il y a vingt ans. Mais on ne peut juger de l'évolution d'une rue séparément de celles qui l'entourent : Myrha n'est pas le symbole d'un quartier qui s'améliore, mais d'un quartier où l'on se donne beaucoup de mal pour camoufler les problèmes plutôt que de les régler.

 

>> A lire : "Rue Jean-Pierre Timbaud : une vie de famille entre barbus et bobos" de Géraldine Smith.

 

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La Butte Bergeyre, nouveau terrain de chasse des architectes.

10 Janvier 2021, 16:11pm

Publié par barreteau

La Butte Bergeyre, nouveau terrain de chasse des architectes.

28 Rue Philippe Hecht, Photo ©copyright Ajile

Dans le 19ème arrondissement, à deux pas du prestigieux bâtiment du siège du Parti Communiste, réalisé par un Niemeyer alors au sommet de son art, se niche un havre d'authenticité. Une petite butte où l'air est plus pur, où la vie est plus paisible …
C'est la butte Bergeyre, un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.
Sur la butte Bergeyre, la vision de Paris est toute autre : la lumière est partout, on se sent hors du bruit de la ville, l'air n'est plus le même ... le privilège des hauteurs ... peut-être.

Habiter une telle oasis est une chance. Et les chanceux qui y résident, retranchés sur le plateau de cette petite colline, profitent d’une qualité de vie exceptionnelle, loin du tumulte, loin du vacarme parisien.
Il n'est alors pas étonnant que cet environnement ait intéressé les architectes pour y dessiner quelques habitations singulières.

Ainsi, dès 1933, au 70 de la rue Georges-Lardennois, fut érigé un bâtiment d’allure avant-gardiste, conçut par le grand architecte Jean Weiss pour la famille Zilvelli. Cette maison aux façades camouflées par la vigne vierge reste encore aujourd'hui l'un des bijoux de l’ensemble résidentiel de la butte Bergeyre.

Plus récemment, au 28 de la rue Philippe Hecht, les architectes Virginie Jacquier et David Lovera, fondateurs de l’agence Ajile, ont construit une maison-tube de sept étages, un modèle pour un mode d’habitat vertical en milieu dense. Car en effet, après avoir détruit la bâtisse existante et une fois consolidé le sol instable de la butte, ils ont installé sur cette parcelle, d'à peine 4,80 mètres de large, les fondations sur des micro-pieux de 18 mètres de profondeur, pour y déployer un volume qui offre une superficie de 204 m². La maison se compose de 7 niveaux, où se dispatchent une entrée, un salon, une cuisine, quatre chambres et, cerise sur le gâteau, un "roof top" qui offre un horizon à 360 degrés et des couchers de soleil imprenables sur la butte Montmartre.

Le montant de l'opération tout compris - achat du terrain, destruction de l'ancienne bâtisse, construction neuve, honoraires des architectes et bureaux de contrôle- s'élève à 2,1 millions d'euros.

On l'aura compris, la butte Bergeyre est en train de changer de population. Autrefois habitée par une classe aisée mais somme toute relativement modeste parmi laquelle venait "se cacher" quelques artistes, elle voit aujourd'hui de nouveaux arrivants qui viennent y étaler leur richesse.
Willy Ronis qui dans les années 50 en avait fait l'un de ses terrains de chasse photographique, doit se retourner dans sa tombe !

 

>> 70 de la rue Georges-Lardennois - Paris 19ème : La Maison Zilvelli (2008)

>> Willy Ronis sur la butte Bergeyre (1).

>> Willy Ronis sur la butte Bergeyre (2).

 

 

 

 

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Meilleurs vœux pour 2021.

1 Janvier 2021, 09:28am

Publié par barreteau


Exit 2020, annus horribilis, par la faute d'un satané virus !
Bienvenue à 2021 que l'on espère meilleure.

Parisperdu vous souhaite une BONNE ANNEE 2021

Gardons le contact toute l’année en nous retrouvant régulièrement sur Parisperdu, et aussi en rejoignant le groupe Facebook : "Paris Hier, aujourd'hui … demain" animé par Parisperdu, le photo blog des amoureux de Paris.

Et prenez bien soin de vous.

 

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Liberté, Égalité, Fraternité.

22 Décembre 2020, 09:33am

Publié par barreteau


Rue de l'Égalité vue en direction de la rue de la Liberté _Paris 19ème

 

La devise de la République française : "Liberté, Égalité, Fraternité" est mise à l'honneur à Paris.
En effet, trois rues de la Capitale portent chacune l'un de ces vocables : rue de la Liberté, rue de l’Égalité et rue de la Fraternité.

Ces voies ont été ouvertes sous leur dénomination actuelle en 1889, car l'année 1889 marquait le centenaire de la Révolution française, un hommage en quelque sorte de la ville de Paris à la République.

 Mais j'ai toujours trouvé curieux que l'on relègue ces trois appellations au fond du 19ème, dans le quartier de la Mouzaïa, un quartier où personne jamais ne va, sauf les bobos évidemment qui ont fondé dans ce coin reculé de la capitale, une sorte de colonie.

N'aurait-il pas été plus judicieux d'attribuer ces noms aux symboles si forts, par exemple aux rues entourant l'Hôtel de ville, en remplacement des rues Lobau, de la Coutellerie ou St Martin ?
N'y aurait-il pas là nouveau chantier pour Madame Hidalgo ?

 

>> Au numéro 1 de la rue de l'Égalité


>> La Mouzaïa sur Parisperdu.

 

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Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?

13 Décembre 2020, 16:54pm

Publié par barreteau

Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?
Willy Ronis tenant son Rolleiflex • Crédit : Lily FRANEY/Gamma-Rapho – Getty (1993)

 

Willy Ronis que j'ai côtoyé sur le tard était un homme absolument merveilleux, un conteur hors pair, quelqu’un d’une humanité prodigieuse et d’une immense sensibilité. Tout cela se lit sur ses photos.

En 2008, une année avant sa disparition, il disait : " Je ne crois pas du tout qu'une fée spécialement attachée à ma personne ait, tout au long de ma vie, semé des petits miracles sur mon chemin. Je pense plutôt qu'il en éclot tout le temps et partout, mais nous oublions de regarder. Quel bonheur d'avoir eu si souvent les yeux dirigés du bon côté ! "

Je partage avec lui le sentiment que pour réussir une belle image il faut certes un jeu de circonstances, de hasard, d’instinct et de métier, mais qu’au fond une bonne photo sur le vif c’est avant tout une rencontre imprévue et fugace entre des gens qui ne se parleront pas, et que l’imprévu est le sel de toute chose pour les âmes curieuses. Et Willy Ronis d'ajouter : "Il y a parfois des moments qui sont si forts que j'ai peur de les tuer en faisant une photo".
Et oui, si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?


>> "Le siècle de Willy Ronis".

 

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"Deux ou trois choses que je sais d'elle" : la vraie star c'est Paris …

6 Décembre 2020, 15:58pm

Publié par barreteau

Crédit photo : Tamasa Diffusion
 

À première vue, on pourrait penser que la star de ce film de Jean-Luc Godard, sorti en 1967, c’est Marina Vlady alias Juliette Janson, une épouse et mère ordinaire, vivant dans un grand ensemble de banlieue parisienne, récemment construit.

Mais plus que Marina Vlady, la vraie star de "Deux ou trois choses que je sais d’elle", c’est Paris. Ou plutôt sa banlieue qui, en cette période prospère des Trente Glorieuses, est en pleine transformation. Aux portes de la capitale se construisent alors de grandes barres d’immeubles, afin d’accueillir des familles. Jean-Luc Godard observe ce phénomène d’urbanisation de l’Île-de-France avec un regard comparable à celui d’un sociologue. Le tournage du film se fait à la très moderne cité des 4000 à La Courneuve, qui à cette époque, représente une certaine révolution immobilière.

Jean-Luc Godard signe un film où la fiction rencontre le documentaire et inversement. Mais surtout, le film est un condensé des différentes thématiques (idéologiques et esthétiques) de Jean-Luc Godard. Parmi les plus notables, citons celle sur l’impérialisme américain avec le discours sur la guerre du Viêt-Nam ou bien le jeu si particulier de ses comédiens.
Mais c'est la bande annonce du film qui nous révèle ce que Godard entend par "ELLE".

 

>> Voir la bande annonce du film.

>> L'affiche du film.

>> Jean-Luc Godard and Marina Vlady sur le tournage de "Deux ou trois choses que je sais d'elle" (1967) photo: © Giancarlo Botti

 

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