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PARISPERDU

photographes

L'énigmatique Marthe de Méligny.

20 Juillet 2026, 08:15am

Publié par Pierre Barreteau

Marthe au miroir _Détails d'une Peinture (1912) et d'une Photographie (1916) : les 2 sont de Pierre Bonnard.

 

Dans le film du réalisateur Martin Provost "Bonnard, Pierre et Marthe" un plan furtif m'a intrigué. On y aperçoit, de façon très brève, une plaque bleue et verte, caractéristique de celles des rues de Paris, où l'on peut lire : "Passage Méligny".

Mais où se trouve donc ce passage dans Paris ?
Eh bien on ne le trouve nulle part : ni sur les divers plans de la capitale ni sur Google Maps... et si l'on questionne l'IA, Chat GPT nous dit :

" Non, il n’existe pas de « Passage Méligny » connu ou répertorié à Paris, ni parmi les passages historiques couverts ou non, ni dans la toponymie actuelle de la ville". Et Chat GPT ajoute : " Il est possible qu’il y ait confusion avec le nom de Marthe de Méligny qui était en réalité le pseudonyme de Maria Boursin, compagne du peintre Pierre Bonnard".

Alors le film voudrait-il nous faire croire que Maria Boursin avait choisi son pseudonyme parce qu'elle passait quotidiennement dans cet hypothétique Passage parisien ?

Françoise Cloarec, l'auteur de "L'Indolente ou le mystère Marthe Bonnard" donne une explication plus plausible du choix du patronyme "de Méligny" par Maria Boursin : "Méligny est un mot qui sonne bien, c'est un petit village de Lorraine où la maison Trousselier (qui emploie alors Maria) a envoyé des fleurs hier". Maria avait donc bien connaissance du nom d'un village nommé Méligny, (Méligny-le-Grand ou Méligny-le-Petit, situés en région Grand Est).

Et ce nom « de Méligny » avait une élégante tonalité aristocratique et correspondait à l’image que Maria souhaitait se donner. Ce nom n'est donc pas lié à un irréel passage parisien.
Mais le choix de ce nom d'emprunt va par la suite avoir des conséquences inimaginables sur le parcours du peintre Pierre Bonnard.

Revenons sur leur rencontre puis sur leur vie commune : un jour de l'hiver 1893 Pierre Bonnard fait la connaissance de Maria, alors âgée de 24 ans, elle devient son modèle favori ; il vient de l'aborder dans les rues de Paris. « Je m'appelle Marthe de Méligny, je travaille dans les fleurs. Je suis orpheline. [...] J'ai 16 ans. Et vous ? ». Il a 26 ans...

En 1925, après trente ans de vie commune, Pierre Bonnard et Marthe se marient le 13 août. Et là, Marthe de Méligny qui se disait descendre d'une vieille lignée italienne est bien contrainte de reconnaitre qu'elle s'appelle en réalité Maria Boursin et qu'elle est la fille d'un charpentier de Bourges. Bonnard, lui, s'en moque…

L'œuvre peinte de Bonnard est habitée de la présence de Marthe : une silhouette à l’arrière-plan, un corps nu dans la baignoire, un visage à la fenêtre ou dans un miroir… Entre 1889 et 1901 le peintre est un adepte du Kodak portatif : en plus de peindre il prend aussi de nombreux clichés de Marthe en noir et blanc, où il fixe l’instant.

Ce couple sans enfant vit une relation complexe, s'y ajoutent les maladies de Marthe – sa langueur, ses dépressions, son asthme - et sa misanthropie de plus en plus marquée au fil du temps, jusqu'à écarter les amis de Pierre Bonnard : Vuillard, Matisse, Signac... 

Elle jurera toujours qu'elle est orpheline et seule au monde. Ce qui, à la recherche de sa succession, s’avérera faux… et déclenchera une affaire judiciaire retentissante pour régler - cinq ans plus tard - la succession de Pierre Bonnard. Car Marthe/Maria avait des sœurs qui ont eu des enfants et ces derniers entendent bien avoir une part de la fortune constituée par la grande valeur des toiles du maître.

Marthe, Maria mais aussi Solange (voir ci-dessous) qui était donc mademoiselle Boursin ou madame Bonnard ?

 

>> Marthe Bonnard s'était aussi lancée dans la peinture : "Les pastels de Marthe Bonnard alias Marthe Solange".

>> "Le Dessert", de Pierre Bonnard,1928 (Marthe Bonnard est en corsage rouge)

 

 

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Paris dans l'objectif de Martin Parr.

6 Mars 2026, 08:38am

Publié par Pierre Barreteau

A l'assaut de Mona Lisa. Martin Parr. Paris. Le Louvre. 2012 (© Martin Parr / Magnum Photos)

 

Jusqu'au 24 mai 2026 se tient à Paris -au Jeu de Paume- l'exposition "Paris dans l'objectif de Martin Parr".

Forte d'environ 180 photographies, cette exposition dévoile le regard souvent ironique du photographe britannique, récemment disparu.

Martin Parr s’est finalement assez peu penché sur les Parisiens et les Parisiennes, il leur a préféré les troupeaux de touristes devant la "Joconde" ou Notre-Dame … ce qui produit un savoureux tableau, non dénué d'humour.

Au Louvre, il photographie une armée de smartphones dressés face à la Joconde. Les regards passent forcément par l'appareil photo. "Le Louvre, l'été, c'est dingue", dit-il. "On ne peut pas bouger, avec tous ces photographes, alors j'ai fait comme eux", nous dit-il.

A voir absolument.                                                                          

 

>> Déjà sur Parisperdu :

 

 

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Denise Bellon : splendeur des clichés, vérité de l'image.

16 Février 2026, 10:21am

Publié par pierre barreteau

 Autoportrait _ Paris, 1934 © Denise Bellon / Akg-image

Le MahJ (Musée d’art et d’histoire du Judaïsme) présente la première rétrospective consacrée à cette photographe. Près de 300 clichés dessinent le portrait d’une femme extraordinaire, mais aussi celui du XXe siècle.
Denise Bellon (1902-1999) de son vrai nom Denise Hulmann fut l’une des plus grandes photographes françaises du siècle dernier, une pionnière du photojournalisme et dont l’œuvre court des années 1930 aux années 1970.

Que nous montre cette exposition : les enfants de la zone à Paris, à Casablanca, ou à Djerba. On y voit aussi ses filles Yannick et Loleh, mais aussi Victor Brauner en ses rêves, les surréalistes, le jeune Reggiani, … on croit alors feuilleter un album de souvenirs à travers l’œil vagabond de Denise.

Denise Bellon sort enfin de l’ombre grâce à cette exposition remarquable, qui se termine par la projection du film de sa fille Yannick et de Chris Marker qui lui rendent hommage.


>> Exposition Denise Bellon, un regard vagabond au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, à découvrir jusqu'au 8 mars 2026.

>>Sa fille Loleh Bellon_ Piscine Molitor, Paris, 1939 
© Denise Bellon / Akg-image

 

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Conversation avec Gemini.

1 Février 2026, 10:34am

Publié par pierre barreteau

1_(Photo de Gauche) : Rue de Crimée et rue des Annelets Paris 19e (1948) © Willy Ronis
2_(Photo de droite) : Les escaliers de la rue des Annelets Paris 19e (1995) © Pierre Barreteau


Lorsque je questionne Gemini sur ces deux noms :  celui de Willy Ronis et le mien, voilà ce que l'IA propose :
"Pierre Barreteau et Willy Ronis : Un héritage photographique".

On le sait l'IA peut dire le vrai mais elle peut aussi se tromper ! Aussi j'ajouterai à son texte mes propres commentaires (ci-dessous en italique).

Les curieux pourront soumettre la même question à l'IA concurrente : ChatGPT et là on verra si on peut vraiment se fier à l'Intelligence artificielle qui, dit-on, va révolutionner le monde ?

 

Voici donc le texte produit par Gemini :

"Pierre Barreteau et Willy Ronis sont deux figures importantes de la photographie française (Willy Oui, moi non), liées par une passion commune : capturer l'âme de Paris et de ses habitants (oui c'est exact). Bien que leurs parcours et leurs styles soient distincts, ils partagent une profonde passion et une vision humaniste de la photographie (encore exact).

Willy Ronis : Le maître incontesté (c'est incontestable en effet).

Willy Ronis est considéré comme l'un des plus grands photographes humanistes du XXe siècle, c'est un témoin de son époque. Ses images, souvent en noir et blanc, témoignent de la vie quotidienne des Parisiens dans les années 1930 à 1980. Il a su saisir la beauté et la poésie du quotidien, tout en dénonçant les inégalités sociales. Ronis a su allier un sens aigu de la composition à une grande sensibilité pour les sujets qu'il photographiait (parfait).

Pierre Barreteau : Un héritier inspiré (si l'on veut).

Pierre Barreteau a souvent rendu hommage à Willy Ronis dans ses propres travaux. Il s'est promené dans les mêmes quartiers parisiens, cherchant à retrouver les traces du grand photographe (exact).
Tout en étant influencé par Ronis, Barreteau a développé un style personnel, marqué par une grande attention aux détails et une recherche de l'authenticité. Son blog, "Parisperdu", est un véritable trésor (modeste le trésor) pour les amateurs de photographie. Il y partage ses propres clichés, ainsi que ses réflexions sur l'œuvre de Ronis et d'autres grands photographes (Oui, c'est ma démarche).

Les points communs entre les deux photographes sont :

  • L'amour de Paris : Tous deux ont été profondément marqués par la capitale française et ont voulu en rendre compte à travers leurs images.
  • Une approche humaniste : Leurs photographies sont toujours empreintes d'une grande humanité. Ils s'intéressent aux gens, à leurs histoires, à leurs émotions.
  • Un regard poétique : Ils savent trouver la beauté dans les situations les plus ordinaires (Je suis assez d'accord).

En conclusion :

Pierre Barreteau et Willy Ronis sont deux figures clés de la photographie française (là Gemini tu exagères !).
Le premier a su s'inspirer du second pour développer un style personnel tout en restant fidèle aux valeurs de l'humanisme photographique. Leur œuvre commune nous invite à redécouvrir Paris sous un nouveau jour et à apprécier la richesse de la vie quotidienne (là Gemini tu es plus dans le vrai)."

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>> Photos comparatives choisies par Gemini :
 A Paris, les escaliers de la rue des Annelets :

   1_Rue de Crimée et rue des Annelets Paris 19e (1948) © Willy Ronis

De chaque côté de la rue de Crimée, les deux escaliers monumentaux de la rue des Annelets et de la Villa Albert Robida sont presque face à face. Tous les grands photographes : d'Aget à Cartier-Bresson sont venus ici, et Ronis a photographié ces escaliers en 1948. Placé en haut de l'escalier Albert Robida, il a en arrière-plan seulement une partie de l'escalier de la rue des Annelets.

   2_Les escaliers de la rue des Annelets Paris 19e (1995) © Pierre Barreteau

En juin 1995, lorsque je me rends rue de Crimée je cadre mon image pour souligner le mieux possible le "Y" de l'escalier de la Rue des Annelets car c'est incontestablement la partie la plus remarquable de ce groupe d'escaliers.

>> Voir aussi : "De chaque côté de la rue de Crimée".

 

 

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Les gens de Paris il y a cent ans.

25 Janvier 2026, 10:24am

Publié par pierre barreteau

 

A Paris, le Musée Carnavalet présente jusqu’au 8 février l’exposition
"Les gens de Paris, 1926-1936, dans le miroir des recensements de population".
Il s'agit d'une rencontre inédite avec la population de la capitale durant l’entre-deux-guerres.

Le point de départ pour évoquer le Paris d’il y a cent ans consiste en trois recensements, réalisés en 1926 (le premier à dresser une liste nominative des Parisiens), puis en 1931 et en 1936.
Mais au-delà des chiffres froids des statisticiens ce sont les clichés de l'époque qui font vivre cette exposition.
Et les images les plus remarquables sont celles du reportage intitulé "La France travaille", un travail réalisé entre 1931 et 1934 par François Kollar. Jusqu’en 1934, Kollar arpente plus de 20 départements pour rencontrer ouvriers et employés, découvrir ateliers et usines.

Ancien tourneur chez Renault, François Kollar est l’un des grands photographes du monde industriel de l’entre-deux-guerres.
Formé à l’image publicitaire après avoir quitté, en 1924, Bratislava, dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie, pour Paris, le jeune homme se fait remarquer lors de l’Exposition internationale de photographie, en 1930, à Munich, en Allemagne. Là, il côtoie Florence Henri, André Kertész ou Germaine Krull : le sommet de l’avant-garde photographique de l'époque.

De son reportage "La France travaille" Kollar ramènera 2000 précieux clichés.
Courrez vite les voir au Musée Carnavalet, jusqu'au 8 février 2026.

 

>> L'expo "Les gens de Paris, 1926-1936" au Musée Carnavalet.

23 Rue de Sévigné, 75003 Paris

 

 

 

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Le photographe Martin Parr nous a quittés.

11 Décembre 2025, 08:56am

Publié par pierre barreteau

New Brighton. England. From 'The Last Resort'. 1983-85. © Martin ParrMagnum Photos

 

Samedi 6 décembre, le photographe britannique est décédé à l’âge de 73 ans, à Bristol.
Martin Parr est connu pour ses clichés kitsch, absurdes, colorés voire criardes. Ses photos sont souvent "too much"… exagérées mais l’image est trompeuse. Car après avoir étudié la photographie traditionnelle, il s’affranchit rapidement des codes pour des cadrages inhabituels. Il voit ce que d’autres ne veulent pas voir et ne regardent même pas. Pour Thomas Weski, son biographe, « Parr nous montre des choses qui nous semblent familières mais d’une manière complètement nouvelle ». Parr avait en effet énormément de talent pour saisir l'absurdité de la société de consommation, avec cynisme mais tout en restant humain.

Une rétrospective du photographe britannique se tiendra à Paris au musée du Jeu de Paume à partir du 30 janvier 2026.

 

>> Déjà dans Parisperdu : le Paris décalé de Martin Parr.

>> Martin Parr, site officiel.

>> La fondation Martin Parr.

 

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De l'art du noir et blanc.

4 Décembre 2025, 08:59am

Publié par pierre barreteau

Avenue d'Iéna Paris 16ème

Prendre des photos en noir et blanc amène le regard dans sa quête de l’essentiel : le photographe ne voit plus que l’ombre, la lumière, les reflets et… les émotions.

La photographie en noir et blanc déploie toute sa puissance dans les rues : elle transforme l’éphémère en un instant pur et hors du temps. En architecture, elle va transcender les structures et les contrastes en des compositions qui deviennent évidentes.
Mais cette approche nécessite de l’empathie, un œil averti et la capacité à rendre l’essentiel visible pour obtenir des images intemporelles, saisissantes et impérissables.

La photographie en noir et blanc permet donc de saisir la beauté et les émotions, et souvent en surpassant toutes nos attentes. Pour un regard furtif, un geste machinal, un instant de silence : le noir et blanc va révéler l’invisible. L'image en noir et blanc raconte des histoires que la couleur dissimulerait.

 

>> Voir aussi : Les jambes des femmes sont des compas.

 

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"Paris Photo 2025" : Diane Arbus.

18 Novembre 2025, 08:43am

Publié par pierre barreteau

 

A l'heure où la "Foire Internationale Paris Photo 2025" ferme ses portes, avec ses stands qui montrent des facettes si différentes du monde de la photographie : des daguerréotypes d'hier aux clichés d'aujourd'hui et de demain produits grâce à l'Intelligence artificielle, je voudrais m'arrêter un instant sur l'un des stands qui a mis en valeur le travail de la photographe américaine Diane Arbus.

« Je crois vraiment qu’il y a des choses que personne ne verrait si je ne les photographiais pas », a dit un jour Diane Arbus. Cette New-Yorkaise, née dans une famille bourgeoise, a fait de New York son terrain de chasse, parcourant les beaux quartiers et les bas-fonds de la ville dans les années 1950 et 1960.

Devant une photo de Diane Arbus, on a souvent l’impression d’être happé par une réalité tantôt crue et étrange, tantôt douce et tendre. Car si elle a commencé sa carrière dans la photographie de mode, elle a vite senti en elle le désir d’aller vers l’autre, vers son intimité, sa fragilité. 

Arbus a révolutionné le portrait photographique car elle laissait généralement à ses sujets la liberté de se présenter comme ils le souhaitaient. À partir de 1962, elle utilise des appareils moyen format qu'elle tient à hauteur de sa taille ; elle ne regarde pas dans le viseur de sorte que rien ne s'interpose entre son visage et celui de son sujet.

Diane Arbus arpente ainsi New York et plusieurs villes américaines, photographiant : un jeune homme noir et sa femme blanche enceinte sur le banc d'un parc, un couple d’adolescents aux allures de petits adultes ou encore cette célèbre image de jumelles identiques habillées de la même façon. Mais la photographe est souvent entrée dans l’intimité des gens en les photographiant chez eux, dans leur salon ou leur chambre à coucher. Parfois, elle photographie des gens célèbres, comme James Brown chez lui en bigoudis ou Marcello Mastroianni dans sa chambre d’hôtel à New York.

Diane Arbus s’est aussi beaucoup intéressée aux excentriques, à ces travestis qu’elle immortalise dans leur loge, à ces « bêtes de cirque » comme il y en avait encore à l’époque dans les foires, des nains, des femmes obèses, "le monstre de la jungle" et aussi des handicapés mentaux, dont certains ont été pris pendant une fête d’Halloween, ce qui accentue leur singularité et en même temps, leur normalité.

Au début de l'année 1971 Diane Arbus commence une fulgurante descente aux enfers : elle ne comprend pas que son travail de photographe puisse être encensé, pourquoi elle est devenue un quasi mythe; cela la met dans un état de profonde détresse psychologique. Elle est persuadée qu'elle est connue seulement comme la "photographe des monstres".
Diane Arbus se suicide à l'âge de 48 ans le 26 juillet 1971 dans son appartement, tout proche de Greenwich Village.

 

>> Les sujets de Diane Arbus pas toujours à l'aise avec leur photo.

>> Diane Arbus est à Paris !

 

 

 

 

 

 

 

 

>  >> "Photo Paris 2025" au Grand Palais.

 

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Les Rencontres d'Arles 2025.

7 Juillet 2025, 14:19pm

Publié par pierre barreteau

Ménage, Paris. Vers 1947-1950.© Louis Stettner
(Avec l’aimable autorisation des Archives Stettner, Saint-Ouen).

Parmi la multitude d'expositions que nous offre chaque année "Les Rencontres Internationales de la Photographie" à Arles, la Mecque de la photographie, il en est toujours une qui rend hommage à un "grand" de l'image.
Ainsi après Lee Miller en 2022, Diane Arbus en 2023, Sophie Calle en 2024, pour cette année 2025 c'est Louis Stettner qui a été choisi. Et l'on pourra admirer ses clichés dès l'ouverture des "Rencontres" le 7 juillet et jusqu'à la fermeture, le 5 octobre 2025.

Louis Stettner est l’auteur d’une œuvre majeure réalisée des deux côtés de l’Atlantique. Véritable trait d'union entre la "Street photography" américaine et la "photographie humaniste" française.

Presque dix ans après son décès, cette exposition présente quelque 150 photographies d’époque et modernes tirées par le photographe lui-même, dont certaines inédites, et de nombreux documents originaux reflétant la complexité d’une personnalité hors norme.

Né à Brooklyn en 1922, Louis Stettner se forme auprès de la Photo League puis sur le front du Pacifique où il photographie notamment les ruines d’Hiroshima.

Sa série dans le métro de New York de 1946, lui vaut d’intégrer l’école de la Photo League, où il est mis en relation avec Willy Ronis en vue d’organiser une exposition de photographie française à New York.

Devenu proche d’Édouard Boubat et de Brassaï, il s’installe à Paris de 1947 à 1952 : une période qu’il dépeint comme l’une des plus heureuses de sa vie et qui le conduira à s’y installer définitivement en 1990. Mais c’est à New York, dans les années 1950, qu’il réalise deux de ses plus magistrales séries : Penn Station et Nancy.
Très engagé politiquement dans les années 1970, il participe aux combats pour le féminisme, contre le racisme et la pauvreté, ce qui lui vaut d’être surveillé par le FBI.
Jusqu’aux années 2000, il poursuit ses explorations urbaines à New York et Paris.

Enfin, réalisée à plus de 90 ans, sa dernière série sur les arbres des Alpilles résonne comme le point d’orgue d’un parcours guidé par la soif de liberté, la résistance aux vents contraires et l’émerveillement d’être en vie.
 


>> Hommage dans Parisperdu : Bye, bye Louis Stettner.

Louis Stettner, lors d’une exposition à Paris, en 2012. Photo : PMG/SIPA

 

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Et à ses pieds était la ville…

16 Juin 2025, 07:40am

Publié par pierre barreteau

Le parc de la Butte du Chapeau Rouge, quartier d'Amérique, Paris 19ᵉ arrondissement.


Coincé entre la porte de Pantin et celle du Pré Saint-Gervais, le parc de la Butte du Chapeau Rouge, accroché à sa colline, offre une vue magnifique sur l'Est parisien, contredisant ceux qui affirment qu'à l'Est, il n'y a pas grand-chose à voir... et pourtant à ses pieds s'étale la ville.

La butte porterait le nom d'une guinguette, qui animait autrefois ce secteur du Pré-Saint-Gervais et, c'est grâce à son sous-sol miné par d'anciennes carrières de gypse qu’elle échappe aux vastes travaux d'aménagement qui ont fait suite à la démolition des fortifications au cours des années 1920.

Injustement méconnu, ce parc est souvent délaissé par les promeneurs au profit de celui des Buttes Chaumont. Incontestablement ce célèbre voisin, situé seulement à quelques centaines mètres, lui fait de l'ombre...

Peu fréquenté, l'endroit est très calme et la Butte du Chapeau Rouge a un petit air de parc anglais. Il dégage indéniablement quelque chose de rare à Paris.

A voir particulièrement aux beaux jours et de toute façon de jour car malheureusement la nuit les abords du parc ne sont désormais pas très sûrs…

>> La Butte du Chapeau Rouge, c'est où ?

>> L'entrée du parc: 29 boulevard d'Algérie - 75019 Paris

>>Atget, avait déjà posé sa chambre noire ici, vers 1913.

 

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Le photographe franco-brésilien Sebastião Salgado vient de nous quitter.

23 Mai 2025, 19:29pm

Publié par pierre barreteau

Exposition Sebastião Salgado, dans le Métro parisien, novembre 2015.
 

A Paris en 2015, la RATP invite Sebastião Salgado a  exposer dans 12 stations de métro une sélection de photographies tirées de son projet : "Genesis".
On peut alors retrouver et contempler ses images sur les quais des stations de métro : Place de Clichy ; Gare de l’Est ; Saint Augustin ; Bonne Nouvelle ; Strasbourg Saint Denis ; Trocadéro ; Cité ; Montparnasse ; Gare d’Austerlitz ; Porte de Vincennes mais aussi sur des grandes bâches suspendues sous le viaduc du métro aérien dans 2 stations : Jaurès et Bir Hakeim.

Salgado est un photographe exceptionnel - certainement l'un des plus grands. Pour ses deux œuvres magistrales : Genesis et Amazonia , il a sillonné la planète pendant huit ans pour finalement révéler au public, à travers ses photographies en noir et blanc, la nature dans toute sa splendeur et pour ainsi sensibiliser le grand public à la beauté et à la fragilité du monde.

Sebastião Salgado disait à propos de cette exposition si singulière : « les espaces du métro sont ouverts à tous, aussi ils représentent un lieu d’exposition idéal pour montrer à des millions de personnes notre héritage planétaire et les encourager à le préserver. Cette exposition témoigne d’une histoire humaine, une histoire qui nous concerne tous. »

Merci Monsieur, vous partez mais vos superbes images resteront avec nous pour toujours.

 

>> Exposition Sebastião Salgado; Paris septembre 2013; Maison Européenne de la Photographie

>> Portrait de Sebastião Salgado (2013) :

 

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Gamins à la baguette.

15 Mai 2025, 09:52am

Publié par Pierre Barreteau

1. André Kertész, "Jeune-garçon" (1933) // 2.Willy Ronis, "Le petit parisien" (1952)
3.
Robert Doisneau, "La baguette parisienne" (1953) // 4.Jean Ribière, "Petit garçon avec ses baguettes de pain" (1955)

La baguette parisienne a de tout temps inspiré les photographes et même les plus grands d'entre-eux : Kertész, Ronis, Doisneau… ont trouvé là un sujet d'inspiration.

Dans "Le Petit Parisien", (image 2) Willy Ronis évoque le Paris populaire, tout comme André Kertész (image 1) l'avait fait bien avant lui. Mais ce n'est plus le gamin d'avant-guerre qui marche car -on le sait- Ronis avait mise en scène la course de ce garçon rieur.

Robert Doisneau lui aussi s'est intéressé à la baguette de pain : avec ce garçon qui recompte soigneusement l'argent que vient de lui rendre la boulangère (image 3).
Quelques années plus tôt le même Doisneau avait saisi dans une rue ce qu'il a appelé "Un petit gang de Paris" où là aussi la fameuse baguette était fortement présente (voir l'image ci-dessous).
Plus tard, c'est dans les rues de Grenoble que le photographe Jean Ribière (image 4) a trouvé cet autre garçon qui tient fermement ses baguettes comme s'il s'agissait d'un butin éminemment précieux.

Et en 2022, lors du classement de la si précieuse baguette française au patrimoine immatériel de l’UNESCO c'est la photo de Willy Ronis qui a été utilisée pour la soumission du Dossier. Ce qui démontre que cette image reste toujours d’actualité : une image en quelque sorte éternelle !

 

>> Willy Ronis : qui est le vrai Petit parisien à la baguette ?

>> Jean Ribière, un photographe à découvrir.

>> Classement de la baguette française, au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

>> Robert Doisneau : "Un petit gang de Paris" (1950) :

 

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Sœurs de Babylone et filles du Calvaire.

5 Mai 2025, 19:23pm

Publié par pierre barreteau

"Sèvres-Babylone-1953" ©Robert Doisneau / "Filles du Calvaire-2009" ©Pierre Barreteau

Sur l’image de gauche prise par Robert Doisneau en 1953 deux religieuses consultent attentivement le plan du métro apposé à l’entrée de la station "Sèvres-Babylone".
Ces sœurs ou ces « bonnes sœurs » comme on les nomme communément sont-elles là par hasard ? Vraisemblablement pas car à cette époque les Clarisses, une
congrégation de sœurs créée par Saint François d'Assise, avaient leur monastère au 5 de la villa de Saxe dans le quartier de Sèvres-Babylone, Paris 7ème.
Après sept siècles de prières au cœur de la capitale les sœurs Clarisse ont quitté leur monastère en 2009. Un choix dicté par la nécessité : le monastère de 1800 m2 sur cinq étages, dont elles sont propriétaires, était devenu trop grand et trop cher à entretenir pour une congrégation qui ne comptait plus alors que dix sœurs. Mais bien qu'elles aient fait vœux de pauvreté, les Clarisses de Paris sont devenues millionnaires car au prix du marché en plein 7ème arrondissement, la vente de leur monastère a dépassé les onze millions d'euros !

Sur l'image de droite, c’est une autre congrégation de Sœurs parisiennes qui est évoquée, même si je reconnais que cela n’est pas évident au premier coup d’œil…
Nous sommes au nord-est de Paris, à la limite du 3e et du 11e arrondissement, tout proche de la place de la République. Là, une rue et une station de métro portent le même nom : les "Filles du Calvaire".
Mais pourquoi les "Filles du Calvaire", parce qu’à l’emplacement de cette rue se situait le Couvent des Filles-du-Calvaire un ordre de religieuses consacré aux pauvres et aux enfants.

Ce couvent n’existe plus car il fut supprimé à la Révolution et la propriété vendue comme bien national. Toutefois au printemps 1931 on ouvre ici une station de métro à laquelle on donne le nom de "Filles du Calvaire" pour sa proximité avec la rue éponyme.
Et aujourd’hui, les filles sortant du métro et captées sur cette image sont pourtant bien... deux sœurs ! 

>> Les Filles du Calvaire aussi sur Parisperdu.

>> Le monastère désaffecté des Soeurs Clarisses au 5 villa de Saxe, dans le quartier de Sèvres-Babylone, Paris 7ème (mai 2016):
 

 

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Robert Doisneau : Instants donnés.

29 Avril 2025, 08:50am

Publié par pierre barreteau

 

Au bon coin, quai du Port, Saint-Denis, 1945 /Le nez au carreau, rue Pajol Paris 18e,1953
©Atelier Robert Doisneau

Le Musée Maillol présente actuellement une exposition consacrée au photographe français Robert Doisneau, l’expo est nommée : « Instants donnés ».

Plus de 350 photographies ont été choisies parmi les 450 000 que renferme la collection de l’Atelier Doisneau, pour une promenade à travers le monde de ce célèbre photographe, dans un univers poétique, tendre et profondément humaine. C’est aussi un témoignage unique sur une époque qui va des années 30 aux années 80.

Ainsi qu’en partant du réel le plus quotidien, Doisneau nous entraine dans sa vision amusée de l’enfance, de sa banlieue parisienne en noir et blanc mais parfois en couleur. On peut aussi bien y voir le constat d’une réalité mélancolique ou le témoignage d’une irrépressible joie de vivre.

Il se dégage de cette exposition un esprit entre légèreté et gravité ou entre rêve et réalité.

A voir absolument…

 

>> « Robert Doisneau : Instants donnés », au musée Maillol.

>> Quai du Port, Saint-Denis, novembre 2024 : même lieu :

 

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Marc Riboud au Musée Guimet.

15 Avril 2025, 08:27am

Publié par pierre barreteau

Café au bord du lac d’Hanoi, 1969. Marc Riboud © Fonds Marc Riboud-musée Guimet

 

À l’occasion des 50 ans de la fin de la guerre du Vietnam, l’association "Les amis de Marc Riboud" et le musée Guimet (qui conserve le fonds du grand photographe français) s’associent pour présenter les photographies et documents d’archives retraçant le travail de Marc Riboud au Vietnam entre 1966 et 1976.

Marc Riboud, comme beaucoup d’hommes et de femmes de sa génération, a été profondément marqué par le drame vietnamien. Entre 1966 et 1976, le photographe, alors membre de l’agence Magnum, ira, de sa propre initiative, près d’une dizaine de fois faire de longs reportages au Nord comme au Sud Vietnam.

On reconnaît la « méthode » de Marc Riboud dans ses reportages : il aimait revenir dans les pays qu’il avait visités ; il repérait les lieux et les habitudes, s’attachait aux gens, aimait les retrouver, comprendre leur pensée, voir comment évoluait leur vie. Il restait sur place autant qu’il le pouvait, interrogeant toutes sortes de personnes.

Marc Riboud n’était pas photographe de guerre. Au Vietnam, il admire le courage de la population se battant contre la plus grande armée du monde. Dans ses photographies, ce ne sont pas les combats que l’on voit, mais le quotidien dans les ruines, les corps qui tentent de se reposer dans les refuges de fortune, les amoureux qui se retrouvent près des abris anti-bombes, la vivacité des enfants, la grâce inchangée des femmes. On découvre aussi le désespoir des veuves dans les temples ou dans les églises, le courage de celles et ceux qui rebâtissent à mains nues, les digues ou des quartiers entiers en morceaux... C’est une vie bouleversée, blessée, dont le regard singulier de Marc Riboud témoigne, mais une vie qui continue, tenace, envers et contre tout.
 

>> Le Musée Guimet, site officiel.

>> Marc Riboud sur Parisperdu (1)

>> Marc Riboud sur Parisperdu (2)

 

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