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PARISPERDU

photographes

La plus ancienne photo de Paris montrant un être humain.

4 Avril 2019, 09:10am

Publié par barreteau

La plus ancienne photo de Paris montrant un être humain.

Boulevard du Temple, Paris printemps 1838, daguerréotype réalisée à par l'inventeur du procédé, Louis Daguerre.

 

Au milieu des années 1820, Louis Daguerre et Nicéphore Niépce inventent l’un des premiers procédés photographiques de l’Histoire : le daguerréotype qui permet de développer une image sur une plaque de cuivre recouverte d'une couche d'iodure d'argent.

Jusqu'en 1837, le temps de pose est encore extrêmement long, entre huit et dix heures, mais le procédé fonctionne plutôt bien. Deux ans plus tard, le système est tellement au point que l’on peut désormais photographier en extérieur et non plus uniquement des natures mortes prises en intérieur. 
Évidemment, en bon Parisien, Louis Daguerre, alors seul survivant du duo d’inventeurs, sort dans les rues de la capitale avec son nouvel dispositif et capture pour la première fois des scènes de la vie parisienne.

Depuis l’actuelle caserne Vérines, sur la place de la République, il prend ce cliché du boulevard du Temple, et c'est l’une des toutes premières photographies montrant un être humain. Aussi, à Paris, la première personne immortalisée sur une photographie est donc vraisemblablement un homme en train de se faire cirer les pompes…

Mais vous trouvez que celui-ci semble bien seul au milieu du Boulevard du Temple ?
En réalité, il est fort probable que la voie était très fréquentée au moment de la prise de vue, mais comme le temps de pose était encore très long, seul cet homme, resté immobile suffisamment longtemps, a été capturé par l’objectif de Daguerre.


>> Vous n'avez pas trouvez l'homme sur la photo, on vous le montre ici …

>> En savoir plus sur Nicéphore Niépce.

>> En savoir plus sur Louis Daguerre.

>> Le premier être humain jamais photographié l'a été par Nicéphore Niépce. : "Point de vue du Gras". (1826 ou 1827).



 

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Photographier Paris, nouveaux regards sur la ville.

27 Décembre 2018, 15:52pm

Publié par barreteau

Photographier Paris, nouveaux regards sur la ville.

 Elsa, L'Orillon Bar, Belleville, 2015
©Thomas Boivin,

 

Vous avez jusqu'au 5 janvier 2019 pour aller voir l'exposition "Photographier Paris" présentée à l'Hôtel de Ville de Paris. C'est l'occasion d'une nouvelle découverte de la capitale, à travers le regard de seize créateurs français et étrangers. Leurs instantanés vous font déambuler dans Paris à travers des portraits, des paysages et des monuments de leur choix.

Mon coup de cœur se porte sans conteste sur les images de Thomas Boivin qui nous entraîne à Belleville et à Ménilmontant rencontrer les passants. Il en fait des portraits depuis cinq ans. En effet, depuis 2012, il écume les terrasses de café, les parcs et les rues de cette partie nord-est de Paris. Le tout donne une série de portraits sensibles en noir et blanc aux Buttes Chaumont, place de la République ou encore à travers le reflet de la devanture du Carillon.
Un nouveau photographe humaniste, dans les pas de Willy Ronis, est peut-être né …

 

>> En savoir plus sur l'Expo.
 

>> Thomas Boivin, site officiel.

 

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Rue des Terres-au-Curé.

30 Novembre 2018, 12:04pm

Publié par barreteau

Rue des Terres-au-Curé.

Enfants prenant de l‘eau à la fontaine, rue des Terres-au-Curé, Paris 13ème, © Sabine Weiss 1954

 

Il y a fort longtemps, un curé avait donc des terres, ici dans le sud du 13ème arrondissement. Des terres d'une si grande superficie qu'il avait dû autoriser un droit de passage aux riverains : un sentier connu sous le vocable de la "Coupe des Terres au Curé". Ce chemin qui s'étendait alors jusqu'au boulevard Masséna fut divisé en deux tronçons coupés par les voies du Chemin de Fer de Ceinture.
Le premier tronçon qui aboutissait boulevard Masséna est devenu le square Masséna. Et, lors de l'urbanisation du secteur, le tronçon restant fut logiquement baptisé "rue des Terres-au-Curé".

A ne pas confondre avec l'impasse du Curé qui est une voie située dans le quartier de la Goutte-d'Or au cœur du 18e arrondissement de Paris.

 

 

>> La rue des Terres-au-Curé aujourd'hui, vue depuis la rue Regnault.

>> Sabine Weiss et Parisperdu.

 

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Mais qui est Martine Franck ?

12 Novembre 2018, 10:03am

Publié par barreteau

Mais qui est Martine Franck ?

Martine Franck, Italie, 1972 Crédits : © Henri Cartier-Bresson/Magnum Photos

 

La Fondation Henri Cartier-Bresson rend hommage à Martine Franck à l'occasion de l’inauguration de ses nouveaux espaces dans le 3ème arrondissement. C'est l'occasion de découvrir la rétrospective de l'œuvre d'une artiste engagée qui revendiquait l’émerveillement et la célébration de la vie.

Mais qui est Martine Franck ?
Martine Franck est née à Anvers en 1938, mais elle grandit en Angleterre et aux États-Unis. Polyglotte, étudiante en histoire des arts, c’est lors d’un long voyage en Orient en 1963 qu’elle découvre la photographie.
De retour à Paris, elle devient photographe indépendante et collabore aux grands magazines américains : Life, Fortune, Sports Illustrated, le New-York Times et Vogue, avec des reportages et des portraits d’artistes. Elle participe aussi à la création des agences Vu, puis Viva. 

En 1970, elle épouse le célébrissime photographe Henri Cartier-Bresson qui va l’encourager dans sa propre voie. Elle rejoindra plus tard l'agence Magnum Photos qui diffuse encore aujourd’hui son travail.
Martine Franck nous a quitté en 2012, elle avait 74 ans.

La préparation de cette exposition et de l’ouvrage qui l’accompagne a été́ entrepris dès 2011 avec Martine Franck, elle-même. Le choix des photographies, du parcours plutôt chronologique et ponctué de textes, de l’entretien avec son amie, l’écrivaine Dominique Eddé étaient les principes acquis de ce vaste projet. On y retrouvera le fil de son travail au travers des séries de portraits, de paysages presque abstraits, qui ne manqueront pas de surprendre, et d’une sorte de chronique à distance de la vie politique.
Son travail est à son image ! Elégance et douceur pour des clichés majoritairement en noir et blanc.
A voir absolument …

 

>> L'Expo Martine Franck à la Fondation Henri Cartier-Bresson (6 novembre 2018 – 10 février 2019).

>> Une photo prise à Paris en 1998 par Martine Franck © Martine Franck.

 

 

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Willy Ronis par Willy Ronis.

17 Mai 2018, 19:10pm

Publié par barreteau

Willy Ronis par Willy Ronis.

 

"Willy Ronis par Willy Ronis", telle est l'appellation - quelque peu osée - choisie pour cette exposition qui se tient actuellement au Pavillon Carré de Baudouin, dans le 20ème arrondissement.
Car en effet, cela fait bientôt 9 ans que Willy nous a quittés, alors comment pourrait-il, en personne, nous présenter ses photographies ?

Aussi, pour que ce soit l’exposition de Willy Ronis "par Willy Ronis", l'organisateur a souhaité que les spectateurs puissent le voir et l’entendre parler de sa vie, de son œuvre. Et pour cela, il y a trois films à notre disposition, au rez-de-chaussée, à l’étage et dans l’auditorium. Dans cette dernière salle, un film d’une heure présente une autobiographie détaillée du photographe afin que nous puissions nous imprégner totalement de l'homme et de son univers.

Finalement, avec près de 200 clichés, le Pavillon Carré de Baudouin retrace pleinement l’œuvre de Willy Ronis, de ses débuts à ses dernières photos, en passant par ses voyages à l’étranger et ses séjours en France.

Ronis aurait particulièrement apprécié que cette expo se tienne ici, à Ménilmontant, son quartier de cœur. Il aurait aussi certainement aimé que l'expo soit gratuite pour le public et… c'est le cas.
Encore une fois, merci Willy …

 

>> Willy Ronis et Parisperdu

>> Willy Ronis par Willy Ronis, le dossier de Presse.

 

 

 

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Paris Ronis.

29 Avril 2018, 12:39pm

Publié par barreteau

Paris Ronis

 

"Paris Ronis" est le titre d'un petit ouvrage que vient d'éditer Flammarion. Pour moi, appeler ainsi ce livre, est une évidence tant le photographe et la ville sont intimement liés. Et de surcroît, Paris et Ronis n'est-elle pas une rime riche ?

Cet ouvrage nous offre une sélection d'une centaine de belles photographies de Willy Ronis et comme toujours, Willy nous fait visiter son Paris avec tendresse et poésie…

Willy Ronis que j'ai côtoyé sur le tard était un homme absolument merveilleux, un conteur hors pair, quelqu’un d’une humanité prodigieuse et d’une immense sensibilité. Tout cela se voit sur ses photos.

A Paris il photographie, inlassablement, des couples enlacés, sans jamais bouder son plaisir car il confiera : "Chaque fois que je rencontre des amoureux, mon appareil sourit ; laissons-le faire."

En 2008, une année avant sa disparition, il dira : " Je ne crois pas du tout qu'une fée spécialement attachée à ma personne ait, tout au long de ma vie, semé des petits miracles sur mon chemin. Je pense plutôt qu'il en éclot tout le temps et partout, mais nous oublions de regarder. Quel bonheur d'avoir eu si souvent les yeux dirigés du bon côté ! "

Et même lorsqu'il photographiait les ouvriers et la vie rude des quartiers défavorisés de l'Est parisien, l'image n'était jamais triste car à cette époque Paris était une ville vivable, paisible, charmante et pittoresque, mais "c'était avant" … avant la mondialisation, la pollution et l'effondrement des frontières...
Merci de nous le rappeler Willy ...


>> "Paris Ronis "aux Editions Flammarion, 128 pages 9,90€


>> Au revoir et merci Monsieur Ronis.

>> Willy Ronis et Parisperdu : plus de 100 billets !

 

 

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"Le Rectangle" : la photographie pure à la française.

1 Avril 2018, 09:40am

Publié par barreteau

 "Le Rectangle" : la photographie pure à la française.
  Ilse Bing : Trois hommes assis sur des marches près de la Seine, Paris, 1931

En 1937, Emmanuel Sougez fonde, avec le soutien de René Servant et de Pierre Adam, le groupe "Le Rectangle".  Sougez devient alors le Président de la première "Association de Photographes Illustrateurs et Publicitaires" de France. Le nombre de participants est volontairement réduit à 13 (Pierre Adam, Marcel Arthaud, Serge Boiron, Louis Caillaud, Yvonne Chevalier, André Garban, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Gaston Paris, Philippe Pottier, Jean Roubier, René Servant et Emmanuel Sougez).


Le Rectangle prône l’élitisme tout en militant pour une "photographie française" car Sougez croit en une nationalité de la photographie professionnelle, en un génie photographique spécifiquement français.
Par ailleurs, le président du Rectangle est parmi les premiers à percevoir la dichotomie qui existe entre la pratique professionnelle de la photographie et la formation des photographes, il sait aussi que les photographes sont formés "sur le tas" ou, s’ils en ont les moyens, au sein d’établissements étrangers (Tabard aux États-Unis, Zuber et Ilse Bing en Allemagne, par exemple). Il veut donc lutter contre cette vague de photographes étrangers ou formés à l'étranger qui, depuis dix ans, déferle sur Paris, imposant selon lui : "d’infâmes images sans valeur ni soin".

Pour Sougez, il y a donc les bons et les mauvais photographes. Ces derniers écraseraient par leur pléthorique production le travail des premiers qui, de facto, deviendraient invisibles des galeristes, des éditeurs et des patrons de presse.
Sans doute les photographes du Rectangle sont-ils de bons professionnels, mais leur photographie et leurs pratiques n’existent déjà plus aux yeux du public quand ils portent leur groupe sur les fonts baptismaux. Et, leur unique exposition de 1938 va démontrer un énorme décalage avec la réalité du moment car le nouveau média photographique n’est pas un art mais, comme le démontre Gisèle Freund, il est surtout un "puissant instrument politique" et, avec le cinéma, "un réel besoin pour le public". La presse illustrée n’est plus celle que Sougez connaît depuis longtemps car dans Vu, dans Regards, la photographie n’illustre plus le texte, elle est article à part entière.

Pendant l’Occupation, alors que bon nombre de photographes seront contraints à l’exil, alors que certains devront se cacher, la plupart des membres du Rectangle continuent à travailler et en 1941, agréés par Vichy ou par les autorités allemandes, les photographes du Rectangle accepteront la censure pour continuer à pratiquer "leur" photographie.
Toutefois à partir de 1942, Le Rectangle est contraint de mettre ses activités en sommeil. Dès la guerre finie, ils feront renaître leurs rêves en fondant, en 1946, le "Groupe des XV" dont la doctrine est : "Respect du procédé – vraie photographie – négatif parfait". Et si possible, pas de retouche, cette bonne à tout faire des mauvais photographes ! Pas de flou non plus, ce "style de myope" ! Et le plus possible d’idées neuves, d’angles nouveaux, d’originalité. Seule compte la bonne vieille tradition, celle des Nadar, Atget … mais c'est aussi celle qu'adoptera avec un souffle nouveau un certain … Henri Cartier-Bresson !


>> Ilse Bing :  Autoportrait aux deux miroirs (1931)

>> Le Groupe des XV

 >> Les inconnus du Groupe des XV



 

 
 

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"Paris vu par un chien"

26 Mars 2018, 10:08am

Publié par barreteau

"Paris vu par un chien"

La petite fille de la rue Soufflot,_"Paris vu par un chien"1962_Photo © Jean Louis Swiners

 

Lorsque vous déambulez dans Paris, plutôt que de prendre les choses de haut, mettez-vous donc à leur niveau et vous allez alors retrouver la taille, la posture ou le regard d'un enfant … voire d'un chien !

C'est en tout cas, ce que préconisait Jean-Louis Swiners, auteur de la série de photos "Paris vu par un chien". "Mettez-vous en situation et vous verrez des choses" ajoutait-il.

Aujourd'hui, le manche à selfie démocratise cette pratique. Attention toutefois à ne pas vous faire embarquer par la police qui arrête depuis des décennies les messieurs indiscrets explorant sous les jupes des dames. Le musée de la Mondaine, dans les locaux de la Préfecture de Police de Paris, possède ainsi plusieurs exemplaires de diverses "cannes photographiques".

Faut-il alors s'allonger franchement sur le sol, le cadrage n'en sera que plus précis, mais l'Homo erectus n'a pas l'habitude de cette position qui pourtant peut magnifier le sujet photographié tout en le rendant insolite. La solution peut aussi venir des écrans de visée pliables qui facilitent l'exercice, sans avoir à se mettre au ras du bitume.
Au final, "Paris vu par un chien" n'est donc pas un exercice aussi facile qu'il y parait … dur, dur la vie de chien !


>> Jean-Louis Swiners, prix Niepce 1962

>> Jean-Louis Swiners, déjà sur Parisperdu

 

 

 

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Les 30x40 / Club photographique de Paris.

10 Mars 2018, 16:52pm

Publié par barreteau

Les 30x40 / Club photographique de Paris.

Rue de l'Evangile, Paris 1958, Photo ©Jean-Claude Gautrand

 

Les 30x40 ou "Club photographique de Paris" est créé à Paris en 1952 par les photographes professionnels Roger Doloy, Jean-Claude Gautrand et Jean-Pierre Sudre.

Le nom du club, "Les 30×40", provient des dimensions minimales, en centimètres, des tirages admis à la sélection pour les expositions que le groupe organisait régulièrement dans le lobby du Studio 28. Le Studio 28 est un cinéma situé au 28, rue Tholozé à Paris dans le 18ème arrondissement. Ce cinéma existe encore aujourd'hui.

"Les 30×40" éditaient aussi un cahier bimensuel : "Jeune photographie", dont la qualité de ses textes suppléait à l'absence de photographie, impossible à éditer dans une publication ronéotypée !

Le club comptait parmi ses membres, rien de moins que six prix Niepce: Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Jean-Pierre Ducatez, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners et Patrick Zachmann.

Après une période faste autour des années 70, le club a été dissout en 1998.

 

>> Déjà sur Parisperdu : "Jean-Claude Gautrand, L'assassinat de Baltard, Paris 1971"

 

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Les Inconnus du Groupe des XV.

20 Février 2018, 09:12am

Publié par barreteau

Les Inconnus du Groupe des XV.

Café à l'angle rue de la Grange aux Belles et quai de Jemmapes, Paris (Xème arr.) 1396,
©Photo : Pierre Jahan, in "Paris la nuit".

 

Le Groupe des XV est créé à Paris en 1946 par 15 photographes. Outre André Garban, le fondateur du Groupe, les 14 autres membres sont alors : Marcel Bovis, Yvonne Chevallier, Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Edith Gérin, René-Jacques, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Lucien Lorelle, Daniel Masclet, Philippe Pottier, Willy Ronis, Jean Séeberger et René Servant.

Pendant plus de 10 ans, jusqu'à 1957, date à laquelle le Groupe va cesser ses activités, certains membres vont quitter le Groupe alors que d'autres photographes vont le rejoindre.

Dans les années 50-52, parmi les nouveaux entrants, beaucoup sont des photographes humanistes dont nous avons déjà longuement parlé dans Parisperdu. Ainsi, Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab feront partie, pour des périodes plus ou moins longues, du Groupe des XV.

Mais certains membres, surtout parmi ceux qui ont fait partie du groupe dès sa fondation, restent encore aujourd'hui peu connus, on peut ainsi citer par exemple: Lucien Lorelle , Daniel Masclet, Philippe Pottier, Jean Séeberger, René Servant, Louis Victor Emmanuel Sougez, François Tuefferd, Pierre Jahan ou Yvonne Chevallier.
Et même les deux co-fondateur du Groupe : André Garban et Henri Lacheroy sont encore aujourd'hui restés dans l'ombre.
Tous ceux-là forment ce que l'on appellera : "Les Inconnus du Groupe des XV".

 

 

>> Le Groupe des XV sur Parisperdu.

 

 

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Le Groupe des XV.

14 Février 2018, 15:38pm

Publié par barreteau

Le Groupe des XV.

Le Groupe des XV, vers 1946_ Photo ©Jean-Marie et Pierre Auradon

De gauche à droite et de bas en haut : photographe debout (de dos) non identifié, Robert Doisneau (couché), Lucien Lorelle, Willy Ronis, Pierre Jehan, Marcel Bovis (au premier rang) ; Jean-Marie Auradon, Marcel Amson, photographe non identifié portant un chapeau, Emmanuel Sougez, Jean Séeberger, André Gaban (debout au second rang) ; sur l'escabeau, Suzanne la femme de Jean Séeberger, prend la photo.

 

Le groupe des XV est fondé à Paris en 1946 par 15 photographes, d'où son nom …
Il a deux objectifs principaux : faire reconnaître la photographie comme moyen d'expression artistique à part entière et œuvrer à la sauvegarde du patrimoine photographique français.

Pour faire connaitre le Groupe, André Garban, son fondateur, organise chaque année, une exposition collective, souvent dans une galerie parisienne. Et c'est dans son studio de portraits, situé rue Bourdaloue, près de l'église Notre-Dame-de-Lorette, que se tiennent les réunions du Groupe. André Garban organise aussi, dès 1946 le Salon national de la photographie, dans la galerie Mansart de la Bibliothèque nationale.

Outre André Garban, ses membres historiques sont : Marcel Bovis, Yvonne Chevallier, Jean Dieuzaide, Robert Doisneau, Edith Gérin, René-Jacques, Pierre Jahan, Henri Lacheroy, Lucien Lorelle, Daniel Masclet, Philippe Pottier, Willy Ronis, Jean Séeberger et René Servant.

Autour des années 50 – 52 d'autres photographes viendront rejoindre ce Groupe, comme par exemple : Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab ...

Tous défendent les qualités formelles, la maîtrise technique et les valeurs du métier, excluant le pictorialisme et la photographie subjective sans pour autant rejeter les idées neuves, l'originalité, les angles nouveaux. Ils ne dédaignent ni le surréalisme - cher à Pierre Jahan - ni les apports de la nouvelle objectivité.

Ces photographes, tous professionnels, tirent leurs revenus de commandes publiques et privées. Ils collaborent avec la presse (Plaisir de France, Réalité...) et l'édition.

Ce groupe, dissous en 1957, n'est en rien dogmatique et cherche principalement à défendre la photographie française face à l'hégémonie américaine de l'époque. Les photographies faites par ces membres ont souvent le même point commun : la représentation de scènes de rue témoignant de la vie quotidienne et traditionnelle des Français. C'est à ce titre que l'on peut rapprocher le Groupe des XV de la photographie humaniste.

 

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

 

 

 

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La photographie est un défi à la disparition.

8 Février 2018, 12:13pm

Publié par barreteau

 

La photographie est un défi à la disparition.

      Arrière cours, rue de Belleville (1997)

 

Dans les années 70, François-Xavier Bouchart est l'un des seuls photographes, avec Henri Guérard, à quadriller systématiquement Belleville pour prendre des clichés de l'ensemble du quartier, et y compris de certaines rues et passages aujourd'hui disparus : le passage des Faucheux, le passage Kuzner, la rue Vincent …

Ces photographes nous montrent essentiellement des façades d'habitations défraîchies, des arrières cours lépreuses, d'anciens commerces, mais aussi les enfants de ces quartiers, les terrains vagues après des destructions d'immeubles ...
Leur travail propose un regard personnel sur ce quartier populaire si bien mis en images par Willy Ronis, dans les années 50, alors que Belleville et Ménilmontant étaient encore intacts.

Bouchart et Guérard ont voulu photographier ces mêmes lieux durant leur phase de mutations urbaine, économique et sociale. Ils voulaient aussi poursuivre l'inventaire que menait, également à cette époque, Georges Perec pour son documentaire "En remontant la rue Vilin", et fixer dans le bromure d'argent, les restes de ce Paris populaire qui était en train de disparaître.

Aujourd'hui la rue Vilin, même au trois-quarts raccourcie et avec un tracé modifié, a tout de même conservé son nom ; aller au-delà aurait été une insulte à la mémoire et à l'œuvre de George Perec.

Heureusement la photographie est un défi à la disparition car tous ces photographes qui ont arpenté Belleville, Ménilmontant et Charonne, ces hauts quartiers de l'Est, nous donnent à voir un "conservatoire du Paris populaire".

 

 

>> Photographe d'urgence à Belleville

>> Le Belleville des années 70 vu par François-Xavier Bouchart

>> Henri Guérard, photographe : la rencontre manquée.

>> Voir aussi : Le regard sur la ville.

>> La rue Vilin, planche-contact par Pierre Getzler©, juin 1970

 

 

 

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Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

2 Février 2018, 12:06pm

Publié par barreteau

Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

    Rue de Ménilmontant _ Paris 20ème

 

C'est Willy Ronis qui nous parle de son attachement à Belleville et à Ménilmontant :

"Ce quartier, dans l’imaginaire des petits bourgeois qu’étaient mes parents, avait une connotation très péjorative, c'était un quartier de voyous. Je le découvre fin 1947. Ma femme qui était peintre, connaissait un garçon du nom de Daniel Pipard qui habitait 88 rue de Ménilmontant et qui lui avait dit : "Tu devrais venir avec ton mari chez nous, j'ai un chic atelier dans une petite impasse, rue de Ménilmontant, et tu verras, c'est un quartier intéressant."

Et c’est ainsi qu'accompagnant ma femme, j’ai fait la connaissance et des Pipard et du quartier. Daniel Pipard m’a emmené deux ou trois fois voir certains coins pittoresques du quartier et je me suis pris d’un très grand intérêt pour Belleville et Ménilmontant et au bout d'un certain temps, je lui ai dit : "Laisse-moi maintenant, je vais faire des photos, on verra bien ce qui en sortira."
Et chaque fois que j’avais un peu de temps devant moi, je sautais sur ma moto mais comme à cette époque, j'habitais le 15ème, je traversais donc tout Paris pour voir ce quartier et pour aller chez cet ami peintre. Et puis voilà, je me suis pris d'intérêt, d’affection pour ces lieux mais je ne l’ai pas fait en chercheur et en historien, je l'ai fait simplement au pif, comme ça. Je me promenais comme dans une ville étrangère que j’étais peut être amené à ne jamais revisiter.
Je suis assez peu entré chez les gens, j’ai surtout musardé par les rues et les passages. C’est ainsi que j'ai engrangé beaucoup de documents entre novembre 1947 et 1950. Je pensais qu’il y avait là matière à un album. J'ai montré mes photos à une dizaine d'éditeurs, mais ça n’a intéressé personne. Entre temps, j’ai fait la connaissance de Pierre Mac Orlan que Daniel Pipard connaissait bien et qui a bien voulu, à tout hasard, m’écrire une préface pour ce projet. Voyant que je n'obtenais aucun succès en montrant ces photos, je les ai fourrées dans un tiroir et je n’y ai plus pensé.

En 1953, j'ai eu un jour la visite de Claude Arthaud, la fille de Benjamin Arthaud, le fondateur des éditions, et elle me dit : "Voilà, mon père m’a confié la direction d'une collection qui s’appellera Les Imaginaires et j’aimerais bien, connaissant votre travail, commencer avec un album signé de vous. Est-ce que vous avez un sujet que vous voudriez bien traiter ? " Alors je lui dis : "Non seulement cette idée me plaît mais j'ai quelque chose de tout prêt". J’ai ouvert le tiroir où dormaient depuis très longtemps toutes ces photos et cela lui a beaucoup plu. La première édition a paru en 1954. Ce livre a eu un succès d’estime mais une bonne partie est partie dans les boîtes des quais et ensuite rachetée par des soldeurs.

Entre temps, je m'étais tellement épris du quartier qu’il n'était pas question de ne pas y retourner parce que le livre était paru. J’ai donc continué à y faire des photos dans les années cinquante et soixante et puis ma vie a pris un autre tour, j’étais préoccupé par d’autres sujets. D'ailleurs entre 1972 et 1983, ma femme et moi, nous avons quitté Paris pour le Vaucluse et je n’y ai plus pensé. Mais si je me plaisais beaucoup dans le Midi, j’avais quand même une certaine nostalgie de ma vie antérieure.

Et donc en 83, j'avais reparlé chez Arthaud d’une éventuelle réédition du livre car on n’en trouvait plus sauf chez des libraires spécialisés où ils se négociaient fort cher. L'éditeur a acquiescé et la deuxième édition est parue en 84. Elle a été épuisée en trois mois. Depuis il y a encore eu deux autres éditions.
Dans le quartier, il y avait naturellement les nostalgiques, les gens qui habitaient là et qui ont vu changer le quartier, pas en très bien la plupart du temps, et puis également les gens qui s’intéressaient au vieux Paris et pour qui ce livre était un reflet du vieux Paris disparu, enfin presque entièrement disparu".

Après avoir lu cela, vous comprenez aisément pourquoi Parisperdu porte un si vif intérêt à ce quartier de Paris et aussi au photographe qui en a si bien restitué l'atmosphère si particulière et si attachante. Un grand merci, un très grand merci Willy …


>> Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

>> La traversée de Belleville par Willy RONIS.

>> Parisperdu, la genèse du blog.

 

 

 

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Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon

22 Janvier 2018, 15:23pm

Publié par barreteau

 Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon


Reportage sur Paris-plage vers 1936 © André Papillon

 

André Papillon est né en 1910 à Bordeaux. Ayant, pendant la Première Guerre mondiale, perdu son père, officier de marine, ainsi que son frère aîné, André grandit à Bordeaux auprès de sa mère. Puis il rejoint à Paris sa sœur qui est l'épouse du photographe François Kollar, lequel l'initie au métier.

En 1936, devenu reporter indépendant, il couvre le Front populaire et la guerre d'Espagne pour Match, et travaille pour plusieurs journaux et des magazines tels que Regards, Vu …

Photographe engagé, il participe en 1935 à l'Exposition "Documents de la vie sociale" organisée par l'Association des artistes et écrivains révolutionnaires.

Après la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il est mobilisé, il reprend son activité de reporter pour Le Monde illustré, La vie du rail, …

Attiré par la photographie industrielle, il a pour clients Saint-Gobain, Coca-Cola, Oméga, Moulinex, …

Il est également en relation avec de nombreux artistes et écrivains comme Cocteau, Colette, Matisse, Rouault, …
En 1948, il participe à l'exposition de la Photo League à New-York aux côtés de Boubat, Brassaï, Doisneau, Kollar, René-Jacques, Ronis et quelques autres photographes humanistes.

Il cesse toute activité en 1982 et décèdera quatre ans plus tard.

 

>> Pêcheur corse (vers 1948)

>> Le dernier allumeur de réverbères, 1950

>> André Papillon sur Artnet.

>> Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

 

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Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

12 Janvier 2018, 10:05am

Publié par barreteau


Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners
      
Rue Rambuteau, mai 1968

 

Jean-Louis Swiners est né en 1935 à Montreuil-sous-Bois. En 1957, après des études secondaires, Swiners accepte un poste, non rétribué, de porteur de valises du photographe Jean-Philippe Charbonnier. Et, dès le début 58, il fait partie de l'équipe des photographes principaux du groupe Réalités, au même titre qu' Édouard Boubat.

Disposant d'un studio et d'un laboratoire personnel, il se livre - en dehors de son travail salarié - à de multiples recherches personnelles, notamment dans le domaine du portrait.

Grâce, entre autres, à son reportage "Paris vu par un chien", il reçoit le prix Niépce en 1962. Il utilise alors le chèque et le billet d'avion qui l'accompagne pour effectuer un reportage sur les fêtes de la Pâques orthodoxe à Arachova en Grèce.

En 1964, il abandonne la prise de vues et reprend ses études interrompues par la guerre d'Algérie. Il étudie à l'EHESS de 1965 à 1980 sous la direction de Roland Barthes. Durant cette période il demeure fortement ancré dans le milieu du journalisme et de la photographie : il est journaliste à Planète, rédacteur en chef de Terre d'Images puis directeur commercial du mensuel Photo, fondé par Roger Thérond en 1967.

A partir de 1980, il débute une seconde vie. Il invente le marketing de combat et se consacre à l'enseignement de la stratégie d'entreprise et du marketing stratégique à l'European Business School de Paris et à HEC, avec, en parallèle, une activité de consultant en entreprise, sur les sujets de la créativité, de l'innovation et du leadership.

Mais Jean-Louis Swiners n'a pas complètement quitté le monde de la photo. De 1980 à 2006, il fait partie du jury du Prix Nadar. Aujourd'hui, membre des Gens d'Images, il est l'un des rares photographes vivants (avec Yann Arthus-Bertrand) figurant dans le "Who's Who en France".

 

 

>> Discussion avec Jean-Louis Swiners.

>> Photographes Humanistes (11/13) :Éric Schwab

 

 

 

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