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PARISPERDU

photographes

"Une photo, une histoire"

24 Juin 2012, 09:51am

Publié par barreteau

Angle de la rue Courat et de la rue du Clos,  Paris 20ème  - Juin 1996

La photographie c'est l'art du point de vue, c'est capter un instant, arrêter le temps et figer une image, un événement, un paysage, un sourire...
Elle est le reflet du regard que vous portez sur ce qui vous entoure, le monde et ses gens, les événements petits ou grands, marquants ou non.
Mais une photographie n'est pas qu'une image fixe. Bien souvent elle cache derrière elle une histoire, une émotion, un sentiment, un souvenir...


Pourquoi donc m'étais-je, par cette après-midi ensoleillée, posté là, à l'angle de la rue Courat et de la rue du Clos, dans ce coin perdu du 20ème arrondissement ?

Sans doute, cette boulangerie d'un autre âge avait-elle attiré mon attention ? Peut-être même inconsciemment avais-je espéré un remake de la photo de Ronis, où un gamin sort en courant du magasin, avec un pain plus grand que lui … Une photo que Willy Ronis a faite en 1952 et qu'il a intitulée : "Le petit parisien".

Les minutes ont passé, mais personne n'est entré, personne n'est sorti …

Pourtant, quelque temps plus tard, alors que ma patience commençait à s'émousser et que je n'étais plus très concentré sur la boulangerie, le petit bruit de la sonnette me tira de mon attente: quelqu'un venait d'ouvrir la porte et allait sortir de la boulangerie.

Oh l'on était bien loin du gamin de Ronis car c'est un homme "très bien sur lui", en chemisette blanche et cravate sombre qui sortait du magasin.
Mais lui aussi avait son pain à la main … alors j'ai appuyé sur le déclic.



>> Le petit parisien -  1952, © Willy Ronis

>> Histoire de la photo du "Petit parisien de Ronis".

>> Lire aussi sur Parisperdu: "N'est pas Willy Ronis qui veut ..."

 

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Flash-back, rue des Cascades.

8 Juin 2012, 08:41am

Publié par barreteau


Plusieurs fois Willy Ronis m'a parlé de cette image (photo de gauche). Lui qui était si méticuleux, aussi bien dans la prise de vue que dans l'archivage de ses clichés, n'arrivait pas à localiser précisément l'endroit où - dans les années 50 - il avait réalisé cette photo.

Cette petite éclipse dans sa mémoire était quelque chose de très rare, tant Willy savait toujours donner une foule de détails sur chacun de ses clichés. L'écouter préciser les dates, les conditions de chaque prise de vue, les anecdotes liées à telle ou telle image, était toujours un régal.

Mais là, tout ce qu'il pouvait préciser, c'est que : " dans les années 50, c'était un café-guinguette, rue des Cascades je crois mais n'en suis pas très sûr. Il fallait descendre un niveau pour arriver à la salle où j'ai aperçu, au travers de la balustrade de l'escalier, ces joueurs de cartes dans la semi-pénombre. La fenêtre qui les éclaire donne sur un jardin qui suit la pente de la colline de Belleville. Longtemps j'ai parcouru le quartier, questionné quantité de riverains pour essayer de retrouver l'endroit exact … mais rien de probant, certains m'ont dit qu'à l'emplacement de ce bistrot, on avait construit une école … mais eux aussi n'en n'étaient pas certains."

Alors, quand l'autre jour, je suis rentré dans ce bar (photo de droite), ce fut comme un flash, un flash-back même, car immédiatement la photo de Ronis m'est revenue à l'esprit.
Pourtant, ce ne pouvait être-là, car cette fois,  j'étais dans un quartier qui n'avait rien de populaire. J'étais si loin de Belleville … mais si proche de Willy …



>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

 

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" Cette photographie est une petite merveille ! "

14 Mai 2012, 08:36am

Publié par barreteau

© Willy Ronis, Escalier de la rue Vilin, Belleville , 1959

François-Xavier Bouchard, est un photographe peu connu. Il a pourtant beaucoup photographié le Belleville des années 70, le Belleville d'avant son grand chambardement. Aussi, me parait- il particulièrement qualifié pour commenter la célébrissime photo de l'escalier de la rue Vilin, immortalisé par le grand Ronis.

C'est Bouchard qui parle :
" La photo de Willy Ronis, celle des enfants couchés sur la grille, on la visualise. C'est une photo fabuleuse, on ne peut pas la décrire, il y a un équilibre, il y a un sujet, une atmosphère, il y a une histoire. Ces enfants jouent sous l'escalier, l'escalier n'était pas spécialement beau, il avait été soutenu avec des piliers en ciment mais (…) de ce  bout de rue qui donnait sur Paris avec cette vue merveilleuse, plus la rue Vilin qui descendait en courbe, en S, avec ses immeubles à crépi orange et fraise, c'était très beau et c'est vrai que beaucoup de photographes se sont arrêtés à cet angle pour faire des photos. Belleville a eu cet instant de grâce où les enfants jouaient sous l'escalier et on voit la perspective de la rue au-dessus qui redescendait sur la rue de Belleville.
Cette photographie, c'est une petite merveille, c'est une histoire."


Oui, s'il est vrai que beaucoup de photographes se sont arrêtés précisément ici, rue Piat, et ont pris un nombre incalculable de photos, une seule image de cet endroit est devenue une icône universelle: celle des gamins de Willy Ronis …



>> Le Belleville des années 70, vu par François-Xavier BOUCHART.

>> De quelle couleur est Belleville ?

 

 

 

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En marge d'Atget.

28 Avril 2012, 08:06am

Publié par barreteau

Remise de la guillotine, 60 rue de la Folie-Regnault, Paris 11e (Août 1901) par Emmanuel Marie Pottier.


Si Eugène Atget est considéré comme le pionnier de la photographie urbaine, il ne faut pas occulter toute une partie de ces artisans qui ont produit une iconographie importante sur le patrimoine de la capitale. On peut citer alors les photographes qui - à partir de 1898 - ont officié à la "Commission du Vieux Paris": Ferdinand Roux, Jean Barry, Henri Godefroy, les frères Berthaud, Albert Brichaut… L’engouement est alors tel que cette institution organise des concours entre 1903 et 1907, obtenant un certain succès.

En marge de ces évènements, il existe aussi des opérateurs conscients du potentiel de ce patrimoine urbain. Emmanuel Marie Pottier, en est un bon exemple. Fils de cafetier, il débute sa carrière comme boulanger et voyage à travers la France et l’Espagne jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ce n’est qu'en 1898 qu’il s’installe définitivement à Paris et qu'il y commence ses reportages photographiques.

Ses thèmes, que ce soit le vieux Paris ou les motifs décoratifs, sont similaires à ceux d'Atget. Pottier publie ses œuvres en cartes postales avec la mention "Collection du Vieux Paris Pittoresque & Artistique", à l’heure où la carte postale est en plein essor.

Aujourd'hui, ce parfait inconnu se trouve projeté dans la lumière, à l'occasion de l'exposition  "Eugène Atget, Paris" qui vient d'ouvrir au musée Carnavalet. Au tournant des années 1900, tout comme le grand Atget, Pottier, lui aussi, explore les rues de Paris.
L'exposition en cours montre combien il a maîtrisé son sujet. Aussi la présentation de ses clichés à côté de ceux du maître Atget n'a rien d'une usurpation …

Le parfait inconnu devrait l'être un peu moins d'ici quelque temps car l'exposition "Eugène Atget, Paris" va se déplacer dans les mois à venir: Madrid, Rotterdam, Sydney … sont au programme.

A découvrir absolument, pour tous les amoureux de Paris et de la photo à l'ancienne …

 

 

>> "Eugène Atget, Paris",  au Musée Carnavalet : du 25 avril au 29 juillet 2012.

>> Atget, sur Parisperdu.



 

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Le Belleville des années 70, vu par François-Xavier BOUCHART.

20 Avril 2012, 10:00am

Publié par barreteau

Terrain Vague près de la rue Vilin, 1970 F. X. Bouchart, © Nadine BEAUTHEAC-BOUCHART


Dans les années 70, François-Xavier Bouchart est l'un des seuls, avec Henri Guérard, à quadriller systématiquement Belleville pour prendre des photographies de l'ensemble du quartier, et en particulier de certaines rues et passages aujourd'hui disparus : l'allée des Faucheurs, le passage Kuzner, la rue Vincent …

Ses photographies montrent des façades d'habitations, d'anciens commerces, des enfants du quartier, des terrains vagues après les destructions d'immeubles... Les bulldozers et les immeubles éventrés, ont aussi, au travers du viseur de son appareil photo,  retenu son attention.

Son travail propose un regard personnel sur ce quartier populaire si bien mis en images par Willy Ronis, dans les années 50, alors que Belleville et Ménilmontant étaient encore intacts.
François-Xavier Bouchart a voulu photographier ces mêmes lieux en phase de mutation urbaine, économique et sociale. Il voulait aussi poursuivre cet inventaire que menait également à cette époque Georges Perec pour son documentaire "En remontant la rue Vilin", et fixer dans le bromure d'argent, les restes de ce Paris populaire qui alors disparaissait.



>> Impasse du 34 rue Henri Chevreau, 1973 par F. X. Bouchart, © Nadine BEAUTHEAC-BOUCHART

>> Le passage Kuzner Paris 20ème © Willy Ronis

>> Belleville'70 par Jean-Louis Penel.

>> Le livre collectif "Belleville-Belleville", aux Editions Créaphis, (1994), consacre un chapitre à François-Xavier Bouchart, avec 7 de ses photos. L'ouvrage lui est dédié.

 

 

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Sur le banc avec Willy Ronis.

5 Mars 2012, 09:37am

Publié par barreteau

Square Sarah Bernhardt, Paris 20ème


Nous sommes au milieu des années 90 et ce-jour là, Willy Ronis me dit au téléphone: "Il fait beau, je vous propose que nous nous rencontrions dans le square, en bas de chez moi".
En bas de chez lui effectivement car, des fenêtres de son appartement vous aviez une vue plongeante sur ce square Sarah Bernhardt, qu'il aimait tant.

17 heures était l'heure du rendez-vous. C'était je crois, en juin ou tout début juillet. Par courtoisie, pour ne pas faire attendre Willy, je gagne le lieu du rendez-vous bien avant l'heure fixée. Mais en matière de courtoisie, ce Monsieur n'avait rien à apprendre de personne, aussi quand j'arrive sur les lieux, il est déjà là, assis sur un banc, au centre du petit square.

De loin, je reste un moment à l'observer : il a son vieux Pentax sur les genoux, et je remarque qu'il tourne très souvent la tête sur la droite, vers le terrain de jeux des enfants.

Soudain, tel le félin qui bondit sur sa proie, avec une vitesse et une dextérité déconcertante pour un homme de son âge, il place le viseur à son œil et prend deux ou trois clichés d'une scène où un jeune garçon, la tête en bas sur une balançoire, est poussé par une petite fille …

Arrivé à sa hauteur, après les salutations, je demande à Willy ce qu'il vient de photographier. Il me répond laconiquement: "la vie".
Et comme j'insiste pour en savoir un peu plus, il me rétorque:
"Mais la vie, mon jeune ami, la vie tout simplement, rien que la vie, … mais c'est déjà pas si mal". Je n'en saurai pas plus …

Mais maintenant que je repense à ce moment, je me rends compte que Willy me donnait, à cet instant, la clé de tout son prodigieux travail photographique. Tout au long de sa carrière, c'est en effet "la vie" qu'il s'est efforcé de saisir à travers son objectif. La vie au quotidien, simple mais sensible. Et il savait comme personne l'aborder avec empathie et lui donner cette touche de poésie qui transforme ces moments éphémères en éternité.


>> Willy Ronis sur Parisperdu.

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (3/3)

26 Février 2012, 10:45am

Publié par barreteau

Rue Remi de Gourmont - Paris 19ème- juin 1997


Habiter une telle oasis est une chance. Des artistes y ont trouvé un cadre de tranquillité. Patrick Dupond, Jean-Paul Goude, Marc Newson, entre autres exemples, y ont leur point d’attache.

Pourtant, si curieux que cela paraisse, la colline qui nous est chère, en dépit de son pittoresque et de sa situation exceptionnelle au-dessus de Paris, n’a pas alimenté beaucoup l’imaginaire des peintres, des photographes, des cinéastes ou même des romanciers. Il est vrai que, à moins d’y résider, Bergeyre reste discrète, secrète même.

Deux exceptions toutefois : Willy Ronis qui découvre le site au début des années 1950. De ses balades ici, provient l’une des plus belles photos de son œuvre: la descente de l’escalier entre la rue Georges-Lardennois et l’avenue Simon-Bolivar.

Et, plus récemment, Claude Zidi dans “ L’Inspecteur la bavure ”, nous montre Coluche en pétanqueur cocasse sur l’emplacement de l’actuel jardin partagé de la rue Georges-Lardennois, une pente où quelques petits rangs de vigne ont été plantés pour rappeler symboliquement le passé rural et agricole – mais déjà bien lointain – de ce lieu si attachant.



>> Willy Ronis et la butte Bergeyre.

>> Coluche sur la butte Bergeyre, dans "L’Inspecteur la bavure ”.

>> Butte Bergeyre, la secrète ... (2/3)

 

 

 

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Ici, c'est Paris.

10 Décembre 2011, 08:22am

Publié par barreteau


Le travail réalisé, au Printemps 1971, par le photographe Eustache KOSSAKOWSKI qui présentait alors la série  "6 mètres avant Paris", serait désormais totalement impossible.

A cette époque, KOSSAKOWSKI a le regard attiré par les écriteaux indiquant la limite administrative de Paris. Parcourant les portes de Paris, il décide de photographier toutes, absolument toutes les pancartes en tôle ou en ciment portant le nom de la capitale.

Le reportage comptera 159 photos, dont l'objectivité repose sur la distance identique adoptée à l'égard de chaque écriteau (6 mètres), sur la neutralité générée par la prise frontale et le cadrage qui est invariable.

Refaire cet exercice aujourd'hui relève de l'utopie, car, à quelques rares exceptions près, les panneaux "PARIS" ont disparu des portes d'entrée de la capitale.

Qui plus est, à l'approche de la ville, à chacune de ses nombreuses portes, on brouille désormais le message premier par une saturation d'informations.
Une forêt de panneaux vous signale confusément que vous entrez dans une zone en vidéosurveillance, que le stationnement pour livraison est limité à 30 minutes, que les cyclistes sont les bienvenus, etc… etc … !

A telle enseigne que, noyé dans cette forêt de signaux, l'indication "PARIS" peut apparaître comme marginale ...


>> Voir aussi: "6 mètres avant Paris".

 

 

 

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Paris photo, le "off ".

12 Novembre 2011, 09:18am

Publié par barreteau

©Photo : Marc Montméat


Actuellement, Paris Photo célèbre sa 15è édition au Grand Palais et, l'on peut dire qu'avec 135 exposants, originaires de 23 pays, il est devenu un rendez-vous international incontournable pour la photographie.


Mais, en parallèle, depuis l'an dernier, l'on voit émerger un salon "OFF", dédié aux galeries de jeunes photographes. Et, pour sa seconde édition, le salon Photo Off - parrainé cette année par Martin Parr - nous réserve de belles découvertes.

Parmi celles-ci, mon photographe coup de cœur est incontestablement, Marc Montméat. Conseiller d’insertion et de probation en milieu carcéral depuis 10 ans, Marc Montméat, diplômé de sociologie et lauréat du prix SFR jeunes talents photo 2009, s’interroge sur l’Homme et son environnement.

Aujourd'hui, il aborde la "Solitude Urbaine". Dans ses images, il nous pousse à concevoir le monde urbain comme oppressant et soumet même l’idée de "carcéralisation" de la ville.

Son travail, en noir et blanc, n'a - malgré le thème choisi - aucune noirceur, tant l'approche graphique, savamment étudiée, a quelque chose d'aérien qui favorise l'évasion …




>> Marc Montméat, photographe de la "Solitude Urbaine".

>> Courrez vite à La Bellevilloise pour découvrir Paris photo, le "off".

 

 


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A Nantes, Paris n'est pas perdu.

8 Novembre 2011, 09:10am

Publié par barreteau

Le pont des arts - Photo © Damien Vassart


Ce week-end, des amis nantais m'ont offert un tirage pro de cette photo.
Connaissant mes passions pour Paris et pour la photo argentique en noir et blanc … ils ne se sont pas trompés.

Et, pour parodier Georges Brassens, j'aurais pu leur dire ( leur chanter ?… non là, je ne peux pas !):

"Si, par hasard,
Sur le pont des Arts,
Tu croises des amis,
Dis leur merci …"


Alors, merci Armelle, merci Patrick !


>> Le photographe Damien Vassart, site officiel.

>> Ecouter Brassens, … sur le pont des Arts.
 

 
 

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Paris Volé.

18 Octobre 2011, 09:31am

Publié par barreteau

Sur les pas de Willy Ronis : cour du 32 rue de la Mare Paris 20ème.

Le grand Willy Ronis, écrit en 1979, dans son ouvrage "Sur le fil du hasard" :

"On remarque, paraît-il, une certaine mélancolie dans mes photos. Cela s’explique. J’ai eu beaucoup de loisirs forcés au cours de périodes de sous-emploi ; autant meubler ces vides avec la chasse aux images.

Mais de telles conditions n’inspirent pas la joie, surtout qu’entre deux pressions sur l’obturateur on se dit qu’on travaille pour le tiroir.

Mes chasses joyeuses, je ne les vécus que lorsque je volais mon temps à celui que je devais consacrer au travail commandé, ou lorsque le déclic provoqué par un événement inattendu faisait monter la fièvre des grandes émotions. Mélancolie souvent, mais pas pessimisme ; ça ira mieux demain. "

Au cours des années 90, je me suis souvent senti en parfaite harmonie avec ces propos et, confidences pour confidences, moi-aussi, je volais parfois mon temps à celui qui m'employait, … en parcourant incognito l'Est parisien, pour y faire la chasse aux images.

Tant et si bien, qu'en 2005, à la création de ce blog, j'avais pensé lui donner le nom de "ParisVolé" … mais finalement, ce sera : "Parisperdu".


>> Willy Ronis: cour de la rue de la Mare.(1947)

>> Sur les pas de Willy Ronis : cour du 32, rue de la Mare.



 

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Balade alternative.

29 Juin 2011, 08:28am

Publié par barreteau

Passerelle sur les voies ferrées de la Petite-ceinture - rue de la Mare Paris 20ème


Non, Paris n’est pas une ville musée. Cette balade alternative va vous prouver que l’on peut aujourd’hui se balader dans la "ville lumière" sans y voir l’ombre d’un touriste.
Alors, prenez des notes !


C'est une déambulation originale dans le 20ème arrondissement qui vous est proposée, une balade qui se donne l'objectif d'explorer les secrets de la ville et, loin des sentiers battus, d’aller à la rencontre de ses habitants.
Un Paris cosmopolite, insolite, fait de cours intérieures et de coins cachés va s'ouvrir à vous.
Surtout prenez le temps d’ouvrir les yeux et, à la fin de la balade, il est certain que vous verrez Paris différemment …

Point de départ: la rue Piat, dans le 20ème, précisément à son belvédère où tout Paris s'offre à vous : le point de vue est aussi bluffant que du haut du Sacré-Cœur de Montmartre, avec la foule en moins et sans les vendeurs de pacotilles touristiques.

De là, cap sur la villa Castel, un endroit secret où le parfum de "Jules et Jim" flotte encore.
Puis dévalez le passage Plantin, étroit à souhait, son ombre et sa fraîcheur sont délicieuses en plein été. Vous débouchez alors dans la rue des Couronnes, à l'endroit exact où Willy Ronis nous a proposé une vue de l'intérieur d'un bar  - aujourd'hui disparu -  avec une jolie perspective vers la clocher de Notre-Dame de la Croix. En face, la cité Loubeyre vous attend, avec ses anciennes manufactures de chaussures, une des activités de pointe du Belleville des années 50.


Direction rue de la Mare, vous la descendrez pour arriver à la passerelle métallique qui enjambe la voie ferrée de la Petite Ceinture : un lieu plein de charme mais dont la vie s'est retirée depuis que la gare de Ménilmontant a été rasée.

En remontant vers la rue de Ménilmontant, une nouvelle perspective s'ouvre à vous, avec en contrebas, la tour Eiffel, si loin, comme dans une autre ville, mitoyenne peut-être …

Par la rue des Amandiers, dans un secteur modernisé, sans grand charme, il vous faudra chercher votre chemin vers Gambetta. Les rues des Partants et Gasnier-Guy, très pentues ont longtemps résisté à leur inéluctable réhabilitation, elles vous permettront d'atteindre la place Martin-Nadeau qui conserve encore un aspect provincial, près du petit tertre du "Square du Docteur Grancher" sur lequel se tenait le micro-quartier de la rue de la Cloche, aujourd'hui disparu.

Vous aurez alors bien mérité de prendre un verre à la terrasse d'un café de la place Martin-Nadeau… à moins que vos forces vous permettent encore de pousser jusqu'au Père-Lachaise, tout proche …

A l'issue de cette balade, vous aurez découvert un petit monde, une sorte de "quatrième dimension", comme un univers nouveau et étrange … mais pour lequel on se prend vite d'affection …


>> Déjà sur Parisperdu: "Paris n'est pas un musée".

>> Déjà sur Parisperdu: "Partez en voyage …".

>> Déjà sur Parisperdu: "Balade hors des sentiers battus ...".

>> Carrefour de la rue des Couronnes et de la rue Henri Chevreau - 1947 - Photo: © Willy Ronis

  
 

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L'envers de la ville, la ville à l'envers.

23 Mai 2011, 08:45am

Publié par barreteau

Campement de Roms, Bidonville (2002- 2006) -  Boulevard Mac Donald - Paris 19ème

Photo © Eric Garault /Picturetank.

 

 

Le point de départ ne peut être plus concret : une carte IGN de Paris et de sa région. Sur la carte, des zones restent étrangement blanches, sont-ce des terrains à construire, des terrains  militaires … ?
Lorsque vous allez sur place explorer les lieux, les "vides" de la carte n°2314 OT de l'IGN, vous comprenez alors que les cartes n'entretiennent que des rapports très lointains avec le réel !

Souvent, derrière ces occultations suspectes, vous allez découvrir ce que nos villes modernes refoulent vers l'extérieur : une misère odieuse et anachronique, des bidonvilles cachés aux portes de la capitale, des espaces réservés aux sans domicile fixe et aux gens du voyage.
Et, dans le Paris citadin, boulevard Mac Donald, ou Porte d'Aubervilliers, c'est l'envers de la ville, la ville à l'envers : tout ce que nos responsables politiques nous cachent.

 

Ayant vu ce que dissimulait la carte de la région parisienne, on comprend comment, à Washington ou au Cap, on a pu mettre en vente des plans de la ville où, tout simplement, les quartiers pauvres ne sont pas représentés. Des plans de la ville où ne figure qu'un tiers de la ville…

 

A l'heure où les métropoles voient leurs townships et leurs favelas broyés par l'abandon, à l'heure où Paris devient une ville-musée inaccessible; les campements du boulevard Mac Donald ou de la Porte d'Aubervilliers montrent le paradoxe de nos mégapoles : à l'époque du GPS et des caméras de surveillance, nous ne connaissons rien du monde ...



>> Aller plus loin avec le "Livre blanc" de Philippe Vasset.

>> Bidonvilles/Seine, par Eric Garault




 

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Les femmes de Marc Riboud.

22 Mars 2011, 10:12am

Publié par barreteau

Photo © Marc Riboud: Paris, 1953

 

 

Il y a longtemps que j'attendais que Marc Riboud, ce grand monsieur de la photo, nous montre son savoir-faire et sa sensibilité dans une grande exposition parisienne.
L'homme sait se faire rare. Mais enfin, la Galerie Polka, nous donne à voir quelque chose de celui qui doit être le dernier des grands photographes, encore vivant, de la génération des Boubat, Cartier-Bresson, Ronis …

L’exposition, intitulée : "Liberté. Egalité. Féminité", nous montre que tout au long de sa carrière, Marc Riboud n’a jamais cessé de photographier la Femme, les femmes, dans toute leur féminité, que ce soit dans sa campagne tourangelle ou à l'autre bout du monde ...

Et, à travers les soixante années de carrière du photographe, les femmes viennent des quatre coins du monde : elles sont africaines, japonaises, chinoises, … parisiennes.

Aussi, dans ce tour du monde des femmes en quinze portraits, icônes ou inconnues, j'ai voulu voir comment Riboud saisissait la "parisienne". Je pensais trouver un hommage à la mode, à la haute couture, bref à l'élégance de la femme de Paris, reconnue comme telle par le monde entier.

Et bien, pas du tout ... !
Dans l’œuvre de Marc Riboud, la parisienne est une nonne, une religieuse dans un cadrage et dans une pose très esthétique …

Encore une fois, Marc Riboud nous surprend.
Souhaitons qu'il continue à nous surprendre encore longtemps 


>> "La Polka Galerie" 75003, Paris.

>> Marc Riboud face à ses photos (interview vidéo)

>> La religieuse, "cadrage original" ...



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Belles vues de Belleville

30 Décembre 2010, 09:26am

Publié par barreteau

 

Photo: ©Jean-Louis PENEL

 

Jean-Louis est un garçon discret, pendant toutes ces années où j'ai travaillé avec lui, nos échanges sont restés strictement professionnels. Jamais il ne m'a parlé des reportages extraprofessionnels qu'il avait pu réaliser au cours de sa déjà longue carrière.

Et voilà qu'aujourd'hui, je découvre qu'il vient de monter, avec le soutien de la Banque Populaire une exposition de ses photos sur Belleville. Le Belleville des années 70, celui d'avant la grande restructuration de ce quartier de l'Est parisien qui m'est si chaud au cœur.

Quand je demande à Jean-Louis pourquoi il ne m'a jamais parlé de ses escapades photographiques, il me répond par cette boutade: " Je n'avais pas envie que l'on me prenne pour un artiste !"

Alors artiste ou pas artiste ?
A vous de juger, en parcourant, ici, son parcours photographique dans les rues de Belleville, … en 1971.

Merci à toi, Jean-Louis … et continue à nous montrer ton talent.

 

 

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