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PARISPERDU

photographes

Un jeune homme ...de presque cent ans !

21 Novembre 2009, 09:19am

Publié par barreteau


Novembre 2008, il y a tout juste un an, Willy Ronis me fait parvenir un exemplaire de "Ce jour-là", l'un de ses ouvrages qui vient d'être réédité.  Il y ajoute une dédicace, comme toujours très touchante car je sais qu'elle vient d'un homme profondément sincère.

 

Bien sûr, je n'ai pas manqué de remarquer, que cette fois-ci, le tracé de son écriture était terriblement hésitant … mais rien d'extraordinaire, quel sera le tracé de votre écriture à 98 ans ?


Lorsque je téléphone à Willy, pour le remercier de sa délicieuse attention, je lui dis combien ses photos créent en moi des ondes de nostalgie, surtout celles captées dans ce Belleville-Ménilmontant aujourd'hui disparu et que nous aimions tant.

Comme souvent, sa réponse est emprunte de cet humour désarmant que je lui connais bien.
Et c'est avec un brin de malice qu'il me rétorque : " Non moi, je ne suis pas nostalgique … mais j'aimerais bien que ça recommence".

 

Depuis, Willy nous a quittés … et je me remémore souvent ce message d'espoir, de soif de vie … émanant d'un jeune homme de presque cent ans.

 

 

>> Voir aussi : "Au revoir et merci Monsieur Ronis".

 

 

 

 

 

 

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Belle amie.

9 Novembre 2009, 09:29am

Publié par barreteau



"Le photographe sur le qui-vive est comme l'amoureux qui attend une belle amie.

Parfois elle ne vient pas, ou bien celle qui arrive en souriant n'est pas celle qu'il attendait. Qu'importe ! Ce qui compte c'est l'émotion, et l'aptitude à capturer son passage."

Willy Ronis (Extrait du livre "Ce jour-là", aux Editions Mercure de France, 2006)

 

En parcourant l'œuvre de Ronis, je me suis aperçu que beaucoup d'amoureux s'y était donné rendez-vous. Et en relisant les écrits de Willy, j'ai compris qu'il avait trouvé-là matière à rêver, à imaginer et à romancer.
Dans l'escalier, à l'angle de la rue d'Annam et de la rue de la Bidassoa, dans le 20ème arrondissement, ce jour-là, moi aussi j'ai trouvé matière à rêver ...



 >> "Rue de la Bidassoa", voir l'histoire de cette photo, dans Parisperdu.

 

 

 

 

 

 

 

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La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ?

22 Septembre 2009, 09:17am

Publié par barreteau

Photo: © Bertrand Prévost

 


Crise internationale, crise du monde financier, crise des entreprises, mondialisation, délocalisation, crise de l'emploi …

Des milliards de pertes, mais pour qui ? : les actionnaires, les patrons, les épargnants …

Des profits, mais pourquoi ? : parachutes dorés, primes pour les traders, stock-options …

Plan de relance sur plan de relance … Des sommets où le monde politique essaie de rattraper un pouvoir économique non maîtrisé …

Au milieu de ce cataclysme international où l'on perd tous nos repères, nos valeurs, nos références, nous qui voulons comprendre les responsabilités, tirer les leçons de ces erreurs; seule une tribune ouverte à tous, plurielle, libre, nous évitera de sombrer dans l'obscurantisme, l'extrémisme et toutes ses conséquences.

 

Dans un monde médiatique, où tout va trop vite via Internet, la photographie a-t-elle encore une place, un rôle à jouer ? La force de la photographie, devenue numérique, réellement instantanée, est d'être un support majeur qui s'exprime dans notre subconscient.

Au-delà de son message, la photographie est aussi une expression culturelle, un ressenti, une atmosphère et cette qualité reste en ces temps difficiles très prisée par un public toujours plus nombreux sur les photo-blogs, les magazines ou les grandes expositions spécialisés ?
La photographie peut-elle remettre l'homme au centre du débat, le placer au-dessus de la logique économique, financière qui bien souvent l'écrase ou même tout simplement le nie … ?

 

Quelque soit l'actualité, Parisperdu, poursuit sa recherche d'une vision d'un Paris et de ses habitants faite de libre expression et de respect des valeurs essentielles de tolérance et d'humanisme.

Un grand ancien, récemment disparu nous en a clairement indiqué le chemin …

 

 

>> Willy Ronis, un grand ancien récemment disparu …

 

>> Bertrand Prévost, un photographe humaniste d'aujourd'hui ?

 

>> Bertrand Prévost, "Projet des  Parisiens du 19ème."

  

 

 

 

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Au revoir et merci Monsieur Ronis.

13 Septembre 2009, 09:10am

Publié par barreteau


"Les amoureux de la Bastille". 1957, sur les murs de l'Hôtel de Ville, Paris 2005.
Portrait WR:  AFP/Gérard Julien

 

 

Willy Ronis, photographe et amoureux de Paris, nous a quitté samedi 12 septembre. Considéré comme l'un des grands maîtres à penser de la photographie humaniste, il avait 99 ans.

Je suis ému à l'extrême par ce grand départ. Willy, que j'ai eu la chance de pouvoir croiser à plusieurs reprises au cours de ces quinze dernières années, me laisse le souvenir d'une grande sensibilité, d'une gentillesse hors du commun. C'était un être fait de paix tranquille, qui parlait des hommes aussi bien qu'il les photographiait.

J'attendais avec crainte le décès inéluctable de mon très cher "Professeur", car c'est grâce à lui que j'ai "la passion" de l'image, et c'est aussi grâce à lui qu'est né Parisperdu.
Ses photos et la douceur de leurs nuances, la délicatesse de leur lumière, la poésie de leur composition, sont très exactement l'émanation du personnage fait de tendresse et d'imagination que j'ai connu. Avec Ronis, on comprend tout de suite que c'est le photographe qui fait la photo, pas l'appareil...


Un Grand merci, Willy, pour l'œuvre que vous nous laissez, une œuvre à la hauteur du grand homme que vous resterez. Un grand merci aussi pour l'exemple que vous êtes, car pour les nouvelles générations, Willy Ronis, c'est l'école de la photographie par excellence.
La relève ne va pas être facile.

 


>> En mai dernier,  Willy Ronis racontait les circonstances dans lesquelles il a pris un certain nombre de ses clichés les plus célèbres.

 

 

  • Willy Ronis et Parisperdu :

>> La photo de Willy Ronis fait débat …

>> Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.

 

 

 

 

 

 

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Saint-Sulpice entretient le mystère.

1 Septembre 2009, 07:49am

Publié par barreteau

© Sylvain Margaine

 

L'église Saint-Sulpice, située dans le 6ème arrondissement de Paris, est la plus grande église de Paris après Notre-Dame. Deux tours, dont l'une inachevée, constituent l'une des singularités d'un bâtiment truffé d'œuvres d'art. Six architectes et près de 134 ans ont été nécessaires à l'achèvement de sa construction, après que la première pierre eue été posée par Anne d’Autriche en 1646.

 

La récente renommée de l'église provient du retentissement de la fiction "Da Vinci Code", qui attribue à Saint-Sulpice quelques uns des concepts occultes auxquels sont confrontés les héros du film.

L'Eglise Saint-Sulpice a donc suscité, dès 2005, l'attention d'un large public grâce à ce roman de Dan Brown et à son adaptation cinématographique par Ron Howard. Cette année-là, l'église a attiré quelques 200 000 visiteurs supplémentaires. Pourtant l'autorisation de tournage, à l'intérieur de l'église, n'a jamais été accordée par la paroisse, qui a cherché à préserver le caractère sacré du lieu. Malgré tout, des "Da Vinci Tour" font toujours un passage obligé par Saint-Sulpice et figurent parmi les best-sellers des programmes des tour-opérateurs parisiens.

 

 La partie cachée, non-accessible au public, de l'édifice est un véritable labyrinthe de colimaçons et de passages étroits reliant ses 21 chapelles. Avec son vaste péristyle, ses appartements abandonnés cachés sous les toits, ses grands combles tout en bois surplombant les voûtes de la nef …  tout ici est démesuré et entretien une atmosphère étrange et envoutante.

Vous voyez ici la coupole de la chapelle de la Vierge. Elle n'est pas surmontée d'une croix mais d'une étoile comme pour nous indiquer que Saint-Sulpice n'est définitivement pas une église comme les autres … Le mystère et l'étrange se mêlent ici au sacré et au divin.

 

 

 

>> En savoir plus sur l'Eglise Saint-Sulpice.

 

 

>> En voir plus sur les coulisses de Saint-Sulpice.



 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

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La photo de Willy Ronis fait débat.

27 Juillet 2009, 11:10am

Publié par barreteau

Image © AFP

 

 

Quand l'AFP va en Arles pour couvrir l'édition 2009 des Rencontres photographiques, elle s'intéresse - quoi de plus normal -  à l'invité d'honneur, le doyen des photographes français Willy Ronis, 98 ans.  

 

Gérard Julien, le photographe de l'Agence fait son métier et prend plusieurs images de Willy Ronis. Mais photographier un maître de la photo n'est pas si aisé. Le respect qu'on lui voue a naturellement quelque chose d'intimidant et forcément, au moment d'appuyer sur le déclic, un petit frisson vous parcourt le corps …

 

L'AFP, proposera donc avec son interview plusieurs portraits du Maître. Mais le vieil homme, ne se déplace plus qu'en fauteuil roulant, et là est la question : plan large, plan serré, fauteuil dans ou hors cadre … le débat est ouvert, que faut-il choisir ?

 

Par respect, je dirais même par amitié pour Willy, ma réponse est celle du plan serré : une image où Willy nous délivre un franc sourire et des yeux pleins de malice, montrant qu'il a gardé toute sa vivacité d'esprit.

Pourtant ce n'est pas le choix que feront la quasi-totalité des journaux qui reprendront l'article de l'AFP. La chasse au sensationnel est leur credo et l'unique photo qui sera bien souvent publiée est celle d'un Willy Ronis dans son fauteuil roulant, la tête renversée et le visage pâle. Un Willy un peu fatigué, accusant bien sûr le poids des ans, mais surtout las d'être traqué par une multitude d'objectifs sous des angles quelque peu indignes. Oui indignes car Willy qui n'a jamais recherché le sensationnel, qui a toujours su montrer l'homme, même le plus miséreux, sous son meilleur jour … oui Willy méritait mieux que cela.

Si d'ici fin Août, vous passez par Arles, vous pourrez facilement vous en rendre compte …
 

 

>> La Photo qui fait débat /  Image © AFP

 

>> Déjà dans Parisperdu : "Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles".

 

 

 

  

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Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.

7 Juillet 2009, 09:18am

Publié par barreteau


Paris est sans conteste l'un des grands thèmes de Ronis, ses images éclectiques et abondantes, se répondent et se croisent, dans une danse de vie placée sous le signe de la liberté. Le "photographe-polygraphe", comme il se nomme lui-même, fut en effet toujours guidé par le seul souci de s'affranchir des contraintes et des modes. Un artiste autonome, en recherche constante de l'authenticité.

Ronis nous montre simplement les choses et les êtres comme ils sont, comme ils vont, comme ils viennent dans ce Paris, où il va au hasard de la vie, de la ville, "pour provoquer des images", comme il le dit joliment.


"Paris, c'est mon sang!" ajoute-t-il. Dans les quartiers populaires de Belleville, de Ménilmontant, mais dans beaucoup d'autres aussi, il parcourait les ruelles vétustes, les arrière-cours, les squares, les friches urbaines, fixant sur la pellicule les petits métiers, les jeux des enfants, les fêtes foraines et les bals...


Rien de laid ni de vulgaire n'apparaît jamais sur les photos de Ronis. Tout est joie et espièglerie, douceur et volupté, légèreté et humour. Même lorsqu'il traite de sujets difficiles - la pauvreté, par exemple -, il parvient à distiller ce je-ne-sais-quoi de "bonheur malgré tout" et d'humaine tendresse.

Ronis fêtera ses 99 ans aux Rencontres de la Photographie d'Arles, où une rétrospective lui est consacrée. Le doyen des photographes français, a passé trois quarts de siècle à promener son regard bienveillant parmi les hommes, leurs destins, leurs joies et leurs misères. Aujourd'hui qu'il n'exerce plus ses talents, il garde encore cette capacité à s'émerveiller sur le monde, à croire en l'avenir, à ne rien regretter de ce qu'il a vécu.

Mais comment regretter une vie passée à ouvrir grands les yeux, pour faire en sorte que l'ordinaire se révèle extraordinaire ?

 

>> Ecoutez Willy Ronis sur son parcours, sa vision de la photographie, ...

>> Parisperdu et Willy Ronis.


 

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Henri Cartier-Bresson, à vue d'oeil.

16 Juin 2009, 09:12am

Publié par barreteau

Rue Mouffetard, Paris, 1954 © Henri Cartier-Bresson/MAGNUM



Vous avez jusqu'au 30 août pour courir à la Maison Européenne de la Photographie et découvrir cette exposition qui propose de parcourir quelques 320 œuvres d’Henri Cartier-Bresson. Une bonne partie de l'accrochage reprend d'ailleurs les clichés de "Paris à vue d’œil", une exposition présentée en 1984, au musée Carnavalet.

A travers des images apparemment anodines, Henri Cartier-Bresson traque les moments de vie, comme autant d’instants magiques, dans mille et un lieux, mille et un milieux. Il dresse, comme personne, le portrait d’un pays, d'une ville. Et comme toujours, ses images mêlent émotion et regard acéré. Cartier-Bresson nous montre que, même là où ne l'attend pas, la beauté existe … pour qui sait la voir.

Et si au début, ses images montrent surtout des "gueules", le regard s’affine ensuite peu à peu. Ses instantanés affichent alors, une organisation rigoureuse et ultra-soignée : lignes de fuite parfaites, merveilleux travail d’ombres et de lumières, composition impeccable, distance millimétrée, justesse innée du cadre, car il ne recadrait pas.

Bien qu’archi-connues pour la plupart, ces photos éblouissent encore. Récemment, Willy Ronis me confiait que pour lui, "Henri Cartier-Bresson était le plus grand". L'hommage vient de haut …

 
>> Le site web de Maison Européenne de la Photographie.

>> Henri Cartier-Bresson, le site officiel.


 

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Voir et comprendre Paris.

27 Février 2009, 09:44am

Publié par barreteau


Comment voir Paris et comment comprendre cette ville ?
C'est une question que beaucoup se pose et à laquelle le photographe peut essayer de répondre.


On peut décrire Paris à partir des regards de ceux qui se sont déjà approprié cette ville. Les regards des grands maîtres de la photo : les Ronis, Izis, Doisneau ... mais on peut aussi choisir d'arpenter la capitale telle qu'elle est aujourd'hui, avec ses territoires architecturés et ses terrains vagues ...

On en arrive alors à d'autres questionnements. On cherche alors à comprendre quel regard porter sur le réel, comment mettre en mouvement son regard ? Le leur me fascine, surtout celui de Willy, et en voulant voir de plus en plus, on voit de mois en moins ... à moins qu'il ne faille tout reconsidérer autrement ?

Parisperdu tente ce défi singulier, en travaillant avant tout sur la perception de la rue, celle d'hier comme celle d'aujourd'hui.
La photographie est-elle un tremplin pour mieux comprendre cette ville en perpétuelle évolution?
A vous d'en juger !



>> Déjà sur Parisperdu "Le regard sur la ville".
 

 

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Chez Victor, impasse Compans.

15 Février 2009, 09:29am

Publié par barreteau

Chez Victor, impasse Compans.


Il faut monter la rue Compans, monter toujours et encore, s'égarer du côté de la rue de Bellevue, revenir sur ses pas et chercher à nouveau l'impasse Compans. Cette impasse est décidément une énigme, même sur les plans de Paris, on ne l'a trouve pas...
Pourtant elle doit bien être quelque part ...

Une cité de béton se dresse-là, sur le point le plus haut de la rue, juste avant qu'elle ne redescende vers la place des Fêtes. Etait-ce là, le lieu, l'impasse où Willy Ronis a photographié le bistrot guinguette "Chez Victor" ? Prenait-elle le tracé de la rue Eugénie Cotton qui justement contourne les cinq énormes barres du monstre de béton ? Ou bien alors est-ce le monstre lui-même qui a tout englouti dans ses entrailles : l'impasse, la guinguette avec son zinc, ses jeux de boules et ses tables sous la tonnelle ...?

Willy nous dit que "de chez Victor, on avait une vision à 180 degrés: du canal Saint-Denis aux pistes du Bourget...". Par chance, il est aujourd'hui possible de grimper sur l'immense dalle sur laquelle reposent les barres tentaculaires du monstre froid de béton. Ainsi pourrons-nous peut-être retrouver le point de vue de la guinguette ?

Et effectivement, le bistrot guinguette devait bien se situer là, car sous nos pieds, s'étale le quartier de la Mouzaïa avec ses villas en impasse, puis à l'horizon, de l'ouest à l'est: la butte Montmartre, le canal Saint-Denis, les immeubles du Pré-Saint-Gervais ... Mais de nouveau, il est encore là..., notre regard butte sur l'énorme store vénitien que constituent les barres de béton ... et, plus à l'Est nous ne sommes plus autorisés à accéder à la ligne d'horizon.

Les instants de grâce et d'insouciance que Ronis a connus ici, en haut de la rue Compans, sont désormais bien loin ... Heureusement, il nous reste les clichés du maître. Ils nous permettent aisément d'imaginer ce lieu d'une quiétude alors toute campagnarde, dominant une ville qui n'en n'était pas encore vraiment une ...



>> Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955 :"Les jeux de boules et les tables sous la tonnelle" ©Photo Willy Ronis


>> Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955: " La guinguette et son zinc" ©Photo Willy Ronis

 

>> Pour retrouver l'impasse Compans (Extrait d'un plan du 19ème - 1967/68)
 

 

 

 

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Paris Changing

30 Janvier 2009, 09:23am

Publié par barreteau


Rue Galande, 1899 - 1998


Un ami américain vient de m'offrir cet ouvrage en pensant qu'il devrait m'intéresser car il est incontestablement dans ma sphère d'intérêt et d'une proximité certaine avec Parisperdu.

Bel ouvrage en effet et beau reportage parisien de Christopher Rauschenberg, le photographe, mais surtout, excellent travail de la maison d'édition qui a su recréer - pour les photos modernes - les tonalités douces, les nuances, les gris pâles des plaques d'Atget ...


Le choix des sujets, est en revanche plus discutable, car si certains lieux s'imposent d'eux-mêmes ( la Rue Saint-Bon, la Rue de Fourcy, la Cour de Rohan, ...) dans bien d'autres cas, on sent que le photographe s'est laissé allé à une certaine facilité (Versailles, le parc de St Cloud où bien sûr les statues n'ont pas bougé depuis des siècles !..., c'est moins vrai pour le parc de Sceaux, tant il était en friche à l'époque d'Atget).
Le regard du photographe américain s'étonne parfois de choses assez banales pour nous les parisiens (un bénitier à l'Eglise Saint-Sulpice, un candélabre à la galerie Colbert, ...) ou ne s'encombre pas de critères esthétiques comme, par exemple, lorsqu'il découvre un immeuble bâché et qu'il le retient toutefois dans sa sélection des lieux d'Atget (2 rue de l'Abbaye).

Vu l'énorme travail d'Eugène Atget, éternel flâneur du Paris post-haussmannien, les démarches comparatives du Paris d'aujourd'hui avec l'œuvre de ce "photographe archéologue", ont encore de beaux jours devant elles.



>> Christopher Rauschenberg

 

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Les couleurs de Belleville.

26 Janvier 2009, 11:27am

Publié par barreteau


47 et 49 rue Vilin 75020 Paris - Photo ©Philippe Hiraga - 1971


Il y a quelque temps, nous avions posé la question:
"De quelle couleur est Belleville ?"
Et, lorsque sur ce sujet, j'ai récemment interrogé Willy Ronis - lui qui, dans les années 50 a beaucoup photographié le quartier- le grandissime photographe m'a répondu très directement :" La couleur ? Je ne m'en souviens pas, car à l'époque où je faisais ces images, ma vision était exclusivement en noir et blanc".
Puis, lorsque j'insiste pour savoir si toutefois, il "revoit" la couleur du mur du bistrot qui sert de toile de fond à sa photo "Au repos de la Montagne", Willy me rétorque :
"Ce n'est pas la couleur qui avait fait que je m'étais arrêté-là, mais le type en marcel qui prenait un verre à l'intérieur " !
Finalement, nous n'en saurons pas plus auprès de Willy Ronis ...


Mais aujourd'hui, ce sont les photos prises par Philippe lors de la démolition de la rue Vilin, au cours de l'été 1971, qui nous donnent la réponse.
Belleville était donc dans des camaïeux de rouge, de bordeaux, d'orange, de rose, ... c'est dire si les couleurs étaient gaies, et surtout contrastaient fortement avec un état du bâti ... plutôt triste, tant il était dégradé.

Mais pourquoi ces immeubles à la dérive, suintant de pauvreté, sont-ils restés aussi longtemps dans cet état ? Parce qu'ils ont une histoire bien à eux ...
Beaucoup de ces immeubles sont des bâtiments qui ont servi à abriter des gens venus ici pour construire la ville, pour travailler dans ses ateliers et ses usines... Autrement dit, ce sont les HLM d'une autre époque, des édifices construits à la va-vite, avec des murs constitués de matériaux de piètre qualité et, pour leur donner un peu de "standing", ... on les peignait de couleurs chatoyantes.


Au fil du temps, avec la politique de blocage des loyers de l'après guerre, on assista à l'appauvrissement des propriétaires et le quartier s'est rapidement "ghettoïsé". Tout cela a souvent empêché de faire les indispensables travaux d'entretien et, années après années, ces immeubles sont devenus de véritables ruines ...
Et lorsque ces bâtiments ont trop coûté en entretien, lorsque la rentabilité des loyers a trop diminuée, on les a démolit !
Oui, finalement Belleville en a vu ... de toutes les couleurs.


>> Voir aussi :"Elles tombent l'une après l'autre"
- Photo © Philippe Hiraga

>> "Au repos de la Montagne"
- Photo ©Willy Ronis

>> Voir aussi : "Mélanges de couleurs"  


 

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Les dormeurs de la place des Vosges.

18 Janvier 2009, 12:35pm

Publié par barreteau


Place des Vosges, 1972


En cette après-midi d'été, lorsque je pénétrai sur la place des Vosges, mon regard fut immédiatement attiré par une masse sombre, celle d'une auto pas comme les autres...

Il s'agissait d'un London cab, un ancien taxi londonien. Je fis une photo où "l'engin" se coulait dans la célèbre perspective des arcades de la place. Mais je n'étais pas sûr du résultat. Aussi, me rapprochai-je du véhicule, en pensant à Robert Capa, ce photographe de guerre qui disait: "Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près".

Et là, quelle ne fut pas ma surprise: à l'intérieur du "cab", se tenaient deux messieurs: l'un, assis, avait gardé son chapeau, l'autre allongé, l'avait posé à côté de lui. Tous deux étaient immobiles, ... morts peut-être. Mais soudain un léger ronflement s'échappa par la vitre baissée, tous deux dormaient ... profondément.

Comme souvent dans ces cas-là, face aux scènes insolites que je photographie, je me mets à imaginer l'histoire de la photo. Que faisaient donc ces deux dormeurs place des Vosges ?

J'ai d'abord pensé qu'ils étaient partis de Londres, qu'ils avaient roulé toute la nuit, et que d'épuisement ils s'étaient endormis à leur arrivée à Paris. Ou peut-être encore, de façon plus improbable, qu'après avoir pénétré, par hasard, place des Vosges, ils n'en avaient plus retrouvé la sortie et après avoir tourné en rond, pendant des heures, le sommeil avait eu raison d'eux ...!


Plus sérieusement, j'ai extrait cette photo de mes archives après avoir vu l'exposition de Robert Frank, "Paris/Les Américains" au  Jeu de Paume, car l'une de ses photos ("Detroit, 1955") me semble faire écho à nos "Dormeurs de la place des Vosges".

Les photos de Robert Frank, un des derniers géants de la photographie du XXème siècle, témoignent d'une prise de parole neuve - pour son époque - qui rapprochait, de façon vraiment révolutionnaire, le photographe du sujet photographié. Dans la rue aussi, "si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près".


>> Robert Capa, photographe de guerre

>> Robert Frank, "Paris/Les Américains" au Jeu de Paume

 

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Lisa ... ou Mona ?

27 Décembre 2008, 17:00pm

Publié par barreteau

Mod's Hair - 102, Boulevard Ney - 75018 Paris

Elle, c'est Lisa. Mais Eric, son petit ami, l'appelle toujours Mona !
Sans doute à cause de l'admiration qu'il porte à Léonard de Vinci ?
Mona-Lisa était donc toute désignée pour devenir le modèle d'un artiste-peintre, d'un sculpteur ...

Mais c'est un photographe qui, un jour, l'enrôla pour une séance photos. Oh, rien de très artistique, il s'agissait de produire un poster, destiné à promouvoir une chaine de coiffeurs franchisés.
Au dernier moment, le modèle masculin qui devait poser aux côtés de Mona, fit faux-bon ... et c'est Eric qui le remplaça ... au pied levé.
Eric fut soigneusement peigné, on le maquilla et il dû enlever sa chemise, "pour faire plus naturel" lui dit-on.

Au photographe qui lui demandait son prénom, il dit : "Moi, c'est Léonardo, je vis avec Mona, enfin je veux dire ... Lisa". Le photographe ne perçu pas l'allusion et, en une demi-heure, la séance fut bouclée.

Aujourd'hui, Mona-Lisa et Léonardo-Eric s'affichent dans les vitrines d'une multitude de magasins et ce, à travers l'Europe entière. Mais c'est à la porte de Clignancourt que nous les avons réellement rencontrés ...

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" Oui Willy, elle est encore là ... "

6 Décembre 2008, 10:13am

Publié par barreteau


Lorsque j'ai montré à Willy Ronis une photo du 32 rue de la Mare, dans le 20ème arrondissement, il me fit la réponse suivante :
"J'ai bien reconnu l'escalier du 32 rue de la Mare. Peut-être s'y trouve-t-il encore (au 2ème palier) une mini-usine de chaussures ..."

Une recherche dans mes photos me fait trouver la mini-usine en question. On peut en effet lire sur la droite de l'image : "Chaussures JL".


Et bien, oui Willy, la mini-usine est encore là ! ... Et en 2008, les "Chaussures JL" ont toujours leur siège social au 32 rue de la Mare. Mais la "mini-usine" a diablement fondu ... Car si, dans les années où Willy Ronis parcourait Belleville et Ménilmontant, les "Chaussures JL" ont employé jusqu'à une quinzaine de personnes, aujourd'hui l'effectif n'est plus que de trois personnes ... la mondialisation et l'invasion du marché par les productions "Made in China" sont passés par là ...

Lorsque je communique la nouvelle à Willy Ronis, sa réponse sera sans détour: "c'est un petit miracle que tout cela n'ait pas disparu ... mais comment font-ils pour en vivre encore ?"

Il faut dire que tout ce qui gravite autour de Willy, y compris lui-même ..., a une bien belle longévité ! ...



>> L'escalier du 32 de la rue de la Mare, dans Parisperdu.

>> L'escalier du 32 rue de la Mare, vu par Willy Ronis - Photo©Willy Ronis

>> La sarl "Chaussures JL"

 
  

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