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PARISPERDU

photographes

Le dernier visa de Marc Riboud …

2 Septembre 2016, 16:55pm

Publié par barreteau

Le dernier visa de Marc Riboud …

 28ème édition de Visa pour l'image _ Couvent des Minimes Perpignan 01/09/2016

 

En me rendant à l'édition 2016 de "Visa pour l'image", dans cette Mecque du Photojournalisme qu'est Perpignan, je me fais une joie de retrouver le génie de l'œil de Marc Riboud, avec la présentation de son reportage sur Cuba. Des photos quelque peu oubliées mais toujours aussi fortes, 53 ans après !
Mais en sortant du couvent des Minimes, mon téléphone vibre, c'est une notification de l'AFP: "Le célèbre photographe français Marc Riboud est mort". La surprise est totale, le coup est rude, certaines images que je viens juste de voir me reviennent brutalement à l'esprit: Fidel Castro, les petits cubains jouant dans de sordides ruelles, les affiches de la propagande communiste: "URSS y Cuba la mano en la mano" …

Cette sensation qui vous laisse sans voix, Riboud l'avait sans doute eue lui aussi, lors de ce reportage à Cuba, en 1963: car, lors d'un déjeuner avec Castro, le téléphone sonne: "Kennedy a été assassiné".

Marc Riboud qui a parcouru le monde entier (États-Unis, Inde, Chine, Algérie, Afrique noire, Vietnam, Bangladesh, Japon ... et Cuba donc), pour nous rapporter des images d'une grande sensibilité, aura donc obtenu son dernier visa à Perpignan …
Mais au fait, n'est-ce pas justement "le centre du monde" ?


>> Les femmes de Marc Riboud ...

>>Le célèbre "Peintre de la Tour Eiffel" de Marc  Riboud 1953, exposé à Guangzhou, en Chine, en mai 2012 © Chen Yehua / Xinhua / AFP. 

>> Marc Riboud face à ses photos (interview vidéo)

 

 

 

 

 

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La photo qui pose question … ?

21 Juillet 2016, 08:15am

Publié par barreteau

 

La photo qui pose question … ?

David "Chim" Seymour, à gauche, saluant Henri Cartier-Bresson à Paris 1938. David Seymour / Magnum Photos ©.

 

Sur cette image figurent deux photographes majeurs du siècle dernier, deux monstres sacrés: David "Chim" Seymour et Henri Cartier-Bresson " H C-B". La photo a été prise à Paris,  sur les hauts de Belleville, en 1938, lors d'un défilé-manifestation. A cette époque, les deux photographes travaillent pour un nouveau quotidien communiste "Ce soir", dont Louis Aragon assure la direction. Mais, souvent en reportage de longue durée, chacun de leur côté en France, en Europe où ailleurs dans le monde, les deux photographes ont peu l'occasion de se voir car il est rarissime qu'ils couvrent un même évènement. 

Aussi, en ce jour de mai 38, quand ils se rencontrent par hasard sur cette manif, ils se saluent longuement. La rencontre est si exceptionnelle qu'il leur semble justifié de l'immortaliser.

Mais on peut légitimement se poser une question, "Qui a pris la photo" ?

L'histoire ne le dit pas, même si dans les archives de l'Agence Magnum, la photo est créditée ainsi : "David Seymour / Magnum Photos ©". Alors "Chim" avait-il posé son appareil sur un pied et actionné le retard pour capter ce qui serait alors une mise en scène de la rencontre ? Où alors est-ce un comparse qui a pris le cliché, possiblement  avec l'appareil de David Seymour car l'appareil de Chim n'apparait pas sur la photo. Il s'agirait alors d'un comparse moins expérimenté car son cadrage a coupé les pieds de nos deux compères … Quoiqu'il en soit, il est certain que ce n'est pas l'appareil de Cartier-Bresson qui a saisi la scène car H C-B lui, porte bel et bien son Leica en bandoulière … Si vous avez la réponse, n'hésitez pas à nous en faire part. Merci d'avance…


>> Les photographes majeurs sur Parisperdu.

>> Tout savoir sur David Seymour, dit "Chim".

>> Henri Cartier-Bresson, à vue d'oeil.

 

 

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La "pub" dans les années 60 …

22 Juin 2016, 12:23pm

Publié par barreteau

La "pub" dans les années 60 … 

Chez Bébert, Spécialité de Choucroute, 1959_ Paris 10°arr. photo: ©Robert Doisneau

Décembre 1959, le long du boulevard de Strasbourg, à deux pas de la gare de l'Est, Robert Doisneau tombe sur ce traiteur de rue, spécialisé dans la choucroute. Nul doute alors que l'enseigne du commerçant interpelle le grand photographe, car "Bébert", c'est aussi le diminutif de son propre prénom; et puis le slogan publicitaire : "Chez Bébert, c'est du tonnerre" claque … justement comme l'éclair.
Ah, il faut dire qu'à l'époque point n'est besoin d'agences ou de conseillers en communication pour trouver l'accroche qui fait mouche …
À cette époque, les slogans publicitaires étaient "faits maison".
Et, dans la même veine, on aurait pu en trouver d'autres, non moins pertinents:
"Chez Bébert, on fait pas d'manières et on boit d'la bière"
"Chez Bébert, y'a pas d'mystère, c'est la choucroute qu'on préfère"

A vous d'en imaginer d'autres… Le concours est lancé, ci-dessous, en commentaires !




>> Doisneau sur Parisperdu.

 

 

 

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La photo de rue en péril ?

8 Mai 2016, 09:53am

Publié par barreteau

La photo de rue en péril ?

Rue du Retrait © Le Hodja - Blogatou

En conformité avec la loi, tout est flouté : la personne au DAB, sa main retirant l'argent, la caméra de surveillance et la plaque minéralogique de la voiture !… Ouf! On ne risque plus rien rue du Retrait! (Paris XXe). 

La Commission européenne s'est récemment penchée sur la réforme de la directive du droit d’auteur (aussi nommée par ses opposants: "Loi sur la liberté de panorama"). Et,au parlement européen, l'amendement 421 a été longuement débattu. Selon ce texte, les photographes, dans le cas d'une utilisation commerciale, ne peuvent exploiter et partager leurs images sur les réseaux sociaux qu'avec l'autorisation des titulaires des droits des œuvres, principalement architecturales. Ce qui revient à dire que nous ne pourrons plus rien photographier. La photo de rue est en danger, du moins en Europe. Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis doivent se retourner dans leur tombe. Le monde devient fou.

Le résultat de ce texte apporte plus de confusion que d'éclaircissements, aussi le directeur éditorial de l'agence Magnum Photos, Clément Saccomani, portant défenseur du droit d'auteur, doute du signal qu'envoie la Commission juridique à l'heure "où tout le monde a dans sa poche un Smartphone qui peut faire des photos". Car de surcroît, en France, il y a déjà beaucoup de restrictions sur la création.

En effet, au droit d'auteur, que les photographes doivent donc respecter, s'ajoute le droit à l'image. Ce dernier stipule que, sans autorisation des personnes photographiées, le photographe s'expose à des poursuites judiciaires en cas de publication de ses photos.

Par conséquent, en raison des risques de procès, il devient maintenant très compliqué de faire de la photo de rue. Dans l'action, il n'est pas toujours évident de demander à chaque personne photographiée, de remplir un formulaire d'autorisation d'utilisation de l'image.

Symptôme des obstacles rencontrés sur le terrain, Clément Saccomani, a rappelé lors de la dernière exposition "Paris Magnum", que dès les années 90, on a moins d'images de scènes de rue, et donc, par rapport aux périodes précédentes, on a beaucoup moins de personnes photographiées dans la rue.

Alors désormais, avant de prendre votre photo et surtout, avant de la mettre en ligne, veuillez regarder le code civil !

Google dans "Street View" utilise déjà depuis longtemps des algorithmes de "floutage", mais voir du flou en permanence, n'est ni très esthétique ni très bon pour la rétine …

On va voir ce que dit la jurisprudence… car il y a une chance pour que la différence entre le "non commercial" et le "non lucratif" d’une part, puis entre la "réalisation" et la "diffusion" d’autre part, permette de multiples échappatoires. Alors attendons les jurisprudences …


>> La photo humaniste a-t-elle un avenir ?

>> Exemple de formulaire d'autorisation d'utilisation d'image.

 

 

 

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Paris du temps perdu.

14 Février 2016, 10:11am

Publié par barreteau

Paris du temps perdu.

Marcel Proust et Eugène Atget bien que contemporains ne se connaissaient pas.

Leurs œuvres monumentales témoignent de cette même volonté patiente et méticuleuse de restituer la vie de leur temps, ce Paris légendaire de la Belle époque. 

Tandis que Proust s'attachait à décrire la complexité de l'âme humaine, Atget, lui, photographiait les rues, les places, les jardins, les échoppes qui servaient alors de décor au peuple parisien.

Dans l'ouvrage "Paris du temps perdu" que les Editions Hoëbeke viennent de publier, les photographies de l'un font subtilement écho aux mots de l'autre. Et c'est Odette ou encore Albertine que l'on croit reconnaître derrière de furtives passantes, et c’est l'hôtel de la duchesse de Guermantes que dissimulent les lourdes portes cochères photographiées par Atget.
Ces deux regards croisés sur un Paris irrémédiablement perdu suscitent une vive émotion teintée d'une douce mélancolie.

 

 

>> Atget sur Parisperdu

 

 

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"Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

19 Novembre 2015, 12:24pm

Publié par barreteau

" Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

"C'est ça Paris" 1954 © Gianni Berengo Gardin - Courtesy Fondazione Forma per la Fotografia

" Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

"Les Communiantes de la rue de l'Evangile" Paris 18ème 1978 © Elliott Erwitt - Magnum Photos

 

"Une amitié argentique" rassemble 120 tirages noir et blanc de Gianni Berengo Gardin et d'Elliott Erwitt, réalisés entre 1950 et 2014 et présentés, la semaine dernière, au Salon de la Photo 2015 à Paris.

D'un côté, Elliott Erwitt. Né à Neuilly en 1928 et fils d'immigrés russes, il sera remarqué par Robert Capa qui l'introduira à Magnum. Il finira d'ailleurs par diriger la prestigieuse agence. Il a traversé la deuxième partie du XXe siècle en posant les jalons de la photographie moderne, laissant à la postérité les images les plus fameuses de Marylin Monroe, tout comme de nombreux portraits de chiens croisés dans la rue.

De l'autre, Gianni Berengo Gardin. Né en 1930 près de Gênes, il débute la photographie à 14 ans comme un acte de rébellion: en 1944, l'armée italienne sous le joug de l'Allemagne nazie confisquait à la population armes et appareils photos. Il s'est dit que la photo devait être bien intéressante pour occuper autant les esprits des soldats. Moins connu du grand public qu'Erwitt, il demeure l'un des plus grands photographes du XXe siècle, qu'il a documenté dans 250 livres.

Quels sont les points qui rassemblent ces deux photographes et qui justifient de leur consacrer une grande exposition commune?

Il y a d'abord le noir et blanc comme réponse évidente. Si Gianni Berengo Gardin ne pratique pas la couleur, Elliott Erwitt ne le fait qu'à contrecœur. Il y a aussi l'argentique, comme l'indique le sous-titre de l'exposition: "Une amitié argentique". Comme pour la couleur, l'un ne le pratique pas (et voudrait même interdire Photoshop), quand l'autre ne le fait que pour les commandes. Mais ce qui les rassemble est beaucoup plus intime.

Ce n'est pas parce que leurs approches se complètent l'une l'autre qu'ils vont si bien ensemble. Au contraire, Gianni Berengo Gardin résume les choses en deux mots: "Nos deux regards sont très semblables. Ils ne sont pas complémentaires, mais similaires." Une façon de photographier qu'Elliott Erwitt précise: "Cette approche est très simple, elle est en fait une manière d'être. Je me lève le matin, je prends mon appareil photo, et je fais des photos." Pour Gianni Berengo Gardin, cette attitude est la marque d'une époque: "C'est un geste naturel, je crois que c'est propre à notre génération de photographes."

L'amitié qui lie les deux photographes depuis plus de trente ans a un même creuset: la photographie humaniste. Quand, en 1954, Gianni Berengo Gardin emménage à Paris, c'est en partie pour rencontrer le grand photographe Willy Ronis: "J'avais chez moi un petit livre de reportages de Willy que l'on m'avait offert. Je voulais absolument le rencontrer. Nous sommes devenus très amis, nous sommes allés photographier Ménilmontant ensemble. Il est mon véritable maître."

Ils adoptent tous deux la posture du témoin: "Ce sont les sujets qui s'imposent, ce sont eux qui me suggèrent la photo que je dois faire", explique Gianni Berengo Gardin. "Qu'est-ce que je cherche quand je prends une photo? Je ne le sais pas jusqu'à ce que je le trouve...". Une spontanéité reconnaissable aussi bien dans le travail de l'un comme de l'autre. Dans la fascination qu'Elliott Erwitt entretien pour les chiens, par exemple, et qui a donné de nombreuses scènes cocasses. Elle dure depuis les années 40, mais ce n'est que des années plus tard, en examinant des planches contacts, qu'Erwitt réalise la place de ces animaux de compagnie dans son travail.

Les arts graphiques ont aussi leur part de responsabilité dans l'esthétique d'Elliott Erwitt: "Je m'inspire aussi de la peinture, mais encore plus du dessin." Pourquoi le dessin en particulier? "Parce que le dessin est plus direct." C'est là que se rejoignent Elliott Erwitt et Gianni Berengo Gardin dans leur pratique artistique: comme le noir et blanc, le dessin "est une synthèse". Il ne garde que l'essentiel sans s'encombrer de ces couleurs qui distraient le regard. Quand on fait du noir et blanc, il n'est plus question que de lumière.
Et l'exposition du salon de la Photo 2015 le démontre parfaitement.

 

>> En savoir plus sur l'exposition.

 

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Yvette Troispoux, la "photocopine" de Doisneau.

28 Septembre 2015, 12:34pm

Publié par barreteau

Yvette Troispoux, la "photocopine" de Doisneau.

Yvette Troispoux, lors de l'hommage qui lui avait été rendu aux Rencontres d'Arles en 2004.

 

Moins connus que Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat, Izis ou Sabine Weiss, Yvette Troispoux est pourtant l’une des grandes figures de la photographie humaniste. Paris est le cadre privilégié de cette école de photographes. Dans la capitale, les photographes humanistes captent le quotidien des Parisiens aussi bien à leur travail que dans leurs loisirs.

C'est aussi vrai pour Yvette Troispoux, connue comme étant "La photographe des photographes" et surnommée tendrement par Doisneau, sa "photocopine". 

A Paris, elle parcourait les galeries photo et, à chaque vernissage, elle en profitait pour tirer le portrait du photographe exposé, d’où son surnom de "photographe des photographes". Yvette se fondait dans la foule et avant même que le sujet ne l'ait reconnue, elle déclenchait son appareil. Gisèle Freund, Robert Doisneau, Édouard Boubat, Brassaï, Helmut Newton, et tant d'autres se sont laissé immortaliser par Yvette Troispoux. "Je crois les avoir tous photographiés, excepté Niepce, l'inventeur de la Photo ! " aimait-elle dire en plaisantant.

En 2008, l'année suivant son décès, la BnF, a préempté, un fonds composé de l’intégralité de ses négatifs, de ses planches contacts et de ses archives personnelles. Car ces archives sont d’une importance considérable pour documenter la vie de la photographie à Paris sur la période 1950-2000, et sa dispersion aurait représenté une perte sévère pour l’histoire de cette période.

Et cela aurait gravement nui à la reconnaissance de son talent … trop longtemps caché au grand public.


>> L'expo de la BnF.

>> La seconde mort d'Yvette Troispoux par François-Marie d'Andrimont :

 

Le texte qui suit a été écrit pour la lettre hebdomadaire de Photographie.com. Il produit une bonne synthèse des multiples problèmes posés par cette vente.

Françoise Denoyelle, citée par l'auteur, est une collègue historienne de la photographie qui est à l'origine d'une association pour la défense des photographes et de leurs ayants droits, suite à la dissolution de la Mission du patrimoine photographique (ministère de la culture).
Vous pourrez trouver des informations complémentaires sur cette association en consultant son site :
http://www.adidaepp.org



Yvette Troispoux avait beaucoup d'amis. Depuis plus de 75 ans, c'Était carrément tout le monde de la photographie - qui ne la prenait pas vraiment au sérieux, mais « si Yvette n'était pas là, c'est que l'événement n'était pas important », se souvient François Hébel, le
directeur des Rencontres d'Arles. Elle est décédée le 11 septembre 2007. Elle était la "photocopine" des Doisneau, Ronis, Dieuzaide et de tant d'autres qu'elle photographiait avec la simplicité déroutante de son Leica, son cabas au bras. « C'était la seule qui aimait vraiment la photo, les autres ne pensent qu'à Beaubourg » estime, lapidaire, Jean-
François Bauret. Pourtant, une part de l'histoire de la photographie pourrait bien disparaître ce prochain dimanche, car tous les négatifs d'Yvette Troispoux seront dispersés à tous vents lors d'une vente aux enchères, transformant sa mémoire en cendres. « Ce sont les négatifs qui renferment toute l'histoire de la photo. On disperse à Coulommier une part de l'histoire de la photo » s'insurge l'historienne Françoise Denoyelle qui avait pourtant contacté toutes les institutions, et obtenu l'intérêt de la BnF afin que le fond soit protégé.

À défaut d'une préemption, on ne peut que souhaiter que l'une des personnes qui accompagnaient la dame âgée grimper les 5 Étages menant à son petit appartement après un vernissage tardif, puisse acquérir ce fond pour le confier à une institution patrimoniale. Car il y a urgence, déjà la plupart des tirages offerts à la « photographe des
photographes » par de nombreux et célèbres confrères semblent avoir d'ores et déjà disparus. Hormis un tirage de Marc Riboud (le peintre de la tour Eiffel), aucun de ces cadeaux, comme les désignait Yvette Troispoux, ne figure à la vente nous a confirmé en début de semaine Maître Françoise Dapens-Bauwe, la commissaire-priseuse qui parait
totalement dépassée par la tournure de l'affaire. « Il y en avait très peu, cela m'a étonné. Je n'ai, par exemple, pas vu de photo signée Doisneau alors qu'ils étaient intimes » se souvient Alain Bacou qui avait aidé la commissaire-priseuse à préparer la vente. Où sont les tirages offerts à Yvette par Robert, Willy, Jean et les autres ? Nul ne sait. Mr. Beaujeu, le généalogiste qui représentait les héritiers à Paris, nous a précisé qu'il n'y ne reste pas d'autres tirages que ceux présentés
À cette vente. Restent bien d'autres questions : pourquoi cette vente qui ne devrait pas rapporter beaucoup, a-t-elle été décidé alors qu'une institution avait proposé d'accueillir - et d'acheter - le fond photographique d'Yvette ? Pourquoi est-elle organisée loin de Paris, et surtout sans inventaire sérieux empêchant du même coup la préemption ? Ce gâchis symbolise assurément l'absence de protection du patrimoine photographique éclaté aujourd'hui par les intérêts privés et marchands.

Dimanche 22 Juin 2008 à 14 heures, la vente du fonds photographique d'Yvette Troispoux est programmé à l'hôtel des ventes de Coulommiers, vente placée sous l'Égide du commissaire- priseur : Maître Dapsens-Bauve.

 

 

 

 

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Willy Ronis définitivement lié à Belleville.

18 Septembre 2015, 10:34am

Publié par barreteau

 

Willy Ronis définitivement lié à Belleville …

Carrefour rue Vilin - rue Piat - Belleville - 1959 © Willy RONIS

C’était un grand de la photo. Il a "mis en boîte" Paris comme nul autre. Alors six ans après sa mort, Paris rend un bel hommage à cet immense photographe.

Mardi dernier, la Ville de Paris a en effet donné le nom de Willy Ronis au belvédère qui surplombe le parc de Belleville. La dénomination “belvédère Willy Ronis” est ainsi attribuée à l’espace commençant au numéro 7 et finissant au numéro 33 de la rue Piat, à Paris 20ème.

Même si l'on peut considérer qu'elle est un peu tardive, il s'agit d'une juste reconnaissance, car le Belvédère de la rue Piat occupe exactement l'emplacement où Willy a capturé cette célèbre photo, publiée dans son album culte "Belleville-Ménilmontant" ... c'était en 1959 !

 

>> Le Belvédère de la rue Piat aujourd'hui.

 

 

 

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Visa pour l'image 2015

9 Septembre 2015, 11:19am

Publié par barreteau

Visa pour l'image 2015

27 février 2015. Cette opération de démolition à Madrid a entraîné l'arrestation de 11 militants pour le droit au logement qui avaient aspergé d'essence les forces de police. (Photo© ANDRES KUDACKI/AP/SIPA)

Depuis 1989, "Visa pour l'Image" réunit à Perpignan le meilleur du photojournalisme mondial. Chaque année j'y fais une visite pour découvrir ce que les photoreporters les plus talentueux ont dernièrement ramené de leurs périples, parfois hélas au péril de leur vie. Bien souvent il s'agit surtout d'images des guerres qui continuellement ensanglantent la planète. On en ressort invariablement secoué, bouleversé, révolté …

Mais cette année, j'ai fait la découverte d'un thème différent … mais tout aussi poignant.
Il s'agit d'un sujet souvent abordé dans ce blog, celui des expulsions et des démolitions urbaines. Et les recoupements entre les images exposées dans l'église des Dominicains et certains billets de Parisperdu sont manifestes.

C'est le photographe argentin Andres Kudacki qui présente ce reportage, réalisé au cours des trois dernières années, en Espagne.

Durant cette période, l'Espagne est sans doute le pays où la crise immobilière a été la plus rude: avec la précarité - un taux de chômage à 26 % et des baisses de salaires généralisées - des milliers de personnes n’arrivent plus à payer leur loyer ou leur crédit immobilier et sont menacées d’expulsion. D’autres sont victimes d’expropriation à la suite de spéculations immobilières entre les pouvoirs publics et des sociétés privées qui, une fois l'immeuble vidé, vont souvent procéder à sa démolition pour faire "du neuf" plus rentable.

"Je souhaitais parler de l’intimité de ces familles pour montrer leur attachement à leur maison et la gravité de la perte de leur logement" nous dit Kudacki qui a travaillé sur la détresse de nombreuses familles madrilènes et nous en délivre des images bouleversantes.

A voir absolument, jusqu'au 13 septembre 2015 à Visa pour l'Image à Perpignan.


>> Le photographe Andres Kudacki - site officiel

>> L'une des images les plus poignantes: Carmen Martinez Ayudo, expulsée à 85 ans !

>> Démolitions des murs, démolitions des vies.

 

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Mes conversations avec Willy Ronis.

22 Juin 2015, 09:38am

Publié par barreteau

Mes conversations avec Willy Ronis.

 Willy Ronis en 1979 - Copyright © Martine Franck / Magnum Photos
 

Nous sommes le 26 septembre 1995 et je rencontre Willy Ronis pour la première fois. Ce jour-là, Ronis donne une projection-conférence à la Fnac Etoile et à la fin de celle-ci, c'est Régis Debray qui m'introduit auprès de lui. Il y a bien longtemps que les photos de ce grand Monsieur m'émeuvent et aussi m'inspirent. Alors tout de suite, je lui fais part de mon admiration pour son travail sur Belleville-Ménilmontant, ces quartiers populaires de l'Est parisien qu'il a si bien photographié.

Je lui parle de sa photo du 32 rue de la Mare et là, … c'est le déclic. D'un ton enthousiasme, il me demande si j'y suis allé récemment et si la fabrique de chaussures est toujours là ? " Oui -lui dis-je, elle était même encore en activité lorsque que j'y suis passé il y a environ 6 mois. Je pourrais même vous montrer les photos que j'ai prises à cette occasion".

Plus tard lorsque je mets en ligne sur Parisperdu les dites photos, je le fais savoir à Willy Ronis. Il me répond aussitôt : "Je regrette fort de ne pouvoir répondre à votre blog, n'étant pas informatisé … mais si vous vouliez venir chez moi, rue de Lagny, nous pourrions en discuter".

Si je voulais venir ? Et comment, que je veux bien … "Trop d'la chance", comme disent les ados. Un rendez-vous est rapidement pris.

La suite vous a déjà été contée par le détail, ici-même, dans Parisperdu, et vous pouvez découvrir ou redécouvrir tout cela, en seulement quelques clics:

- "Oui Willy, elle est encore là ..."
-
Sur le banc avec Willy Ronis.
- Les couleurs de Belleville.
- La rue Laurence Savart, si chère à Willy ...
- Chez Willy Ronis, grand témoin du Paris des petites gens.
- Un jeune homme ...de presque cent ans !
- Arles 2009, et ce fut la dernière ...
- La photo de Willy Ronis fait débat ...
- Dernier appel !
- Au revoir et merci Monsieur Ronis.
- Retour rue de Lagny.

 

Un mot encore, un simple post-scriptum, au sujet de ces entretiens, les 4 "spots" comme disent les "surfeurs", ou si vous préférez les 4 lieux qui revenaient sans cesse lorsque nous évoquions nos déambulations dans les rues de l'Est parisien étaient:

- Le 32 rue de la Mare,

- La butte Bergère,

- La rue de la Cloche,

- la cour de la rue du Retrait.

 

Que reste-t-il de ces lieux aujourd'hui ? Plus grand-chose, à part bien sûr la discrète butte Bergère …

 

 

>> Willy Ronis sur Parisperdu …

 

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Émile Savitry, photographe méconnu.

8 Juin 2015, 08:30am

Publié par barreteau

Émile Savitry, photographe méconnu.

Dans un bar de Pigalle, un apache et sa protégée, Paris, 1938, © Émile Savitry

Encore un photographe de talent, un photographe humaniste qui longtemps est resté dans l’anonymat avant que son œuvre photographique émerge de l’obscurité à partir de 2006, à l'occasion de la belle exposition à la BNF consacrée à la "photographie humaniste 1945-1968".

On se souvient pourtant qu’entre 1932 et 1934, il fut l'assistant de Brassaï et aussi qu'il a fait partie de l’une des grandes agences photographiques de l’après-guerre, Rapho, dans laquelle on retrouvait entre autres Robert Doisneau et Willy Ronis qui feront partie du fameux Groupe des XV. Curieusement Emile Savitry n’en sera pas.

D'abord artiste-peintre, Emile Savitry, décède en 1967. Peu après, Claude Roy écrit à son sujet "il avait plus d’une corde à son art: peindre, photographier, voyager (ne rien faire). Mais ce qui ne l’intéressait pas c’était de réussir".
C’est peut-être pour cette raison que son œuvre est restée aussi longtemps dans l’ombre. 

 

>> En savoir plus sur Emile Savitry.

 

 

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L'histoire singulière du 88 rue de Ménilmontant.

6 Avril 2015, 09:12am

Publié par barreteau

 Cour-impasse du 88 rue de Ménilmontant - Paris 20 ème (2012)

A partir d'octobre 1946, les Ronis déjeunent régulièrement le dimanche chez Monsieur et Madame Pipard, au 88 rue de Ménilmontant. C'est ainsi que Willy va découvrir le quartier de Belleville-Ménilmontant et, ce quartier deviendra l'un des thèmes de prédilection de son œuvre photographique. Il y reviendra régulièrement toute sa vie …  jusqu'à plus de 80 ans !
Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

Daniel  Pipard est alors un artiste peintre, un confrère donc de Marie-Anne, l'épouse de Willy.
Pipard, plutôt mégalo, se considère comme un grand artiste, et se fait appeler - excusez du peu -  le "Duc de Ménilmuch".

Outre les Ronis, il compte parmi ses amis Jacques Prévert, Robert Doisneau, Sacha Guitry, Boris Vian, Edith Piaf, Charles Trenet, Maurice Chevalier, et bien d’autres célébrités … qui toutes fréquentent régulièrement l'impasse du 88 rue de Ménilmontant, là où Pipard a son atelier. Le "duc de Ménilmuch"  y donne des réceptions au cours desquelles l'art et la poésie sont à l'honneur.

De 1945 à 1978, ce lieu sera l'un des cercles artistiques de Paris parmi les plus courus.
Cette époque s'achève brutalement avec la mort accidentelle de Daniel Pipard, le 24 février 1978, renversé par une voiture. Il repose au cimetière du Père Lachaise. Sa femme et sa fille habiteront l'impasse jusqu'en 1982.

Quelques années plus tard, l'atelier des Pipard est transformé en une manufacture de miroirs.
En 1999, l'entreprise déménage en banlieue et, les locaux abandonnés deviennent un lieu alternatif haut en couleur "réquisitionné au nom du peuple pour créer un espace libre" (sic).

Mais en 2009, le couperet tombe, les squatteurs de la miroiterie doivent partir.
Les "miroitiers" résisteront trois ans, mais l'argent reprend ses droits, et bientôt nous aurons là un une belle résidence pour bobos chics...
Fermez le ban, et circulez, … il n'y a plus rien à voir !


>> Le peintre Pipard vu par Willy Ronis (1948)

>> Le peintre Pipard vu par Robert Doisneau (1953)

>> En savoir plus sur Daniel Pipard, le Duc de Ménilmuch'

>> La reconversion temporaire de "La Miroiterie" en salle de concert.

 


 

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Poussettes duo.

10 Mars 2015, 14:50pm

Publié par barreteau

Cour du 42 Rue d'Avron, 75020 Paris (mai 1994)

Pourquoi ce jour-là ai-je poussé la porte cochère du 42 rue d'Avron ?

Sans doute parce que j'ai vu cette pancarte qui la surplombe et qui indique "Maison Mosca, au fond de la cour à droite". Voilà bien le genre de détail qui m'incite toujours à aller plus loin …

Il n'y a pas âme qui vive dans la cour, mais elle est encombrée par quatre ou cinq poussettes … toutes identiques, toutes biplaces …! Or ce type "d'engin"  transporte habituellement des enfants jumeaux … Il y aurait donc en cet endroit autant de jumeaux ? Bizarre !

Cette bizarrerie n'est pourtant pas ce qui me fera appuyer sur le déclencheur de mon appareil photo … c'est plutôt le lointain souvenir d'une image qui ressemble à la scène que j'ai sous les yeux. Oui voilà ce qui me poussera à l'action.
L'image en question à pour titre : "Villa du Parc", elle a été prise non loin d'ici, en 1948, par un certain Willy Ronis …


>> "Villa du Parc", © Willy Ronis _ 1948.

 


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#LeicaValentine

13 Février 2015, 10:45am

Publié par barreteau

Photo: © Peter Turnley - ID #78Paris, 2013

Leica lance à l'occasion de la Saint Valentin un concours Photo sur le thème de l'amour avec le hashtag #LeicaValentine. Et comme le parrain de l'opération est le photojournaliste Peter Turnley, un américain  vivant depuis bien longtemps à Paris, on aura compris que les amoureux de (ou à) Paris seront aux premières loges.

Pour trouver de l'inspiration,  consultez les photos de Peter Turnley sur le Blog Leica qui nous parle de ses photographies sur l’amour et les amoureux, toutes réalisées à Paris.



>> Consulter le blog Leica.

>> En savoir plus sur Peter Turnley.

 

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Autour du "Ballon rouge".

14 Juillet 2014, 09:53am

Publié par barreteau


Le film d'Albert Lamorisse : "Le Ballon Rouge" a été tourné en 1956, dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant.

Ces photos montrent comment Ronis a inspiré Lamorissse pour certains plans de son film. Et aussi comment Lamorisse - à son tour - inspirera Doisneau.

En effet, on retrouve le vitrier de la rue Laurence Savart (photo de Willy Ronis) dans la rue Piat (pour un plan du film d'Albert Lamorisse). Et l'on est au même endroit de la petite ceinture pour le "Ballon rouge" et pour la "Passerelle à vapeur" de Robert Doisneau !

Mais qu'y a-t-il d'étonnant dans ces similitudes ?  
Rien, car Lamorisse, Doisneau et Ronis se connaissaient tous les trois et chacun connaissait le travail de l'autre.
Lamorisse a en effet commencé comme assistant photographe de François Tuefferd, qui n'est autre que le cofondateur avec André Garban, en 1946, du Groupe des XV auquel appartenaient également Willy Ronis et Robert Doisneau.

Le monde est petit … surtout à Belleville et à fortiori dans les années 50 …


>> Le "Ballon rouge", déjà sur Parisperdu.

>> Le "Groupe des XV"

>> "Qu'est devenu le ballon rouge?", un hommage à Albert Lamorisse.


 

 

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