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PARISPERDU

photographes

Lily Franey, amie humaniste de Willy (1) : sous les jupes des femmes.

18 Avril 2022, 15:40pm

Publié par barreteau

 

Lily Franey, une amie de Willy.

© Lily Franey"Cité du Val de Marne" (1991), sur le thème du poème "Tout dire" de Paul Eluard.
© Willy Ronis : "Place Vendôme - Paris, 1947".

 

J'ai fait récemment la connaissance de la photographe Lily Franey via l'Agence Gamma-Rapho qui gère ses droits. C'est ainsi que j'ai acquis l'autorisation de la publication du portrait de Willy Ronis qui figure sur un récent billet de Parisperdu, une photo prise par Lily Franey en 1993.

Lily Franey est née à Paris en 1947. Issue du monde ouvrier, elle travaille en usine dès l’âge de 14 ans. A partir de 1980, elle s’oriente vers la photographie. Mariée, mère de deux enfants, elle part pendant trois ans au Maroc avec sa famille. Elle y réalise ses premiers reportages qui seront publiés dans la presse. Puis, bien d'autres suivront : Au Nicaragua, elle photographie les Indiens Miskitos, au Mexique elle s’intéresse au sort des réfugiés du Guatemala, en Éthiopie et au Soudan, elle témoigne de la famine de l’hiver 1985. Elle parcourt ainsi l’Afrique de l’Ouest, le Vietnam, Madagascar, le Laos, l’Afrique du Sud, le Kurdistan et le Liban.

Son travail s’inscrit dans la démarche des photographes humanistes. Ses interventions constantes dans le monde du travail l’amènent à participer en 1991 à une grande exposition sur la vie des machinistes de la RATP, parrainée par Robert Doisneau. Les problèmes sociaux, plus précisément ceux de la vie des femmes, de la jeunesse et du monde de l’enfance sont au cœur du travail de Lily Franey qui se veut témoin de son époque.  Elle s’intéresse également à la ruralité et a réalisé une enquête photographique sur la transmission de la mémoire et les relations entre générations dans les villages du Livradois en Auvergne.

J'ai choisi ici une photo, sans doute un peu atypique du travail de Lily Franey mais pour moi, à la vue de cette photo, cela a été comme une évidence : j'ai instantanément revu une photo de Willy Ronis : "Place Vendôme - Paris, 1947".
Je suis certain que Lily ne m'en voudra pas d'avoir un peu occulté son combat qui souvent est au cœur de son travail photographique. Mais comme Willy était son ami, il est juste qu'elle se retrouve maintenant ici, en sa compagnie.

 

 

>> Lily Franey, site officiel.

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

 

 

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Les conseils de Willy Ronis aux photographes.

29 Mars 2022, 11:11am

Publié par barreteau

Le photographe Willy Ronis photographiant dans le bus à Paris, France, en 1993. © (Photo Lily FRANEY / Gamma-Rapho)

 

C'est Willy Ronis qui nous parle photo et qui - au passage - donne quelques précieux conseils aux photographes amateurs. A méditer puis à appliquer lors de nos prises de vues !
Ecoutons-le:

"Au moment du déclic, il y a toujours l’appréhension. Lorsqu’on travaille sur le vivant, il y a toujours une fugacité génératrice d’angoisse. « Est-ce que j’ai pris le bon moment ? ». Cette angoisse m’a toujours tenaillé.
Ensuite, il y a le moment du développement. Quand je développe, il y a naturellement la grande inconnue : « Est-ce que j’ai appuyé au bon moment ? N’ai-je pas négligé quelque chose qui, dans le fond, casse complètement l’intérêt de mon image ? Quelque chose qui prend une importance que je n’avais pas prévue au moment où j’ai appuyé ? ».
Physiologiquement, l’œil n’est pas construit pour embrasser tout le champ visuel avec la même capacité d’analyse. L’œil est un toucher à distance. Et on ne touche qu’un seul objet à la fois. L’œil est incapable de capter en photographie une vision globale : le principal et l’accessoire. Il y a toujours le danger que l’accessoire tue le principal.
L’exemple le plus simple, c’est le jeune homme qui photographie sa petite amie dans un jardin et ne fait pas attention qu’elle a un arbre qui lui sort de la tête. L’arbre est à trois mètres derrière mais il regarde la fille, pas ce qu’il y a derrière elle ! Ça, c’est une chose à laquelle il faut toujours avoir l’esprit : que se passe-t-il derrière et sur les côtés ?
C’est pourquoi j’aime tant les marchés. À mon avis, on touche là la plus haute difficulté photographique. On voit quelque chose d’intéressant mais quelque chose à côté peut tuer complètement ce que l’on voit : ou bien c’est un grand trou – et alors ça casse la composition – ou bien ça n’est pas bon et ça rentre en contradiction avec ce que l’on a voulu exprimer.
Il faut avoir l’œil partout.
Dans ces conditions, avec toutes ces contraintes, la photo parfaite pour moi serait celle où j’aurais pu communiquer à celui qui la regarde l’émotion qui a déterminé le déclic. Je veux faire participer. Je veux montrer quelque chose qui m’a ému et je voudrais que ce soit parfait.
Donc, les questions formelles sont extrêmement importantes. Je suis un fou de la forme. Pour moi, il ne peut pas y avoir de contenu exprimé s’il n’y a pas une forme complètement châtiée dans tous ses détails. Ou alors… c’est un cas très spécial. Par exemple lorsqu’il n’y a qu’un seul personnage avec un fond inexistant ? A ce moment-là, c’est la simple expression du personnage qui compte. Mais la composition est ce qui requiert mon attention la plus vive.

Je m’autorise à mettre en scène ou à faire recommencer une situation en reportage commandé, jamais la photo libre. Dans la photo libre, la composition se fait spontanément par le fait du hasard combiné avec votre aptitude à vous placer au bon endroit. Là, on photographie d’abord avec ses pieds. Cette composition sur le vif est évidemment très difficile ".

Voilà pourquoi Willy Ronis est toujours en attente du sujet. Il guette, il épie, mais le hasard fait ce qu’il veut, aussi il lui faut être en embuscade du hasard.
La chance, dont il parle souvent, se mérite et s‘apprivoise avec "une vision globale".
Il faut donc regarder partout pour ne pas tuer l’essentiel.
La vie immédiate est sa passion : " J’aimais le mouvement, c’est l’œil qui fait la photo". 

Il avait l’œil partout, mais surtout sur le cœur. Et ses photos sont pleines d’histoires en suspens… "J’ai remercié le destin de m’avoir fait photographe. Cela m’a probablement préservé de souffrances intolérables".
Et pendant ces 99 ans passés parmi les hommes, il aura promené son regard d’enfant, et sa soif d'amour pour l'Humain.

Du Front populaire des années trente au Paris bétonné des années soixante-dix, en passant par la lumière de la Provence, la poésie de Paris, les gens de peu des campagnes, les travailleurs des usines, les loisirs sur les bords de la Marne, les fêtes populaires, … Ronis rapporte la "geste populaire".

Plus promeneur que photographe, plus humain qu’artiste, il demeure, lui seulement redécouvert à 75 ans, comme une des plus belles sources de fraîcheur et d’émotion, qui soient arrivées à l’art de la photographie.

Peu de temps avant sa mort, dans une interview accordée à un grand quotidien, au journaliste qui le questionnait : Qu’aimeriez-vous que l’on dise de vous ?
Willy Ronis répondait : "J'aimerais qu'on dise, c’était un brave type et il était bon photographe".

Alors finalement quelle trace a-t-il laissé ? Une trace d'harmonie, de paix, d'humanité et une grande émotion chez tous ceux qui l'ont connu.
Je suis content d'avoir connu Willy Ronis. C'est une chance.

 

>> Willy Ronis sur Parisperdu.

>> Les photographes humanistes sur Parisperdu.

 

 

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Henri Cartier-Bresson : "Revoir Paris".

22 Septembre 2021, 10:44am

Publié par barreteau

Revoir Paris.

Sous le métro aérien, Paris, Boulevard de la Chapelle, 1951 Copyright : Henri Cartier-Bresson (photo recadrée)

 

Pour sa première exposition après sa réouverture, le Musée Carnavalet – Histoire de Paris s’associe avec la Fondation Henri Cartier-Bresson pour mettre en lumière l’importance de Paris dans la vie et l’œuvre de ce photographe, l’un des plus grands photographes français du 20e siècle.
L'exposition s'intitule sobrement "Revoir Paris", une ville qui l'a inspiré pendant près de 40 ans. 

Dès 1931 et jusqu'en 1973, cet artiste français a constitué une œuvre monumentale avec des milliers de clichés qui ont marqué l'histoire. Il a posé les bases de la photographie de rue avec, notamment, de nombreuses photos prises à Paris car Cartier-Bresson voyageur au long cours, a toujours eu Paris comme port d’attache.

Dans cette ville, qu’il ne cesse de redécouvrir, son appareil photo ne le quitte pas. Photographier est une respiration, une affirmation, une protestation parfois. Ses images parisiennes qui figurent en bonne place dans son œuvre, témoignent de ses errances. Cette mosaïque d'images définit aussi un flâneur particulièrement attiré par les quais de la Seine et le Paris des marges.


>> A voir absolument jusqu'au 31 octobre 2021 au Musée Carnavalet : 23, rue de Sévigné 75003 Paris

>> La même image, non recadrée

>> Henri Cartier-Bresson sur Parisperdu :

(1)

(2)

(3)

(4)

(5)

 

 

 

 

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Le petit Parisien.

5 Juin 2021, 10:32am

Publié par barreteau

Le petit Parisien.

  Photo : © Willy Ronis / Rapho, 1952

 

L’image nous est familière tant elle fait partie des icônes de la photographie.

On le sait, Ronis n'aime pas les photos mises en scène... Il y a pourtant une notable exception, pour cette photo connue dans monde entier et intitulée: "Le Petit Parisien", une photo prise en 1952, montant un gamin avec son pain presque plus grand que lui ! Et cette photo a eu un succès extraordinaire. On en a fait des posters, des cartes postales.

Ronis nous explique ce que nous ne savons pas de la photo :

"Dans la file d'attente d'une boulangerie, j'ai avisé un gamin qui avait l'air déluré. Il était avec sa grand-mère à laquelle j'ai demandé s'il pouvait sortir avec son pain et courir pour que je le photographie. Elle était d'accord.

Je me suis posté un peu plus loin, j’ai attendu. Il a acheté son pain et il a couru, de façon si gracieuse et si vivante. Je l’ai fait courir trois fois, sur quelques mètres pour avoir la meilleure photo.

Ce garçon-là, je l’ai retrouvé grâce à sa belle-mère qui, un jour, s’est manifestée et m’a téléphoné. Grâce à cette femme, j’ai pu aussi retrouver le nom de la rue où j’avais fait cette photo : la rue Péclet dans le 15ème.

Alors j'y suis retourné pour voir si j’allais retrouver la porte, si j’allais me souvenir. La maison n’avait pas été ravalée, c’était exactement le même décor, et j’ai eu la preuve que c’était bien là parce que sur le cliché complet il y avait en bas de ce mur un regard pour le gaz, comme une petite boîte en fonte, qui était resté à la même place. Le regard n’avait pas bougé pendant toutes ces années !"

Alors moi aussi je suis retourné récemment dans la rue Péclet… Aujourd'hui, il n'y a plus de boulangerie, plus de maisons ressemblant à celle du cliché de Ronis, plus de petit regard de gaz non plus. Mais il nous reste cette image lumineuse, gaie, vivante de ce petit Parisien.
Merci Monsieur Ronis, vous qui savez si bien transformer ces moments éphémères en éternité.

 

 

>> Ce jour-là, p. 189.

>> "Je l’ai fait courir trois fois, sur quelques mètres pour avoir la meilleure photo". Les contacts des photos © Willy Ronis / 1952

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : L'Intime (9_10)

29 Avril 2021, 12:39pm

Publié par barreteau

 

 Willy Ronis ou la preuve par 9 : L'Intime (9_10)

 “La vieille dame dans un parc, Nogent-sur-Marne », 1988©Willy Ronis

 

L'Intime de Willy Ronis c'est toutes ces photos qui dévoilent des facettes de sa vie familiale avec sa femme Marie-Anne et son fils Vincent.

Cette photo que Ronis a intitulé : “La vieille dame dans un parc, Nogent-sur-Marne" a été prise en 1988.
Ecoutons Ronis nous parler de cette image où l'on devine plus qu'on ne voit Marie-Anne, alors atteinte par la maladie d’Alzheimer, c'est très émouvant :

« Ce jour-là, justement, j’étais dans son petit appartement qui donnait sur le parc de la maison de retraite. La vue était très belle.
Marie-Anne donnait des signes de fatigue et, en regardant par la fenêtre, je m’étais dit que j’aurais aimé la photographier dans ce parc, assise sur le petit banc de pierre qu’on voyait de la chambre. Cette réflexion, je me l’étais faite pendant l’été, et je me disais : « Non, ayons de la patience, ce sera beaucoup mieux en novembre ». Je préférais prendre cette photo en automne, je voulais voir les feuilles mortes par terre, je savais que ma photographie serait plus symbolique. Elle dirait le retour à la terre, imminent. Alors, j’ai attendu. Et j’ai eu raison.
Marie-Anne a d’ailleurs vécu encore trois ans, et nous la voyons, toute petite, sur le banc de pierre, au milieu des feuilles mortes. Cette photo, naturellement, m’est très chère, je ne peux pas en dire davantage. Marie-Anne fait partie de la nature, du feuillage, comme un petit insecte, dans l’herbe. Nous avons vécu ensemble quarante-six ans. »

Y a-t-il une différence d'attitude entre l'amateur et le professionnel lorsqu'ils photographient leurs proches ? Je ne le crois pas. Dans les deux cas, en effet, il s'agit d'une activité foncièrement sentimentale, puisqu'elle se manifeste chez soi ou ailleurs en un moment de détente en week-end, en vacances. Se trouvent par là-même associés, quel que soit celui qui photographie, le désir de conserver, au fil du temps, la mémoire des lieux et des images des êtres qui leurs sont chers.

 

>> Willy Ronis et Marie-Anne à Gordes (Vaucluse), 1949

>> Marie-Anne lors de ses dernières années.

 

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : La Provence (7_10)

29 Mars 2021, 14:56pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : La Provence (7_10)

Signes (Var), 1947
© Willy Ronis_Médiathèque de l'architecture et du patrimoine,

En 1948, Ronis avait acheté une maison en ruine à Gordes ("la Maison-Vieille"),  rue de la Calade, puis en 1958 une autre maison (le "Moulin"), toute proche la première, rue de la Fontaine-Basse.

Au début, Gordes sera le village de la résidence secondaire, utilisée seulement à la belle saison, entre deux allers-retours vers Paris.

Mais à Paris, les commandes se font rares car durant toute cette période Ronis n'est pas reconnu à sa juste valeur et sombre dans l’oubli. Il dira d'ailleurs: "Les rédactions pensaient que j'avais tout plaqué, elles ne m'appelaient plus. J'ai alors sérieusement songé à quitter le métier. J'étais une espèce de maniaque inadapté."

Alors il s'installe à plein temps à Gordes, dans sa maison de la rue de la Fontaine-Basse, un ancien moulin en ruines, qu'il avait d'abord acquis pour servir de garage à la "Maison-Vieille". Il va alors restaurer de fond en comble le "Moulin" qui a toujours sa roue à aubes et, en 1969, "Maison-Vieille" sera vendue.

Pour se régénérer, Ronis va se lancer dans l’enseignement à temps partiel avec des cours hebdomadaires aux Beaux-arts d'Avignon, à la Faculté des Lettres d'Aix en Provence, à la Faculté des Sciences Saint-Charles à Marseille et il prendra aussi la direction d'un stage à la Maison des Jeunes à Arles.
Mais Gordes, éloigné des grands axes de circulation, ne rend pas facile tous ces déplacements alors, en 1972, il s’installe à L'Isle-sur-la-Sorgue. Il y restera 10 ans. Puis en 1982, il retourne à Paris, car vivre loin de la capitale pour un photographe est suicidaire, surtout pour quelqu’un qui travaille sur le réel immédiat. De surcroît Marie-Anne est frappée par la maladie d'Alzheimer.

Dans le Vaucluse, comme à Paris, Ronis savait s’émerveiller des "cadeaux du hasard", des petites choses que d’autres auraient négligées et avec lesquelles il tirera de magnifiques images.  Car pour Ronis tous ces petits évènements ont une étincelle de vie : "Dans une vie, tout se ramène à une petite constellation de chose", nous dira-t-il.
Même si dans ces évènements il y a souvent une accumulation de douleurs: la mort, en 1987, dans un accident de deltaplane de son fils aimé Vincent, puis la mort de Marie-Anne sa femme en 1991, et de tant d’amis proches … devenus des visages enfuis.

 

En 1948, c'est une de ses photos les plus célèbres : "Marie-Anne (Lansiaux),Gordes". Une série de quatre clichés de sa femme pris après la sieste lors de sa toilette. Rebaptisé "Le nu provençal" ce cliché, publié par l'agence Rapho, connaît tout de suite un important succès. Ce nu par Willy Ronis a souvent été comparé aux nus des peintures de Bonnard.

En 1980, sur les conseils de Pierre-Jean Amar qu'il avait rencontré à L'Isle-sur-la-Sorgue et aussi de Guy Le Querrec et de Claude Nori, Ronis publie sa première monographie "Sur le fil du hasard" aux Éditions Contrejour. Cet ouvrage recevra le prix Nadar et l’encouragera à revenir sur le devant de la scène avec de nouveaux projets.

 

 

 

 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 ! (1/10)

28 Janvier 2021, 12:59pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 ! (1/10)

La passerelle du pont des Arts - Paris, 1964_ ©Willy Ronis

 

On connait ici mon admiration et mon attachement pour Willy Ronis.

Ce grand photographe humaniste a été pour moi une source d'inspiration et il m'a encouragé lors de la création du blog Parisperdu. Sur ce blog, depuis le début de mes publications, en 2005, 90 billets lui ont déjà été consacrés.
Est-ce beaucoup ? Est-ce trop ?
Sans doute n'est-ce toujours pas assez pour cet immense photographe, aussi à partir d'aujourd'hui j'entame une série de 9 billets supplémentaires.
Pourquoi 9 billets me direz-vous ?

Eh bien parce que le chiffre 9 m'apparait vraiment être le chiffre-clé de Willy Ronis.
Jugez plutôt : il est né à Paris dans le 9e arrondissement et nous a quitté en 2009 à 99 ans, il obtient le grand Prix national de la photographie en 1979 et est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1990, il lègue son œuvre photographique de 90 000 clichés à la France en 1989 et  l'exposition-vente de sa succession a débuté un 9 décembre … et je pense que l'on pourrait trouver encore d'autres occurrences du chiffre 9 dans l'œuvre et dans la vie de Ronis !
Nous voici donc au départ de cette série: "Willy Ronis ou la preuve par 9", soit une aventure de 99 ans en 9 chapitres dont le premier sera, sans doute, celui qui me tient le plus à cœur et aussi celui que j'ai le plus exploré à travers ses images et en arpentant moi-même le terrain, il s'agit bien sûr de : Belleville Ménilmontant.

 

>> Parisperdu sur Willy Ronis : une centaine de billets .

 

 

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Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?

13 Décembre 2020, 16:54pm

Publié par barreteau

Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?
Willy Ronis tenant son Rolleiflex • Crédit : Lily FRANEY/Gamma-Rapho – Getty (1993)

 

Willy Ronis que j'ai côtoyé sur le tard était un homme absolument merveilleux, un conteur hors pair, quelqu’un d’une humanité prodigieuse et d’une immense sensibilité. Tout cela se lit sur ses photos.

En 2008, une année avant sa disparition, il disait : " Je ne crois pas du tout qu'une fée spécialement attachée à ma personne ait, tout au long de ma vie, semé des petits miracles sur mon chemin. Je pense plutôt qu'il en éclot tout le temps et partout, mais nous oublions de regarder. Quel bonheur d'avoir eu si souvent les yeux dirigés du bon côté ! "

Je partage avec lui le sentiment que pour réussir une belle image il faut certes un jeu de circonstances, de hasard, d’instinct et de métier, mais qu’au fond une bonne photo sur le vif c’est avant tout une rencontre imprévue et fugace entre des gens qui ne se parleront pas, et que l’imprévu est le sel de toute chose pour les âmes curieuses. Et Willy Ronis d'ajouter : "Il y a parfois des moments qui sont si forts que j'ai peur de les tuer en faisant une photo".
Et oui, si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?


>> "Le siècle de Willy Ronis".

 

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Sabine Weiss, pour l'ensemble de son œuvre.

22 Novembre 2020, 15:02pm

Publié par barreteau

Sabine Weiss, pour l'ensemble de son œuvre.

Sabine Weiss, autoportrait en 1954 et portrait en octobre 2014.

 

En 2019, Kering s’associe aux Rencontres d’Arles et lancent ensemble le prix Women in Motion qui vise à donner une plus grande visibilité aux femmes photographes.

Cette année, malgré l'annulation de la 51e édition du festival l'été dernier, les Rencontres ont décidé de maintenir ce prix et de le décerner en novembre, mois traditionnellement dédié à la photographie.
Et c'est Sabine Weiss, grande figure de la photographie humaniste, qui a remporté le prix Women in Motion 2020, décerné pour l'ensemble de sa carrière.

C'est donc près de 80 ans de photographie qui sont récompensées. Car Sabine Weiss, 96 ans, toujours en activité, est l'une des plus éminentes représentantes, à côté d'Edouard Boubat, de Willy Ronis ou de Robert Doisneau, de ce que l'on a appelé la photographie humaniste française.
 Humaniste elle l'est à 100% car elle s'intéresse d'abord aux gens et porte toujours sur eux un regard empathique et bienveillant. Elle "shoote" des enfants, des vieillards, des amoureux, des clochards, des gitans, des lieux de culte toutes religions confondues, des familles chez elles, et à Paris, la rue de jour et de nuit, souvent autour de son domicile du 14ème arrondissement.

"J’ai fait énormément de choses différentes, -dit-elle - des reportages sur des pays, de la mode, des personnalités, des usines, des voitures, des bébés, des morts, des vivants… Et des photographies pour moi, à mes temps perdus, dans la rue. Ce sont celles que je préfère, celles qui me touchent le plus, parce qu’elles représentent une époque qui n’existe plus. Une époque où les gens étaient plus simples et plus gentils qu'aujourd'hui."


>> Sabine Weiss, déjà sur Parisperdu.

>> Sabine Weiss et son regard compatissant.

>> "Prix Women In Motion pour la photographie".

 

 

 

 

 

 

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Bistrot-bougnat hier, café-branché aujourd'hui.

1 Novembre 2020, 09:51am

Publié par barreteau

Bistrot-bougnat hier, café-branché d'aujourd'hui.

 104 rue de Bagnolet 75020 Paris

 

Aussi loin que l'on remonte dans la mémoire d'anciens parisiens encore vivants, il y a toujours eu un café-bistrot au 104 de la rue de Bagnolet.  A cette adresse, on a donc connu, de tout temps, un vrai bistrot, un café authentique, dans ce 20ème profond, loin de tout …

Le photographe Pierre Jahan qui dans les années 50 faisait partie du Groupe des XV, nous montre ici l'établissement en 1947. A l'époque le café faisait aussi hôtel et avait de surcroît une activité de bougnat puisqu'il vendait du bois et du charbon. Les bières de Neufchâteau, une brasserie vosgienne aujourd'hui disparue, avait alors fourni le store-banne à cet établissement.

Le bistrot-bougnat du 104 rue de Bagnolet est maintenant devenu "Le Gambetta". Il est toujours accolé à l'ancienne gare de la Petite Ceinture qui elle ne voit plus les trains, mais accueille désormais le café de "La Flèche d’Or".
Aussi ces deux établissements contigus se font maintenant concurrence à coups de programmes de concerts et de platines de DJ. Un autre monde dans un coin de la capitale, pourtant toujours aussi reculé …


>> Pierre Jahan dans le Groupe des XV en 1950 aux côtés de Robert Doisneau et de Willy Ronis, …

 >> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?



 

 

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Pierre Jahan, un photographe à la marge.

17 Octobre 2020, 18:48pm

Publié par barreteau

Pierre Jahan, un photographe à la marge …
 

Petites filles à Montmartre © Pierre Jahan -1938

 

Photographe à la marge de tous les courants, mais rappelant parfois Brassaï ou Man Ray,
Pierre Jahan se distingue par une production extrêmement variée qui oscille entre production personnelle et travaux commerciaux parmi lesquels de nombreux reportages sur le Paris des années 40 à 60.


Il a produit aussi avec succès des photos et des collages publicitaires avec une certaine touche surréaliste. D'ailleurs, à ce sujet, il disait : "Le surréalisme... tire grand parti de l'équivoque et se prête à nombre de transpositions. Aussi je pense que le photographe a aussi le droit d'utiliser ses clichés comme un matériau susceptible d'engendrer le Rêve".

Au cours de sa longue carrière, il a côtoyé les plus grands photographes de son époque. En 1936, Pierre Jahan rejoint Emmanuel Sougez dans l'aventure du Rectangle, un groupe de praticiens notoires, organisé pour assurer, en même temps que des productions de premier ordre, la défense et la diffusion de la photographie.

A la même époque, il commence à exposer avec François Kollar, Henri Cartier-Bresson, Man Ray ... Puis en 1950, il rejoint le Groupe des XV aux côtés notamment de Robert Doisneau, Willy Ronis, René-Jacques. Il s'intitulait alors "illustrateur" ce qui impliquait un rapport étroit au texte, au livre, à la commande, et une certaine modestie. Il faisait partie d'une génération de photographes professionnels qui considéraient leur pratique comme un art du plaisir, de la liberté, de la disponibilité.

Installé à Paris depuis 1933 où il s'est éteint le 21 février 2003, Pierre Jahan avait 93 ans.


>> Pierre Jahan, un témoin du XXe siècle.


 >> Le Groupe "Rectangle".

>> Le Groupe des XV.

 

 

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La traversée de Belleville … dans les pas de Willy Ronis.

15 Juin 2020, 09:13am

Publié par barreteau

La traversée de Belleville … dans les pas de Willy Ronis.

  La traversée de Belleville (Extrait du fascicule publié en 1990 par le Bar Floréal, p. 2-3).

 

C'est un itinéraire photographique, une déambulation dans Belleville et Ménilmontant, un parcours publié à l'occasion de l'exposition "Willy Ronis" organisée en novembre 1990 à l'Espace Floréal, un lieu emblématique pour les photographes amoureux de Belleville.

Le parcours s'articule comme suit :

Départ : Rue des Couronnes à la hauteur du Bar Le Floréal > rue Henri Chevreau > rue de la Mare > place de Ménilmontant > rue des Amandiers > rue des Partants > rue Gasnier Guy > place Martin Nadaud > avenue Gambetta > place Gambetta > rue des Pyrénées > rue du Retrait > rue Laurence Savart > rue Boyer > rue des Cascades > rue des Savies > rue de la Mare > rue des Couronnes > rue du Transvaal > Parc de Belleville > descente par le parc jusqu'à la rue des Couronnes, jusqu'au point de départ du bar Le Floréal.

Mais le long de ce parcours, je vous conseille de faire de petits crochets - que j'ai tous testé moi-même - pour découvrir d'autres lieux également photographiés par Willy Ronis et qui valent la peine que l'on rallonge la balade.
Je vous les donne ici en respectant le sens de l'itinéraire de base :

  • Cité A. Loubeyre
  • Impasse du 34 rue Henri Chevreau
  • Passerelle de la rue de la Mare
  • Eglise ND de la Croix
  • Ancien secteur de la rue de la Cloche
  • Passage des Soupirs
  • Passage du Retrait
  • Villa de l'Ermitage
  • Cité Leroy
  • Rue des Envièrges
  • Passage Plantin
  • Cité Castel
  • Rue Piat
  • Rue Julien Lacroix
  • Rue de Pali-Kao

Alors à vos appareils photos et bonne balade !


>> Willy Ronis et André Lejarre préparent le parcours.

>> 49 rue Vilin vu par Ronis (1947) et Doisneau (1953)

>> Balade alternative, l’itinéraire fondateur de Parisperdu.




 

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Jean Mounicq : un regard méticuleux sur Paris.

14 Mai 2020, 11:03am

Publié par barreteau

 Jean Mounicq :  un regard méticuleux sur Paris.

 Rue des Tennis Paris 18ème_ Photo: ©Jean-Mounicq_1980



Jean Mounicq commence timidement sa carrière de photographe en 1954. Puis, en 1958, il rencontre Henri Cartier-Bresson, rejoint l'agence Magnum et parcourt alors l’Europe avec son appareil.
De 1961 à 1974, il collabore avec le magazine "Elle" pour lequel il va réaliser une série de portraits des artistes marquants des années 60 et 70.

Mais à partir de 1975, il cesse ses collaborations avec la presse et commence un travail personnel "au long cours" sur les villes européennes, principalement Venise, puis Rome et surtout Paris qui donnera le fantastique ouvrage "Paris Retraversé", publié en 1992 et qui lui vaudra le prix Nadar.

Dans "Paris retraversé", Mounicq va faire, quartier par quartier, rue par rue, un inventaire photographique systématique, méticuleux et quasiment surréaliste des cours, des ruelles, des portes, des inscriptions, … bref en un mot de tout l'insolite qui est l'essence même de cette ville.

Trois ans plus tard, en 1995, il réédite cet exploit avec  "Paris ouvert", une œuvre symétrique de "Paris retraversé", car "Paris ouvert" s'intéresse aux grands espaces de la capitale : les Tuileries, les Invalides, La Défense, Bercy, La Villette mais aussi aux quais et aux jardins de la Capitale, avec toujours l'obsession de capter l'étrangeté du détail ou de choisir l'angle qui rend intense la beauté de l'ensemble.

Une grande partie de son travail sur Paris est conservé au musée Carnavalet. Et, en février 2020, il fait don à l’Etat de l’ensemble de son fonds photographique : 130 000 négatifs avec les planches-contactes afférentes, 2450 tirages, 6500 diapositives, ainsi que ses archives renseignant sa carrière et ses projets.
La donation Jean Mounicq rejoint donc à la Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine (MAP) les fonds "auteurs photographiques", aux côtés d’André Kertész, de Jacques-Henri Lartigue ou de Willy Ronis ... Mounicq y est désormais en bien belle compagnie !

 

>> Jean Mounicq, 50 ans de Photographies.

 

 

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Peut-on aujourd’hui encore faire des photos à Belleville ?

17 Février 2020, 10:30am

Publié par barreteau

Reste-t-il aujourd’hui des photos à faire de Belleville ?

Rue de Belleville et place Fréhel _ Paris 20ème (avril 2011)

 

La réponse sera : oui mais … Car si j’aimerai bien photographier Belleville aujourd’hui, je cale un petit peu parce que je ne suis pas encore tout à fait décidé. Enfin, je le ferai peut-être parce que j’y suis très attaché et l'ai déjà beaucoup photographié…
Mais je suis mû par deux envies contradictoires.
L’une est de montrer ce qui n’a pas changé, ce qui alimente la nostalgie. Et il y a encore à faire dans cette voie-là. Mais ça n’est pas suffisant, c’est un peu passéiste. Il faut aussi montrer les nouveaux aspects. Mais je trouve ces nouveaux aspects pas tellement excitants… aussi c’est difficile.
Et encore ce n'est pas la seule difficulté. L'autre difficulté vient de l'aspect sécuritaire qui à l'évidence s'est beaucoup dégradé depuis l'époque - pourtant pas si lointaine – où j'arpentais allègrement les rues de Belleville et de Ménilmontant.
Tout au long de ces 6 années (1994-99) où j'ai accumulé plus d'un millier de photos dans les rues, les villas et les impasses de ces quartiers Est de la capitale, je n'ai connu que du bonheur et très peu de situations difficiles, à part: "T'arrêtes avec ta Tour Eiffel !" .
Mais il faut dire que la drogue et ses dealers n'avaient pas encore totalement gangréné ces quartiers.
A l'époque, se promener avec un appareil photo à la main n'avait rien de suspect, les seules remarques tournaient bien souvent autour de : "Vous êtes de la mairie, vous êtes en repérage pour raser le secteur ?" Jamais je n'ai ressenti de lourds regards vers l'appareil, comme si au coin de rue suivante on voulait vous l'arracher des mains …

Bien évidemment, il reste encore des photos à faire dans les rues de Belleville pour nous montrer ce quartier à part, cette ville loin de la ville … mais aujourd'hui, ce n'est ni facile ni sans risque.


>> "Pas de Photos".

>> "T'arrêtes avec ta Tour Eiffel !"

>> "C'est privé !"

>> "Vous êtes de la Mairie ?"

 

 

 

 

 

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Willy Ronis : “Il faut avoir l’œil partout”

10 Février 2020, 11:45am

Publié par barreteau

Willy Ronis : “Il faut avoir l’œil partout”

Semaine de Noël, Place du Palais Royal, 1954 ©Willy Ronis

 

C'est Willy Ronis qui nous parle photo et qui -au passage- donne quelques précieux conseils aux photographes amateurs. Ecoutons-le :

"Au moment du déclic, il y a toujours l’appréhension. Lorsqu’on travaille sur le vivant, il y a toujours une fugacité génératrice d’angoisse. « Est-ce que j’ai pris le bon moment ? ». Cette angoisse m’a toujours tenaillé.
Ensuite, il y a le moment du développement. Quand je développe, il y a naturellement la grande inconnue : « Est-ce que j’ai appuyé au bon moment ? N’ai-je pas négligé quelque chose qui, dans le fond, casse complètement l’intérêt de mon image ? Quelque chose qui prend une importance que je n’avais pas prévue au moment où j’ai appuyé ? ».
Physiologiquement, l’œil n’est pas construit pour embrasser tout le champ visuel avec la même capacité d’analyse. L’œil est un toucher à distance. Et on ne touche qu’un seul objet à la fois. L’œil est incapable de capter en photographie une vision globale : le principal et l’accessoire. Il y a toujours le danger que l’accessoire tue le principal. L’exemple le plus simple, c’est le jeune homme qui photographie sa petite amie dans un jardin et ne fait pas attention qu’elle a un arbre qui lui sort de la tête. L’arbre est à trois mètres derrière mais il regarde la fille, pas ce qu’il y a derrière elle ! Ça, c’est une chose à laquelle il faut toujours avoir l’esprit : que se passe-t-il derrière et sur les côtés ?
C’est pourquoi j’aime tant les marchés. À mon avis, on touche là la plus haute difficulté photographique. On voit quelque chose d’intéressant mais quelque chose à côté peut tuer complètement ce que l’on voit : ou bien c’est un grand trou – et alors ça casse la composition – ou bien ça n’est pas bon et ça rentre en contradiction avec ce que l’on a voulu exprimer. Il faut avoir l’œil partout.

Dans ces conditions, avec toutes ces contraintes, la photo parfaite pour moi serait celle où j’aurais pu communiquer à celui qui la regarde l’émotion qui a déterminé le déclic. Je veux faire participer. Je veux montrer quelque chose qui m’a ému et je voudrais que ce soit parfait.
Donc, les questions formelles sont extrêmement importantes. Je suis un fou de la forme. Pour moi, il ne peut pas y avoir de contenu exprimé s’il n’y a pas une forme complètement châtiée dans tous ses détails. Ou alors… c’est un cas très spécial. Par exemple lorsqu’il n’y a qu’un seul personnage avec un fond inexistant ? A ce moment-là, c’est la simple expression du personnage qui compte. Mais la composition est ce qui requiert mon attention la plus vive.

Je m’autorise à mettre en scène ou à faire recommencer une situation en reportage commandé, jamais la photo libre. Dans la photo libre, la composition se fait spontanément par le fait du hasard combiné avec votre aptitude à vous placer au bon endroit. Là, on photographie d’abord avec ses pieds. Cette composition sur le vif est évidemment très difficile ".

A méditer puis à appliquer lors de nos prises de vues !

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

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