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PARISPERDU

vision

Paris vu par Parisperdu ...

14 Novembre 2007, 08:23am

Publié par barreteau


C'est a
ujourd'hui le deuxième anniversaire de Parisperdu.

A l'instar de Julien Green, qui rêvait d'écrire "un livre sur Paris qui fût comme une grande promenade sans but, où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas"; ce blog est le résultat de mes déambulations dans Paris.

Un Paris bien connu peut parfois ici être visité, mais le plus souvent, il s'agit d'incursions dans une "ville plus secrète", plus intime, souvent méconnue voire ignorée et qui aujourd'hui - par endroits - éclate, agonise, et même parfois a déjà disparu ou bien ... résiste encore.

C'est ce Paris, que de grands écrivains : Henri Calet, Eugène Dabit, René Fallet, Léon-Paul Fargue, Jacques Audiberti, Jean Follain, Jacques Réda ... et bien d'autres... ont décrit bien mieux que moi ...

A ceux qui évoqueront une vision nostalgique, une tonalité trop passéiste, et qui mettront en avant le fait que la modernité a aussi ses bons côtés, à ceux-là, je me contenterai de leur citer Pier Paolo Pasolini qui écrivait : "Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."

Parisperdu  cherchera donc toujours à restituer une image fidèle de la capitale, à la fois classique et insolite, ancienne et moderne, poétique et réaliste, ... à traquer une mémoire au bord de la disparition sans vouloir instituer un culte du souvenir ...

Mais, ce photoblog est avant tout une invitation à la flânerie, un apprentissage à porter un certain regard sur la ville.
Et, regarder la ville, n'est-ce pas aussi, d'abord, apprendre à regarder ses habitants,... au hasard des rencontres et dans les coins les plus reculés de la capitale.

Aussi, à l'occasion de son deuxième anniversaire, Parisperdu vous souhaite de bonnes promenades et surtout d'agréables rencontres dans ce Paris dont on est forcement amoureux ... pour peu qu'on apprenne à le regarder ... vraiment.

Bonnes ballades !


>> Voir aussi : Parisperdu, un an déjà !



>> Voir le premier billet publié par Parisperdu, il y a tout juste deux ans. 

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Apartheid résidentiel.

2 Novembre 2007, 10:01am

Publié par barreteau


Rue Charles Friedel -Paris 20ème. 

Avec ses hôtels et ses meublés minables, ses bouis-bouis vietnamiens, ses couscous à toute heure ... Belleville aura longtemps constitué un quartier populaire et dans certains logements, plus que vétustes, "on aurait dit du Zola" ... tant la "condition urbaine" était dure !

Aujourd'hui, beaucoup de ces immeubles sont réhabilités par une clientèle "bobo", des gens travaillant dans les médias, des graphistes, des designers ...
Et, maintenant ici,  les intérieurs sont "ouverts", "lumineux", avec peu de cloisons et du "volume". Des parquets en chêne ou en merbau, une baignoire en fonte "comme autrefois", ... tout cela justifie sûrement les 7 000 à 8 000 euros le mètre carré. Soit des duplex souvent proches du million d'euros.

Voilà comment on écrème la clientèle et comment l'on crée une sorte d'apartheid résidentiel ....
Car une fois nettoyée, ripolinée, enrichie, sécurisée, valorisée par de nouveaux lieux culturels, la grande ville redevient désirable mais ne peut plus être peuplée par des habitants en manque d'argent et de culture.
Alors, elle s'en débarrasse...


 
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Une ville fantôme aux mains des dévitaliseurs"
 

        

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Les Batignolles ... hier ... aujourd'hui ... demain ...

11 Octobre 2007, 10:34am

Publié par barreteau

La gare des marchandises de Paris-Batignolles en 1995.

C'était au temps où tout ce secteur des Batignolles vivait au rythme lent de la friche ferroviaire qui régnait ici.

Les quelques rares employés qui maintenaient en survie la zone des bureaux et des entrepôts n'étaient pas surchargés par les tâches quotidiennes ... Ici, aux beaux jours, l'apéro était quasi quotidien, ... et l'air embaumait la grillade ... En fin d'après-midi on pouvait voir de petits groupes pratiquer la pétanque dans les rares espaces libres de toutes voies ferrées. D'autres jouaient avec des chiens ou lavaient leur véhicule ...

Puis vient le temps des perspectives grandioses, celui du grand chambardement pour la renaissance du secteur.
Le projet avait un nom : Paris 2012.

Mais, le 6 juillet 2005, la 117ème Session du CIO élisait Londres pour accueillir les Jeux de la 30e Olympiade, au détriment de la ville de Paris. Si cette défaite n'a pu permettre l'aménagement de la zone des Batignolles via la construction du village olympique qui y était prévu, elle aura au moins eu le mérite de donner naissance au plus grand espace vert de tout le nord-ouest parisien.

Aujourd'hui, la première phase du plan d'aménagement vient d'être achevée et un espace paysager de 3 hectares, a d'ores et déjà été ouvert au public.
En entrant dans ce nouveau parc, on découvre "Le jardin du rail". Très agréablement "végétalisé", il est dédié aux activités sportives ou de détente. C'est franchement réussi, vivant et les familles se sont déjà approprié ce vaste espace.

Mais le plus intéressant reste à venir.
Ainsi, au nord du parc, une pièce d'eau verra le jour, alimentée par des canaux ... puis au bord du boulevard Berthier,  des érables  - symbolisant l'automne - et des conifères - symbolisant l'hiver - seront plantés.

Finalement, pour respecter la mémoire du lieu, certains éléments ont été conservés dans le parc : les pavés, une ancienne forge et la structure métallique de l'ancienne gare du Havre.

Vivement donc l'ouverture complète du parc !
Mais il faudra toutefois attendre que la végétation se développe, car ici, c'est encore beaucoup trop minéral ... pour offrir un dépaysement total.


>> Le site des Batignolles en 2000.
 

>> Voir aussi dans Parisperdu: Paris Batignolles
 




 

 

 

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Sur le chantier de la ligne Météor

22 Septembre 2007, 09:54am

Publié par barreteau


Ce matin de mars 1996, quai Panhard et Levassor dans le 13ème, on vient de décharger une grande quantité de planches et de poutres d'étayement sur le chantier de la ligne du métro Météor (METEOR pour "Métro Est-Ouest Rapide").

 

Il s'agit en fait, de sécuriser les structures du tunnel en cours de percement pour ne pas connaître, ici, le sort du chantier du métro EOLE (EOLE pour "Est-Ouest Liaison Express") dont l'achèvement sera retardé d'environ six mois suite à un effondrement de terrain survenu sous la rue Papillon, le 22 décembre 1995.

 

Mais cette précaution s'avérera insuffisante, car dans la nuit du 14 au 15 février 2003, la voûte du tunnel en construction, pour le prolongement de la ligne "Météor" vers la station "Olympiades", s'affaissera, entraînant l'effondrement de la cour de l'école maternelle "Auguste Perret".

 

Le panneau publicitaire que l'on voit ici sur le site disait ironiquement : "Oubliez tout ce que vous ne savez pas" ... et pourtant depuis l'accident de la rue Papillon, ... on savait mais on a quand même tout oublié ...

 

La ligne Météor, qui deviendra la ligne 14 du métro parisien, sera ouverte avec plus de huit mois de retard ...


>> La naissance difficile d'un nouveau métro ...


>> Olympiades : la station est désormais en service ...
 

 

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" A 20 km de la Tour Eiffel. "

8 Septembre 2007, 11:54am

Publié par barreteau

 Crédit Photo: Sipa Press / Eric Hadj.

 

"A 20 km de la Tour Eiffel" est le titre de l'exposition d'Eric Hadj qui se déroule actuellement à Perpignan, dans le cadre du Festival "Visa pour l'image 2007". Les photographies présentées sont le fruit de son immersion dans la Forestière à Clichy-sous-Bois, la résidence d'où sont parties les émeutes de 2005.

La Forestière est une résidence privée au cœur de Clichy-sous-Bois, construite dans les années 70. Elle est devenue, trente ans plus tard l'une des résidences aux immeubles les plus dégradés sur le territoire national.
Près de 3000 personnes issues de l'immigration habitent La Forestière. 50% des personnes sont au chômage, surtout des jeunes ...

Un seul bus rallie Clichy-sous-Bois au reste du monde, le 601. Il vous emmène à la ville voisine du Raincy, où l'on peut prendre le RER pour rejoindre le cœur de Paris. L'aller et retour pour Paris revient à presque 9 euros. Trop cher pour se payer un ticket tous les jours. Alors les jeunes passent leur temps dans la "Fofo", la "Forest", le "Ghetto", en jouant au foot ou à la Playstation devant la télé. Ils n'ont toujours rien à faire, ... c'est tous les jours dimanche.

Chômage, échec scolaire et problèmes familiaux forment un terrain propice à la délinquance. La débrouille pour trouver de l'argent, l'échange des bonnes adresses pour ne pas payer les vêtements au prix fort : l'entraide est importante entre jeunes. Ils forment une famille. Presque tous nés en France, ils trouvent injuste d'habiter ici. La conduite sans permis et le défaut d'assurance sont les délits les plus courants. D'autres commettent des délits plus graves, mais cela reste le fait d'une minorité.

En novembre 2005, la résidence s'enflammait comme les autres cités voisines. Mais à La Forestière très peu de voitures ont brûlé ... et surtout pas celle-ci que des jeunes taguent, ici, à la demande de son propriétaire, lequel participe à l'opération. Ainsi, porteuse de tous ces signes que seuls leurs auteurs savent déchiffrer, la voiture fera réellement partie de la cité.

 

>>  Eric Hadj à Perpignan /Festival "Visa pour l'image 2007" 

 

 

 

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Némo et le bonhomme noir

9 Juillet 2007, 09:55am

Publié par barreteau

Fresque de Némo rue des Plâtrières, vue de la rue Sorbier - Paris 20ème.

Quand il y a près de 25 ans, NEMO commençait à bomber ses pochoirs dans Paris, il disait alors pour définir son action: "Une ville sans graffitis serait comme une rivière sans poissons".

Ses personnages : un homme en noir, jouant avec une canne à pêche, un ballon ou un parapluie, et le petit NEMO (du "Little Nemo" de Winsor McCay), hantent alors les murs du 20ème. Ils apparaissent soudainement au détour d'une rue, sur un mur lépreux, sur une porte condamnée ou une fenêtre murée, créant une étonnante atmosphère de poésie et de rêve dans cet arrondissement continuellement massacré.

Bourré de talent, NEMO a un œil extraordinaire et détecte immédiatement le profit qu'il peut tirer d'un pan de mur, aussi la silhouette de son Homme Noir se répand rapidement partout sur Belleville et Ménilmontant, signalant toujours des immeubles condamnés. Némo a aussi travaillé avec Mesnager : son Homme Noir a alors rencontré le petit bonhomme blanc, une rencontre qui a provoqué de superbes créations !

Parmi tous les artistes travaillant sur les murs de Paris, il est le plus pur: il ne gagne pas d'argent avec ses œuvres, et il sait qu'elles disparaîtront irrémédiablement quand le dernier vieux mur tombera sous les coups des bulldozers...

Les réactions des passants sont parfois mitigées: un jour, NEMO faisait un pochoir dans une cour intérieure de la rue de Belleville quand une vieille femme l'a apostrophé en lui disant: "Vivement qu'ils rasent tout ça! J'en ai marre... et vous, avec vos dessins, vous allez nous faire durer les choses".

 

>> Némo réalisant la fresque de la rue des Plâtrières.

>> En savoir plus sur Némo ...

>> Némo et Mesnager : l'Homme Noir et le bonhomme blanc. 

 

 

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Portrait d'un monde disparu

25 Juin 2007, 08:54am

Publié par barreteau

 

En haut de la rue Piat, face à l'une des plus belles vue sur la capitale, les petits commerces ont fermé, les artisants ne sont plus là, tout cela n'existe plus ...

Mais il reste ce portrait étonnant d'un monde disparu, d'un bonheur vécu comme en sursis ...

Rien de ce qui est singulier ne devrait disparaître ...


>> Voir aussi : "Je me souviens du 20e arrondissement" par Clément LÉPIDIS.

 

 

 

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Promenades aériennes ...

17 Mai 2007, 10:29am

Publié par barreteau


Un nouveau livre pour les amoureux de Paris, de son architecture, de ses perspectives, et de son charme intemporel ...

Revivez le Paris de 1950 à 1970, vu d'avion et surtout ... avant le périph, le centre Pompidou, la tour Montparnasse et pleins d'autres bizarreries Pompidoliennes ...

 

>> Le tour de Paris, promenades aériennes de Roger Henrard

Les Halles de Baltard 1955 - Photo : ©Roger Henrard

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Rue Lasson, en bord de mer

4 Avril 2007, 18:27pm

Publié par barreteau

 

 


La rue Lasson est une rue perdue du 12ème arrondissement, une rue en pente douce, située à l'écart de l'agitation de la ville. Elle ne dégageait rien de particulier, sauf un réel climat de quiétude ... un endroit plutôt agréable ... mais, ne sommes-nous pas, déjà ici, dans le quartier Bel- Air ?

Soudain, au N°14, la porte d'un garage désaffecté affiche "Et toi comme une algue ...", une phrase extraite d'un poème de Prévert . Le poème s'intitule « Sables mouvants » ... C'est dire si, rue Lasson, l'apostrophe a quelque chose de complètement décalée, ... même si Prévert nous prévient : "Au loin déjà, la mer s'est retirée ...".

Aujourd'hui, c'est tout ce côté pair de la rue qui s'est définitivement retiré ... ! Il a été rasé pour faire place nette à un gigantesque ensemble hospitalier pédiatrique.

Gageons que les nouveaux nés de la toute nouvelle maternité des Bluets s'intéresseront plus tard à Jacques Prévert... même s'il y a peu de chance qu'ils apprennent un jour que la rue de leur naissance renvoyait jadis en écho : "Et toi comme une algue ...".
Et pourtant, une maternité n'est-elle pas toujours située quelque part en "bord de mères" ?


>> Sables Mouvants, Extrait de « Paroles » de Jacques Prévert.
 

>> Le nouvel ensemble hospitalier de la rue Lasson : Maternité des Bluets et Hôpital « Pierre Rouquès ».

 

 

 

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Sur les pas de Willy Ronis (4/4)

21 Mars 2007, 21:31pm

Publié par barreteau


A Montmartre, la place du Calvaire est un lieu singulier : pas de calvaire mais des murets, un seul banc et ... un point de vue unique sur la capitale.

Cette place minuscule est certainement la plus typique de la butte. Elle serait même presque intemporelle, s'il n'y avait aujourd'hui ... quelques tags.

C'est ici, loin du tumulte effréné de la Place du Tertre, que vous pouvez retrouver ce qu'était Montmartre, avant qu'il ne soit définitivement envahi par les touristes.
Assis en ce lieu secret, vous n'aurez plus envie de le quitter. C'est un endroit quasi magique, plein d'une douceur ouatée ... où l'on voudrait prolonger l'instant ... et lorsque vous devrez partir, ce sera en vous promettant de bientôt y revenir.

A Paris, ne cherchez plus l'introuvable... il est là !


>> Le regard de Willy Ronis © sur cette place, en 1960 ...
 

>> Les calvaires de Montmartre vus par Aget ©...
 

>> Place du calvaire ...la nuit,
 par Hervé Roulben ©

 

 

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Montmartre, rue Poulbot.

19 Février 2007, 14:22pm

Publié par barreteau


En remontant la rue Poulbot, on entend tout d'abord, un air de musique ... un air tzigane plutôt joyeux et entrainant, ... quelque chose qui rappelle la musique de « Gadjo Dilo »... Mais on ne voit rien.

Puis en continuant, la rue marque un coude à droite, et au fond le mur rouge sombre du restaurant « Le Consulat » barre alors totalement la perspective. La musique se fait de plus en plus présente ... mais on ne voit toujours rien ...

Pourtant, maintenant aucun doute, c'est bien un air d'accordéon et parfois aussi une voie féminine que l'on perçoit de plus en plus sûrement. Mais d'où cela vient-il ? ... Qui joue et ... qui chante ... ?

Finalement elle est là, mais on la devine à peine, minuscule, assise au ras du pavé, avec son accordéon miniature sur les genoux ... Une petite rom de 5 ou 6 ans, pas plus, s'applique à jouer les airs qu'elle a toujours entendus. Pas de sébile, pas de main demandant la moindre pièce ... Juste une présence s'imposant plus par sa musique que par sa frêle silhouette ...

Ariana, la petite rom, jouera à cet endroit une bonne partie de l'après-midi ... Aujourd'hui, la rue Poulbot portait bien son nom !


>>
Francisque Poulbot, dessinateur humoriste, représentait les enfants des rues de Paris.

>> Roms, Gitans, Tziganes, Manouches, Sintés, Kalés, ... les exclus de l'Europe.

>> Ce que jouait Ariana, rappelait la musique de « Gadjo Dilo » ...

 

 

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Chez Fanfan.

14 Février 2007, 10:59am

Publié par barreteau

 
Au 35 de la rue de Tourtille, dans l'épicerie-buvette de Françoise Lajoy (dit-Fanfan), on se croirait encore en province dans les années cinquante.

Au mur, ce sont, pêle-mêle, des bouteilles, des boîtes de conserve, des paquets de sucre ou de biscuits, ... Quelques frusques d'un autre âge sont suspendues dans un coin. Au fond, il y a une seule table avec des chaises de cuisine et surtout ce comptoir qui a vu défiler tant d'habitués ... depuis des décennies.

Fanfan joue ici, dans le bas-Belleville, un rôle social très important : elle vous dépanne le soir lorsqu'il vous manque quoique ce soit en cuisine et toute la journée elle écoute, console ou conseille les gens du coin venus au comptoir lui conter leurs difficultés... Elle pourra même vous garder le courrier, vos clés, voire vos enfants ... tant sa générosité est sans borne.

D'un tempérament d'une grande gaité, elle a toutefois les larmes aux yeux, lorsqu'elle évoque toutes ces années passées, ici, depuis que sa mère a ouvert l'épicerie dans ce local acheté par sa grand-mère en 1932 et qu'elle a reprise après son CAP...

Car maintenant, dehors, la restructuration du quartier a commencé, et dans la rue où tous les autres commerces ont déjà fermé, l'ambiance n'est pas gaie. Une grande partie des habitants a déjà quitté le quartier ... les plus âgés sont morts. Qu'est devenu Jeannot qui, avec son accordéon, faisait danser les gens sur le trottoir les soirs de 14 juillet ?

Mais Fanfan se résigne mal à un avenir ailleurs. Aussi, elle fait de la résistance et ses amis sont solidaires : leur dernière pétition (Collectif "Y'a D'la Joie") 
a recueilli des milliers de signatures pour essayer d'obtenir un dernier sursis à cet ultime bistrot de quartier menacé de disparition.

Pourtant, Fanfan devra fatalement, tôt ou tard, laisser la place à l'agrandissement de l'école maternelle mitoyenne ... qu'elle a fréquentée, petite. C'est un crève-cœur, mais elle se résout à accepter la situation car "si c'est pour les gosses alors ça va ..., dit-elle, ... au moins je ne pars pas à cause d'un promoteur".


Finalement l'épicerie-buvette sera rasée, l'école maternelle agrandie et Fanfan quittera sa chère rue de Tourtille. Des opportunistes lui rachèteront "son nom, sa marque", et une nouvelle enseigne "Fanfan Lajoy" ouvrira tout près d'ici, rue Jouye-Rouve. Mais il s'agit d'un café-galerie de la "néo-branchitude". Rien à voir donc avec l'épicerie-buvette authentique de Fanfan qui pourtant, elle aussi faisait galerie - à son corps défendant toutefois.
En effet, n'y avait-il pas au fond du bistrot, parmi les boîtes de conserves, une photographie originale d'Izis ?
Comment un tirage de ce grand photographe avait-il pu atterrir ici ?
Fanfan était plus que discrète sur le sujet ...

 



>> La photo d'Izis chez Fanfan (« Dans une cour, Paris 1948 ») :

 


 



 

 

 

 

 

 

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Usine à gaz !

9 Février 2007, 14:27pm

Publié par barreteau


Les dernières traces de l'usine à gaz de l'Evangile, encore visibles ici, viennent de disparaître.

L'usine de l'Evangile avait été idéalement située : à proximité du réseau ferré qui acheminait les trains de houille en provenance des mines du Nord et en périphérie immédiate de la ville dont elle couvre alors les besoins en gaz pour l'éclairage et le chauffage.

Au sortir des fours, le gaz manufacturé (gaz de ville) est stocké dans des gazomètres qui s'élèvent et s'abaissent en fonction du volume de gaz qu'ils contiennent. Ces "énormes cloches en fer boulonné" - dont les plus grosses, mesurent 65 m de diamètre et autant de haut -ont fortement marqué durant plusieurs décennies le paysage de la Banlieue Nord de Paris.

L'usine employait alors plusieurs centaines d'ouvriers qui effectuaient ici un travail difficile et peu qualifié. Mais en 1976, l'alimentation en gaz naturel s'étant généralisée en Ile-de-France, la production de gaz de ville est définitivement arrêtée.

Aujourd'hui, seuls quelques bâtiments annexes du "Centre de Recherche Gaz de France" témoignent encore de l'histoire de ce lieu ...


>> Voir aussi sur ParisPerdu : Carrefour de l'Evangile   

 

 

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Miss-Tic : la fille de l'art fait le mur

3 Novembre 2006, 12:05pm

Publié par barreteau


Depuis plus de 20 ans, Mis-Tic est la reine incontestée des pochoirs de rue dans Paris.
Son dessin épuré est immédiatement reconnaissable et ses textes d'accompagnement, volontairement ambigus, sont toujours subtils.
Son "art mural", par nature éphémère, dégage une réelle puissance d'expression due en grande partie à des textes-slogans rebelles ou un tantinet provocateurs.

Hors les murs, Miss-Tic montre aussi dans des expositions ses « classiques » : des pochoirs insolites et rendus énigmatiques par la poésie des textes et le jeu des mots.

Dans Paris, la Miss a ses quartiers de prédilection  ... souvent les mêmes que ceux qu'affectionne Parisperdu qui naturellement est membre de son  Fan-Club avec la carte d'infidélité (sic) N°152 !

Découvrez une artiste authentiquement populaire ...


>> Mis-Tic : Site officiel

>> Fan-Club Miss-Tic: carte d'infidélité N°152




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Le Quartier de la Moskowa

5 Février 2006, 15:56pm

Publié par barreteau

Le 16bis de la rue Bonnet  - ancien passage des Vignes (1996)


Enserré entre les fortifications et le chemin de fer de la petite ceinture, ce territoire fut morcelé en petites parcelles exploitées jusqu'en 1900 par des maraîchers et des vignerons.

Dans ce coin de Paris, peu accessible, caché, se développa une urbanisation "spontanée": des rues étroites et pittoresques bordées de maisonnettes, de petits immeubles, d'ateliers et de jardinets familiaux. Cependant, les appartements, très exigus, disposaient rarement du confort minimal et une grande partie de l'habitat se trouva vite délabrée : la Moskowa fut déclarée insalubre dès 1938.

Divers projets de réhabilitations verront alors le jour, tous se heurteront à l'attachement des habitants à ce quartier si paisible. Mais au tournant de l'an 2000, le sort de la Moskowa était joué et le quartier fut totalement "modernisé".

Une partie de la rue Bonnet  - ancien passage des Vignes - (dont on voit ici le 16bis) devait conserver son caractère ancien, pour voir ce qu'elle est devenue : cliquez ici .

 

>> Voir l'opération ZAC Moskowa par la SEMAVIP.

 

 

 

 

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