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PARISPERDU

urbain

Mehdi et Henri, rue des Partants.

29 Février 2008, 09:46am

Publié par barreteau


De sa fenêtre, Mehdi porte un regard pensif sur sa rue. Et comme il peut le constater, elle vit le martyr.

Depuis plusieurs mois déjà, son ami Henri, le coiffeur qui tenait le salon du rez-de-chaussée, a quitté le quartier. Henri a laissé son 20ème arrondissement, où il est né, pour aller terminer ses vieux jours, à Romainville, près de sa fille.

Et chaque soir, en rentrant du travail, Mehdi est confronté à un spectacle qui le désole. Celui de la porte et de la devanture du salon de coiffure d'Henri, totalement murées.
Alors, invariablement, à cet instant, lui arrive à l'esprit un flot d'images où Henri, emmuré dans son salon, semble l'appeler au secours en poussant des cris que Mehdi ne peut percevoir...


Bientôt, Mehdi devra lui aussi partir. Il voudrait bien ne pas y penser. Mais les bulldozers qui œuvrent plus haut, rue Gasnier Guy, dans un vacarme incessant se chargent bien vite de le lui rappeler.

Mehdi et Henri, habitaient la rue des Partants, une rue au nom sans doute prédestiné...


>> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies.

>> Voir aussi dans Parisperdu: Murs abattus et baignoires rémanentes ...  

 

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ZAC Pajol.

20 Février 2008, 09:53am

Publié par barreteau


C'est un lieu où l'on ne s'attarde pas, et où, au sens propre, on a naturellement tendance "à raser les murs". Car la rue Pajol, dans le 18ème arrondissement, présente un bien triste visage avec sa longue palissade de béton uniformément gris. Trois cent cinquante cinq mètres d'un mur sans fin masquant ce qui, au fil des ans, est devenue une friche industrielle sur les emprises d'un site de la SNCF.

Cet espace abandonné attire tous ceux qui sont en galère. Sans domiciles, clochards, toxicomanes, dealers, marginaux, "crackers"... pour eux, cet étrange lieu - laissé depuis si longtemps à l'abandon - est un refuge...

De la rue, on devine une structure métallique en forme de sheds, il s'agit de La Halle de 1926 qui abritait autrefois les services des Messageries et des Douanes. Un bâtiment caractéristique du quartier et qui présente sans conteste un réel intérêt architectural.

En cours de réhabilitation, la ZAC Pajol conservera 10 travées, soit les 2/3 de la  Halle, pour y abriter une auberge de jeunesse, une salle de spectacles de quartier et une bibliothèque.  Près de 10 000 m2 d'espaces verts seront créés. Un collège, un gymnase et un IUT viendront ici améliorer l'offre d'équipements publics. Un pôle d'entreprises complètera aussi cet ensemble. Les livraisons de ces divers équipements seront échelonnées de 2009 à 2012.

Et enfin, "cerise sur le gâteau", la conception et la réalisation de ces projets s'inscrivent dans une démarche de développement durable.
Ainsi, la Halle "Messageries et Douanes" va devenir la plus grande centrale solaire jamais construite en centre-ville. Longue de 140 mètres, la halle sera entièrement couverte de   
3 300 m2 de panneaux photovoltaïques et, en  2012, ils devraient couvrir la totalité des besoins en énergie électrique de la halle réaménagée.

Aussi, gageons que dans quelques années, l'on s'attardera sur ces lieux ... et que, rue Pajol, l'on n'aura plus tendance "à raser les murs" ... Car tous les nouveaux équipements et la Halle-centrale solaire auront finalement remis en lumière un quartier qui, aujourd'hui encore, reste bien terne.


>> 22 bis rue Pajol : Toutes les infos sur l'aménagement de la ZAC (1) (PDF) 

>> 22 bis rue Pajol : Toutes les infos sur l'aménagement de la ZAC (2) (PDF) 

>>  La Halle de 1926.

 

 

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"Quelque part quelqu'un" (1/2).

10 Janvier 2008, 12:32pm

Publié par barreteau

Démolitions dans le quartier de la Réunion- Paris 20ème.

"Quelque part quelqu'un", derrière ce titre emprunté à Henri Michaux se tient le premier long métrage de Yannick Bellon, réalisé en 1972. Une histoire qui mêle la fiction et le reportage. Une histoire lyrique. Une déchirante plongée dans les plis sinueux d'une ville, Paris.

 

La rue, les vieux immeubles que l'on détruit, les nouveaux qui se dressent fièrement, "immobilièrement". Et puis la foule. Le mouvement de la foule. La houle. Le ressac. Marée humaine. Le chant de la foule. Un opéra, porté par la musique unique, "expérimentale" de Georges Delerue, tout concourt à donner à cette fable sur la déshumanisation de la société contemporaine un aspect fantastique et étrange.

Paris se démolit, Paris se reconstruit. Entre les ruines des immeubles anciens et les constructions "flambant-neuf" se presse une foule partout présente, dans les gares, la rue, les magasins. A toutes les heures du jour et de la nuit.

 

Quelques personnages isolés dans cette ville de Paris, représentant chacun une génération, se croisent mais jamais ne se rencontrent. Pas d'histoires, pas de stars, ici, le thème de la ville revient comme un leitmotiv.

Si vous appréciez Parisperdu, vous aimez sûrement "Quelque part quelqu'un".

A suivre ...


>> La musique unique, "expérimentale" de Georges Delerue.

>> La photographe Denise Bellon, mère de Yannick (cinéaste) et de Loleh (comédienne). 


   

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Jean Ro. et les 100 vierges !

19 Novembre 2007, 10:48am

Publié par barreteau

Carrefour des rues des Envierges, des Couronnes, de la Mare et des Cascades (1997) 

Dans les années 50, pendant une dizaine d'années, j'ai habité au 31 de la rue des Envierges. A l'époque les gens disaient que cet immeuble - tout en longueur - était un ancien couvent ! En effet, n'était-il pas adossé aux locaux d'une communauté qui avait compté jusqu'à une centaine de nones et dont l'entrée se trouvait rue de la Mare ? De surcroît, le portail du passage situé entre le 29 et 31, n'appartenait-il pas à ces religieuses?

 Il se disait même que ce couvent était là, bien avant la création du quartier et qu'il aurait par la suite donné son nom à la rue, qui a l'époq ue se serait appelée LA RUE DES CENT VIERGES !....

C'était plausible ... mais pas prouvé. Etait-ce une pure invention ou une légende reposant sur un fond de vérité historique ... ? Mystère, mais en tout cas, moi je croyais assez à cette histoire...

Il faut dire que l'expression "Cent vierges" a bien souvent été porteuse d'inspirations plus ou moins délirantes.

Ainsi, à Carrion de los Conde, dans la province espagnole de Leon, on évoque la légende des Cent vierges qui devaient être livrées aux Maures en vertu d'un traité avec le Calife de Cordoue. Elles furent sauvées, après intervention de la Vierge Marie, par quatre taureaux furieux qui firent s'enfuir les Arabes.

Aujourd'hui encore, une certaine lecture du Coran, peut porter à penser que Dieu dédommagerait le martyr qui sacrifie sa vie pour sa foi, en lui accordant 70 (ou 72 ?) vierges, pour épouses, et pour son bonheur éternel !

Et enfin, pour terminer sur une note plus légère et plus réaliste, signalons que Charles Lecocq, un contemporain d'Offenbach, est le compositeur inspiré d'une opérette intitulée  ... "Les Cent Vierges".

Vous voyez que je ne suis pas le seul à être intéressé par ce thème fantasmatique de cette multitude de vierges !


>>  "Les Cent Vierges" de Charles Lecocq ...

>>  Y a-t-il 70 vierges qui attendent les terroristes-martyrs au "paradis d'Allah"?

 

  

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Paris vu par Parisperdu ...

14 Novembre 2007, 08:23am

Publié par barreteau


C'est a
ujourd'hui le deuxième anniversaire de Parisperdu.

A l'instar de Julien Green, qui rêvait d'écrire "un livre sur Paris qui fût comme une grande promenade sans but, où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas"; ce blog est le résultat de mes déambulations dans Paris.

Un Paris bien connu peut parfois ici être visité, mais le plus souvent, il s'agit d'incursions dans une "ville plus secrète", plus intime, souvent méconnue voire ignorée et qui aujourd'hui - par endroits - éclate, agonise, et même parfois a déjà disparu ou bien ... résiste encore.

C'est ce Paris, que de grands écrivains : Henri Calet, Eugène Dabit, René Fallet, Léon-Paul Fargue, Jacques Audiberti, Jean Follain, Jacques Réda ... et bien d'autres... ont décrit bien mieux que moi ...

A ceux qui évoqueront une vision nostalgique, une tonalité trop passéiste, et qui mettront en avant le fait que la modernité a aussi ses bons côtés, à ceux-là, je me contenterai de leur citer Pier Paolo Pasolini qui écrivait : "Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."

Parisperdu  cherchera donc toujours à restituer une image fidèle de la capitale, à la fois classique et insolite, ancienne et moderne, poétique et réaliste, ... à traquer une mémoire au bord de la disparition sans vouloir instituer un culte du souvenir ...

Mais, ce photoblog est avant tout une invitation à la flânerie, un apprentissage à porter un certain regard sur la ville.
Et, regarder la ville, n'est-ce pas aussi, d'abord, apprendre à regarder ses habitants,... au hasard des rencontres et dans les coins les plus reculés de la capitale.

Aussi, à l'occasion de son deuxième anniversaire, Parisperdu vous souhaite de bonnes promenades et surtout d'agréables rencontres dans ce Paris dont on est forcement amoureux ... pour peu qu'on apprenne à le regarder ... vraiment.

Bonnes ballades !


>> Voir aussi : Parisperdu, un an déjà !



>> Voir le premier billet publié par Parisperdu, il y a tout juste deux ans. 

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Le petit miracle de Belleville.

10 Novembre 2007, 10:26am

Publié par barreteau

38 rue de Belleville, enfilade de cours.

Chanté et photographié à l'envie, les quartiers de Belleville mais aussi ceux de Ménilmontant, du Père-Lachaise, de Charonne, et de Bagnolet occupent une place à part dans l'imaginaire parisien.

Mille réminiscences du passé et autant de figures - de Casque d'Or à la môme Piaf et à Maurice Chevalier - nourrissent une légende que les amateurs de poésie urbaine peuvent cultiver ici, sans se forcer. Ce sont ces figures qui vous accompagneront dans vos ballades sur les pentes de la colline inspirée!

Reste que le promeneur, empruntant les rues escarpées ou s'aventurant dans des villas secrètes à jamais endormies, n'a jamais le sentiment de pénétrer dans un sanctuaire.

Et c'est bien cela, la séduction du petit miracle bellevillois que de nous inviter à découvrir un territoire intime, tout à la fois ... hérissé de souvenirs, mais aussi ... encore bien vivant.


>> Voir aussi dans Parisperdu : Position dominante.

>> Voir aussi : Portrait d'un monde disparu

>> Voir aussi : Mélange de couleurs

>> Voir aussi : Jours tranquilles à Belleville

>> Voir aussi : Visages d'une planète

>> Voir aussi : Rue des Cascades

 

 

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Apartheid résidentiel.

2 Novembre 2007, 10:01am

Publié par barreteau


Rue Charles Friedel -Paris 20ème. 

Avec ses hôtels et ses meublés minables, ses bouis-bouis vietnamiens, ses couscous à toute heure ... Belleville aura longtemps constitué un quartier populaire et dans certains logements, plus que vétustes, "on aurait dit du Zola" ... tant la "condition urbaine" était dure !

Aujourd'hui, beaucoup de ces immeubles sont réhabilités par une clientèle "bobo", des gens travaillant dans les médias, des graphistes, des designers ...
Et, maintenant ici,  les intérieurs sont "ouverts", "lumineux", avec peu de cloisons et du "volume". Des parquets en chêne ou en merbau, une baignoire en fonte "comme autrefois", ... tout cela justifie sûrement les 7 000 à 8 000 euros le mètre carré. Soit des duplex souvent proches du million d'euros.

Voilà comment on écrème la clientèle et comment l'on crée une sorte d'apartheid résidentiel ....
Car une fois nettoyée, ripolinée, enrichie, sécurisée, valorisée par de nouveaux lieux culturels, la grande ville redevient désirable mais ne peut plus être peuplée par des habitants en manque d'argent et de culture.
Alors, elle s'en débarrasse...


 
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Une ville fantôme aux mains des dévitaliseurs"
 

        

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Les Batignolles ... hier ... aujourd'hui ... demain ...

11 Octobre 2007, 10:34am

Publié par barreteau

La gare des marchandises de Paris-Batignolles en 1995.

C'était au temps où tout ce secteur des Batignolles vivait au rythme lent de la friche ferroviaire qui régnait ici.

Les quelques rares employés qui maintenaient en survie la zone des bureaux et des entrepôts n'étaient pas surchargés par les tâches quotidiennes ... Ici, aux beaux jours, l'apéro était quasi quotidien, ... et l'air embaumait la grillade ... En fin d'après-midi on pouvait voir de petits groupes pratiquer la pétanque dans les rares espaces libres de toutes voies ferrées. D'autres jouaient avec des chiens ou lavaient leur véhicule ...

Puis vient le temps des perspectives grandioses, celui du grand chambardement pour la renaissance du secteur.
Le projet avait un nom : Paris 2012.

Mais, le 6 juillet 2005, la 117ème Session du CIO élisait Londres pour accueillir les Jeux de la 30e Olympiade, au détriment de la ville de Paris. Si cette défaite n'a pu permettre l'aménagement de la zone des Batignolles via la construction du village olympique qui y était prévu, elle aura au moins eu le mérite de donner naissance au plus grand espace vert de tout le nord-ouest parisien.

Aujourd'hui, la première phase du plan d'aménagement vient d'être achevée et un espace paysager de 3 hectares, a d'ores et déjà été ouvert au public.
En entrant dans ce nouveau parc, on découvre "Le jardin du rail". Très agréablement "végétalisé", il est dédié aux activités sportives ou de détente. C'est franchement réussi, vivant et les familles se sont déjà approprié ce vaste espace.

Mais le plus intéressant reste à venir.
Ainsi, au nord du parc, une pièce d'eau verra le jour, alimentée par des canaux ... puis au bord du boulevard Berthier,  des érables  - symbolisant l'automne - et des conifères - symbolisant l'hiver - seront plantés.

Finalement, pour respecter la mémoire du lieu, certains éléments ont été conservés dans le parc : les pavés, une ancienne forge et la structure métallique de l'ancienne gare du Havre.

Vivement donc l'ouverture complète du parc !
Mais il faudra toutefois attendre que la végétation se développe, car ici, c'est encore beaucoup trop minéral ... pour offrir un dépaysement total.


>> Le site des Batignolles en 2000.
 

>> Voir aussi dans Parisperdu: Paris Batignolles
 




 

 

 

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" A 20 km de la Tour Eiffel. "

8 Septembre 2007, 11:54am

Publié par barreteau

 Crédit Photo: Sipa Press / Eric Hadj.

 

"A 20 km de la Tour Eiffel" est le titre de l'exposition d'Eric Hadj qui se déroule actuellement à Perpignan, dans le cadre du Festival "Visa pour l'image 2007". Les photographies présentées sont le fruit de son immersion dans la Forestière à Clichy-sous-Bois, la résidence d'où sont parties les émeutes de 2005.

La Forestière est une résidence privée au cœur de Clichy-sous-Bois, construite dans les années 70. Elle est devenue, trente ans plus tard l'une des résidences aux immeubles les plus dégradés sur le territoire national.
Près de 3000 personnes issues de l'immigration habitent La Forestière. 50% des personnes sont au chômage, surtout des jeunes ...

Un seul bus rallie Clichy-sous-Bois au reste du monde, le 601. Il vous emmène à la ville voisine du Raincy, où l'on peut prendre le RER pour rejoindre le cœur de Paris. L'aller et retour pour Paris revient à presque 9 euros. Trop cher pour se payer un ticket tous les jours. Alors les jeunes passent leur temps dans la "Fofo", la "Forest", le "Ghetto", en jouant au foot ou à la Playstation devant la télé. Ils n'ont toujours rien à faire, ... c'est tous les jours dimanche.

Chômage, échec scolaire et problèmes familiaux forment un terrain propice à la délinquance. La débrouille pour trouver de l'argent, l'échange des bonnes adresses pour ne pas payer les vêtements au prix fort : l'entraide est importante entre jeunes. Ils forment une famille. Presque tous nés en France, ils trouvent injuste d'habiter ici. La conduite sans permis et le défaut d'assurance sont les délits les plus courants. D'autres commettent des délits plus graves, mais cela reste le fait d'une minorité.

En novembre 2005, la résidence s'enflammait comme les autres cités voisines. Mais à La Forestière très peu de voitures ont brûlé ... et surtout pas celle-ci que des jeunes taguent, ici, à la demande de son propriétaire, lequel participe à l'opération. Ainsi, porteuse de tous ces signes que seuls leurs auteurs savent déchiffrer, la voiture fera réellement partie de la cité.

 

>>  Eric Hadj à Perpignan /Festival "Visa pour l'image 2007" 

 

 

 

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Belleville, la belle ville des bobos.

19 Août 2007, 16:24pm

Publié par barreteau

 

 


Vivre en ville va devenir un privilège.

A Belleville, à Ménilmontant, l'inflation des prix de l'immobilier chasse les anciens habitants. Ce sont maintenant des bobos qui ont jeté leur dévolu sur ces quartiers de l'Est parisien. Des peintres, des photographes, des architectes ou des designers s'installent dans des usines désaffectées ou dans des ateliers miteux qu'ils réhabilitent à prix d'or. Certaines agences immobilières se sont même spécialisées dans ces futurs lofts tant recherchés par ces nouveaux habitants pour qui le paraître est essentiel. Un bobo pensera fréquemment : "J'ai acheté un lieu atypique ... donc je suis atypique" !

Dans 10 ans, il n'y aura plus l'ombre de catégories populaires dans l'Est parisien. Le marché, mais aussi les pouvoirs publics, les mairies ... tout pousse à la requalification de ces quartiers ... même s'il y a parfois des résistances de quelques groupes d'habitants qui veulent conserver leur cadre et leurs modes de vie.

Car certains préfèrent continuer à vivre ici - en quasi communauté -  dans des immeubles, à la limite de l'insalubrité, que des promoteurs cherchent à raser pour faire de nouveaux programmes. Mais les gens de Belleville qui aiment depuis toujours leur quartier, "leur village" comme ils disent, ne veulent pas de ces nouveaux programmes ... avec restaurants à sushi, galeries d'art contemporain ou d'avant garde et "concept-stores" ... Tout un monde dans lequel ils ne se reconnaissent pas.
Et pourtant, s'ils sont chassés, ils devront partir à 20, 30, 40 km ... là où les prix sont moins élevés...


Ainsi, la ville se transforme, car... bien sûr la ville n'est pas une entité figée, ... ainsi va la ville, ainsi va la vie ...dans la belle ville de Belleville.


>> La politique de la ville, en savoir plus ...

>> Bienvenue à "Boboland" !

 

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Un monde si proche, si loin ...

12 Mai 2007, 17:11pm

Publié par barreteau


Pénétrer sur le réseau ferré de la Petite Ceinture n'est pas très compliqué. Malgré grilles, grillages, murs et autres palissades ... l'accès aux voies n'est bien souvent qu'un jeu d'enfants.

Le parcours entre le quartier Bel-Air - dans le 12ème - et le parc Montsouris - dans le 14ème - peut être effectué en une heure environ.
Alors on y va ?

Dès le départ, c'est un dépaysement total : vous longez des jardinets exploités depuis toujours par les riverains : massifs de fleurs mais aussi plantes potagères poussent ici ... et c'est plutôt bucolique. Sans cesse vous allez croiser des chats, et il y a même  parfois ... des renards ! Puis vous traversez le dépôt de trains de la gare de Lyon et les abords des quais de Bercy en chantier permanent depuis plus de dix ans avec l'opération Paris Rive gauche.
Peu après, on dépasse un groupe de gitans fort occupés à dénuder des câbles en cuivre ... Un peu plus loin, c'est l'ex-gare Masséna à laquelle s'accolent des habitations de fortune ... et à l'entrée d'un premier tunnel, c'est un jeune homme et son berger allemand ... heureusement attaché, qui ont trouvé ici un abri.

Le passage dans le 13ème au pied des tours du quartier Italie est plutôt impressionnant ! Puis, les tunnels s'enchaînent et vous arrivez à l'entrée du long tunnel de Montsouris (Photo) : il fait plus de 800 mètres ... et il y fait très froid. C'est ici que se réunissent périodiquement les visiteurs de catacombes et autres explorateurs de carrières sous-terraines  ...

Mais il faut songer à sortir de ce monde si particulier, à la fois si proche et si loin de la ville ... et là, au sens propre, comme au sens figuré, on a un peu de mal à trouver la sortie ....


>> La Petite ceinture et Parisperdu (1)
 

>> La Petite ceinture et Parisperdu (2)
 

>>
La Petite ceinture et Parisperdu (3) 


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Cité du Labyrinthe.

13 Avril 2007, 09:12am

Publié par barreteau


La Cité du labyrinthe a longtemps été une succession de cours et, cette voie bien nommée, permettait alors -  effectivement après de nombreux détours - de passer de la rue de Ménilmontant à la rue des Panoyaux.

 Le quartier a connu une lourde rénovation, parfois puissamment contestée. De nouveaux immeubles ont été édifiés en remplacement de l'ancien habitat ouvrier. Aujourd'hui amputée, en partie détruite, élargie pour y faire accéder des voitures, la Cité du labyrinthe est devenue une vaste impasse sans grand caractère et surtout ... elle a perdu son insolite poésie urbaine.

Car avant sa restructuration, l'étrangeté du lieu, le calme de ce long dédale ... attirait ici beaucoup d'artistes plasticiens. Des musiciens, des écrivains aussi ... y résidaient. Aujourd'hui, s
eul "un noyau dur" subsiste encore, au N°19 : Les Ateliers de Ménilmontant, qui tentent de perpétuer l'identité originelle du quartier et restent la cheville ouvrière des journées Portes Ouvertes qui se déroulent ici, chaque année en octobre.

A Paris, le promeneur qui prend parfois plaisir à se perdre dans le labyrinthe de la cité ne pouvait qu'être comblé dans ... la Cité du Labyrinthe.


>> La cité aujourd'hui, en partie reconstruite ...
 

>>
Les Ateliers de Ménilmontant.
 

>> Némo dans le Labyrinthe ...
 

>> "Cité du Labyrinthe" par le musicien Laurent Coq 
 

 

 

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" T'arrêtes avec ta tour Eiffel ... "

5 Mars 2007, 19:28pm

Publié par barreteau


Le 140 rue de Ménilmontant est une cité dans la ville, un bloc d'habitations bâti en 1925, une imposante forteresse avec son portail unique ouvrant sur une cour centrale distribuant les accès aux logements.

Le site a longtemps été qualifié de "zone sensible" ou de "quartier difficile". La délinquance y est alors endémique, fondée sur des trafics locaux de stupéfiants, d'objets ou de véhicules volés ou recelés : toute une économie souterraine. Les trafiquants y agissent en bandes et suscitent - dans tout le quartier - un réel climat de peur. Les gens ne peuvent plus circuler tranquillement dans les cours ouvertes de ces immeubles, car certains caïds se comportent en propriétaires du territoire.

Les passants qui osent s'attarder ici - surtout si de surcroît, ils photographient ou filment les lieux - sont immédiatement suspectés de vouloir nuire au « business » et sont éloignés par intimidation verbale. J'en ai personnellement fait l'expérience.

Dès mon arrivée, des adolescents me demandent de quitter les lieux et de ne pas prendre de photos. J'argumente sur le fait que je souhaite seulement photographier la tour Eiffel qui se dessine au loin dans la longue perspective de la rue de Ménilmontant. On me laisse préparer mon cadrage, mais le réglage de la prise de vue est sans doute un peu trop long au goût de mes interlocuteurs ... car tout à coup retentit un cinglant : "Eh ... toi là-bas, t'arrêtes avec ta tour Eiffel ... ". Instantanément, je prends conscience que la situation peut dégénérer très vite et qu'une violence extrême peut frapper à tout instant. Je quitte rapidement les lieux, après avoir pris un seul cliché.

En octobre 2005, Jean-Claude Irvoas aura eu moins de chance ... Il a été lynché à mort, devant sa femme et sa fille, alors qu'il photographiait du mobilier urbain ... en banlieue parisienne.

Quant au 140 rue de Ménilmontant, il a maintenant fait l'objet d'un vigoureux programme de réhabilitation et de réaménagement. Aujourd'hui, la cité a été désenclavée : l'unique entrée a été complétée par le percement de nouveaux accès et 8 bâtiments, sur les 30 existants, ont été
détruits pour créer un jardin et aménager une voie publique coupant, en son centre, la vielle cité.

Après ces transformations radicales, le quartier retrouva un peu de calme. Mais aujourd'hui encore, les photographes n'y sont pas les bienvenus ...



>> La tour Eiffel se dessine au loin dans la longue perspective de la rue de Ménilmontant. 

>> Jean-Claude Irvoas : la mort en 24 secondes ...

 

 

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Usine à gaz !

9 Février 2007, 14:27pm

Publié par barreteau


Les dernières traces de l'usine à gaz de l'Evangile, encore visibles ici, viennent de disparaître.

L'usine de l'Evangile avait été idéalement située : à proximité du réseau ferré qui acheminait les trains de houille en provenance des mines du Nord et en périphérie immédiate de la ville dont elle couvre alors les besoins en gaz pour l'éclairage et le chauffage.

Au sortir des fours, le gaz manufacturé (gaz de ville) est stocké dans des gazomètres qui s'élèvent et s'abaissent en fonction du volume de gaz qu'ils contiennent. Ces "énormes cloches en fer boulonné" - dont les plus grosses, mesurent 65 m de diamètre et autant de haut -ont fortement marqué durant plusieurs décennies le paysage de la Banlieue Nord de Paris.

L'usine employait alors plusieurs centaines d'ouvriers qui effectuaient ici un travail difficile et peu qualifié. Mais en 1976, l'alimentation en gaz naturel s'étant généralisée en Ile-de-France, la production de gaz de ville est définitivement arrêtée.

Aujourd'hui, seuls quelques bâtiments annexes du "Centre de Recherche Gaz de France" témoignent encore de l'histoire de ce lieu ...


>> Voir aussi sur ParisPerdu : Carrefour de l'Evangile   

 

 

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6 mètres avant Paris

10 Décembre 2006, 21:10pm

Publié par barreteau


Cette photo est publiée en hommage à Eustache KOSSAKOWSKI qui, au Printemps 1971, réalisa la série  "6 mètres avant Paris". A cette époque, KOSSAKOWSKI a le regard attiré par les écriteaux indiquant la limite administrative de Paris. Il décide de photographier toutes les pancartes en tôle ou en ciment portant le nom de la capitale.

Le reportage comptera 159 photos, dont l'objectivité repose sur la distance identique adoptée à l'égard de chaque écriteau (6 mètres), sur la neutralité générée par la prise frontale et le cadrage qui sont invariables.

En réalité, KOSSAKOWSKI n'a pas toujours pu, à cause d'impératifs propres aux sites, se placer à une distance de 6 mètres devant chaque panneau. C'est donc au moment de l'agrandissement des clichés, qu'il pallie ces variations.

En 1977, quatre photos de la série seront exposées dans le cadre de l'exposition "Archéologie de la ville" au Centre Beaubourg, où les 155 autres photographies, mises en dépôt, ont depuis disparu.

Malgré les aléas que connurent les tirages originaux, cette œuvre originale de KOSSAKOWSKI lui permis de se faire connaître en France et d'y vivre durant le reste de son existence.

Aujourd'hui, refaire cet exercice est  totalement impossible. A quelques très rares exceptions près, les panneaux "Paris" ont tous disparu des portes d'entrée de la capitale : comme pour mieux signifier que Paris déborde maintenant sur les banlieues  ... à moins que ce ne soit l'inverse ... !



>> Plus sur « 6 mètres avant Paris ».

 

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