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PARISPERDU

urbain

Butte Bergeyre, la secrète ... (1/3)

18 Février 2012, 09:48am

Publié par barreteau

Rue Georges-Lardennois- Paris 19ème: panorama sur Montmartre et le Sacré-Cœur- juin 1997


Juste au-dessus de Belleville l'industrieuse se loge une butte fière de sa particularité et qui fait davantage penser à un village provincial qu'à la ville agitée qui l'entoure. Les chanceux qui y résident, retranchés sur le plateau d’une petite colline, profitent d’une qualité de paix exceptionnelle, loin du tumulte, loin du vacarme parisien.

Dans cet îlot de charme, dans cet entrelacs de rues bordées de petits pavillons et d’immeubles bas, l'on respire une atmosphère villageoise.

Découvrir ce lieu tient presque du miracle car il se trouve en grande partie escamotée à la vue du promeneur. Pour celui-là, seuls deux escaliers abrupts, percés étroitement au travers d'immeubles, donnent accès au plateau.

Quant aux automobiles, elles auront pour seule voie d’accès – et de sortie - le lacet quasi montagnard de la rue Georges-Lardennois.

Mais que l'on suive la route ou que l'on choisisse l’escalier, au sommet, l'on sera récompensé de ses efforts par la soudaine découverte d’un panorama grandiose sur Montmartre et le Sacré-Cœur, panorama d’autant plus merveilleux qu’il était insoupçonné …

 

A suivre …

 

¤     La Butte Bergeyre, déjà sur Parisperdu:

>> "Rêveries du promeneur solitaire".

>> "Sur la butte Bergeyre".

>>
"Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie".

>>
"Parisperdu pour les nuls": " Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre".

>>
"N'est pas Willy Ronis qui veut ..." !
 

 

 

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Le voyage a déjà commencé.

23 Janvier 2012, 09:54am

Publié par barreteau

Passage Brady - 75010 Paris


A quelques jours de mon départ pour le sud de l'Inde (Parisperdu va donc fermer ses portes pour une petite quinzaine de jours), il m'a semblé pertinent de faire un tour du côté de "Little India, in Paris". Le passage Brady en est le cœur, un cœur bien vivant, très palpitant même …

Dès l'entrée dans ce passage, tous les sens sont sollicités: par la lumière de sa somptueuse verrière, par les devantures colorées, par les odeurs épicées, par le sourire des vendeurs en habits traditionnels et aussi par les rabatteurs de restaurants … moins traditionnels mais tout aussi souriants !
On est illico transporté en Inde.


Longtemps le passage a été menacé de fermeture par manque d'entretien et défaut d'hygiène, mais  justement, l'Inde c'est aussi un peu ça ! Des travaux de restauration sont en cours: nécessaires sans doute, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité … mais attention, il ne faudrait pas transformer ce bazar coloré en galerie marchande trop huppée …

Car ici, outre les nombreux restaurants fleurant bons le masala, les biriyani et autres dhal … c'est surtout le bazar Velan qui attire mon attention : … on y trouve de tout : des tissus pour saris aux noix de lavage, des condiments doux aux épices de feu …

Velan, Fils de Shiva et de Parvathi, est le Dieu le plus populaire auprès des hindous d'origine tamoule, donc du sud de l'Inde .

Alors pas de doute, mon voyage a déjà commencé …



>> L'épicerie-Bazar Velan, blog officiel.

>> 33, Boulevard de Strasbourg - 75010 Paris: l'une des 4 entrées du  "Passage Brady".

>> "Velan", je viens de visiter le même bazar à Pondichéry.

>> "Les passages couverts de Paris" par Sybil Canac et Bruno Cabanis aux éditions Massin.

 

 

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Aligre, surgi de nulle part .

2 Décembre 2011, 09:12am

Publié par barreteau

Vue panoramique de la place d'Aligre en mai 2008, un lundi, jour de fermeture du marché.


Entre le Faubourg St Antoine et la rue de Charenton, dans la masse résidentielle du 12ème arrondissement, lové à l'écart des grands flux, il est un quartier comme "surgi de nulle part" : c'est Aligre.

Longtemps populaire et ouvrier, ce quartier non loin de la Bastille, fut à l'origine de maints soulèvements, de divers mouvements et de beaucoup d'initiatives, comme la "Commune libre d'Aligre", une association de quartier, dont Mick Michèle fut la marraine.
Egalement avant-gardiste, le quartier sera l'un des premiers, en 1981, à créer une radio libre: "Aligre FM".

Mais le point central du quartier, c'est incontestablement son marché.
Une identité bicéphale qui comprend un bâtiment couvert et, installés à l'air libre le long de la rue d’Aligre, des étals de forains.

Ce marché reste l’un des plus animés et des plus sympathiques des marchés alimentaires parisiens, avec des allures de petit "Ventre de Paris".

Depuis maintenant un bon nombre d'années, le côté ethnique est très présent à Aligre et aujourd'hui, le quartier attire les Parisiens en recherche d'authenticité...
Bobos, Bretons ou Berbères : tous parisiens, tous immigrés !



>> Aligre FM, site officiel.

>> La place d'Aligre, un jour de marché (mai 2008)


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L'ennui naquit un jour de l'uniformité.

23 Octobre 2011, 19:40pm

Publié par barreteau


Large de 40 mètres, l'avenue de France part de la rue des Grands-Moulins et remonte vers le nord-ouest. Sur la moitié de son parcours, elle longe, en les surplombant, les voies ferrées de la gare d'Austerlitz: triste panorama !

Elle traverse un quartier neuf comportant quelques trop rares cafés et surtout un nombre incalculable d'immeubles de bureaux, de logements, … tous identiques, navrants dans leur gémellité, car:

"C'est un grand agrément que la diversité.
L'ennui naquit un jour de l'uniformité."

écrivait  La Motte-Houdar, un fabuliste contemporain de La Fontaine.
 

Pour qui a connu le vieux 13ème, avec ses petits immeubles bas, ses maisons en meulière … et tout un habitat très diversifié , la morale de la fable s'applique parfaitement à l'avenue de France.


>> L'avenue de France, déjà sur Parisperdu …

 

 

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La condition urbaine - La ville à l'heure de la mondialisation.

15 Septembre 2011, 08:15am

Publié par barreteau

16 rue de Nantes - Paris 19ème. (juillet 1997)


Après Maurice Merleau-Ponty, Michel de Certeau, Georges Perec et Italo Calvino, Olivier Mongin s'intéresse à la ville à l'heure de la mondialisation.
Dans son ouvrage: "La condition urbaine", Mongin appelle à la réflexion : l’Urbain définit désormais notre "condition", la ville est devenue notre environnement "naturel" et les enjeux de société possèdent, inévitablement, une forte dimension urbaine.

Aujourd'hui, la "question urbaine" ne définit plus un domaine isolable. Elle n’est pas tout, mais elle est partout. Car avec la mondialisation, nous voilà projetés dans "l'après-ville ", dans le "post-urbain ".

A Paris, nous étions habitués à voir la ville comme un espace circonscrit par l'anneau du périph' et dans lequel se déroule une vie culturelle, sociale et politique rendant possible une intégration civique des individus ... Nous voici maintenant confrontés d'un côté à des métropoles gigantesques et sans limites, et de l'autre au surgissement d'entités globales, en réseau, coupées de leur environnement.

Parallèlement, la dynamique de la ville voit deux processus à l'œuvre: celle des quartiers en difficulté, mais aussi celle des retrouvailles d’une partie des "classes moyennes" avec la ville dense, un processus que l'on peut résumer par le terme, réducteur, de "gentrification".

Et c'est bien ces contradictions en mouvement, qui rendent passionnante l'approche de la ville aujourd’hui.

Mais la reconfiguration en cours suscite l'inquiétude : allons-nous assister au déclin irrémédiable des valeurs urbaines qui ont accompagné l'histoire européenne ?
La fragmentation et l'étalement chaotique vont-ils inéluctablement l'emporter ?
Sommes-nous condamnés à regretter le Paris des Lumières, la grande ville du 19ème siècle ?
A une époque où l'information s'échange immatériellement selon des flux plutôt que dans des lieux : comment, dans ces conditions, refonder un lieu urbain accordé à notre temps ?
Tel est le défi proposé par la mondialisation à Paris comme aux autres grandes métropoles.



>> La Condition urbaine, par Olivier Mongin.

 

 

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La double vie de la Place de Stalingrad.

19 Juillet 2011, 09:25am

Publié par barreteau

Les deux facettes de la Place de Stalingrad - Paris 19e arrondissement.
(Photomontage: © Pierre Barreteau)



Le projet de la nouvelle Place de Stalingrad fut dès le départ étroitement liés au programme d’aménagement du bassin de la Villette. Il devait aussi poursuivre le grand projet urbain de Ledoux (et surtout de Girard), sans prétendre toutefois à une reconstitution littérale.
La Place, retravaillée par l'architecte Bernard Huet a été livrée au public en 1989.
Quelques 20 ans après, quel est le résultat pratique obtenu ?

Sa fréquentation diurne/nocturne fait penser à Mr. Jekyll et Dr. Hyde, la place ayant une double vie : respectable le jour, mais interlope la nuit. Ainsi, arrivé au terme de sa rénovation, la place de Stalingrad doit encore régler ses problèmes de drogues ...

Un temps chassés en banlieue, les dealers de "crack" vendent à nouveau à Stalingrad. L'endroit précis est connu sous le nom de "camp des arcades", un petit camp retranché sous les arcades du bout de la place avec, comme rempart protecteur, des barrières de chantier de la ville de Paris. Sur ce spot, se tiennent en permanence une trentaine de zonards tellement accros qu’ils achètent et ­fument leur drogue en plein air. Les rares passants détournent le regard, tandis que défilent des dizaines d’autres clients venus s'approvisionner ici.

Le problème devrait être résorbé en quelques mois avec le nouveau plan "Crack Stalingrad". Déjà, la police et les brigades anti-criminalité (Bac) font des raids réguliers le soir, et la voirie passe pour nettoyer. Mais les policiers n’embarquent presque personne, car les dealers ont leurs réseaux de guetteurs et, sur la place, les groupes se reforment moins d’une heure après les descentes de police.

Les riverains pensent que l'ouverture de la Rotonde, transformée en restaurant haut de gamme, va contribuer à faire partir les "crackers".
Sans doute, … mais ils trouveront un autre endroit, plus loin. Peut-être même seulement à une centaine de mètres …et la place de Stalingrad continuera à mener sa drôle de double vie.




>> Déjà sur Parisperdu: "Stalingrad".

 

 

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L'envers de la ville, la ville à l'envers.

23 Mai 2011, 08:45am

Publié par barreteau

Campement de Roms, Bidonville (2002- 2006) -  Boulevard Mac Donald - Paris 19ème

Photo © Eric Garault /Picturetank.

 

 

Le point de départ ne peut être plus concret : une carte IGN de Paris et de sa région. Sur la carte, des zones restent étrangement blanches, sont-ce des terrains à construire, des terrains  militaires … ?
Lorsque vous allez sur place explorer les lieux, les "vides" de la carte n°2314 OT de l'IGN, vous comprenez alors que les cartes n'entretiennent que des rapports très lointains avec le réel !

Souvent, derrière ces occultations suspectes, vous allez découvrir ce que nos villes modernes refoulent vers l'extérieur : une misère odieuse et anachronique, des bidonvilles cachés aux portes de la capitale, des espaces réservés aux sans domicile fixe et aux gens du voyage.
Et, dans le Paris citadin, boulevard Mac Donald, ou Porte d'Aubervilliers, c'est l'envers de la ville, la ville à l'envers : tout ce que nos responsables politiques nous cachent.

 

Ayant vu ce que dissimulait la carte de la région parisienne, on comprend comment, à Washington ou au Cap, on a pu mettre en vente des plans de la ville où, tout simplement, les quartiers pauvres ne sont pas représentés. Des plans de la ville où ne figure qu'un tiers de la ville…

 

A l'heure où les métropoles voient leurs townships et leurs favelas broyés par l'abandon, à l'heure où Paris devient une ville-musée inaccessible; les campements du boulevard Mac Donald ou de la Porte d'Aubervilliers montrent le paradoxe de nos mégapoles : à l'époque du GPS et des caméras de surveillance, nous ne connaissons rien du monde ...



>> Aller plus loin avec le "Livre blanc" de Philippe Vasset.

>> Bidonvilles/Seine, par Eric Garault




 

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De la zone au périph'.

19 Mai 2011, 09:29am

Publié par barreteau

Le Périph' / Porte Dauphine

Paris est l’une des rares capitales, d’un pays majeur, d'une surface aussi petite et entièrement verrouillée par un périphérique visuellement très présent.

Construit en 1973, le périphérique a remplacé les fortifications, communément appelées "fortifs" . Au-delà, il y avait " la zone".
"La zone", c'était l'endroit où l'on était en dehors, en dehors de la ville, de la société, des lois, un endroit marginal et incertain, où l'habitat était précaire. 

 

Mais, depuis que cet espace large de 400 mètres a été récupéré, dans les années 20 à 30, aucun pouvoir politique n'a jamais eu de plan d'aménagement cohérent, si bien qu'on a reconstitué sur l'espace des "fortifs" un "no man's land" entre ville et banlieue.


Dans cet interstice, on a accumulé, pêle-mêle, constructions et  équipements, et l'on a ainsi constitué une barrière difficilement franchissable.

 

Le "Grand Paris" tant annoncé, tant attendu donnera-t-il à la ville un peu d'air ?  
Pas si sûr, car à l'arrivée, ces grands projets causent parfois de grandes déceptions …



>> La "zone" d'Ivry il y a un siècle - 1913 (© Photo : Agence Rol)


>> La construction du périphérique parisien. (Archives INA)

>> Intra-muros.

>> Ici, Paris n'est plus le même …

>> Espaces urbains à vocations indéfinies

>> La vie sous le périph'
 



 

 

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Quel avenir pour les kiosques à journaux ?

3 Mai 2011, 09:30am

Publié par barreteau

 

Aujourd'hui, 341 kiosques à journaux sont disséminés sur tout le territoire de la capitale.
Ce maillage particulièrement dense offre la possibilité de trouver son quotidien ou son magazine préféré, avant même les premières lueurs du jour et jusque très tard dans la nuit. Certains kiosquiers ouvrent en effet dès 4h30, alors que d'autres ne ferment, la nuit, qu'à 2h00 passées.

 

A Paris, cette vente sur la voie publique est une activité qui a toujours été synonyme de convivialité urbaine et de création de lien social. Ce réseau de commerçants indépendants fournit en effet, un service de proximité essentiel à la vie de quartier.
 

Le métier est pourtant plutôt dur, car même si on est son propre patron, et même si on peut lire à loisir la presse, … les horaires sont longs, les courants d'air permanents et, sur fond de crise des quotidiens, la  rémunération est de plus en plus faible …
 

Aussi, depuis une quinzaine d'année, le nombre des kiosques a été en constante diminution: de 400 en 1995, il était tombé à seulement 268, en 2005. Date à laquelle, la ville a lancé un plan d’action quinquennal visant à rouvrir 50 kiosques et à en créer 50 autres. Et d'ici 2015, un nouvel objectif a été formulé, avec la création de 40 nouveaux kiosques dans la capitale, dont 10 réouvertures.
 

Le 27 novembre dernier, le "kiosque de presse du futur" a été dévoilé. La forme et les fonctionnalités de ce modèle de kiosque à journaux, réalisé par le designer Ora Ito, ont été repensées avec notamment l'intégration de technologies permettant l'essor de nouveaux services interactifs et de nouveaux espaces publicitaires sur grands écrans numériques.
 

A Paris, les kiosques à journaux ont encore de l'avenir …

 

 

>> Carte des kiosques parisiens.
 

 

Revue du mobilier urbain sur Parisperdu:


>> Les Vespasiennes ou Sanisettes.

 

>> Les cabines téléphoniques.

 

>> Les colonnes Morris.

 

>> Les fontaines Wallace.

 

 

 

 

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Intra-muros.

11 Avril 2011, 09:12am

Publié par barreteau

Boulevard Périphérique, vers la Porte d'Ivry Paris 13ème.


Paris est l’une des rares capitales d’un pays majeur, aussi petite en surface et entièrement close par un périphérique bruyant et visuellement très présent.
Il n'y a pas d'autre exemple au monde.


Construit en 1973, le périphérique a remplacé les fortifications. Là, il y avait " la zone". La zone, c'était l'endroit où l'on était en dehors, en dehors de la ville, de la société, des lois, un endroit marginal et incertain où vivaient "apaches" et truands.
L'habitat y était précaire : c'était un territoire militaire, on voulait conserver la possibilité de tout raser en cas de conflit. D'où la présence de marginaux, de chiffonniers, du marché aux puces …

Lorsque cet espace large de 400 mètres a été récupéré, entre 1919 et 1930, aucun pouvoir politique n'a jamais eu de plan d'aménagement cohérent, si bien que l'on a reconstitué sur l'espace des fortifs un no man's land entre ville et banlieue.
HLM, HBM (ancêtres des HLM), stades, cimetières, chemin de fer de la Petite Ceinture, boulevards des Maréchaux et périphérique s'y sont installés et constituent désormais une barrière difficilement franchissable. C'est comme s'il y avait autour de la ville un fleuve circulaire qu'on ne pourrait traverser que par ces ponts que sont les portes de Paris.

Avant la dernière guerre, Paris avait un visage différent: il y avait des quartiers très ouvriers, comme l'avenue de Choisy dans le 13ème. Dans les années 30, le Parti communiste y sonnait du clairon dans la cour des HBM pour appeler à la manif !
Il y avait aussi des poches d'habitat populaire dans tous les arrondissements, y compris le 7ème et, dans toute la ville, beaucoup de familles modestes qui habitaient aux derniers étages des immeubles, là où, à l'époque il n'y avait pas d'ascenseurs.

On vivait aussi beaucoup dans la rue, il y avait plus de corps à corps qu'aujourd'hui. Jusqu'aux années 50, de nombreux quartiers étaient comme les Grands Boulevards aujourd'hui, avec beaucoup de monde sur les trottoirs, sur la chaussée aussi, qui a depuis été neutralisée par l'automobile. Sur les vieilles cartes postales, on voit les gens discuter au milieu des places et des boulevards. C'est inimaginable aujourd'hui.

Depuis 1954, Paris intra-muros a perdu 25 % de sa population. Le Paris populaire qui était un Paris très dense est devenu moins dense, en même temps qu'il est devenu moins populaire. Les petits appartements et les ateliers récupérés ont été transformés en appartements plus grands, plus confortables, habités autrement.

Au 19ème siècle déjà, des politiques très respectables parlaient de l'invasion des "barbares", à propos des Auvergnats qui troublaient l'ordre public quasiment par leur seule présence. Quant aux pauvres, on a souvent eu la tentation de les envoyer au-delà des limites, la banlieue étant vue comme le lieu du bannissement. Cette banlieue n'a pas été peuplée directement par les gens qui arrivent de province, car ceux-ci s'installent dans Paris, à la Goutte-d'or en particulier. Et c'est seulement après une socialisation urbaine qu'ils partent en banlieue. Depuis longtemps, celle-ci est habitée majoritairement par des gens qui ont été expulsés vers la périphérie. Amorcé avec les travaux d'Haussmann, le processus se poursuit aujourd'hui encore. En même temps, la ville de Paris ne peut se passer de la banlieue : elle y a 10 % de ses HLM, 80 % de ses morts et 100 % de ses ordures.

 

Et c'est comme un appel, comme une évidence pour l'avènement d'un "Grand Paris".



>> Grand Paris, où en est-on ?

>> Le Grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !

>> Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?

 

 

 

 

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Bandes: pas de quartiers !

2 Avril 2010, 08:43am

Publié par barreteau

Carrefour des rues de l'Escaut, Curial et Labois-Rouillon – Paris 19ème.

 

De tout temps, il y a eu des bandes à Paris, plus ou moins organisées, plus ou moins violentes, souvenons-nous de la bande à Bono, des Apaches, des Blousons noirs, des Hell Angels, des bandes de la CGT … la liste serait longue.

Aujourd'hui, le sujet fait un retour en force au premier plan de l'actualité, avec le recensement que vient de publier la Ministre de l'Intérieur. Sur le territoire métropolitain, dans les quartiers, les bandes sont au nombre de 222, dont près de 80 % en région parisienne, regroupant quelque 5000 membres permanents ou occasionnels dont 47 % sont des mineurs.

A Paris, ce sont surtout les arrondissements orientaux qui sont concernés, en particulier le 19ème avec les Bandes Reverdy-Moselle, Curial-Cambrai, Pinot-Solidarité et la Bande Chaufourniers. Dans les arrondissements du sud, c'est le 13ème qui occupe le haut du pavé, avec les Bandes de la Place Souham, du Colonel-Dominé / Paul-Bourget,  de la Brillat et la Bande de la Dalle des Olympiades.

Ces bandes sont constituées en grande majorité de gens désocialisés et cette désocialisation se marque par des attaques contre tout ce qui représente l'autorité, l'Etat et notamment la police. La bande occupe des territoires et "certains" voudraient qu'ils échappent aux policiers, notamment les territoires où il y a des trafics de drogue. En dehors, ou en complément de ces trafics, on constate dans ces quartiers, une pratique quotidienne de vols à main armée et un climat de violence entretenu par un certain nombre de jeunes ou de moins jeunes.
 

Les affrontements entre bandes sont la manifestation la plus visible de leur existence. Ils donnent lieu alors, à des explosions de violence au cours desquelles l'usage des armes blanches ou à feu est de plus en plus fréquent. Dans le 19ème, la rivalité entre les gangs  Reverdy-Moselle et Curial-Cambrai, deux cités ennemies, entraine de nombreux règlements de compte qui peuvent parfois prendre des tournures tragiques.
 

Sur la toile, on peut parfaitement suivre leurs activités et leurs faits d'armes. Car souvent, les bandes disposent de blogs où elles se racontent, menacent leurs ennemis ou diffusent photos et vidéos provocatrices.

Le sentiment d'avoir constitué des territoires interdits aux personnes extérieures est un dénominateur commun de ces blogs, qui relèvent presque tous de la galaxie des Skyblogs.

Là, avec un haut niveau de violence verbale, des jeunes de cités difficiles rivalisent pour déterminer quel est le quartier de France le plus craint, "le plus chaud" ou "le plus ghetto".

Comme des dizaines d'autres blogs, le skyblog des "Reverdy-Moselle" se vante ainsi d'une descente effectuée dans la cité concurrente, celle de la "Curial-Cambrai" en l'occurrence, photo à l'appui. L'écriture, difficile à déchiffrer, est un mélange de verlan, d'argot, avec utilisation du langage SMS et une accumulation de fautes d'orthographe, jugez plutôt:

"On é alé la bas, on é passer, ya pas eu de probleme, on c pozé la bas, maintnant il peuve pas nié, g penser a prendre les foto", assure le blogueur. Une attitude raillée par ceux de la "6T Curial-Cambrai " dans leurs commentaires : pour eux, la descente était fictive, trop rapide pour donner lieu à un affrontement.
Au travers de ces blogs s'expriment une grande fierté et un puissant sentiment d'appartenance à chacune de leur "tess" (cité)  … mais sans jamais faire aucune concession à la "tess" rivale  …. Il n'y a pas de quartier pour les bandes !

 

 

>> Belleville : de la déliquescence à la délinquance ...

 

>> "C'est déjà ça …"

 

 

 

 

 

 

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Ne l'appelle-t-on pas Beaugrenelle ?

9 Mars 2010, 10:08am

Publié par barreteau

Dalle Beaugrenelle –Paris 15ème  –Juin 2005

 

De la rue de Javel, par un petit escalier dérobé, sombre et sale, il vous faudra gravir 39 marches pour arriver à la dalle. Plutôt qu’une dalle, plutôt qu'un grand plateau ouvert, c’est un entrelacs de passerelles réticulées d’où émergent des tours et d'énigmatiques totems. Des jardinières de béton gigantesques sont comme la réminiscence lointaine d’un rêve babylonien.

 

L’espace est délabré, déserté, si ce n’est quelques enfants auxquels s’adresse peut-être le mou revêtement synthétique qui tapisse le sol près d'absconses faïences, fissurées et aux couleurs désuètes. Les façades des tours, assisses sur un socle de béton sec et raide, ont des rictus de masques aux traits saillants. Au pied des trente étages, les réverbères se devinent à peine. Le sous-sol est un enfer où règne l'éclairage à la vapeur de mercure, dont la lueur terne s'échappe des trous creusés dans la dalle.

 

La toux sèche d’un enfant résonne, et des courants d'airs font d'incessants va et vient entre les tours et vos oreilles. Du fleuve on n’entend que la voie express qui le borde, on ne voit que les arbres qui le cachent, on ne sent que le vent qui porte les bruits et les odeurs des voitures.

 

A proximité de la dalle, depuis quelques années déjà, le projet du Nouveau Beaugrenelle, un centre commercial deux fois plus grand que l’ancien, est à moitié réalisé, à moitié en chantier. Quant à la rénovation de la dalle, un projet nettement moins rentable que l'hyper centre commercial, il attendra : la fin des travaux est prévue à l'horizon 2014.

D'ici-là, la dalle gardera l'indicible beauté des ruines, et ses tours la force absurde de la violence. Pourtant son nom est d'une réelle douceur et d'une rare poésie, ne l'appelle-t-on pas Beaugrenelle ?



>> Le Nouveau Beaugrenelle.

>> Autre dalle à découvrir sur Parisperdu : "Dalle ou dédale des Olympiades".

 

 

 

 

 

 

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Paris by-night.

13 Février 2010, 10:41am

Publié par barreteau


Les fêtards de la nuit se plaignent. La vie nocturne serait en train de mourir à Paris. Technopol, une association de "clubbers" cherche à mobiliser le monde de la nuit autour d'une pétition en forme de cri d'alerte. Son slogan: "La nuit meurt en silence", agrémenté d'une affichette tendant à montrer que la vie nocturne européenne est maintenant à rechercher à Londres, à Barcelone, à Prague ou à Berlin …. mais en aucun cas à Paris.

Le fait n'est pas nouveau. Déjà dans les années 90, Manu Chao et la Mano Negra, dans une chanson intitulée "Ronde de nuit", nous ne nous disaient-ils pas : "Au cœur de la ville endormie reposent des millions de gens soumis, sans personne pour hurler la nuit …"?

Ah, il est loin le bon temps des boites à Pigalle (le Bus Palladium, en tête), avec tout le monde mélangé : noirs, arabes, juifs, gays, et tous les autres … Maintenant, chaque communauté a ses endroits ghettos et … t'as pas intérêt à te tromper d'adresse !
Au lieu du vivre ensemble, nous choisissons l'entre soi.

Mais aujourd'hui, la situation s'est compliquée et les exploitants des "boites de nuit" disent ne plus pouvoir supporter les pressions qu'ils subissent dans la gestion des problèmes de nuisances sonores. Car comment concilier, en ville, la tranquillité des uns avec l'activité des autres ?

Plus récemment encore, la situation s'est à nouveau dégradée avec la mise en œuvre de la loi anti-tabac qui a poussé une partie du public à passer beaucoup de temps à l'extérieur des établissements, cette occupation des trottoirs troublant encore plus le voisinage.

Des fermetures administratives, provisoires ou définitives, en ont résulté et les pertes de licence ou d'autorisation de nuit (au-delà de 2h) sont nombreuses, sans parler des amendes parfois très lourdes.

Ce n'est donc pas la première fois qu'on annonce la mort imminente de la nuit parisienne.
Mais la fête n'est pas la seule façon de se divertir, et il y a une vie nocturne parisienne hors des clubs et autres boîtes.  "Paris capitale de l'ennui", ne serait-il pas le sentiment de professionnels en mal de recettes, et de "clubers" blasés qui ne vivent que dans le monde illusoire et superficiel des fêtes où avant tout, il faut être vu ?

Il y a tant d'autres choses à faire à Paris, d'autres lieux à fréquenter, de jour comme de nuit : des restos, des troquets, des concerts, des théâtres et des cinémas ou plus simplement des balades urbaines où l'on peut savourer la blancheur de la nuit parisienne.

Celui qui n'est jamais rentré au petit matin, lorsque les premières lueurs du jour commencent à se  mélanger à celle des réverbères, assis à l'arrière d'un taxi fonçant dans des avenues désertes, avec en fond sonore Jacques Dutronc et les notes aigrelettes de la flûte traversière jouant "Il est 5 heures Paris s'éveille", celui-là ne peut pas comprendre la magie de l'instant, … la magie d'une nuit à Paris.



>> Manu Chao et la Mano Negra : "Ronde de nuit".

>> Paris Nightlife , le nouveau portail Internet la Mairie de Paris.

>> Jacques Dutronc : "Il est 5 heures Paris s'éveille".



 

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King Kong est de nouveau dans la ville !

9 Février 2010, 09:04am

Publié par barreteau

©Photo:  Raul Manrupe

 

Au détour d'une célèbre avenue, c'est le choc …

Le choc d'une photo aussi monstrueuse par ses dimensions… que par son esthétisme.

 

Pourquoi cette actrice se donne-t-elle des allures de King Kong dans notre paysage urbain ? …
Pour les besoins de la sacro-sainte "Pub", … bien sûr. Mais ici, cette ambassadrice d'une marque de cosmétiques semble véritablement hanter la ville … tel le célèbre gorille.

 

Laissons finalement, la belle et la bête au rayon des horreurs … urbaines !

 

 

 

>> Voir l'animal monstrueux, dans le même registre …



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Rue du Javelot.

5 Février 2010, 10:45am

Publié par barreteau


Pour les photographes parisiens, la rue du Javelot serait-elle devenue "la nouvelle rue Watt" ?

Peut-être bien, car on y retrouve l'atmosphère particulière des rues sous-terraines, à la fois glauques mais envoûtantes, effrayantes mais terriblement esthétiques.

La rue du Javelot est une vraie rue de la ville de Paris. Souterraine, ses entrées ressemblent plutôt à des entrées de parkings, l'éclairage y est médiocre... et partout fleurissent des panneaux de stationnement interdit, avec l'immanquable pictogramme signalant l'enlèvement du véhicule en cas d'infraction.

 

Dans cette rue, beaucoup de petites choses qui seraient, ailleurs, sans importance deviennent ici complètement hallucinantes. Ainsi, vous y rencontrez des gens qui préfèrent faire leur jogging dans ce lieu clos et sinistre plutôt que dans le parc de Choisy à seulement quelques minutes de là, ou des amoureux qui passent leurs après-midi dans ce souterrain, à coté des poubelles …

 

Les enseignes des boutiques ressemblent peu à celles d'une rue commerçante, et pourtant, contrairement aux apparences, la rue du Javelot est une rue commerçante, et même très commerçante. Seulement ici, les commerces n'ont pas conquis le droit à des vitrines, à des néons, à de pimpantes couleurs … Rien n'est fait pour inciter le client à pousser la porte …

Ainsi, au 44, c'est le "Sieu-Thi Viet Nam", l'entrée d'un supermarché vietnamien, sa porte en tôle ondulée n'encourage pas à venir y faire ses courses.

Puis, au 58, c'est "Pasta et Basta", un restaurant italien sans doute caché derrière une porte au fond d'un sas faïencé; mais là non plus, on n'a pas très envie de s'attarder.

Plus loin, deux portes: l'une pour l'escalier, l'autre pour l'ascenseur, à moitié dissimulées derrière des containers-poubelle : c'est l'entrée du "47, rue du Javelot, 75013 Paris". Tout près, une boîte à lettre pour cette adresse improbable, située au milieu de nulle part …

Enfin, au 42, l'atmosphère ne semble pas très saine non plus, c'est pourtant l'adresse de la crèche collective. Mais elle est en travaux de déconstruction et de désamiantage !

 

Certaines démarches d'urbanistes érigent parfois la modernité en absurdité la plus totale …
Si vous n'en n'êtes pas convaincus, allez donc faire un tour rue du Javelot.

 

 

 

>> Voir aussi : "Dalle ou dédale des Olympiades ?"

 

 

 

 

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