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PARISPERDU

urban

La vie sous le périph'

14 Septembre 2008, 10:53am

Publié par barreteau



La porte de Bagnolet rassemble des bureaux à faible valeur architecturale, des hôtels sans étoile, peu de programmes de prestige et ... même son centre commercial, "Bel-Est", fait pâle figure, à tel point que certains continuent de qualifier Bagnolet de "Défense du pauvre".
Ce sinistre décor, tous les Parisiens le connaissent, pour y être passés ... à 80 kilomètres/heure. Mais n'ont-ils jamais osé s'aventurer sous le périph ?

Car là se trouve tout ce qu'il y a de plus dégoûtant: des zones entièrement délaissées, souvent sans lumière, pas vraiment sécurisées et avec des allures de décharges ... On y trouve aussi des campements de fortune de "sans-papiers" ... bulgares, afghans ou même de SDF ... bien français, qui tous survivent ici dans un environnement dominé, de nuit comme de jour, par le vacarme assourdissant des voitures, des poids lourds et par leurs émissions de gaz nocifs ...

Pendant des années, personne ne s'est posé de questions sur l'avenir de cet anneau infernal de 35 kilomètres de circonférence, sur ce non-espace dans la ville. Dès les années 1980, architectes, urbanistes et élus réfléchissent pourtant déjà aux moyens de le réhabiliter. Mais le débat tourne en rond...
En 2003 toutefois, la publication du livre des membres du cabinet "Tomato Architectes", intitulé La Ville du périphérique, va agir comme un détonateur.

A présent, au-delà des débats sur la vitesse autorisée, sur le passage des poids lourds, sur une éventuelle file pour les taxis, autant de débats qui ont animé - faiblement - la dernière campagne des municipales, la question du périphérique devrait s'articuler autour de la relation entre Paris et sa banlieue.
Car sans réaménagement du périph, sans réflexion sur la manière de le traverser, comment ouvrir et transformer les quartiers de la couronne parisienne?

Vous avez dit "Grand Paris" ? Oui, grand pari ...



>> "La Ville du périphérique" par le cabinet Tomato Architectes.


>> "Périphpolis", un film de Joachim Lepastier.
 


 

 

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Des tours à Paris : pour quoi faire ? (2/2)

10 Septembre 2008, 09:49am

Publié par barreteau


Le quartier Olympiades, Paris 13ème.


Alors que Paris manque cruellement d'espaces verts, qui pourtant seraient si nécessaires au bien-être et à la santé des Parisiens, on parle de vouloir construire des tours dans les rares lieux non encore bâtis de Paris.
Ne marche-t-on pas sur la tête ?

Les problèmes de nos banlieues - nées des barres et des tours - ne suffisent-ils pas ? Pourquoi donc vouloir encore plus de monde à Paris alors que, déjà chaque jour, plus d'un million de personnes passent par le métro Châtelet, lequel est plus que saturé ... et qu'en plein après-midi, la rue de Rivoli atteint des pics de pollution insensés ...

Si New York doit rester New York, avec ses tours, Paris doit rester Paris, avec ses immeubles Haussmanniens, qui jamais ne dépassent 6 étages.

Dans les nouveaux quartiers de la Grande Bibliothèque ou de Bercy, où l'on a gommé les petites rues, les maisons, les jardins et la vie tout autour, allez maintenant vous y promener le soir ... Bonjour l'ambiance coupe-gorge : boutiques vides ou fermées dès 19 heures, zones désertes, façades d'immeubles glaciales ...
Ces nouveaux quartiers sont franchement invivables.

C'est "l'architecture du moi" qui prime, à la place de "l'architecture pour les autres". Les architectes qui conçoivent ces tours, les politiques qui décident de les construire ont-ils l'intention d'y habiter ?

Des tours à Paris, mais pour quoi faire ... ?


>> Voir aussi : Des tours à Paris : pour quoi faire ? (1/2)

>> De nouvelles tours à Paris, les propositions de 11 architectes.

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" C'est déjà ça ..."

3 Avril 2008, 09:43am

Publié par barreteau

Photo © Jacques Grison


La cité "Piat-Faucheur-Envierges" dans le 20ème est ce qu'on appelle "un quartier difficile". Elle héberge environ 3000 habitants et l'essentiel des 82 nationalités recensées dans le quartier de Belleville. La cité a été classée en zone urbaine sensible (ZUS). Elle n'a pas bonne réputation dans le "quart Est" de Paris. On déconseille aux nouveaux arrivants de s'y installer. C'est une cité stigmatisée et "stigmatisante".

Les "jeunes" ne veulent surtout pas, disent-ils, "rouiller", "tenir les murs", se retrouver bloqués "dans le rien". Leur parcours scolaire est déjà un handicap, mais "on se bouge", jurent-ils. Ils parlent de "mener une vie normale". D'avoir quelque chose de concret: "un métier, quoi ... et aussi ... fonder une famille, comme tout le monde". "Mais on nous colle une étiquette, jeune d'ici égal glandeur, c'est pas bien !", proteste Farid, 24 ans. Lui et ses copains reconnaissent eux-mêmes qu'ils ont "une tête à faire peur" sous leurs capuches et leurs bonnets, les épaules rentrées et les mains dans les poches.

Alors quand on parle à Farid du tout récent plan "Espoir banlieue", il rétorque: "J'aimerais être optimiste, mais plusieurs plans sont déjà passés, et rien n'a changé. C'est quoi le problème des jeunes des cités ? En premier, c'est de trouver un travail. Je suis conscient que certains ne font pas d'efforts, mais pour les autres, il faut leur donner la chance d'aller au travail."

Plus surprenant, ce même discours "anti-glandouille" revient aussi chez ceux qui affirment volontiers, avec de lourds sous-entendus, qu'ils ne veulent pas se "lever à 5 heures du matin pour gagner 1 000 euros".
Farid ne cache pas que tous les moyens sont bons pour remédier à ce problème, ... si près des beaux et riches quartiers du centre ou de l'ouest parisien.
Et voilà comment il décrit sa "situation piège" : "On est dans une société parallèle, le temps ne passe pas, c'est insupportable. On est comme une secte. On n'a plus d'horaires, rien. Au bout d'un moment, ça devient une vie dangereuse. La porte est ouverte à tous les excès, à l'illégalité. Mais attention ... là j'explique, je ne légitime pas."


Finalement Farid n'a pas perdu espoir de tourner le dos à cette vie de petits arrangements : "Y'en a qui commencent à s'en sortir dans le bâtiment. Ils sont manœuvres, des trucs comme ça, ... mais ils ont un boulot, ... c'est déjà ça ..."



>> Ecouter Alain Souchon: "Je m'promène rue de Belleville ... c'est déjà ça ..."

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Malaise à Belleville" (2/2)

>> Toujours sur Parisperdu: "Malaise à Belleville" (1/2)


 

 

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Les Frigos en "perspectives".

30 Mars 2008, 14:35pm

Publié par barreteau

 

 


Lorsque, tous les matins, les étudiants descendent la rue des Frigos qui les mène à l'Université, combien sont-ils à voir le vieux bâtiment entièrement recouvert de graffitis qui leur fait face ?

Quel regard portent-ils sur cet ancien paysage industriel qui peuple leur quotidien et qui aujourd'hui s'efface devant les grandes barres d'immeubles du treizième arrondissement parisien ?

C'est en partant d'un constat d'indifférence partagée entre les artistes des Frigos et leurs voisins-étudiants de l'Université Paris 7 Diderot - pourtant réunis par une même histoire, celle de leur patrimoine architectural et historique - que l'exposition "Perspectives" a été pensée.

"Perspectives" est une Exposition couvrant deux lieux distincts:
> Celui des Frigos, un ancien bâtiment frigorifique investi et réhabilité par des artistes et artisans depuis les années 1980. C'est aujourd'hui un lieu de création dynamique situé au 91 quai de la Gare, dans le 13ème, au cœur d'un quartier en pleine modernisation. Les palissades entourant temporairement le lieu, semblent délimiter une sorte d'îlot dont la visibilité s'en trouve réduite.
> Celui des Grands Moulins, autre élément du patrimoine industriel du quartier, qui a connu récemment une seconde naissance avec l'implantation de l'Université Paris 7. Celle-ci, ainsi que l'ensemble des activités voisines, occupent des bâtiments neufs, qui contrastent fortement avec les Frigos, dernier témoignage du passé industriel du quartier.
La singularité des Frigos et leur vitalité créatrice ont amené les organisateurs de l'exposition à des questionnements à la fois artistiques et sociologiques ayant comme point de départ la notion de perspective, et jouant sur la polysémie de cette notion pour concevoir l'exposition. Le visiteur pourra ainsi réfléchir au lien créé entre la perspective dans l'art, la perspective géographique, la perspective sociologique et la perspective des regards par rapport aux Frigos.

L'exposition "Perspectives" se déroulera du 31 mars au 12 avril 2008 dans le hall des Grands Moulins, grande salle entièrement construite en béton et agrémentée de colonnes, dont l'apparence rappelle l'architecture des Frigos. L'exposition en elle-même constitue un trait d'union entre les deux espaces.

Alors courrez vite au 91 quai de la Gare et aux 9-15 Esplanade des Grands Moulins ... pour une bonne visite en ... "perspective" ! 

>> Le site des Frigos.

>> L'Université Paris 7 Diderot.

>> Sur Parisperdu : "Les Frigos vont-ils être démolis ?"

>> Toujours sur Parisperdu : "Manu et ses copains "graffeurs" en action sur le site des Frigos".

>> Encore sur Parisperdu : "Des étudiants dans la farine ?"

 

 

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Garnis et meublés ... "Une chambre en ville" (3/3)

26 Mars 2008, 09:57am

Publié par barreteau


Grand Hôtel de Lyon, rue Jouye Rouve Paris 20e

Vu de la rue, le Grand Hôtel de Lyon fait "bien propre sur lui". A l'entrée, une plaque indique: " Chambres avec cabinet, confort moderne, prix modérés" ... De surcroît la marquise vitrée qui couronne, de son fer forgé, le hall d'entré apporte une note de bon standing.
Mais à l'intérieur, c'est une toute autre histoire ... les chambres sont dans un état déplorable, la modernité du confort laisse beaucoup à désirer et les prix n'ont rien de modérés ...

 
Finalement, une grande majorité des 889 hôtels meublés recensés dans la capitale sont dans la même situation, voire pire, que celle du Grand Hôtel de Lyon.
Alors, ces meublés douteux doivent-ils être fermés et remplacés par des résidences sociales ? Ou doivent-ils recevoir un coup de pouce financier pour se rénover ? La mairie de Paris a finalement choisi la deuxième option, en soulignant que la facilité d'accès est bien plus grande dans un hôtel privé que dans un hôtel social.

La Ville et l'Agence nationale de l'amélioration de l'habitat (Anah) vont donc subventionner (à hauteur de 1 million d'euros) quelque 80 hôteliers volontaires pour réhabiliter leurs établissements.
En contrepartie, l'hôtelier s'engage à plafonner le tarif de la moitié de ses chambres à 510 euros par mois, et à en réserver une partie pour une clientèle suivie par les services sociaux.

A Paris, "Garnis et meublés" vont-ils enfin se refaire une image honorable ?


>> Voir aussi : Garnis et meublés ... "Une chambre en ville". (2/3)

>> A lire aussi: "Une chambre en ville" par la sociologue Claire Lévy-Vroelant, éditions Créaphis.

>> Localisation des hôtels meublés parisiens. (PDF)

 

 

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Où sont passés les vrais gens ... ?

11 Mars 2008, 09:27am

Publié par barreteau


Le Piston Pélican - 15, Rue de Bagnolet, Paris 20ème :
Un
bar mi-tendance mi-classique.

Vingt ans après New-York, et dans le sillage de Londres, Paris n'en finit plus de redistribuer son espace, sa beauté ...
Pour voir de vrais gens, il faut maintenant aller rue Riquet, dans le 19ème ou dans quelques arrières cours, devenues rares, du 20ème.

A Paris, trouver de vrais gens est quelque chose de plus en plus difficile ...
Car le défaut majeur des empires et de leurs capitales est de rejeter toujours plus loin leurs forces vives. Elles sont finalement bannies des lieux, mises à l'écart ...
Les librairies, les bistrots n'en finissent plus d'être dévorées par les cafés high-tech et les boutiques de fast-food. Les ateliers d'artisans, les petits commerces ferment ... et leurs immeubles sont découpés en morceaux pour y installer des banques ou des lofts pour les néo-bobos.
Les jeunes bobos en kaki ont besoin de tranquillité. Pantalons troués et scooter certes, mais bonnes écoles et hauteur sous plafond pour mieux vivre.

Que de quartiers perdus, on étouffe dans cette nouvelle cité. Alors, on peut toujours envoyer les enfants à la campagne. Mais la campagne recule. De ce Paris perdu, qu'il nous est parfois possible de retrouver sur les images de Willy Ronis ou de Robert Doisneau ... il ne reste presque plus rien.
On pouvait pourtant y rencontrer de vrais gens qui vivaient petitement mais qui avait un cœur énorme. Pour eux pas de "méga-teuf" où il "faut être vu" pour pouvoir croire exister encore un peu  ... mais des fêtes bon enfant, des bals dans la rue, comme aux soirs des 14 juillet ...


Mais c'était au temps d'avant la victoire des marchands.


>> Sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville de bobos".


>> Sur Parisperdu : "Bienvenue à Boboland".



  

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Le regard sur la ville.

3 Mars 2008, 09:06am

Publié par barreteau


Charonne, Paris 20ème : L'église et son cimetière.
 

Le regard de Parisperdu sur la ville est fait de déambulations, de flânerie et d'arrêts, de mouvement et de fixité, et surtout d'attention aux détails et aux changements.

La photo de ville dit que quelque chose, que quelque part "a été".  Car la photographie a à voir avec la mémoire, avec la perte, avec la disparition.
Photographier la ville, en étant contraint par les possibilités de recul en fonction de l'architecture, de l'urbanisme et des circulations, c'est d'abord choisir la "bonne distance" pour obtenir le cadrage souhaité mais aussi, le point de vue désiré.


Espaces à découvrir, espaces à conquérir, à construire aussi, lieux de l'évidence et du doute, lieux fragiles qu'évoque Georges Perec avec une pertinence rare dans les dernières pages d'Espèces d'espaces ou quand il aborde la notion de mémoire avec ses "Lieux stables".


Certains textes ouvrent une correspondance entre photographie et littérature. Des pages de Georges Perec bien sûr, mais aussi de Marcel Proust, et de bien d'autres auteurs ... dialoguent pleinement avec elle.
Des auteurs contemporains comme Annie Ernaux, Anne-Marie Garat, ou François Maspero, à la suite d'André Breton, composent certaines de leurs œuvres comme un dialogue entre la photographie et le texte.

Sans nécessairement publier de photographies dans le texte, d'autres auteurs lui donnent une place importante. C'est le cas pour plusieurs textes de Georges Perec - à nouveau. Car pour Perec, le texte et l'image se nourrissent réciproquement l'un de l'autre. Il construit des récits ou des protocoles à plusieurs voix qui se croisent, se mêlent, s'opposent pour produire du sens constamment renouvelé. On peut  sur ce thème, lire les extraits de "Je me souviens" et de "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" qui montrent, qu'à quelques décennies de distance, les textes de Perec font pleinement écho aux photographies d'Eugène Atget.

De tous temps, des philosophes, des peintres, des auteurs, des cinéastes et des photographes, bien sûr, ont fait de l'image de Paris, de la promenade, de l'errance, de l'itinéraire urbain, de la curiosité pour les rues parisiennes et les endroits insolites, du souvenir pour des lieux disparus ou appelés à disparaître, la matrice de leur œuvre.


Parisperdu veut se reconnaître de cette filiation.


>> Même endroit, vu par Eugène Atget...

>> "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" un film de
Jean-Christian Riff, d'après le texte de Georges Perec.


>> Démolition, reconstruction, la ville en chantier ...

 

 

 

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Mehdi et Henri, rue des Partants.

29 Février 2008, 09:46am

Publié par barreteau


De sa fenêtre, Mehdi porte un regard pensif sur sa rue. Et comme il peut le constater, elle vit le martyr.

Depuis plusieurs mois déjà, son ami Henri, le coiffeur qui tenait le salon du rez-de-chaussée, a quitté le quartier. Henri a laissé son 20ème arrondissement, où il est né, pour aller terminer ses vieux jours, à Romainville, près de sa fille.

Et chaque soir, en rentrant du travail, Mehdi est confronté à un spectacle qui le désole. Celui de la porte et de la devanture du salon de coiffure d'Henri, totalement murées.
Alors, invariablement, à cet instant, lui arrive à l'esprit un flot d'images où Henri, emmuré dans son salon, semble l'appeler au secours en poussant des cris que Mehdi ne peut percevoir...


Bientôt, Mehdi devra lui aussi partir. Il voudrait bien ne pas y penser. Mais les bulldozers qui œuvrent plus haut, rue Gasnier Guy, dans un vacarme incessant se chargent bien vite de le lui rappeler.

Mehdi et Henri, habitaient la rue des Partants, une rue au nom sans doute prédestiné...


>> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies.

>> Voir aussi dans Parisperdu: Murs abattus et baignoires rémanentes ...  

 

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ZAC Pajol.

20 Février 2008, 09:53am

Publié par barreteau


C'est un lieu où l'on ne s'attarde pas, et où, au sens propre, on a naturellement tendance "à raser les murs". Car la rue Pajol, dans le 18ème arrondissement, présente un bien triste visage avec sa longue palissade de béton uniformément gris. Trois cent cinquante cinq mètres d'un mur sans fin masquant ce qui, au fil des ans, est devenue une friche industrielle sur les emprises d'un site de la SNCF.

Cet espace abandonné attire tous ceux qui sont en galère. Sans domiciles, clochards, toxicomanes, dealers, marginaux, "crackers"... pour eux, cet étrange lieu - laissé depuis si longtemps à l'abandon - est un refuge...

De la rue, on devine une structure métallique en forme de sheds, il s'agit de La Halle de 1926 qui abritait autrefois les services des Messageries et des Douanes. Un bâtiment caractéristique du quartier et qui présente sans conteste un réel intérêt architectural.

En cours de réhabilitation, la ZAC Pajol conservera 10 travées, soit les 2/3 de la  Halle, pour y abriter une auberge de jeunesse, une salle de spectacles de quartier et une bibliothèque.  Près de 10 000 m2 d'espaces verts seront créés. Un collège, un gymnase et un IUT viendront ici améliorer l'offre d'équipements publics. Un pôle d'entreprises complètera aussi cet ensemble. Les livraisons de ces divers équipements seront échelonnées de 2009 à 2012.

Et enfin, "cerise sur le gâteau", la conception et la réalisation de ces projets s'inscrivent dans une démarche de développement durable.
Ainsi, la Halle "Messageries et Douanes" va devenir la plus grande centrale solaire jamais construite en centre-ville. Longue de 140 mètres, la halle sera entièrement couverte de   
3 300 m2 de panneaux photovoltaïques et, en  2012, ils devraient couvrir la totalité des besoins en énergie électrique de la halle réaménagée.

Aussi, gageons que dans quelques années, l'on s'attardera sur ces lieux ... et que, rue Pajol, l'on n'aura plus tendance "à raser les murs" ... Car tous les nouveaux équipements et la Halle-centrale solaire auront finalement remis en lumière un quartier qui, aujourd'hui encore, reste bien terne.


>> 22 bis rue Pajol : Toutes les infos sur l'aménagement de la ZAC (1) (PDF) 

>> 22 bis rue Pajol : Toutes les infos sur l'aménagement de la ZAC (2) (PDF) 

>>  La Halle de 1926.

 

 

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Démolition, reconstruction, la ville en chantier ...

15 Février 2008, 13:52pm

Publié par barreteau


Terrain vague : rue Jouye Rouve, Passage de Pékin -  Paris 20ème.

La ville est en perpétuel mouvement. Avec la destruction d'immeubles ou de cités, une mémoire disparaît, des tranches de vie s'effacent. Mais le photographe peut contribuer, par le regard qu'il porte sur la ville, à conserver des traces, à faire en sorte que tout ne soit pas définitivement gommé, oublié ...

Quand Charles Marville photographie les démolitions et les reconstructions haussmanniennes de la ville, il témoigne certes de la violence de la modernité mais aussi d'un élan, d'une énergie transformatrice. Le paysage urbain se recompose sous nos yeux. Les photos de Marville témoignent d'une capitale en plein développement.

A l'opposé, chez Atget, la démolition est un irrémédiable gâchis qui ne préfigure rien. Immeubles éventrés, espaces laissés vacants par la destruction des bâtiments, décombres accumulés derrière les palissades, énormes étais soutenant des maisons tenant encore debout par miracle témoignent d'une ville meurtrie, éventrée, dont rien ne laisse deviner un éventuel avenir.

Et aujourd'hui, qu'en est-il du regard contemporain sur la ville en chantier ?
Quels regrets, quels espoirs, se dessinent derrière ces scènes de la ville ventre ouvert, derrière ces murs blessés, ces lieux dégradés, ces tours qui s'effondrent, ces bâtiments qui sortent de terre en quelques jours, ces quartiers qui émergent ? Quels nouveaux espaces urbains se dessinent à la lisière entre ville et banlieue ?

Sur toutes ces questions, Parisperdu veut poser un regard personnel pour apporter quelques éléments de réponse. Avec, en quelque sorte, un peu de subjectif dans l'objectif ... du photographe.


>> Charles Marville, Photographe de la ville de Paris de 1851 à 1879 ...

>> Eugène Atget, le "Photographe archéologue".

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Démolition des murs, démolition des vies ..."

 

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Paris vu par Parisperdu ...

14 Novembre 2007, 08:23am

Publié par barreteau


C'est a
ujourd'hui le deuxième anniversaire de Parisperdu.

A l'instar de Julien Green, qui rêvait d'écrire "un livre sur Paris qui fût comme une grande promenade sans but, où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas"; ce blog est le résultat de mes déambulations dans Paris.

Un Paris bien connu peut parfois ici être visité, mais le plus souvent, il s'agit d'incursions dans une "ville plus secrète", plus intime, souvent méconnue voire ignorée et qui aujourd'hui - par endroits - éclate, agonise, et même parfois a déjà disparu ou bien ... résiste encore.

C'est ce Paris, que de grands écrivains : Henri Calet, Eugène Dabit, René Fallet, Léon-Paul Fargue, Jacques Audiberti, Jean Follain, Jacques Réda ... et bien d'autres... ont décrit bien mieux que moi ...

A ceux qui évoqueront une vision nostalgique, une tonalité trop passéiste, et qui mettront en avant le fait que la modernité a aussi ses bons côtés, à ceux-là, je me contenterai de leur citer Pier Paolo Pasolini qui écrivait : "Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."

Parisperdu  cherchera donc toujours à restituer une image fidèle de la capitale, à la fois classique et insolite, ancienne et moderne, poétique et réaliste, ... à traquer une mémoire au bord de la disparition sans vouloir instituer un culte du souvenir ...

Mais, ce photoblog est avant tout une invitation à la flânerie, un apprentissage à porter un certain regard sur la ville.
Et, regarder la ville, n'est-ce pas aussi, d'abord, apprendre à regarder ses habitants,... au hasard des rencontres et dans les coins les plus reculés de la capitale.

Aussi, à l'occasion de son deuxième anniversaire, Parisperdu vous souhaite de bonnes promenades et surtout d'agréables rencontres dans ce Paris dont on est forcement amoureux ... pour peu qu'on apprenne à le regarder ... vraiment.

Bonnes ballades !


>> Voir aussi : Parisperdu, un an déjà !



>> Voir le premier billet publié par Parisperdu, il y a tout juste deux ans. 

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Apartheid résidentiel.

2 Novembre 2007, 10:01am

Publié par barreteau


Rue Charles Friedel -Paris 20ème. 

Avec ses hôtels et ses meublés minables, ses bouis-bouis vietnamiens, ses couscous à toute heure ... Belleville aura longtemps constitué un quartier populaire et dans certains logements, plus que vétustes, "on aurait dit du Zola" ... tant la "condition urbaine" était dure !

Aujourd'hui, beaucoup de ces immeubles sont réhabilités par une clientèle "bobo", des gens travaillant dans les médias, des graphistes, des designers ...
Et, maintenant ici,  les intérieurs sont "ouverts", "lumineux", avec peu de cloisons et du "volume". Des parquets en chêne ou en merbau, une baignoire en fonte "comme autrefois", ... tout cela justifie sûrement les 7 000 à 8 000 euros le mètre carré. Soit des duplex souvent proches du million d'euros.

Voilà comment on écrème la clientèle et comment l'on crée une sorte d'apartheid résidentiel ....
Car une fois nettoyée, ripolinée, enrichie, sécurisée, valorisée par de nouveaux lieux culturels, la grande ville redevient désirable mais ne peut plus être peuplée par des habitants en manque d'argent et de culture.
Alors, elle s'en débarrasse...


 
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Une ville fantôme aux mains des dévitaliseurs"
 

        

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Les Frigos vont-ils être démolis ?

24 Octobre 2007, 19:24pm

Publié par barreteau

Les Frigos en octobre 1995, vus du viaduc de Tolbiac

Tout autour, c'est le Paris impersonnel, celui des voies express, des immeubles nés de la spéculation immobilière et de l'écrasante Très Grande Bibliothèque avec son esplanade immense, coupée de la ville et de la Seine ... pourtant si proches... un lieu abstrait, hostile... Et au milieu de tout cela, un ilot de vie, de résistance, au "look" détonnant : Les Frigos.

Depuis les années 80, des artistes ce sont légalement installés ici - ce n'est pas un squat - créant une incroyable cité, un antre bouillonnant de créativité.

Dès l'entrée, dans un couloir sombre, couvert de graffitis... une pancarte appelle malicieusement à ne pas couvrir les murs de tags... Les nombreuses tuyauteries, rongées par la rouille, qui courent le long des couloirs, témoignent qu'à l'origine, l'on se trouvait ici, au cœur d'un réfrigérateur géant.

A la fin des années soixante, la disparition des Halles de Paris et l'ouverture du marché de Rungis entraînent l'arrêt de l'activité de ces entrepôts frigorifiques qui, dès lors, sont laissés à l'abandon. Ne bénéficiant d'aucun classement architectural, considérés comme une friche industrielle, ils ont vocation à être détruits car ils sont situés au cœur du périmètre de la ZAC Paris Rive Gauche. Au fur et à mesure de l'édification de nouveaux immeubles sans âme, les Frigos vont perdre à la fois leur vue sur la Seine et la lumière qui baignait les ateliers des artistes. Et maintenant qu'ils sont encerclés par ces bâtiments aux façades vitrées, lisses, ... glaciales et aseptisées; on voit bien que les Frigos sont totalement atypiques et donc pour certains ... plus que dérangeants.
Alors, les Frigos vont-ils être démolis ?

Pas si sûr, car grâce à la forte mobilisation au sein des Associations de défense, et en coordination avec les habitants du quartier, les aménageurs qui bétonnent tout autour, ont récemment déclaré aux artistes-locataires : "Vous êtes le germe de vie du futur quartier ".

Les Frigos, officiellement devenus le pôle artistique du schéma d'aménagement de Paris Rive Gauche, vont-ils pouvoir enfin respirer librement dans un quartier si peu poétique... ?
En tous cas, pour le "germe de vie", ... cela risque d'être dur, très dur ... !


>> Les Frigos : histoire complète, visite virtuelle, calendrier des expositions ...

>> Deux mondes s'opposent, séparés par une ligne de démarcation ... ©Photo :Photigule 

>> Dans les entrailles des Frigos (1)

 >> Dans les entrailles des Frigos (2)

>> Dans les entrailles des Frigos (3)

 >> Dans les entrailles des Frigos (4)

 

 

 

 

 

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Les Batignolles ... hier ... aujourd'hui ... demain ...

11 Octobre 2007, 10:34am

Publié par barreteau

La gare des marchandises de Paris-Batignolles en 1995.

C'était au temps où tout ce secteur des Batignolles vivait au rythme lent de la friche ferroviaire qui régnait ici.

Les quelques rares employés qui maintenaient en survie la zone des bureaux et des entrepôts n'étaient pas surchargés par les tâches quotidiennes ... Ici, aux beaux jours, l'apéro était quasi quotidien, ... et l'air embaumait la grillade ... En fin d'après-midi on pouvait voir de petits groupes pratiquer la pétanque dans les rares espaces libres de toutes voies ferrées. D'autres jouaient avec des chiens ou lavaient leur véhicule ...

Puis vient le temps des perspectives grandioses, celui du grand chambardement pour la renaissance du secteur.
Le projet avait un nom : Paris 2012.

Mais, le 6 juillet 2005, la 117ème Session du CIO élisait Londres pour accueillir les Jeux de la 30e Olympiade, au détriment de la ville de Paris. Si cette défaite n'a pu permettre l'aménagement de la zone des Batignolles via la construction du village olympique qui y était prévu, elle aura au moins eu le mérite de donner naissance au plus grand espace vert de tout le nord-ouest parisien.

Aujourd'hui, la première phase du plan d'aménagement vient d'être achevée et un espace paysager de 3 hectares, a d'ores et déjà été ouvert au public.
En entrant dans ce nouveau parc, on découvre "Le jardin du rail". Très agréablement "végétalisé", il est dédié aux activités sportives ou de détente. C'est franchement réussi, vivant et les familles se sont déjà approprié ce vaste espace.

Mais le plus intéressant reste à venir.
Ainsi, au nord du parc, une pièce d'eau verra le jour, alimentée par des canaux ... puis au bord du boulevard Berthier,  des érables  - symbolisant l'automne - et des conifères - symbolisant l'hiver - seront plantés.

Finalement, pour respecter la mémoire du lieu, certains éléments ont été conservés dans le parc : les pavés, une ancienne forge et la structure métallique de l'ancienne gare du Havre.

Vivement donc l'ouverture complète du parc !
Mais il faudra toutefois attendre que la végétation se développe, car ici, c'est encore beaucoup trop minéral ... pour offrir un dépaysement total.


>> Le site des Batignolles en 2000.
 

>> Voir aussi dans Parisperdu: Paris Batignolles
 




 

 

 

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Sur le chantier de la ligne Météor

22 Septembre 2007, 09:54am

Publié par barreteau


Ce matin de mars 1996, quai Panhard et Levassor dans le 13ème, on vient de décharger une grande quantité de planches et de poutres d'étayement sur le chantier de la ligne du métro Météor (METEOR pour "Métro Est-Ouest Rapide").

 

Il s'agit en fait, de sécuriser les structures du tunnel en cours de percement pour ne pas connaître, ici, le sort du chantier du métro EOLE (EOLE pour "Est-Ouest Liaison Express") dont l'achèvement sera retardé d'environ six mois suite à un effondrement de terrain survenu sous la rue Papillon, le 22 décembre 1995.

 

Mais cette précaution s'avérera insuffisante, car dans la nuit du 14 au 15 février 2003, la voûte du tunnel en construction, pour le prolongement de la ligne "Météor" vers la station "Olympiades", s'affaissera, entraînant l'effondrement de la cour de l'école maternelle "Auguste Perret".

 

Le panneau publicitaire que l'on voit ici sur le site disait ironiquement : "Oubliez tout ce que vous ne savez pas" ... et pourtant depuis l'accident de la rue Papillon, ... on savait mais on a quand même tout oublié ...

 

La ligne Météor, qui deviendra la ligne 14 du métro parisien, sera ouverte avec plus de huit mois de retard ...


>> La naissance difficile d'un nouveau métro ...


>> Olympiades : la station est désormais en service ...
 

 

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