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PARISPERDU

urban

Retour place des Fêtes.

3 Septembre 2025, 09:22am

Publié par pierre barreteau

La place des Fêtes, 19ème arrondissement de Paris (mai 2010).
Photo prise du 23ème étage de l'un des immeubles entourant la place.
La pyramide que l'on voit au centre de l'image a été retirée en août 2019.

 

Je vous propose de faire un petit retour en arrière pour revivre la grande transformation qu'a connu alors la Place des Fêtes.

Nous sommes dans les années 1960 et c'est Paul Adnot, un ancien résident du quartier, qui nous relate l'ambiance populaire, animée et chaleureuse d'un Belleville qu'il a vu se transformer drastiquement et qui aujourd'hui a complètement disparu.

"Flash-back" donc, avec Paul :

"J'ai été deux fois déraciné.
J'aimais la campagne, j'étais habitué au grand air, aux champs, et on m'a ramené à Paris, dans cette ville incroyable, j'étais perdu, affolé, on m'a mis à l’école avec des instituteurs qui étaient des peaux de vaches.
La deuxième fois que j'ai été déraciné, c'est quand ils ont foutu notre quartier en l'air. Tout le monde se connaissait avant : c'était un village, c'était notre campagne à nous. Ce n'est pas comme maintenant, on passe à côté des gens sans les voir, personne vous voit, vous voyez personne non plus.
Mon point central, c'était la Place des Fêtes quand j’étais gosse : il y avait des baraques foraines dans le "square Monseigneur Maillet", il y avait la fête, des parades foraines... Le dimanche, les cafés étaient pleins ; ils restaient ouverts jusqu'à près de minuit : bien sûr, il y avait quelques ivrognes… L'été, on sortait du boulot, on avait soif, on allait boire un pot chez Dupont, au coin de la rue Pré-Saint-Gervais et de la rue Compans.

Puis ça a commencé avec les types qui ont commencé à prendre les métrés, les géomètres, puis après, on a vu arriver les engins avec leurs grosses boules d’acier qui abattaient les murs. Les premiers bâtiments construits sont les "paquebots" de la rue de Bellevue. Après, ils ont foutu en l'air l’école de garçons : j'en ai bavé dans cette école, mais ça m’a fait mal au ventre quand ils l'ont démolie, c'était mon passé. Quant à moi, j'habite dans des HBM (habitations bon marché), les HLM d'autrefois qui ont été construits en 1921 et finis en 27. J'avais un oncle, peintre en bâtiment : quand il a vu mon appartement, il n'en revenait pas : vous vous rendez compte, les W-C. chez soi ! Or, on ne savait pas ce qu'ils allaient construire... Quand on a vu la hauteur des constructions alors là, ça nous a déchirés ! C'était affreux... Quand on sortait du métro, tous les gens s'arrêtaient, regardaient, et comptaient les étages en espérant chaque jour qu'ils s’arrêteraient. Par rapport à ce qui était prévu, ils ont changé quatre fois de plans, mais les tours y étaient toujours. Pas mal de gens sont partis en banlieue (ceux qui ont été expulsés) ; d’autres ont été relogés près des casernes entre la Porte des Lilas et de Bagnolet : c'est pas beau, je voudrais pas y habiter.

Alors une nouvelle époque est née, et sont apparus les frigidaires, les télévisions, tout le confort, quoi ! J'avais un copain d’enfance, on allait le voir tous les vendredis soir. On arrive : Oh !... Il s'était acheté un frigidaire ! Le lendemain, on achetait un frigidaire. Un soir on arrive, il avait acheté la télé : c'est pas vrai ! Moi, je l'ai acheté un ou deux ans plus tard. Mais çà a été dommage : on était collé dessus ! Vous vous rendez compte : le cinéma à domicile, on se dérange plus !... Maintenant, je suis plus sélectif, je ne regarde pas n’importe quoi ".
 

Paul Adnot nous livre-là le témoignage authentique d'une époque. Il a connu les taudis de Belleville, les miséreux, la face sombre de la condition ouvrière d'alors, contre laquelle luttait quotidiennement cette belle convivialité, faite de solidarité, d'entraide et dont il faut bien voir, derrière son aspect plaisant, qu'elle constituait une technique collective de survie, difficile à retrouver aujourd'hui malgré notre "crise" actuelle qui n'est pas comparable, même de loin, sinon peut-être au plan psychologique.

Si cette ambiance Bellevilloise, désormais mythifiée, nous apparaît comme un passé irrémédiablement perdu; il est heureusement des gens qui, aujourd'hui encore, continuent à créer du lien entre les habitants de ce 19ème arrondissement, si vivant, si attachant … Alors merci à eux et, merci aussi à "La Maison de la Place des Fêtes".

 

>> Article déjà publié en mai 2010.

>> La Maison de la Place des Fêtes.

 

 

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Il est cinq heures Paris se lève.

5 Février 2025, 11:36am

Publié par pierre barreteau

Pont Notre-Dame Paris 4ème

Paris été 1972 : la nuit a été blanche. Avec mon petit groupe d'amis nous avons discuté toute la nuit, mangé un peu mais bu sans trop de modération. Passées quatre heures, la fatigue commence à faire son effet : les conversations sont moins enflammées, les bouteilles sont presque vides... Certains parlent maintenant de rentrer. Ceux qui habitent le quartier vont rentrer à pied. Pour les autres, impossible de prendre le métro, il n'est pas encore en service à cette heure très matinale. Pour ceux-là un ami qui a une voiture propose de les conduire chez eux… Conduire, est-ce bien raisonnable après cette longue soirée ? Mais l'insouciance inhérente à la vingtaine de nos années fait que personne ne se pose la question.

La voiture est une sportive rouge vif, une Alfa Romeo. De surcroît elle est décapotable : on retire donc sa toile pour voir la nuit étoilée et nous montons à cinq dans le bolide.
Sur la route, dès les premiers mètres, c'est une sensation incroyable, inédite et très forte : Paris est à nous, à nous tout seul car les avenues sont vides… complètement vides : pas d'autres voitures, même pas d'autres humains. Avec l'air qui nous fouette le visage nous avons l'impression de nous engouffrer dans la ville, une ville complètement déserte… et à allure folle car dans Paris à cette heure, rien ne vient nous ralentir.
Mais justement quelle heure est-il ? L'un de mes amis regardant sa montre nous crie : "Il est cinq heures" et il enchaine en s'adressant au chauffeur : "Mets la K7, mets la K7…"
Le pilote s'exécute et, poussant le volume à fond, la voix de Jacques Dutronc retentit : "Il est cinq heures Paris se lève".
C'est un émerveillement car la chanson est en parfaite adéquation avec ce que nous vivons : c'est la bande-son idéale pour le film qui se déroule à grande vitesse sous nos yeux, où toutes ces avenues, tous ces monuments se ruent vers nous !

Et l'air aigrelet de la flûte traversière qui se fait entendre en arrière-plan de la voix de Dutronc vient magnifier le panorama qui file devant mes yeux quelque peu ébahis, le panorama d'un Paris vierge, vide de tout et qui se donne à nous… à nous seuls.
Maintenant le jour peut bien se lever car je sais que j'ai vécu jusqu'au point du jour une expérience extraordinaire...inoubliable.
Merci la nuit, merci Paris.

 

 

>> Il est cinq heures Paris se lève, une chanson de Jacques Lanzemann interprétée par Jacques Dutronc.

 

>> L'Alfa Romeo Spider de cette folle équipée.
(Photo : courtoisie de Marcel Barteau/concessionnaire Alfa Romeo)

Il est cinq heures Paris se lève.

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Bombay ? Calcutta ? Non...Paris.

20 Janvier 2025, 09:50am

Publié par pierre barreteau

68 rue Championnet, 75018 Paris

Où croyez-vous être : dans les townships de Johannesburg, dans les slums de Dehli ou les favélas de Sao Paulo… ?
Non vous êtes à Paris, dans le 18ème arrondissement…

Nettoyer la ville pour mieux l’embellir mais aussi l'assainir pour écarter les risques sanitaires sont des objectifs que Paris ne prend plus en priorité.
 Ça c'est Paris…

 

>>  Ça c'est Paris…

>> Sur X : @saccageparis

>> Le site officiel #saccageparis

 

 

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Le Mausolée : un ancien supermarché investi par les "street-artists".

25 Novembre 2018, 09:25am

Publié par barreteau

Le Mausolée : un ancien supermarché investi par les "street-artists".

Place Auguste Baron (sous le périphérique exactement) 75019 Paris.

 

C'est l'histoire extraordinaire d'un supermarché Casino situé tout près de la Porte de la Villette. La "Grande Surface", de près de 40 000 m2, surdimensionnée, coincée sous le périph', difficile d'accès, mal famée le soir, est finalement fermée en 2008.
Cet espace gigantesque reste alors à l’abandon. Mais la nature a horreur du vide aussi pendant deux ans le bâtiment sera occupé et squatté avant d’être définitivement vidé de ses occupants puis clôturé, muré et, pensait-on alors, définitivement condamné.
Mais en 2010, deux "Street artists" Lek et Sowat décident d’investir les lieux et, pendant plus d’un an, dans le plus grand secret, vont s’attaquer, dans ces énormes volumes, à des kilomètres de murs blanc.

Un très grand nombre d’œuvres abstraites et de compositions parfois colossales vont alors émerger de cet espace abandonné et délabré, lui redonnant une âme et le transformant petit à petit en un Temple du "Street art", un temple qu'ils nommeront "Le Mausolée". Mais c'est un travail gigantesque pour seulement deux artistes, aussi près de quarante Graffeurs vont être invités à participer à cette folle aventure et vont ainsi laisser leur marque dans ce lieu.

Le secret de leur projet sera protégé jusqu’à son aboutissement, et révélé au grand jour seulement lorsque les artistes vont s’attaquer au toit du bâtiment qui lui est visible du périphérique et des immeubles voisins.

Le "Mausolée" est alors dévoilé au monde extérieur, avant d’être définitivement muré par la Ville de Paris, laissant pour seule trace de cette résidence artistique sauvage : des photos, un livre et une vidéo prises par les initiateurs du projet eux-mêmes.

Aujourd'hui personne ne sait quoi faire de l'ancien supermarché. Dans ce quartier en pleine expansion et de plus en plus bobo, le Mausolée reste le témoin d’une époque.
Cependant n'imaginez pas pouvoir visiter l'intérieur du Mausolée, s'y introduire est interdit bien sûr… mais certains pensent que le voyage en vaut la chandelle, pour la symbolique du lieu mais aussi pour les œuvres magnifiques qu’on peut y voir, malgré tous les efforts faits pour les cacher du monde.
 

>> Le Mausolée : des photos, un livre et une vidéo prises par les initiateurs du projet eux-mêmes.

>> Le Mausolée, des surfaces énormes …

 

 

 

 

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Les paris de Paris.

26 Avril 2014, 10:42am

Publié par barreteau


"Le Grand Paris Idéal" vu par MVRDV, une agence d'architecture et d'urbanisme néerlandaise (2009)


Les nouveaux paris de Paris devraient être d'arrêter de suréquiper ce qui l'est déjà trop (nous ne sommes pas au Japon que diable, nous avons de la place!) et, de cesser de faire des gratte-ciels (laissons cela à Manhattan !).

Alors de grâce Messieurs les Architectes, Messieurs les Urbanistes pensez plutôt à aménager la campagne, car les citadins vont bientôt fuir ces villes tentaculaires que vous leur fabriquez et où tout pose problème.

Allez donc démontrer vos talents et votre génie ailleurs, comme le fit Niemeyer en sortant du néant une ville toute neuve, un vrai défi mais une réussite ... ou comme le génial Gaudí, qui sût créer sans renier le passé, et conserver le lien sacré qui de tout temps a existé entre l'Art et l'Artisanat. Ce lien qui justement éloigne toute tentation d'échapper à l'échelle humaine, et permet de respecter cet allié incomparable qu'est le monde végétal, où les grands arbres doivent rester grands et ne pas ressembler à des buis plantés au pied de tours aussi colossales qu'inhumaines ...

Reconnaissez aussi, Messieurs, les graves problèmes qu'entraînent la surpopulation des grandes villes et les fâcheuses conséquences de toute cette surenchère, dissimulée sous les termes passe-partout de "restructuration", de "requalification du bâti", d' "optimisation de l'urbanisme des métropoles "

Messieurs les Architectes, laissez donc Paris et ses alentours en paix, tout comme l'ont fait Rome, Amsterdam, Vienne, et bien d'autres villes européennes…  qui sont toutes des villes finies et qui n'ont aucun besoin d'ajout !


>> Jean Nouvel conservera l'ancien.

 

 

 

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Pour un urbanisme retardataire.

17 Mars 2014, 09:28am

Publié par barreteau

 Coulée verte, près de la rue du Sahel, Paris 12ème.

Parisperdu ne serait-il donc que le reflet d'une vaine nostalgie ?
Non, car il affiche, avant tout,  le désir de montrer qu'autre chose a existé et que sans doute, autre chose est possible ?

Je propose seulement que, dans cette ville, l'on restaure ou conserve des espaces d'indétermination dans lesquels l'homme a la possibilité de demeurer disponible ou de poursuivre à vive allure sa marche dans le fracas et les tracas.
Je suis en quelque sorte pour un urbanisme retardataire …

Souvent nous sommes bien négligents à l'égard de Paris car, tels des enfants, nous n'avons pas conscience du danger. Mais attention, il ne faut pas négliger le passé d'une ville, qui faute de mémoire et de soins,  risque de s'écrouler, de se perdre, de disparaître …
Depuis quelques années, les aménageurs ont voulu attendrir un immobilier trop rigide en provoquant des coulées vertes dont les réussites ne sont pas toujours conformes à leurs vœux.
Car en effet, cette avalanche de verdure surprend et paraît le comble de l'artifice, comme chaque fois où l'homme a voulu singer la nature.

Et, dans ces minuscules oasis de verdure, le promeneur sensible éprouve quelque mélancolie tant il sait que l'autre monde barbare, impitoyable, bêtement soumis aux déterminations économiques, existe lui aussi … là, tout proche.


>> La coulée verte vue par Willy Ronis - 1995

 

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Flâner.

6 Mars 2014, 10:30am

Publié par barreteau

Flânerie au parc de Belleville (juin 2006)

La flânerie est souvent conçue comme une activité qui ne prête pas à conséquence.
Il est vrai qu'à la différence d'un voyageur pressé ou d'un travailleur, le flâneur ne se fixe pas de but et que le chemin qu'il a parcouru, reconnu, importe plus que le terme dont il n'avait même pas d'idée précise au départ.

Le vrai flâneur est capable d'aller au bout de lui-même, et cette fatigue librement consentie est souvent une récompense car il s'agit aussi de "fatiguer" la ville, non point par cruauté ou pour la prendre en défaut, mais pour qu'elle nous livre enfin son vrai visage, celui qu'elle refuse à la plupart de ses habitants ou de ses passants.

Avancer librement, lentement dans une ville pressée, n'attacher du prix qu'à l'émerveillement de l'instant dans une société de marchands, voilà la bonne méthode pour parcourir une ville.

Et, en la matière Georges Perec sera notre maître, lui qui s'oblige "à voir plus platement … jusqu'à ressentir pendant un bref instant, l'impression d'être dans une ville étrangère ou, mieux encore, jusqu'à ne plus comprendre ce qui se passe ou ce qui ne se passe pas, que le lieu tout entier devienne étranger, que l'on ne sache même plus que ça s'appelle une ville, une rue, des immeubles, des trottoirs."

Alors à tous, bonne flânerie dans les rues de Paris ….


>> De l'art de flâner.

 

 

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Les friches parisiennes s'invitent aux municipales.

7 Février 2014, 10:16am

Publié par barreteau


Les deux principales candidates à la mairie de Paris s'affrontent désormais autour de la réhabilitation de certaines friches parisiennes. Après tout, cela pourrait peut-être valoir un supplément de suffrages … sait-on jamais?

A droite, on propose de métamorphoser quelques-unes des fameuses stations fantômes du métro. Il s'agit de 7 stations (Haxo, Porte-des-Lilas, Champs-de-Mars, Saint-Martin, Porte-Molitor, Croix-Rouge et Arsenal) fermées définitivement en 1946 car considérées alors comme peu fréquentées, peu rentables.

Le projet de la candidate serait de faire de ces stations inutilisées des lieux de convivialité branchés, des boîtes de nuit où les problèmes de voisinage seraient forcément évités … Ou alors, on pourrait y abriter des salles d'entraînement pour certains sports voire des espaces culturels ou de création … Un programme aussi vaste qu'imprécis !
Ainsi, on se demande par où passera le métro à la station Arsenal transformée … en piscine ?

De son côté, la gauche voudrait une ceinture verte autour de la capitale … et présente un projet d'aménagement de la petite ceinture.

Sur une dizaine de kilomètres de cette ligne de chemin de fer qui encercle Paris sur 32 kilomètres, il s'agirait de relier le bois de Boulogne au bois de Vincennes par une coulée verte alternant espaces "sauvages" et espaces aménagés et aussi de transformer les anciens tunnels ferroviaires en cinéma, restaurant ou aquarium … Indiana Jones aux portes de Paris !

Décidément l'underground parisien donne des idées aux candidates.

Paroles, paroles … promesses, promesses, tout cela est-il bien réaliste ?


>> Déjà sur Parisperdu : les stations fantômes du métro parisien.

 

 

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Petit lexique d'urbanisme : de A à Z .

27 Janvier 2014, 10:08am

Publié par barreteau

 ZAC de la Gare de Rungis _Paris 13ème. (avril 2010)

L'urbanisme et son vocabulaire évoluent rapidement sous l'effet du changement des modes de vie et d'une production législative surabondante. Souvent ici, nous nous faisons l'écho des démolitions, des bouleversements de certains secteurs du nord-est de la capitale, aussi nous a-t-il semblé utile de préciser la signification des termes les plus usités dans le domaine de l'urbanisme.

Ce petit lexique fournira aussi quelques clefs pour la compréhension de la logique de mutation urbanistique de certains quartiers de Paris.

Aménagement urbain : L’aménagement urbain ou urbanisme est un champ disciplinaire et professionnel recouvrant l'étude du phénomène urbain, l'action d'urbanisation et l'organisation de la ville et de ses territoires. Les personnes qui exercent ce métier sont des urbanistes. 

Réhabilitation : il s'agit de l'amélioration d'un bâti déconsidéré par son mauvais état, en améliorant les toitures, les façades, le confort sanitaire ... En termes d'urbanisme, la réhabilitation ne se confond pas avec la restauration (qui implique le retour à un état initial, en général de qualité), ni avec la rénovation (qui n'est ni plus ni moins qu'une opération de démolition-reconstruction).

Rénovation : mot improprement utilisé (mais adopté par l'usage et la réglementation) pour la "démolition-reconstruction". La rénovation qui concerne en général tout le bâti d'un quartier peut être motivée par la mauvaise qualité des bâtiments ; par leur inadaptation, qui conduit à remplacer des usines abandonnées par des logements, des logements vétustes par des bureaux ou des logements neufs ; par leur insuffisante occupation du sol ou par leur inadaptation à la circulation automobile, notamment dans les quartiers d'affaires. La rénovation a notamment existé à Paris sous Haussmann, puis dans les années 1960-1970 sous l'influence des idées du mouvement moderne. Les critiques formulées à l'égard de la "rénovation-bulldozer" (exil des anciens habitants, uniformisation sociale de Paris, fortes densités, opposition d'échelle et de style entre le tissu ancien et les quartiers rénovés...) ont conduit les aménageurs à favoriser davantage la réhabilitation depuis une dizaine d'années, même si celle-ci réclame plus de délicatesse, de complexité, de lenteur (exemple du musée d'Orsay, après l'échec des pavillons Baltard des Halles).

ZAC : (Zone d'aménagement concerté) : procédure d'urbanisme opérationnel instituée en 1967. Elle tirait les conséquences de l'échec des ZUP, "zones à urbaniser en priorité", qui avaient été utilisées dans les années 1960 pour de très grandes opérations de logement. Les ZAC limitaient la taille des opérations, permettaient la construction d'activités polyvalentes (logements, activités, équipements collectifs …), organisaient la concertation entre l'Etat (qui finance le logement social, obligatoire pour 20 à 50 % des logements), les communes, les organismes aménageurs (publics ou privés) et les propriétaires privés. Les ZAC doivent être réalisées dans les zones urbaines (ou à urbaniser) du POS, mais elles peuvent le remplacer par un plan d'aménagement de zone (PAZ).


>> Lexique d'urbanisme … plus développé.

>> "Démolition" , n°1 dans la liste des #tags de Parisperdu

 

 

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Jardin infernal.

12 Janvier 2014, 09:58am

Publié par barreteau


L'échangeur de la Porte de Bagnolet est sans aucun doute l'un des plus vastes échangeurs autoroutiers d'Europe.

Le projet a été conçu comme un "complexe d'échanges" qui imbrique étroitement différentes bretelles d'autoroute et de raccordements au périphérique, mais aussi un parking semi enterré de 2200 places, une station de métro et une gare routière de 22 quais.
Le projet initial prévoit aussi l'implantation, au cœur de cet ensemble, d'un centre commercial, d'une salle de spectacles de type Zénith et d'un jardin public. Bref ce projet gigantesque est conçu comme un pôle d'échanges où la voiture bien sûr mais aussi l'homme doivent trouver leur place.

Lorsqu'il ouvre à la circulation, en 1969, le complexe d'échanges comporte au total 19 ponts et viaducs entremêlés, des tabliers jumeaux, des viaducs courbes enjambant d'autres bretelles … un terrible carrefour autoroutier hostile à toute présence humaine.

Du projet de départ qui voulait en faire un lieu de rencontre, qu'en reste-t-il aujourd’hui ?
Pas grand-chose car, la salle de spectacles n'a jamais vu le jour, le centre commercial a été implanté hors du périmètre de l'échangeur et la dalle de 26 000 m2 couvrant le parking et la gare routière va rester désespérément vide, car le jardin public qu'il était prévu d'aménager sur celle-ci ne sera jamais réalisé.
Le vaste espace au pied des viaducs de l'autoroute A3 reste alors dans un état de quasi abandon.

Et c'est sans doute mieux ainsi car ce jardin aurait été un enfer.
Pour s'en convaincre, le piéton doit (et ce n'est pas facile) s'introduire dans le ventre de ce monstre de béton, au centre de ce gigantesque manège.

Les quelques 300.000 véhicules qui transitent chaque jour par cet échangeur tourbillonnent alors au-dessus de votre tête dans un vacarme incessant. Pire encore, le niveau de la pollution atmosphérique dépasse ici largement les moyennes et cela se sent, très vite les yeux vous piquent … et l'impact de l'échangeur, en termes de gaz nocifs, se fait sentir jusqu'à 400 mètres à la ronde.

Si vous voulez vous rendre compte par vous-même de l'irréalité de ce lieu improbable, une opportunité se présente prochainement à vous. La 3ème édition de "Paris face cachée", créée à l'initiative de la ville de Paris visitera l'échangeur de la porte de Bagnolet, dimanche 2 février 2014.

Pour profiter de ce voyage original, vous devez accepter la règle du jeu: le lieu de rendez-vous est tenu secret et n’est dévoilé que sur le billet, après inscription !
Les réservations se font exclusivement en ligne sur www.parisfacecachee.fr

Si vous avez raté le rendez-vous, il vous faudra alors tenter seul l'aventure et pour cela, commencer par trouver l'accès de cette descente aux enfers …


Déjà dans Parisperdu:

>> De la zone au périph'

>> L'envers de la ville, la ville à l'envers ...

 

 

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" Omote tu ora "

27 Octobre 2013, 09:09am

Publié par barreteau

Avenue de France Paris 13ème (mai 2000)

Ce milieu urbain et son architecture nouvelle sont, au final, bien décevants.

Ici, les habitants sont noyés dans un maelström de bâtiments sans âme, et où ils finissent par disparaître, … tout un symbole de la déshumanisation de la société.

Pourtant chaque angle de rue se réserve le droit de nous livrer une nouvelle pièce de la mosaïque qui compose ce tentaculaire espace à vivre. Mais la monotonie des façades de verre et de béton se répètent à l'infini et laisse peu de place à l'humain.


Le Japon connaît depuis longtemps cette problématique de l'individu nié par la mégapole, que l'on désigne là-bas par l'expression "Omote tu ora" et que l'on peut traduire approximativement par : "Je ne veux pas que tu partes, ... que tu disparaisses". 

Reste donc sur les clichés, une ville neuve, propre, futuriste, mais une ville presque désertifiée où l'individu, fondu dans une urbanité abstraite, a fini par disparaître, et pourtant "Omote tu ora"


>> "J'aurais aimé que ce monde me parle ..."

 

 

 

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Paris rêve de projets.

28 Juin 2013, 12:18pm

Publié par barreteau

Le projet Duo signé Jean Nouvel (une tour de 180 mètres et à son côté une tour de 115 mètres, dont la livraison est prévue pour 2018), se situera dans la ZAC Paris Rive Gauche, quartier Masséna-Bruneseau, 13ème  arrondissement.

Paris rêve de projets visant à bâtir une grande métropole du XXIe siècle. Dans le langage souvent abscons des architectes, ces programmes ont tous, ou presque, un point commun: ils partent d'une réalité existante, celle d'un urbanisme dévorant qu'il faut canaliser et d'un réseau de transports débordé qu'il faut réorganiser.

Réalisme ou utopie ? Qu'importe. Pour Jean Nouvel, cette réflexion sur la métropole du XXIe siècle, aussi imparfaite soit-elle, est une chance et une nécessité. Tout simplement, parce que "le changement d'époque que nous vivons s'accompagne d'un changement de modèle de développement". Comme le disait souvent l'un de mes profs en réponse à ses élèves qui n'entraient pas assez en profondeur dans leur exposé: "C'est vrai qu'à ce niveau de généralité, tout le monde ne peut être que d'accord ! "

Mais précisément, dans le cas de Paris, comment peut-on, comment doit-on faire ?
Car le rang de notre capitale est unique et la réflexion se doit d'être à la hauteur de cette ville, symbole de culture et de plaisir de vivre.

Mais vouloir encore "Agrandir Paris" pour y mettre plus de gens n'est-ce pas une stupidité ?
A Paris, il y a déjà trop de gens et dans les années 70, les futurologues de l'aménagement du territoire n'ont jamais imaginé l'enfer qu'ils allaient faire vivre aux franciliens quand leurs projets seraient traduits dans les faits …

Alors aujourd'hui encore il faut se méfier des gourous technocrates et des faux débats publics!
Et si l'on se contentait d'entretenir ce qui existe déjà … ?


>> Le grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !


 

 

 

 

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Enchaînement de cours intérieures.

20 Juin 2013, 08:52am

Publié par barreteau

Cour du 38 rue de Belleville Paris 20ème.

Après avoir traversé quatre cours en enfilade plus ou moins rectiligne, on se dit: " il n'y a plus rien, ce n'est pas la peine de continuer ". Et cependant, on sort à son propre étonnement par une porte différente de celle qu'on a prise pour entrer.
C'est le petit miracle de Belleville …



>> Le petit miracle de Belleville, déjà sur Parisperdu.

 

 

 

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Veut-on plus d'IGH à Paris ?

15 Juin 2013, 08:15am

Publié par barreteau

Vue sur les tours de la Place des Fêtes - 75019 Paris (2010)

Paris recense 160 immeubles de grande hauteur (IGH), essentiellement concentrés Place des Fêtes ou dans le sud du treizième arrondissement.
Un nouveau démarrage des constructions de tours de 50 étages et plus … a été évoqué il y a peu, dans le cadre du projet "Grand Paris".

Norman Foster, le célèbre architecte britannique n'est pas un adepte forcené des tours, pourtant parmi toutes celles édifiées aujourd'hui de par le monde, celles qu'il a conçu ne sont pas les plus laides, mais très lucidement il déclare: "Mes bâtiments seront détruits lorsque de meilleurs bâtiments pourront leur être substitués. C'est tout l'histoire de nos villes …"

Certains argumentent que Paris risque de devenir une ville musée si l'on ne construit pas les Tours de la modernité pour faire concurrence à Londres ou Barcelone … Mais à l'inverse, Paris, ne devrait-elle pas comme Rome ou Berlin conserver son identité et refuser ces Tours ?

Le débat reste ouvert, … même si la crise économico-financière a maintenant freiné les ardeurs. Heureusement, la "modernité", c'était hier.


>> Des tours à Paris : pour quoi faire ?

 

 

 

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Avant le vélib'.

26 Mars 2013, 11:56am

Publié par barreteau

Vélos au fond d'une cour, 18 rue de Belleville - Paris 20ème (juin 1996)

A cette époque, le vélo n'avait pratiquement pas droit de cité dans Paris. Parcourir la capitale à bicyclette n'était guère imaginable et surtout très risqué, vu le peu de cas que l'automobiliste portait au cycliste qui osait s'aventurer sur "sa" route.

Laisser son "engin" dans la rue était aussi d'une inconscience folle car alors, votre bien pouvait disparaitre en un clin d'œil.
Aussi un jour d'été, ai-je découvert ces vélos bien cachés au fond d'une cour de la rue de Belleville. Pour accéder à l'endroit où ils stationnaient, il fallait traverser pas moins de trois arrière-cours en enfilade, descendre une volée d'escaliers et atteindre une petite remise à l'extrémité d'une ultime courette.

Aujourd'hui, le phénomène Vélib' est partout. A chaque coin de rues, de places, de bouches de métro …les vélos gris sont là, exposés au vu et au su de tous, en libre service.
On en rencontre même des groupes conséquents, pédalant de concert un peu comme à Pékin en un temps pas si lointain. Maintenant ce sont plutôt des hordes de voitures rutilantes qui envahissent les rues de Shanghai ou de Pékin, alors qu'à Paris on est retourné à la bicyclette !
C'est dire si les temps ont bien changé …



>> Vélib’ : un succès ternis par des problèmes récurrents.

 

 

 

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