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PARISPERDU

regard

Blake & Mortimer à Ménilmontant ...

4 Novembre 2010, 08:59am

Publié par barreteau

119 rue de Ménilmontant - Paris 20ème (juillet 1996)

Une nouvelle aventure de Blake & Mortimer se déroulerait-elle dans les quartiers Est de la capitale ?
En haut de la rue de Ménilmontant, j'ai croisé cette affiche où les deux héros créés par le dessinateur belge Edgar Jacobs semblent méfiants.

Leur grand ennemi, le colonel Olrik, serait-il donc dans les parages ?


Voyons leur conversation :

- "Damned Philip, je leur avais pourtant bien dit de rester discrets sur notre séjour ..."

- "Parlez-moins fort Blake, je crois qu'on nous observe ..."

Etrange et d'autant plus étrange, qu'à cet endroit exact, sur le sol on pouvait remarquer comme une "Marque jaune".

Le Piège diabolique
serait-il entrain de se refermer sur nos héros, là, exactement au 119 rue de Ménilmontant ... ?



>> Blake & Mortimer, le site officiel.

>> En savoir plus sur Blake & Mortimer.

 

 

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Désertiques dorsales.

10 Juin 2010, 09:50am

Publié par barreteau

Avenue de France - Paris 13ème


Dès le début de l'opération Paris Rive Gauche, les architectes chargés d'aménager la ZAC se sont trouvés face à la configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau. L'un est perché sur de nouvelles avenues et l'autre sur le tapis ancien des voies ferrées.

L'aménagement d'un site ne pouvant se concevoir sans celui de son environnement, il aurait pu sembler nécessaire de couvrir les voies ferrées. Mais cette couverture est particulièrement hasardeuse dans ce secteur de Paris-Rive Gauche, puisqu'il faudrait "charcuter" sous les voies ferrées pour fonder les appuis d'une dalle. Mais là, en-dessous, il y a trois tunnels: deux pour le RER C et un autre qui permet de faire transiter les trains grandes lignes de la gare d'Austerlitz.  Comme les plafonds de ces trois tunnels ne sont pas en mesure de supporter le poids de la "dalle funéraire" de Paris Rive Gauche et de ses plantations rabougries et comme ils ne peuvent pas non plus être traversés par des piliers, vu la multitude des aiguillages à cet endroit: la "solution" a donc consisté … à laisser les lieux en l'état !

Ce qui nous vaut ces sinistres avenues, démesurées, longues comme un jour sans pain, surchargée sur un côté de bureaux aux dimensions brutales et bordées sur l'autre côté par le vide, avec en contrebas un univers où le rail est omniprésent, sale, bruyant, odorant …

Le "clou" de cet urbanisme bancal, ce sont les avenues de France et Mendès-France, deux désertiques dorsales. Avec leurs grilles et leurs lampadaires d'autoroute, elles longent les quatre équerres de la BNF et son esplanade des courants d'air … triste programme !

Au secours, rendez-moi mon vieux 13ème, celui de Tardi et de Léo-Mallet.



>> Une configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau.

>> La mémoire de la Nouveauté.

>>"Brouillard au pont de Tolbiac"  de  Léo Mallet et Jacques Tardi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ne l'appelle-t-on pas Beaugrenelle ?

9 Mars 2010, 10:08am

Publié par barreteau

Dalle Beaugrenelle –Paris 15ème  –Juin 2005

 

De la rue de Javel, par un petit escalier dérobé, sombre et sale, il vous faudra gravir 39 marches pour arriver à la dalle. Plutôt qu’une dalle, plutôt qu'un grand plateau ouvert, c’est un entrelacs de passerelles réticulées d’où émergent des tours et d'énigmatiques totems. Des jardinières de béton gigantesques sont comme la réminiscence lointaine d’un rêve babylonien.

 

L’espace est délabré, déserté, si ce n’est quelques enfants auxquels s’adresse peut-être le mou revêtement synthétique qui tapisse le sol près d'absconses faïences, fissurées et aux couleurs désuètes. Les façades des tours, assisses sur un socle de béton sec et raide, ont des rictus de masques aux traits saillants. Au pied des trente étages, les réverbères se devinent à peine. Le sous-sol est un enfer où règne l'éclairage à la vapeur de mercure, dont la lueur terne s'échappe des trous creusés dans la dalle.

 

La toux sèche d’un enfant résonne, et des courants d'airs font d'incessants va et vient entre les tours et vos oreilles. Du fleuve on n’entend que la voie express qui le borde, on ne voit que les arbres qui le cachent, on ne sent que le vent qui porte les bruits et les odeurs des voitures.

 

A proximité de la dalle, depuis quelques années déjà, le projet du Nouveau Beaugrenelle, un centre commercial deux fois plus grand que l’ancien, est à moitié réalisé, à moitié en chantier. Quant à la rénovation de la dalle, un projet nettement moins rentable que l'hyper centre commercial, il attendra : la fin des travaux est prévue à l'horizon 2014.

D'ici-là, la dalle gardera l'indicible beauté des ruines, et ses tours la force absurde de la violence. Pourtant son nom est d'une réelle douceur et d'une rare poésie, ne l'appelle-t-on pas Beaugrenelle ?



>> Le Nouveau Beaugrenelle.

>> Autre dalle à découvrir sur Parisperdu : "Dalle ou dédale des Olympiades".

 

 

 

 

 

 

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A la recherche du Paris perdu, celui des jeunes filles en fleurs.

5 Mars 2010, 11:26am

Publié par barreteau

18 bis, rue de la Mare Paris 20ème (Juillet 1997).

 

Une balade au cœur du 20ème arrondissement a toujours été pour moi l'occasion d'une immersion au cœur d'un quartier convivial, revivifiant, avec la promesse de rencontres et de découvertes humainement enrichissantes.

 

A tout moment il se peut que je croise, au seuil d'un bistro des plus ordinaires, un tenancier tout sourire qui discute avec ses clients, et qui salue des connaissances passant par là. Un peu plus loin, il est possible que je puisse observer, avec gourmandise, l'agitation de petits commerçants: des épiciers, des bouchers, … qui servent leurs clients tout en dissertant avec eux.

 

Puis soudain, je tombe sur cette femme, à la fenêtre de son premier étage. Elle récolte de la menthe parmi une profusion de jardinières fleuries. En imaginant le parfum de la menthe, je lui souris malgré moi, et elle me rend mon sourire. Elle va même jusqu'à appeler une autre jeune fille pour lui raconter nos échanges de regards. Tout cela dure bien une minute, on se sourit, on se salue mutuellement … On se croirait dans le midi avec les gens qui se parlent de fenêtre à fenêtre …

Mais nous sommes à Paris, et tout cela parait incroyable. La scène s'est en effet déroulé tout près du pont de la rue de la Mare, à l'angle d'un petit carrefour, dans ce 20ème qui a connu tant de destructions. Aussi à cet instant, j'ai pensé: "Ce devait être comme ça Paris, avant !".

 

Pourtant quelques minutes plus tôt, je ne sais plus dans quelle rue, je ne sais plus dans quel carrefour, j'ai vu la horde des résidences "néo-classiques" du nouveau 20ème arrondissement, sûrement ces "horreurs" ont remplacé d'anciens bâtiments à un seul étage. Ces nouvelles résidences, que l'on retrouve maintenant presque partout dans la capitale, me font penser à une ville en carton pâte, à des décors de Disneyland... à une ville irréelle, inhumaine.

Ces bâtiments tout lisses avec de lourdes portes fermées, verrouillées par les digicodes, ont un côté "aseptisé", froid, je dirai même mort. Et là, il ne se dégage plus du tout le même entrain, plus la même gaité que sur le lieu de la scénette de la rue de la Mare ...

On fait de nos villes des lieux qui vont à l’encontre des souhaits, des désirs de leurs habitants … Or pourtant une ville est faite pour ses habitants et par ses habitants, ... mais on détruit des quartiers entiers, on en bouscule les personnes sans que celles-ci aient accès à la décision ou le moindre droit à la parole.

 

On nous a "volé" notre Paris populaire avec ses gens qui se parlent, qui se sourient …

Il ne reste plus que quelques miettes de ce Paris-là, à vous de les découvrir, en partant vous aussi, à la recherche du Paris perdu, celui des jeunes filles en fleurs …

 

Nadège est plus que l'inspiratrice de ce billet, elle s’y reconnaîtra !


>> Déjà sur Parisperdu : " Le petit miracle de Belleville".

>> Voir aussi : " Vilin, Couronnes et Pali-Kao ... ". 

 

 

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Travailleuses du trottoir .

20 Janvier 2010, 09:35am

Publié par barreteau

Quelque part, sur les Boulevards des Maréchaux, le 23 Juin 2004 à 00 heure 43.

 

Dans le 18ème, où l'on a dénombré jusqu'à 350 prostituées sur les boulevards des maréchaux, la récente loi qui réprime le racolage, a bien modifié le paysage.

 

Mais la loi n'a pas supprimé la prostitution, bien au contraire … Dans un premier temps, elle l'a simplement reléguée loin des regards, dans les confins des bois, sur les  terrains vagues … puis finalement, la prostitution s'est repliée dans les appartements, les hôtels de tout standing, les fausses agences matrimoniales, les bars à hôtesses et les squats.

 

Depuis la mise en vigueur des lois sur la sécurité intérieure, la préfecture de police a procédé à plus de 3 000 gardes à vue de prostituées, plus de 1 000 présentations à la justice, à quelques 550 rétentions administratives, et 250 reconduites à la frontière !

 

Aujourd'hui, c'est une répression policière impitoyable qui s'est abattue sur la cohorte des travailleuses du trottoir … mais pour les réseaux et les proxénètes, les affaires continuent …

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Extérieur nuit".

 

 

 

 

 

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Au pays du matin calme.

3 Décembre 2009, 10:38am

Publié par barreteau

Rue Caulaincourt - 75018 Paris


A Paris, les transitions sont parfois insensibles, mais le plus souvent, elles sont brutales … surtout quand on passe derrière le décor des grandes avenues haussmanniennes.
Ainsi, en empruntant les coulisses, en se faufilant derrière la place Clichy, à travers les passages, on atteint le cimetière de Montmartre, un no man's land de verdure et de pierres taillées.


Du pont métallique qui le surplombe, on aperçoit la tombe de Sacha Guitry, et sous les arbres repose une bonne partie du Gotha du XIXème siècle.
De la tombe la plus modeste aux caveaux grandiloquents, on n'est pas au bout de ses surprises au cimetière de Montmartre, ainsi un inconnu qui répond au superbe nom d'Iffla Osiris a fait placer sur sa tombe la reproduction grandeur nature du Moïse de Michel-Ange, avec cet épitaphe: "Au premier législateur" !


Huit heures moins dix, à cette heure matinale, l'activité urbaine est encore ralentie, ce qui sied parfaitement à ce lieu calme, apaisant, moins célèbre bien sûr que le "Père-Lachaise" mais tout aussi romantique et souvent plus pittoresque …


>> L'histoire extraordinaire de Daniel IFFLA-OSIRIS  (1825-1907).

>> Visite guidée du cimetière de Montmartre.

>> Déjà sur Parisperdu : " Paris, de Paul Valéry à Patrick Modiano "

 

 

 

 

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Au cimetière de Charonne.

8 Octobre 2009, 18:45pm

Publié par barreteau



Le quartier ressemble à un village et conserve encore aujourd'hui un aspect campagnard. Sur un tertre se dresse l'église Saint-Germain-de-Charonne à laquelle est accolé un petit cimetière.
Avec celui du Calvaire à Montmartre, il est le seul cimetière parisien à jouxter une église paroissiale. Ces deux lieux ont donc échappé aux dispositions du décret du 12 juin 1804 interdisant les inhumations dans l’enceinte des villes et bourgs.

 

Si le quartier a subit d’énormes bouleversements dans les années 70-80, l’église et son petit cimetière forment un îlot suranné, non dénué de charme, et où la tristesse n'est pas de mise.
Bien sûr, calme et sérénité émanent naturellement de ce type de lieu mais le côté paisible du site est également dû au fait qu'aucune personnalité marquante, aucun V.I.P n'est enterré ici.


Vous qui recherchez un "Paris différent", calme, apaisé, silencieux, hors du temps, … ce coin de Charonne est fait pour vous.


>> Voir aussi dans Parisperdu : "Le regard sur la ville"

 

 

 

 

 

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Espaces urbains à vocations indéfinies.

9 Septembre 2009, 09:24am

Publié par barreteau

Boulevard Ney Paris 18ème 
 

A Paris, les boulevards des Maréchaux Nord, peuvent être vus comme des espaces urbains … transitoires, à vocations indéfinies. De la porte de Champerret à celle de la Villette, on note que la densité de trafics en tous genres est proportionnelle à la dégradation du paysage. Les parties la plus cossues sont moins marquées par ces trafics que d’autres portions plus disqualifiées des Maréchaux.

L’itinéraire nord des boulevards des Maréchaux rend  compte, en effet, de contrastes inhérents à la géographie de cet espace peu ordinaire. Cette bande de territoire, parfois appelée "la zone" joue de ses ambiguïtés: routes et habitations, Paris et banlieues, circulations et stations, …

Cette "zone" présente un profil sociologique particulièrement marqué car sa population est constituée d'un métissage de classes et de cultures, découlant souvent d'un prolongement naturel des habitats des arrondissements ou de la proche banlieue.
Au regard s’offre alors une marge interlope à l'activité plus ou moins développée, à la fois séduisante et dangereuse, calme et violente, sublime et immonde …




>> Déjà sur Parisperdu : "Exterieurs nuit".

 

 

 

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Etrange banalité ...

2 Juillet 2009, 08:22am

Publié par barreteau

Rue Myrha - Paris 18ème

 

A la sortie des bistrots, malgré la nuit, la lumière est à son intensité maximale, elle explose de tous côtés … Elle s'étalera sur toute la surface de la photographie et les plus fins détails percuteront le devant de la scène.

Les hommes, toutes générations confondues, sont ici les plus nombreux. En attente, solitaires ou par petits groupes de deux ou trois, ils sont seuls dans la cité qui les entoure, perdus dans la ville, perdus dans la vie.

Ces individus ponctuent notre parcours dans ce quartier "chaud" de la Goutte d'or. Leurs regards à l’agressivité préventive indiquent qu’ils sont ici chez eux.
Certains "deal", d’autres, moins nombreux ou moins visibles, guettent et surveillent les prostituées. D'autres encore sont là, appuyés au mur qui forme un arrière-plan plus sombre, sans ouverture, rendant possible l’adossement, le contrôle de l’arrière, et donne, malgré la pénombre, un champ de vision longitudinal lointain. Quelques uns sont enveloppés par la lumière artificielle, des ombres marquent leur visage et leur donnent d'affreux rictus.

Ces situations qui ailleurs pourraient sembler bizarres, décalées, paraissent ici normales, naturelles.
Chaque nuit, à la Goutte d'or, règne une étrange banalité …



>> Déjà sur Parisperdu : "Eva yé t'aime".

>> Déjà sur Parisperdu : "Perspective à la Chapelle".



 

 

 

 

 

 

 

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"Chinoiseries" à Belleville.

26 Mai 2009, 10:59am

Publié par barreteau


Les émigrés chinois se comptent par dizaines de milliers à Belleville. Qu’ils viennent de l'ex-Indochine, de Wenzhou, au sud de Shanghai ou de Dongbei, au nord-est de la Chine, ils restent largement méconnus du reste de la population de ce quartier populaire de Paris car, parmi eux, beaucoup sont "sans papiers" et cherchent à rester discrets.
 

Ces "Chinois sans-papiers" n’ont ni nom, ni existence officielle, et pourtant ils sont nombreux à peupler les rues de Belleville. S'ils se mélangent peu avec le reste des habitants du quartier, c'est que la barrière de la langue est bien réelle. Et peu de Wenzhou font en effet l’effort d’apprendre le français, par manque de temps ou par facilité car ils connaissent toujours un parent pour faire la traduction. Soutenus par un groupe extrêmement solidaire, ils demandent très rarement de l’aide à l’extérieur. Pourtant, beaucoup pourraient le faire afin de mener à bien leurs régularisations, mais l’affaire emblématique de l’école Rampal a renforcé la crainte de la police et accentue le repli sur soi. Nombreux sont les Chinois qui ne sortent pas beaucoup de chez eux et ne fréquentent que leur famille.


Entre eux, l’entraide fonctionne à plein, comme en témoigne la multitude de petites annonces rédigées en mandarin et qui couvrent les vitrines des commerces. On y vend un peu de tout et on y offre divers services, comme la garde d’enfants ou des heures de ménage. On y trouve aussi des cigarettes de contrebande. Des annonces proposent même une quittance EDF, ou une carte vitale à partager … !

À Belleville, la myriade de restaurants et de magasins d’alimentation laissent entrevoir l’importance du commerce chinois qui s’est mis en place. Mais tout le monde n’a pas aussi bien réussi. Pas loin du boulevard de Belleville, on rencontre fréquemment des prostituées chinoises. Elles marchent très lentement et regardent les hommes "droit dans les yeux". Sur le trottoir d’en face, trois autres femmes attendent en groupe. Ces prostituées sont en général originaires de Dongbei, une province qu'elles ont quittée pour fuir une grande précarité. Les "Dongbei" sont très minoritaires ici, à Belleville, ce qui fait qu'ils ne bénéficient d’aucune entraide, contrairement aux Wenzhou qui représentent 85% de la communauté chinoise de Belleville. Quant aux hommes, ils cherchent à survivre grâce à différents petits boulots. Au coin d’une rue, ils sont deux, accroupis autour d’un sac, à échanger des magazines. Ce sont des revues qu’ils récupèrent dans les poubelles et revendent plus loin sur un marché. Ils font la même chose avec les vêtements …

Avec la crise actuelle qui, en Chine aussi, ferme les usines et l’exode rural qui malgré tout continue, les vagues de migrants ne sont pas prêtes de s’arrêter. En attendant, se poursuit à Belleville la chasse aux "sans papiers", les isolants toujours un peu plus du reste de la population …

 


>> L’affaire de l’école Rampal (mars 2007).

 

 

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Square Bolivar ... impassible manège.

6 Janvier 2009, 09:46am

Publié par barreteau


Le square Bolivar est un peu la place Dauphine des quartiers de l'Est parisien: un même espace clos, des bâtiments tout au tour ... et quelques arbres plantés sur un terre-plein central.

N'hésiter pas à vous aventurer ici, même si, dès votre arrivée, vous allez vous sentir un peu comme un poisson dans la nasse ...
Allez-y par tous les temps, car les attraits du square Bolivar changent constamment au rythme des saisons ...

Ainsi, au printemps, les arbres de cette place triangulaire se parent de ces verts typiques de l'Ile de France, ceux-là même qui font une alliance des plus somptueuse avec les gris-bleu du ciel de Paris. La singularité de la forme du square: une flèche, dont la pointe est plantée en contrebas, dans l'avenue Simon Bolivar, disparaît alors quelque peu sous les frondaisons.

En hiver, et surtout s'il a neigé sur Paris, le square Bolivar, dépouillé, mis alors à nu, montre son véritable tracé et retrouve toute sa quiétude. Les véhicules disparaissent sous un blanc manteau et le lieu devient alors un cocon ouaté ... un impassible manège.
Le général Hiver a remporté son offensive contre le Libertador du square du 19ème arrondissement !


>> Le square Bolivar et la place Dauphine, vus du ciel.

>> Le square Bolivar au printemps.

 

 

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Rue de la Cloche.

13 Juillet 2008, 09:19am

Publié par barreteau



Cette rue discrète, juchée sur un petit tertre du secteur Martin Nadeau, dans le  20ème arrondissement, porte le drôle de nom de "rue de la cloche"; mais pourquoi ce nom ?
Tout simplement parce que ce quartier est construit sur une cloche, aussi appelé fontis: une cavité creusée par l'écoulement sous-terrain de l'eau. D'ailleurs, de nombreuses rues du 20ème témoignent de ce sous-sol gorgé d'eau, et cela a donné leur nom aux rues ... du Ruisseau, des Cascades, des Rigoles, de la Mare...

Mais ici, tout a changé ... ne cherchez pas la rue de la Cloche, elle n'existe plus. Sur le petit tertre, toutes les constructions ont été rasées pour faire place nette à un square ... baptisé du nom du Docteur Joseph Grancher, un ami et collaborateur de Pasteur.

Ce nouveau "square-jardin", situé sur le flanc sud de la colline de Belleville, porte encore quelques traces de son passé : des rues pavées, des moignons de murs en meulière, des escaliers. Le square tente ainsi de conserver l'esprit du lieu, d'en rappeler son histoire.

Car dans ce quartier, où la vie s'organisait autour de trois rues aujourd'hui disparues ... (et dont la large promenade sur le sommet du square, reproduit le tracé des  ... anciennes rues de la Voulzie, Westermann et de la Cloche); il y avait des maisons, des habitants, des artisans, mais aussi ... des résistants, des enfants juifs raflés en 1942, et dont l'école de la Bidassoa - toute proche - nous rappelle le triste destin. 
Nous ne sommes pas ici, en effet, dans un simple square, mais dans un lieu pétri de symboles, de souvenirs, et où chacun peut trouver sa place pour rêver, respirer, se rencontrer, jouer, ou méditer...

De surcroît, la position en éminence du square, fait qu'ici, il nous semble facile de pouvoir nous élever à la fois au dessus des morts du Père Lachaise - tout proche - et aussi de nous détacher de la vie terrestre qui sans cesse, grouille en contrebas.


>> Déjà dans Parisperdu: "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus ..."


>> Lieux de tournage : "Paris", un film de Cédric Klapisch. 

 

 

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" C'est déjà ça ..."

3 Avril 2008, 09:43am

Publié par barreteau

Photo © Jacques Grison


La cité "Piat-Faucheur-Envierges" dans le 20ème est ce qu'on appelle "un quartier difficile". Elle héberge environ 3000 habitants et l'essentiel des 82 nationalités recensées dans le quartier de Belleville. La cité a été classée en zone urbaine sensible (ZUS). Elle n'a pas bonne réputation dans le "quart Est" de Paris. On déconseille aux nouveaux arrivants de s'y installer. C'est une cité stigmatisée et "stigmatisante".

Les "jeunes" ne veulent surtout pas, disent-ils, "rouiller", "tenir les murs", se retrouver bloqués "dans le rien". Leur parcours scolaire est déjà un handicap, mais "on se bouge", jurent-ils. Ils parlent de "mener une vie normale". D'avoir quelque chose de concret: "un métier, quoi ... et aussi ... fonder une famille, comme tout le monde". "Mais on nous colle une étiquette, jeune d'ici égal glandeur, c'est pas bien !", proteste Farid, 24 ans. Lui et ses copains reconnaissent eux-mêmes qu'ils ont "une tête à faire peur" sous leurs capuches et leurs bonnets, les épaules rentrées et les mains dans les poches.

Alors quand on parle à Farid du tout récent plan "Espoir banlieue", il rétorque: "J'aimerais être optimiste, mais plusieurs plans sont déjà passés, et rien n'a changé. C'est quoi le problème des jeunes des cités ? En premier, c'est de trouver un travail. Je suis conscient que certains ne font pas d'efforts, mais pour les autres, il faut leur donner la chance d'aller au travail."

Plus surprenant, ce même discours "anti-glandouille" revient aussi chez ceux qui affirment volontiers, avec de lourds sous-entendus, qu'ils ne veulent pas se "lever à 5 heures du matin pour gagner 1 000 euros".
Farid ne cache pas que tous les moyens sont bons pour remédier à ce problème, ... si près des beaux et riches quartiers du centre ou de l'ouest parisien.
Et voilà comment il décrit sa "situation piège" : "On est dans une société parallèle, le temps ne passe pas, c'est insupportable. On est comme une secte. On n'a plus d'horaires, rien. Au bout d'un moment, ça devient une vie dangereuse. La porte est ouverte à tous les excès, à l'illégalité. Mais attention ... là j'explique, je ne légitime pas."


Finalement Farid n'a pas perdu espoir de tourner le dos à cette vie de petits arrangements : "Y'en a qui commencent à s'en sortir dans le bâtiment. Ils sont manœuvres, des trucs comme ça, ... mais ils ont un boulot, ... c'est déjà ça ..."



>> Ecouter Alain Souchon: "Je m'promène rue de Belleville ... c'est déjà ça ..."

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Malaise à Belleville" (2/2)

>> Toujours sur Parisperdu: "Malaise à Belleville" (1/2)


 

 

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Boubat, la rétrospective.

7 Mars 2008, 10:11am

Publié par barreteau


Quai de l'Hôtel de Ville, Paris, 1947. ©Edouard Boubat

Je reviens de  la Maison Européenne de la Photographie de la ville de Paris, où j'ai passé une bonne partie de la journée à voir et à revoir la rétrospective d'Edouard Boubat. Un régal !
 
Grand voyageur, Prévert le qualifiait d'ailleurs de "correspondant de paix ", Boubat a aussi beaucoup photographié Paris dans les années 50. Un Paris perdu donc, mais vu par un maître de la photo, car Boubat n'avait pas son pareil pour capter de purs moments de poésie.

Dans les salles de la M.E.P, il faut dépasser le stade de la simple contemplation. Il faut surtout observer la maîtrise du cadrage et remarquer la lumière, ... la véritable signature d'Edouard Boubat.

La photo choisie ici, illustre parfaitement le Paris vu par Boubat : une vision qui au premier abord semble proche de celles d'un Doisneau, d'un Ronis ou d'autres photographes humanistes, mais en observant le cliché avec attention, on découvre le vrai regard de Boubat : un regard passionné pour le genre humain, mêlant simplicité et onirisme.

Un seul regret: le catalogue de l'exposition, un ouvrage de référence certes ... mais facturé 75 Euros.
Mais le vrai cadeau reste de pouvoir approcher toutes les composantes de l'œuvre de Boubat, de sa première photo en 1946 à ses dernières, peu avant sa disparition. C'était en 1999.

Alors, courez vite à la Maison Européenne de la Photographie ... avant le 30 mars 2008, date de clôture.

 


>> Edouard Boubat, "Révélations".

>> En savoir plus sur Edouard Boubat.

>> Boubat: première photo en 1946.

>> Boubat : portofolio.

 

 

 

 

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Le regard sur la ville.

3 Mars 2008, 09:06am

Publié par barreteau


Charonne, Paris 20ème : L'église et son cimetière.
 

Le regard de Parisperdu sur la ville est fait de déambulations, de flânerie et d'arrêts, de mouvement et de fixité, et surtout d'attention aux détails et aux changements.

La photo de ville dit que quelque chose, que quelque part "a été".  Car la photographie a à voir avec la mémoire, avec la perte, avec la disparition.
Photographier la ville, en étant contraint par les possibilités de recul en fonction de l'architecture, de l'urbanisme et des circulations, c'est d'abord choisir la "bonne distance" pour obtenir le cadrage souhaité mais aussi, le point de vue désiré.


Espaces à découvrir, espaces à conquérir, à construire aussi, lieux de l'évidence et du doute, lieux fragiles qu'évoque Georges Perec avec une pertinence rare dans les dernières pages d'Espèces d'espaces ou quand il aborde la notion de mémoire avec ses "Lieux stables".


Certains textes ouvrent une correspondance entre photographie et littérature. Des pages de Georges Perec bien sûr, mais aussi de Marcel Proust, et de bien d'autres auteurs ... dialoguent pleinement avec elle.
Des auteurs contemporains comme Annie Ernaux, Anne-Marie Garat, ou François Maspero, à la suite d'André Breton, composent certaines de leurs œuvres comme un dialogue entre la photographie et le texte.

Sans nécessairement publier de photographies dans le texte, d'autres auteurs lui donnent une place importante. C'est le cas pour plusieurs textes de Georges Perec - à nouveau. Car pour Perec, le texte et l'image se nourrissent réciproquement l'un de l'autre. Il construit des récits ou des protocoles à plusieurs voix qui se croisent, se mêlent, s'opposent pour produire du sens constamment renouvelé. On peut  sur ce thème, lire les extraits de "Je me souviens" et de "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" qui montrent, qu'à quelques décennies de distance, les textes de Perec font pleinement écho aux photographies d'Eugène Atget.

De tous temps, des philosophes, des peintres, des auteurs, des cinéastes et des photographes, bien sûr, ont fait de l'image de Paris, de la promenade, de l'errance, de l'itinéraire urbain, de la curiosité pour les rues parisiennes et les endroits insolites, du souvenir pour des lieux disparus ou appelés à disparaître, la matrice de leur œuvre.


Parisperdu veut se reconnaître de cette filiation.


>> Même endroit, vu par Eugène Atget...

>> "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" un film de
Jean-Christian Riff, d'après le texte de Georges Perec.


>> Démolition, reconstruction, la ville en chantier ...

 

 

 

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