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PARISPERDU

regard

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J'aurais aimé que ce monde me parle.

20 Mai 2013, 09:24am

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Publié par barreteau

Avenue de France  - Paris 13ème.

L'avenue de France qui traverse le secteur désormais remis à neuf du quartier de la Gare, n'est qu'un alignement glacial d'immeubles de bureaux et de logements.

Ça et là, de trop rares cafés et aucun resto véritablement digne de ce nom … car, dans ce quartier administratif c’est la grande réunion des restaurants industriels et le point central de la mal bouffe: salades à la sauce industrielle, lasagnes réchauffées au micro ondes (au fait, à la viande de quel animal … ?), … le tout à des prix excessifs.
Une fausse bonne ambiance règne dans ces établissements, finalement à l’image de ce quartier sinistre et sans âme. Ce décalage viendrait-il de la topographie des lieux ? Peut-être, car l'avenue est bancale. Sur la moitié de son parcours, elle longe en les surplombant les voies ferrées de la gare d'Austerlitz et de là-haut, le panorama ferroviaire ne fait pas rêver.


Si les anciens bâtiments des Grands Moulins et sa Halle aux farines ont été reconvertis assez harmonieusement en campus universitaire, la balafre des voies ferrées fait décidément désordre. Il aurait fallu repenser la séparation de cet ensemble totalement coupé de la ville, à l'opposé des campus américains; dépourvu de vie propre et de la moindre pousse d'herbe, à l'opposé des campus chinois.

Arpentant cette avenue dont on ne voit jamais la fin … j'aurais aimé percevoir l'esquisse d'un sourire ou le début d'une contrariété sur un visage, bref que le monde me parle … mais les individus que l'on croise sur l'avenue de France sont aussi froids et rigides que le tracé de cette artère.


>> L'ennui naquit un jour de l'uniformité.

>> Désertiques dorsales.

 

 

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Droguerie-Bazar.

13 Avril 2013, 15:21pm

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Publié par barreteau

Angle de la rue Emile Lacoste et de la Villa Jean Godart-  Paris 12ème. (1996)

Près de la Porte Dorée, un vestige du monde faubourien bas et populo s'accroche encore au coin de la rue Emile Lacoste et de la villa Jean Godart: une droguerie-bazar.


Droguerie-bazar, avouez que l'appellation est exotique. En tout cas, moi elle m'a toujours fait rêver. Et, pour faire encore plus joli, on y accolait parfois le terme "couleurs" : droguerie-bazar-couleurs. Voilà qui a plus d'allure que le nom des grandes surfaces qui ont tué ces petits commerces, je veux parler des Bricorama, Castorama, Décorama … tous affublés du pompeux suffixe grec "orama" laissant penser qu'on pourrait "tout y voir", comme face à un "panorama".

Dans nos droguerie-bazar aussi, on pouvait tout y voir … à condition bien sûr de savoir ce qu'on venait y chercher ! Mes parent venaient-là s'approvisionner en perborate de sodium, un substitut aux détergents et lessives, bien moins onéreux que les Bonux ou les Ariel de l'époque et avec de surcroît, un bien meilleur pouvoir de blanchiment. Mais, depuis déjà plusieurs années, la droguerie-bazar du coin de la rue Emile Lacoste et de la villa Jean Godart n'a pas résisté aux grandes surfaces de la toute proche avenue Daumesnil, et ce … malgré les 1500 couleurs de peintures qu'elle promettait à ses clients !


>> Autres petits commerces, sur Parisperdu.

 

 

 

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Balade au réservoir de Ménilmontant .

31 Mars 2013, 09:25am

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Publié par barreteau

Réservoir de Ménilmontant, rue du Surmelin - Paris 20ème.

Par la rue de la Justice, je débouche sur le réservoir d'eau de Ménilmontant. Je sens que c'est un point culminant. Je le sens parce que je n'ai pas cessé de monter depuis la place Gambetta et que soudain un souffle m'aspire vers ce lieu.

En dépit de sa position au sommet de la pente, le terrain herbeux de ce réservoir sous-terrain ne laisse rien voir de la capitale étendue par-dessous.
Il n'y a peut-être pas de capitale.
Il n'y a peut-être que cet enclos suspendu dans ce gris si typique du ciel d'Ile de France.


>> Et en-dessous, c'est comment ?

 

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Les nouveaux marchés de la misère.

1 Février 2013, 12:35pm

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Publié par barreteau

Métro Barbès _Paris 18ème _Mars 2011 (© Photo: Action Barbès)


Au métro Barbès, le samedi, mais aussi aux portes Nord et Est de Paris, comme à la Porte Montmartre, par exemple, se tiennent des marchés d'un nouveau type.

Depuis longtemps, on pouvait trouver-là des vêtements, des chaussures, des couches culottes, … mais maintenant ce sont des produits alimentaires que l'on y vend et achète, à la sauvette.
50 centimes le camembert, ou la boîte de petits pois … on y revend aussi des produits avariés ou dont la date limite de consommation est largement dépassée …

On se bagarre pour une place, c'est un marché sans foi ni loi, où la communication est difficile car les vendeurs s'expriment souvent uniquement dans la langue de leur pays d'origine. La police les chasse parfois mais ils se déplacent alors seulement de quelques mètres. Et, pour ne pas être pris en flagrant délit, il suffit de ne pas déballer la marchandise.

D'où viennent ces produits ?

Souvent, ils ont été trouvés à la poubelle. Mais certains revendent les dons qu'ils ont obtenus auprès des Restos du cœur ou du Secours populaire … D'autres vont encore plus loin pour gagner plus: ils volent dans les magasins des denrées plus haut de gamme et les revendent à moitié prix, faisant fi de la loi qui punit le vol à l'étalage d'une peine de 3 ans de prison. Car souvent pour les vendeurs de ces marchés de la misère, il s'agit d'une question de survie, pour compléter de maigres allocations ou une petite retraite. Les plus actifs peuvent ainsi gagner jusqu'à 200 € par mois.

Mais qui achète ?

C'est une clientèle d'habitués : des chômeurs, des sans-papier, des personnes âgées sans beaucoup de ressources … l'hygiène ou la qualité des produits n'est pas leur souci premier; le prix par contre, oui …
Et le business n'est pas prêt de s'arrêter car, initiés à Paris, ces marchés fleurissent désormais dans toutes les grandes villes de France.
Quand on sait que le pourcentage des français qui vivent sous le seuil de pauvreté est en constante augmentation depuis 4 ans, les marchés de la misère semblent, malheureusement avoir de l'avenir.



>> Déjà sur Parisperdu: "Carré des biffins".

 

 

 

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L'insolite place Pinel.

6 Janvier 2013, 11:54am

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Publié par barreteau

La place Pinel aujourd'hui _ Paris13ème (© Google Maps)

Il a quelques dizaines d'années, lorsque vous empruntiez la ligne 6 du métro, en direction de Nation, juste avant la station Nationale, vous aviez une vue plongeante sur un vaste espace … complètement désert !

Il y avait là un cercle d'une centaine de mètres de diamètre, dallé de grandes plaques de ciments plus ou moins disjointes, recouvrant tant bien que mal d'anciens pavés. Pas un arbre, pas la moindre végétation, ici il n'y avait que le vide ….  
Un lieu "vide de centre" et d'une certaine manière "vide de sens". C'est ainsi que vous apparaissait, la minérale Place Pinel, en contrebas, par les vitres du métro aérien.

Autour de ce néant, bien au large : des immeubles bas où s'étaient installés quelques petits commerces, de rares artisans et des dépanneurs de petit électroménager, dans ces années 70 où Moulinex régnait sans partage sur son marché.

Longtemps j'ai trouvé cet endroit totalement improbable dans une ville comme Paris.
Au cœur de la cité, la place Pinel dégageait une curieuse impression d'inachevée, son vide procurait comme une gêne, une sensation dérangeante …

Mais comme la ville a horreur du vide, on finit par aménager l'ensemble, par combler l'espace, … tout l'espace. On a commencé par la périphérie avec la construction d'immeubles d'une dizaine d'étages.

La place arrondie, un peu naïve, s'est alors peu à peu retrouvée rétrécie, défigurée par de volumineux immeubles cubiques qui s'inséraient souvent mal dans ses courbes.

Quelques grossistes asiatiques de  matériels divers ont remplacé les dépanneurs Moulinex, … aujourd'hui, on ne dépanne plus, on jette et on rachète du neuf. Leader Price a chassé les petits commerces, la boucherie chevaline a fermé … mange-t-on encore du cheval de nos jours ?

Puis, au centre, sur plusieurs cercles concentriques, on a planté des arbres, beaucoup d'arbres et disposé des bancs semblables à des pierres tombales. De grosses boules de verdure occultent désormais le centre de la place, coupent les perspectives et en masquent sa physionomie générale.

Aussi maintenant, vu du viaduc du métro aérien, on devine la Place plus qu'on ne la voit. On n'image pas qu'il y a quelque temps, la place Pinel était bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui. C'était alors un endroit totalement insolite … mais non dénué de caractère.


>> La Place Pinel, à nouveau en cours de réaménagement.

 

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L'avenir du vieux Paris.

2 Juillet 2012, 10:16am

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Publié par barreteau

 

Quartier de Ménilmontant - Paris 20ème (1994)

 

Un ami me demandait récemment si je voyais un avenir au vieux Paris ?
La question est délicate car il y a bien sûr des matins où je me demande si je ne fais pas parti d'une espèce en voie de disparition. Mais je suis optimiste de nature et optimiste aussi parce que l'accès à la culture change énormément ces temps-ci.

Nous disposons en effet maintenant de nouveaux médias, de nouvelles façons d'appréhender le patrimoine, et personne ne peut dire où cela va nous mener. Est-ce que l'interactivité que permet la technologie va dans le bon sens, ou pas ? On verra bien.

Il y a donc des avantages mais il y aussi un revers à la médaille. Car l'offre d'informations est trop large et les jeunes manquent de repères. Notre société de l'instantané oublie que l'Histoire permet de comprendre le présent. Tout est noyé dans une disponibilité globale et immédiate. L'actualité nous submerge ...

C'est pourquoi le secours de quelques éclaireurs est plus fondamental que jamais. Il faut pouvoir dire que l'édifice de l'Opéra Garnier prime celui de Bastille, que les pavillons Baltard étaient mieux que le vide de Châtelet-Les Halles …

Je développe ce photo-blog sur Paris depuis plus de 6 ans, mais je me rends compte qu'il reste encore beaucoup de chemin à faire pour éclairer l'avenir du vieux Paris, du Paris disparu, perdu … afin qu'il ne soit pas à jamais effacé de nos mémoires.



>> Accéder aux applications Smartphone de "Ma ville avant".

 

 

 

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Comme à Amsterdam.

12 Juin 2012, 08:44am

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Publié par barreteau


Dans le 19ème arrondissement, au bassin de la Villette, prolongé par le canal de l'Ourcq, c'est Paris "côté canal". C'est Paris qui prend des allures d'Amsterdam.

Le bassin est un ancien port commercial. Et, sur les deux quais qui se font face, la symétrie règne. Quai de Seine comme quai de Loire, les entrepôts jumeaux ont été transformés en cinéma/librairie. Désormais, les larges berges du bassin sont un lieu de plaisir et de convivialité ...

Un peu plus loin, deux autres bâtiments jumeaux s'imposent au regard, ce sont les Magasins Généraux. Ils ont connu moult vicissitudes et destructions successives: d'abord en 1871 lors de la Commune, puis en 1990 avec l'incendie du Magasin du quai de Seine. Ce dernier renaitra de ses cendres, sera transformé en Hôtel et en Auberge de jeunesse, et sera finalement élégamment "habillé" par l'architecte Philippe Chaix, le spécialiste des "Zénith" et autres enceintes publiques … Dorénavant les jumeaux, pourtant fondamentalement identiques mais visuellement très différents, semblent avoir un pied dans la nostalgie, un pied dans la modernité ...

Après avoir dépassé l'insolite Pont de Crimée, l'unique pont levant de Paris, implanté ici en 1885 mais qui ne fait pas son âge … vous êtes Canal de l'Ourcq.
Poursuivez jusqu'au Pont métallique qui permet à la voie ferrée de la Petite ceinture de franchir le Canal. Le Pont est monumental mais la curiosité est sous ses arches de pierre, quai de la Marne. Là, est venu se nicher "Cyclo Pousse", un atelier de location/réparation de vélos … bien utile en ces temps où les moyens de locomotion douce sont à la mode.
Et là encore, vous êtes … comme à Amsterdam …



>> Cyclopousse, quai de la Marne- Paris 19ème

>> Le bassin de la Villette par Brassaï (1932)

>> "Paris pour les nuls" (5/5): " Des Epinettes aux alentours du canal de l'Ourcq"

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (2/3)

22 Février 2012, 08:56am

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Publié par barreteau

Rue Georges-Lardennois - Paris 19ème


La butte Bergeyre est si calme, que l'on peut même y jouer au football dans la rue. Et il faut dire que le lieu s'y connaît ici en la matière de jeux car, avant l'urbanisation de la butte, c'est un parc d'attractions, puis un stade qui avaient été créés sur ce sommet.

En effet, en 1908, la Société d’Exploitation d’Attractions Parisiennes (SEAP) construit ici, un parc de loisirs baptisé les "Folles Buttes".

Outre les manèges, les jeux très divers, les "chalets de curiosité", le clou des attractions était sans conteste la "Tour de conte de fées" autour de laquelle s’enroulait une rampe piétonne qui, à différents niveaux de sa course, permettait l'accès à de multiples divertissements.
Une sorte de Disneyland avant la lettre!

Mais dès le début de la première guerre mondiale, après des années de divertissements et de faste, la fréquentation baisse brutalement et le parc va définitivement fermer ses portes en 1926.

Parallèlement, depuis quelques d'années, sur la butte, un grand stade avait été créé. On le baptisa plus tard du nom de Bergeyre, jeune et  valeureux rugbyman tué au front en août 1914. Il avait tout juste 20 ans.

Lors des Jeux Olympiques de Paris, en 1924, le stade Bergeyre, compta parmi les sites retenus pour le déroulement des matchs qualificatifs du tournoi de football. Mais ces Jeux seront le chant du cygne de Bergeyre. Dès les années suivantes, il est question de liquider le stade et d'en vendre les terrains à un lotisseur immobilier.

Ce dernier projette un plan de découpage en 220 lots et trace cinq rues – les rues actuelles – pour les desservir.

Au 70 de la rue Georges-Lardennois, dès 1933, fut érigé un bâtiment d’allure avant-gardiste, conçut par le grand architecte Jean Weiss pour la famille Zilvelli. Cette maison aux façades camouflées par la vigne vierge reste encore aujourd'hui l'un des bijoux de l’ensemble résidentiel de la butte Bergeyre.

A suivre …

 

>> Les Folles Buttes vers 1914.

>> 70 de la rue Georges-Lardennois - Paris 19ème: La Maison Zilvelli (2008)

>>  Butte Bergeyre, la secrète ... (1/3)

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (1/3)

18 Février 2012, 09:48am

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Publié par barreteau

Rue Georges-Lardennois- Paris 19ème: panorama sur Montmartre et le Sacré-Cœur- juin 1997


Juste au-dessus de Belleville l'industrieuse se loge une butte fière de sa particularité et qui fait davantage penser à un village provincial qu'à la ville agitée qui l'entoure. Les chanceux qui y résident, retranchés sur le plateau d’une petite colline, profitent d’une qualité de paix exceptionnelle, loin du tumulte, loin du vacarme parisien.

Dans cet îlot de charme, dans cet entrelacs de rues bordées de petits pavillons et d’immeubles bas, l'on respire une atmosphère villageoise.

Découvrir ce lieu tient presque du miracle car il se trouve en grande partie escamotée à la vue du promeneur. Pour celui-là, seuls deux escaliers abrupts, percés étroitement au travers d'immeubles, donnent accès au plateau.

Quant aux automobiles, elles auront pour seule voie d’accès – et de sortie - le lacet quasi montagnard de la rue Georges-Lardennois.

Mais que l'on suive la route ou que l'on choisisse l’escalier, au sommet, l'on sera récompensé de ses efforts par la soudaine découverte d’un panorama grandiose sur Montmartre et le Sacré-Cœur, panorama d’autant plus merveilleux qu’il était insoupçonné …

 

A suivre …

 

¤     La Butte Bergeyre, déjà sur Parisperdu:

>> "Rêveries du promeneur solitaire".

>> "Sur la butte Bergeyre".

>>
"Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie".

>>
"Parisperdu pour les nuls": " Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre".

>>
"N'est pas Willy Ronis qui veut ..." !
 

 

 

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Passage du Désir.

14 Février 2012, 08:44am

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Publié par barreteau

Passage du Désir, 84  rue du Faubourg Saint-Denis 75010 PARIS


Le jour, un flot humain incessant et un bruit permanent envahissent la rue du Faubourg Saint-Denis. Les langues étrangères s'entremêlent, les primeurs se livrent à de sonores joutes verbales et les klaxons retentissent…

Le soir, l’ambiance est tout autre. La rue se vide progressivement, les commerçants ferment leurs boutiques, les habitants regagnent leurs pénates, le silence entre alors en scène.

Contraste saisissant à quelques heures d’intervalles. Maintenant, les rares présences humaines sont des silhouettes furtives, les lumières des réverbères et les néons produisent une atmosphère étrange, presque inquiétante. Une sorte de suspension dans le temps et l’espace, un entre deux: entre éveil et sommeil, entre rêve et réalité.

Et c'est là, au 84 de la rue, qu'une lourde porte barre l'accès au Passage du Désir, pourtant son nom était comme une promesse … mais il gardera sa part de mystère.

 

 >> Le Passage du Désir, vers le boulevard de Strasbourg.

>> "Les passages couverts de Paris" par Sybil Canac et Bruno Cabanis aux éditions Massin.

 

 

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" Ich bin ein Berliner "

19 Janvier 2012, 10:36am

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Publié par barreteau

25, rue Boyer - Paris 20ème: la coopérative "La Bellevilloise".


Tout comme John Fitzgerald Kennedy proclamait à Berlin-Ouest "Ich bin ein Berliner", moi aussi j'ai envie de crier : "Je suis un Parisien" car, même si je ne suis pas né dans cette ville, il y a longtemps qu'elle et moi nous nous sommes mutuellement adoptés.

Et tout comme certains Berlinois peuvent être nostalgiques de l'ex-RDA (la fameuse "Ostalgie"), moi aussi je suis parfois nostalgique de l'Est de Paris, celui du temps où il avait encore quelque chose d'humain, mâtiné d'un certain charme de quartiers un peu désuets: des entrepôts de Bercy aux terrains vagues du haut-Belleville.

Aujourd'hui, à Belleville comme à Ménilmontant, l'Ostalgie refait surface, celle d'un Paris populaire et d'une époque industrieuse … toutes deux définitivement révolues.

Pourtant, se nourrissant des souvenirs surgissant d’un passé lointain, les bars vintage de la rue Oberkampf mettent maintenant en scène cet environnement populaire: celui de la mécanique et de la petite métallurgie, qui se sont maintenues ici, jusque dans les années 60.

A côté de ces bars plus ou moins authentiques, on rénove la Maison des Métallos, le bâtiment de l’Union Fraternelle de la Métallurgie et celui de l’antenne CGT du 11ème arrondissement … autant de symboles de cet ancien bastion ouvrier. Si bien qu'à l’heure de la gentrification des "quartiers Est", la nostalgie ouvrière semble fonctionner à plein.
Ce changement sociologique a paradoxalement prolongé certains particularismes du quartier : les diplômés remplacent les ouvriers dans les nombreuses associations militantes, les artistes se substituent aux artisans dans les ateliers désaffectés.


Mais les avis sont partagés sur les conséquences des transformations urbaines qui ont lieu ici, dans l'Est parisien. Car au final, les bobos sauront-ils conserver un patrimoine en perdition ou vont-ils définitivement le réduire à néant ?



>> "Le Mécano bar" : de la machine-outil et son outillage à l'ambiance latino et ses Mojitos ...

>> La Maison des Métallos.

>> Bienvenue à Boboland.

 

 

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Aligre, surgi de nulle part .

2 Décembre 2011, 09:12am

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Publié par barreteau

Vue panoramique de la place d'Aligre en mai 2008, un lundi, jour de fermeture du marché.


Entre le Faubourg St Antoine et la rue de Charenton, dans la masse résidentielle du 12ème arrondissement, lové à l'écart des grands flux, il est un quartier comme "surgi de nulle part" : c'est Aligre.

Longtemps populaire et ouvrier, ce quartier non loin de la Bastille, fut à l'origine de maints soulèvements, de divers mouvements et de beaucoup d'initiatives, comme la "Commune libre d'Aligre", une association de quartier, dont Mick Michèle fut la marraine.
Egalement avant-gardiste, le quartier sera l'un des premiers, en 1981, à créer une radio libre: "Aligre FM".

Mais le point central du quartier, c'est incontestablement son marché.
Une identité bicéphale qui comprend un bâtiment couvert et, installés à l'air libre le long de la rue d’Aligre, des étals de forains.

Ce marché reste l’un des plus animés et des plus sympathiques des marchés alimentaires parisiens, avec des allures de petit "Ventre de Paris".

Depuis maintenant un bon nombre d'années, le côté ethnique est très présent à Aligre et aujourd'hui, le quartier attire les Parisiens en recherche d'authenticité...
Bobos, Bretons ou Berbères : tous parisiens, tous immigrés !



>> Aligre FM, site officiel.

>> La place d'Aligre, un jour de marché (mai 2008)


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Le miracle de Sainte-Marthe.

24 Novembre 2011, 09:56am

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Publié par barreteau

25 rue Sainte-Marthe - Paris 10ème

Contrairement à de nombreux autres secteurs de Paris, Sainte-Marthe a miraculeusement échappé à la destruction de ses vieux immeubles, tous pourtant plus ou moins insalubres. Il faut dire qu'ici, la pression des associations a été particulièrement forte et finalement, elle a permis de favoriser une logique de rénovation de l'existant.

Bien sûr, le réaménagement urbain n'aura jamais de fin, c'est l'essence même d'une ville de ne jamais se terminer, … l'idée de la ville, c'est qu'elle se renouvelle constamment. Des immeubles se créent, d'autres se rénovent, d'autres disparaissent.
Mais la restructuration d'un quartier devrait toujours partir de l'existant, partir du vivant et surtout ne pas faire table rase de son passé. En cela, Sainte-Marthe est un bon exemple, tout comme la rue Jean Moinon toute proche qui a su, elle aussi, rester dans son jus.


Alors petit à petit, le quartier s'embellit, la vie revient. Les créateurs qui s'implantent ici se remarquent immédiatement aux couleurs vives qu'ils ont appliquées sur les façades des anciennes échoppes.

De nombreux cafés et restaurants ornent la place, est-ce un début de "gentrification" ? Probablement pas, tant l'étroitesse des rues et l'absence de possibilité de stationnement devrait rebuter les bobos, pourtant toujours à la recherche de nouveaux quartiers branchés.

A Sainte-Marthe, la rénovation n'est pas encore totalement achevée, mais c'est justement ce qui fait son charme, lui donnant parfois de faux airs de Naples, de Palerme ou de Barcelone... avec cette magie si particulière des lieux à cheval entre deux mondes, entre deux époques.



>> Des couleurs vives appliquées sur les façades des échoppes anciennes.

>> Tout près, la rue Jean Moinon.

>> Voir aussi: "Démolition, reconstruction, la ville en chantier".

 

 

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Des capitaines en Campagne.

28 Septembre 2011, 09:02am

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Publié par barreteau

19 rue du Capitaine-Tarron - Paris 20ème.


A quelques pas du boulevard Mortier et de la porte de Bagnolet, c'est la "La Campagne à Paris", un quartier privilégié autour de quelques rues perchées.

Dans les bucoliques rues Jules Siegfried, Géo-Chavez, Irénée-Blanc...  règnent un calme insoupçonnable, autour de maisons recouvertes de vigne vierge et de glycines …
Ces rues sont circonscrites par deux "Capitaines". Ferber au nord et Tarron au sud, mais ces militaires ne sont pas assez martiaux pour contrer l'humeur champêtre de leurs rues.


La rue du Capitaine-Tarron forme un quart de cercle, elle est à la fois si proche de l'animation de la place de la porte de Bagnolet, et si loin, tant son apaisante courbe croule sous une profusion de verdure et de rosiers en fleurs.

Au dernier étage, les "chiens assis", avec leurs volets mi-clos pour garder la fraîcheur, semblent monter la garde et défendre la quiétude du secteur.
 

Le promeneur qui s'aventure ici, semble être hors de Paris et l'amateur de maisons … fulmine de ne rien trouver à acheter même à bon prix.



>> La Campagne à Paris

 

 

 

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L'avenir, c'était mieux avant.

30 Août 2011, 08:15am

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Publié par barreteau

Palais des Congrès de la Porte Maillot -  75017 Paris.
Construit à partir de 1970 et inauguré en 1974, c'est un exemple de l'architecture des 30 Glorieuses.

 

 Lequel d'entre nous n'a jamais maugréé : "Ah c'était quand même mieux avant !"
Certes, on peut penser qu'il y a toujours eu - et qu'il y aura toujours - des "vieux cons" qui regrettent le passé et leur jeunesse.

Vous avez dit "Nostalgie"… ?
"La nostalgie, c'est le désir d'on ne sait quoi ", a écrit Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des hommes. Ce sentiment repose sur des mécanismes d'idéalisation du passé. Le temps filtre les aspects négatifs du souvenir. Il ne reste que le positif.

Bien évidemment, tout cela est hautement subjectif, mais il me semble que dans un passé pas trop lointain, les gens croyaient plus au progrès, plus à l'avenir, … plus à l'homme aussi.
Mais depuis que le business, l'argent, la rentabilité à tout prix et l'hyperconsommation règnent en maîtres, … bref depuis que les financiers ont pris le pouvoir dans la société,  on a désappris à vivre ensemble. Le bon sens populaire a cédé la place à l'uniformisation et la sagesse s'émousse. Et, il faut bien reconnaître que l'ambiance n'est plus la même.

Sans tomber dans la brève de comptoir, il faut aussi admettre que beaucoup d'entre-nous disent regretter la façon dont ils exerçaient leur métier. Un seul exemple, France Télécom: avant c'était une entreprise dans laquelle les gens étaient fiers de travailler, il y avait un esprit de corps… aujourd'hui, ils se suicident.

Et cette fuite du "vivre ensemble" ne se constate pas seulement dans les relations au travail. Dans la vie au quotidien, dans les familles aussi, on était beaucoup plus proches ; il y avait du boulot pour (quasiment) tout le monde ; on pouvait vivre décemment avec un seul salaire, les enfants étaient mieux éduqués, les personnes âgées mieux considérées, il y avait plus de morale, de respect pour les valeurs essentielles.

Alors vraiment, c'était mieux avant… ?
Mais avant quand ? Avant 1960 … 70 … 80 … 90 ?

De 1960 au début des années 80, la société est rétrospectivement parée de toutes les vertus et sacralisée. La France de ces années-là est devenue un mythe … Et même si, suivant les époques, il y avait du bien et du moins bien, jusqu'à la crise du pétrole des années 75 en tout cas, il semblait qu'on allait toujours vers le mieux alors que depuis 20 ans on sent, que l'on va vers le moins bien...

Alors, marche arrière toute … ?
A l'heure du tout numérique, rien n'est plus tendance que le "noir et blanc".
Ah, le bon vieux temps, celui du Franc, quand la vie n'était pas aussi chère qu'aujourd'hui.
En proie à la nostalgie, le passé serait donc devenu la valeur refuge des Français. Car les Français, d'une part insatisfaits par la période actuelle et d'autre part anxieux face aux modes de vie incertains que le futur leur réserve, se sont exilés dans le culte imaginaire des "Trente Glorieuses", … comme si l'avenir, c'était mieux avant …


>> Les "trente glorieuses sont devant nous", de Valérie Rabault et Karine Berger.

>> Lire aussi sur Parisperdu : "Nostalgie".

>> "C'était mieux avant ", par Monsieur Roux.

 

 

 

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