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PARISPERDU

regard

Mehdi et Henri, rue des Partants.

29 Février 2008, 09:46am

Publié par barreteau


De sa fenêtre, Mehdi porte un regard pensif sur sa rue. Et comme il peut le constater, elle vit le martyr.

Depuis plusieurs mois déjà, son ami Henri, le coiffeur qui tenait le salon du rez-de-chaussée, a quitté le quartier. Henri a laissé son 20ème arrondissement, où il est né, pour aller terminer ses vieux jours, à Romainville, près de sa fille.

Et chaque soir, en rentrant du travail, Mehdi est confronté à un spectacle qui le désole. Celui de la porte et de la devanture du salon de coiffure d'Henri, totalement murées.
Alors, invariablement, à cet instant, lui arrive à l'esprit un flot d'images où Henri, emmuré dans son salon, semble l'appeler au secours en poussant des cris que Mehdi ne peut percevoir...


Bientôt, Mehdi devra lui aussi partir. Il voudrait bien ne pas y penser. Mais les bulldozers qui œuvrent plus haut, rue Gasnier Guy, dans un vacarme incessant se chargent bien vite de le lui rappeler.

Mehdi et Henri, habitaient la rue des Partants, une rue au nom sans doute prédestiné...


>> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies.

>> Voir aussi dans Parisperdu: Murs abattus et baignoires rémanentes ...  

 

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La parole à ... Clément Lépidis.

7 Février 2008, 09:43am

Publié par barreteau

5 et 7 rue Clavel Paris 20ème

"Belleville de l'an 2000 sera celui des tours, des résidences et des grands ensembles. Un Belleville de béton qui pousse déjà comme de la mauvaise herbe. Très vite. Chaque jour des promoteurs mal intentionnés assassinent un peu plus le quartier de mon enfance où il faisait bon vivre.

Oui, par la grâce des technocrates de l'urbanisation à outrance, la démolition de Belleville est en route. Gagné par la gangrène du ciment armé, Belleville n'a pas fini de payer son tribut à la rage des hommes, toute une population de petites gens se retrouvant la proie de la répression économique d'un pouvoir sans âme. C'est inhumain. Je m'insurge. Je dénonce et j'accuse les destructeurs de mon quartier.

Je veux mes vieux pavés usés, patinés, roux et brillants au soleil d'été. Je veux mes amis, vieux copains du bitume qui n'étaient pas cultivés comme aujourd'hui chacun le prétend, mais ... généreux et le cœur intelligent.

Et si Belleville coule ainsi dans mes veines c'est qu'il est le Paris que j'aime; oui, comme une femme. Je l'ai dit cent fois et le rabâche : Paris, je t'ai dans la peau.
Paris d'avant bien-sûr, pas le Paris de maintenant que des décisions scélérates du plus haut niveau ont enlaidi." © Clément Lépidis. "Belleville au cœur", éditions Vermet (1997)

 

>> Clément Lépidis, l'enfant de Belleville devenu écrivain.

>> Voir aussi sur Parisperdu: Portrait d'un monde disparu ...  

 

 

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Jean Ro. et les 100 vierges !

19 Novembre 2007, 10:48am

Publié par barreteau

Carrefour des rues des Envierges, des Couronnes, de la Mare et des Cascades (1997) 

Dans les années 50, pendant une dizaine d'années, j'ai habité au 31 de la rue des Envierges. A l'époque les gens disaient que cet immeuble - tout en longueur - était un ancien couvent ! En effet, n'était-il pas adossé aux locaux d'une communauté qui avait compté jusqu'à une centaine de nones et dont l'entrée se trouvait rue de la Mare ? De surcroît, le portail du passage situé entre le 29 et 31, n'appartenait-il pas à ces religieuses?

 Il se disait même que ce couvent était là, bien avant la création du quartier et qu'il aurait par la suite donné son nom à la rue, qui a l'époq ue se serait appelée LA RUE DES CENT VIERGES !....

C'était plausible ... mais pas prouvé. Etait-ce une pure invention ou une légende reposant sur un fond de vérité historique ... ? Mystère, mais en tout cas, moi je croyais assez à cette histoire...

Il faut dire que l'expression "Cent vierges" a bien souvent été porteuse d'inspirations plus ou moins délirantes.

Ainsi, à Carrion de los Conde, dans la province espagnole de Leon, on évoque la légende des Cent vierges qui devaient être livrées aux Maures en vertu d'un traité avec le Calife de Cordoue. Elles furent sauvées, après intervention de la Vierge Marie, par quatre taureaux furieux qui firent s'enfuir les Arabes.

Aujourd'hui encore, une certaine lecture du Coran, peut porter à penser que Dieu dédommagerait le martyr qui sacrifie sa vie pour sa foi, en lui accordant 70 (ou 72 ?) vierges, pour épouses, et pour son bonheur éternel !

Et enfin, pour terminer sur une note plus légère et plus réaliste, signalons que Charles Lecocq, un contemporain d'Offenbach, est le compositeur inspiré d'une opérette intitulée  ... "Les Cent Vierges".

Vous voyez que je ne suis pas le seul à être intéressé par ce thème fantasmatique de cette multitude de vierges !


>>  "Les Cent Vierges" de Charles Lecocq ...

>>  Y a-t-il 70 vierges qui attendent les terroristes-martyrs au "paradis d'Allah"?

 

  

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Paris vu par Parisperdu ...

14 Novembre 2007, 08:23am

Publié par barreteau


C'est a
ujourd'hui le deuxième anniversaire de Parisperdu.

A l'instar de Julien Green, qui rêvait d'écrire "un livre sur Paris qui fût comme une grande promenade sans but, où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas"; ce blog est le résultat de mes déambulations dans Paris.

Un Paris bien connu peut parfois ici être visité, mais le plus souvent, il s'agit d'incursions dans une "ville plus secrète", plus intime, souvent méconnue voire ignorée et qui aujourd'hui - par endroits - éclate, agonise, et même parfois a déjà disparu ou bien ... résiste encore.

C'est ce Paris, que de grands écrivains : Henri Calet, Eugène Dabit, René Fallet, Léon-Paul Fargue, Jacques Audiberti, Jean Follain, Jacques Réda ... et bien d'autres... ont décrit bien mieux que moi ...

A ceux qui évoqueront une vision nostalgique, une tonalité trop passéiste, et qui mettront en avant le fait que la modernité a aussi ses bons côtés, à ceux-là, je me contenterai de leur citer Pier Paolo Pasolini qui écrivait : "Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."

Parisperdu  cherchera donc toujours à restituer une image fidèle de la capitale, à la fois classique et insolite, ancienne et moderne, poétique et réaliste, ... à traquer une mémoire au bord de la disparition sans vouloir instituer un culte du souvenir ...

Mais, ce photoblog est avant tout une invitation à la flânerie, un apprentissage à porter un certain regard sur la ville.
Et, regarder la ville, n'est-ce pas aussi, d'abord, apprendre à regarder ses habitants,... au hasard des rencontres et dans les coins les plus reculés de la capitale.

Aussi, à l'occasion de son deuxième anniversaire, Parisperdu vous souhaite de bonnes promenades et surtout d'agréables rencontres dans ce Paris dont on est forcement amoureux ... pour peu qu'on apprenne à le regarder ... vraiment.

Bonnes ballades !


>> Voir aussi : Parisperdu, un an déjà !



>> Voir le premier billet publié par Parisperdu, il y a tout juste deux ans. 

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Le petit miracle de Belleville.

10 Novembre 2007, 10:26am

Publié par barreteau

38 rue de Belleville, enfilade de cours.

Chanté et photographié à l'envie, les quartiers de Belleville mais aussi ceux de Ménilmontant, du Père-Lachaise, de Charonne, et de Bagnolet occupent une place à part dans l'imaginaire parisien.

Mille réminiscences du passé et autant de figures - de Casque d'Or à la môme Piaf et à Maurice Chevalier - nourrissent une légende que les amateurs de poésie urbaine peuvent cultiver ici, sans se forcer. Ce sont ces figures qui vous accompagneront dans vos ballades sur les pentes de la colline inspirée!

Reste que le promeneur, empruntant les rues escarpées ou s'aventurant dans des villas secrètes à jamais endormies, n'a jamais le sentiment de pénétrer dans un sanctuaire.

Et c'est bien cela, la séduction du petit miracle bellevillois que de nous inviter à découvrir un territoire intime, tout à la fois ... hérissé de souvenirs, mais aussi ... encore bien vivant.


>> Voir aussi dans Parisperdu : Position dominante.

>> Voir aussi : Portrait d'un monde disparu

>> Voir aussi : Mélange de couleurs

>> Voir aussi : Jours tranquilles à Belleville

>> Voir aussi : Visages d'une planète

>> Voir aussi : Rue des Cascades

 

 

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Celles, le village sauvé des eaux.

6 Novembre 2007, 14:24pm

Publié par barreteau

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.

Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie, comme à Perillos , un village des Corbières que vous avez pu découvrir récemment sur Parisperdu.
Dans d'autres cas, comme à Celles, un village au cœur d'un paysage remarquable associant la terre rougeâtre et les eaux bleues d'un lac ... le village a été ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée ... 


Dans les années 50, le village de Celles (Hérault) compte 80 habitants, pour la plupart viticulteurs. Ici, en 1959, la crise viticole amène les pouvoirs publics à envisager la reconversion du vignoble en verger, ce qui nécessite la création d'une réserve d'eau pour l'irrigation. Les études s'orientent vers l'édification d'un barrage sur le ruisseau du Salagou dont les crues sont souvent spectaculaires.
Pendant dix ans, jusqu'en 1968, se succèdent alors rachats et expropriations des propriétés concernées par la mise en eau de la vallée, prévue en deux temps : tout d'abord à la cote (altitude) 139 puis à la cote 150. Le village de Celles (altitude 143 mètres) est donc condamné à être englouti lors de la seconde étape de la réalisation de la retenue.
Mais, bien qu'indemnisés, les habitants restent pour la plupart attachés à leurs terres et à leur village.
 
Le département de l'Hérault devient donc, suite aux expropriations, propriétaire de la quasi-totalité du village, hors les bâtiments communaux (mairie, ancienne école, église, logement du curé et de l'institutrice) qui sont  juridiquement non-expropriables.
La mise en eau du barrage a lieu en Octobre 1969. Les anciens propriétaires quittent alors le village devant la montée des eaux, mais le statut de commune perdure.
Dès 1970, on assiste au pillage des maisons par ceux qu'on dénommera "les bricoleurs du dimanche". Puis c'est une communauté hippie qui s'installe à Celles; elle y restera 3 ans.
En 1980, Joseph Envenido, surnommé "Bichette", occupe les locaux municipaux d'où - sans eau, ni électricité, ni téléphone - il assure le gardiennage du village. Les vols deviennent moins intensifs mais les maisons déjà dépouillées de leurs tuiles, fenêtres, carrelages ... se délabrent rapidement.
Entre 1985 et 1989, on assiste à la réhabilitation du secrétariat de mairie, de l'église puis à l'aménagement de deux appartements dans des bâtiments communaux. On procède également à leurs raccordements électrique et téléphonique.
En 1990, suite la  décision du Conseil d'Etat en faveur du maintient du statut de commune, le conseil municipal de Celles, espérant faire "bouger" le département pour revitaliser le village, met en demeure le conseil général, propriétaire des ruines, de les sécuriser au titre de la sécurité publique. Le résultat escompté- la remise en état des maisons - débouche en fait sur une action de cristallisation du village avec le bétonnage des crêtes, des murs et la pose de grillages autour des maisons, rendant l'ensemble encore plus sinistre qu'auparavant ...
Aussi, lorsque vous parcourez le village vous pensez invariablement ...  à Oradour-sur-Glane, ... à un village martyr, victime de la folie humaine !
 
En février 1996, c'est le coup de théâtre, le conseil Général de l'Hérault fixe la "cote maximale définitive" des eaux du lac à 139 mètres, libérant ainsi officiellement le village de Celles de la menace de submersion entretenue depuis 30 ans.
Depuis lors, la municipalité de Celles ne cesse de batailler pour briser les barrières et les rigidités administratives, pour résoudre les nombreuses difficultés techniques, juridiques et financières et pour finalement faire aboutir la réhabilitation du village.  
 Le dur parcours de cette petite commune en ruines se poursuit donc ... sans savoir encore si un jour le village, qui finalement fut "sauvé des eaux", pourra revivre normalement ?


>> Celles, un village au cœur d'un paysage remarquable.

>> Mesnager, un grand de l'art urbain : de Paris à Celles, le même combat.



  
 

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Apartheid résidentiel.

2 Novembre 2007, 10:01am

Publié par barreteau


Rue Charles Friedel -Paris 20ème. 

Avec ses hôtels et ses meublés minables, ses bouis-bouis vietnamiens, ses couscous à toute heure ... Belleville aura longtemps constitué un quartier populaire et dans certains logements, plus que vétustes, "on aurait dit du Zola" ... tant la "condition urbaine" était dure !

Aujourd'hui, beaucoup de ces immeubles sont réhabilités par une clientèle "bobo", des gens travaillant dans les médias, des graphistes, des designers ...
Et, maintenant ici,  les intérieurs sont "ouverts", "lumineux", avec peu de cloisons et du "volume". Des parquets en chêne ou en merbau, une baignoire en fonte "comme autrefois", ... tout cela justifie sûrement les 7 000 à 8 000 euros le mètre carré. Soit des duplex souvent proches du million d'euros.

Voilà comment on écrème la clientèle et comment l'on crée une sorte d'apartheid résidentiel ....
Car une fois nettoyée, ripolinée, enrichie, sécurisée, valorisée par de nouveaux lieux culturels, la grande ville redevient désirable mais ne peut plus être peuplée par des habitants en manque d'argent et de culture.
Alors, elle s'en débarrasse...


 
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Une ville fantôme aux mains des dévitaliseurs"
 

        

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Hommage à Lucien Hervé.

6 Octobre 2007, 19:41pm

Publié par barreteau

Photo © Lucien Hervé

Le photographe français Lucien Hervé nous a quittés, le 26 juin dernier, à l'âge de 96 ans. D'origine hongroise, son vrai nom était Laslo Elkan. Il avait rejoint la France en 1929 et c'est peu après la guerre qu'il adoptera définitivement son nom de résistant : Lucien Hervé.

Il est considéré comme l'un des maîtres de la photographie d'architecture moderne. Son premier travail de photographe, un reportage sur la Cité radieuse de Marseille, est remarqué par Le Corbusier qui en fera son photographe attitré de 1949 à 1962. Il couvre alors tous les chantiers de Le Corbusier et travaille également pour d'autres grands architectes du moment : Breuer, Niemeyer, Aalto, Prouvé ...

Mais, au-delà de la photographie d'architecture, Lucien Hervé porte aussi un regard sur l'homme. D'ailleurs, ses archives sont constituées uniquement de deux catégories de photos qu'il nomme "ARCHI" et "HUMAN".

Dans la veine du réalisme poétique incarné par Doisneau, Ronis et Boubat, il s'intéresse- nous dit-il - à "tous ceux qui luttent pour la vie". Lucien Hervé, toujours là où on ne l'attend pas, se revendique ainsi d'une certaine tradition humaniste.

C'est dans cet esprit qu'ont été réalisés deux de ses clichés les plus émouvants. Le premier, pris à Delhi en 1955, montre un enfant esclave où une grande partie du cliché est dans l'ombre de façon à dissimuler le visage de l'enfant et à insister sur ses pieds nus. La seconde photo, prise en 1949 à la Cité radieuse de Marseille, souligne la condition de l'ouvrier, en ne montrant que l'ombre portée d'un manœuvre qui monte un escalier en tenant à bout de bras un seau de ciment.

Son regard saisit, comme nul autre, la lumière crue et les ombres fortes, aussi bien pour décrire l'architecture que les humains sur lesquels il s'attarde avec respect.

Pour tout cela, Lucien Hervé était un artiste rare.

 

>> L'enfant esclave, Delhi 1955 Photo © Lucien Hervé

>> L'ouvrier de la Cité Radieuse, Marseille 1949 Photo © Lucien Hervé

>> Lucien Hervé : Bibliographie ...

>> Lucien Hervé, devant ses archives, peu de temps avant sa disparition  ...

 

 

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Odette, quatre fois vingt ans.

23 Août 2007, 10:08am

Publié par barreteau


Odette était ouvrière dans un atelier de mécanique de précision situé rue des Savies et, depuis 1963, elle habitait dans un modeste appartement, tout près de son lieu de travail.

Des promoteurs, avec l'aide de la ville, ont préempté son immeuble et Odette a été contrainte de déménager : "On m'a foutue dehors oui. On m'a dit : "Il faut que vous partiez." "Ça s'est passé d'une façon inhumaine, sans mettre les gants."

Pourtant, Odette avait pensé, qu'on la traiterait avec un peu plus de considération eut égard à son grand âge et à une vie entière consacrée à un travail souvent pénible.

Aujourd'hui, le simple fait de se remémorer les circonstances de ce déménagement aux allures d'expulsion, l'horrifie encore. Odette aurait tant souhaité finir sa vie à Belleville, là où elle avait connu tant de peines mais aussi quelques joies.

Sur son visage de "quatre fois vingt ans", comme elle aime à le dire ... tous ces évènements peuvent facilement se lire car ... ils y sont profondément gravés.

 

 

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100 000 mercis !

14 Août 2007, 10:09am

Publié par barreteau

 


A l'instant où j'écris, le compteur de visite a déjà dépassé les 100 000 visites !

Merci à vous, les fidèles, d'être aussi nombreux à revenir si souvent sur Parisperdu.

Dès que je poste un billet, les organisés (comme moi !), ceux qui naviguent avec Netvibes ou avec d'autres lecteurs RSS, sont directement connectés à Parisperdu.
Quant aux nouveaux visiteurs et aux visiteurs occasionnels, ils arrivent ici au gré de leurs recherches sur les moteurs (Google en tête), ou via le blog roll de blogs-amis ou encore via les spécialistes de la blogosphère (France Inter/Blog à part, Le Site du Jour, NetKulture, Côté Blog, Paperblog ...) qui tous, ont mis en avant Parisperdu.

Et comme une bonne nouvelle s'accompagne souvent d'une autre : aujourd'hui le journal Le Monde a selectionné Parisperdu dans "Les invités du Monde.fr", sur Paris bouge-t-il? Le blog mobile de la rédaction du Monde.fr , avec le titre: "Sans cliché ...".

Merci aussi aux bloggeurs (et bloggeuses) pour leurs commentaires, leurs remarques, leurs mails (que je reçois via le contact courriel), leurs notes qui font réagir, même si elles ne sont pas toutes écrites pour cela... !

 

100 000 visites, ça fait quand même super plaisir ... Depuis maintenant 22 mois, Parisperdu s'installe petit à petit sur le web, et je l'espère ... dans vos favoris.

Merci donc à tous, et comme toujours dans ces cas là, c'est l'occasion de ressortir le BEST-OFF... (N'hésitez pas -là aussi- à laisser vos commentaires !)
Bonne visite, et ... surtout, restez fidèle à Parisperdu ! Le blog qui pose un autre regard sur Paris, ... loin des cartes postales.

 

 

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Denise, ouvrière en voie de disparition

12 Juin 2007, 08:49am

Publié par barreteau


Depuis 15 ans, Denise passe ses journées ici, à l'Atelier de petite maroquinerie Fréjac, dans le 20ème. L'atelier est plein des couleurs et des odeurs des peausseries les plus exotiques : crocodile, lézard, python, autruche, buffle, et même ... éléphant, ou kangourou.

Pour réaliser un portefeuille, Denise va mettre environ une heure. Elle en assurera toutes les étapes : de la coupe au parage des bords, du collage à l'assemblage et la couture finale. A part cette dernière étape pour laquelle elle va s'asseoir devant la robuste PFAFF, Denise est constamment debout devant sa table de travail.
Elle ne se plaint pas, mais elle souhaiterait que ce métier - qu'elle exerce avec tant de talents - ait enfin une place reconnue parmi les métiers d'art, car aujourd'hui son travail est souvent galvaudé et assimilé à l'idée plutôt désuète que l'on se fait de l'artisanat.

Toutefois, pour son patron, Denise est une excellente professionnelle. Dotée d'un fin toucher, elle peut reconnaitre d'un geste rapide les diverses textures et ... sa grande dextérité lui permet d'assembler avec précision les cuirs découpés.

Mais les commandes se raréfient et Denise est inquiète pour son travail et pour son avenir. Elle regrette les nombreuses importations asiatiques bon marché et dont la qualité est à des années-lumière de celle qu'elle réalise.
Et par-dessus tout, elle craint que son patron délocalise l'atelier en Chine, au Vietnam ou ... ailleurs...

L'horizon de la fabrique de petite maroquinerie du 20ème ... est plutôt sombre.



>> L'atelier Fréjac en 1997.

 

 

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Promenades aériennes ...

17 Mai 2007, 10:29am

Publié par barreteau


Un nouveau livre pour les amoureux de Paris, de son architecture, de ses perspectives, et de son charme intemporel ...

Revivez le Paris de 1950 à 1970, vu d'avion et surtout ... avant le périph, le centre Pompidou, la tour Montparnasse et pleins d'autres bizarreries Pompidoliennes ...

 

>> Le tour de Paris, promenades aériennes de Roger Henrard

Les Halles de Baltard 1955 - Photo : ©Roger Henrard

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Mélange de couleurs …

3 Mai 2007, 08:44am

Publié par barreteau


A Belleville, Paris est multiculturel. Des asiatiques, des africains, des européens y côtoient juifs et autres arméniens ... Et il en est ainsi depuis des décennies dans une cohabitation plutôt harmonieuse.

Ici, une classe de maternelle ou d'école primaire a fréquemment plus des deux tiers de ses élèves d'origine non-francophone ; mais en récréation - ou comme ici -  lors d'une fête dans la rue, ce n'est pas un problème ... car pour ces enfants de Belleville, la mixité crée beaucoup de valeurs positives : la rencontre, la découverte, le mouvement, la tolérance ...

Dans la capitale, un tel mélange de couleurs et de valeurs ne peut être observé nulle part ailleurs ...



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Chez Fanfan.

14 Février 2007, 10:59am

Publié par barreteau

 
Au 35 de la rue de Tourtille, dans l'épicerie-buvette de Françoise Lajoy (dit-Fanfan), on se croirait encore en province dans les années cinquante.

Au mur, ce sont, pêle-mêle, des bouteilles, des boîtes de conserve, des paquets de sucre ou de biscuits, ... Quelques frusques d'un autre âge sont suspendues dans un coin. Au fond, il y a une seule table avec des chaises de cuisine et surtout ce comptoir qui a vu défiler tant d'habitués ... depuis des décennies.

Fanfan joue ici, dans le bas-Belleville, un rôle social très important : elle vous dépanne le soir lorsqu'il vous manque quoique ce soit en cuisine et toute la journée elle écoute, console ou conseille les gens du coin venus au comptoir lui conter leurs difficultés... Elle pourra même vous garder le courrier, vos clés, voire vos enfants ... tant sa générosité est sans borne.

D'un tempérament d'une grande gaité, elle a toutefois les larmes aux yeux, lorsqu'elle évoque toutes ces années passées, ici, depuis que sa mère a ouvert l'épicerie dans ce local acheté par sa grand-mère en 1932 et qu'elle a reprise après son CAP...

Car maintenant, dehors, la restructuration du quartier a commencé, et dans la rue où tous les autres commerces ont déjà fermé, l'ambiance n'est pas gaie. Une grande partie des habitants a déjà quitté le quartier ... les plus âgés sont morts. Qu'est devenu Jeannot qui, avec son accordéon, faisait danser les gens sur le trottoir les soirs de 14 juillet ?

Mais Fanfan se résigne mal à un avenir ailleurs. Aussi, elle fait de la résistance et ses amis sont solidaires : leur dernière pétition (Collectif "Y'a D'la Joie") 
a recueilli des milliers de signatures pour essayer d'obtenir un dernier sursis à cet ultime bistrot de quartier menacé de disparition.

Pourtant, Fanfan devra fatalement, tôt ou tard, laisser la place à l'agrandissement de l'école maternelle mitoyenne ... qu'elle a fréquentée, petite. C'est un crève-cœur, mais elle se résout à accepter la situation car "si c'est pour les gosses alors ça va ..., dit-elle, ... au moins je ne pars pas à cause d'un promoteur".


Finalement l'épicerie-buvette sera rasée, l'école maternelle agrandie et Fanfan quittera sa chère rue de Tourtille. Des opportunistes lui rachèteront "son nom, sa marque", et une nouvelle enseigne "Fanfan Lajoy" ouvrira tout près d'ici, rue Jouye-Rouve. Mais il s'agit d'un café-galerie de la "néo-branchitude". Rien à voir donc avec l'épicerie-buvette authentique de Fanfan qui pourtant, elle aussi faisait galerie - à son corps défendant toutefois.
En effet, n'y avait-il pas au fond du bistrot, parmi les boîtes de conserves, une photographie originale d'Izis ?
Comment un tirage de ce grand photographe avait-il pu atterrir ici ?
Fanfan était plus que discrète sur le sujet ...

 



>> La photo d'Izis chez Fanfan (« Dans une cour, Paris 1948 ») :

 


 



 

 

 

 

 

 

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6 mètres avant Paris

10 Décembre 2006, 21:10pm

Publié par barreteau


Cette photo est publiée en hommage à Eustache KOSSAKOWSKI qui, au Printemps 1971, réalisa la série  "6 mètres avant Paris". A cette époque, KOSSAKOWSKI a le regard attiré par les écriteaux indiquant la limite administrative de Paris. Il décide de photographier toutes les pancartes en tôle ou en ciment portant le nom de la capitale.

Le reportage comptera 159 photos, dont l'objectivité repose sur la distance identique adoptée à l'égard de chaque écriteau (6 mètres), sur la neutralité générée par la prise frontale et le cadrage qui sont invariables.

En réalité, KOSSAKOWSKI n'a pas toujours pu, à cause d'impératifs propres aux sites, se placer à une distance de 6 mètres devant chaque panneau. C'est donc au moment de l'agrandissement des clichés, qu'il pallie ces variations.

En 1977, quatre photos de la série seront exposées dans le cadre de l'exposition "Archéologie de la ville" au Centre Beaubourg, où les 155 autres photographies, mises en dépôt, ont depuis disparu.

Malgré les aléas que connurent les tirages originaux, cette œuvre originale de KOSSAKOWSKI lui permis de se faire connaître en France et d'y vivre durant le reste de son existence.

Aujourd'hui, refaire cet exercice est  totalement impossible. A quelques très rares exceptions près, les panneaux "Paris" ont tous disparu des portes d'entrée de la capitale : comme pour mieux signifier que Paris déborde maintenant sur les banlieues  ... à moins que ce ne soit l'inverse ... !



>> Plus sur « 6 mètres avant Paris ».

 

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