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PARISPERDU

poetes & ecrivains

Vilin, Couronnes et Pali-Kao ...

6 Janvier 2008, 17:51pm

Publié par barreteau

La rue Vilin, planche-contact par Pierre Getzler©, juin 1970

Nous sommes au début des années 70 et la rue Vilin, si chère à Georges Perec et à Willy Ronis est encore pleine de vie.
Mais, dès les années 80, des quartiers entiers de Belleville sont définitivement voués à la démolition. Ils se vident alors peu à peu de leurs occupants dont les baux arrivent à expiration, ... parfois même, leurs occupants seront expulsés sans délais.

Puis le secteur - désormais désert - attend la venue des bulldozers et autres pelles mécaniques, souvent plusieurs années durant ...
Longtemps la rue Vilin continuera à panser ses blessures de guerre car ... elle a été amputée de moitié et son animation a été réduite à néant !

Non loin de là, rue de Pali-Kao, des immeubles aux façades aseptisées côtoient encore quelques constructions vétustes dont la plupart des issues sont murées. En haut de la rue, sur un terrain vague du passage de Pékin, des engins mécaniques s'affairent à une nouvelle tâche ... Des pans de murs où s'accrochent encore des lambeaux de tapisserie semblent nous inviter à la résignation.
D'ici peu, Belleville sera tout à fait propre.

Certes, aujourd'hui, le nouveau parc de Belleville, avec sa vue surplombant Paris, peut se concevoir comme un lieu touristique qui "vaut le détour". En effet, il offre au regard la quasi-totalité des attractions urbanistiques parisiennes et, d'ouest en est, la Tour Eiffel, Beaubourg, la Tour Montparnasse, l'Opéra Bastille... zèbrent l'horizon.
Mais toutes les rues du quartier Couronnes forment maintenant un territoire sauvagement outragé par l'agression immobilière, par les "Plans de réhabilitation", les "Plans de restructuration" et autres projets de "Zone d'Aménagement concerté" dont on se demande qui prend part à la concertation et à qui doit profiter l'aménagement ?

Un vrai massacre qui a changé radicalement la physionomie et l'esprit de ce quartier.
Vilin, Couronnes, Pali-Kao... un village est mort.



>> La rue Vilin vue par Willy Ronis : "Au Repos de la Montagne" 1957- ©Photo Willy  Ronis

>> La rue Vilin vue par Willy Ronis : "L'escalier de la rue Vilin à l'angle de la rue Piat" 1959 - ©Photo Willy  Ronis 

>> Georges Perec dans la rue Vilin. 

>> Voir aussi : "Démolition des murs, démolition des vies"
.

 

 

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Rêveries du promeneur solitaire.

27 Décembre 2007, 16:48pm

Publié par barreteau

Rue Georges Lardennois 75019 Paris - Juin 1995


" Je gagnai les hauteurs de Ménilmontant, et de là prenant les sentiers à travers les vignes et les prairies, je traversai jusqu'à Charonne le riant paysage qui sépare ces deux villages... "
Jean-Jacques Rousseau / "Les Rêveries du promeneur solitaire" (1782).

Disons-le tout net, aujourd'hui encore, se promener sur la butte Bergeyre, c'est découvrir un lieu hors du temps.

Plus de prairies et de riants paysages bien sûr, mais les vignes sont toujours là ... Tout ici peut encore conduire à la rêverie, le promeneur d'aujourd'hui qui s'aventure - en solitaire ou non - dans ce quartier isolé, quelque peu suranné ... et quasiment improbable ...

Serait-ce alors un privilège dû aux quelque 90 mètres d'altitude de la butte Bergeyre ? 
Peut-être, ... en tout cas ici, le rêve est à portée de main, ... A découvrir d'urgence !
 

 

 

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A Georges et à Léon-Paul

22 Décembre 2007, 09:45am

Publié par barreteau

Bar de la rue des Cascades, 1994

"J'aimerais qu'il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables...". C'est Georges Perec qui parle.

"Mais mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus à ce qui était, mes souvenirs me trahiront, l'oubli s'infiltrera dans ma mémoire...", poursuit-il.

Pour garder en mémoire ce Paris au bord de la disparition, Parisperdu sillonne inlassablement la capitale, et ce, jusqu'à devenir un véritable ... "piéton de Paris" pour reprendre le titre du livre de Léon-Paul Fargue, un autre grand amoureux de Paris.
Dans son ouvrage, Léon-Paul dresse une suite de croquis, d'instantanés, de chroniques, de choses vues, d'images concrètes et vibrantes, accrochées au pouls de la métropole française.

Aujourd'hui Parisperdu rend hommage à ces deux écrivains, ô combien représentatifs d'une certaine vision, d'un certain regard sur la ville qu'ils aiment tant ... sur un Paris qui disparaît chaque jour un peu plus sous leurs yeux, sous nos yeux ...


>> En savoir plus sur Georges Perec.

>> En savoir plus sur Léon-Paul Fargue.

 

 

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L'accordéoniste yougoslave.

18 Juillet 2007, 08:47am

Publié par barreteau


Accordéoniste, Rue du Cardinal Guibert   75018- Paris  - Juin 1997

Texte de Jacques Réda; Chronique: "Le Citadin" (1998)

 

"Je fuis l'accordéoniste yougoslave ... mais l'accordéoniste yougoslave me poursuit ... Je l'abomine, il m'abolit. Je suis indigné par ce genre de m'imposer des sons, alors que je voudrais m'absorber dans une idée, un projet, un souvenir ... ou rien. Et nous n'avons d'ailleurs parfois en commun que ce rien dont il me prive et qui le talonne, qu'il juge normal de combler avec son propre déficit musical.

L'accordéon n'est pas en cause. J'ai la plus grande estime pour Buster Moten, Ernie Felice ou Gus Viseur. Mais personne ne devrait en user comme on exhibe une tare, pour tâcher d'attendrir un public surpris et désarmé. Il me prend en otage, exerce le chantage comme un droit.

Probablement capable de s'adonner à une activité plus lucrative, pourquoi préfère-t-il la pratique d'un instrument qu'il n'a même pas appris ? Par ressentiment, je suppose. Pour punir à l'avance les gens que sa nullité refroidit. Réglé d'une autre manière, cet automate pourrait vendre agréablement des ananas ou des colifichets ...mais les Yougoslaves cherchent peut-être à contrôler un secteur musique. Plus ou moins folklorique, bien sûr.

Puis après tout  ... je ne sais pas s'il est yougoslave, ou roumain, ou gitan, et ce qu'on identifie tant bien que mal dans ce qu'il exécute n'appartient à aucun répertoire précis. Un vrai Gitan aurait plus de classe, plus d'orgueil.

Il y a l'habillement pour tout indice, un style qu'en dépit de la diversité occasionnée par les siècles et les frontières, on rencontre également chez les nomades nés natifs de Montreuil ... On s'étonne d'être soi-même sensible à des nuances, souvent infimes, dans ces humbles variations sur le thème veston-pantalon de la lyrique vestimentaire occidentale. Il faudrait être exact, mais au prix de combien d'enquêtes, de quel abus de subtilités. En l'occurrence, je me suis laissé guider par un pantalon ... de teintes bitumineuses, et par un pull ... aussi décousu que la musique.

La langue, évidemment, résoudrait à souhait la question.
Mais l'accordéoniste ne parle ni ne chante  ... Dieu merci !"
 

 

 >> Mieux connaître Jacques Réda...

 

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Enfances parisiennes.

13 Juillet 2007, 09:08am

Publié par barreteau

Parc de Belleville- juin 2004

Billet dédié à François Legendre

Le "gamin de Paris" est un article suivi !

De Gavroche aux chenapans immortalisés par Doisneau, en passant par les poulbots dont la réputation a dévalé les pentes de Montmartre, d'innombrables portraits d'enfants sont devenus les symboles d'un Paris populaire, gouailleur et frondeur...

Bien sûr, aujourd'hui, tout a changé, ... mais pour autant, la découverte et l'expérience de la ville par les générations successives de petits Parisiens empruntent des chemins qui se ressemblent. Les jeux au jardin public sont toujours aussi prisés, tout comme les sorties au zoo, au musée, les marrons ramassés à l'automne, le miracle fugitif de la neige, le sautillement à cloche-pied sur les bordures de trottoir...

Une enfance comme une autre : la nôtre, la vôtre ...

Marguerite Duras, a écrit dans "Des journées dans les arbres" : "Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours ...".

Mais au fait, que reste-t-il ?  Sans doute, le temps suspendu des rêves et des jeux ...

 

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Rue Watt.

28 Avril 2007, 08:41am

Publié par barreteau


Pour la publication de son 100ème billet, Parisperdu rend hommage à un lieu hautement symbolique d'un Paris révolu : la mythique Rue Watt.

 Comme l'a écrit et chanté Boris Vian, c'est :

"Une rue bordée de colonnes

où il n'y a jamais personne ...

Il y a simplement en l'air

des voies de chemin de fer ..."


>> La rue Watt, dans Parisperdu (1)
 

>> La rue Watt, dans Parisperdu (2)
 

>>
La rue Watt, dans Parisperdu (3)

 

 

 

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Jours tranquilles à Belleville.

23 Avril 2007, 09:56am

Publié par barreteau

Des enfants du quartier devant l'ancien atelier de chaussures de Maurice Sevan, au 18 rue de Tourtille.
Cette image, porte en elle-même l'histoire de Belleville : son passé et son avenir...

Pour ceux qui aiment Paris et ses quartiers et ... celui de Belleville en particulier, "Jours tranquilles à Belleville" est un bouquin incontournable.
L'auteur, Thierry Jonquet décrit avec précision l'évolution d'un quartier qu'il connait bien car il y vit depuis longtemps. Venu à Belleville un peu par hasard, guidé par les petites annonces immobilières, le narrateur du roman de Thierry Jonquet  raconte la lente décrépitude de son quartier. L'école cosmopolite fréquentée par son fils où règnent les inégalités. Les seringues qui traînent partout et qu'on commence à craindre. Le fossé entre les immeubles luxueux de la rue de la Villette et les HLM minables. Les tags, les clodos, les trafics petits et grands ... toutes ces réalités quotidiennes auxquelles les riverains s'habituent, mais qui les mènent à une méfiance réductrice ...
Jonquet raconte son quartier tel qu'il est, explosif et violent, à mille lieues de l'exotisme poétique en noir et blanc à la Carné  ou de la folklorique tribu Malaussène de Daniel Pennac.
Composé de tableaux vivants, ce récit dur et beau nous livre la réalité d'un quartier qui, par-delà la criminalité, est menacé par la peur et le repli sur soi. Il interroge aussi sur la société toute entière et ses évolutions possibles... Il donne des pistes de réflexion sur les autres et sur nous mêmes... tout est là, sous nos yeux, dans ce quartier de Paris à la fois si connu et si méconnu ...


>> Jours tranquilles à Belleville, de Thierry Jonquet.

>> Mieux connaître Thierry Jonquet.

 

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Rue Lasson, en bord de mer

4 Avril 2007, 18:27pm

Publié par barreteau

 

 


La rue Lasson est une rue perdue du 12ème arrondissement, une rue en pente douce, située à l'écart de l'agitation de la ville. Elle ne dégageait rien de particulier, sauf un réel climat de quiétude ... un endroit plutôt agréable ... mais, ne sommes-nous pas, déjà ici, dans le quartier Bel- Air ?

Soudain, au N°14, la porte d'un garage désaffecté affiche "Et toi comme une algue ...", une phrase extraite d'un poème de Prévert . Le poème s'intitule « Sables mouvants » ... C'est dire si, rue Lasson, l'apostrophe a quelque chose de complètement décalée, ... même si Prévert nous prévient : "Au loin déjà, la mer s'est retirée ...".

Aujourd'hui, c'est tout ce côté pair de la rue qui s'est définitivement retiré ... ! Il a été rasé pour faire place nette à un gigantesque ensemble hospitalier pédiatrique.

Gageons que les nouveaux nés de la toute nouvelle maternité des Bluets s'intéresseront plus tard à Jacques Prévert... même s'il y a peu de chance qu'ils apprennent un jour que la rue de leur naissance renvoyait jadis en écho : "Et toi comme une algue ...".
Et pourtant, une maternité n'est-elle pas toujours située quelque part en "bord de mères" ?


>> Sables Mouvants, Extrait de « Paroles » de Jacques Prévert.
 

>> Le nouvel ensemble hospitalier de la rue Lasson : Maternité des Bluets et Hôpital « Pierre Rouquès ».

 

 

 

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Sur les pas de Willy Ronis (3/4).

21 Mai 2006, 19:12pm

Publié par barreteau


"Quand, de fil en aiguille, ces deux enfants reviendront vers leur point de départ, ils trouveront peut-être, gravés sur le mur, leurs noms enlacés. 
Beaucoup ne peuvent espérer tant".

Pierre Mac Orlan

Post-face de l'ouvrage "Belleville Ménilmontant" de Willy Ronis

>> En écho à cette photo prise à l'arrêt de bus "Navier" dans le 17ème arrondissement, voyez celle de Willy Ronis dans "Belleville Ménilmontant" Editions Arthaud (Troisième Edition 1989) : Photo N° 65 "Place des Fêtes".

 

 

 

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Sur les pas d'Izis

2 Janvier 2006, 18:42pm

Publié par barreteau

"Les amoureux du quai d'Orléans" - 75004 Paris


Retrouver l'atmosphère et approcher l'univers poétique d'Izis n'est pas chose facile, mais tout comme lui, je pourrais dire :
"Il m'a fallu de nombreuses années pour oser m'approcher des gens avec un appareil. Mais avec le temps, j'ai réussi à photographier sans être vu. Les gens que je photographie ne me voient pas car ils sont la plupart du temps dans leur monde intérieur, dans leur rêve."

Entretien avec IZIS publié dans Zoom N° 51 - Mars 1978


>> En savoir plus sur Izis

>> Izis : "Les amoureux de l'Ile du Vert-Galant"

 

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