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PARISPERDU

poetes & ecrivains

Les étranges dalles de la rue de la Croix Faubin.

1 Juin 2014, 08:31am

Publié par barreteau

L'une des cinq dalles, face au n°16 de la rue de la Croix-Faubin – Paris 11ème (juin 2010)

 

Dans le 11ème arrondissement, à l'angle de la rue de la Croix-Faubin et de la rue de la Roquette, vous pourrez découvrir - en étant quelque peu perspicace - cinq dalles de granit, incrustées à même le sol.
Ces pierres marquent l'endroit exact où la guillotine était dressée, à l'entrée même de la prison de la Grande-Roquette qui jadis se tenait ici.
En sortant de la prison, les condamnés à mort n’avaient donc que quelques pas à faire pour aller se faire couper la tête …

Ces blocs avaient une fonction essentielle, ils permettaient de caler précisément l'échafaud, de façon à ce que la lame effectue avec la plus grande précision son macabre ouvrage.
On comprend mieux ainsi, pourquoi cette prison fut longtemps surnommée "l'Abbaye des Cinq-Pierres".

Ces dalles, aujourd'hui oubliées, furent un temps si célèbres qu'elles ont été chantées par Aristide Bruant ou mieux encore par l'assassin et poète Pierre François Lacenaire :
"Oh, je vous connais bien, Dalles qui faites place,
Aux quatre pieds de l'échafaud"
.


>> Les 5 dalles, face au N° 16 de la rue de la Croix Faubin.

>> Et c’est deux rues plus loin, au 60 rue de la Folie Regnault, que la guillotine était entreposée. (Voir "En marge d'Atget" sur Parisperdu)

 

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Paris, la Capitale des signes.

23 Mars 2014, 14:20pm

Publié par barreteau

Karlheinz Stierle au Collège de France à Paris, le 1er avril 2009.

Paru à l’automne 2001, le livre de Karlheinz Stierle a été traduit en français, neuf ans après sa sortie en allemand, sous un titre un peu différent de l’original. "Der Mythos von Paris. Zeichen und Bewusstsein der Stadt", est devenu: "Le mythe de Paris. Signes et conscience de la ville".

Le titre français, flatte quelque peu cette certitude : Paris est la capitale de bien autre chose que la France.
Ce débordement est sans doute ce qui conduit la quête des signes lisibles dans l’ouvrage. Celui-ci raconte l’émergence d’une "conscience de la ville" dont le rapport avec Paris est posé à l’ouverture même de l’introduction en une phrase saisissante, qui définit à la fois la conscience que l’on a, à travers Paris, de la ville et, de manière plus forte, la structure même de la ville comme conscience : "C’est à Paris que la ville advient à la conscience". Comprenons : que la ville se représente elle-même comme structure de lisibilité, et Stierle fait alors défiler des textes d'auteurs, souvent français mais pas seulement, qui font émerger cette conscience de la ville.

C’est à Paris donc que la conscience prend conscience d’elle-même comme pensée, qu’elle se découvre donc "pensée par Paris". Et c’est dans la mesure où Paris est une structure à déchiffrer, dans la mesure où la ville a une lisibilité propre, qu’elle se présente à travers un réseau de signes, que toute sa "matière" est "sémiotisée" et qu’elle se réfléchit naturellement dans les textes des auteurs sélectionnés par Stierle.

Le signe étant toujours à la fois signe de quelque chose et de lui-même, signe du fonctionnement sémiotique même, mouvement par lequel la sémiotique de la ville "se fait réflexive". Car, selon Stierle, il y a une "expérience de la subjectivité" qui n’a lieu que dans et par la ville, car celle-ci finit par constituer un point de référence du présent. Et c’est là sans doute l'une des plus belles et plus fortes idées de ce livre si dense.

C’est parce qu’il y a des signes qu’on a accès à l’expérience humaine mais, est-on tenté d’ajouter à la lecture de "La Capitale des signes", c’est parce qu’il y a de l’expérience qu’il y a des signes à déchiffrer.

On pourrait alors se contenter d’aborder "La Capitale des signes" comme un très riche (et très germanique) manuel de littérature sur Paris. Mais de par son indéniable beauté, celui-ci nous permet d'apprécier le génie de Stierle à travers son expérience de Paris, ses interrogations sur sa méthode de chercheur, ses fantasmes pour appréhender une globalité et son goût du détail, son rapport au lisible et à l’indéchiffrable ….

 

>> Déjà sur parisperdu: "Der Passagenwerk" de Walter Benjamin.

 

 

 

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Errances et parcours parisiens de Rutebeuf.

30 Novembre 2013, 09:15am

Publié par barreteau

Plan de Paris au temps de Rutebeuf (1223)

Rutebeuf (ou Rustebeuf en ancien français) est un poète du Moyen Âge, né à une date inconnue et probablement mort vers 1285.

Rutebeuf est un poète "personnel", car il est l'un des premiers à nous parler de ses misères et des difficultés de sa vie.

Parmi ses vers les plus célèbres on trouve ceux issus des Poèmes de l’infortune :

" Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés ... "

Léo Ferré en a fait une chanson qu'il a intitulée "Pauvre Rutebeuf", un titre repris par de nombreux artistes.

Si on ne sait quasiment rien de la vie de Rutebeuf, sauf qu'il était trouvère, un peu jongleur et avait une formation de clerc, on sait par contre avec certitude qu'il a vécu à Paris.

Et, dans "La Pauvreté", il écrit:

"A Paris suis entre tous biens
Et nul n'y a qui y soit mien."

Qui transposé en français moderne donne:

"A Paris, je suis au milieu de toutes sortes de biens, mais aucun ne m'appartient …"

Rutebeuf est donc l'un des premiers témoins de la ville. Il peut même être considéré comme le symbole de la contestation d'un urbanisme inhumain, axé sur le profit, et d'une aberration dénaturant le patrimoine ancien.

Tiens, tiens, … déjà ?


>> En savoir plus : "Errances et parcours parisiens de Rutebeuf à Crevel" par Jeannine Guichardet (aux Editions Presse de la Sorbonne Nouvelle)


>> Evolution de l'urbanisation de Paris entre l'an 1150 et l'an 1300.

 


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" Noir & Blanc" autour du bassin de la Villette.

20 Novembre 2013, 10:48am

Publié par barreteau

A Paris, le bassin de la Villette était l'un des lieux préférés de Jacques Prévert. 
Dès 1932, il y entraine Brassaï qui est toujours à la recherche d'insolites clichés de Paris la nuit.

Brassaï écrit à ce sujet: "Je passai aussi quelques nuits dans les parages du bassin de la Villette avec Jacques Prévert, où nous jouissions de cette "beauté dans le sinistre", comme il aimait appeler le plaisir que suscitaient en nous ces quais désolés, ces rues désertes, ce quartier déshérité, hérissé de grues, parsemé d'entrepôts et de docks".

Quatre ans plus tard, en 1936, Prévert est de nouveau dans les parages, au côté de Carné, pour le tournage du premier film issu de leur collaboration: "Jenny". Plusieurs scènes de ce film sont tournées là, en décor naturel, tout autour du bassin de la Villette et du canal de l’Ourcq.
Plus tard, on retrouvera les mêmes lieux filmés au naturel ou en décors reconstitués par Trauner, dans "Les Portes de la Nuit".
 
Ce secteur de Paris sera toujours très présent dans les films de Carné, et ses héros déambuleront souvent près du pont de la rue de l’Évangile et de son calvaire, au pied des gazomètres, ou sur le pont-levant de la rue de Crimée ou encore le long du canal de l'Ourcq avec sa baraque sur laquelle il est écrit : "Secours aux noyés"!

Toute une époque … que l'on visualise exclusivement en noir et blanc, bien sûr !

 

>> Le bassin de La Villette vu par Brassaï (1932)

>> Jacques Prévert, photographié par Doisneau au Pont de la rue de Crimée (1955)

 


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Les puritains chez André Gide.

6 Juillet 2012, 10:52am

Publié par barreteau

29,  rue André Gide - 75015 Paris (Juin 2010)

Rue André Gide, dans le 15ème arrondissement, vous ne pouviez manquer ce grand panneau publicitaire. C'est en effet, une image "format XXL" des Présidents américains du mont Rushmore … qui,  il y a peu encore, s'étalait-là.

Il faut reconnaître que voilà une compagnie bien incongrue pour l'écrivain français, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1947. Car Gide, qui a toujours assumé son homosexualité, se trouve ainsi confronté à la fine fleur du puritanisme américain.
George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt ou Abraham Lincoln (de gauche à droite sur la photo) n'étaient en effet pas connus pour apprécier particulièrement les "gays" !

Est-ce pour cette raison que le publicitaire leur fait à chacun tenir une rose à la bouche … ?
Pas si sûr.
"Nom d'un bourbon" aurait dit le capitaine Haddock.
"Four roses, I presume" ?


>> Plus sur André Gide …


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Gay cimetière ?

4 Juin 2012, 08:48am

Publié par barreteau

Tombeau d'Oscar Wilde - Cimetière du Père Lachaise (Division 89)


Sur la page Paris-gay.com on peut lire :

"Le cimetière du Père Lachaise est bien plus qu'un cimetière : une promenade des plus agréables et aussi, mais oui, un lieu de drague discrète mais bien réelle. Faites avec nous le tour des tombes des homosexuels et des lesbiennes célèbres".

Le site propose alors un circuit touristique des "célébrités gay" reposant ici: Cambacérès, Proust, Radiguet, Géricault, Rosa Bonheur … sans oublier bien sûr Oscar Wilde.

L'écrivain irlandais, mort à Paris en 1900 est en effet enterré ici, et son tombeau est l'un des plus visités du plus grand des cimetières parisiens.

A la fin des années 1990, certains guides de Paris recommandent à la page "Père Lachaise" de : "Déposer un baiser sur la tombe d’Oscar". Enorme succès car depuis lors, cet exercice est devenu un must, un incontournable pour des milliers d'admiratrices qui prennent l'habitude de laisser la trace de leur rouge à lèvres sur la sépulture de l'auteur du "Portrait de Dorian Gray".

Mais une douzaine d'années de baisers laissent beaucoup de traces ! A tel point que la pierre du tombeau commence à être sévèrement endommagée et, comme il n'y a plus d'endroits vierges pour déposer les baisers, des graffitis viennent, en grand nombre, se superposer … bref, tout cela ne fait plus très propre.

Un ravalement radical devenait urgent … mais coûteux. Ce sont finalement les Irlandais qui mettent la main à la poche: dégraissage, nettoyage et installation d'une barrière vitrée pour mettre un holà à la pratique du rouge à lèvres …

Le monument rénové a été inauguré le 30 novembre dernier, à l'occasion du 111ème anniversaire de la mort d'Oscar Wilde, en présence des autorités irlandaises, de Merlin Holland le petit-fils de Wilde et en invité d'honneur: l'acteur Rupert Everett …

Mais déjà la cage de verre commence à recevoir graffitis et nouvelles marques de baisers …  
Décidément, en écrivant son ouvrage: "L’Importance d’être Constant", Wilde n'avait-il pas une vision prémonitoire de la constance de ses admirateurs et admiratrices … ?  



>> La tombe rénovée d'Oscar Wilde.

>> Dès le 1er décembre 2011, déjà de  nouvelles marques …

>> Sur parisperdu: "Les Pèlerins du Père Lachaise".

>> Sur Parisperdu: "Anniversaire au Père Lachaise".

 

 

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Connaissez-vous Paris ?

3 Janvier 2012, 10:03am

Publié par barreteau


Entre 1936 et 1938, Raymond Queneau pose chaque jour aux lecteurs de l'Intransigeant, trois questions sur Paris. Ce feuilleton sur le Paris des années trente a donné lieu à un ouvrage de poche: "Connaissez-vous Paris ?" récemment édité chez Folio.

Le volume reprend 456 questions et réponses, soit le quart des 2102 que Raymond Queneau rédigea pour le quotidien. Comme toujours chez Queneau, c'est remplit de poésie, de charme.
Et c'est une invitation à la promenade, même si ce Paris a bien souvent disparu.

E
n réponse au titre de l'ouvrage, nous serons sans aucun doute beaucoup à répondre: "Non"; tant à la lecture des questions, on a finalement le sentiment de ne pas toujours bien connaître cette ville prodigieuse qu'est Paris.

Pour tous les amoureux de Paris, les flâneurs, les photographes, les spécialistes de l'antiopée, voilà un petit livre qui va leur donner très envie d'arpenter à nouveau les rues de la capitale pour découvrir les lieux parisiens qu'évoquent Raymond Queneau … quand ils existent encore !
 

  • Connaître Paris, via Parisperdu …:

>> Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux.

>> Balades hors des sentiers battus.

>> Parisperdu pour les nuls.

 

 

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" Paris, Portrait d'une ville "

18 Décembre 2011, 11:02am

Publié par barreteau

Démolition des Halles de Baltard. Août 1971. Copyright : Jean-Claude Gautrand.


Jean-Claude Gautrand, passionné par notre chère capitale, nous offre avec le livre "Paris" aux éditions Taschen, une chronique photographique exceptionnelle sur Paris. Avec ses 600 pages et plus de 500 photographies, ce livre est un incroyable voyage à travers un siècle et demi d’histoire, du second empire à nos jours.

Il faut dire que Jean Claude Gautrand, né en 1932, est l’un des plus grands spécialistes français de la photographie. C'est aussi un homme véritablement passionné par cette ville, sa ville "quand je franchis le périphérique, je suis à l’étranger" dit-il en reprenant les mots de Doisneau, qu’il fait sien.


Photographe professionnel depuis 1960, il s’est également fait un nom comme historien, journaliste et critique, grâce à de nombreuses publications. Il est l’auteur, toujours aux Editions  Taschen, des livres "Paris mon amour" (1999), "Brassaï" (2004) et "Ronis" (2005) et aussi de deux livres consacrés à Doisneau (2003).

Aujourd'hui, avec cette collecte de photographies tirées de dizaines d’archives et de collections privées, se rencontrent le passé et le présent, le monumental et le quotidien, les choses et les gens.

"Paris, Portrait d’une ville" qui vient de sortir en librairie, tombe donc à pic pour faire un très beau cadeau lors des fêtes de fin d’année. Car cet "album de famille", qui pourrait être celui de tout Parisien, fera le régal de tous les amoureux de Paris et de la photographie.



>> Ecouter Jean- Claude Gautrand nous présenter ce livre.

>> Le livre, au catalogue des Editions Taschen.

  

 

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La ville palimpseste.

15 Mai 2011, 12:14pm

Publié par barreteau

Rue René Descartes - Paris 5ème: L'arbre des rues  (Pierre Alechinsky et Yves Bonnefoy)

 

Palimpseste, ce drôle de vocable signifie en grec ancien, "gratté de nouveau", et le mot désigne un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau.

 

Par extension, on parle parfois de palimpseste pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes. L'écrivain et essayiste Olivier Mongin étend la notion à la cité et parle de la "ville palimpseste" dans son ouvrage: " La Condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation".

 

Oui, Paris est une ville palimpseste où les métamorphoses de l’urbain sont quasi-permanentes.

Le territoire de la capitale se construit, se détruit, se reconstruit et des traces palpables de l'ancien demeurent sur la nouvelle trame urbaine.


>> Palimpseste, Wikipédia vous dit tout ...

 

 

 

 

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Parc Montsouris.

9 Janvier 2011, 09:03am

Publié par barreteau

 

 

"Paris est tout petit,

C'est sa grandeur.
 

Tout le monde s'y rencontre,

Les montagnes aussi.

Même qu'un beau jour, l'une d'elles

Accoucha d'une souris.
 

Alors en son honneur,

Les jardiniers tracèrent le parc Montsouris".

 

 

Jacques Prévert. Le jardin, Paroles. 

 

 

 

 

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" Des fenêtres semblables à des yeux sans pensée ".

22 Décembre 2010, 11:48am

Publié par barreteau

7 rue Robineau - Paris 20ème

 

" Un jour, … c'est la maison entière qui disparaîtra, c'est la rue et le quartier entier qui mourront. Cela prendra du temps. Au début cela aura l'air d'une légende, d'une rumeur à peine plausible : on aura entendu parler d'une extension possible du parc …, où d'un projet de grand hôtel … Puis les bruits se préciseront; on apprendra le nom des promoteurs et la nature exacte de leurs ambitions que de luxueux dépliants en quadrichromie viendront illustrer.


Mais avant que ne surgissent du sol ces cubes de verre, d'acier et de béton, il y aura la longue palabre des ventes et des reprises, des indemnisations, des échanges, des relogements, des expulsions. Un à un les magasins fermeront et ne seront plus remplacés, une à une les fenêtres des appartements devenus vacants seront murées et les planchers défoncés pour décourager les squatters et les clochards. La rue ne sera plus qu'une suite de façades aveugles – fenêtres semblables à des yeux sans pensée – alternant avec des palissades maculées d'affiches en lambeaux et de graffiti nostalgiques.

 

Qui, en face d'un immeuble parisien, n'a jamais pensé qu'il était indestructible ? Une bombe, un incendie, un tremblement de terre peuvent certes l'abattre, mais sinon ? Au regard d'un individu, d'une famille ou même d'une dynastie, une ville, une rue, une maison, semblent inaltérables, inaccessibles au temps, aux accidents de la vie humaine, à tel point que l'on croit pouvoir confronter et opposer la fragilité de notre condition à l'invulnérabilité de la pierre. Mais la même fièvre qui, vers mille huit cent cinquante, aux Batignolles comme à Clichy, à Ménilmontant comme à la Butte-aux-Cailles, à Balard comme au Pré-Saint-Gervais, a fait surgir de terre ces immeubles, s'acharnera désormais à les détruire.

 

Les démolisseurs viendront et leurs masses feront éclater les crépis et les carrelages, défonceront les cloisons, tordront les ferrures, disloqueront les poutres et les chevrons, arracheront les moellons et les pierres : images grotesques d'un immeuble jeté à bas, ramené à ses matières premières dont des ferrailleurs à gros gants viendront se disputer les tas : le plomb des tuyauteries, le marbre des cheminées, le bois des charpentes et des parquets, des portes et des plinthes, le cuivre et le laiton des poignées et des robinets, les grands miroirs et les ors de leurs cadres, les pierres d'évier, les baignoires, le fer forgé des rampes d'escalier …

 

Les bulldozers infatigables des niveleurs viendront charrier le reste : des tonnes de gravats et de poussière."

 

Georges Perec: "La vie mode d'emploi" Chapitre XXVIII "Dans l'escalier, 3"

 

 

 
 

>> Souvenir de la rue Vilin, par Georges Perec.

>> Parisperdu et les démolitions urbaines.


 

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Blake & Mortimer à Ménilmontant ...

4 Novembre 2010, 08:59am

Publié par barreteau

119 rue de Ménilmontant - Paris 20ème (juillet 1996)

Une nouvelle aventure de Blake & Mortimer se déroulerait-elle dans les quartiers Est de la capitale ?
En haut de la rue de Ménilmontant, j'ai croisé cette affiche où les deux héros créés par le dessinateur belge Edgar Jacobs semblent méfiants.

Leur grand ennemi, le colonel Olrik, serait-il donc dans les parages ?


Voyons leur conversation :

- "Damned Philip, je leur avais pourtant bien dit de rester discrets sur notre séjour ..."

- "Parlez-moins fort Blake, je crois qu'on nous observe ..."

Etrange et d'autant plus étrange, qu'à cet endroit exact, sur le sol on pouvait remarquer comme une "Marque jaune".

Le Piège diabolique
serait-il entrain de se refermer sur nos héros, là, exactement au 119 rue de Ménilmontant ... ?



>> Blake & Mortimer, le site officiel.

>> En savoir plus sur Blake & Mortimer.

 

 

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" A Paris, des hommes vivent et meurent derrières leurs fenêtres grises. "

9 Mai 2010, 11:48am

Publié par barreteau

Fenêtre, 10 rue des Muriers – Paris 20ème, juin 1997

 

 

La littérature qui a pris, et qui prend encore aujourd'hui, Paris pour thème est immense.

Elle accompagne l’histoire de la ville, s’y arrête, revient en arrière, rêve et s'évade à partir d’elle …

Mais il est un livre, secret, intemporel, comme suspendu, par le miracle de son style, au-dessus du temps. Un livre qui contourne ou transcende cette nostalgie fatalement attachée au pas de l’arpenteur des rues et des boulevards constatant avec dépit ce que coûte, chaque jour, la modernisation galopante et la spéculation.

Ce livre, c'est le "Paris" de Jean Follain, un ouvrage publié en 1935.

 

"Paris attend l’avenir », écrit mystérieusement Follain dans cette géographie poétique et très incarnée, parfois violente et sensuelle, de Paris.

"Les maisons de Paris attendent aussi … des hommes vivent et meurent derrières leurs fenêtres grises." Et Follain poursuit: "Une divinité se cache en toi, Paris : c’est la mer des ténèbres ; parfois le soir rien ne se résout, tout se perd et meurt, se cache et parlemente avec la nuit miraculeuse."

Au poète qui sait l'écouter, Paris dicte parfois d’intenses messages.
La nuit et les rêves sont décidément les compagnons des "vrais" Parisiens !



>> Jean Follain, déjà sur Parisperdu …



 

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De l'art de flâner ...

17 Novembre 2009, 09:01am

Publié par barreteau

Rue Caillé - Paris 18ème, septembre 1996

 

Voici l'image d'un "homme qui attend". Certes … mais que fait-il exactement ?
Ne fait-il tout simplement rien ou … au contraire, son attente n'est-elle pas une démarche, une quête vers quelque chose ou vers quelqu'un qui lui permettrait de s'échapper ailleurs, dans un autre monde, dans un autre univers ?

 
À l’ère de la vitesse, des échanges en temps réel, de l'Internet ultra-haut débit, de la communication à tout-va, de la mobilité (terme récurrent du management postmoderne…), du "bougisme" ("si tu bouges pas, t'es mort !") … l’attente, la pause, la méditation prospective ou la suspension active … sont forcément des démarches subversives.
Mais, Dieu merci, il nous reste encore le temps de la flânerie …

Flâner, ce n’est pas simplement se promener, errer sans but, sans objectif, c’est plutôt produire en pure perte, pour le seul plaisir de produire, de se produire.
Il y aurait encore à faire une théorie de la flânerie, même si elle a déjà été bien entamée. Souvenons-nous de l’école péripatéticienne, de Baudelaire, de Walter Benjamin, des "écrivains-voyageurs", des surréalistes, les vrais inventeurs de la dérive, puis de leurs fils spirituels, les situationnistes.

Dans la rêverie gratuite, dans le temps perdu, nous sommes hors de toute raison ratiocinante, dans une dépense toujours génératrice d’ouverture, d'illumination ... Car, grâce à "l'apparition d’un lointain … si proche soit-il", comme l'écrivait Walter Benjamin, la flânerie stimule la pensée, puis l’écriture … et plus généralement la créativité.


Oui flâner est un art …
 

 

 

>> Du bon usage de la lenteur.

 

 

 

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C'était un petit jardin.

28 Octobre 2009, 09:42am

Publié par barreteau

Jardin, Villa Emile Loubet - Paris 19ème (1996)


Crée en 1972, "Le petit jardin" est une chanson bien dans la tonalité de Parisperdu.
Les deux Jacques: Dutronc et Lanzmann nous délivrent, à leur manière, un peu de tendresse et de poésie.
Pour ceux qui ne connaisse pas cette œuvre finalement assez intimiste, vous pourrez la découvrir, ci-dessous.
Une onde de nostalgie parcourra  sans doute les autres …

C'est aussi beau que Paris, enfin … ce qu'il en reste !

 

" C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
Qui sentait bon le bassin parisien
C'était un petit jardin
Avec une table et une chaise de jardin
Avec deux arbres, un pommier et un sapin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin

Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton
Dans le jardin une voix chanta

De grâce, de grâce, monsieur le promoteur,
De grâce, de grâce, préservez cette grâce
De grâce, de grâce, monsieur le promoteur
Ne coupez pas mes fleurs

C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
A la place du joli petit jardin
Il y a l'entrée d'un souterrain
Où sont rangées comme des parpaings
Les automobiles du centre urbain

C'était un petit jardin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin".



 

>> "Le petit Jardin", chanté par Jacques Dutronc (Vidéo)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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