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PARISPERDU

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Les impasses de Paris.

12 Novembre 2025, 10:02am

Publié par pierre barreteau

Impasse Poule, Paris 20ème (2011)

À Paris, certaines rues s’arrêtent avant d’avoir commencé. Elles tournent le dos au monde, se replient sur un banc, une porte, un jardinet… un souvenir. Ce sont les impasses, ces parcelles silencieuses de la ville… entre deux murs, entre deux battements de trottoir.

Elles sont là, discrètes, derrière les murs tagués, les grilles rouillées, loin du tumulte des boulevards engorgés. Elles n’aboutissent nulle part, et c’est peut-être pour cela qu’elles mènent si loin.

Dans l’impasse Rançon un chat dort au chaud sur une pierre, et le lavoir oublié garde le murmure de l’eau.

À l’impasse des Souhaits, les murs se souviennent des voix des enfants, des cris des ouvriers, des pas des habitants partant pour l’exil en banlieue. Ah, Impasse des Souhaits : quel beau mensonge, les vœux qu’on y fit ne se sont jamais réalisés. Mais les pavés usés en gardent encore la trace. 

Rue des Vignoles, ses impasses adjacentes gardent la marque de leur passé agricole mais aujourd'hui seules quelques herbes grimpent sur les briques… et les fenêtres se penchent l'une vers l'autre comme pour partager des confidences.

Au fond de l'impasse Poule, dans le secteur des impasses de la rue des Haies, après le portail du serrurier, des petits regards en fonte au nom de la "Société du Gaz de Paris"… nous regardent et sans doute s'étonnent que nous ne soyons pas l'employé de l'administration qui ne vient plus effectuer les relevés.

Dans le passage des Fours-à-Chaux, une poussière blanche semble encore flotter, vestige d’un labeur disparu.

Chaque impasse semble en sursis. Dans son silence, c'est un bout de ville où le temps a plié bagage. Elles sont les culs-de-sac de la mémoire, les jardins secrets du bitume tout proche.

Car là, la ville cesse d’être un décor abstrait, elle a ici un vrai visage avec ses rides, son œil rieur.
Les impasses sont les poches de la grande veste qu'est Paris : des poches emplies de rêves.

Les impasses sont des pauses dans la respiration de la ville.
Elles ne mènent nulle part, sinon à soi-même. 



>> Les impasses parisiennes sur Parisperdu.

>> Le secret de ces petits regards.

>> Les impasses des 19ème et 20ème arrondissements de Paris  (Liste non-exhaustive)

 

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (6/7) : Le One-Two-Two

3 Novembre 2025, 07:56am

Publié par pierre barreteau

Le 122, rue de Provence, Paris VIII e

C’est rue de Provence, à la limite des 8e et 9e arrondissements -à deux pas des Grands Magasins du Printemps- que se trouvait autrefois l’une des plus luxueuses maisons closes de la capitale.

Installée au 122 dans l’ancien hôtel du prince Murat, la "Maison" ouvre ses portes en 1924 lorsqu'un certain Marcel Jamet, un ancien julot, rachète l'immeuble grâce à une certaine somme ramenée d’un lucratif séjour en Argentine. De retour à Paris, il rencontre sa femme Fernande Alfrédine, une pensionnaire de la maison close "Le Chabanais", et qui devient alors la tenancière de la "Maison" en se faisant surnommer Doriane. Connu du Tout-Paris, l’immeuble de trois étages est finalement surélevé d’un étage en 1933, et garde ses volets blancs toujours clos pour accueillir ses clients en toute intimité.

Le couple responsable de cette nouvelle maison close décide alors de la nommer "Le One-Two-Two", une dénomination exotique faisant référence à son adresse située au numéro 122 de la rue de Provence. La maison compte alors 22 chambres, dans lesquelles travaillent, pour une clientèle fortunée, entre 40 à 65 femmes.
Ouvert de 16 heures à 4 heures du matin, elle accueille près de 300 hommes par jour, rigoureusement sélectionnés à l’entrée. L’établissement est aussi doté d’un bar, d'un réfectoire pour les filles, et d'un cabinet médical pour contrôler leur hygiène.

La particularité de cet Établissement de luxe et de luxure se trouve incontestablement dans la décoration souvent folklorique de ses chambres. En effet, chacune d’elles est aménagée selon une thématique différente. L'une d'entre-elle reproduit même une cabine de l’Orient-Express fidèlement reconstituée, animée par des bruitages de train et le surgissement d’un zélé contrôleur qui peut se mêler aux ébats ! Toutes les chambres sont aménagées avec le concours des meilleurs décorateurs de cinéma de l'époque : on trouve ainsi un tipi indien, une chambre en forme d’igloo, ou encore une chambre égyptienne… avec Cléopâtre à disposition.
Bref, tous les scénarios sont bons pour attirer la clientèle, et cela a du succès !
Et même si Doriane part avec un riche diplomate en 1939, l’établissement poursuit normalement son activité, car il est repris par une certaine Georgette Pélagie, dite Fabienne.
Le "One-Two-Two"continuera ainsi de fonctionner sous l’Occupation, jusqu’à la fermeture définitive de ses portes imposée en 1946 par la loi Marthe Richard.

Aujourd'hui le 122 de la rue de Provence est très sagement occupée par un Cabinet de conseil financier et par le très respectable Institut de Formation des élus locaux… on est loin, très loin des activités du One-Two-Two !


>> Marcel et Fabienne Jamet.

 

>> Image du film "One-Two-Two 122, rue de Provence", sortie en salles en 1978.

 

>> Animation au "One-Two-Two" : le chef Marcel Jamet et ses deux assistantes.

 

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Les 3 Magenta de Paris et l'impasse Pierre-Guérin.

24 Octobre 2025, 08:01am

Publié par pierre barreteau

1_Boulevard de Magenta (10e arrondissement) // 2_rue Magenta (19e arrondissement) // 3_rue de Magenta (16e arrondissement) alias rue Pierre-Guérin.

 

A Paris si vous dites "Magenta" pour localiser un lieu il faudra être plus précis car il y a "trois Magenta" dans la capitale :
Le Boulevard de Magenta dans le 10e arrondissement [1] ; la rue Magenta dans le 19e arrondissement [2] et enfin la rue de Magenta dans le 16e arrondissement [3].

Mais quelle est donc cette rue de Magenta que l'on ne trouve ni sur les plans de Paris ni sur nos GPS ?
C'est l'ancienne « sente des Vignes », qui deviendra en 1859 «
rue de Magenta» et qui aujourd'hui correspond au rétrécissement de la rue Pierre-Guérin lorsqu'au niveau de la rue de la Source, elle finit en impasse.

Et ces derniers jours ce rétrécissement, cette petite et discrète impasse, a connu une exceptionnelle notoriété, filmée par les caméras des médias du monde entier. Mais pourquoi donc ?

C'est parce qu'au n° 44 de cette impasse la chanteuse Carla Bruni y est depuis longtemps locataire d'une maison des années 1930 et c'est à ce numéro qu'elle réside avec son époux, l'ex-président de la République française Nicolas Sarkozy. Et c'est de ce lieu qu'au matin du 21octobre 2025 l'ex-président est parti pour une résidence beaucoup moins enviable : la prison de la Santé !

 

>> La résidence du 44 rue Pierre-Guérin.

 

 

 

>> Carla Bruni chez elle.

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (5/7) : Le Chabanais

19 Octobre 2025, 08:48am

Publié par pierre barreteau

12, rue Chabanais, Paris IIe

A Paris, non loin du jardin du Palais-Royal, le 12 de la rue Chabanais est un immeuble de huit étages à la façade très discrète... et coincé entre deux restaurants asiatiques rien ne laisse aujourd'hui deviner qu'ici un véritable Temple de la luxure a fonctionné entre 1878 et 1946. Soixante-dix ans de fêtes et de parties fines dont il ne reste maintenant qu'une rampe d’escalier et deux portes en fer forgé. Car contrairement "Aux Belles Poules", à la Maison Souquet ou au "10 bis" dont nous avons parlé ici récemment, Le Chabannais lui… ne rouvre pas.

A la tête de cette célèbre maison close, la tenancière a longtemps été Mademoiselle Kelly, mystérieux pseudonyme d’Alexandrine Jouannet. Puis Mme Darcourt assura la suite jusqu'à la fermeture des "Maisons" en 1946.

A la Belle époque, le Chabanais est alors mondialement réputé. Dans de somptueux décors, Albert prince de Galles, fils aîné de la reine Victoria, et futur roi du Royaume-Uni au nom d'Edouard VII mais surnommé Bertie par ses favorites y avait sa baignoire à champagne en cuivre rouge et son fauteuil d’amour à trois places !

Le Chabanais est alors une telle institution qu’il est inscrit au programme des réjouissances d’État. La République laisse ainsi à ses prestigieux visiteurs le choix entre une soirée à l’Opéra, la visite privée d’un musée, ou une nuit inoubliable chez Mademoiselle Kelly.
Ainsi, inscrite au programme officiel du protocole, la visite au Chabanais devient même sur le cahier de réservation de "l’Établissement" : la « visite offerte par le Président du Sénat ».
Les passes sont chères, en moyenne l’équivalent de deux mille euros pour une nuit entière. Et même jusqu'à 3 000 ou 4 000 euros en fonction des "extras". Mais les prestations sont de qualité car les demoiselles Margot, Marthe, Irma, Camille, Nadia ou Mimi… et les 18 autres filles qui travaillent-là sont régulièrement soignées (avec une visite obligatoire hebdomadaire chez un médecin) et joliment apprêtées : on les emmène deux fois par an chez le tailleur Krebs pour recevoir guêpières et robes affriolantes.

S'il est aujourd'hui un lieu oublié : le 12, rue Chabanais a longtemps été "La" maison close d'une élite mondialisée.

 

>> L’entrée du Chabanais, dans les années 1920, photographie anonyme (courtoisie Galerie Au Bonheur du Jour, Paris).

 

>> Vue de l’exposition « Splendeurs et misères. Images de la prostitution. 1850-1910 » au Musée d’Orsay en 2016. Au premier plan, le fauteuil d’amour à trois places d’Edouard VII au Chabanais. Les tableaux montent aussi (à gauche), Valtesse de la Bigne, une célèbre horizontale et (à droite), Mademoiselle de Lancey.

 

>> La fameuse baignoire en cuivre d’Edouard VII au Chabanais, vendue aux enchères en 1951 par Maurice Rheims à la fermeture du bordel, (photographie anonyme).

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (4/7) : Le 10 bis.

12 Octobre 2025, 08:34am

Publié par pierre barreteau

10 bis, rue du Débarcadère, Paris XVIIe

 

Au 10 bis de la rue du Débarcadère, près de la porte Maillot, on pouvait trouver jusqu'en 2014, caché dans cette petite rue, une Maison galante communément appelée "Le 10bis".

La tenancière du lieu est Lucienne Goldfarb ou Lucienne Tell alias Katia la Rouquine, un personnage haut en couleurs et plutôt sulfureux car mêlé à moult scandales : dénonciations sous l’Occupation allemande, l'affaire Ben Barka, la célèbre affaire Elf… Elle a aussi côtoyé les plus grands (Roland Dumas, Placido Domingo...), et a régné en Dame sur les nuits parisiennes pendant 50 ans, sans jamais négliger son rôle d'indic n°1 auprès de la brigade des stupéfiants. 

La loi Marthe Richard ne bouleversa pas beaucoup la vie de la tenancière car, une fois la Maison close fermée, Katia transforma -dès les années 50- son bordel en un hôtel de rendez-vous puis en un club échangiste. Et Katia la Rouquine pilotera ce lieu de galanterie jusqu'en 2014… elle a alors 88 ans !

Mais à l’été 2016 Karim Massoud, multi-entrepreneur dans l’univers du voyage, désireux de diversifier ses activités et d’investir dans l’hôtellerie traditionnelle rachete le "10bis".

Massoud va investi 9 millions d'euros pour transformer le lieu en un luxueux hôtel 4 étoiles de 25 chambres et suites.
Et, après onze mois de travaux, même si la page Katia est alors tournée pour cibler une clientèle d’affaires et de tourisme, bien des objets marquants de l'hôtel de Rendez-vous sont conservés : ainsi les luminaires à trois ampoules, qui servaient auparavant à indiquer aux clients s'ils pouvaient rentrer, ont été réinstallés ; d'anciens miroirs ont été récupérés, nettoyés, tout comme les fauteuils qui ont été retapissés.


Jusqu'en 2014 Katia la Rouquine continua de vivre modestement das sa "Maison", recluse au dernier étage dans son deux-pièces cuisine qui sera transformé dans le nouvel hôtel en une suite de 30 m2.

Aujourd'hui définitivement retirée des affaires, elle vit dans une maison de retraite. Née le 30 octobre 1924, elle est âgée de 101 ans !

>> Le 10 bis, site officiel.

>> L'hôtel de Monaco, alias "Le 10bis" : Coupure de presse à l'époque Katia

>> Katia la Rouquine, une vie de balance.

>> Avant/après : une maison close mythique se mue en hôtel chic.

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (3/7) : La Maison Souquet.

29 Septembre 2025, 08:10am

Publié par pierre barreteau

10, rue de Bruxelles, Paris 9ème

 

Au 10 de la rue de Bruxelles, aux abords de Montmartre, se dresse un immeuble à la façade classique. Il a tout d'abord abrité une école communale de jeunes filles. Mais dès 1905 derrière son entrée relevée de deux lanternes rouges, Madame Souquet crée ici une maison de plaisirs discrète et raffinée. La "Maison" s’est vite forgée une légende festive et licencieuse dans la ville lumière mais l'aventure ne durera pas longtemps car, à partir de 1907, la Maison Souquet laisse place à un hôtel populaire.

En 2013, le Groupe Maisons Particulières achète l’hôtel et lance un important programme de rénovation qui dure deux ans, afin de créer un hôtel 5 étoiles. L'aménagement intérieur est confié au Maître décorateur Jacques Garcia. Celui-ci reprend le décor des maisons closes pour créer l'ambiance de l'hôtel : il reprend la configuration originale des maisons de plaisirs avec la succession des salons existant à l'époque : le salon des 1001 nuits, le salon des Petits Bonheurs et le Jardin d'Hiver.

  • Le salon des 1001 nuits portait autrefois le nom de « salon de discussion » ou « salon de sociabilité ». Ce premier salon était alors réservé aux hommes : Grands argentiers, capitaines d’industrie et politiques s’y retrouvaient comme dans un club privé pour parler du monde et des affaires.
  • Le salon des Petits Bonheurs servait de « salon de présentation ». Courtisanes et clients s’y retrouvaient avant de se rendre dans l'une des chambres de la maison.
    Aujourd'hui, Chaque chambre porte le nom de l'une des courtisanes de la "Maison" : La Castiglione, La Païva, Liane de Pougy, La Belle Otero…
  • Le Jardin d’Hiver était autrefois nommé pudiquement le "salon d'après"… tout est dit !

Aujourd'hui, l'hôtel totalement rénové comporte 14 chambres, 6 suites et 2 appartements. Les décors s’inspirent d’une palette de styles très diversifiés : Napoléon III, Indien, Chinois, Japonais, Empire et XVIIIe siècle français

Un quatrième salon a été ajouté aux salons historiques, cet espace est obligatoire pour un classement en palace 5 étoiles : c'est le salon d’Eau, orné d’une voûte céleste bleue cobalt dont les étoiles et autres constellations sont rehaussées à la feuille d'or. Il comprend un bassin de nage de 10 mètres, un hammam et une salle de soins.

>> Maison Souquet, site officiel.

>> L'escalier pour monter chez les dames…

>> Le salon de discussion, revisité par le décorateur Jacques Garcia.

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (2/7) : "Aux Belles Poules"

22 Septembre 2025, 08:20am

Publié par pierre barreteau

 32 rue Blondel, Paris 2ème.

 

Au début du XXème siècle, "Aux Belles Poules" est l’une des plus célèbres maisons closes de Paris. Cet établissement connaît ses heures de gloire et de débauche durant les années 1920, dans le Paris des années folles. Ce lupanar de luxe accueille alors la haute-société parisienne venue s’acoquiner entre ses murs où la fête, les filles de joie et le champagne ne manquent jamais.
Dans la rue Blondel il est facile de repérer son numéro car le "32" s'affiche avec une taille double des autres numéros de la rue. C'est de cette particularité que venait l'expression utilisée à l'époque des Maisons : "Rendez-vous au gros numéro". Et lorsque Georges Brassens chante : "S’il vous plaît de chanter les fleurs, qu’elles poussent au moins rue Blondel, dans un bordel », c'est bien "Aux Belles Poules" qu'il fait référence !

Contrairement aux autres maisons closes parisiennes "Aux Belles Poules" est le seul établissement dont le décor est aujourd'hui resté quasiment intact.  Ses murs sont recouverts de sublimes mosaïques érotiques, des fresques suggestives et d’immenses miroirs. La "Maison" est un véritable chef d’œuvre de l’Art Déco, ce qui lui vaut d’être inscrit au titre des monuments historiques depuis 1996.

Et aujourd’hui, avec son décor d’époque, "Aux Belles Poules" offre un lieu atypique et un espace idéal pour l’organisation d’évènements. On peut maintenant privatiser cette ancienne Maison close située au cœur de Paris : c'est -à coup sûr- une expérience insolite mais désormais ouverte à tous.

 

>> Aux Belles Poules, Site officiel.

>> Au plafond : des miroirs partout ; au sol et sur les murs : des mosaïques partout !

 

>> "Au Gros numéro"… : le 32 rue Blondel.

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (1/7)

12 Septembre 2025, 10:26am

Publié par pierre barreteau

"Aux Belles Poules" _ 32 rue Blondel Paris 2ème

 

Ces illustres habitations sont le royaume des courtisanes, cocottes, demi-mondaines et autres "horizontales" adonnées à la prostitution qui s'exerce alors dans une large gamme d’établissements appelés Maisons de Société ou plus couramment : "Maisons closes" et qui vont du plus glauque lupanar au plus luxueux bordel.

Mais le 13 avril 1946, l'activité des Maisons closes est brutalement interrompue par la fermeture imposée par la loi Marthe Richard, celle qu’on surnomma "La veuve qui clôt".
Finie la tolérance… aussi dans la foulée, la quasi-totalité des Maisons ferment : 1.500 établissements disséminés à travers toute la France, dont plus de 200 à Paris où même les plus célèbres comme le One-Two-Two, le Chabanais ou le Sphinx tirent le rideau.

Mais plus de 70 ans après la loi Marthe Richard, plusieurs de ces maisons parisiennes ont été rouvertes après avoir été reconverties en hôtels de luxe ou en espaces privatisables.

Nous allons retrouver les principales d'entre-elles dans les prochains billets de Parisperdu.
A suivre donc…

 

>> Bordels de Paris (Document INA)

 

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Recyclage de statues.

26 Juillet 2025, 08:15am

Publié par pierre barreteau

Installation des statues de deux des « dix femmes illustres » des Jeux olympiques,
rue de la Chapelle (Paris 18e).

 

C'est aujourd'hui que 10 statues dorées et recyclées des Jeux Olympiques sont inaugurées rue de la Chapelle, dans le 18e arrondissement. Les statues, qui mesurent près de quatre mètres de hauteur, ont finalement trouvé leur place définitive dans la capitale.
Pour rappel, ces statues représentent « dix françaises illustres »
Christine de Pizan, Jeanne Barret, Olympe de Gouges, Louise Michel, Alice Guy, Alice Milliat, Paulette Nardal, Simone de Beauvoir, Simone Veil et Gisèle Halimi.

Mais il faudrait en finir avec tout ce bazar ! Installer ces statues de pacotille à La Chapelle est au moins la garantie qu'elles ne passeront pas l'hiver... nous n'en pouvons plus de ces jeux qui servent à cacher la misère de la ville. Les parisiens veulent des perspectives d’avenir pas un retour en arrière.

Et étant donnée la situation désastreuse du pays qui peut croire que les français vont encore se contenter longtemps de symboles ?

 

 

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Le business des souvenirs de pacotille se porte bien.

27 Juin 2025, 18:43pm

Publié par pierre barreteau

 

Alignés sur le trottoir en face de la basilique de Montmartre, un des hauts lieux du tourisme parisien, une dizaine de vendeurs à la sauvette proposent des souvenirs de pacotille sur des étals de fortune : des carrés de tissus étendus sur le bitume.
Curieusement ils proposent-là à des hordes asiatiques des souvenirs parisiens fabriqués dans leurs pays.

La tour Eiffel miniature est évidement le produit phare : c'est 1€ pour trois tours Eiffel porte-clés "made in China", mais d'autres babioles sont aussi proposées comme des contrefaçons de produits dérivés des récents JO de Paris 2024.

Et comme toujours, ces petits réseaux de vendeurs tentent de résister à la pression mise par la préfecture de police de Paris qui cherche à faire place nette sur les sites touristiques. Ainsi l’année dernière, plus de 12 tonnes de marchandises ont été saisies à Paris, essentiellement au Champ-de-Mars et au Trocadéro,

Mais le business reprend de plus belle dès que la police suspend un peu sa présence sur ces sites touristiques.
Dans ce jeu de chat et de souris une chose est certaine : le business des souvenirs de pacotille se porte bien.

 

>> La multinationale des vendeurs à la sauvette.

 

 

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Qui est le vrai petit parisien à la baguette ?

23 Mars 2025, 11:42am

Publié par pierre barreteau

 

Fin 2016, le quotidien régional Var-matin annonce : "L'enfant à la baguette de Willy Ronis, vit à Hyères, il s'appelle Jean Brosseron". Mais lorsque je prends connaissance de cet article, je vois tout de suite que quelque chose cloche.
En effet, sous la célèbre photo de Ronis la légende du journal régional dit :
Le Petit Parisien, également nommé 'L’enfant à la baguette' a été photographié en 1952, boulevard Haussmann à Paris.

Boulevard Haussmann ! : voilà le problème, voilà pourquoi je comprends tout de suite que quelque chose ne va pas car je le sais : cette célèbre image n'a pas été prise boulevard Haussmann… mais dans le 15ème arrondissement de Paris.

En effet dans "Willy Ronis par Willy Ronis / regard inédit d'un photographe sur son œuvre" (un ouvrage édité chez Flammarion en 2018) Ronis a rédigé pour chacune de ses meilleures photographies un commentaire fait de souvenirs et d'anecdotes et pour "Le petit parisien" il mentionne :
"Ce garçon-là, je l'ai retrouvé grâce à sa belle-mère qui, un jour, s'est manifesté et m'a téléphoné. Grâce à cette femme, j'ai pu aussi retrouver le nom de la rue où j'avais fait cette photo : la rue Péclet dans le 15ème. D'ailleurs au dos du contact la localisation est confirmée : 2 rue Péclet, 20 mai 1952, j'avais même inscrit les initiales du gamin : P.B". Mais P.B ce ne sont pas les initiales du varois Jean Brosseron !

Et Ronis d'ajouter : "Je suis retourné rue Péclet pour voir si j’allais retrouver la porte, si j’allais me souvenir. La maison n’avait pas été ravalée, c’était exactement le même décor, et j’ai eu la preuve que c’était bien là parce que sur le cliché complet il y avait en bas de ce mur un regard pour le gaz, comme une petite boîte en fonte, qui était resté à la même place. Le regard n’avait pas bougé pendant toutes ces années!"

Personnellement je peux ajouter qu'en 2006, lorsque Willy Ronis m'avait invité chez lui -rue de Lagny- et il m'avait alors raconté l'histoire de cette photo et parlé de ce petit garçon, il m'avait aussi indiqué avoir mentionné les initiales du nom du garçonnet sur le verso de la planche-contact. Là, il avait en effet écrit "P.B".

Alors y-a-t-il tromperie sur la personne, une sorte d'usurpation d'identité ?
Et qui est le vrai petit parisien à la baguette ?

Le journal Le Monde a récemment mené l'enquête. Martin Fort, journaliste au Monde, a donc rencontré et interviewé les deux personnes -aujourd'hui septuagénaires- qui disent avoir été photographié par Willy Ronis, en 1952, avec une baguette sous le bras : le varois Jean Brosseron et le dijonnais Pierre Bariod.

Mais après lecture de l'article du Monde, je constate que sa conclusion ne donne pas de réponse à cette question : "Lequel de ces deux personnes est le garçonnet de la photo de Willy Ronis ?". Martin Fort laisse ses lecteurs dans l'incertitude, dans le doute.

Pour moi il n'y a pas de doute : le dijonnais Pierre Bariod (initiales P.B) est le gamin à la baguette. Willy Ronis l'ayant lui-même confirmé à plusieurs reprises.
A l'examen des photos des albums de famille des deux protagonistes, publiées par le journal Le Monde [montrant des clichés pris en 1950 (pour Jean Brosseron) et en1952 (pour Pierre Bariod)] la ressemblance du gamin va incontestablement vers Pierre Bariod. (Voir l'illustration en tête de ce billet).

Et aujourd'hui, ce sont les réseaux sociaux qui s'emparent du sujet. C'est le réseau Reedit qui donne le verdict le plus net : 90% des contributeurs "votent" pour Pierre Bariod (P.B). Certains sont même allés jusqu'à analyser en profondeur ces photos via des logiciels de reconnaissance faciale et corporelle et ils donnent leur conclusion :
"L'ensemble des épaules/cou et de la forme du torse est identique à la photo d'enfance de Bariod. Ajoutez la coupe de cheveux rugueuse, les pommettes de joue et le sourire et je ne pense pas qu'il y ait le moindre doute. Malheureusement pour Brosseron, le petit Parisien ne ressemble en rien à ses photos d'enfance, le petit parisien de Ronis : c'est clairement Bariod."

Quant à Jean Brosseron, le varois, il est sans doute de bonne foi. Lorsqu'il était enfant il a vraisemblablement été photographié par quelqu'un sur le boulevard Haussmann, près du lieu où il résidait, mais la personne qui l'a pris en photo n'était pas Willy Ronis. Et si la scène de sa photo aurait pu ressembler au "Petit parisien", ce n'était pas cette photo.

Alors récemment -moi aussi- je suis retourné rue Péclet (un physicien, fondateur de l'École Centrale des Arts et Manufactures). Le n°2-2 bis, mentionné par Willy Ronis, est devenu le n°2-4 de la rue Péclet et la boulangerie a été remplacé par l’enseigne NICE DAY une société de Production de films et de programmes pour la télévision.

Mais le mur qui a servi d'arrière-plan pour la photo de Ronis est toujours là, intact. Seul le petit regard de gaz qui apparaissait sur le cliché complet de Ronis a été retiré. (Voir l'illustration à la fin de ce billet).
Les temps changent, 
la mémoire s'efface…mais rue Péclet, finalement pas tant que cela !

 

>> L'article du Monde : "Le petit Parisien de Willy Ronis, deux prétendants pour un cliché" par Martin Fort. Publié le 21 juillet 2024 ©Photo : Lucas Barioulet

>> Le débat sur le réseau social Reedit.

>> Le petit parisien, déjà sur Parisperdu.

>> Rue Péclet, le mur qui a servi d'arrière-plan pour la photo de Ronis est toujours là:

 

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Paris, ville lumière (5/5) : La robe dorée de la tour Eiffel.

14 Mars 2025, 14:13pm

Publié par pierre barreteau

La Tour-Eiffel de nuit, en phase de scintillement

 

Finalement, comme disent les musiciens de l'orchestre : "rendez-vous au Point d'orgue".
Et pour la ville lumière, le point d'orgue sera le monument le plus prestigieux de la capitale : la Tour Eiffel.

Pour la robe dorée de la tour Eiffel, les chiffres donnent le tournis car on dénombre :

  • 20 000 lampes à éclat,
  • 40 km de guirlandes lumineuses et de câbles d'alimentation,
  • 230 armoires et coffrets d'alimentation,
  • Une puissance totale de 120 kW,

L'illumination nocturne de la tour ne représente que 4 % environ de la facture énergétique annuelle du monument. Car chaque année, la tour Eiffel consomme 6,7 GW, soit l'équivalent d'une ville de 3 000 habitants. Mais Paris le vaut bien…
 

>> Paris, ville lumière (4/5) : La ville lumière à l'heure de la sobriété énergétique.

 

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Paris, ville lumière (4/5) : La ville lumière à l'heure de la sobriété énergétique.

7 Mars 2025, 14:40pm

Publié par pierre barreteau

 

Le Louvre la nuit : Esplanade de la Pyramide de Pei.

 

Aujourd'hui le temps est aux économies pour l'éclairage des bâtiments publics et l'heure n'est plus aux mises en scène lumineuses fastueuses et parfois onéreuses. Et puis, les mentalités ont évolué et les citoyens préfèrent des illuminations destinées à améliorer leur confort quotidien plutôt que celles dévolues aux seuls bâtiments publics pour mettre en valeur le patrimoine architectural. Autant de facteurs qui expliquent qu'en novembre 2022, la mairie a pu demander aux bureaux et commerces parisiens d'éteindre les lumières le soir et, pour donner l'exemple, a plongé la tour Eiffel dans le noir à 23h45 au lieu de 1 h du matin : à la clé, 10 millions d'euros d'économies.

Il faut dire que, comparés aux autres mégalopoles, Paris est souvent pionnière en matière de transition écologique.
Il y a plus de dix ans maintenant que la pyramide du Louvre mais aussi les façades du palais du Louvre brillent dans la nuit grâce à quelque
4 500 LED ! Et dès l'année prochaine tous les luminaires publics vont passer en éclairage LED, permettant ainsi de consommer deux fois moins d'énergie qu'auparavant.
Paris est donc sur la bonne voie mais le chemin est long. Ainsi l'Inventaire National du Patrimoine Naturel relève dans l'une de ses publications que : « Ces dernières décennies, l'éclairage nocturne s'est fortement développé, impactant la faune et la flore. Cette pollution lumineuse modifie les comportements des animaux et fragmente les paysages nocturnes. » La question à laquelle Paris va devoir répondre n'est donc peut-être plus celle de la lumière, mais celle de la nuit retrouvée avec, par exemple, la création d’îlots d'obscurité à côté de certains espaces publics baignés de lumières plus douces.
Une façon de réenchanter la nuit parisienne, tout en restant la Ville lumière ?

 >> Lumières sur la ville, une histoire de l'éclairage urbain, de Agnès Bovet-Pavy édité par François Bourin et Arte.

>> Les lampadaires de Paris (illustration)

>> Paris, ville lumière (3/5) : Partout dans la capitale.

 

 

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Paris, ville lumière (3/5) : Partout dans la capitale.

28 Février 2025, 10:03am

Publié par pierre barreteau

Illuminations du pont Alexandre III et la Tour Eiffel
 

Paris, la Ville lumière, ce surnom est encore bien mérité aujourd'hui car force est de constater que Paris et ses lumières font toujours rêver. En effet, on ne compte plus les tours et guides qui proposent des formules de découvertes « by night », en bus, à pied voire en vélo et bien sûr en péniche avec notamment les fameux bateaux-mouches. C'est qu’il y en des choses à voir lors de ces balades nocturnes : outre l'éclairage des voies publiques, celui des bâtiments parisiens concerne près de 340 sites dont la tour Eiffel, le Louvre, l'Opéra et bien sûr tous les ponts de Paris.

Et s’il s’agit d’un éclairage public de qualité qui fonctionne bien et qui est bien entretenu, ce qui est plus remarquable c’est qu’il est réparti de façon équitable sur tout le territoire parisien. Autrement dit, tous les quartiers de la capitale sont éclairés et il y a peu de chance qu'un passant heurte un candélabre en panne !

Un bémol cependant : on a parfois une impression de paysage nocturne en désordre. Sur les Champs-Élysées, par exemple, longtemps, à cause d'un arrêté de 1910, seules les lumières blanches étaient autorisées ; ce qui donnait son unité à l'avenue. Désormais, des enseignes commerciales de toutes les couleurs se côtoient et font un peu désordre. 

Ailleurs cette unité de couleur est malgré tout respectée : c'est le cas pour les ponts parisiens, illuminés de blanc toute la nuit, même en période d'économies d'énergie, afin d'assurer la sécurité de la navigation fluviale. Mais ce qui frappe sans doute le plus les amoureux de la nuit parisienne, c'est l'incroyable richesse du mobilier urbain d'éclairage : comme les lampadaires Art nouveau en forme de brins de muguet conçus par Hector Guimard pour éclairer les encarts de signalisation du métro, ou les cariatides (ou femmes lampadaires) sur la place de !'Opéra ou encore les réverbères coniques entourant la colonne Vendôme, et il existe encore bien d'autres exemples.

Mais pour rester la Ville lumière, Paris doit rénover sans cesse son éclairage public, comme cela a été récemment le cas aux abords du Louvre où les candélabres et les lanternes de la Place du Carrousel, de la cour Napoléon, de la cour Carrée et du passage Richelieu ont subi un toilettage complet, qui va du nettoyage ou de la peinture de quelque 181 fûts de bronze à la modernisation des armoires électriques ou au remplacement de certaines lanternes abîmées.

 

>> Paris, Ville lumière (2/5) : D’où lui vient ce nom ?

 

 

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Paris, Ville lumière (1/5) : Les lumières de la ville.

14 Février 2025, 10:27am

Publié par pierre barreteau

Paris : les lumières de la ville.

Paris a inventé l'éclairage public au 17è siècle, puis les lampadaires au 18ème. Au tournant du 19ème, la fée électricité inspire les créateurs, comme Hector Guimard qui imagine de lascifs lampadaires urbains en forme de brins de muguet pour orner les bouches de métro. Et aujourd'hui l'enjeu est d'innover pour concilier sobriété énergétique et valorisation du patrimoine urbain.

Parisperdu va développer dans 4 billets à suivre… la grande aventure de "Paris ville lumière". Et tout d'abord en se posant la question fondamentale : d’où vient ce nom de "Ville lumière" ?
Puis l'on montrera que la "ville lumière" n'est pas réservée à quelques sites ou monuments mais qu'elle est partout dans la capitale. Et aussi l'on verra qu'aujourd'hui "La ville lumière" est en grande mutation, à cause de la nécessaire sobriété énergétique qui s'impose à tout le monde.
Enfin le point d'orgue sera posé sur le monument le plus prestigieux de la capitale : la tour Eiffel et sa robe dorée.

A suivre donc sur Parisperdu…

 

 

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