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Le recyclage des friches parisiennes (8/13) : La Gare.

27 Septembre 2018, 10:16am

Publié par barreteau

Le recyclage des friches parisiennes (8/13) : La Gare.

La Gare, 1, avenue Corentin-Cariou. Paris 19ème

 

C'est une ancienne gare de la Petite-Ceinture et plus exactement sa station abandonnée du Pont de Flandre, en plein 19e arrondissement. Fermée aux voyageurs depuis 1934, la station est devenue, depuis septembre 2017, un bar-club musical très en vogue.

Le patron de "La Gare", c’est Julien de Casabianca, un plasticien qui parcourt le monde pour coller sur des bâtiments, des personnages monumentaux, "photoshopées" à partir de toiles de musées. Mais Julien est aussi un "fana" de jazz et fut d’ailleurs à l’origine de "La Fontaine", rue de la Grange-aux-Belles, un bistrot musical emblématique des années 2000.

Le bâtiment de la station du Pont de Flandre est resté dans son jus : murs décrépis, carrelage à damier rouge et blanc et ce, même après les huit mois de travaux réalisés dans la salle.
Celle-ci peut désormais accueillir 300 personnes.

L'endroit est accessible à tout le monde, le droit d'entrée est en participation libre et les consommations sont à prix légers.  C'est donc un héritage dans la continuité exacte du lieu, car comme le dit l'expression populaire : "on y entre comme dans une gare ! " … c'est à dire sans payer.

 

>> La Gare Le Gore sur Instagram.

>> La Gare vue du quai.

>> Sentier de la Station, ça c'était avant …

>> Le recyclage des friches parisiennes (7/13) : DOC !
 

 

 

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Le recyclage des friches parisiennes (7/13) : DOC !

22 Septembre 2018, 08:21am

Publié par barreteau

DOC! 26, rue du Docteur-Potain (Paris 19e).  

 

C'est un ancien lycée technique de 3000 m2, situé sur les hauteurs de Belleville, à deux pas de la place des Fêtes. Depuis 2015 il est occupé par les membres du collectif DOC!.
Le bâtiment a été transformé en laboratoire artistique pour une soixantaine de personnes qui disposent ici de 28 ateliers d'artistes et de 5 pôles techniques partagés.
Dans ce coin, un peu paumé du 19ème, on peut, tout au long de l'année, y voir des expositions, assister à des projections, des concerts, des représentations de théâtre ou faire des rencontres.
DOC! participe donc, à sa manière, à la vie et à la dynamique de ce secteur du 19ème arrondissement, un quartier excentré qui avait bien besoin d'animation.

 

>> DOC ! le site officiel.

>> Le recyclage des friches parisiennes (6/13) :La Gare XP.

 

 

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Les vendanges à Paris.

11 Septembre 2018, 09:25am

Publié par barreteau

Les vendanges à Paris.

Les vendanges sur la Butte Montmartre_ 6 octobre 2016

 

Avant, il y avait du vin tout autour de Paris. On y produisait des petits vins pour la consommation locale car à l'époque les transports ne permettent pas d'acheminer facilement vers la capitale les vins du Bordelais ou de la vallée du Rhône.

La vigne de Montmartre est la plus ancienne car dès l'époque gallo-romaine on y trouve déjà du raisin. Mais au XVIIIe siècle, les parcelles commencent à disparaître devant l'assaut conjugué des promoteurs immobiliers et de la concurrence des autres régions viticoles françaises.  

A Belleville, ce n'est pas l'urbanisation mais la chute des prix du vin qui pousse les agriculteurs à abandonner leurs vignes. Même sort dans le hameau de Vaugirard, où les maraîchers remplaceront les vignerons, puis, en 1897, les abattoirs remplaceront définitivement les champs. 

Pour se souvenir de ce passé, la Ville a replanté des vignes : près de 2.000 pieds à Montmartre en 1932, plus de 700 pieds dans le parc Georges Brassens (15ème arrondissement) en 1983 et 140 pieds dans le parc de Belleville (20ème) en 1992. Même chose au parc de Bercy, où 350 pieds rappellent que, jusqu'au milieu du XXème siècle, le vin arrivait ici par bateau.  
On trouve aussi des plantations de vignes de plus petite dimension : 230 pieds sur la Butte Bergeyre (19ème), et encore moins dans le Square Laurent Prache (6ème), ou le Square Truillot (11ème) …

Mais cultiver des vignes au milieu du béton n'est pas une mince affaire car en ville, elles ne sont pas assez ventilées. Et quand il pleut, elles ne sèchent pas, alors le risque majeur est la pourriture des raisins.

Aujourd'hui, ces vignes parisiennes sont toutes vendangées. Mais seules les bouteilles de Montmartre et du parc Georges Brassens sont vendues. Certes ce ne sont pas de grands vins. Dans le 15ème par exemple, le pinot noir donne un vin qui se garde deux à trois ans et se négocie entre 10 et 25 euros, estampillé "Clos des Morillons", comme avant. Les vins du "Clos Montmartre" ne sont gustativement pas meilleurs mais peuvent atteindre des prix indécents : 50 € la bouteille de 50 cl pour la "Cuvée des Lumières 2016" … !!!

Pour la quatrième année consécutive, la Ville de Paris vous propose de participer aux vendanges. En raison de l'été chaud et ensoleillé, la première récolte a déjà eu lieu le 4 septembre : 460 kg de raisins ont été recueillis dans le parc Georges Brassens (15ème).

Mais à Paris, les vendanges ne sont pas terminées pour autant. Deux autres récoltes sont prévues : le jeudi 13 septembre au parc de Bercy et le mardi 25 septembre dans le parc de Belleville.

Ensuite, il y aura bien sûr de la célèbre Fête des Vendanges, qui investira Montmartre du 10 au 14 octobre. Un événement qui permettra de découvrir et déguster (avec modération !) un véritable vin de terroir … du terroir parisien !


 

>> Taille de la vigne du clos de Montmartre.

>> Fête des Vendanges de Montmartre.

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Le recyclage des friches parisiennes (6/13) : La Gare XP.

6 Septembre 2018, 10:21am

Publié par barreteau

 Le recyclage des friches parisiennes (6/13) : La Gare XP.

La gare XP au 18, boulevard Sérurier Paris 19e

Non "Gare XP" n'est pas un logiciel tournant sur le déjà ancien système Windows XP !
Fondée il y a onze ans, la Gare XP (XP  pour "Expérimentale") est tout à la fois un espace d’expérimentation artistique, une salle de spectacle, une galerie d’exposition, un café associatif et aussi lieu de vie de ce quartier du 19ème.
En 2016, après avoir investi plusieurs lieux à Paris, le collectif s'installe dans les bâtiments d'entretien des "Eaux de Paris", à deux pas de la porte des Lilas et ce, à la suite d'une convention signée avec la Ville de Paris et après un an de travaux de désamiantage.
Et désormais, au 18 boulevard Sérurier, la Gare XP possède - sur 600 m2 - deux salles d'exposition et de spectacle et une salle polyvalente accueillant danse, massages, yoga…
S'y ajoute un jardin de 800 m2 qui produit des plantes aromatiques, comporte un poulailler et diverses cabanes d'expérimentations …
Tout cela donne à la Gare XP un air de "petite ZAD" !


>> La Gare XP, site officiel.

>> Compte Facebook de la Gare Expérimentale.

>> Le recyclage des friches parisiennes (5/13) : La Générale.

 

 

 

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Pipi popo.

27 Août 2018, 12:28pm

Publié par barreteau

 Pipi popo.

Uritrottoir sur l'Île Saint-Louis (Paris 4ème)

 

C'est la dernière idée d'Hidalgo, les pissotières "écologiques" dites "Uritrottoir", une invention d'une société nantaise qu'elle s'est empressée d'adopter.
De quoi s'agit-il ? Proposer aux répugnants individus qui urinent dans la rue au vu et au su de tout le monde, de le faire dans des trucs rouges et moches, avec des petites fleurs au-dessus - et évidemment rien pour se laver les mains.
Alors là, on tend vers le degré zéro de la civilisation, l'encouragement à l'exhibitionnisme, et de surcroît la "chose" n'est pas très inclusive puisque les femmes ne peuvent pas s'en servir !

Quand on pense qu'au même moment les toilettes "Art nouveau", protégées monuments historiques, sur la place de la Madeleine, sont livrées aux vandales et aux squatters, on comprend que le patrimoine et la beauté de Paris sont vraiment les dernières choses qui comptent pour la maire de Paris.

 

>> Ginette, boulevard Arago.

 

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Le recyclage des friches parisiennes (1/13) : Le Hasard Ludique

24 Juin 2018, 10:36am

Publié par barreteau

Le recyclage des friches parisiennes (1/13) : Le Hasard Ludique

Le Hasard Ludique. 128, avenue de St-Ouen (Paris 18e).

 

Le recyclage des friches parisiennes en lieux ludiques ou artistiques, souvent décalés et forcement "branchouille" est un sujet déjà abordé par Parisperdu (voir: La Sncf prête ses fiches aux artistes).
Aujourd'hui, cette tendance s'amplifie et se développe en de nombreux lieux de la Capitale laissés à l'abandon. Nous avons recensé 13 sites intra-muros situés sur des rails abandonnés, dans des friches industrielles ou encore au sein de gares fantômes ...

Tous ces lieux connaissent désormais une seconde vie sans toutefois avoir l'assurance d'une quelconque pérennité … mais le dépaysement lui est garanti !

Aujourd'hui, nous commençons cette revue des fiches parisiennes recyclées avec "Le Hasard Ludique".


C'est un petit pavillon à l'allure un brin exotique, suspendu au-dessus des rails, et érigé en 1863 pour accueillir la gare de l'avenue de Saint-Ouen. Mais le train ne dessert plus cette gare depuis 1934 aussi, au fil des décennies, le bâtiment a été reconverti d'abord en cinéma avant que divers commerces s'y succèdent.

Puis la Ville de Paris rachète les locaux et les met en concession pour établir un lieu de création et une salle de concerts. Après d'importants travaux de restauration et d'aménagement, le Hasard Ludique ouvre fin 2016.
Depuis, de nombreuses activités y ont vu le jour : fanfare, yoga du rire, éveil à l'anglais, théâtre d'improvisation… Et, la programmation musicale n'est pas en reste : bal guinguette, salsa, danse funky, "clubbing disco afro funk". A la cantine, le chef Kleevens Petit-Jean déroule un menu à 15 € le midi et des tapas le soir, mais aussi un "brunch du monde" les samedis et dimanches.

Le Hasard Ludique est vraiment un "spot cool". A découvrir d'urgence…


>> La Sncf prête ses fiches aux artistes.


>> Le Hasard Ludique, site officiel.

>> Le Hasard Ludique, musique au-dessus des rails.


 

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Où est passé l'argot parisien ?

12 Juin 2018, 09:36am

Publié par barreteau

Où est passé l'argot parisien ?

 Restaurant "Le Louchébem", angle du 31 Rue Berger, 75001 Paris

 

« L'argot est mon patois », disait Alphonse Boudard qui avait passé sa petite enfance chez des paysans avant de revenir, jeune adolescent, à Paris où il était né.
Mais l'argot parisien, le parler de Paname existe-t-il encore ? C'est fort douteux car ce parler populaire qui se "jactait naguère en toute honnêteté chez les prolétaires au turbin" a subi le sort des autres patois de France : la télévision unitaire, l'élévation du niveau de vie, la mondialisation et le fameux "vivre ensemble" ont eu leur peau.

Il faut bien se rendre à l'évidence, le patois de Paris a bel et bien disparu, tout comme le populo de Paname, le Titi Parisien ou l'accent délicieusement pointue d'Arléty. Car oui les parisiens ont changé et entre des bobos hors-sols qui se vautrent en permanence dans une novlangue aveugle et des gens dont la qualité de langage n'est pas la première préoccupation, c'est alors toute une partie du patrimoine français qui disparaît : celui de Paname...de Ménilmuche...et des Halles anciennes où étaient parlés le patois des Louchébem et l'Argomuche.
Le louchébem, la langue verte des bouchers des Halles, n'a plus sa place à Rungis. C'est dommage car à ce rythme les abattoirs vont bientôt ressembler à un laboratoire de Fleury Michon. Et désormais certains mots de l'argot d'antan n'ont plus leur place que chez des auteurs de romans policier qui assument ce que l'on pourrait assimiler à un devoir de mémoire.

Finalement, faut reconnaitre que "les mectons d'aujourd'hui, si tu jactes en homme, ils entravent que dalle, à croire qu'ils ont les esgourdes ensablées, ou le cibouleau dans les pompes", comme aurait dit Michel Audiard … ou encore Frédéric Dard !

 

>> Le Parisien n'est qu'un provincial de passage ...

>> Tout le monde déteste les parisiens ...

 

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Mai 68 a 50 ans !

12 Mai 2018, 10:45am

Publié par barreteau

Mai 68 a 50 ans !

Pont du Carrousel _ Paris, mai 1968

 

 

Il y a 50 ans, la France s'enflammait. Il y a 50 ans, le Quartier latin à Paris se couvrait de barricades, et des ouvriers bloquaient les usines. Le pays entier s'immobilisait alors que la société changeait profondément. ...

Mais aujourd'hui, que nous reste-t-il de Mai 68 ? Quel héritage nous a été transmis par cette génération en révolte ? On sait désormais que le talent des créateurs de slogans travaillés dans les ateliers de la Sorbonne s'est reconverti dans les agences de pub !
Et, au-delà de son aspect festif, le mouvement de Mai 68 précipita la grande désagrégation des sociétés occidentales, par la remise en cause des valeurs traditionnelles : la famille, l'autorité, la nation …
Un anniversaire à fêter ? Oui ou non ? A vous de choisir et aussi peut-être de poster ici votre avis …

 

>> Mai 68 déjà sur Parisperdu

 

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M. Barbès et Mme de Rochechouart.

26 Février 2018, 11:00am

Publié par barreteau

 

 M. Barbès et Mme de Rochechouart.

Station de métro Barbès-Rochechouart Paris 18ème (18 décembre 2014_ 18h20)

 

Tout comme Monsieur Lefèbvre et Mademoiselle Utile ont donné leurs initiales aux petits beurres "LU", M. Barbès et Mme de Rochechouart ont donné leurs noms à la station du métro parisien "Barbès-Rochechouart".

Mais au fait qui sont-ils ?
Armand Barbès fut un opposant à la monarchie de Juillet. Républicain et révolutionnaire, il fut, avec l'anarchisme Auguste Blanqui, le chef de file de l'insurrection de mai 1839 qui avait pour projet de renverser le roi Louis-Philippe. Mais cette attaque sera un cuisant échec. Elle aura non seulement pour résultat, de signer la fin d'une amitié entre Blanqui et Barbès mais aussi celle de faire arrêter ce dernier et de le condamner à mort. Pourtant grâce à une intervention de l'illustre chef de file des Romantiques, Victor Hugo, Barbès sera finalement gracié.
En 1848, il tente -en vain- de créer une nouvelle République en profitant d'une insurrection à l'Hôtel de ville de Paris. Cette dernière déconvenue lui laisse un goût si amer que Barbès décide de plier bagages pour les Pays-Bas et de ne plus jamais revenir en France. Il meurt là-bas en 1870.

Et qu'en est-il de "Rochechouart" ?
Née Marguerite de Rochechouart de Montpipeau, cette religieuse fut - à la jonction du XVIIe et XVIIIe siècle - l'une des abbesses de Montmartre. Elle dirige même la célèbre abbaye de 1718 à 1727.

"Rochechouart" fait partie des rares stations du métro parisien à porter le nom d'une femme. Et, reconnaissez que, le nom d'un anarchiste, Armand Barbès, accolé à celui d'une abbesse, répondant au merveilleux nom de Marguerite de Rochechouart de Montpipeau, c'est tout de même savoureux.

 

>> A Barbès, les nouveaux marchés de la misère.
 

>> Le Louxor, renaissance à Barbès.

 

 

 

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Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

2 Février 2018, 12:06pm

Publié par barreteau

Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

    Rue de Ménilmontant _ Paris 20ème

 

C'est Willy Ronis qui nous parle de son attachement à Belleville et à Ménilmontant :

"Ce quartier, dans l’imaginaire des petits bourgeois qu’étaient mes parents, avait une connotation très péjorative, c'était un quartier de voyous. Je le découvre fin 1947. Ma femme qui était peintre, connaissait un garçon du nom de Daniel Pipard qui habitait 88 rue de Ménilmontant et qui lui avait dit : "Tu devrais venir avec ton mari chez nous, j'ai un chic atelier dans une petite impasse, rue de Ménilmontant, et tu verras, c'est un quartier intéressant."

Et c’est ainsi qu'accompagnant ma femme, j’ai fait la connaissance et des Pipard et du quartier. Daniel Pipard m’a emmené deux ou trois fois voir certains coins pittoresques du quartier et je me suis pris d’un très grand intérêt pour Belleville et Ménilmontant et au bout d'un certain temps, je lui ai dit : "Laisse-moi maintenant, je vais faire des photos, on verra bien ce qui en sortira."
Et chaque fois que j’avais un peu de temps devant moi, je sautais sur ma moto mais comme à cette époque, j'habitais le 15ème, je traversais donc tout Paris pour voir ce quartier et pour aller chez cet ami peintre. Et puis voilà, je me suis pris d'intérêt, d’affection pour ces lieux mais je ne l’ai pas fait en chercheur et en historien, je l'ai fait simplement au pif, comme ça. Je me promenais comme dans une ville étrangère que j’étais peut être amené à ne jamais revisiter.
Je suis assez peu entré chez les gens, j’ai surtout musardé par les rues et les passages. C’est ainsi que j'ai engrangé beaucoup de documents entre novembre 1947 et 1950. Je pensais qu’il y avait là matière à un album. J'ai montré mes photos à une dizaine d'éditeurs, mais ça n’a intéressé personne. Entre temps, j’ai fait la connaissance de Pierre Mac Orlan que Daniel Pipard connaissait bien et qui a bien voulu, à tout hasard, m’écrire une préface pour ce projet. Voyant que je n'obtenais aucun succès en montrant ces photos, je les ai fourrées dans un tiroir et je n’y ai plus pensé.

En 1953, j'ai eu un jour la visite de Claude Arthaud, la fille de Benjamin Arthaud, le fondateur des éditions, et elle me dit : "Voilà, mon père m’a confié la direction d'une collection qui s’appellera Les Imaginaires et j’aimerais bien, connaissant votre travail, commencer avec un album signé de vous. Est-ce que vous avez un sujet que vous voudriez bien traiter ? " Alors je lui dis : "Non seulement cette idée me plaît mais j'ai quelque chose de tout prêt". J’ai ouvert le tiroir où dormaient depuis très longtemps toutes ces photos et cela lui a beaucoup plu. La première édition a paru en 1954. Ce livre a eu un succès d’estime mais une bonne partie est partie dans les boîtes des quais et ensuite rachetée par des soldeurs.

Entre temps, je m'étais tellement épris du quartier qu’il n'était pas question de ne pas y retourner parce que le livre était paru. J’ai donc continué à y faire des photos dans les années cinquante et soixante et puis ma vie a pris un autre tour, j’étais préoccupé par d’autres sujets. D'ailleurs entre 1972 et 1983, ma femme et moi, nous avons quitté Paris pour le Vaucluse et je n’y ai plus pensé. Mais si je me plaisais beaucoup dans le Midi, j’avais quand même une certaine nostalgie de ma vie antérieure.

Et donc en 83, j'avais reparlé chez Arthaud d’une éventuelle réédition du livre car on n’en trouvait plus sauf chez des libraires spécialisés où ils se négociaient fort cher. L'éditeur a acquiescé et la deuxième édition est parue en 84. Elle a été épuisée en trois mois. Depuis il y a encore eu deux autres éditions.
Dans le quartier, il y avait naturellement les nostalgiques, les gens qui habitaient là et qui ont vu changer le quartier, pas en très bien la plupart du temps, et puis également les gens qui s’intéressaient au vieux Paris et pour qui ce livre était un reflet du vieux Paris disparu, enfin presque entièrement disparu".

Après avoir lu cela, vous comprenez aisément pourquoi Parisperdu porte un si vif intérêt à ce quartier de Paris et aussi au photographe qui en a si bien restitué l'atmosphère si particulière et si attachante. Un grand merci, un très grand merci Willy …


>> Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

>> La traversée de Belleville par Willy RONIS.

>> Parisperdu, la genèse du blog.

 

 

 

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Les lumières de l'Evangile.

27 Janvier 2018, 17:28pm

Publié par barreteau

Les lumières de l'Evangile.

Quartier de l'Evangile, Station Rosa Parks, Paris 18e et 19e, février 2016.

 

Je suis revenu des dizaines de fois à cet endroit car je voulais sentir les saisons, la brume hivernale à l’aube, la pluie légère ou drue, la neige pourtant rare à Paris, mais aussi le soir à la tombée de la nuit. 

Chaque mois, chaque jour, chaque moment, la lumière varie sans cesse et pour le photographe, elle est très importante, primordiale même. Ici, elle permet aussi de restituer l'émotion ressentie avant la restructuration de ce quartier de l'Evangile, un quartier à cheval entre le 18e et le 19e arrondissement.

C'est un endroit unique dans la capitale, où trônaient autrefois les gazomètres, où l'on trouve encore aujourd'hui le dernier calvaire de Paris et où la rue sur quelques centaines de mètres semble se poursuivre sans fin entre ses deux murs semblables pour se perdre en elle-même …

Pour obtenir la bonne lumière, j’ai parfois attendu toute une journée. Je me souviens d’avoir poireauté ici cinq heures sous une pluie fine, légèrement abrité par la tranchée des chemins de fer de l'Est.
A la fin de la journée, un arc en ciel est apparu au-dessus des immeubles, des grues et des voies ferrées. Alors, c’est comme si la lumière diffractée était sortie de terre et qu'elle voulait nous restituer tout ce qui a ici disparu, enterré par ce nouveau quartier.
Un vieil adage ne prétend-t-il pas qu’au pied de l'arc en ciel, il y a un trésor ?
Ce jour-là, pour moi, c’était la photo parfaite.

 

>> Retrouvez le secteur de l'Evangile, sur Parisperdu.

 

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Le viaduc de Tolbiac a été "valorisé" !

17 Janvier 2018, 14:37pm

Publié par barreteau

Le viaduc de Tolbiac a été "valorisé" !

“Brouillard au Pont de Tolbiac”, dessin de Jacques Tardi (1982).

 

C'est une longue histoire qui a connu son épilogue au cours de l'année 2017. Le viaduc de Tolbiac, cher au détective Nestor Burma, décrit par Léo Malet, filmé par Jean-Pierre Melville et dessiné par Jacques Tardi a été "recyclé" en février 2017.

L'affaire débute en février 96, quand la Semapa, chargée de l'opération "Seine-Rive Gauche", commence le démantèlement du viaduc. A l'époque, explication alors toute poétique de la Semapa, : "Il y avait incompatibilité de l'ouvrage existant avec le parti pris architectural de la ZAC". Un "parti pris" qui consistera à déverser sous forme de dalle un vaste tapis de béton pour recouvrir l'ensemble des voies ferrées surplombées par le viaduc.
Mais sa condamnation n'a provoqué ni l'émotion ni la mobilisation qui avaient par exemple sauvé de la casse l'hôtel du Nord. Car en effet, les aménageurs, échaudés par la contestation que suscite l'ensemble de leur ZAC, ont pris soin de ménager le "symbole" : le pont ne sera pas détruit, mais démonté. Une nuance qui permet à la Semapa de balayer les critiques et d'assurer que le pont sera un jour remonté. "Sa réinstallation sera d'autant plus emblématique qu'elle se fera à proximité de son implantation première et dans un délai rapide pour que sa mémoire ne s'efface pas", affirme alors sans coup férir la directrice générale de la Semapa.

La carcasse du viaduc ­est donc démontée, en trois morceaux, ripée en dehors du site ferroviaire­ et entreposée dans la petite gare d'Auneau, dans l'Eure-et-Loir !

Il faut bien dire que les aménageurs du XIIIe ont démontré une méconnaissance totale du patrimoine populaire de ce secteur. L'histoire du pont colle pourtant à celle de l'arrondissement. Construit en 1895 pour remplacer une passerelle en bois, il a été bâti à l'image du petit peuple de ces quartiers : pas beau, mais solide et utile.

Bien sûr, le pont ne sera jamais réinstallé. Comme la fameuse rue Watt, sacrifiée elle aussi sur l'autel de la ZAC, c'est encore un lieu identitaire fort du Paris populaire qui passe à la trappe.

Fin 2016, la Semapa passe un appel d'offre pour un "marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Auneau (28)".
Courant 2017, les quelques 600 tonnes de l'ouvrage partent pour un site sidérurgique dont la destination exacte a été gardée confidentielle.
Que voulait-on cacher ? Que craignait-on vraiment ? L'annonce de sa "valorisation" ne pouvait plus alors émouvoir personne … sauf peut-être quelques cheminots à la retraite …

 

>> La saga du viaduc de Tolbiac sur Parisperdu : 

-  Le viaduc de Tolbiac.

- Le viaduc de Tolbiac (Suite) ....

- Viaduc de Tolbiac, où es-tu ?

>> "Marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Aneau (28)" passé par la Semapa.


>> La Semapa reconstruira le viaduc !

 

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Les parisiens.

22 Décembre 2017, 11:30am

Publié par barreteau

Les parisiens.

Rue Montorgueil Paris 1er

 

"Les parisiens n'ont jamais de leur ville le plaisir qu'en prennent les provinciaux.
D'abord, pour eux, Paris se limite à la taille de leurs habitudes et de leurs curiosités.
Un parisien réduit sa ville à quelques quartiers, il ignore tout ce qui est au-delà, et qui cesse d'être Paris pour lui.
Puis il n'y a pas ce sentiment presque continu de se perdre qui est un grand charme. Cette sécurité de ne connaître personne, de ne pouvoir être rencontré par hasard".

Extrait du roman "Aurélien" de Louis Aragon.


>> "I love rien, I'm parisien"

>> Tout le monde déteste les parisiens ...


 

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Sente à Bigot

11 Décembre 2017, 14:54pm

Publié par barreteau

Le fond de la Sente à Bigot - 75019 Paris

Nous sommes à l'exacte limite du "9-3" et du 19ème arrondissement de Paris. Et, à cet endroit précis, une drôle d'impasse débouche sur le boulevard, c'est la sente à Bigot

A son entrée, le long de l'immeuble de logements sociaux Adoma, une quinzaine d'africains ont étalés chaises, fauteuils et petits mobiliers récupérés alentours et plus ou moins convenablement retapés. Tout est à vendre pour des prix oscillant de 2 à 15 euros.

Au fond de la sente, un bâtiment pseudo-futuriste, c'est le centre de maintenance de la RATP. Avec sa multitude d'ouvertures rondes et son toit-hélice, il étonne et surtout contraste fortement avec l'environnement plutôt glauque du secteur.
Et, avec sa proue en béton, il ressemble à un navire prêt à affronter l'océan de rails qui s'étale à ses pieds.

La sente à Bigot n'est décidément pas une adresse ordinaire ….

 

>> Le centre de maintenance RATP du site La Villette, 8 Sente à Bigot, XIXe arrondissement de Paris.

 

 

 

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"6 mètres avant Paris"… il en reste très peu !

30 Novembre 2017, 10:01am

Publié par barreteau

"6 mètres avant Paris"… il en reste très peu !

Jonction du boulevard Félix Faure à Aubervilliers et du Boulevard de la Commanderie Paris 19ème.
Photo © : Aspered

 

Eustache Kossakowski réalise, au Printemps 1971, une série de 159 photos qu'il intitule "6 mètres avant Paris". Le regard attiré par les panneaux indiquant la limite administrative de Paris, Kossakowski décide de les photographier tous, absolument tous. Peu importe qu'ils soient en tôle ou en ciment, l'essentiel pour lui, est qu'ils portent le nom de la capitale.

Lors de mon billet consacré à cette série de Kossakowski, je disais : "Aujourd'hui, refaire cet exercice est totalement impossible. A quelques très rares exceptions près, les panneaux "Paris" ont tous disparu des portes d'entrée de la capitale : comme pour mieux signifier que Paris déborde maintenant sur les banlieues ... à moins que ce ne soit l'inverse ... !

Et pourtant ... sur Instagram, j'ai récemment découvert une démarche similaire. Aspered, l'auteur-photographe nous dit : "Sans d'abord connaître le travail de Kossakowski, je me suis moi aussi lancé dans l'idée de photographier ces panneaux qui entourent Paris. Mais il n'en reste plus beaucoup. Et, en 2017 ça devient une véritable chasse au trésor, car je n'en ai trouvé qu'une petite quarantaine ... 38 exactement !"

Merci à l'auteur de ce remake, désormais passablement "écourté" …

 

>> Le travail d'Eustache KOSSAKOWSKI sur Parisperdu

>> Ici, c'est Paris ...

>> "6 mètres avant Paris", récemment au MAC VAL

 

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