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PARISPERDU

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Vive la nostalgie !

20 Novembre 2017, 15:45pm

Publié par barreteau

Vive la nostalgie !

Rue de Belleville _Paris 20ème


Dans ces quartiers excentrés de Paris, faute de volonté réelle au plus haut niveau, le passé disparaît progressivement. Ainsi c'est tout un pan de Belleville qui n'existe plus désormais que dans certaines mémoires.

Toutefois, en se promenant dans les rues pentues du 20ème arrondissement, on ressent, aujourd'hui encore, un sentiment étrange : tout n'a pas disparu ! Le côté "à part", celui d'un Paris différent du reste de la capitale est encore là dans quelques recoins protégés de Belleville et de Ménilmontant.  Mais ce ressenti est une chose intime, différent du spectaculaire, aussi est-il est difficile à transcrire.

Alors, malgré tous les bouleversements qu'a connu le secteur, on se rend bien compte que ce Paris n'est pas près de disparaître... Et c'est tant mieux !

Alors, vive la nostalgie ! Vive les dinosaures ! Et bienvenue dans le monde réel.


>> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

>> Parisperdu et la nostalgie.

 

 

 

 

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Les couvreurs-zingueurs de Paris au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco ?

10 Novembre 2017, 14:28pm

Publié par barreteau

Les couvreurs-zingueurs de Paris au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco ?

 

Actuellement, 80% des toits parisiens sont recouverts de zinc, une matière qu’il faut renouveler tous les 50 ans, un chantier permanent mené à bien par des couvreurs-zingueurs, des hommes harnachés au-dessus du vide ou juchés sur des échelles.

Aujourd'hui, les couvreurs de Paris militent pour que leur profession soit inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco. Ils sont les gardiens d’un océan de gris, de tous ces toits de zinc qui participent au caractère unique de la capitale. Car depuis Napoléon III, tous les immeubles haussmanniens sont recouverts de zinc, un matériau peu cher et facile à installer. C’est ainsi que, peu à peu, une forêt métallique a recouvert Paris de gris, rendant largement visible, depuis le ciel, la transformation de la capitale par le baron Haussmann.
 
Le zinc a aussi permis aux architectes d’utiliser peu de charpentes, laissant plus d’espace intérieur pour y vivre. Sont alors apparues les chambres sous les toits, les chambres dites "de bonnes", elles aussi typiques de Paris.
Ces toits au charme désuet sont devenus l'un des symboles de la capitale, immortalisés par la photographie, la peinture ou le cinéma. C’est là, par exemple, qu’Henri Verneuil situe la course-poursuite de Jean-Paul Belmondo dans « Peur sur la ville » (1975). Tandis que sur l’affiche de « Paris nous appartient », de Jacques Rivette (1958), Gianni Esposito arpente le toit du Théâtre de la Ville.

Pour obtenir la reconnaissance de l'Unesco, une première étape a été franchie en juin dernier lorsque le savoir-faire du couvreur-zingueur parisien a été inscrit à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel français.

À terme, les couvreurs-zingueurs souhaitent que les toits eux-mêmes soient reconnus par l’Unesco, cette fois par une inscription au patrimoine matériel mondial : les toits de Paris auraient alors une valeur universelle.
Mais la démarche est compliquée et, surtout, il reste à convaincre Anne Hidalgo, fervente militante de la végétalisation des toits, et … toujours là pour la casse des traditions, des particularités et du patrimoine de Paris ! Non Parisperdu ne lui dit pas merci …


>> C'est le lieu exact où les toits de Paris paraissent s’étendre à l’infini …

>> La couleur de Paris.

>> Les chambres sous les toits, les chambres dites "de bonnes", elles aussi typiques de Paris.

 

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Des noms d'une grande banalité …

31 Octobre 2017, 12:30pm

Publié par barreteau

Des noms d'une grande banalité …

Cité Antoine Loubeyre _ Paris 20ème

 

Sur le territoire du 20ème arrondissement, pas de beaux monuments ou de choses spectaculaires à voir. D'ailleurs un signe qui ne ment pas :  les touristes ne s'y risquent guère.
Et, de surcroît, dans le secteur, les appellations des rues ne font pas vraiment rêver...
Elles doivent fréquemment leurs noms à des lotisseurs, à d'anciens propriétaires de terrains ou encore d'immeubles. Des noms devenus aujourd'hui d'une grande banalité …

Pour rehausser leur faible prestige, on leur a accolé les vocables plus séduisants de "Villa" : Godin, Hardy, Olivier Métra … ou de "Cité" : Adrienne, Antoine Loubeyre, Aubry, Bisson…

Mais au final, rien qui ne peut être comparé à une rue du Paradis, un passage du Désir, une allée des Brouillards ou une place des Fêtes …

 

>> Le 20ème, sur Parisperdu (environ 140 billets !!!)

 

 

 

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Photographes Humanistes (5/13) : René-Jacques.

26 Octobre 2017, 09:54am

Publié par barreteau

 

 Photographes Humanistes (5/13) : René-Jacques

Paris 1933, Photo : © René-Jacques.
 

Dès ses 20 ans René Giton "dit René-Jacques" se passionne pour la photographie et obtient un premier prix au Concours de photographie amateur de Royan.

Puis le jeune homme entreprend des études littéraires et de droit qui devraient lui ouvrir une carrière politique. Cependant, sans autre formation qu'un stage d'assistant chez le photographe Gilbert Boisgontier, il décide de faire de son loisir favori son métier, adoptant définitivement son nom d'artiste : René-Jacques.

Il entreprend alors des recherches personnelles, notamment sur Paris, qu'il photographie de jour comme de nuit, dans un registre à la fois impressionniste et poétique. On le remarque surtout pour ses compositions équilibrées, pour les tonalités subtiles de scènes de rues souvent désertes.

Dans les années 1950, il est l'un des fondateurs du Groupe des XV, un collectif de photographes qui comptera en autre Robert Doisneau et Willy Ronis. Ce groupe représente, à lui seul, le mouvement humaniste de la photographie française d'après-guerre.

Travailleur infatigable, régulièrement sollicité par la publicité qui apprécie son style élégant et novateur, René-Jacques ne renoncera jamais à son œuvre d'auteur humaniste. Des écrivains comme Léon-Paul Fargue ou Francis Carco recourent à lui pour illustrer leurs ouvrages, appréciant sa vision singulière du paysage urbain. C'est alors comme si la carrière littéraire, envisagée par René Guiton dans sa jeunesse, trouvait son aboutissement dans l'expression du photographe.

Il nous quitte en 2003, à l'âge de 95 ans. Quand je vous dis que la photo humaniste assure à qui la pratique une belle longévité : Ronis a vécu jusqu'à 99 ans …


>> Voir aussi : Paris dans l'œil des maîtres. (1/3)


>> Rétrospective René-Jacques au Jeu de Paume.

>> René-Jacques sur Parisperdu.

>> Photographes Humanistes (4/13) : Janine Niepce

 

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La couleur de Paris.

27 Septembre 2017, 09:58am

Publié par barreteau

 

La couleur de Paris.

 

"De ma lucarne, j'ai vue sur Paris et je regarde les dômes, les flèches, les coupoles, les tours, les cheminées d'usines, les toits, les siècles, le gris du zinc, de l'ardoise et des fumées ou des brouillards. Le gris est la teinte dominante, mais un gris nuancé, différencié à l'extrême."

Extrait de "Tout sur le tout" d'Henri Calet

 

 

>> Quand Henri Calet traînait dans les quartiers pourris de Paris.

 

 

 

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Les Photographes Humanistes (2/13) : Sabine Weiss

22 Septembre 2017, 09:01am

Publié par barreteau

Les Photographes Humanistes (2/13) : Sabine Weiss

  L'homme qui court, Paris, 1953. © Sabine Weiss

 

(Billet dédié à Sarah, elle se reconnaîtra)

 

C'est sans doute la dernière grande représentante encore vivante de l’école humaniste de la photographie française d'après-guerre. Sabine Weiss, née en 1924, a aujourd'hui 93 ans … et 80 ans de prises de vue "derrière elle".
Et il faut croire que la photo humaniste assure, à qui la pratique, une belle longévité : Ronis a vécu jusqu'à 99 ans …

Sabine Weiss démarre la photographie très jeune, parce que la manipulation chimique du développement l'intéresse ; son père est ingénieur chimiste.

Genevoise d'origine, une peine de cœur la fait fuir à Paris en 1946. Elle y débarque au petit matin sans point de chute mais rapidement devient l’assistante du photographe de mode Willy Maywald. Trois ans plus tard, elle rencontre son mari – le peintre américain Hugh Weiss – et se lance comme photographe indépendante. Elle fait alors de tout : de la publicité, de la mode, du reportage et des portraits d’artistes.

En 1950, elle fait le portrait de Miro, ce qui lui vaut un rendez-vous avec le directeur de Vogue. Elle dira : " Je suis arrivée avec mes photos de clochards et de morveux. Un monsieur assis à côté de moi, hochait la tête en disant : « Bien, bien ». C’était Robert Doisneau. Je ne connaissais même pas son nom à l’époque. Tout de suite, il m’a proposé de rejoindre l’agence Rapho".

Le fondateur de Rapho, Charles Rado, exporte alors le travail de Sabine Weiss aux Etats-Unis, où elle devient plus connue qu’en France.

Sabine Weiss photographie beaucoup pour Vogue mais ce sont ses clichés en noir et blanc, des instantanés captés dans les rues de Paris, qui marqueront l’histoire de la photographie du XXe siècle.
Sens de la composition, maîtrise de la lumière et de l'instant décisif, elle s’inscrit dans la lignée d’un Cartier-Bresson ou d’un Willy Ronis, les géants de la fameuse "école humaniste française de l’après-guerre".  Plus tard, elle déclarera : "Je n’aime que les photographies prises dans la rue, au hasard des rencontres ". 

Photographes humanistes… Pourquoi a-t-on inventé ce terme ?
Parce que ces photographes sont sensibles aux gens qui les environnent et produisent des images pouvant paraitre simples, dépouillées, mais qui montrent la joie, le malheur, la vie de tous les jours d’un individu. Et, certaines de ces images, sans importance à l’époque, deviennent aujourd'hui capitales car la vie a changé.
Sabine a photographié surtout les gamins et les clochards des rues de Paris, les passants, les amoureux et les musiciens, avec une sensibilité et un talent de la composition formidable.

Dans les années 1980, Sabine Weiss multiplie les voyages et se penche notamment sur la thématique des religions.
Elle a arrêté la prise de vue il y a 2-3 ans car avec une épaule cassée, elle dit ne plus pouvoir tenir convenablement l’appareil….

C’est désormais la gestion de ses archives qui l'occupe car elle vient d'en faire le don au Musée de l’Elysée, à Lausanne : 200 000 négatifs, 7000 planches-contacts, quelques 2700 tirages vintage et 2000 tardifs, 3500 tirages de travail et encore 2000 diapositives… eh oui, 80 années de déclic ! Merci Madame !

 

>> Sabine Weiss, en juin 2016 (photo © Jacques Maugars)

>> Sabine Weiss, site officiel

>> 
Photographes Humanistes (1/13) : Marcel Bovis

 

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Les Photographes Humanistes (1/13) : Marcel Bovis.

12 Septembre 2017, 10:56am

Publié par barreteau

Photographes Humanistes (1/13) : Marcel Bovis

Marcel Bovis, Boulevard Beaumarchais, Paris, 1954

 

Il y a une dizaine d'années, j'écrivais : "on ne se lassera jamais de regarder les images de ces photographes humanistes : celles des célébrissimes Ronis, Doisneau, Boubat, Izis, Brassaï et celles d'auteurs moins connus -mais tout aussi représentatifs de ce courant- que sont : Marcel Bovis, René-Jacques, Jean Dieuzaide, Janine Niepce, Sabine Weiss, Jean Marquis, Jean-Philippe Charbonnier, Édith Gérin, Ina Bandy, André Papillon, Léon Herschtritt, Jean-Louis Swiners ou encore Eric Schwab ..."
 

Et bien à partir d'aujourd'hui, je vais vous faire découvrir ou mieux connaître ces photographes humanistes peut-être moins célèbres mais tout aussi représentatifs de ce courant.

Ils sont donc 13 et le premier d'entre-eux, qui d'ailleurs est sans doute le plus connu, est Marcel Bovis.

Bovis est un photographe au tempérament discret, un travailleur acharné, un manuel et un homme curieux que tout intriguait.
Né à Nice en 1904, donc avant Willy Ronis (1910), Izis (1911) et Robert Doisneau (1912), Marcel Bovis découvre la photographie au service militaire, à Briançon. Premiers sujets : les paysages enneigés et ses copains de régiment, des photos qu'il développe dit-il : "dans l'écurie du colonel, le seul endroit où il y avait de l'eau".

C'est un hobby certes, mais il le pratique avec sérieux, patience et précision car, par exemple, n'ayant pas de cellule, il devait intuitivement deviner le temps exact de pose.

Tout en gagnant sa vie comme décorateur, Bovis continue à apprendre et, sur un coup d'audace, rejoint l'équipe de la revue Arts et Métiers graphiques. De cette époque des années trente, datent ses beaux reportages sur Paris la nuit, puis, plus tard, ses clichés sur les fêtes foraines, dont il saura préserver la densité poétique.

En 1941, désormais rattaché au monde de l'image, Marcel Bovis devient un photographe-illustrateur pour des éditeurs, ou même des auteurs. Chartres et ses vitraux, Bourges, Nîmes, Avignon, la France l'accueille à bras ouverts, comme naguère le fakir Motto Louis avec sa femme volante.
S'il est plutôt resté en coulisses, témoin modeste loin des stars et des sunlights, on lui doit toutefois un somptueux portrait de Duke Ellington. Marcel Bovis a aussi expérimenté les solarisations, tenté quelques collages, osé quelques nus et beaucoup étudié l'histoire de la photographie : ­ il était fou d'Eugène Atget et de son esprit indépendant, "fidèle à la ligne qu'il s'était tracée".
 
En 1991, Marcel Bovis fait don à l’État français de tout son trésor, plus de vingt mille négatifs et contacts originaux, réalisés entre 1927 et 1977.
"J'ai essayé de faire au mieux", confiera-t-il lors de sa rétrospective au Palais de Tokyo (1992), heureux de cet hommage qui lui donnait l'occasion d'évoquer Paris.
Il nous a quittés en 1997, il avait 93 ans …

 

 

>> Marcel Bovis au Grand Palais.

>> Les Humanistes sur Parisperdu

>> La photo humaniste a-t-elle un avenir ?

>> Voir aussi : Paris dans l'œil des maîtres. (3/3)

 

 

 

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Connaissez-vous les stations de métro : Rue d'Allemagne et Berlin ?

30 Juin 2017, 11:35am

Publié par barreteau

 Station de Métro Jaurès (2013) / Rue d'Allemagne (1913) _Paris (19ème)

 

C'était avant la guerre mondiale, la première, la Grande, celle de 14-18. Il y a cent ans donc, Paris avaient deux stations de métro faisant référence à notre voisin allemand : La station Rue d'Allemagne et la station Berlin.

La station Rue d'Allemagne a été ouverte en 1903, soit quelques semaines après l'ouverture de la ligne ; pendant les premiers temps, les trains y passaient sans s'arrêter.
Mais elle est débaptisée juste avant la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France le 3 août 1914. Le début de la Première Guerre mondiale succédant de quelques jours à l'assassinat de Jean Jaurès, un nom de remplacement fut vite trouvé. Ce sera la station Jaurès, un nom idoine pour une station desservant un arrondissement populaire (19e).

Il en va de même pour la station Berlin, une station de la ligne 13, située à la limite des 8e et 9e arrondissements de Paris. Elle est ouverte en 1911. Au début de la Première Guerre mondiale, elle est fermée ; à sa réouverture en décembre de la même année, elle est, ainsi que la rue éponyme, débaptisée pour prendre le nom de la ville belge de Liège. Ce nom a été donné afin de célébrer la résistance héroïque de cette ville lors de l'attaque allemande en 1914.

On notera à titre anecdotique que, pour la même raison, et à la même époque, le "café viennois" fut renommé "café liégeois" …


>> Plan du Métro de Paris (1913)

 

 

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Finkielkraut et "La merveille de la promenade".

2 Juin 2017, 14:01pm

Publié par barreteau

Finkielkraut et "La merveille de la promenade".

Promeneuse, près du canal Saint-Martin_ Paris 10ème

 

Finkielkraut nous dit: "L'Occident - dans ce qu'il a de beau - est né de la promenade. Aristote se promenait, les chemins qui ne mènent nulle part de Heidegger. Rimbaud vagabondait. La promenade est une expérience sensible, spirituelle".

A l'instar de Julien Green, qui rêvait d'écrire "un livre sur Paris qui fût comme une grande promenade sans but, où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas"; mes déambulations de "boulevardier de Paris" sont un continuel enrichissement.

Le boulevardier est un rêveur, il préfère les images aux concepts, car pour prendre forme, ces derniers exigent du travail. Il est seulement occupé à arpenter rues et boulevards, selon un ancien code culturel du parisianisme qui tend à disparaître tout comme le paseo espagnol, la passeggiata italienne ou les promenades en soirées sur les corniches marocaines ou égyptiennes …

Mais, "Parisperdu" est avant tout une invitation à la flânerie, un apprentissage à porter un certain regard sur la ville. Et, regarder la ville, n'est-ce pas aussi, d'abord, apprendre à regarder ses habitants,... au hasard des rencontres et dans les coins les plus reculés de la capitale.

Alors, tout comme Finkielkraut qui s'émerveille de la promenade, je vous souhaite de merveilleuses promenades et surtout d'agréables rencontres dans ce Paris dont on devient forcement amoureux ... pour peu qu'on apprenne à le regarder vraiment.


>> Qu'est-ce qu'un boulevardier ?

>> Errance dans un Paris intemporel.

 

 

 

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Quartier perdu.

28 Mai 2017, 08:48am

Publié par barreteau

Quartier perdu.

En voiture à Paris (janvier 2017)

 

Aujourd'hui, je ne résiste pas à vous livrer un extrait de "Quartier perdu", un roman de Patrick Modiano, grand amoureux de Paris:

"En ce temps-là, Paris était une ville qui correspondait à mes battements de cœur. Ma vie ne pouvait s'inscrire autre part que dans ses rues. Il me suffisait de me promener tout seul, au hasard, dans Paris et j'étais heureux.

Il était neuf heures du matin. J'ai baissé la vitre. Une bouffée d'air doux au parfum de feuillage et de poussière a pénétré dans la voiture.

Le chauffeur conduisait d'une manière nonchalante, en tenant le volant d’une seule main. L'autre chauffeur nous suivait de si près que souvent les deux automobiles étaient pare-chocs contre pare-chocs.

Nous avions pris les quais et longions les grilles du jardin des Plantes. A quelques centaines de mètres, vers l'intérieur, s'élevait le dôme de l'hôpital du Val de Grâce, où, cet automne, on m'avait gardé trois mois avant de me délivrer pour toujours de mes obligations militaires. Sept ans de collèges, six mois de caserne et trois mois de Val de Grâce. Maintenant, personne ne pourrait plus jamais m'enfermer quelque part. Personne. La vie commençait pour moi. J'ai baissé complètement la vitre de la portière et j'ai appuyé mon coude, au rebord. Les platanes étaient déjà verts le long du quai, et nous passions sous la voute de leurs feuillages.

La circulation était fluide et l'automobile glissait sans que j’entende le bruit du moteur. La radio marchait en sourdine et je me souviens qu'au moment ou nous arrivions au pont de la Concorde, un orchestre jouait la musique d'Avril au Portugal. J'avais envie de siffler l'air. Paris, sous ce soleil de printemps, me semblait une ville neuve où je pénétrais pour la première fois, et le quai d’Orsay, après les Invalides, avait, ce matin-là, un charme de Méditerranée et de vacances. Oui, nous suivions la Croisette ou la Promenade des Anglais".


>> Quartier perdu, de Patrick Modiano chez Gallimard.

 

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Signal éthique …

27 Avril 2017, 18:59pm

Publié par barreteau

 

 Signal éthique …

 

"Par les chemins antidérapants" dit la signalétique … et l'information est plus qu'utile car les abords de la Très Grande Bibliothèque (TGB) peuvent se révéler, par temps de pluie, aussi glissants que la surface d'une patinoire. Ces terrasses revêtues d’un plancher en ipé ont été, dès leur mise en service, du plus bel effet, tant ce bois exotique apportait une touche de douceur face à tout le béton de la ZAC Paris Rive Gauche. Mais très vite les chutes de piétons sont devenues innombrables et ont provoqué la fermeture provisoire de certaines zones du parvis. Désormais, le platelage a été incrusté de bandes de résine antidérapantes destinées à éviter chutes et glissades, mais le signal éthique ou si l'on préfère la signalétique s'impose toujours et prévient : "Attention aux dérapages"

 

Autres billets sur la TGB:

>> Ici s'arrête le monde …

>> Le jardin interdit.

 

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Rue Ulysse Trélat.

27 Mars 2017, 11:01am

Publié par barreteau

Rue Ulysse Trélat.

   (1)                                                                        (2)                                         

Rue Ulysse Trélat :(1) Le cadrage choisi par Juillard et (2) le même endroit aujourd'hui.

C’était la seule rue de Paris sans aucune numérotation car aucune habitation ne la bordait.
Elle partait de la rue du Chevaleret et montait sur le pont de Tolbiac. Mais, au milieu des années 90, elle a été rayée de la carte, en même temps que le célébrissime viaduc de Tolbiac.

On peut toutefois la retrouver dans des BD dont l'histoire se déroule dans le 13ème arrondissement, tels "Brouillard sur le pont de Tolbiac" de Tardi, ou plus récemment "Le cahier bleu" de Juillard.
Dans ce dernier album, Planche 46, case 5 : rue Ulysse Trélat, Victor (l'un des personnages principaux) passe près des arches surplombant la rue du Chevaleret, mais le cadrage choisi par Juillard est devenu impossible à reproduire aujourd'hui car la rue Ulysse Trélat n'existe plus.

Mais si la rue a effectivement bel et bien disparu, on trouve aujourd'hui dans ce secteur du 13e arrondissement de Paris, un square Ulysse Trélat, … comme si la Ville avait eu quelques remords d'avoir supprimé la rue éponyme.


>> Juillard, 13 ème Paris

>> Le cahier bleu / Juillard.

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Quelques fois, j'ai simplement envie d’être ici …

22 Mars 2017, 08:59am

Publié par barreteau

Quelques fois, j'ai simplement envie d’être ici …

Place et rue du Calvaire _ Paris 18ème

Découvrir Paris à ses pieds est toujours un spectacle grandiose et émouvant.
Mais pour cela il faut prendre de la hauteur et se rendre soit sur des "spots" hyper touristiques: le 3ème étage de la Tour Eiffel, les tours de Notre-Dame, le parvis du Sacré Cœur … ou alors en des lieux plus confidentiels: le haut du parc de Belleville; judicieusement rebaptisé récemment "Esplanade Willy Ronis" ou encore la discrète butte Bergeyre.

Mais, le lieu exact où les toits de Paris paraissent s’étendre à l’infini, c'est bien lorsque vous êtes sur la butte Montmartre. Car c'est une simple affaire de triangulation: la latitude, la longitude et l'élévation sont ici idéales et la vue est alors tout simplement extraordinaire. Il y a toutefois un inconvénient notoire: l’endroit est très souvent bondé. Alors, pour profiter au maximum de la vue, il faut s'éloigner un peu du parvis du Sacré Cœur et atteindre la rue du Calvaire.
 
Là, assis sur les marches du petit escalier, au petit matin ou en fin de journée, uniquement aux heures creuses, j'ai quelques fois simplement envie d’être ici …

 

>> Le haut du parc de Belleville.

>> Le belvédère Willy Ronis.

>> La butte Bergeyre sur Parisperdu.

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Balades aux alentours de la rue du Loiret.

9 Mars 2017, 10:03am

Publié par barreteau

Rue du Loiret_ Paris 13ème

 

La rue du Loiret a été ainsi nommée en raison de son voisinage avec le chemin de fer qui desservait ce département. Elle a été profondément restructurée par les lourds travaux entrepris dans la zone car elle est située dans un secteur qui a beaucoup souffert de la vague effrénée de modernité de la déferlante ZAC Paris Rive Gauche…

Sous le crayon de Tardi, Nestor Burma, le détective créé par Léo Mallet, parcourt souvent la rue du Loiret. Et, sur l'une de ses planches, le bâtiment que l’on voit au fond est une ancienne gare de la petite ceinture: la station Masséna. Depuis maintenant longtemps, elle a perdu son caractère unique de terminus de campagne, dans son impasse, sous ses arbres qui autrefois cachaient sa passerelle de correspondance et ses quais un peu aériens.

Tout près, c'est une rue que sa nullité même avait fini par rendre célèbre. Il y a encore une vingtaine d'années, avec ses tabliers de ponts qui recouvrent et obscurcissent presque la moitié de son parcours, la rue Watt dégageait une atmosphère unique, à la fois sinistre mais attachante. Elle est aujourd'hui méconnaissable car devenue une sorte de long tunnel bétonné sans aucune âme.

Un peu plus loin, rescapée de la démolition systématique du secteur, l'usine de la Compagnie Parisienne de l'Air Comprimé a fière allure, avec sa haute cheminée et son hall vitré, elle tient encore la dragée haute aux blocs vitrés des bureaux neufs qui maintenant la cerne de toute part.

Décidément, les balades dans le 13ème réservent beaucoup de surprises…


>> La Station Masséna sur Parisperdu.

>> La rue Watt sur Parisperdu.

>> L'usine de la Compagnie Parisienne de l'Air Comprimé, toujours sur Parisperdu.

 

 

 

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Viaduc de Tolbiac, où es-tu ?

11 Février 2017, 09:37am

Publié par barreteau

Viaduc de Tolbiac, où es-tu ?
Base de l'ancien viaduc de Tolbiac, 62 rue du Chevaleret Paris 13ème.

 

Voilà tout ce qu'il reste de l'ancien viaduc de Tolbiac: une pile en pierre maçonnée. Elle recevait, jusque dans les années 1990, le célèbre ouvrage métallique qui surplombait les voies ferrées de la gare de Paris Austerlitz. Longtemps cet ouvrage a été le symbole d'un quartier, un lieu chargé d'histoire, au centre de l'une des plus belles intrigues policières de Léo Mallet.

Démonté en 1996, pour faire place nette à la sinistre Avenue de France et à ses kilomètres d'immeubles de bureaux dessinés par des visionnaires aveugles, où se trouve-t-il aujourd'hui ?

Pour répondre à la question, il faut aller à quelque 80 kilomètres de Paris, dans l'Eure, près de la gare d'Auneau. Là, sur un terrain militaire grillagé, il rouille sur place, à l'air libre, totalement démantelé, ses pièces empilées les unes sur les autres...

Lors de son démontage, il avait été prévu qu'on le remonte quelque part. Je dis "quelque part" car la mairie de Paris ayant refusé par le passé de nommer une rue, une école ou encore une place en l'honneur de l'auteur des "Mystères de Paris", il parait peu probable qu'un jour elle accepte le remontage de ce pont dans Paris.

Seule Montpellier, ville natale de Léo Mallet, fait ce qu'il faut pour préserver sa mémoire et son œuvre: aussi trouve-t-on dans l'agglomération Montpelliéraine une médiathèque, un cinéma et une école primaire qui portent le nom de l'écrivain.

Alors faudrait-il aller jusqu'à envisager que le mythique viaduc de Tolbiac enjambe un jour le Lez ou un autre lieu dans Montpellier … ? Il faudrait peut-être que le célèbre détective privé Nestor Burma enquête sur l'affaire …


>> Léo Mallet/Tardi: "Brouillard au pont de Tolbiac"

>> Le viaduc de Tolbiac, il y a 10 ans sur Parisperdu (1).


>> Le viaduc de Tolbiac, il y a 10 ans sur Parisperdu (2).

>> De Tolbiac à Auneau: Google Maps nous donne localisation exacte du viaduc en pièces détachées.

>> Dans sa livrée bleue, à quelque 80 kilomètres de Paris, le viaduc rouille sur place.

 

 

 

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