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PARISPERDU

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Voyage à Belleville (3/6) : Visite chez les artistes et les militants ...

29 Octobre 2014, 11:35am

Publié par barreteau

Rue Dénoyez _75020 Paris (juin2012)

Il suffit d’arpenter le pavé bellevillois pour se rendre compte à quel point l’art est partout, … même dans la rue.

Dans les années 80, de nombreux artistes ont investi les arrières-cours pour y occuper les ateliers désertés par les artisans. Et, en continuant à faire vivre ce patrimoine ouvrier, typique des faubourgs parisiens, ils l’ont mis en valeur.

C’est justement ce que l’on découvre chaque année au mois de mai à l’occasion des Portes ouvertes des "Ateliers d’Artistes de Belleville" : une concentration insoupçonnée d’artistes et de créateurs, invisibles habituellement car installés en retrait du tumulte de la rue.
Le plan distribué gratuitement à l'occasion de cet évènement est indispensable pour dénicher - et pas toujours facilement - ces espaces cachés. L'an dernier, ce sont plus de 250 artistes qui ont ainsi ouvert au public les portes de leurs ateliers. 

Dès sa création en 1989, l’association des AAB (Ateliers d’Artistes de Belleville) s’est inscrite dans une démarche non seulement artistique mais aussi militante. Constituée pour préserver le bas-Belleville alors menacé par un projet de ZAC (une vaste opération de destruction très contestée), l’association a su médiatiser sa cause et faire de l’ouverture des ateliers un rendez-vous original et incontournable. Et, ces mêmes artistes de Belleville ont aussi beaucoup œuvré au sein d'une autre une association "la Bellevilleuse". Ensemble, ces deux associations ont  sauvé le quartier du bas-Belleville des bulldozers.

Mais à Belleville, s’il est un lieu qui porte en lui tout "l’ADN artiste" du quartier, c’est bien "la Forge". Située au 23-25, rue Ramponeau, cette ancienne usine de clés est blottie au fond d’un terrain vague improbable, avec tout autour des murs recouverts de tags colorés et de dessins gigantesques. Sauvée de la démolition par des artistes-squatteurs, cette friche industrielle est aujourd’hui gérée par … la Mairie de Paris… aussi peut-on se demander si l’esprit purement autonome Bellevillois n'est pas en train de disparaître ?

Dans le bas-Belleville, impossible de manquer la singulière, l'incroyable, la foisonnante rue Desnoyez. Investie, chargée et surchargée depuis des années par les graffeurs et autres virtuoses du "street-art", cette rue, baptisée par certains "Le paradis du graff" est en effet l’un des rares endroits de Paris où ce mode d'expression est toléré, voire mis en valeur.
Dans cette drôle de rue, n'hésitez pas à pousser la porte de la "Maison de la Plage" ou de la galerie "Frichez nous la paix" : dépaysement et surprises garantis.  

Belleville attire aussi désormais de nouvelles galeries qui quittent le centre pour s’installer ici. Cependant il faut bien dire que certaines d’entre elles, peu ouvertes sur l’extérieur et sur les habitants du quartier, attisent les critiques de la communauté artistique locale.

Enfin, à Belleville, il faut aussi "visiter" les nombreux murs peints du quartier : Némo et ses pochoirs poétiques, Kouka et ses guerriers ou encore Jérôme Mesnager qui, avec ses corps blancs, a marqué de son empreinte de nombreuses rues du coin.

Au niveau du 50 rue de Belleville et au coin de la rue Julien Lacroix, deux grands murs impressionnants se font face sur la place Fréhel : l’un est signé Ben et l’autre Jean Le Gac. Deux "spots arty" incontournables comme diraient les bobos du quartier ....

(A suivre …)


>> Déjà sur Parisperdu : "A Belleville, La Forge n'est plus ce qu'elle était"

>> Les murs peints de Belleville.

 

 

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Voyage à Belleville (2/6) : Balade dans la mosaïque culturelle ...

24 Octobre 2014, 10:10am

Publié par barreteau

Marché du boulevard de Belleville_ Paris 20ème

Quand vous sortez du métro Belleville, dans le bas du quartier, la dimension multiethnique vous saute immédiatement aux yeux.

Ici tout n'est que mélange, car à Belleville il n'y a pas de secteurs exclusivement dédiés à telle ou telle autre communauté. Chinois, juifs, maghrébins ou africains, tous vivent ensemble, installés ici et là au gré de leurs arrivées, au fil du temps. Ils partagent l’espace avec de vieux prolétaires français, avec des artistes venus de tous horizons mais aussi, plus récemment, avec de jeunes bourgeois-bohèmes, les fameux "bobos".

Et c’est surtout le long du boulevard de Belleville, puis de celui de Ménilmontant, à l’occasion du marché qui se tient chaque mardi et vendredi, que le visage multiculturel et populaire de Belleville se révèle avec toute sa force.

Le dimanche, les chinois se rassemblent sur le boulevard de Belleville, autour de la station de métro, pour s'échanger les nouvelles de leur lointain pays. Les vieux "chibanis" (ces immigrés maghrébins qui partagent leur temps entre leur pays d’origine et la France) discutent de façon quasi-permanente, assis sur les rares bancs du quartier. Un peu plus loin, nonchalamment assis aux terrasses des cafés populaires du bas Belleville, les juifs tunisiens partagent à longueur de journée le thé à la menthe.

Et, si la rue de Belleville, colonne vertébrale du quartier, offre surtout un visage chinois jusqu’à la rue des Pyrénées, il faut savoir se perdre sur les flancs de la colline pour découvrir ici une synagogue, là une échoppe tenue par des maghrébins, ailleurs un traiteur polonais, puis un supermarché asiatique, ou un coiffeur indien, ou encore un restaurant africain.

Mais les enseignes du monde entier ou les habits traditionnels vus ici, ne sont que la partie émergée de Belleville. Les Portugais, les Yougoslaves, les juifs ashkénazes et bien d'autres encore sont également bien présents même s'ils sont visuellement plus discrets.

Après avoir dépassé la synagogue au 118 boulevard de Belleville, et en continuant vers le métro Couronnes, on se retrouve au cœur d’un quartier musulman, entre les librairies islamiques et les magasins de hijab concentrés autour de la mosquée Omar-ibn-el-khattab. Mais Couronnes n’est pas pour autant devenu un ghetto musulman car, au cœur de cet îlot, se trouve la mémoire ouvrière et populaire de Belleville : la Maison des Métallos, un haut-lieu du syndicalisme des années 30, reconverti aujourd'hui en un établissement culturel.

(A suivre ...)

 

>> La Maison des Métallos, au  94 Rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris

>> Terrasses des cafés "Aux folies" et "Au vieux Saumur"- 10 rue de Belleville

 

 

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Voyage à Belleville (1/6)

19 Octobre 2014, 18:08pm

Publié par barreteau

 La partie haute de la rue de Belleville et la vue sur la Tour Eiffel (Mars 2014)

Voyager est un art pluriel. Chacun conçoit le voyage avec ses propres attentes, ses propres rêves, ses propres images. Mais voyager ne veut pas forcement dire aller au bout du monde. La découverte, le partage, les rencontres peuvent se trouver à deux pas de chez vous, pour peu que vous soyez curieux, sans à priori et avide de découvrir un monde qui vous change de votre quotidien.

Si vous êtes de ceux-là, alors le voyage à Belleville est fait pour vous.

Mais ce n'est pas à un "voyage organisé" que nous vous convions, car pour bien capter les multiples visages de ce coin de Paris, une longue pérégrination en solitaire vous sera nécessaire. Aussi, votre voyage va explorer 5 différentes facettes de ce quartier singulier de la capitale.

Alors, bienvenue à Belleville.

Dans un premier temps, avant de partir "sur le terrain" quelques mots sur l'Histoire du quartier seront utiles pour mieux le connaître et donc mieux le comprendre.

Accroché au flanc d’une colline qui domine Paris, Belleville n’a jamais perdu son identité populaire. Commune indépendante jusqu’en 1860, elle attire alors les parisiens sous les treilles et entre les vignes de ses guinguettes.

Les grands travaux d'Haussmann qui, sous le Second-Empire, transforment le centre de Paris, ne l'atteignent pas et bon nombre d’artisans et d’ouvriers, chassés du cœur de la capitale, s’installent alors à Belleville.

A cheval sur les 10è, 11è, 19è et 20è arrondissements, le quartier connaît alors une très forte urbanisation. Elle se prolongera jusqu'au début de la première guerre mondiale.

Dès les années vingt, Belleville accueille différentes vagues d’immigration qui viennent trouver refuge en France. Ces arrivées de populations diverses n'ont depuis lors jamais réellement cessé et ont donné au quartier ce visage cosmopolite qui le caractérise aujourd’hui.

Les richesses ethnique et culturelle de Belleville se découvrent certes au fil des trottoirs mais le quartier préserve encore bien des secrets derrière les portes des immeubles aussi, ne faut-il pas hésiter à les pousser … si les digicodes le veulent bien … !.

Belleville est un patchwork à forte identité et étonnamment vivant. Ici, tout et tous se mélangent : les histoires des hommes comme les décors du quartier.
C'est un Paris dépaysant, populaire et chamarré qui bouillonne ici.

Et, aujourd'hui encore, faire le voyage à Belleville reste une expérience à la hauteur de celle qu'entreprenaient dans les années 50, des photographes humanistes comme Doisneau, Izis ou Willy Ronis … Tous venaient immortaliser le Paris populaire du 20ème siècle qui s’exprimait alors pleinement ici.

Nous vous souhaitons "bonne route et bon voyage" …


(A suivre …)


>> Voir aussi : le Petit miracle de Belleville.

 

 

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Eglises parisiennes en péril.

20 Juillet 2014, 09:46am

Publié par barreteau

L'église Saint-Germain-de-Charonne Paris 20ème (juin 2006)

On ne dénombre pas moins de 96 églises dans la capitale et plus de la moitié d'entre-elles nécessite d'urgence des travaux de restauration de grande ampleur.

Les chantiers les plus urgents concernent des édifices emblématiques de Paris, comme Saint-Augustin (8ème) – œuvre de Victor Baltard, l'architecte des Halles –, qui commence à perdre ses statues surplombant le grand portail. Les églises de la Madeleine, Saint-Eustache, Saint-Sulpice, Notre-Dame de Lorette, Saint-Séverin… souffrent d'un manque d'étanchéité de leur toiture, les peintures sont dégradées, des étais ont été posés comme des filets de protection autour des sculptures qui se délitent.

L'exemple de l'église Saint-Philippe du Roule dans le prestigieux 8ème arrondissement, est éloquent. Un énorme échafaudage avec un toit en bardages a été installé pour empêcher la pluie de tomber à l'intérieur. Une structure temporaire qui a coûté 700.000 euros, sans que soient prévus à ce jour des travaux de toiture. Des rustines, voilà aujourd'hui la politique de protection des édifices cultuels !

Plus grave encore, d'autres souffrent dans leur structure même, comme Saint-Germain-de-Charonne (20e), actuellement fermée pendant les travaux qui viennent de démarrer et qui devraient durer plus de deux ans.

Construite à flanc de colline sur un sol argileux, l'église présente en effet depuis sa construction au XIIe siècle une instabilité chronique. Une série de travaux a déjà été effectuée par le passé : ainsi, au XIXe siècle, des arcs-boutants sont venus renforcer sa façade sud.

Mais ce n'est pas suffisant, aussi aujourd'hui, ce sont de lourds travaux de reprise en sous-œuvre qui vont être entrepris pour consolider l'assise des fondations. Le cimetière et le trottoir qui la longent sont également fermés au public.

La situation des églises de la capitale est pour certaines alarmante, et de nombreux travaux devraient être entrepris avant que les dégâts ne soient irréversibles.
Et pour les associations qui se préoccupent de ce patrimoine, il faudrait aujourd'hui que la Mairie, propriétaire de 80% des églises parisiennes, consacre au moins le double du budget actuel pour empêcher le pire, et le pire c'est une église qui tombe.

Pour la capitale la plus touristique au monde, où les églises, avec leurs trésors et œuvres d'art, tiennent bonne place dans les sites visités, ces dégradations sont parfaitement indignes.

 

 

 

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Les étranges dalles de la rue de la Croix Faubin.

1 Juin 2014, 08:31am

Publié par barreteau

L'une des cinq dalles, face au n°16 de la rue de la Croix-Faubin – Paris 11ème (juin 2010)

 

Dans le 11ème arrondissement, à l'angle de la rue de la Croix-Faubin et de la rue de la Roquette, vous pourrez découvrir - en étant quelque peu perspicace - cinq dalles de granit, incrustées à même le sol.
Ces pierres marquent l'endroit exact où la guillotine était dressée, à l'entrée même de la prison de la Grande-Roquette qui jadis se tenait ici.
En sortant de la prison, les condamnés à mort n’avaient donc que quelques pas à faire pour aller se faire couper la tête …

Ces blocs avaient une fonction essentielle, ils permettaient de caler précisément l'échafaud, de façon à ce que la lame effectue avec la plus grande précision son macabre ouvrage.
On comprend mieux ainsi, pourquoi cette prison fut longtemps surnommée "l'Abbaye des Cinq-Pierres".

Ces dalles, aujourd'hui oubliées, furent un temps si célèbres qu'elles ont été chantées par Aristide Bruant ou mieux encore par l'assassin et poète Pierre François Lacenaire :
"Oh, je vous connais bien, Dalles qui faites place,
Aux quatre pieds de l'échafaud"
.


>> Les 5 dalles, face au N° 16 de la rue de la Croix Faubin.

>> Et c’est deux rues plus loin, au 60 rue de la Folie Regnault, que la guillotine était entreposée. (Voir "En marge d'Atget" sur Parisperdu)

 

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Sentiers de Paris.

9 Octobre 2013, 08:58am

Publié par barreteau

Sentier de la Lieutenance_ Paris 12ème (juin 1997)

Nous ne parlons pas ici du célèbre quartier du Sentier, temple parisien de la confection textile; ni non plus des quelques 7 sentiers de Grande Randonnée que compte la capitale.
Non, ce que nous voulons ici mettre en avant, est quelque chose de bien plus modeste, de bien plus rare.

Il s'agit des voies de Paris encore actuellement dénommées sentier. Elles sont 8 seulement, pas une de plus … dont 5 situées dans le 12ème arrondissement, principalement dans le quartier Bel-Air.

Est-ce un hasard de retrouver dans cet arrondissement, précisément à cet endroit, la majorité des sentiers encore existants à Paris?

Non car il y a une explication toute simple: ces voies minuscules sont d'anciens sentiers ruraux de la ville de Saint-Mandé; or en 1863, une grande partie de la superficie de cette commune a été rattachée à Paris. Et, depuis cette date, leur appellation n'a pas été modifiée.

C'est le cas : du sentier Briens, du sentier de la Lieutenance, du sentier des Merisiers, du sentier de Montepoivre et du sentier de la Pointe.

Le 20ème arrondissement possédait, lui aussi, plusieurs sentiers, mais aujourd'hui, il n'en conserve plus aucun: le sentier des Vaches est devenu la rue de la Justice, le sentier des Falaises a été incorporé à la rue de la Py.
Quant au sentier des Écuyers, toujours dans le 20ème arrondissement, il a été supprimé en 2001, lorsque l'immeuble construit au 9 rue de la Croix-Saint-Simon a privatisé ce sentier-impasse …
Il en est fini des Ecuyers, pied à terre, tout le monde descend !

Alors si vous voulez voir à quoi ressemble encore un vrai sentier parisien, il vous faudra aller vous balader du côté de la Lieutenance ou des Merisiers !


>> Lumière sur la rue de Montempoivre.

 

 

 

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Tourisme ethnique.

27 Septembre 2013, 11:29am

Publié par barreteau

La rue Dejean, dans le quartier de la Goutte-d'Or (Paris-18ème arrondissement)

Le trek "ethnique" en zone urbaine constitue un marché encore embryonnaire mais en pleine expansion. A Paris, des tours-opérateurs spécialisés vendent, depuis déjà une dizaine d'années, des "city-randos". Ils accueillent une clientèle de citadins curieux ou en quête de dépaysement, et même … des comités d'entreprises venus de province pour le week-end.

Le "tour" le plus demandé est le "City trek-Afric'à Paris" qui sillonne la Goutte-d'Or, le quartier africain de Paris. Ses dix à douze promeneurs et leurs deux guides-accompagnateurs pénètrent chez les disquaires, les marchands de légumes … avant de découvrir l'univers des vendeurs de cheveux et ensuite, de déjeuner autour d'un poulet yassa.

Mais, parcourir les rues de sa propre ville, même accompagné d'un guide, l'appareil photo à portée de main, peut poser des problèmes. Car souvent, les Africains du "cru" ressentent comme un malaise face à cette dizaine de touristes blancs observant avec curiosité leurs mœurs. Devant certains commerces, où des femmes blanches se font photographier en tenue quelque peu débraillée, le ton monte parfois et l'on demande vertement à ces groupes de "touristes" d'aller voir ailleurs.
J'ai déjà assisté à des scènes du même genre, quelque part, … mais c'était à Khartoum au Soudan ...



>> Le City Trek - Afric'à Paris.

 

 

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Paris Poubelle (1).

19 Juillet 2013, 11:38am

Publié par barreteau

Hotel Industriel Jean-Baptiste Berlier_ 26-34 rue Bruneseau Paris 13ème

A Paris, la rénovation est souvent synonyme de destruction et nombre d'habitations anciennes sont alors remplacées par des immeubles sans âme, sans caractère, d'une banalité désespérante ...

Les destructions des habitats s'opèrent souvent selon un processus en deux temps : si par malheur l'édifice est en bon état, on commence par le déshonorer, il suffit pour cela de ne pas l'entretenir, de laisser pourrir la toiture, et au besoin de laisser y pénétrer quelques squatters.
Quand il est bien déshonoré, on argue de son état de vétusté pour exiger sa démolition, qui est aussitôt accordée. "Et voilà pourquoi votre fille est muette ! "

Comme s'il n'était pas possible de restaurer et de rendre confortables des maisons anciennes, que 50 ans de lois démagogiques ont laissé pourrir dans leur crasse avant de les mettre à la poubelle.
On répète le scénario maison par maison, c'est long mais diablement efficace.

Depuis les années 60, nos urbanistes et nos promoteurs, en raison avant tout de la cherté des terrains, ont préconisé et mis en pratique un urbanisme à immeubles de tours et de barres de 10 à 15 étages, qui pose des problèmes de concentration, de circulation et de stationnement que l'on néglige d'envisager au départ alors qu'il s'agit d'un préalable indispensable.

Partout on a bâti des HLM de type caserne, des constructions qui rendent uniforme dans leur médiocrité le paysage urbain. Peu a peu la physionomie de nos rues a changé, les maisons anciennes disparaissent les unes après les autres, les unes victimes de la spéculation, les autres de l'alignement. Or l'atmosphère d'un quartier est directement fonction de la largeur de ses rues.

Les principes même de l'urbanisme sont remis en cause face à ces démolitions à la petite semaine, effectuées sans aucun plan d'ensemble.
Il est en effet absolument insensé que les pouvoirs publics, sans se soucier de l'opinion de la population, sans vraiment la consulter, et même parfois en tenant leurs intentions dans le secret, jusqu'à la dernière minute, aient refusé de tenir compte des avertissements des urbanistes et des historiens de Paris les plus qualifiés, afin de rassembler à tout prix dans le périmètre des Halles les constructions les plus hétérogènes et les moins indiquées en cet endroit.

Et pourtant ailleurs dans Paris, on continue sur cette voie aberrante, … les leçons de l'histoire sont peu écoutées.

Selon les options qui maintenant seront prises, Paris restera digne de son passé ou deviendra un entassement de bâtiments modernes qu'on aurait pu édifier ailleurs, … dans n'importe quelle ville du monde !

 

> En savoir plus : "Paris poubelle", le livre.

 

 

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" Paris aujourd'hui, Paris demain "

8 Décembre 2012, 08:56am

Publié par barreteau

Opération Fréquel-Fontarabie - immeuble situé au 3-11 passage Fréquel - Paris (20e)

Avec l'exposition "Paris aujourd'hui, Paris demain" qui se tient jusqu'au 31 janvier 2013 sur les grilles de l'Hotel de Ville, la mairie présente le visage urbain d'une capitale … toujours en mouvement.

Plus de 70 opérations d'aménagement sont en effet en cours de réalisation et contribuent à remodeler Paris … avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins de réussite.

Je ne parlerai pas du projet de rénovation des Halles, car il faut bien admettre que depuis le massacre des pavillons Baltard, le quartier est orphelin de son histoire.

Je ne parlerai pas non plus du projet de réaménagement de la place de la République dont la mairie a le culot d'affirmer qu'il poursuit un "objectif de revalorisation du patrimoine historique". J'ai déjà dit ici ce que j'en pense …

Pour le reste, la majorité des projets sont situés dans l'Est parisien, secteur de prédilection de Parisperdu et ils ont pour nom:

Clichy-Batignolles, Quartier Saint-Blaise, Porte Pouchet, Paris Nord-Est (P.N.E.), Paris Rive Gauche (P.R.G), ZAC Pajol, Bercy Charenton, Porte de Vincennes, Ilot Paul Bourget, Résidence Michelet, Gare de Rungis, Porte des Lilas, Python-Duvernois, Quartiers Goutte d'Or, Château Rouge et Emile Duployé, Ilot Bréguet, et Quartier Fréquel Fontarabie …

Nous ne manquerons pas de suivre attentivement ces différents projets et reviendrons, ici, vous dire ce qu'ils peuvent apporter à ces quartiers, en positif comme en négatif …


>> L'exposition "Paris aujourd'hui, Paris demain".

>> Rejoignez le Groupe Facebook : "Paris Hier, aujourd'hui ... demain".

 

 

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" Docteur Netter ... I presume ? "

30 Novembre 2012, 15:01pm

Publié par barreteau

Passage sans nom, aux abords de  l'Hôpital Trousseau. Paris 12ème (Juillet 1997)

Il y a encore seulement 6 ou 7 ans, en venant de la rue du Niger, puis en poursuivant par la rue des Marguettes, on aboutissait à un passage sans nom et ignoré des plans.

C'était une large allée en pente, avec des pavés, des appentis, des fleurs, des arbustes … elle conduisait, par un porche à crimes, aux abords de l'Hôpital Trousseau.

Tout ici paraissait d'un autre temps, avec ces vieux arrière-plans de cours, de hangars et de remises. Ici, on changeait de monde, on entrait dans un lieu où ni la cartographie, ni la boussole ne pouvaient vous livrer la moindre indication.


Finalement, sortant de cette "Terra incognita" on débouchait sur la civilisation dans l'interminable enfilade de l'avenue du Docteur Arnold Netter.

Un peu plus loin, au numéro 45 de cette avenue, dans un demi-cercle, un bas-relief montrait deux personnages assis de part et d'autre d'un arbre aussi bizarrement stylisé que dans une illustration ésotérique. L'un - c'est peut-être le docteur Netter - porte une sorte de blouse. L'autre est une jeune fille que je ne parviens pas à identifier. Les deux forment un rébus, pour moi, totalement hermétique.
Il faudra que je me renseigne sur la "bio" de ce fameux (mais pas trop) Docteur Arnold Netter …



>> Qui êtes-vous Arnold Netter ?

>> L'impasse de l'avenue du Dr Arnold Netter, déjà dans Parisperdu.

 

 

 

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La Goutte d'or, Babel parisienne.

13 Mars 2012, 09:49am

Publié par barreteau

La villa Poissonnière - Paris 18ème (1997)


A la sortie du métro Barbès-Rochechouart, c'est d'abord sa ligne aérienne qui interpelle, fortement présente, elle survole le tracé de l'une des anciennes enceintes de Paris, celle dite "des Fermiers-Généraux".

Mais Barbès est aussi ce carrefour qui vous immerge immanquablement dans une foule bigarrée, et vous entraine dans un véritable maelström.

Et Barbès c'est enfin un espace indistinct, une zone transfrontalière du nord de Paris. Décidément, Barbès n'est pas un quartier facile à cerner.


Tout près pourtant, il y a un véritable quartier, bien identifié lui, centré sur une butte: la Goutte d'Or... L'aspect pentu des artères rappelle l'ancienne butte viticole, réputée pour son vin blanc aux reflets dorés: le fameux "goutte d'or ".

La Goutte d'Or a toujours eu une vocation multiculturelle, a toujours été un lieu d'immigration, une Babel parisienne : d'abord provinciale, puis européenne et finalement aujourd'hui, ce sont les africains qui en constituent le contingent le plus important. Le quartier est désormais colonisé par de petits commerces exotiques et partout règnent les effluves de kebab.

Un peu plus haut, Montmartre, avec ses touristes et ses familles aisées, est pourtant tout proche et pourrait, vu d'ici, représenter une métaphore de l'ascension sociale !

Sur le versant nord, la butte de la Goutte d'Or s'échappe en pente douce vers une frontière ferroviaire constituée d'entrepôts et de voies de triage de la Gare du Nord. Les usines de locomotives et autres industries semi-lourdes ont disparu depuis longtemps. Transformé en un Paris africain, il ne reste plus de traces de ce Paris ancien.

Sauf que tout à coup, surgie de nulle part, vous arrivez à la villa Poissonnière, une étroite artère qui relie les rues Polonceau et de la Goutte d'Or. Elle semble être ici comme le dernier témoin des temps jadis.
C'est comme à la campagne …  mais Lidl est de l'autre côté de la rue!

 

>> Voir aussi: "Balade à La Goutte d'or"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Etrange banalité"

 

 

 

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Cité Florale, un îlot hors du temps.

9 Mars 2012, 09:19am

Publié par barreteau

Rue des Iris, Paris 13ème (Avril 1996)


Dans les années 1920, la "Cité" fut construite par des cheminots de la ligne de petite ceinture sur une zone triangulaire, un ancien pré régulièrement inondé par la Bièvre. Cette particularité lui a valu de ne pas pouvoir abriter d'immeubles. Le secteur fut donc intégralement urbanisé avec de petites maisons.

Il en résulte un quartier insolite, composé de cinq ou six rues, hors du temps, comme oublié par les bâtisseurs des villes et leurs promoteurs. Les tours du quartier Italie tout proche, semblent cerner, cet îlot privilégié, sans encore le menacer …

Ici, les rues sont pavées, possèdent arbres et profusion de végétation. Elles portent des noms de fleurs : rue des Iris, des Volubilis, des Liserons, des Glycines, des Orchidées … ou square des Mimosas.

Chacune des maisons qui composent la cité florale possède son propre jardin. Toutes ont de faux airs de villa de bord de mer pour notables provinciaux.
On se dit qu'on a déjà vu cela quelque part : Arcachon ? Royan ? La Baule ?



>> C'est où ?

 

 

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Passage du Désir.

14 Février 2012, 08:44am

Publié par barreteau

Passage du Désir, 84  rue du Faubourg Saint-Denis 75010 PARIS


Le jour, un flot humain incessant et un bruit permanent envahissent la rue du Faubourg Saint-Denis. Les langues étrangères s'entremêlent, les primeurs se livrent à de sonores joutes verbales et les klaxons retentissent…

Le soir, l’ambiance est tout autre. La rue se vide progressivement, les commerçants ferment leurs boutiques, les habitants regagnent leurs pénates, le silence entre alors en scène.

Contraste saisissant à quelques heures d’intervalles. Maintenant, les rares présences humaines sont des silhouettes furtives, les lumières des réverbères et les néons produisent une atmosphère étrange, presque inquiétante. Une sorte de suspension dans le temps et l’espace, un entre deux: entre éveil et sommeil, entre rêve et réalité.

Et c'est là, au 84 de la rue, qu'une lourde porte barre l'accès au Passage du Désir, pourtant son nom était comme une promesse … mais il gardera sa part de mystère.

 

 >> Le Passage du Désir, vers le boulevard de Strasbourg.

>> "Les passages couverts de Paris" par Sybil Canac et Bruno Cabanis aux éditions Massin.

 

 

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Le voyage a déjà commencé.

23 Janvier 2012, 09:54am

Publié par barreteau

Passage Brady - 75010 Paris


A quelques jours de mon départ pour le sud de l'Inde (Parisperdu va donc fermer ses portes pour une petite quinzaine de jours), il m'a semblé pertinent de faire un tour du côté de "Little India, in Paris". Le passage Brady en est le cœur, un cœur bien vivant, très palpitant même …

Dès l'entrée dans ce passage, tous les sens sont sollicités: par la lumière de sa somptueuse verrière, par les devantures colorées, par les odeurs épicées, par le sourire des vendeurs en habits traditionnels et aussi par les rabatteurs de restaurants … moins traditionnels mais tout aussi souriants !
On est illico transporté en Inde.


Longtemps le passage a été menacé de fermeture par manque d'entretien et défaut d'hygiène, mais  justement, l'Inde c'est aussi un peu ça ! Des travaux de restauration sont en cours: nécessaires sans doute, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité … mais attention, il ne faudrait pas transformer ce bazar coloré en galerie marchande trop huppée …

Car ici, outre les nombreux restaurants fleurant bons le masala, les biriyani et autres dhal … c'est surtout le bazar Velan qui attire mon attention : … on y trouve de tout : des tissus pour saris aux noix de lavage, des condiments doux aux épices de feu …

Velan, Fils de Shiva et de Parvathi, est le Dieu le plus populaire auprès des hindous d'origine tamoule, donc du sud de l'Inde .

Alors pas de doute, mon voyage a déjà commencé …



>> L'épicerie-Bazar Velan, blog officiel.

>> 33, Boulevard de Strasbourg - 75010 Paris: l'une des 4 entrées du  "Passage Brady".

>> "Velan", je viens de visiter le même bazar à Pondichéry.

>> "Les passages couverts de Paris" par Sybil Canac et Bruno Cabanis aux éditions Massin.

 

 

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Le douzième à la dérive ?

28 Novembre 2011, 09:30am

Publié par barreteau

Un dimanche place d'Aligre, Paris 12ème.


Tel Janus, le 12ème arrondissement présente deux visages.

Une face calme et agréable, où, souvent, le 12ème montre qu'il a su conserver un profil sage, classique, bien "propre sur lui" avec, sous les arcades de l'avenue Daumesnil: ses petites galeries, ses showrooms et ses décorateurs …et au-dessus, coule la promenade plantée.
Bien sûr, quelque peu contaminé par son voisin, le 11ème, le quartier cède, par endroits, à la "branchitude", sans que toutefois cela n'altère en rien la quiétude des lieux.

Mais depuis quelques années, une autre face apparaît, moins légère, moins séduisante : celle d'un "quasi Barbès" avec ses trottoirs crasseux, encombrés de milliers de potelets ... et où les boutiques à kebabs remplacent les commerces de proximité.

Heureusement entre ces deux facettes opposées, il reste encore un secteur attachant.
Il est comme le filin qui empêcherait tout le quartier de partir à la dérive …
C'est le marché d'Aligre, avec sa pléiade de bars, de cafés, de restaurants et de commerces de bouche. Les week-ends, il y a foule sur cette place colorée … et là, le douzième hétéroclite mais authentique est encore bien vivant.


>> Se repérer dans les quartiers du  12ème.

 

 

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