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PARISPERDU

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"Par(ad)is perdu".

20 Mai 2015, 09:09am

Publié par barreteau

 

Quand on a goûté aux balades parisiennes, on n'a surtout pas envie de s'arrêter. Les diamants ne sont-ils pas éternels … ?

Dans "A la recherche du temps perdu", à la lecture de Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust nous offre une vision d'un par(ad)is perdu … où s'y perdre est délicieux !

Mais c'était au temps où la vie et les sentiments n'étaient pas encore formatés … car aujourd'hui, Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis. Le réveil risque d'être difficile !

 

>> Les Editos de Parisperdu.

 

 

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A Paris, la justice prend de la hauteur.

11 Mai 2015, 09:14am

Publié par barreteau

 

Vue du futur palais de justice de Paris  © RPBW

Si tout va bien, s'il n'y a pas de retard dans les travaux, en juin 2017, il y aura un nouveau gratte-ciel à Paris: un édifice de 160 mètres de haut, 40 étages avec des jardins suspendus … Il s'agit du nouveau Palais de Justice (TGI) de Paris. Un projet au long cours, très controversé et qui a été "baladé" de site en site avant finalement d'atterrir dans le 17ème, aux Batignolles.

Il sera le premier gratte-ciel à être construit dans la capitale depuis l'érection des tours du front de Seine, terminées en 1990. Le bâtiment sera composé de quatre ensembles de verres superposés offrant au total 120 000 m² et un hectare de jardins suspendus … Batignolles n'est pas loin de Babylone ! Mais contrairement à la merveille de l'Antiquité, le gratte-ciel, fut-il dessiné par l'architecte star Renzo Piano, ne risque pas de se voir classer dans un "Top 7" architectural, car des cubes de verre restent des cubes, peut importe comment ils sont agencés,… cela reste froid et laid. Et, après le jardin enterré de la BNF, on aura les jardins suspendus du TGI, mais là encore: bon courage à ceux qui pourraient vouloir en profiter...

Au début du siècle précédent, on avait du mal à concevoir quelque chose de laid, il fallait que tout soit orné, travaillé, il suffit de voir la qualité qu'avaient les gares de l'époque (Orsay par exemple, ou même les gares de la Petite Ceinture). Maintenant, les architectes bobos nous pondent des trucs toujours plus moches, excentriques, inesthétiques, qui ne font que dénaturer un peu plus notre belle capitale.

A Babylone, les jardins suspendus sont devenus l'une des sept merveilles du monde antique parce que leur construction faisait écho à une histoire: Nabuchodonosor voulait que le palais rappelle à son épouse, Amytis de Médie, les montagnes boisées de son pays natal.

On peut douter qu'à Paris, le colosse des Batignolles dégagera autant de romantisme …

 

>> Autre site étudié pour le TGI.

>> Les jardins suspendus de Babylone.

 

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Paris sera-t-il toujours Paris ?

11 Avril 2015, 20:27pm

Publié par barreteau

Paris sera-t-il toujours Paris ?
La Maison Rose, 2 rue de l’Abreuvoir – 75018 Paris

Je garde le souvenir du Paris de mon enfance, avec ses artisans, ses jardins et ses cours intérieurs que l'on pouvait visiter librement, ses réseaux de caves aussi, qui nous permettaient de traverser tout un arrondissement et de faire d'étranges découvertes. A cette époque, il y avait encore de nombreux petits métiers qui faisaient du lien … tous ont aujourd'hui disparu. Qui fait du lien aujourd'hui à Paris ? Les associations sont là pour ça me direz-vous ? Laissez-moi rire, la plupart sont politiquement instrumentalisées à coup de subventions essentiellement destinées au "renvoi d'ascenseur" électoral !

Maintenant, Paris n'a plus d’âme ! Paris est devenue une ville étouffante, épuisante et dans laquelle on perd même  l'envie de la découverte et du rapport humain car toute entreprise est devenue une mission commando! J'en suis fatigué d'avance...

Et je ne parle pas des sommes énormes qu'il faut débourser pour être locataire ou propriétaire à Paris intra-muros …. Ce qui fait qu'y vivre, même dans le 20ème, devient de plus en plus un luxe … Comment peut-on encore parler de quartier populaire quand le 20 mètre carré est en moyenne à plus de 800 euros? La gentrification est partout. Alors la plupart de ceux qui travaillent à Paris doivent habiter en banlieue et font des heures de trajet qui chaque jour s'ajoutent à leurs heures de travail. Bonjour la qualité de vie !

Suite à l'exode forcé de ses habitants, Paris devient de plus en plus une ville musée, une ville de commerces, d'agences et de bureaux.

Paris change comme toutes les villes, mais hélas sans originalité, on ne sait plus construire autre chose que des tours de verre et d'acier, des cubes ou des parallélépipèdes …

Alors si Paris ressemble de plus en plus à toutes les capitales, comment Paris pourrait-il être toujours Paris ?


>> Paris, est-elle la plus belle ville du monde ?

>> "Paris, n’est plus Paris"

 

 

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Paris Nord-Est, une future ville dans la ville.

25 Mars 2015, 11:43am

Publié par barreteau

Au niveau de le Station T3 Rosa Parks (février 2014)

Après l'opération "Paris Rive Gauche" lancée en 1991 et qui - à ce jour - n'est pas encore entièrement achevée, c'est l'aménagement d'une vaste zone des 18ème et 19ème arrondissements et, récemment élargie au 10ème, qui vient de démarrer sous l'appellation "Paris Nord-Est".

Paris Nord-Est est le plus vaste projet d’aménagement lancé à ce jour à Paris, mais va-t-on commettre les mêmes erreurs au Nord qu'au Sud de Paris ?

La leçon à tirer de "Paris Rive Gauche", est pourtant claire: la planification urbaine est inefficiente et stérile. Et la question reste bien sûr d'actualité pour ces quartiers du Nord-Est, qui risquent de se retrouver traités à l'identique, d'une part en annihilant bêtement les espaces intéressants et d'autre part en ne proposant rien d'attrayant ni même de simplement agréable. Ainsi au final, le projet accouche de vastes espaces, certes grandioses mais désolés, déserts.

On retrouve alors une population isolée, coupée du monde, coincée entre autant de frontières que sont le périph, les Maréchaux et les voies ferrées. Aussi est-il probable que la logique de l'enclave à l'intérieur du 18 ou du 19ème aura les mêmes conséquences désastreuses que celles que l'on voit aujourd'hui dans le 12éme à "Paris Rive Gauche".

Dans ce dernier quartier, on a bien vu d'une part, que la "normalisation" de l'espace imposée par la table rase, et remplacé par un dense tissu de logements/bureaux - densité encore plus marquée par la hauteur - rend tout uniforme, massif et ennuyeux.
Et d'autre part,  on a aussi constaté que l'absence de couture avec le reste de la ville au bâti modeste et le type de constructions massives font que les alignements de l'Avenue de France ont la grâce d'un supertanker "atterrissant" dans un port de pêche …

De surcroît la problématique du chemin de fer, entrevue et mal solutionnée "Rive Gauche", est ici encore plus cruciale, car il s'agit d'intégrer au projet les deux énormes pôles des Gares de l’Est et du Nord et leurs innombrables faisceaux invasifs de voies ferrées … vaste question …

Mais voilà qu'on nous donne la solution dans un sabir urbanistique : "enclavement des quartiers rompu par un maillage d’espaces verts, développé et connecté avec les espaces naturels périphériques, formant des corridors écologiques et des espaces contribuant au plan biodiversité parisien …" (sic) ?

Oui mais concrètement vivra-t-on mieux dans ces sites traversés de toutes parts par le chemin de fer ?

Et pour créer du neuf, quoi de mieux que de changer le nom des lieux : exit donc le carrefour de l’Évangile, sa connotation religieuse faisait sans doute trop ringarde pour les décisionnaires d'aujourd'hui … ce sera Rosa Parks … plus dans l'ère du temps avec sa touche ethno-socialo-culturelle …

L'ambition des promoteurs du projet n'est rien de moins que de créer "une ville dans la ville", au cœur même de ce territoire longtemps délaissé.

Rendez-vous dans quinze ans pour savoir si le pari est réussi …


>> C’est écrit dans l’Évangile.

>> Carrefour de l’Évangile.

>> L'entrepôt Macdonald : vers un avenir meilleur.

 

 

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Promenade partagée entre l'enfer et le paradis.

23 Février 2015, 09:45am

Publié par barreteau


Enfer ou paradis, voilà le dilemme du 20ème arrondissement de Paris.

Pour certains, cet arrondissement n'est pas seulement le dernier numériquement. Il est aussi le dernier endroit où ils aimeraient vivre. Car pour eux, le capharnaüm de la mixité sociale qui règne ici, est vécu comme un véritable enfer.

Pour d'autres tout au contraire, le 20ème est un éden, excentré sur ses hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, ceux-là trouvent qu'il y fait bon vivre.

Rien d'étonnant alors d'y trouver le "Passage Dieu", et non loin de là, "l'Impasse Satan" … !

Si leur proximité est amusante, indubitablement le choix des noms de ces  voies de communication l'est tout autant : car il semble indiquer que servir Satan mène à une impasse, alors que l'autre voie serait un passage vers Dieu … 
Ceci dit le panneau "Accès pompier" que l'on voit ici, aurait sans doute mieux sa place sous le "Passage Satan" !

Et, entre le passage et l'impasse ... n'y aurait-il pas une place pour le purgatoire ?
Mais on aura beau chercher, il n'y a pas de Place du Purgatoire dans ce 20ème arrondissement …



>> Passage Dieu et Impasse Satan.

>> Autres impasses dans le secteur.

 

 

 

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L'Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait.

18 Février 2015, 08:39am

Publié par barreteau

 
Graham Robb est un historien comme je les aime. Érudit, mais vivant, il a le goût du détail et le sens de la narration. Et francophile et francophone avec ça. Professeur à Oxford, spécialiste de Rimbaud et de Baudelaire, il m'a enchanté avec son Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait.

Robb propose une fascinante comédie humaine de Paris, dans laquelle l'histoire de la ville est éclairée par l'expérience de ses habitants. C'est une longue promenade à travers le temps, les gens et les rues de Paris. Une promenade depuis son cœur historique, l'île de la Seine, qui abritait la tribu des Parisii, jusqu'aux banlieues tentaculaires qui inspirent aujourd'hui bien plus de craintes qu'au temps où elles étaient infestées de brigands et de loups.
 
Aventures, récits, anecdotes se succèdent ainsi à travers le canevas des rues, à travers une foule de personnages inconnus ou illustres : le tout jeune lieutenant d'artillerie Buonaparte, par exemple, encore bien timide, déniaisé par une galante au Palais-Royal ; Marie-Antoinette, paniquée, totalement perdue aux abords des Tuileries, qui tente de retrouver son mari dans sa fuite ; ou bien un certain Vidocq, tout frais sorti du bagne, en passe de devenir une star de la police ; ou encore Proust, fasciné par l'ouverture de la première ligne de métro qui va de la Concorde au Châtelet, mais trop claustrophobe pour descendre sous terre...

Voilà donc la grande Histoire de Paris racontée avec de petites histoires.
Ce livre est un voyage, un grand régal … à lire absolument.



>> "Une Histoire de Paris par ceux qui l'ont fait" chez Flammarion.

>> Voir aussi : "Paris, portrait d'une ville".


 

 

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Paris est à tout le monde.

26 Janvier 2015, 09:58am

Publié par barreteau

Boutique de souvenirs, rue de Steinkerque, au pied de la butte Montmartre _Paris (18e), juin 2012

C'est la fin d'un monopole pour l'un des produits phares des boutiques de souvenirs de Paris.
Depuis une quinzaine de jours, les célèbres slogans " I♥Paris " et " J'♥Paris ", qui ornent tee-shirts, sweat-shirts mais aussi porte-clés, tasses et autres bibelots, ne peuvent plus être considérés comme des marques.

Dans leur arrêt du 6 janvier dernier, les juges de la Cour de Cassation rappellent que les slogans de ce type ont été popularisés dès 1977 par la création du logo " I♥New York " du célèbre graphiste américain Milton Glaser. Selon eux, la formule "véhicule un sentiment d'attachement à une ville particulière" que le touriste perçoit comme "un signe décoratif, dont il comprend le sens quelle que soit sa langue" et non pas "comme une marque".

Ces slogans sont désormais dans le domaine public et tout le monde peut les reproduire sans risque.

Paris est donc à tout le monde. Mais ça, Montesquieu le pensait déjà, il y a bien longtemps,  lorsqu'il écrivait : "La France est aux Français, Paris est à tout le monde".


>> "I'm parisien, I love rien" sur Parisperdu.

 

 

 

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Les impasses de Planchat.

21 Janvier 2015, 11:40am

Publié par barreteau

Vue prise de l'impasse de Bergame, vers l'impasse des Crins. Paris 20ème (juin 2012)

Dans le 20ème arrondissement, entre la rue Planchat et la rue de Buzenval, on en trouve déjà 8, elles ont pour noms: Véran, Rolleboise, Casteggio, Poule, Crins, Bergame, des Souhaits et de la Confiance … ce sont les fameuses impasses du secteur Planchat, directement héritées du parcellaire de cet ancien quartier de maraîchage et de vignes.

Un peu plus loin, entre la rue de la Réunion et la rue des Orteaux, ça recommence: à nouveau des impasses et des passages qui, cette fois-ci, donnent sur la rue des Vignoles. On trouve ici: Satan, Rançon, Savart, des Vignoles auxquels ont peut ajouter, donnant sur la rue des Haies, les passages Dieu et Dagorno, ainsi que les impasses Gros et St Paul … de quoi en perdre son latin certes, mais on peut aussi trouver un réel plaisir à s'enfoncer dans ces multiples interstices de la ville.

Au début des années 2000, un vaste projet de réhabilitation de ce secteur a été entrepris car, il faut bien le dire, l'habitat dans ces impasses n'était pas très reluisant et même parfois "limite insalubre".

Toutes les impasses n'ont pas été touchées, certaines sont encore "dans leur jus", comme à l'écart de la ville, à l'écart du temps …

La restructuration la plus lourde a concerné trois impasses, celles des Crins, de Casteggio et des Souhaits. Elle a permis la réhabilitation de 11 logements et la construction de 88 logements neufs, 11 ateliers et 52 places de parking.

Cette réalisation nommée "Eden Bio", par l'architecte en charge du projet, a certes densifié le secteur mais a heureusement respecté l'esprit du quartier en préservant ses passages et ses impasses. Les façades des nouvelles habitations alternent le bois, le métal et le végétal … Pour une fois que le béton n'a pas tout envahi, on ne va pas se plaindre !


>> Parisperdu pour les nuls (4/5): " De Planchat-Vignoles à la Place de Rungis"

>> "Eden-Bio", le projet qui a réhabilité le secteur.


>> 33 rue des Vignoles: l'impasse des anarchistes ...

 

 

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Allée verte.

16 Janvier 2015, 12:05pm

Publié par barreteau


La rue Saint-Sabin a gardé son atmosphère provinciale avec de nombreuses échoppes d'artisans et divers magasins de petits commerçants, mais pour combien de temps ? Car toutes et tous ferment désormais les uns après les autres.

Au 58 de cette rue, une autre voie prend naissance. A ce croisement, se dresse une immense façade aveugle avec pour tout élément décoratif une plaque de rue parisienne ou l'on peut lire : "Allée verte, anciennement rue verte".
Non loin de là,  il y a aussi la rue du Chemin Vert  … et pas très loin non plus la célèbre Coulée verte … décidément ce coin du 11ème arrondissement semble avoir trouvé sa couleur !

Puis l'Allée Verte coupera la rue Nicolas Appert, le génial inventeur de la boîte de conserve, avant de déboucher dans le boulevard Richard Lenoir et même s'il n'y a aucune verdure dans l'Allée Verte … cette allée est généralement bien calme avec sa halte-garderie, sa maison de retraite … son club de tennis de table …

Mais à deux pas de là, ce calme a été fracassé le 7 janvier dernier lors de l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo par des terroristes extrémistes …


>> "Je suis CHARLIE"

>> La coulée verte: "Pour un urbanisme retardataire".

 

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Meilleurs Voeux pour 2015 !

1 Janvier 2015, 09:17am

Publié par barreteau

"Bonne année ! ",

"Happy new year ! ",

"Ein gutes neues Jahr ! ",

"Migliori auguri ! "

"Feliz año nuevo !" …

Parisperdu vous présente ses meilleurs vœux pour 2015.

Gardons le contact toute l’année en nous retrouvant régulièrement sur Parisperdu, sur Twitter et aussi en rejoignant le Groupe Facebook :"Paris Hier, aujourd'hui … demain", la page des amoureux de Paris animée par Parisperdu.

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Bas-Belleville ou Babelville ?

26 Décembre 2014, 18:18pm

Publié par barreteau

Ecole primaire 37-39 rue de Tourtille - Paris 20e arrondissement

Le Bas-Belleville est l'un des derniers quartiers populaires de Paris. C'est aussi l'un des quartiers de Paris aux communautés les plus mélangées. Depuis toujours, Belleville a en effet été un lieu d’arrivée privilégié pour différentes couches d’immigration: les juifs russes et polonais fuyant les pogromes au début du 20e siècle, les Arméniens fuyant le génocide, les Espagnols arrivés pendant le régime de Franco, puis les pieds noirs tunisiens après l’indépendance, les travailleurs algériens et maghrébins quittant les bidonvilles, les Africains souvent logés dans des foyers et pour finir, est arrivée une forte vague d’immigration Chinoise et asiatique.

Plus récemment, petit à petit, est arrivée la gentrification du quartier, le "populo" quitte Belleville, cédant la place au "bobo", à la classe moyenne voire moyenn e-supérieure.

Mais comment vivent ensemble toutes ces communautés ?
Comment cohabitent tous ces habitants d’origines si diverses que boulevard de Belleville, les jours de marchés, c'est la Tour de Babel: pas moins d'une cinquantaine de langues et de dialectes peuvent y être entendus …

Eh bien, sur les collines de Belleville et de Ménilmontant, la cohabitation ne se passe pas si mal et, malgré de nombreuses transformations urbaines et sociales, ces quartiers ont su conserver leur âme. Il se dégage un charme particulier de ces hauteurs. Elles sont à la fois closes et aérées, faites de grandes artères et de petits chemins de traverse qu'il faut savoir observer en prenant tout son temps pour parcourir ce coin de Paris.

Les habitants de Belleville, pour reprendre l'expression de Georges Perec, "habitent leur quartier",  entretiennent et perpétuent l'histoire et le mythe d'un village singulier, ouvrant ainsi pour l'avenir tout le champ des possibles ...


>> Lire aussi sur Parisperdu: "Belleville de haut en bas".

 

 

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Il ne faut pas se fier aux apparences.

20 Décembre 2014, 09:58am

Publié par barreteau

Villa Emile Loubet_Paris 19ème.

Il ne faut pas se fier aux apparences. Certes, les 19ème et 20ème arrondissements ont largement souffert de l'appétit des promoteurs dans les années 1970/80. Mais heureusement, une fois que l'on a franchi les barres de béton de la place des Fêtes, monte du fond de la ville une vague généreuse de villas des temps anciens, petits chefs-d'œuvre d'architecture éclectique.

Paris a su en effet préserver, en cet endroit, un habitat que couronne un environnement de rues étroites, de placettes calmes et d'impasses noyées dans la verdure.

Ce sont les quartiers de la Mouzaïa, de la Campagne à Paris, du Hameau du Danube et aussi de quelques autres secteurs qui ont toujours fait de la résistance, repliés sur leurs bastions de villas et de maisonnettes où désormais se fondent néo-bobos et parigots de tout temps.

Et, sur la place circulaire du "Rhin et Danube", occupant l'endroit stratégique d'un ancien octroi, se trouve le bien nommé "Café Parisien" où se donnent rendez-vous à toutes heures du jour, jeunes et anciens du quartier.
Ainsi va la vie dans ce coin du 19ème. Ce quartier bossu à l'urbanisme imparfait et aux rues étroites possède donc des habitants qui tiennent fermement la barre face aux bouleversements de leur patrimoine immobilier.
On les retrouve dans les ruelles, à l'abri du flot des automobiles, sûrs d'être ailleurs, … dans une autre époque.
Décidemment, il ne faut pas se fier aux apparences …


>> Voir aussi : "Chère Mouzaïa".

>> Voir aussi : "La Mouzaïa : encore un village".

>> Voir aussi : "Pour un urbanisme retardataire".

>> Voir aussi : "On comprend que j'adore cette petite cacophonie, et je voudrais dire pourquoi".

 

 

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Voyage à Belleville (6/6): Et si on sortait ce soir.

15 Novembre 2014, 10:02am

Publié par barreteau

Entre les deux bistrots cultes: "Aux Folies" et "Au vieux Saumur" s'ouvre la rue Dénoyez, le "paradis du graff"_ Paris 20ème (juin 2012)


Belleville n'est pas Oberkampf, aussi ne trouve-t-on ici que très peu de bars branchés ou décalés. Quelques bars à vins dans la mouvance "bobo-chicos" ont bien essayé de s’implanter mais le quartier demeure encore largement orienté vers le demi de bière pas cher et la faune alternative "qui va avec". 

L'adresse incontournable de Belleville : "Aux Folies" est située au coin des rues de Belleville et Dénoyez, ce café attire une énorme clientèle, venue de tous horizons, qui s’agglutine ici dans le bruit et l'agitation.

Mais Belleville reste avant tout le quartier des petits restaurants pas chers qui vous permettront de faire le tour du monde en parcourant seulement quelques rues. L'Asie est largement représentée avec: "Au Poivre de Szechuan" (chinois), "Krung Thep" (thaï) et d'innombrables restaurants vietnamiens servant leur soupe pho, très insolite mais non moins addictive !

On trouve aussi des bars à tapas espagnol (Chez Ramona), des restaurants argentins (Chez Valentin), des "épiceries- sandwichs" aux prix imbattables (Chez les polonaises Adriana et Margot) …

Toutefois on peut aussi rester dans la tradition culturelle et culinaire française en fréquentant "Le Baratin", une vénérable maison à la cuisine de bistrot ou mieux encore "Au Vieux Belleville" un repaire d’un autre temps, avec bal musette et vin rouge … ambiance garantie !

Le soir venu, pour danser ou écouter un concert, on peut se rendre à "La Bellevilloise", une ancienne coopérative parisienne, un lieu chargé d’histoire; mais on peut aussi lui préférer "La Java", une salle de concert insoupçonnée située dans le bas-Belleville, au fond d’une galerie marchande des années vingt.

A Belleville, de jour comme de nuit, le monde est à vous  …

(merci de nous avoir suivi au cours des 6 étapes de ce "Voyage" ...)


 

>> "La Java", une salle de concert située dans le bas-Belleville.

>> Belleville, embarquement immédiat.

 

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Voyage à Belleville (5/6) : Dans les parcs et les jardins.

9 Novembre 2014, 10:23am

Publié par barreteau

 Parc des Buttes-Chaumont _ Paris 19ème.

Le quartier de Belleville possède plusieurs parcs publics à l’identité très différente.

Au Nord, le parc des Buttes-Chaumont est le plus beau parc à l’anglaise de Paris. Ses pelouses en pente, son lac, ses grottes, le belvédère néo-classique fiché au sommet d’un éperon rocheux et le pont suspendu donnent à l’endroit une allure très pittoresque. Ses 24 hectares, sont les bienvenus au milieu de la forte densité urbaine environnante. Aux beaux jours, son aspect vallonné se prête bien à la mode actuelle des pique-niques et des apéritifs dînatoires.

Au Sud, à la limite de Ménilmontant, le parc de Belleville ouvert en 1988, a remplacé un îlot du Paris populaire souvent photographié par Willy Ronis et par ses compères du courant des photographes humanistes. La présence ici de ce parc est très appréciée tant les espaces verts font défaut dans cette partie de la ville. Dessiné à flanc de colline, il possède outre l'une des plus longues fontaine-cascades de la capitale, une vigne qui rappelle la tradition viticole de Belleville et surtout, le long de la rue Piat, en haut du Parc, un beau panorama, avec une vue imprenable sur Paris étendu à vos pieds.

Mais, Belleville possède aussi le plus grand jardin de Paris intra-muros. On n'y pense pas spontanément car il s'agit d'un jardin un peu particulier : c'est …le cimetière du Père Lachaise !

Eh oui, le plus prestigieux des cimetières parisiens est aussi le plus vaste des espaces verts de la capitale !

Sur ses 44 hectares, on dénombre 5300 arbres, essentiellement des érables, des frênes, des marronniers, auxquels s'ajoutent quelques platanes, robiniers, hêtres, tilleuls, acacias, sophoras, noyers… Excusez du peu !

Mais les visiteurs ne viennent pas seulement ici pour s'oxygéner et profiter de l'hyper-calme du lieu, … la promenade au Père Lachaise permet aussi de rencontrer de très nombreuses personnalités … ou plus exactement leurs sépultures !

Au fil du temps, le Père-Lachaise est en effet devenu un lieu d'exposition à ciel ouvert de l'art funéraire. Chaque année, le cimetière est visité par plus de deux millions de personnes, ce qui en fait l'un des lieux les plus visités de Paris, après la Tour Eiffel, le Louvre et Notre-Dame.

(A suivre …)

 

>> Le Père-Lachaise, l'un des lieux les plus visités de Paris.

 


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Voyage à Belleville (4/6) : Venez donc faire un tour dans le village.

4 Novembre 2014, 10:03am

Publié par barreteau

 

 Cour du 48 rue Ramponeau_Paris 20ème (juin 2012)

Dans le bas-Belleville, la rue grouille de monde et, ce bourdonnement, cette agitation pourraient bien quelque peu vous étourdir. Mais en remontant vers le haut-Belleville vous entrez dans un autre univers et, derrière les façades des vieux immeubles ouvriers règne souvent une grande quiétude.
Si l'on peut avoir un accès aisé à ces endroits cachés à l'occasion des "Journées portes ouvertes des Ateliers de Belleville", chaque année en mai, le reste du temps il vous faudra "jouer du digicode" pour pénétrer dans les impasses privées et les cours intérieures qui nous rappellent le passé à la fois campagnard et ouvrier de Belleville.

Un peu plus loin, des ruelles soignées, bordées de maisonnettes colorées, sont habitées par des bellevillois heureux de perpétuer l’esprit d'un village, à la fois convivial et solidaire. Comme à la Cité du Palais-Royal par exemple, ainsi surnommée parce que la Comédie Française (située au Palais-Royal) y entreposait autrefois décors et costumes.

Mais tout le vieux Belleville n’a pas été sauvegardé … loin de là !
Les hauts immeubles de béton qui ponctuent et enlaidissent le quartier en témoignent. Toutefois, la nostalgie pour ce Paris disparu reste tenace. Et, pour retrouver ce passé proche, on peut regarder "Le ballon rouge", ce merveilleux film tourné en 1956 par Albert Lamorisse à Belleville et à Ménilmontant. On peut également relire "W ou le souvenir d'Enfance" de Georges Perec, un ouvrage paru en 1975. L’écrivain y raconte ses jeunes années, rue Vilin, une artère aujourd’hui aux trois-quarts détruite mais que l'on retrouve rayonnante, dans les photographies de Willy Ronis.

Cependant l’œil curieux se rend vite compte que tout n’a pas été rasé à Belleville. Ainsi, entre la  rue des Cascades et la rue de la Mare, la placette Henri Krazucki est un lieu hors du temps et loin du tumulte. C’est donc l'endroit idéal pour prendre un café en terrasse, au calme.

Forte d'une identité singulière, Belleville suscite un attachement, voire un véritable amour, à tel point que ses habitants s’engagent fréquemment pour défendre leur territoire, et souvent ils résistent plus … et mieux qu'ailleurs.

Belleville n’a pas de monuments, pas de lieux célèbres à visiter, rien de pittoresque ou de particulier.
On ne vient pas se promener ici pour voir le Paris des circuits touristiques … mais pour faire un tour dans un village vivant, attachant, à l'écart des flux urbains … et ça, … ça vaut vraiment le détour !

(A suivre ...)


>> Le Ballon Rouge, 1956 - Albert Lamorisse : Regardez le film.

>> Place Henri Krazucki, le carrefour stratégique du 84 rue des Cascades / 43 rue des Envierges. 

 

 

 

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