Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

paris

Ce n'est pas trop tôt.

28 Août 2016, 11:28am

Publié par barreteau

Ce n'est pas trop tôt ….

Nettoyage de la statue de la place de la République_ Paris 8 août 2016

La statue de la Place de la République a fait peau neuve. Plus de fleurs, de bougies, de dessins, et surtout plus de tags … En une dizaine de jours, début août, les équipes de la Ville de Paris ont redonné toute sa splendeur au monument historique. Et ce n'est pas trop tôt …

Car depuis plus d'un an, le socle, les bronzes et même la Marianne étaient tagués, gribouillés, bardés de dessins, d'autocollants, de slogans politiques et même d'insultes racistes et antisémites… Tout cet avilissement est en grande partie le résultat des débordements, en marge du mouvement Nuit Debout et de son squat de la place, mais aussi celui des manifestations contre la loi Travail… Car ce ne sont pas les hommages aux victimes des attentats qui ont couvert le piédestal de tags et autres slogans, ce sont bien les manifestants autogérés, anars et autres gauchisants qui ont défiguré ce qui devrait pourtant être leur symbole...

Après ce grand nettoyage, il n’est  pas question d’ôter le caractère mémoriel de la statue, bien au contraire, nous pourrons toujours rendre hommage aux victimes à cet endroit comme au pied de l’arbre du souvenir qui a été planté, un an après les attentats de janvier 2015, sur cette même place. Mais il fallait que la statue soit propre car c’est la volonté d'une très large majorité de parisiens.

Marianne devait retrouver sa qualité première: "Liberté, Egalité, Fraternité" et aussi "Pax" sont les seuls mots qui doivent être inscrits à cet endroit. Les tags n'ont rien à faire ici et désormais des agents seront là pour surveiller le monument et mettre des amendes à ceux qui dégradent notre patrimoine, et là aussi, ce n'est pas trop tôt ….

 

 

>> Voir aussi : République, "the place to be…"

 

 

Voir les commentaires

Les trois escaliers de l'autre butte …

15 Juillet 2016, 08:24am

Publié par barreteau

 

Les trois escaliers de l'autre butte …

 

Dans sa "Complainte de la Butte", Mouloudji nous dit que "les escaliers de la butte sont durs aux miséreux". Cette butte, c'est  Montmartre bien sûr. Mais, non loin de là, il est une autre butte, moins célèbre mais tout aussi attachante. Car la butte Bergeyre est un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne. Et-là, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris.

Pour grimper là-haut, deux escaliers abrupts, percés étroitement au travers d'immeubles, donnent accès au sommet. L'un de ces escaliers, avenue Simon Bolivar, est précisément celui où Willy Ronis a saisi dans son objectif un instant magique, "sur le fil du hasard", comme il se plaisait à le dire. Un troisième escalier, baptisé "rue Michel Tagrine", permet de couper le lacet quasi montagnard, de la rue Georges-Lardennois. Mais quelque soit l'escalier que l'on choisisse, arrivé au sommet, on sera récompensé de ses efforts par la soudaine découverte d’un panorama grandiose sur Montmartre et le Sacré-Cœur, panorama d’autant plus merveilleux qu’il était insoupçonné …


>> La butte Bergeyre sur Parisperdu.

 

 

Voir les commentaires

Eh oui, ça aussi c'est Paris !

27 Juin 2016, 20:23pm

Publié par barreteau

 Eh oui, ça aussi c'est Paris !
Maison Loo, angle de la rue de Courcelles et de la rue Rembrandt Paris 8ème (juin 2012)

 

Le groupe pop-folk Orouni vient de sortir un clip original montrant divers édifices et monuments de Paris. Toutefois, dans cette vidéo, pas de tour Eiffel, pas d'arc de triomphe de l'Etoile, ni non plus de Cathédrale Notre-Dame …. mais  un défilement - en stop-motion - de plus de 40 lieux dont le style architectural ou décoratif est pour le moins dépaysant pour ne pas dire exotique : pagode chinoise, temple indien, ancien hammam, bulbes russes… Eh oui, ça aussi c'est Paris ! La Ville Lumière semble bien avoir définitivement ingéré ces nombreuses influences extérieures.

A découvrir absolument.


>> Le Clip Kalimbalism de (et par) Orouni

>> Orouni sera en concert sur la terrasse de Petit Bain à Paris le 9 juillet 2016

>> Liste des lieux parisiens photographiés, par ordre d’apparition dans le clip.


 

Voir les commentaires

Le Paris des fleurs (3/3)

17 Juin 2016, 09:12am

Publié par barreteau

Le Paris des fleurs (3/3)
Cité des Fleurs-Paris 17ème

C’est au Nord de Paris, dans le 17ème arrondissement, à la limite du quartier des Épinettes, que l'on trouve la Cité des Fleurs. C'est une enclave silencieuse et verdoyante, au cœur du quartier Brochant qui lui, par contre, ne fait pas rêver !

Si l'endroit est si calme, c'est qu'aucune voiture n'y a accès et, dans ses rues pavées et ses placettes arborées, il fait bon se balader. Ce qui frappe tout d'abord, ce sont ces alignements de grilles délimitant les jardins et, derrière ceux-ci, maisons bourgeoises et hôtels particuliers sont bien cachés.

Il en découle un espace très ordonné, un résultat voulu par l'urbaniste qui, à la fin du dix-neuvième siècle, a conçu la Cité des Fleurs avec des contraintes de construction très précises.

Des pilastres surmontés de vases Médicis jalonnent, de bout en bout, la voie. Des lierres et des glycines partout envahissent les façades… C’est un véritable village dans la ville, un endroit plein de charme où sans doute, il fait bon vivre à Paris.


>> Voir aussi : Le Paris des fleurs (2/3)

 

 

Voir les commentaires

Le Paris des fleurs (2/3)

11 Juin 2016, 10:56am

Publié par barreteau

Le Paris des fleurs (2/3)

Cité Fleurie - Paris 13ème

 

Nous sommes toujours dans le 13ème arrondissement, non loin du 5ème, dans une cité d’artistes construite en 1878 avec les matériaux d’un pavillon de l’Exposition Universelle, c'est la cité Fleurie.

Longtemps elle a été menacée d’être détruite par des promoteurs immobiliers, mais aujourd'hui, fort heureusement, elle est classée et donc préservée par son statut de Monument Historique.

Aussi vous allez la retrouver telle qu’elle a toujours été, un lieu de résidences et d’ateliers d’artistes. Et, il fait bon y flâner, dans un calme étonnant, au milieu des chats, des oiseaux, sous une végétation dense cachant statues et salons de jardin.

Bienvenue à la cité Fleurie.

 

 

>> Voir aussi : Le Paris des fleurs. (1/3)

 

Voir les commentaires

L'icône des bus parisiens.

25 Mai 2016, 16:33pm

Publié par barreteau

L'icône des bus parisiens.

Le 85 à la station Porte Dorée 75012_ juillet 1995

Il incarne l’autobus parisien par excellence. C'est le fameux Renault TN. Pendant 40 ans, de 1931 à 1971 il sillonna les rues et les avenues de Paris avec sa face avant en "nez de cochon", sa livrée vert et crème, mais aussi sa fameuse plate-forme arrière. Durant cette période, il apparaîtra également dans un nombre incalculable de films et de documentaires. Aujourd'hui, la régie parisienne a conservé dans ses ateliers une petite dizaine de ces bus historiques auxquels elle fait régulièrement prendre l’air, en particulier durant les journées du Patrimoine.

Il faut dire que ce costaud, ce gros bahut avait de quoi impressionner avec son énorme volant, ses flèches rouges lumineuses, ancêtres de nos feux clignotants, et son coup de klaxon tonitruant … Puissant, capable de transporter une cinquantaine de voyageurs sans compter ceux massés sur sa plateforme arrière, il va définitivement enterrer le tramway qui disparaîtra de la capitale en 1937.

Sa marque de fabrique, c'est la plate-forme arrière, à la fois entrée, sortie et balcon du bus parisien. Grâce à elle, les plus hardis descendent et montent en marche, mais elle offre aussi un lieu d’observation agréable sur la ville.

Sur cette terrasse, le receveur règne en maître. Sur sa poitrine flotte la "moulinette", la petite machine qui oblitère les tickets des voyageurs en émettant un petit bruit sec.

Lorsque tout le monde est à bord, il actionne avec autorité la chaînette qui déclenche une clochette au son mat. C'est, pour le machiniste, le signal du départ. Toute une époque …

 

>> A une certaine époque, même une vache embarquait sur la plate forme ...

>> Ah la vache ... (suite) 

Voir les commentaires

A Paris, dans le calme absolu …

20 Mai 2016, 18:05pm

Publié par barreteau

A Paris, dans le calme absolu …

Angle de la rue Georges Lardennois et de la rue Barrelet de Ricou Paris 19ème (juin 2010)

 

C'est l'un des derniers vrais villages de Paris, un endroit méconnu des parisiens et absent des guides touristiques. C'est la butte Bergeyre. Elle culmine à 100 m de hauteur et, aller y flâner offre une promenade extrêmement reposante car on y est quasiment seul, ce qui - aujourd’hui à Paris - est un vrai luxe …

Tout de suite, vous ressentez l’atmosphère particulière des lieux, un silence général y règne. Tout semble ici si loin du tumulte parisien…

En cinq rues vous aurez fait le tour de la butte mais, au bout de la rue Georges Lardennois, un petit banc vous attend. Là, vous pourrez profiter d'une vue que peu de parisiens connaissent, avec face à vous: Montmartre et le Sacré-Cœur. Décidément, la butte Bergeyre est un endroit exceptionnel.


>> La butte Bergeyre déjà sur Parisperdu.

>> Face à vous: Montmartre et le Sacré-Cœur !

>> Willy Ronis n'avait pas manqué de s'y rendre avec son appareil photo …


 

Voir les commentaires

République, "the place to be…"

26 Avril 2016, 16:44pm

Publié par barreteau

 

 


Place de la République, voilà une place qui, par les temps qui courent, ne laisse pas indifférent. Est-ce encore une place publique ou est-elle devenue exclusivement un rendez-vous politique ? Telle est la question du moment.

Traditionnel point de ralliement des manifestations, Cgt en tête, Unef pas loin derrière, … c'est à "Répu", sous la colossale statue en bronze de Marianne, que démarrent symboliquement les cortèges.

Jusqu'en 2012, l'esplanade certes très animée ne voyait, en dehors des grandes "manifs", qu'une activité réduite aux brocantes et aux vide-greniers organisés surtout le week-end.

Son réaménagement en 2013, n'a pas eu que des avantages quand on pense, par exemple au massacre des fontaines des Dauphins, mais il a permis d'ouvrir la place aux piétons, aux familles, aux enfants et, sur ce plan là, c’est un succès.

Mais le grandiose projet de la Mairie de Paris connaît aussi quelques ratés.

C'est tout d'abord le Café "Monde et Médias" qui reste fermé depuis maintenant longtemps, suite à un incendie ... Du mobilier urbain, du miroir d’eau, de "L’R de jeux" et de la ludothèque à ciel ouvert, que reste-t-il ? Pas grand-chose ... Quant aux nouveaux arbres plantés pour "végétaliser" la place, ils résistent, mais restent diablement chétifs.

Et surtout, depuis les attentats de 2015, la fonction de la place semble avoir radicalement changé. Elle est devenue un symbole, une sorte de sanctuaire, un mémorial, un lieu de recueillement et d’expression.

Avec parfois de fâcheuses conséquences, ainsi la statue de la République et son socle de pierre calcaire qui pourtant avaient été nettoyés à neuf, ont dû subir des couches superposées de messages, de graffs, et de nombreuses dégradations malveillantes. Ce nouvel espace est devenu "la place parisienne" de référence de la contestation mais aussi un nouveau défouloir, un exutoire, ...
On ne lui en demandait pas tant !

Et, fin mars 2016, le point d'orgue n'est sans doute pas loin d'être atteint. La place de la République devient le "siège social", l'établissement principal du mouvement "Nuit debout".

Ici, chaque soir on refait le monde, la parole est libre et les contestations vont tout azimut …
La République est un symbole, mais ne deviendrait-elle pas aussi un prétexte ? Car les effets secondaires que sont les débordements, les désordres et les dégradations installent le doute sur la crédibilité de mouvement … Nuit debout va-t-il devenir Ennui assis … ?

 

>> La République en danger ...

 

Voir les commentaires

"Réinventer Paris", qu'elle disait …

5 Avril 2016, 16:32pm

Publié par barreteau

"Réinventer Paris", qu'elle disait …

 Le projet "réinventer Paris"_Infographie Le Figaro

 

Madame la maire de Paris, veut "Réinventer Paris" … rien que ça ! Vu les premières opérations réalisées par Madame Hidalgo, on peut craindre le pire. J'en veux pour témoin le réaménagement de la Place de la République que la maire érige en  "emblème de la reconquête de l’espace public" ! En fait il s'agit plutôt d'un massacre. Cette place a en effet été transformée en un espace à la fois laid, sale et dégradé auquel on ajoutera la ridicule transformation de la statue et de son très beau socle en "monument à Charlie" constamment tagué et vandalisé. Et la Mairie ne fait toujours rien pour remettre le lieu en état.

Mais le pire est peut-être à venir avec le projet "23 chantiers pour réinventer Paris" que la Mairie s'est donné pour objectif de mener à bien, d'ici la fin de son mandat, en 2020.

Sur un nouveau site Internet dédié à ce projet, la mairie de Paris présente donc les 23 sites proposés pour être réinvestis, réinventés. L'Hôtel de Coulanges (IVe), l'ancien conservatoire (XIIIe), la Gare Masséna (XIIIe), les Bains-Douches Castagnary (XVe), la sous-station Voltaire (XIe)... font partie du lot. Il y a également des terrains nus ou des friches industrielles dans le quartier de Clichy-Batignolles (XVIIe) ou le Triangle Éole-Évangile (XIXe). Au total, ce ne sont pas moins de 150.000 mètres carrés constructibles qui sont mis à disposition sur ces territoires appartenant à la Ville ou à des bailleurs sociaux ou encore à des sociétés d'économie mixte.

L'appel à projets qui a été lancé débouchera prochainement sur la sélection des consortiums les plus sérieux et, finalement, un jury international sélectionnera les lauréats en mai prochain. Tout cela nous rappelle la méthode Delanoë pour la Canopée des Halles qui constituera, après le trou des années 70, le gouffre financier des années 2010 … Il y a malheureusement fort à parier que les mêmes causes produiront les mêmes effets …



>> Non Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë.

 

 

 

Voir les commentaires

Ravalement.

20 Décembre 2015, 09:48am

Publié par barreteau

Ravalement.

Philharmonie de Paris/Cité de la Musique _221 avenue Jean-Jaurès_75019 Paris

 

A l'image de la Philharmonie de Paris, le quartier du nord-19ème se modernise rapidement. Quai de la Seine, rue de Nantes et aux alentours, c'est la folie hypster: les bars et cafés DJ fleurissent, des magasins de produits vaguement alternatifs ouvrent leurs portes, de même que des cabinets d'architecture et des galeries qui donnent dans le néo-créatif, l'atypique ou l'arty. Tous et toutes remplacent partout les vielles boutiques. Bref, tout un nouveau quartier "très tendance" se dessine aujourd'hui, juxtaposé à un univers de logements crasseux, aux couleurs ternes, aux ruelles assassines et parfois plongées dans une pénombre moite … C'est la rencontre, dans un même espace de deux styles, de deux mondes: celui de la précarité et celui du progrès galopant.

 

>> Voir aussi: "Guide de survie en pays bobo".

 

 

Voir les commentaires

"Fluctuat nec mergitur"

24 Novembre 2015, 09:27am

Publié par barreteau

"Fluctuat nec mergitur"

Lavatronic, 3 Rue de la Fontaine au Roi Paris 11ème _novembre 2015

 

En face de "Casa Nostra", le restaurant de la rue de la Fontaine au Roi qui fut l'une des cibles des attentats du 13 novembre à Paris, la laverie Lavatronic a reçu cette balle perdue ...
"Fluctuat nec mergitur" ?… Oui Paris est battu par les flots, mais ne sombre pas.


>> La laverie Lavatronic, par temps de paix …

>> Rue de la Fontaine au Roi, déjà sur Parisperdu

 

 

 

 

Voir les commentaires

"Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

19 Novembre 2015, 12:24pm

Publié par barreteau

" Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

"C'est ça Paris" 1954 © Gianni Berengo Gardin - Courtesy Fondazione Forma per la Fotografia

" Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

"Les Communiantes de la rue de l'Evangile" Paris 18ème 1978 © Elliott Erwitt - Magnum Photos

 

"Une amitié argentique" rassemble 120 tirages noir et blanc de Gianni Berengo Gardin et d'Elliott Erwitt, réalisés entre 1950 et 2014 et présentés, la semaine dernière, au Salon de la Photo 2015 à Paris.

D'un côté, Elliott Erwitt. Né à Neuilly en 1928 et fils d'immigrés russes, il sera remarqué par Robert Capa qui l'introduira à Magnum. Il finira d'ailleurs par diriger la prestigieuse agence. Il a traversé la deuxième partie du XXe siècle en posant les jalons de la photographie moderne, laissant à la postérité les images les plus fameuses de Marylin Monroe, tout comme de nombreux portraits de chiens croisés dans la rue.

De l'autre, Gianni Berengo Gardin. Né en 1930 près de Gênes, il débute la photographie à 14 ans comme un acte de rébellion: en 1944, l'armée italienne sous le joug de l'Allemagne nazie confisquait à la population armes et appareils photos. Il s'est dit que la photo devait être bien intéressante pour occuper autant les esprits des soldats. Moins connu du grand public qu'Erwitt, il demeure l'un des plus grands photographes du XXe siècle, qu'il a documenté dans 250 livres.

Quels sont les points qui rassemblent ces deux photographes et qui justifient de leur consacrer une grande exposition commune?

Il y a d'abord le noir et blanc comme réponse évidente. Si Gianni Berengo Gardin ne pratique pas la couleur, Elliott Erwitt ne le fait qu'à contrecœur. Il y a aussi l'argentique, comme l'indique le sous-titre de l'exposition: "Une amitié argentique". Comme pour la couleur, l'un ne le pratique pas (et voudrait même interdire Photoshop), quand l'autre ne le fait que pour les commandes. Mais ce qui les rassemble est beaucoup plus intime.

Ce n'est pas parce que leurs approches se complètent l'une l'autre qu'ils vont si bien ensemble. Au contraire, Gianni Berengo Gardin résume les choses en deux mots: "Nos deux regards sont très semblables. Ils ne sont pas complémentaires, mais similaires." Une façon de photographier qu'Elliott Erwitt précise: "Cette approche est très simple, elle est en fait une manière d'être. Je me lève le matin, je prends mon appareil photo, et je fais des photos." Pour Gianni Berengo Gardin, cette attitude est la marque d'une époque: "C'est un geste naturel, je crois que c'est propre à notre génération de photographes."

L'amitié qui lie les deux photographes depuis plus de trente ans a un même creuset: la photographie humaniste. Quand, en 1954, Gianni Berengo Gardin emménage à Paris, c'est en partie pour rencontrer le grand photographe Willy Ronis: "J'avais chez moi un petit livre de reportages de Willy que l'on m'avait offert. Je voulais absolument le rencontrer. Nous sommes devenus très amis, nous sommes allés photographier Ménilmontant ensemble. Il est mon véritable maître."

Ils adoptent tous deux la posture du témoin: "Ce sont les sujets qui s'imposent, ce sont eux qui me suggèrent la photo que je dois faire", explique Gianni Berengo Gardin. "Qu'est-ce que je cherche quand je prends une photo? Je ne le sais pas jusqu'à ce que je le trouve...". Une spontanéité reconnaissable aussi bien dans le travail de l'un comme de l'autre. Dans la fascination qu'Elliott Erwitt entretien pour les chiens, par exemple, et qui a donné de nombreuses scènes cocasses. Elle dure depuis les années 40, mais ce n'est que des années plus tard, en examinant des planches contacts, qu'Erwitt réalise la place de ces animaux de compagnie dans son travail.

Les arts graphiques ont aussi leur part de responsabilité dans l'esthétique d'Elliott Erwitt: "Je m'inspire aussi de la peinture, mais encore plus du dessin." Pourquoi le dessin en particulier? "Parce que le dessin est plus direct." C'est là que se rejoignent Elliott Erwitt et Gianni Berengo Gardin dans leur pratique artistique: comme le noir et blanc, le dessin "est une synthèse". Il ne garde que l'essentiel sans s'encombrer de ces couleurs qui distraient le regard. Quand on fait du noir et blanc, il n'est plus question que de lumière.
Et l'exposition du salon de la Photo 2015 le démontre parfaitement.

 

>> En savoir plus sur l'exposition.

 

Voir les commentaires

Loin, très loin il y avait la ville …

3 Octobre 2015, 15:16pm

Publié par barreteau

Loin, très loin il y avait la ville … 

Rue des Envierges Paris 20ème (mai 2005)

A l’intersection de la rue des Envierges et de la rue Piat se trouve une place qui forme une sorte d’esplanade baptisée récemment, et fort à propos, “Belvédère Willy Ronis”. Là, vous découvrez une vue magnifique sur Paris, un peu comme celle que l'on a du haut de la butte Montmartre, côté esplanade du Sacré Cœur. Sauf qu'ici, à contrario, le lieu n'est pas touristique, ce qui ajoute beaucoup à son authenticité et à son charme.

De ce "balcon" sur la capitale, un grandiose panorama s'étend à vos pieds, du quartier de Bercy jusqu'au parc André-Citroën. C'est un endroit magique, lumineux, plein d’énergie dominatrice ...

Et l'on ne peut s'empêcher alors d'avoir le même sentiment que celui qu'Amélie Nothomb nous délivre dans "Stupeur et tremblements" : "Loin, très loin il y avait la ville … si loin que je doutais de n'y avoir jamais mis les pieds".

 

>> Balade hors des sentiers battus ... (2/3)

>> Paris n'est pas un musée.

>> Willy Ronis définitivement lié à Belleville …

 

 

Voir les commentaires

Au col de la Chapelle

5 Septembre 2015, 10:13am

Publié par barreteau

Au col de la Chapelle
Ateliers ferroviaires de la rue Pajol, 75018_Paris (juin 1994)

 

Géographiquement parlant, un col est un passage étroit entre deux montagnes, et il permet la communication entre deux versants.

A Paris, entre le mont Martre et les Buttes Chaumont, se trouve le col de la Chapelle. Depuis toujours, ce passage a été une voie de communication majeure entre le Nord et la capitale. Dans cette coulée, on fit passer les tranchées des trains des Gares du Nord et de l'Est, les débouchés des routes Nationales 1, 2 et 3 … et aussi le Canal St Martin.

"Au col de la Chapelle" est également le nom de l'essai que Joël Cornuault vient de publier. Il nous y relate son enfance et son adolescence dans le dix-huitième arrondissement de Paris et plus particulièrement ses errances dans ce quartier de La Chapelle.

Je ne résiste pas à vous livrer un des extraits parmi les nombreux passages qui bien souvent se trouvent en parfaite résonance avec Parisperdu :
" La vie sociale n'étant plus en mesure de se régénérer de son propre mouvement, le capital familial n'étant plus à la hauteur des investissements nécessaires, toujours plus élevés, le conseil municipal du dix-huitième se promet d'entrer en action à l'emplacement des anciennes rotondes à locomotives et des secteurs de triage. Un de ses énormes combinats culturels, dont le Centre Beaubourg a fourni la matrice et qui la voit se reproduire en divers endroits où des "restructurations" sont déclarées nécessaires, va se dresser en lieu et place des ateliers et des quais de transbordement de la rue Pajol. Cet implant sera géré par la mairie de Paris depuis ses bureaux des bords de Seine - depuis la lune, autant dire."

Avec Joël Cornuault, au-delà de l'évocation d'un Paris populaire et ouvrier, aujourd'hui disparu, nous sommes invités à la flânerie urbaine, à l'errance quotidienne, à atteindre ce qu'il appelle le "sentiment des rues". Désormais aux côtés de Follain, de Fargue, d'Hardellet, de Réda et d'Aragon … il faudra ajouter un autre piéton de Paris: Joël Cornuault.


>> "Au col de la Chapelle" de Joël Cornuault, aux Editions Isolato.

>> La ZAC Pajol, sur Parisperdu.

>> La halle Pajol aujourd'hui …

 

 

 

Voir les commentaires

Paris par les plus petits des chemins.

11 Juillet 2015, 21:02pm

Publié par barreteau

 

Paris par les plus petits des chemins …

Au 158 rue de Charenton, s'ouvre la ruelle Bidault, Paris 12e (juin 2011)

 

Qu'on les appelle sentes, sentiers, impasses, passages, villas ... ou parfois encore ruelles, toutes sont des voies de Paris souvent méconnues et situées dans des endroits reculés ou peu fréquentés.

Mais aujourd'hui, les ruelles parisiennes ne sont plus ce qu'elles étaient et souvent dans les restructurations de quartiers entiers, elles ont tendance à disparaître….  si bien qu'aujourd'hui, Paris ne compte plus que six  ruelles.

Mise à part la ruelle du Soleil-d'Or, dans le 15ème et la ruelle Sourdis, dans le 3ème, la ruelle est une "spécialité" du 12ème arrondissement, où toutes débouchent, via le viaduc des arts, sur l'avenue Daumesnil.

Dans le 12ème, elles ont pour nom : Ruelle Bidault, Ruelle Fraisier, Ruelle des Hébrard, Ruelle de la Planchette. En outre, la rue de la Brèche-aux-Loups (toujours dans le 12e arrondissement) a porté autrefois le nom de ruelle de la Brèche-aux-Loups.

Dans le 18e arrondissement on trouve également une voie nommée passage Ruelle, mais ce lieu reculé, collé aux voies ferrées de la gare du Nord, n'a  rien d'une ruelle …

 

>> La ruelle Bidault, il y a 100 ans …

>> Sentiers de Paris.

>> Le passage Ruelle, déjà sur Parisperdu …

 

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 > >>