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PARISPERDU

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Paris pluie.

6 Décembre 2010, 09:35am

Publié par barreteau



C'est juste un grain, juste un petit grain, celui qui tombe sur une vitre et rend flou le paysage, il trouble l'espace, à le faire dissoudre, s'éparpiller, divaguer.

Le grain de la pluie se répand dans le grain de la photographie, diluant les pixels, étalant les lumières qui dégoulinent, informes, déviées de leurs focales, s'irisant comme des fleurs imbibées.

Quand il pleut sur Paris, parfois je coupe les essuie-glaces de ma voiture et photographie la ville derrière le pare-brise.
Apparaissent alors les distorsions optiques d'un voyage devenu ivre, étincelant, étrangement liquide.


>> Autre image, plus délirante encore!

 

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Parisperdu pour les nuls (5/5): " Des Epinettes aux alentours du canal de l'Ourcq "

24 Juillet 2010, 10:30am

Publié par barreteau

Le pont de Crimée sur le Canal de l'Ourcq; L'angle de la rue Lentiez et de l'impasse des Epinettes.

 

Le quartier des Epinettes cache sa vraie nature. Pour l'explorer, il faut avoir l'esprit curieux. Ici, les apparences ne sont pas trompeuses. Elles sont multiples et quelquefois déroutantes.
 

Connaître les Epinettes, c'est découvrir autant d'enclaves, de passages, de cités, de cours et d'îlots reliés entre eux, comme un archipel, par des souvenirs d'anciens. Les sourires échangés tissent des itinéraires dans un quartier où il faut écouter son cœur, lever la tête et regarder.

Des anciennes usines qui ont fait la gloire de ce faubourg au XIX e siècle, il ne reste plus rien. Et aujourd'hui, c'est à formidable parcours architectural que nous convient les Epinettes.
 

Tout d'abord, entre l'avenue de Clichy et la rue de la Jonquière, c'est la Cité des Fleurs. Mais le plus inattendu est sans doute le square des Epinettes, avec la façade austère du collège Félix-Pécaut sur un côté et, sur les trois autres côtés du square, un florilège d'immeubles de "rapport", comme l'on disait autrefois.

Au coin des rues Collette et Deraismes c'est d'abord une invitation à un voyage art-déco. En face, rue Collette, triomphent les bow-windows, raffinement britannique. Là, des vitraux de couleurs ornent les fenêtres en surplomb; plus loin, un déploiement de fer forgé, de métal ouvragé, fait ressembler ces six étages paisibles à un palais sévillan.

Plus bas, rue de la Jonquière, on retrouve, entre la villa Sainte-Croix et la rue Lantiez, ces alignements de petites maisons de trois étages, bordées d'une cour, qui aboutissent à des ateliers d'autrefois.
Les Epinettes présentent toute la diversité des conceptions de l'habitat entre le XIX e et la première moitié du XX e siècle.
C'est donc une promenade insolite dans un quartier attachant, véritable conservatoire des architectures parisiennes, que vous aurez effectuée en plein cœur du 17 e arrondissement.

 
 

Au départ du parc de la Villette, le long de l'Ourcq vous attend une autre agréable promenade, moins urbaine que la précédente, plus bucolique sans doute avec la présence continuelle de l'eau. Alors, laissez-vous guider au fil du courant, le long de la berge.
 

Longer le canal de l'Ourcq,  c'est succomber au charme des canaux à Paris et, même si celui-là est moins célèbre que le canal St Martin, il est surtout plus calme, car déjà un peu hors de la ville …

Face à face, le quai de l'Oise et le quai de la Marne reliés par le pont de Crimée, un pont mobile unique à "soulèvement parallèle", une idée de génie de l'ingénieur hydraulicien Humbolt. Ce dispositif, permet aux piétons de franchir le canal même pendant les manœuvres. Il a été utilisé comme décor dans bon nombre de films, Prévert aimait venir s'y promener et s'asseoir, en face dans le square de la place de la Bitche.
 

En poursuivant, quai de l'Oise, le long du canal, bien à l'abri de la circulation, vous pourrez constater que le quai est encore parcouru par une rambade en fer et des anneaux d'amarrage qui rappellent l'activité portuaire du lieu. Vous pourrez finir la balade non loin d'ici, rue de Nantes, une rue immortalisée par Robert Doisneau, avec une célèbre photographie d'un bal du 14 juillet. Ce jour-là, son animation était légendaire.
 

Si vous n'êtes pas tout à fait conquis, il vous faudra revenir vous balader le long du canal, le soir ... avec les lumières qui se reflètent dans l'eau.... tout simplement superbe !




>>Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (4/5)

>> La pétanque chez les "parisi-ingues".

>> Jacques Prévert au Pont de Crimée.  Photo ©Robert Doisneau.

>> Rue de Nantes, bal du 14 juillet. Photo ©Robert Doisneau.

 

 

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Parisperdu pour les nuls (4/5): " De Planchat-Vignoles à la Place de Rungis".

16 Juillet 2010, 09:06am

Publié par barreteau

Dans le quartier Planchat-Vignoles: l'impasse de Bergame ; Place de Rungis les pavés de l'ancienne Gare de marchandises Glacière-Gentilly .


Jusqu'à l'aube de l'an 2000, le secteur Planchat-Vignoles était un  îlot de logements bien souvent insalubres et pour certains totalement laissés à l’abandon. Aujourd'hui, le quartier a été entièrement réhabilité. Et c'est un endroit plutôt charmant, aux habitations à l’architecture contemporaine, qui se dresse là, discrètement en plein cœur du 20ème arrondissement. Cette centaine de logements et ces douze ateliers d’artistes forment un nouveau petit village dans la capitale.

Les architectes en charge de la réhabilitation, ont eu l'intelligence de conserver le parcellaire ancien: des lanières d'anciennes vignes, de plus en plus étroites au fil des héritages. Le programme fait ainsi la part belle aux petites cours privatives ainsi qu'aux "dents creuses", ces petites impasses au charme unique et chargées d’histoire.

De fait, l’endroit tel qu’il se présente aujourd’hui parvient à être original tout en conservant un esprit de village. Au final, l’ensemble s’articule autour d’un immeuble central qui s’étend de la rue des Vignoles à la rue de Terre-Neuve. Erigé sur trois étages, le bâtiment est bordé par deux allées passantes pavées et fait face, de part et d’autre, à une série de maisons de villes aux multiples hauteurs. Des petites entités de moins de six mètres de large dont les façades alternent la brique, le zinc, le cuivre ou le béton donnent à l'ensemble un petit côté de campagne à Paris.


Voilà un lieu bien différent du précédent car, autant dans le secteur Planchat-Vignoles l'espace est confiné, enserré dans un parcellaire étroit, autant le nouveau lieu que nous abordons est aéré, béant, ouvert à tous vents : c'est la place de Rungis, dans le 13ème arrondissement.

Cette place a été créée suite au comblement d'un étang jadis raccordé à la Bièvre toute proche. Ce nouvel espace permet alors l'implantation de la gare de marchandises Glacière-Gentilly. Il y a encore peu de temps, on pouvait déambuler-là, parmi les entrepôts et les hangars desservis par des voies reliées à la Petite-Ceinture, qui passe au fond de l'enclos. L'ensemble très vaste et très vétuste, a toujours été encombré d'objets abandonnés, d'ordures … encore récemment, des cabanes construites de bric et de broc abritaient quelques SDF asiatiques.
Le soir, de l'immense hangar central à demi-ruiné, on entendait hurler les chiens de garde que l'on y enfermait : ce qui en faisait un lieu à la fois  étrange et sinistre …

Nous sommes ici, dans un endroit délaissé, à l'urbanisme non fini, qui traduit une sorte de sentiment de "bout du monde". Mais les potentialités d'aménagement n'ont pas échappé aux promoteurs qui sont entrain de construire à la place de l'ancienne gare de la place de Rungis pas moins de 40 000 m2 de logements et de bureaux !
Fin 2011, il en sera fini de ce lieu atypique de Paris.

 

>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (3/5) 

>> Planchat-Vignoles, ou l'architecture "faubourienne" réinventée.

>> Ancienne Gare de Rungis, un nouveau quartier pour demain.



 

 

 

 

 

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Parisperdu pour les nuls (3/5): " Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre".

8 Juillet 2010, 08:56am

Publié par barreteau

Dans le triangle Mouzaïa : le hameau du Danube; sur la butte Bergeyre : la rue Georges Lardennois.

Dans ces secteurs, la tranquillité règne en maître absolu et c'est un Paris quelque peu campagnard que vous allez découvrir. Le contraste avec la ville est encore plus flagrant si vous arrivez de la place des Fêtes où l'amoncellement des tours et des barres vous aura certainement donné le tournis.

Flâner rue de la Mouzaïa, c'est oublier quelques instant qu'on est à Paris... Le programme est simple : il vous suffira de regarder les belles maisons, de profiter du calme, de respirer profondément ... et c'est alors une agréable balade qui s'offre à vous.Bien comprendre la topographie du lieu est indispensable pour s'orienter dans cette véritable toile d'araignée. C'est en effet, un quartier en demi-cercle dont le centre est la station de métro "Rhin et Danube" et de laquelle partent une multitude de rues en rayons.

Et tous ces rayons sont coupés et reliés entre eux par des ruelles, des venelles appelées villas, bordées de maisonnettes à un ou deux étages.

Ces venelles sont toutes plus ou moins en pente et toutes sont inaccessibles aux voitures. Des jardinets complètent et embellissent ces constructions qui étaient l'habitat des ouvriers de l'Est parisien, jusque dans les années 50. Aujourd'hui, ces maisonnettes se négocient aux alentours de 600 000 euros minimum, aussi est-il clair que ce ne sont plus les ouvriers qui habitent là !

Des six venelles qui dévalent vers (ou remontent de) la rue de la Mouzaïa, je vous conseille de descendre la première villa (Eugène Leblanc) puis de remonter par la 2ème (Emile Loubet), redescendre par la 3ème et ainsi de suite (Bellevue, Lilas, Sadi-Carnot) jusqu'à la dernière (Félix-Faure).

En descendant vers le sud, vous vous trouverez bientôt au pied d'une butte plutôt insolite, c'est la butte Bergeyre. Disons-le tout net, se promener sur la butte Bergeyre, c'est découvrir un lieu hors du temps, isolé, quelque peu suranné ... et quasiment improbable ...

Ici, la vision de Paris est toute autre : la lumière est partout, on se sent hors du bruit de la ville, l'air n'est plus le même ... le privilège des hauteurs peut-être. La butte Bergeyre, c'est un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.

Cinq rues seulement entourent et quadrillent ce petit périmètre.
La rue Georges-Lardennois relie la "vraie ville" au village perché sur le sommet. Elle suit un long tracé jusqu'au point culminant qu'elle atteint après avoir enlacé l'ensemble de la butte qui s'élève tel un pain de sucre.

La rue Barrelet-de-Ricou se termine par des escaliers où Willy Ronis a saisi dans son objectif un instant magique, "sur le fil du hasard", comme il se plait à le dire.

Au cœur de la butte, on trouvera la rue Rémy-de-Gourmont et la rue Philippe-Hecht, toutes deux avec leurs petits immeubles à deux étages bien sagement alignés.

Et puis, comme pour donner un relief encore plus "fantastique" à cette étrange butte, on découvre la rue Edgar-Poë. Avec des jardinets étroits comme des jardinières prises sur le trottoir, nous sommes bien ici dans un lieu extraordinaire, un endroit isolé et tout à la fois urbain, un quartier unique à l'environnement singulier, un espace à l'écart de la ville, tout en étant dans la ville.
Ici, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris.

 



>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (2/5)

>> Villa du Danube.

Sur la butte Bergeyre,(sélection de Parisperdu):

>> Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

>> N'est pas Willy Ronis qui veut ... !

>> Sur la butte Bergeyre.

>> Rêveries du promeneur solitaire.

 

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Parisperdu pour les nuls (2/5) : " Du haut Belleville au bas Ménilmontant "

30 Juin 2010, 10:05am

Publié par barreteau

A Belleville : Villa Castel ; A Ménilmontant: Places Gambetta et Martin Nadeau
  

Belleville et Ménilmontant sont les quartiers les plus emblématiques du Paris populaire.

De l'esprit des rues arpentées par Willy Ronis, dans les années 50-60, il ne reste plus grand-chose. Toutefois, dans ces quartiers, le promeneur attentif pourra encore retrouver quelques parcelles de ces mythiques "villages".

Dans le haut Belleville, le belvédère de la rue Piat conserve une réelle magie même si, en contrebas, le parc a fait disparaître le lacis de petites rues, de passages et d'escaliers : Vilin, Pali-Kao, Julien Lacroix ... et pourtant, le vrai Belleville était là.
Sur le plateau, parcourez les rues des Envierges, du Transvaal ainsi que le confidentiel passage Plantin et surtout la discrète Villa Castel où rodent encore les fantômes de "Jules et Jim".

Delà, gagnez les rues décrivant les courbes de niveaux de la colline : rue de Savies, des Cascades, de l'Ermitage, du Retrait ... A la belle saison, flâner dans ces rues est un vrai plaisir tant la paix, la sérénité sont ici omniprésentes.


Le passage vers Ménilmontant se fera par la rue de la Mare et ... sa passerelle métallique sur l'ancienne voie ferrée de la petite-ceinture, en sera l'aérien symbole. Ménilmontant a beaucoup souffert de la folie de la spéculation immobilière et les stigmates du changement sont ici beaucoup plus visibles que dans le haut Belleville. C'est pourquoi vos pas devront vous conduire directement vers le sud, vers le bas de Ménilmontant.

Pour moi, le centre stratégique en est la place Martin Nadeau, idéalement coincée entre le Père Lachaise, la place Gambetta et la coulée des rues Sorbier, Annam et de la Bidassoa. 
Au fond de la place, le dos d'âne de la rue Gasnier-Guy devra être escaladé. Avec ses 17%, c'est la rampe la plus raide de Paris. En contrebas, on distingue un square, celui-ci a été bâti sur les ruines du micro-quartier de la rue de la Cloche. Ici s'élevait, il y a encore une dizaine d'années ... un lieu hors du monde, une ville en miniature malheureusement rayée de la carte.


Belleville, Ménilmontant deux villages, mais un même cœur. 
Pour vous, lecteurs du "Parisperdu pour les nuls", sans aucun doute votre première visite est à faire ici. Mais il y a urgence car ces quartiers éminemment populaires connaissent une "gentryfication" galopante ... qui va changer définitivement l'atmosphère de ces lieux.


>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (1/5)


Belleville et Ménilmontant (sélection de billets sur Parisperdu) :

>> A la découverte de Belleville et de Ménilmontant ...

>> Rue de la Cloche.

>> La parole à ... Clément Lépidis.

>> Vilin, Couronnes et Pali-Kao ...

>> Le petit miracle de Belleville.

>> Belleville, la belle ville des bobos.

>> Une rage de destruction ...

>> Mélange de couleurs.  

>> En redescendant des hauts de Ménilmontant ...



 

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Parisperdu pour les nuls (1/5).

22 Juin 2010, 09:13am

Publié par barreteau


La collection "Pour les nuls" vulgarise tous les sujets… et Paris n'a pas été oublié: il existe un "Paris pour les nuls" par Danielle Chadych et Dominique Leborgne, deux historiennes de Paris.

 Le propos de Parisperdu n'est pas de rédiger un nouvel opus sur cette approche, mais peut-être d'en écrire un chapitre complémentaire, celui des quartiers Est de la capitale, en quelque sorte: un "Parisperdu pour les nuls" !

Toutefois, il ne s'agit pas non plus de proposer un guide exhaustif de l'Est parisien.
Nous nous contenterons de vous indiquer nos itinéraires préférés, les coups de cœurs de nos vagabondages …

Alors, pour celles et ceux qui auraient peur de ne pas être à la hauteur pour affronter ce Paris particulier, voici notre petit guide "Pour les nuls".

Pour les quartiers Est de la capitale, 8 sites nous paraissent mériter d'être mentionnés.
Mais pour les visiter, il faudra vous dépêcher … car tous sont en cours de mutations plus ou moins profondes … et pourraient bien dans un avenir proche s'ajouter à la longue liste du Paris disparu … Bien sûr, géographiquement parlant, ces quartiers ne vont pas être rayés de la carte, mais les transformations qu'ils connaissent ou vont connaître en changeront dramatiquement le visage et, selon nous, leur intérêt.


Voici donc notre sélection:

1.   Le haut Belleville
2.   Le bas Ménilmontant
3.   Le triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans
4.   La butte Bergeyre
5.   Vignoles–Planchat
6.   La place de Rungis
7.   Les Epinettes
8.   Autour du canal de l'Ourcq


Dans les prochains billets, nous vous dévoilerons les charmes, souvent cachés, de ces "hot spots" de notre "Paris pour les nuls".

A suivre donc …


> Voir aussi sur Parisperdu : "Balade hors des sentiers battus".

 

 

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Paris est-elle la plus belle ville du monde ?

15 Décembre 2009, 08:32am

Publié par barreteau


On me le dit souvent, "Paris est la plus belle ville du monde". Et, quand j'accompagne des amis étrangers sur la monté de l'avenue des Champs-Élysées, ils me le répètent sans cesse: "Ah oui, vraiment, nous sommes sur la plus belle avenue du monde".

Je vis donc dans la plus belle ville du monde et je n'en profite même pas. La plupart du temps, je ne m'en rends même pas compte. J'ai de nombreux musées dans ma ville, mais je n'en ai visité que quelques uns, je ne les connais même pas tous. J'ai également à Paris une foultitude de théâtres, de salles de spectacles, de sports ... mais je ne les fréquente presque jamais. A bien y penser, c'est idiot de ne pas profiter de tout ça alors que beaucoup de personne m'envierait et aimerait être à ma place, rien qu'une journée, voire seulement quelques heures. Paradoxalement, ceux qui connaissent le moins Paris sont bien les parisiens eux-mêmes …

 

Mais si Paris est la plus belle ville du monde, pourquoi alors tant de parisiens désirent-ils la quitter ? A cause des loyers et de la vie chère, oui bien sûr, mais pas seulement … C'est aussi surtout, parce que la qualité de vie y est médiocre et l'ambiance souvent plus que pesante …
Paris était une ville merveilleuse, il y a 30 ou 40 ans … et pour beaucoup c'était un rêve de gosse d'aller y résider, mais aujourd'hui beaucoup ne voudrait y habiter … pour rien au monde!

 

Pour découvrir le Paris des Parisiens ...vous pouvez suivre "Parisperdu", un blog où l'on trouve une foule de balades à faire à pieds dans les quartiers de l'Est parisien. Pourquoi dans l'Est parisien ? Parce que c'est là où l'on peut encore découvrir le vrai, l'authentique Paris !


Pour aimer Paris, il faut aller à sa rencontre, flâner dans ses rues, mêmes dans celles qui semblent sans intérêt... Alors on comprend que Paris a beaucoup de charme, on comprend aussi pourquoi Paris est autant visité, et on comprend finalement pourquoi … oui, c'est bien la plus belle ville du monde!  



>> Voir aussi: "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux."

>> Voir aussi: "Paris, guide à l'usage du touriste averti."

 

 

 

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Le grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !

6 Mai 2009, 09:16am

Publié par barreteau

Grand Paris, "Projet de l'Atelier Castro Denissof Casi" 2009 /DR


Après tout le "ramdam" politico-médiatique sur les dix projets du Grand Paris, je me suis longuement interrogé sur la question : Parisperdu doit-il aborder le sujet ?

Ma première réaction a été qu'il valait mieux ne rien en dire … Mais beaucoup de mes amis, de mes lecteurs m'ont relancé, … un peu sur le ton : "Alors le Grand Paris, encore un pari perdu ?" Alors je m'y suis lancé.

Il ressort, de tout ce que j'ai pu lire sur ces projets, que l'on cherche surtout à copier certaines capitales, alors que souvent, celles-ci … souhaiteraient plutôt nous ressembler !
Que nous propose-t-on? Eh bien, des tours, encore des tours, ... beaucoup de tours !
Mais si l'on regarde ce qui a déjà été fait un peu partout, je n'ai pas souvenir d'un quartier de tours d'habitation, dans le monde, qui soit agréable à l'œil et où il fait bon vivre, sauf bien sûr… sur la plaquette promotionnelle du projet.

Laissons donc les tours à ceux qui, comme Abu Dhabi ou Dubaï, n'ont pas reçu le passé en d'héritage et dont les émirs, d'ailleurs, veulent importer "clé-en-main" les trésors culturels de Paris, que sont La Sorbonne ou le musée du Louvre.

De surcroît, dans les projets du Grand Paris, on met surtout en avant des objets architecturaux, en oubliant les territoires. Tous les dysfonctionnements urbains de la région Ile de France n'ont donc pas servi de leçon... Les urbanistes ne devraient-ils pas, enfin,  précéder les ateliers d'architecture qui certes ont d'immenses qualités, mais pas celle de penser un espace global.

Je conseille aux "architectes" qui se penchent sur le "Grand Paris du futur" de rendre visite au projet du "Grand Paris des années 50" : La Défense. Qu'ils interrogent les gens qui aujourd'hui y travaillent. Que pensent-ils des transports en commun qui les conduisent ici ? Avec leurs pannes incessantes, leurs retards, les grèves à répétition et une gare désuète, dangereuse … D'ailleurs, combien de temps met-on pour sortir de cette foutue gare, et même, … comment en trouvez les sorties ?
Avant d'envisager des projets théoriques, penchons-nous sur ce qui existe.

Quant à Antoine Grumbach qui veut faire aller Paris jusqu'au Havre, je lui conseil d'établir au plus vite un partenariat avec Renault, dont les sites industriels jalonnent la vallée de la Seine. Ils pourront, ensemble, réfléchir à la reconversion des usines d'automobiles déjà fermées, quasiment fermées ou prochainement en voie de fermeture : de l'ile Seguin à Sandouville, en passant par Flins et Cléon … Avec tout ce bâti, bientôt inoccupé, … la moitié du projet est déjà réalisé !

De grâce, Messieurs les Architectes ne vous appropriez pas le nom prestigieux de Paris pour nous vendre une pseudo-nouvelle "Architecture Grand-Parisienne"!
Allez plutôt montrer vos talents ailleurs, comme le fit Niemeyer en sortant du néant une ville toute neuve, un vrai défi... ! Ou comme le génial Gaudí, qui sût créer sans renier le passé, tout en conservant la démarche intime entre l'Art et l'Artisanat. Cette approche a l'avantage d'éloigner toute tentation d'échapper à l'échelle humaine, tout en respectant cet allié incomparable qu'est le monde végétal, où les grands arbres doivent rester grands et ne pas ressembler à des buis...

Laissons donc Paris et ses alentours en paix, tout comme l'ont fait Rome, Venise, Florence, et j'en passe... Il s'agît là, de villes déjà faites... et bien faites !

Après New York, "Big Apple", on espère éviter un autre "gros fruit" pour Paris, ce qui n'est pas sûr, tant on semble prendre les parisiens … pour des poires !
Avant que tout cela ne vire au cauchemar,... vite, pincez-moi, je rêve …


>> Le grand Paris, site officiel.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Le Grand Paris ou comment changer … d'aire ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Des tours à Paris : pour quoi faire ? "

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Jean Nouvel conservera l'ancien …"


 

 

 

 

 

 

 

 

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"Dans votre Paris idéal …"

16 Avril 2009, 09:05am

Publié par barreteau


Le "Figaro" nous propose, ces jours-ci, un drôle de sondage. La question posée, par ce journal, est la suivante :
"Dans votre Paris idéal, quel monument souhaiteriez-vous voir disparaître ?"

Pourquoi faudrait-il choisir qu'un monument disparaisse pour que Paris soit idéal ? L'idée de ce sondage est décidément bien étrange...
En effet comment peut-on associer un idéal à une destruction de l'une des composantes architecturales de la capitale ?

Je conseille aux membres de la rédaction du Figaro de réfléchir à deux fois avant de poser une telle question et de s'informer afin de mieux appréhender le sujet du patrimoine et de l'histoire architecturale de Paris.
Rien qu'en Europe, ce n'est pas à Berlin, à Barcelone ou à Prague que l'on se poserait de telles questions. Visiblement, il y a encore du travail à faire du côté du boulevard Haussmann ...

Pourquoi ne pas, plus judicieusement, demander à ses lecteurs quels seraient leurs besoins à satisfaire pour trouver la capitale plus attrayante ?
Les différents projets du Grand Paris vont - eux - dans ce sens et sans jamais envisager de telles extrémités ...



>> Le sondage du Figaro.

 

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Nostalgie.

8 Avril 2009, 09:57am

Publié par barreteau

 

 

Cour-jardin du 159 rue de Pelleport Paris 20ème.

Lorsque je pénètre dans une arrière-cour ou dans une cour-jardin des quartiers de Belleville ou de Ménilmontant, je retrouve souvent ce sentiment très particulier: nous ne sommes plus dans les années 2000, mais peut être dans les années cinquante ... ou soixante!
L'isolement du lieu aurait-il ralenti le temps ?


Il en résulte alors une impression étrange, de bien-être et d'optimisme qui recrée l'ambiance d'une époque où l'on croyait encore à l'avenir ...

Certains esprits critiques vont sans doute me taxer de nostalgie.
Mais la nostalgie est à l'homme ce que la jalousie est à l'amour. Elle est inhérente à notre condition. Et elle, au moins, elle rassure …  

Mais n'est-elle pas, chez moi, trop exacerbée ?

 

C'est vrai, je regrette l'époque où l'on prenait son temps. Je ne suis pas sûr que la vitesse rende plus heureux. Ni la mode d'ailleurs, qui nous rend esclave des apparences … Laissons tout cela aux bobos ... qui envahissent maintenant l'Est parisien … encore une raison de regretter notre vieux Belleville, celui du temps où il était encore un quartier "populaire". L'on vivait ici dans des conditions souvent modestes, et même parfois difficiles mais avec une grande solidarité et un réel attachement à son "village".
Et du Bas-Belleville au Haut-Belleville, en passant par Charonne ou  Ménilmontant, transpirait alors une certaine joie de vivre.

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Impression, rue du Retrait"

 

 

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"Extérieurs nuit".

4 Avril 2009, 09:08am

Publié par barreteau

Photo ©Panos Kokkinias, courtoisie de la galerie Xippas

Les boulevards des Maréchaux forment un ensemble continu de voies qui ceinturent Paris. A la limite de la ville, ces boulevards dits "extérieurs" sont en quelque sorte l'ancêtre du périph'. Leur nom "collectif" découle du fait qu'à leur création, la totalité de ces boulevards portaient des noms de maréchaux du Premier Empire.

Vous avez dit "Maréchaux d'empire" ? ... oui de pire en pire !

Car, notamment au nord-est, Boulevard Ney, sur la partie la plus sombre des "Maréchaux", dans un no man's land urbain, au milieu d’un paysage ferroviaire et industriel, dans ces entre-portes lunaires, arrivent progressivement ici - dès la tombée de la nuit – des escouades de prostituées. Isolées, ou parfois par deux, elles se positionnent alors, à une centaine de mètres d’intervalle.

 

Depuis l'assainissement du centre de Paris et l’arrivée massive de filles étrangères par l’entremise de réseaux de l’Europe de l'Est ou de filières africaines, cette partie Nord des boulevards des Maréchaux reçoit périodiquement de nouvelles migrantes, dernièrement des femmes kosovares et albanaises, souvent jeunes, très jeunes.

 

Pour être moins repérables, les prostituées sont contraintes à travailler dans l’ombre, et doivent se déplacer d’un lieu à l’autre, suivant les soirs.

En surface, elles sont régulièrement délogées par la police, aussi vont-elles maintenant jusqu'à occuper les rampes souterraines d'accès aux portes de Paris.

Là, dans un univers à la Enki Bilal, la scène atteindra son paroxysme lorsque sur les murs et sur la voûte du tunnel, les éclairs jaunes des feux de détresse des véhicules d'hypothétiques clients, se mélangeront avec la lumière bleutée des gyrophares de la police venue mettre le holà à l'infernal manège.

 

Finalement, aujourd'hui, une majorité de prostituées ont fini par quitter les boulevards des Maréchaux. Elles ont maintenant investi la proche banlieue. Mais le problème n’est que repoussé. Il est juste moins visible par la police et par les gens "de bonne société". Le proxénétisme s’adapte, mais la prostitution, elle, ne change pas de visage.
Sur les boulevards "extérieurs" comme ailleurs, se révèle toute la sordide étendue de cette misère humaine.

 

 

>>  Voir aussi sur Parisperdu: "La vie sous le périf".

 



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La traversée de Paris.

27 Mars 2009, 08:34am

Publié par barreteau

10 rue des Cascades Paris 20ème


Qu'il est doux de traverser Paris comme on le ferait pour un village, en déambulant au hasard dans ses ruelles et ses arrière-cours.
Qu'il est tendre de remonter avec une amie, ou mieux encore une amoureuse, ces rues neutres où le regard n'est point distrait.
Qu'il fait bon parcourir le 20ème arrondissement : la rue des Cascades, dans le jardin de la guinguette de Casque d'or, … la rue des Envierges où se dressent encore quelques estaminets poussiéreux, … l'allée des Soupirs et ses grises maisonnettes, dont le fragile secret s'est perdu …

Tous ces lieux donnent à Belleville et à Ménilmontant une certaine prestance, à la fois simple et grandiose. Ils vous livrent un sentiment de plénitude mémorable, incomparable…

"Tous ceux qui aiment Paris trouvent un jour une étoile" écrivait Jean Follain. Cet expert en déambulation parisienne, parle d'or.


>> Le "Paris" de Jean Follain éveille la mémoire, il en perpétue le désir ...

 

 

 

 

 

 

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Voir et comprendre Paris.

27 Février 2009, 09:44am

Publié par barreteau


Comment voir Paris et comment comprendre cette ville ?
C'est une question que beaucoup se pose et à laquelle le photographe peut essayer de répondre.


On peut décrire Paris à partir des regards de ceux qui se sont déjà approprié cette ville. Les regards des grands maîtres de la photo : les Ronis, Izis, Doisneau ... mais on peut aussi choisir d'arpenter la capitale telle qu'elle est aujourd'hui, avec ses territoires architecturés et ses terrains vagues ...

On en arrive alors à d'autres questionnements. On cherche alors à comprendre quel regard porter sur le réel, comment mettre en mouvement son regard ? Le leur me fascine, surtout celui de Willy, et en voulant voir de plus en plus, on voit de mois en moins ... à moins qu'il ne faille tout reconsidérer autrement ?

Parisperdu tente ce défi singulier, en travaillant avant tout sur la perception de la rue, celle d'hier comme celle d'aujourd'hui.
La photographie est-elle un tremplin pour mieux comprendre cette ville en perpétuelle évolution?
A vous d'en juger !



>> Déjà sur Parisperdu "Le regard sur la ville".
 

 

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Lost in Paris ...

8 Novembre 2008, 10:19am

Publié par barreteau

Terrasse de La Samaritaine, octobre 1997


C'est sur la terrasse d'un grand magasin parisien que j'ai rencontré Hinata. Elle est à Paris pour un stage-étudiant de plusieurs semaines.

Après avoir échangé quelques banalités touristico-mondaines, la jeune japonaise me confie un peu de ses états d'âme. Et très vite, je m'aperçois que cette jolie jeune fille n'est pas franchement bien dans sa peau ... mais pourquoi donc ?

La raison de son mal-être tient dans sa relation à Paris. Hinata est arrivée ici avec une image trop parfaite de la capitale : romantisme, élégance, raffinement ... Or elle n'a rien trouvé de tout cela ... et a pris de plein fouet le choc culturel, renforcé par le gouffre immense entre le fantasme et la réalité.

En venant à Paris, Hinata s'attendait à voir le Montmartre de Toulouse-Lautrec, le Montparnasse des années 20 ... des lieux imprégnés de romantisme, de charme, de grande classe... Elle avait aussi en tête l'image d'élégance et de raffinement véhiculée par les grandes griffes de la mode parisienne ... Mais au final, Hinata a découvert une réalité où tout s'oppose à sa culture nipponne : des parisiens désagréables, brusques pour ne pas dire brutaux et qui sans cesse, lui manquent de respect lorsqu'ils s'adressent à elle ... Rapidement Hinata s'est senti perdue dans ce Paris qu'elle imaginait tout autrement.

Et, en ce soir d'automne, où le soleil décline rapidement derrière les tours de Saint Sulpice, j'en viens à espérer qu'elle trouve enfin dans Paris, des repères et un équilibre qui feront qu'elle pourra afficher une mine plus rayonnante, mieux en accord avec son merveilleux prénom : Hinata, la lumière du soleil.


° Sur Parisperdu, d'autres japonais ne sont pas perdus dans Paris :

>> Keiko, Canal Saint-Martin. 

>>
Seiji, Rue Désirée.


 

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Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?

27 Juin 2008, 08:16am

Publié par barreteau


Paris ne s'est pas fait en un jour et chaque époque l'a marqué de son empreinte.

Sous le second empire, le baron Haussmann a laissé une trace majeure en éventrant Paris via de larges artères. Il a aussi englobé la petite banlieue et ainsi, Paris compte aujourd'hui quelques 80 quartiers, quatre par arrondissement.
Mais depuis 150 ans, un certain immobilisme condamne la ville qui, prisonnière dans son boulevard périphérique, devient ridiculement petite, comparée à Londres, à Los Angeles ou à Berlin ...
Alors, faut-il faire un "Grand Paris" ?
La réponse est évidemment oui.

Nous avons un besoin urgent d'un nouvel Haussmann qui en finisse avec cette barrière du périphérique et qui englobe, tel son prédécesseur, les villes limitrophes ...

Oui, il est temps de changer ... d'aire.

 

>> "Peut-on penser Paris sans sa banlieue"

>> Un nouveau baron Haussmann ? 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris a-t-il perdu son âme ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "6 mètres avant Paris".

 

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