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PARISPERDU

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Les sondages "idiots" du Figaro.

14 Octobre 2011, 09:42am

Publié par barreteau


Dans son édition de mardi dernier, le quotidien nous propose un nouveau sondage sur la capitale.
La question est essentielle :"Quel monument symbolise le plus Paris ?"
Et comme la réponse est loin d'être évidente … le Figaro nous suggère la liste suivante:l'arc de Triomphe, Beaubourg, Notre-Dame, l’Opéra, la Pyramide du Louvre, le Sacré Cœur ou …la Tour Eiffel.

Sur les quelque 2000 votants, un petit dix pour cent a osé "Notre-Dame". Les autres monuments faisant des scores anecdotiques, on vous laisse deviner le vainqueur …

Il faut dire que ce journal est coutumier du fait, il y a quelque temps, nous avions eu droit au même type de sondage.
La question posée était alors la suivante :
"Dans votre Paris idéal, quel monument souhaiteriez-vous voir disparaître ?"
L'idée de ce sondage nous avait déjà paru bien étrange... pourquoi associer un idéal à une destruction de l'une des composantes architecturales de la capitale ?

On comprend que cette fois-ci, certains lecteurs-votants aient pu répondre par la dérision, en proposant comme monument le plus symbolique de Paris: la rue St Denis, le Moulin Rouge, voire … le temple de Jérusalem !

Car si la tour Eiffel n'est certes pas le plus beau monument de Paris, il est à l'évidence le plus symbolique, et cela ne fait pas question ! Ou alors, elle est très mal posée … N'aurait-il pas été plus pertinent de demander aux lecteurs:
"Quel monument DEVRAIT, plus que la Tour Eiffel, symboliser Paris" ?


>> Le sondage du Figaro du 11 octobre 2011.

>> Autre sondage du même acabit, dans le même journal.

 

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Des potelets par milliers.

6 Octobre 2011, 09:51am

Publié par barreteau



Depuis maintenant plus de dix ans, la ville de Paris investit de plus en plus d'argent pour planter, un peu partout, une armada de potelets. Actuellement, on en dénombre plus de 350 000, quatre fois plus que le nombre de pigeons présents dans la capitale … !

Et cette petite armée en acier coûte une fortune. Chacun de ces piquets est facturé, selon les modèles, entre 24 € et 38 €, auxquels il faut ajouter environ 30 € pour la pose. Si bien, qu'au total, depuis 2001, la mise en place des potelets a coûté plus de 15 M€ à la mairie de Paris. Mais ce n'est pas tout, car on en remplace environ 12 000 par an, soit parce qu'ils ont été abîmés, voire dérobés ou même parce que certains … ont perdu la boule … blanche pour malvoyants !

Le nombre de nouveaux potelets augmente au fur et à mesure que décroit le nombre de places de stationnement. La tendance est continue car la Ville entend supprimer encore "quelques milliers" de places de stationnement avant la fin de la mandature en cours.

Les zones fortement consommatrices de potelets sont les rues trop étroites qu'il faut mettre aux "normes pompier", les rues où l'on supprime une file de stationnement, là où l'on crée de nouvelles places de parking pour les deux-roues, là où l'on implante de nouvelles stations Vélib'….voire maintenant Autolib'.

On l'a compris, le fleurissement des potelets sur le pavé parisien n'est pas prêt de se ralentir.
Mais il faut dire que pour l'instant, les potelets restent les seuls remparts à l'incivilité légendaire des Parisiens.


Le mobilier urbain sur Parisperdu :

>> Les Vespasiennes ou Sanisettes.

>> Les cabines téléphoniques.

>> Les colonnes Morris.

>> Les fontaines Wallace.

>> Les kiosques à journaux.

 

 

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Des capitaines en Campagne.

28 Septembre 2011, 09:02am

Publié par barreteau

19 rue du Capitaine-Tarron - Paris 20ème.


A quelques pas du boulevard Mortier et de la porte de Bagnolet, c'est la "La Campagne à Paris", un quartier privilégié autour de quelques rues perchées.

Dans les bucoliques rues Jules Siegfried, Géo-Chavez, Irénée-Blanc...  règnent un calme insoupçonnable, autour de maisons recouvertes de vigne vierge et de glycines …
Ces rues sont circonscrites par deux "Capitaines". Ferber au nord et Tarron au sud, mais ces militaires ne sont pas assez martiaux pour contrer l'humeur champêtre de leurs rues.


La rue du Capitaine-Tarron forme un quart de cercle, elle est à la fois si proche de l'animation de la place de la porte de Bagnolet, et si loin, tant son apaisante courbe croule sous une profusion de verdure et de rosiers en fleurs.

Au dernier étage, les "chiens assis", avec leurs volets mi-clos pour garder la fraîcheur, semblent monter la garde et défendre la quiétude du secteur.
 

Le promeneur qui s'aventure ici, semble être hors de Paris et l'amateur de maisons … fulmine de ne rien trouver à acheter même à bon prix.



>> La Campagne à Paris

 

 

 

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La condition urbaine - La ville à l'heure de la mondialisation.

15 Septembre 2011, 08:15am

Publié par barreteau

16 rue de Nantes - Paris 19ème. (juillet 1997)


Après Maurice Merleau-Ponty, Michel de Certeau, Georges Perec et Italo Calvino, Olivier Mongin s'intéresse à la ville à l'heure de la mondialisation.
Dans son ouvrage: "La condition urbaine", Mongin appelle à la réflexion : l’Urbain définit désormais notre "condition", la ville est devenue notre environnement "naturel" et les enjeux de société possèdent, inévitablement, une forte dimension urbaine.

Aujourd'hui, la "question urbaine" ne définit plus un domaine isolable. Elle n’est pas tout, mais elle est partout. Car avec la mondialisation, nous voilà projetés dans "l'après-ville ", dans le "post-urbain ".

A Paris, nous étions habitués à voir la ville comme un espace circonscrit par l'anneau du périph' et dans lequel se déroule une vie culturelle, sociale et politique rendant possible une intégration civique des individus ... Nous voici maintenant confrontés d'un côté à des métropoles gigantesques et sans limites, et de l'autre au surgissement d'entités globales, en réseau, coupées de leur environnement.

Parallèlement, la dynamique de la ville voit deux processus à l'œuvre: celle des quartiers en difficulté, mais aussi celle des retrouvailles d’une partie des "classes moyennes" avec la ville dense, un processus que l'on peut résumer par le terme, réducteur, de "gentrification".

Et c'est bien ces contradictions en mouvement, qui rendent passionnante l'approche de la ville aujourd’hui.

Mais la reconfiguration en cours suscite l'inquiétude : allons-nous assister au déclin irrémédiable des valeurs urbaines qui ont accompagné l'histoire européenne ?
La fragmentation et l'étalement chaotique vont-ils inéluctablement l'emporter ?
Sommes-nous condamnés à regretter le Paris des Lumières, la grande ville du 19ème siècle ?
A une époque où l'information s'échange immatériellement selon des flux plutôt que dans des lieux : comment, dans ces conditions, refonder un lieu urbain accordé à notre temps ?
Tel est le défi proposé par la mondialisation à Paris comme aux autres grandes métropoles.



>> La Condition urbaine, par Olivier Mongin.

 

 

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Paris, cité fantôme ?

7 Septembre 2011, 08:04am

Publié par barreteau

Rue du Docteur Paul Brousse Paris 17ème - "Boucherie fermée pour cause de santé"


La pénurie de logements à des prix abordables fait fuir le parigot de sa ville. Jadis, on "montait" de sa province à Paris pour y faire carrière. Désormais on y naît, puis on la quitte.

La ville a compté jusqu'à près de 3 millions d'âmes en 1921, record historique. En 2011, la population de Paris dépasse tout juste les 2 millions. Et la décroissance va se poursuivre car il faut s'attendre, dans les prochaines années, à un "double déficit migratoire": celui des "jeunes actifs de 25 à 39 ans" qui vont, de plus en plus quitter Paris, pour élever leurs enfants dans un environnement moins urbain, moins pollué et celui des seniors de 55-64 ans qui vont en partir pour passer leur retraite sous des cieux moins coûteux.

S'il s'avère que l'emploi et le cadre de vie sont les deux motivations déterminantes des Français pour choisir leur lieu de résidence, selon chacun de ces deux critères, la capitale tend à devenir dissuasive. Résider en Ile-de-France est bien plus souvent vécu comme une contrainte que comme un choix.

Désormais qui peuplent les quartiers "populaires" des 18, 19 et 20ème arrondissements, hormis une foule d'immigrés d'Afrique et du Maghreb ? Dans certains secteurs, il ne reste que les seniors peu fortunés qui n'ont pu fuir.
Mais depuis quelques années, de nouveaux contingents arrivent ici: ce sont les écolos-bobos qui trouvent ces quartiers si "authentiques" et tellement "tendance". Grâce à eux (ou à cause d'eux ?), Paris a su créer un contre-ghetto, là où certains quartiers de cette belle ville ressemblent à ceux du 9-3.

Certes le prix de l'immobilier est au firmament, certes trouver un logement en location à un prix décent est impossible, sauf pour les nantis et les fonctionnaires qui bénéficient d'avantages certains, mais il y a beaucoup plus grave: les commerces ferment en masse, l'activité est paralysée, le stationnement impossible et les embouteillages sont légions et gigantesques … tout cela ne va-t-il pas finalement, transformer Paris en cité fantôme ?

 

 >> Paris, n'est pas un musée.

>> Paris a-t-il perdu son âme ?

 

 

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La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (2/2)

25 Juin 2011, 09:18am

Publié par barreteau

La place des Fêtes,  juin 2008 -  Paris 19ème


Les hautes tours de la Place des Fêtes, esthétiquement très médiocres, délivrent un paradoxe: même "reconstruit" le quartier conserve un caractère villageois et des qualités certaines de convivialité … que n'ont généralement pas les espaces situés au pied des tours ou des barres d'habitation.

C'est qu'ici, à la différence des quartiers à problèmes de la banlieue Nord, par exemple, la population de la Place des Fêtes n’a, elle, pas de problèmes sociaux importants ; ses tours ont une superbe vue sur Paris et elles sont bien reliées au centre ; le quartier est parfaitement équipé ; et l’ambiance y est forcément beaucoup plus légère.

Mais ce résultat, qui est d’abord le fait  des habitants eux-mêmes, n’existerait sans doute pas si ceux-ci ne pratiquaient pas, à l’intérieur de leurs tours, une convivialité certaine et somme toute assez rare dans ce type d’habitat.
Alors, du fait de cette convivialité, l’opposition initiale entre "les gens des tours" et les anciens habitants du quartier s’est rapidement estompée. Et s’il y a bien un repérage des "tours des riches" par les riverains vivant en HLM près de la Place des Fêtes, ce n’est pas la forme architecturale qui le permet — toutes sont plutôt laides — mais la fréquentation de leurs habitants dans l’espace public.

Au final, la vie dans les tours offre, outre l’avantage de ne plus les voir du dehors, maints avantages fonctionnels … Et le discours entièrement négatif sur la Place rénovée a toujours été le fait de non-riverains de la Place.

Un petit tour Place des Fêtes est pour le non-résident une expérience à double détente : passé le premier "choc visuel", l'agrément du lieu vient peu à peu à vous … au fil des rencontre avec ses habitants.

 

>> La place des Fêtes, déjà sur Parisperdu

>> Voir aussi : "Ce n'est pas vraiment la fête ... !"

>> La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (1/2)
 

 

 

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Belleville : " East side story" (4/4)

16 Juin 2011, 08:44am

Publié par barreteau

© Photo: Centre Social et Culturel J2P 

 

Dans la sphère bellevilloise, les associations de quartier ont de, tout temps,  joué un rôle important.
Dès la fin du XIXe siècle, la vie associative a été très riche à Belleville, avec les communautés ouvrières, puis cela a perduré avec les strates successives d’immigration: juifs ashkénazes, grecs et arméniens fuyant le génocide de 1915 ; espagnols antifascistes en 1939 ; et, après-guerre, celle des pieds-noirs et des juifs séfarades entraînant des musulmans qui leur étaient liés ; enfin l’immigration économique des portugais, yougoslaves, chinois et vietnamiens, maghrébins et africains.
Belleville est une véritable mosaïque de nationalités, et beaucoup de ces communautés avaient et ont encore des associations d’entraide.

Autre période aiguë, celle de la rénovation urbaine qui suscita l’apparition de mouvements de défense des habitants anciens, puis d’intégration des habitants nouveaux.

Dans le Bas-Belleville, La Bellevilleuse a été d’une grande efficacité militante dans le domaine du logement et de l’exclusion.

Un peu plus haut, l’association de la Place des Fêtes a fini par regrouper une vingtaine d’associations de quartier aux activités très diverses.
Cette association fut l'un des protagonistes des luttes féroces - entre les riverains et les commerçants d’une part et la Ville, d’autre part - à propos de la "rénovation" de l’ancienne Place des Fêtes.

La mairie d’arrondissement ayant demandé un seul interlocuteur pour traiter la question des équipements de quartier, le Groupement des Associations de la Place des Fêtes fut alors créé. Cela n’a pas empêché les commerçants de jouer au maximum leur rôle de "groupe de pression", ni la mairie du 19e de favoriser des expressions complémentaires, voire opposées.
Mais la Ville de Paris refusa que les associations fassent partie du jury d’architecture, ceci constituant à ses yeux "un précédent dangereux". Aussi les associations publièrent dans le journal local "Quartiers Libres" leur propre classement des six projets retenus par le jury : le projet lauréat de la Ville, venait, pour elles, au troisième rang … !


Suite à ce conflit, les élus de l’arrondissement et les directions de la Ville n’ont cessé de réduire, en face du projet, l’influence du Groupement, qui a pris à partir de 1991 une direction différente et qui l’a amené à œuvrer dans d'autres domaines : l'emploi, l'animation ...

A Belleville, la vie associative fait définitivement  partie du décor …



>> "Mon point central c'était la Place des Fêtes"

>> La Bellevilleuse.

>> Belleville: "East side story " (3/4)

 

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Belleville : " East side story" (3/4)

12 Juin 2011, 09:06am

Publié par barreteau


A Belleville, la prégnance de sa légende a viré au mythe. Pour un habitant de Belleville, il est clair qu'il peut se sentir "d'ici" même si en fait il vient de tout à fait ailleurs, et que ce sentiment a tout à voir avec l’adhésion à l’histoire, vraie ou mythifiée, de ce quartier, dès lors que l’identité de ce lieu est reconnue comme une valeur.

Pierre Sansot définit l’habitant comme celui qui adhère au mythe de sa ville. Cette problématique intègre le rejet éventuel de l’identité trouvée à la naissance, et la "réaffiliation" à une identité consciemment choisie contre ces origines.

Mais, parce qu'il est souvent cité comme le "modèle français d’intégration pluriethnique", Belleville semble être beaucoup moins un mythe qu'une réalité,  tant il a bel et bien réussit là où les ghettos échouent.
Ce succès est dû au respect général de la maxime selon laquelle "la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres", et aussi à un  mécanisme plus secret qui rend possible à cet endroit ce qui s’avère impossible ailleurs : la re-identification - à travers des bribes d’histoire mythifiée - à une légende fondatrice qui fait de Belleville un "quartier d’opposition".

Souvent simplement d’opposition à la tendance politique dominante du moment, mais plus subtilement de méfiance et d’opposition instinctive aux idées et aux façons d’être dominantes de l’époque, quelle qu’elle soit. Et c’est justement cela qui attire "les exclus".

Le "modèle bellevillois" d’intégration sociale des immigrés successifs — dont l’histoire est déjà longue — reposerait donc sur la facilité de transition offerte par l’identité rebelle bellevilloise aux immigrants. Ceux-ci, pour s’intégrer, se trouvent classiquement mis en demeure de réaliser la prouesse d’accepter la renonciation à leur identité d’origine tout en la conservant pour se sentir exister, le temps de parvenir à éprouver leur nouvelle identité comme "authentique".

La même attitude s’observe, bien que plus superficiellement, parmi les nouveaux arrivants d'aujourd'hui - les fameux bobos ou faubourgeois - qui font partie de la classe moyenne parisienne mais fuient l’ennui et le conformisme des beaux-quartiers.

Alain Schifres les a récemment croqués avec une joyeuse méchanceté :
"Une variété intéressante du Nouveau Parisien est le jeune faubourgeois à poil raide.
Le faubourgeois est un de ces pionniers qui, au nord et à l’est, disputent l’espace aux faubouriens. C’est qu’il ne veut pas vivre chez les bourges (le voudrait-il, il n’en a pas les moyens). Les bourges sont chiants, leurs femmes ont de petits sacs avec une chaîne dorée. Leurs rues, le soir sont des cimetières. Le rêve du faubourgeois est d’habiter un vrai quartier populaire. [...] À mesure qu’avance le faubourgeois, hélas, le faubourien recule. C’est que l’animal fait monter les prix comme il respire. Il est à la recherche du fameux tissu urbain, mais la ville se démaille à son approche.

[...] Il y a des signes qui ne trompent pas ; ils marquent la progression du faubourgeois. Ainsi nos alpages sont-ils devenus des hauts. On n’habite plus à Belleville mais les "hauts de Belleville".

A suivre …

 

>> Bienvenue à Boboland.

>> Belleville: "East side story" (2/4)

 

 

 

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Belleville : "East side story" (2/4)"

8 Juin 2011, 09:00am

Publié par barreteau

La rue Jean-Moinon, Paris 10ème, en 1969.

Le sentiment d’appartenance des habitants à Belleville joue un rôle tout à fait important dans l’accueil qu’ils font aux projets et travaux de rénovation de leur quartier, aussi l’histoire de Belleville est-elle riche en mésaventures immobilières et urbanistiques.

Sur les hauteurs de Belleville, l'opération de rénovation urbaine des années 70, se solda par le départ de 6 500 habitants, pour beaucoup vers la banlieue, et dont 200 seulement trouvèrent le moyen de revenir.

Cette déportation vide Belleville de sa population active, Belleville devient alors un quartier à part, abandonné, démoli, et se forge alors l’identité d’un isolat maudit, replié sur lui-même, fier de son originalité : accueillir les exclus de la Ville.

Ce quartier, dont la légende est historiquement structurée par les combats de la Commune et le massacre final des Fédérés connaît un second épisode traumatisant avec cette rénovation urbaine effrénée qui marque fortement l’imaginaire des habitants de Belleville. Tant et si bien que des habitants aux origines bigarrées trouvent à utiliser la légende dans une dynamique exemplaire d’intégration pluriethnique.

Malgré la profondeur du traumatisme subi par Belleville lors de la rénovation urbaine des années 70, on peut cependant observer aujourd’hui, que quarante ans après la condamnation du quartier à la démolition, vingt ans après l’achèvement des nouveaux édifices, le mythe de Belleville est toujours bien présent.

 A suivre …

 

 

>> La rue Jean-Moinon est l'une des rares rues survivantes de la rénovation urbaine de Belleville, quarante ans plus tard, elle présente le même visage

>> Belleville: "East side story" (1/4)

 

 

 

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Belleville : "East side story " (1/4)

4 Juin 2011, 09:26am

Publié par barreteau

 

Il y eut une époque où le quartier de Belleville avait pour le parisien à peu près la même réputation que celle que peut avoir aujourd’hui le Bronx pour les new-yorkais.
Bien que fortement atténuée par une considérable mutation urbaine et sociale, cette image perdure encore quelque peu de nos jours.

Il n’est pas indifférent dans le destin de ce quartier qu’il se situe sur une colline.
Paris compte en effet une demi-douzaine de collines: la Butte-aux-Cailles, Montparnasse, Montmartre, Belleville et Ménilmontant, … collines dont l’abandon aux classes pauvres, laisse à penser qu'à l’époque d'Haussmann, les sites en hauteur n’étaient pas dignes du nouvel urbanisme.

Sur ces collines, restées à l’état de villages, avec leurs vignes, leurs asperges, leur bétail et leurs volailles, … le mode de vie rurale continua de résister longtemps. Leurs habitants se retrouvaient "à la campagne à Paris", nom que porte encore d’ailleurs deux ou trois quartiers pavillonnaires, désormais minuscules.

Cette résistance rurale évolua ensuite par les renforts qu’apportèrent à ces collines des laissés-pour-compte et des mécontents de tout acabit, ceux-ci atterrirent ici non seulement pour des raisons foncières (le prix modéré des loyers), mais aussi pour des motifs politiques, ou tout au moins par une attitude de désapprobation de la société mercantile qui se construisait en bas. La classe dangereuse ruminait ses mauvais coups sur ses hauteurs, "prête à fondre sur les beaux quartiers ".

Les points géographiques élevés possèdent pourtant des atouts pratiques certains (grand air, luminosité, vastes panoramas, territoire facile à défendre), ainsi qu’une psychosociologie spécifique car leur exiguïté et la difficulté d’accès leur donnent un caractère quasi-insulaire où l'on cultive sa différence.

Concernant Belleville, l’agrément du paysage, vu du belvédère, pourrait avoir été si déterminant dans le caractère du lieu qu’il serait à l’origine même de son nom, dérivé de Beauregard (le nom de la butte de la Place des Fêtes à l’origine), en passant par Bellevue (encore de nos jours le nom d’une rue près de cette Place).

Cette histoire urbaine mouvementée pose quelques problèmes quant aux représentations des habitants de Belleville par rapport au centre de Paris. Il y a certainement une identité bellevilloise, mais Belleville appartient clairement dans les esprits à Paris intra muros. L’ex-village et ancien faubourg regarde d'ailleurs d’assez haut la nouvelle banlieue.

"Belleville", ce terme qui englobe de plus en plus Ménilmontant comme un sous-quartier, possède à la fois la réalité urbaine d’un noyau dur évident (de la Place des Fêtes vers le sud, le long de la rue de Belleville, jusqu’aux alentours du boulevard du même nom, axe réunissant le Haut-Belleville et le Bas-Belleville), et des limites subjectives floues.

Si les habitants de la Place des Fêtes prétendent couramment habiter Belleville, il en va encore de même des riverains de l’Est de la Place Stalingrad, de l’autre côté des Buttes-Chaumont, où des personnes estiment habiter Belleville "à sa limite avec Paris", expression étonnante qui montre que certains de ses habitants limitrophes tiennent à bien distinguer Belleville de Paris !

A suivre …

 

 

>> Voir aussi : "Dans la jungle de Belleville".

 

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La Mouzaïa : encore un village (2/2).

29 Avril 2011, 10:24am

Publié par barreteau

Le hameau du Danube. Paris 19ème


Vous qui empruntez la rue du Général Brunet, dans le 19ème, vous allez sans doute passer devant ce hameau sans même le remarquer. Ce hameau, c'est le hameau du Danube, organisé de façon symétrique autour d’une voie en Y, un rationalisme qui n’exclut pas le pittoresque.

Il est composé de 28 maisons réalisées dans les années 20 : des maisons ouvrières toutes simples mais devenues très chics …

 

Dans la capitale, la maison individuelle est un produit rare. Paris en compte environ 12.000, ce qui est peu pour une population intra-muros de 2,2 millions habitants.

De surcroît, contrairement à Londres ou Amsterdam, les maisons parisiennes sont de style très divers: maisons ouvrières, villas, cités, ... un  habitat essentiellement localisé dans les arrondissements périphériques qui étaient, avant 1860 des communes extérieures à Paris et où une frénésie spéculative donna naissance à une multitude d'opérations de lotissements sur lesquels furent construites un grand nombre de maisons individuelles.

Toujours est-il que ces maisons, plébiscitées à l'époque par les ouvriers qui mettaient un point d'honneur à devenir propriétaires, ne sont plus en 2011, acquises par des ouvriers !

 

Rare et très tendance, la maison parisienne a toujours été onéreuse. Mais, depuis six ans, la valeur s'est surmultipliée et ces fameuses maisons ont facilement doublé de prix dès lors qu'elles présentent un petit lopin de verdure.

Très peu sont encore dans leur "jus", avec la cave à charbon, le vasistas dans la toiture, l'appentis dans la cour arrière abritant une cuisine de fortune. Au gré des reventes, des travaux ont été réalisés et la plupart des maisons sont désormais aux normes du confort moderne.

 

Au hameau du Danube, pas facile d'en dénicher une, les heureux propriétaires se séparant difficilement de leur petite perle. Et, dès qu'une occasion se présente, le bouche à oreille fonctionne … et l'affaire est réglée en 48 heures.


>> La Mouzaïa: encore un village (1/2)

>> Voir aussi sur Parisperdu: la Villa du Danube



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Paris, l'autre "grosse pomme".

15 Avril 2011, 09:26am

Publié par barreteau

Concorde – Champs-Elysées /Paris 1959 © Willy Ronis

 
Paris est une ville ronde, une bulle qui a grossi, tout comme New-York, la "big apple". Au cours des siècles, Paris a dépassé cinq enceintes successives (celles de Philippe Auguste, de Charles V, de Louis XIII, des fermiers généraux et de Thiers) et Paris … ne compte pas s'arrêter là.

De plus, Paris est structuré par l'opposition "Ouest chic / Est populaire", "rive droite des affaires"/"rive gauche de la culture" (même si c'est en train de changer).

Et puis, il y a " l'axe du pouvoir ". C'est extraordinaire de voir que, du Louvre à l'Arc de Triomphe, tous les beaux quartiers se sont construits de la même manière. Les grandes familles de l'aristocratie et de la bourgeoisie bâtissent des hôtels particuliers, ils créent les "belles adresses" qui attirent commerces de luxe et sièges sociaux des entreprises... et ces derniers finissent par chasser ces familles. On le voit bien avec les Champs-Elysées : les grandes familles sont expulsées des hôtels particuliers qui sont transformés en sièges sociaux et le processus continue toujours plus à l'ouest.

Mais, quand on arrive au pont de Neuilly dans les années 50, là ça ne va plus. On tombe sur des petits ateliers et des immeubles sans grâce, très mal placés, en plein sur l'axe. Alors on fait intervenir l'Etat, on détruit tout, jusqu'au cadastre, ce qui est très rare, et l'on crée un beau quartier d'affaires : La Défense. Ça permet de poursuivre.

 

On verra dans trente ou quarante ans, mais on peut penser que la municipalité communiste de Nanterre va être mise en difficulté, les tours de logements sociaux vont sauter, et l'on pourra prolonger l'axe jusqu'à la Croix de Noailles dans la forêt de Saint-Germain, tel qu'il était prévu dans les plans d'urbanisme du début du XXème siècle.

Bien sûr, c'est de la fiction, mais vu ce qui s'est passé à La Défense, il n'y a aucune raison pour que ça ne se fasse pas ainsi, d'ici à la fin du XXIe siècle.



 

>> Grand Paris ou grand pari ?

 

 

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Paris métisse.

6 Février 2011, 09:43am

Publié par barreteau

 

Amoureux de Paris, Parisperdu multiplie les itinéraires à travers la capitale, à la fois moderne et nostalgique, il cueille les roses de la cité, sans jamais oublier les mauvaises herbes.

 

Déjà midi, mais la ville semble à peine sortir d'une léthargie hivernale: Belleville, la colline oubliée de Paris est juchée sur sa solitude. De-là, il est possible de mieux comprendre ma ville, mon Paris, en effectuant un parcours dans l'imaginaire de cette cité en perpétuel mouvement, une mémoire des pas qui emporte là où l'enfance à laissé des traces indélébiles. Là où les façades tombent en poussière, où renait un Paris toujours conquérant, mais pour moi rarement séduisant … et auquel je préfère un Paris secret, intime, loin de tout maquillage.

Belleville avec son aspect unique, sa mixité de nationalités, c'est le Paris du pauvre, le Paris de la marge. Mais la vie y est joyeuse, bruyante, pleine de liberté … et  j'y retourne souvent pour y retrouver mes réflexes conditionnés.
La mémoire des pas, puis s'asseoir sur un banc, près de petits commerçants hyperactifs, au milieu des piaillements d'enfants, de la circulation incessante, des musiques qui s'entremêlent, des effluves de menthe, de coriandre … et alors vous voilà en prise directe avec cette ambiance chaotique, colorée, excessive … la vie, quoi !

Et là, parmi les regards brûlants pris dans les mailles d'une lumière hésitante, le long des façades crasseuses, dans les ruelles cachées, les bars mal famés, la légende de Belleville se traine encore.

Le changement de la population de Belleville et de Ménilmontant n'est pas toujours perceptible mais il est actif. La politique de la Ville a changé la donne: le modèle de ville qui est proposé est celui d'une ville "bien propre sur elle", d'une ville sélective … ce qui entraine fatalement un changement dans l'imaginaire de Belleville.

Nouvelle conception de l'espace, nouvelle conception de la cité, comment ne pas être sensible à la crise d'identité de ces quartiers de l'Est parisien ? Car à Paris, il y a encore quelques décennies, chaque quartier avait sa personnalité, jusqu'à l'arrivée de cette uniformisation. Chaque jour, j'observe la victoire de cette architecture de rénovation, poussée par la spéculation immobilière, qui conduit à la pasteurisation d'une certaine façon de vivre …

Belleville n'est pas, comme le reste de Paris, rempli de monuments imposants, mais c'est un quartier qui a plein de petites choses intéressantes … Histoire, architecture, urbanisme, révoltes, réformes, Belleville n'en finit pas de renouveler sa garde-robe.

Au marché du boulevard de Belleville, il faut venir le matin humer l'air pétillant de
la ville.
Là, fruits, légumes, couleurs, odeurs, lumières, rien n'a changé. Au marché, se croisent touristes, adolescents aux percings, parisiens blasés, immigrés chinois, africains … Un brassage de population exceptionnel tant par les nationalités que par les classes sociales. Mannequins light, ménagères en goguette, écrivains inspirés, designers réputés, voleurs à la tire, Belleville demeure un lieu unique dans la capitale.


Après le marché, sur le boulevard, des enfants de toutes nationalités jouent ensemble au football. Les épiceries turques, sénégalaises, chinoises … émergent de toutes parts. Ici, c'est une vie sauvage qui bourgeonne.

Flâner, encore flâner, marcher au hasard des rues, puis aller boire une bière à "La Veilleuse" et c'est un moment de plaisir. En dehors de ce lieu, je ne retrouve plus aucun café où passer un moment agréable. Les opérations spéculatives des années 70 ont abouti à la destruction de la quasi-totalité des bistrots. Maintenant, tels des acteurs: dealers, touristes, parisiens se côtoient, apparemment indifférents les uns aux autres. Assis derrière ma bière, je ne me lasse pas du théâtre de ce carrefour.

Et, lorsque le soir pointe, les ombres s'allongent, il devient alors le rendez-vous d'une faune qui fait fuir beaucoup de personnes …

Fidèle à son Histoire, Belleville la métisse fait de la résistance …



>> A la découverte de Belleville et de Ménilmontant ...

>> Belleville, embarquement immédiat ...

 

 

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Carré des biffins.

26 Décembre 2010, 10:38am

Publié par barreteau

Crédit photo ©: Association Aurore.

 

Trois jours par semaine, Aziz déballe quelques frusques porte Montmartre, dans le 18e arrondissement. Il dispose d’un emplacement sur le "Carré des biffins", à deux pas des puces de Saint-Ouen. Un marché d’infortune, situé sous un pont du périph, où s’entassent, entre les piles de béton et les voies de circulation, des hommes et des femmes condamnés à la débrouille. Une foule d’anonymes plongés dans la précarité, et qui n’ont d’autre choix que de vendre ce qu’ils ont pu dégoter.
Aziz vend des vêtements, des chemises surtout, "c'est le plus facile à transporter" dit-il.

 

Les biffins – un nom tiré d’un mot de vieux français désignant les étoffes et par la suite, les chiffonniers - ont toujours exercé dans le quartier, comme leurs ancêtres le faisaient il y a cent ans dans la "zone", sur les anciennes fortifications, pour - eux aussi - se sortir de la mouïse. Ces dernières années pourtant, le phénomène a pris une ampleur inédite. Jusqu’à mille vendeurs à la sauvette arpentaient chaque jour les abords de la porte Montmartre.

D’autres venaient y chercher ce qu’ils ne pouvaient se payer ailleurs, vêtements ou nourriture en particulier. Les descentes quotidiennes de la police ou les protestations de riverains excédés n’y ont rien changé. Face à cette réalité devenue ingérable, la mairie de Paris a fini par en autoriser la pratique, à titre expérimental, et uniquement les samedis, dimanches et lundis - jours d’ouverture des Puces de Saint-Ouen.

Une centaine d’emplacements, numérotés et matérialisés au sol à coups de peinture blanche, ont ainsi été créés. Seuls peuvent en bénéficier les habitants des 18e et 19e ainsi que les habitants de Seine-Saint-Denis.

La gestion de ce projet a été confiée à l’association Aurore, spécialisée dans la réinsertion. L’association s’est très vite retrouvée confrontée à une explosion des demandes, certains assimilant même le "carré des biffins" à un vide-grenier. Et aujourd’hui, près de 270 biffins sont inscrits et se relaient en fonction des places disponibles.

 

On est lundi, et Aziz espère avoir à nouveau une place sur le Carré samedi ou dimanche prochain … pour lui c'est quasiment une affaire de survie.

 

 

>> L'association Aurore sur Facebook.

 

 

 

 

 

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Paris n'est pas un musée.

10 Décembre 2010, 09:04am

Publié par barreteau

Belvedère de la rue Piat - Paris 20ème

 

Paris n'est pas un musée, un objet de nostalgie dont les quartiers ne vaudraient qu'à être regardés sans jamais être partagés. Au contraire, Paris est une fête, un espace de rencontre, riche, bouillonnant, vivant !

C'est pourquoi Parisperdu vous invite sans cesse à arpenter les rues de la capitale, les plus prestigieuses comme les plus obscures pour partager vos expériences, donner à voir, à penser et à comprendre les espaces, les territoires de la ville.

C'est à vous maintenant, amoureux de Paris, gourmands et curieux de la cité, de vous mettre en chemin et de partir à la rencontre de la ville et de ses habitants. Vous passerez des journées exceptionnelles à sillonner cette capitale unique en prenant plaisir à découvrir l'inconnu ou a revisiter le déjà trop connu ...

 

 

>> Paris est-elle la plus belle ville du monde ?

>> La traversée de Paris.

>> Voir et comprendre Paris.

>> Paris a-t-il perdu son âme ?

 

 

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