Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

" Suivez-moi dans un lieu incroyable ... "

10 Octobre 2012, 09:32am

Publié par barreteau

Le passage Vandrezanne - Paris 13e (2006)

Prévert disait que c'est toujours dans les quartiers les plus pauvres que les noms de rues sont les plus beaux : rue des Cinq-diamants, Passage de la Main d'or, rue de la Goutte d'or, rue du Dessous-des-berges, rue de la Butte-aux-Cailles ...
La "Butte aux Cailles", voilà en effet un joli nom pour cet endroit un peu retiré du 13ème arrondissement.

Une butte ? Oui, il y en a bien une ... qu'escaladent quelques rues et escaliers.
Mais des cailles ? Non il n'y en a pas. D'ailleurs il n'y en a peut-être bien jamais eu, car le nom du lieu ne ferait pas référence aux oiseaux mais à un certain Pierre Caille qui fit l'acquisition, en 1543, de cette modeste éminence, au pied de laquelle coule la Bièvre.

Dans les années 1900, la ville de Paris mène d'importants travaux pour enterrer la Bièvre, et la butte prend progressivement son apparence actuelle.

Aujourd'hui encore, le village du siècle dernier a peu changé. Et, en plein cœur de Paris, on peut découvrir un lieu incroyable qui doit sa particularité, aux carrières sous-terraines de calcaire qui empêchent définitivement la construction de bâtiments lourds.

En 1900, Eugène Atget, en exploration par ici, avait photographié le passage Vandrezanne.
Ce passage a été depuis métamorphosé. Mais c'est sans doute pour rappeler qu'Atget venait souvent poser sa chambre noire par ici, qu'au bout de la rue, des escaliers portent aujourd'hui son nom.



>> Entrée du passage Vandrezanne sur la Butte-aux-Cailles en 1900. Photo d'Eugène Atget.


Voir les commentaires

Contrefaçon à Bercy !

2 Avril 2012, 09:34am

Publié par barreteau

Le pont de Bercy, vu du métro "Quai de la Gare" Paris 13ème.


Au métro "Quai de la Gare", tout au début du quai d'Austerlitz, il est un bar-brasserie qui cherche à reproduire une époque passée, c'est: "Chez Lili et Marcel".

Mais je dois dire que ce "bistro reconstitué", avec sa fausse devanture, et tous ces petits détails de déco pour "faire d'époque", ne me fait guère rêver…
L'âme bistrotière de Bercy est,  il est vrai,  morte depuis bien longtemps.

Ici, l'on se croit plutôt dans un décor de film, tant l'accessoiriste a bien fait son métier. Et les serveurs en pantalons à bretelles et à casquette gavroche, sur-jouent, à l'évidence, leur rôle.

Au comptoir, on aimerait voir Lilli ou Marcel, pouvoir discuter "le bout de gras" avec "Marcel", rendre un sourire à "Lilli". Mais c'est impossible: "Lilli et Marcel" sont des personnages virtuels, de simples "accroches marketing".

Riton la Manivelle, lui qui est bien réel, descend parfois du haut de son 20ème, pour essayer de créer "l'atmosphère" mais je le trouve plus convainquant "Au Vieux Belleville" car là-bas, il est dans son élément naturel.

A Paris, à Bercy comme ailleurs, en matière de bistrot, méfiez-vous des contrefaçons !

 

>> L'accessoiriste a bien fait son métier.

>> Ecouter Riton la Manivelle

 

Voir les commentaires

Cité Florale, un îlot hors du temps.

9 Mars 2012, 09:19am

Publié par barreteau

Rue des Iris, Paris 13ème (Avril 1996)


Dans les années 1920, la "Cité" fut construite par des cheminots de la ligne de petite ceinture sur une zone triangulaire, un ancien pré régulièrement inondé par la Bièvre. Cette particularité lui a valu de ne pas pouvoir abriter d'immeubles. Le secteur fut donc intégralement urbanisé avec de petites maisons.

Il en résulte un quartier insolite, composé de cinq ou six rues, hors du temps, comme oublié par les bâtisseurs des villes et leurs promoteurs. Les tours du quartier Italie tout proche, semblent cerner, cet îlot privilégié, sans encore le menacer …

Ici, les rues sont pavées, possèdent arbres et profusion de végétation. Elles portent des noms de fleurs : rue des Iris, des Volubilis, des Liserons, des Glycines, des Orchidées … ou square des Mimosas.

Chacune des maisons qui composent la cité florale possède son propre jardin. Toutes ont de faux airs de villa de bord de mer pour notables provinciaux.
On se dit qu'on a déjà vu cela quelque part : Arcachon ? Royan ? La Baule ?



>> C'est où ?

 

 

Voir les commentaires

L'ennui naquit un jour de l'uniformité.

23 Octobre 2011, 19:40pm

Publié par barreteau


Large de 40 mètres, l'avenue de France part de la rue des Grands-Moulins et remonte vers le nord-ouest. Sur la moitié de son parcours, elle longe, en les surplombant, les voies ferrées de la gare d'Austerlitz: triste panorama !

Elle traverse un quartier neuf comportant quelques trop rares cafés et surtout un nombre incalculable d'immeubles de bureaux, de logements, … tous identiques, navrants dans leur gémellité, car:

"C'est un grand agrément que la diversité.
L'ennui naquit un jour de l'uniformité."

écrivait  La Motte-Houdar, un fabuliste contemporain de La Fontaine.
 

Pour qui a connu le vieux 13ème, avec ses petits immeubles bas, ses maisons en meulière … et tout un habitat très diversifié , la morale de la fable s'applique parfaitement à l'avenue de France.


>> L'avenue de France, déjà sur Parisperdu …

 

 

Voir les commentaires

Est-ce encore la rue Watt ?

14 Mars 2011, 09:10am

Publié par barreteau

 


En 1986, l'érection, dans la cour d’honneur du Palais Royal, des "colonnes de Buren" provoque une levée de boucliers. En sera-t-il de même aujourd'hui pour les nouvelles "colonnes de la rue Watt" ?

Avec leurs "sculptures lumières", les architectes, designers et autres éclairagistes ont, disent-ils: "chercher à restituer l'esprit du lieu". Esprit, es-tu là ?

Hélas, il semble bien que non, car à la vue de ces pseudo-œuvres d'art, on comprend que la rue Watt n'est plus que le fantôme d'elle-même.

L'atmosphère si particulière de la rue Watt serait donc sensée être recréée par ces colonnes en inox, ajourées pour laisser passer la lumière de lampes à la vapeur de mercure et dessiner des entrelacs sur le sol …

Mais enfin, est-ce  bien encore la rue Watt… ?

 

Car il faut rappeler ce qu'était la rue, avant que les tonnes de béton de l'opération "Paris Rive Gauche" se déversent sur elle.

Jadis, la lumière naturelle filtrait au travers des poutrelles à claire-voie et le bruit des rames chantait au dessus de nos têtes … créant une atmosphère unique, hélas maintenant totalement disparue.

Aujourd'hui, dans le silence de son sarcophage de béton, isolée des voies en surplomb,  … la rue Watt de Tardi, de Léo Mallet, de Jean-Pierre Melville et de Boris Vian … est définitivement morte.

Pourtant, comme un infime signe d'espoir, les graffitis commencent à faire leur réapparition dans la nouvelle rue toilettée, aseptisée. Et pour le moment, les services de la Ville de Paris n'ont pas réagi … comme s'ils n'avaient pas encore décidé si la rue Watt devait rester "impeccable" où alors si elle pouvait retrouver un peu de sa noirceur étrange et de sa vie d'antant ?



>> C'était comment avant … ?

>> L'enterrement en couleurs de la rue Watt (mai 1993)

>> La rue Watt sur YouTube.


 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Au cimetière des ambitions.

2 Mars 2011, 10:40am

Publié par barreteau

 

6 - 10,  Rue Watt, 75013-  Paris (juillet  1996)

 

C'était au temps où la rue Watt avait encore une certaine aura auprès de ceux qui venaient respirer ici un peu de poésie urbaine, mais aussi auprès de ceux qui quotidiennement venaient y travailler.

Dès le début des années 70, un grossiste asiatique de l'alimentaire avait implanté ici un entrepôt où il stockait des produits importés, en groupage, de Chine et du Vietnam.
Il s'agissait de produits de premières nécessités comme des vermicelles ou des galettes de riz, de la sauce de poisson ... autant de denrées destinées à approvisionner la communauté asiatique de Paris.

Avec l'arrivée des premiers réfugiés de l'Asie du Sud-est en 1975, la société se développe vite, et la petite entreprise familiale, qui à l'origine ne disposait que d'un minuscule magasin à la place Maubert, va rapidement s’agrandir et ouvrir plusieurs boutiques de détail dans Paris, puis elle passera aux supérettes et à la vente en gros.


Un tel succès fera forcement des envieux, des jaloux non dénués parfois d'un certain relent de racisme. Pas étonnant alors que, rue Watt, sous l'enseigne de la société, un tag rageur proclamait : "la France aux français" !

Depuis cette époque, tout a bien changé rue Watt où la poésie urbaine est désormais au cimetière des ambitions …



>> Ne cherchez plus la société THANH BINH, rue Watt ….

>> La rue Watt sur Parisperdu.

 

 

Voir les commentaires

La Halle Freyssinet devient très tendance.

14 Juin 2010, 09:22am

Publié par barreteau

La Halle Freyssinet en fin d'exploitation par le SENAM, Juin  2005
 

Depuis le transfert du SERNAM, le service national des messageries de la SNCF, à Valenton dans le Val-de-Marne, en 2007, la halle Freyssinet était déserte et livrée aux tagueurs.

La halle, un des plus beaux exemples d'architecture industrielle de Paris, avait réussi malgré tout à échapper à divers projets plus ou moins heureux de reconversion.

Ainsi, le maire du 13ème et président de la SEMAPA, aménageur de la ZAC, était favorable à la découpe de la halle dans le sens de la largeur en rasant l'une des trois nefs, celle côté voies ferrées, au risque de fragiliser l'ensemble de la structure du bâtiment ce qui lui aurait été fatal.
A l'Hôtel-de-ville, on était plutôt partisan de l'amputation dans l'autre sens, celui de la longueur, sans préciser par quel bout on trancherait (côté rue du Chevaleret ou côté boulevard Vincent Auriol) ?

En réalité, ni l'un ni l'autre de ces décideurs n'avait de projet bien précis sur l'aménagement futur de la halle.
Il faut dire que le site est difficile à aménager car la complexité du faisceau ferroviaire entre la passerelle Charcot et le boulevard Vincent Auriol, avec ses deux niveaux de voies (aérien et souterrain), ainsi que la présence d'aiguillages interdit la construction de files d'appuis continus.
C'est d'ailleurs cette impossibilité qui a eu raison d'un autre projet, celui de l'implantation d'un Tribunal de Grande Instance. L'initiative du ministère de la justice verra finalement le jour sur le site des Batignolles ...

Pour la halle, la "solution" retenue a consisté  … à laisser les lieux en l'état.
La SNCF a donc sagement renvoyé, dos à dos, les maires de Paris et du 13ème, en louant la halle Freyssinet pour 5 ans à une entreprise spécialisée dans l'événementiel. Après des travaux de sécurisation et de mise aux normes, la halle accueille depuis quelques temps déjà: shows, défilés de mode, soirées privées, expositions, et autres réunions politiques ou commerciales ... avec un cachet mi-industriel, mi-underground. Très tendance donc !


Mais la halle Freyssinet continuera toutefois à se lézarder, sans avenir réel et aussi sans garantie quant à sa pérennité … Pourtant, la halle de l'ingénieur Freyssinet  mérite d'être préservée. 

Alors, rendez-vous dans cinq ans pour voir si un véritable projet de reconversion pourra enfin être adopté et savoir finalement si l'hypothèque de la démolition est définitivement levée   …



>> La Halle Freyssinet en 1999, 2005 et 2008.

>> La Halle Freyssinet, déjà sur Parisperdu.

>> La Halle Freyssinet, encore sur Parisperdu.


 

 

Voir les commentaires

Désertiques dorsales.

10 Juin 2010, 09:50am

Publié par barreteau

Avenue de France - Paris 13ème


Dès le début de l'opération Paris Rive Gauche, les architectes chargés d'aménager la ZAC se sont trouvés face à la configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau. L'un est perché sur de nouvelles avenues et l'autre sur le tapis ancien des voies ferrées.

L'aménagement d'un site ne pouvant se concevoir sans celui de son environnement, il aurait pu sembler nécessaire de couvrir les voies ferrées. Mais cette couverture est particulièrement hasardeuse dans ce secteur de Paris-Rive Gauche, puisqu'il faudrait "charcuter" sous les voies ferrées pour fonder les appuis d'une dalle. Mais là, en-dessous, il y a trois tunnels: deux pour le RER C et un autre qui permet de faire transiter les trains grandes lignes de la gare d'Austerlitz.  Comme les plafonds de ces trois tunnels ne sont pas en mesure de supporter le poids de la "dalle funéraire" de Paris Rive Gauche et de ses plantations rabougries et comme ils ne peuvent pas non plus être traversés par des piliers, vu la multitude des aiguillages à cet endroit: la "solution" a donc consisté … à laisser les lieux en l'état !

Ce qui nous vaut ces sinistres avenues, démesurées, longues comme un jour sans pain, surchargée sur un côté de bureaux aux dimensions brutales et bordées sur l'autre côté par le vide, avec en contrebas un univers où le rail est omniprésent, sale, bruyant, odorant …

Le "clou" de cet urbanisme bancal, ce sont les avenues de France et Mendès-France, deux désertiques dorsales. Avec leurs grilles et leurs lampadaires d'autoroute, elles longent les quatre équerres de la BNF et son esplanade des courants d'air … triste programme !

Au secours, rendez-moi mon vieux 13ème, celui de Tardi et de Léo-Mallet.



>> Une configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau.

>> La mémoire de la Nouveauté.

>>"Brouillard au pont de Tolbiac"  de  Léo Mallet et Jacques Tardi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

La passerelle du Samouraï.

29 Mai 2010, 08:28am

Publié par barreteau

Passerelle de la gare du Boulevard Masséna- Paris 13ème - Juin 1996.

 

Au bout de la passerelle, la gare du Boulevard Masséna, une ancienne gare de la ligne de la Petite Ceinture, a encore fière allure. A l'époque, le RER C la dessert encore et cette passerelle est quotidiennement empruntée. La gare sera fermée en décembre 2000 lors de l'ouverture de la toute proche station "Bibliothèque François Mitterrand". Mais le site n'a pas été définitivement condamné et les quais sont maintenus en l'état, … au cas où une réouverture se justifierait.

Le cinéma a largement exploité le lieu. En 1967, Jean-Pierre Melville, y tourne une scène de son film "Le Samouraï", dont Alain Delon tient le rôle principal de Jef Costello. La scène où Jef vient toucher son argent pour le meurtre qui lui a été commandé, se passe sur cette passerelle métallique, surplombant les voies ferrées.

Mais là aussi, la monstrueuse avenue de France est venue bouleverser ce paysage de marge urbaine qui n'en demandait pas tant.
La gare Masséna, qui a été abondamment squattée, est aujourd'hui en piteux état. La passerelle est maintenant inaccessible … et, dans cet environnement de friches, tout cela sent la fin d'un monde, comme un ultime combat, … un combat perdu d'avance par le Samouraï.



>> La gare Masséna, une friche urbaine.

>> Le Samouraï, un film réalisé par Jean-Pierre Melville, en 1967.


Voir les commentaires

Que reste-t-il de la rue Watt ?

5 Mai 2010, 10:00am

Publié par barreteau

Chantier de la nouvelle rue Watt (mars 2009)

 

 

Lorsqu'aujourd'hui, je me rends rue Watt, un air de Charles Trenet me vient immédiatement à l'esprit :" Que reste-t-il de tout cela, dites-le-moi ?".

 

Où sont les réverbères qui distillaient cette lumière blafarde qui convenait si bien à l'endroit ?

Où sont passées les puissantes colonnes en fonte ? Qu'est devenu le trottoir surélevé avec son aérienne rambarde en fer forgé ? …

Tout cela a disparu, pour laisser place à une voie sous-terraine d'une triste banalité, un quelconque tunnel comme il en existe des dizaines dans Paris.
Boris Vian doit se retourner dans sa tombe !

 

Pour les photographes qui avaient ici un sujet si sensible, toute la magie du lieu s'est définitivement "envolée".
Maintenant, c'est: "Circulez, y'a rien à voir" ….




>> Voir aussi sur parisperdu : "C'était comment avant ?"


 

 

Voir les commentaires

Au bar de la Marine .

1 Mars 2010, 09:45am

Publié par barreteau

A l'angle de la  rue Fulton et du quai d'Austerlitz - Paris 13ème– octobre 1995.

 

 

Jusqu'en juin 2000, se tenait-là, le bar de la Marine, un bistrot fréquenté autrefois par les "Mariniers". Son comptoir, en véritable zinc, était décoré d'une guirlande de raisins et la même frise courait sur l'immense glace du fond de la salle. Dans un aquarium encastré au mur, nageaient de petits poissons de Seine, un don de mariniers et d'agents de la fluviale.

 

Ce bistrot de Paris, rebaptisé un temps "Bar de la NEVY" (sic), a survécu jusqu'à l'arrivée de l'opération "Paris Rive Gauche", car nous sommes-ici dans le secteur Austerlitz-Nord de la célèbre ZAC. Là a surgi, il y a une dizaine d'années, un nouveau front de Seine composé essentiellement d'immeubles de bureaux, des bâtiments à l'architecture soignée mais sans beaucoup d'âme.

 

La nouvelle avenue Pierre-Mendès-France, une triste rocade qui prolonge la colossale avenue de France, surplombe d'une dizaine de mètres le quai d'Austerlitz et tourne le dos à la Seine pourtant toute proche. Aussi, pour les piétons qui auraient l'idée saugrenue de vouloir s'aventurer jusqu'au fleuve, il a bien fallu réserver quelques ouvertures à travers la muraille d'immeubles. On les a équipées d'escalators, d'ascenseurs et de deux escaliers baptisés Edmond Flamand et Fulton. Bonjour la poésie des bords de Seine …

Le Bar de la Marine, qui avait encore des allures de guinguette, une clientèle populaire, gouailleuse et "qui faisait époque",  n'avait donc plus rien à faire ici.
Il fut rasé sans autre forme de procès !


 

>> Voir aussi dans Parisperdu, un autre bistrot de Mariniers, le Bar "Le Pont tournant".


>> Panorama d’aujourd’hui, à l'angle de la  rue Fulton et du quai d'Austerlitz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rue du Javelot.

5 Février 2010, 10:45am

Publié par barreteau


Pour les photographes parisiens, la rue du Javelot serait-elle devenue "la nouvelle rue Watt" ?

Peut-être bien, car on y retrouve l'atmosphère particulière des rues sous-terraines, à la fois glauques mais envoûtantes, effrayantes mais terriblement esthétiques.

La rue du Javelot est une vraie rue de la ville de Paris. Souterraine, ses entrées ressemblent plutôt à des entrées de parkings, l'éclairage y est médiocre... et partout fleurissent des panneaux de stationnement interdit, avec l'immanquable pictogramme signalant l'enlèvement du véhicule en cas d'infraction.

 

Dans cette rue, beaucoup de petites choses qui seraient, ailleurs, sans importance deviennent ici complètement hallucinantes. Ainsi, vous y rencontrez des gens qui préfèrent faire leur jogging dans ce lieu clos et sinistre plutôt que dans le parc de Choisy à seulement quelques minutes de là, ou des amoureux qui passent leurs après-midi dans ce souterrain, à coté des poubelles …

 

Les enseignes des boutiques ressemblent peu à celles d'une rue commerçante, et pourtant, contrairement aux apparences, la rue du Javelot est une rue commerçante, et même très commerçante. Seulement ici, les commerces n'ont pas conquis le droit à des vitrines, à des néons, à de pimpantes couleurs … Rien n'est fait pour inciter le client à pousser la porte …

Ainsi, au 44, c'est le "Sieu-Thi Viet Nam", l'entrée d'un supermarché vietnamien, sa porte en tôle ondulée n'encourage pas à venir y faire ses courses.

Puis, au 58, c'est "Pasta et Basta", un restaurant italien sans doute caché derrière une porte au fond d'un sas faïencé; mais là non plus, on n'a pas très envie de s'attarder.

Plus loin, deux portes: l'une pour l'escalier, l'autre pour l'ascenseur, à moitié dissimulées derrière des containers-poubelle : c'est l'entrée du "47, rue du Javelot, 75013 Paris". Tout près, une boîte à lettre pour cette adresse improbable, située au milieu de nulle part …

Enfin, au 42, l'atmosphère ne semble pas très saine non plus, c'est pourtant l'adresse de la crèche collective. Mais elle est en travaux de déconstruction et de désamiantage !

 

Certaines démarches d'urbanistes érigent parfois la modernité en absurdité la plus totale …
Si vous n'en n'êtes pas convaincus, allez donc faire un tour rue du Javelot.

 

 

 

>> Voir aussi : "Dalle ou dédale des Olympiades ?"

 

 

 

 

Voir les commentaires

Dalle ou dédale des Olympiades ?

12 Octobre 2009, 08:53am

Publié par barreteau


Loin de la structure traditionnelle du tissu urbain, ce quartier du 13ème arrondissement est extrêmement déroutant. Si vous voulez vous rendre dans certaines rues, à une adresse précise, rue du Javelot ou rue du Disque, par exemple, il faudra vous armer d'une bonne dose de patience. Car ces rues, enfouies sous la dalle, sont totalement invisibles, inaccessibles aux piétons et quasiment introuvables.

Venant de la rue de Tolbiac, vous allez gravir 56 marches, soit presque 10 mètres de dénivelé, et déboucherez alors sur un panorama d'immeubles uniformes et inexpressifs.
La dalle est bruyante, et les discussions se réverbèrent en écho sur les immenses parois d'immeubles aux alvéoles bien rangées, trop bien rangées ... A observer les cases de béton savamment biseauté, on se prend à rêver à une certaine science fiction où des véhicules en lévitation desservent chaque case/appartement, aux coordonnées tridimensionnelles rigoureusement répertoriées. Vous habitez alors, par exemple, le "repère" suivant: X02/Y15/Z24. Et pourtant, c'est bien au sol que se situe votre adresse, rue du Disque ou rue du Javelot !

Vous devez gravir encore 28 marches supplémentaires pour accéder à un second niveau de la dalle qui ici, n'est plus toute neuve ... ! La crèche va être reconstruite, et la dalle sera rénovée, promet une affichette. Mais à coté, sur le béton brut, un tag crie: "Vas y, nique ta race".

Troisième niveau, fin du dédale ... vous débouchez sur un jardin condamné. Le vent frais tournoie entre les barres toutes semblables. L'herbe a poussé entre les dalles de béton, et les gigantesques pots des tilleuls adultes se fissurent.
Le jardin domine un trou béant où les voies ferrées de l'ancienne gare des Gobelins s'engouffrent sous la dalle. Une bande de gamins vient y trainer. Ironie du lieu, à observer leurs jeux intemporels, un parfum tenace de nostalgie embaume - aujourd'hui - l'utopie d'hier.

 

 >> Voir aussi sur Parisperdu: "Italie 13" : La politique de la table rase.

 

 

 

Voir les commentaires

"Italie 13" : La politique de la table rase.

8 Juin 2009, 08:42am

Publié par barreteau

 

Les tours des Olympiades. Au premier plan, le seul bâtiment restant des usines Panhard et quelques rares maisons rescapées.

 

L'opération Italie 13 est la réponse-type au diagnostic souvent formulé, dans les années 50, par les architectes et les politiques pour l'aménagement des arrondissements périphériques de Paris.


Ce diagnostic est le suivant: ces arrondissements comprennent de nombreux îlots jugés insalubres ou simplement "mal construits". Comment améliorer cet existant "bancal" ?
La réponse sera celle-ci: la rénovation de ces îlots doit se faire non par un simple assainissement des immeubles mais par une réorganisation d'ensemble de ces quartiers dans l'esprit de la Charte d'Athènes de Le Corbusier, à savoir: construction en hauteur afin de libérer des espaces au sol et ainsi assurer aux appartements une meilleure luminosité, mais aussi: séparation des voies destinées à la circulation automobile de celles consacrées à la desserte locale et aux trajets piétonniers.
L'opération Italie 13 illustre à merveille ce programme. Mais nombre de principes pourtant essentiels pour Le Corbusier ont été oubliés pour ce quartier, comme celui de vastes parcs entourant les tours ...

 
Autour de l'avenue d'Italie, on pratiqua donc la politique de la table rase afin de pouvoir construire - sur 87 hectares - une cinquantaine de tours. Finalement seulement 34 d'entre elles, seront érigées.
Les tours doivent toutes avoir à peu près la même hauteur : une trentaine d'étages. Les architectes en charge du projet estiment en effet que l'urbanisme de tours, loin d'opérer une rupture traumatique avec le passé, prolonge la vieille tradition parisienne de l'unité de hauteur des bâtiments !?!

Le résultat de l'opération ne sera pas vraiment un succès. A l'origine, dans les années 70, l'opération Italie 13 visait à séduire une population de jeunes cadres, en tablant sur le modernisme du quartier et la présence de nombreux équipements scolaires et sportifs. Or les tours, éloignées du centre de Paris, trop standardisées dans leur architecture, n'ont pas séduit les Parisiens.
Loin de la structure traditionnelle du tissu urbain, le quartier a dérouté les futurs acquéreurs, car certaines rues où vous aurez votre adresse - comme les rues du Javelot et du Disque - sont totalement invisibles, enfouies sous la dalle, elles sont inaccessibles aux piétons et quasiment introuvables.

Les tours sont alors restées inoccupées pendant plusieurs années et l'opération aurait sans doute été un échec cinglant sans l'arrivée des premiers réfugiés vietnamiens vers 1975. Ils vont rapidement occuper les lieux, vivant à plusieurs familles par appartement afin de payer les loyers élevés. Ils seront suivis par d'autres vagues de réfugiés et d'immigrés cambodgiens, laotiens, puis chinois. Beaucoup ont ouvert ou repris de petits commerces faisant ainsi le quartier asiatique que l'on connaît.

De nos jours, le quartier Italie 13, dont la maintenance est complexe et coûteuse, fait l'objet de projets de rénovations lourdes …
Mais cette fois, la politique de la table rase n'est plus à l'ordre du jour … et pourtant … ! 


>> Voir aussi, sur Parisperdu : "Des tours à Paris : pour quoi faire ?"

 

 

Voir les commentaires

"Archi-respectueux" du passé.

12 Avril 2009, 10:56am

Publié par barreteau

La SUDAC, en mars 1996.

 

La restauration de la SUDAC (Société Urbaine de Distribution d’Air Comprimé…), dans le 13ème, est symptomatique d'une époque. Désormais, on s'attache enfin à garder les traces du passé, notamment celles du passé industriel, pourtant encore récemment jugé peu digne d'intérêt.

La transformation de la SUDAC en Ecole d'Architecture … est à ce titre exemplaire. L'identité de l'usine est préservée, des vestiges industriels sont conservés et enrichis. On y développe une architecture d'avenir, respectueuse du passé.

 

Et cette logique de recyclage préside aujourd'hui à de nombreuses autres réalisations. "On construit avec le passé" répète souvent l'architecte-urbaniste Alexandre Chemetoff. Le passé, n'est plus une contrainte, mais une ressource pour les nouveaux projets. Le patrimoine historique n'est plus détruit, comme ce fut trop souvent le cas (se souvenir des Halles de Baltard …), mais intégré dans la matière même de nouveaux espaces publics ou de nouveaux bâtiments.

 

La suite de l'histoire ?

Elle se construit chaque jour tout près de chez vous, un peu partout dans Paris … sur le thème en vogue du développement durable. Un exemple, le musée du quai Branly, un bâtiment qui intègre le bois sur ses façades, de la végétation aussi, pour dire qu'il est temps de revenir à des matériaux naturels et qu'il faut penser aussi à notre planète …

L'architecture raconte souvent les préoccupations de son temps.

 

 

>> L'école d'architecture de Val-de-Seine

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu :"Nouvelle vie en usines".

 

 

 

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>