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PARISPERDU

L'avenir de la Halle Freyssinet enfin assuré !

11 Avril 2014, 09:50am

Publié par barreteau

L'avenir de la Halle Freyssinet enfin assuré !

Crédit Photo: ©Wilmotte & Associés

Pendant longtemps l'avenir de la halle Freyssinet nous a ici préoccupés. La mairie de Paris a en effet, pendant des années, semblé se désintéresser de ce bâtiment pourtant remarquable à bien des égards.

La menace de l'amputation de l'une de ses travées, voire pire de sa destruction totale a longtemps plané. Il était patent aussi que sa future affectation "embêtait" tout le monde : allait-elle accueillir le nouveau Tribunal de Grande Instance ou un centre administratif ou un lieu consacré à "l’évenementiel"… ?

Pendant un temps elle est en effet devenue un centre d'exposition très tendance, un lieu à la mode, mais qu'est-ce qui se démode plus vite que la mode ? …
Alors que faire de ce monument classé et surtout avec quel budget … une "denrée" bien rare en ces temps de crise ? 

Seul un mécène, un dirigeant d'une grande entreprise privée semblait alors pouvoir être en mesure de sauver la Halle. Mais un tel homme, prêt à prendre un tel risque, existe-t-il encore de nos jours ?

La réponse est finalement : oui !
Car c'est Xavier Niel, le fondateur de Free qui va implanter dans la Halle Freyssinet un énorme incubateur qui regroupera de jeunes entreprises innovantes du secteur du numérique. Une fois la vitesse de croisière atteinte, le "méga incubateur numérique" regroupera un millier de start-up et sera peut-être le plus gros incubateur au monde !


Xavier Niel financera personnellement 90% de cette structure d'accueil organisée en société, dont les 10% restants seront détenus par la Caisse de dépôts.

Le projet d'aménagement a été confié à l'architecte Jean-Michel Wilmotte, un gage de succès pour le respect du bâti. Eugène Freyssinet, le génial inventeur du béton précontraint, ne pouvait rêver mieux pour la reconversion de son bâtiment d'avant-garde … 
 

  •  La Halle Freyssinet sur Parisperdu :

>> La Halle Freyssinet a nouveau menacée

>> La Halle Freyssinet devient très tendance

>> La Halle Freyssinet ... et ce n'est que justice !

>> Rue Louise Weiss.

 

 

 

 

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Les leçons d'Italie 13.

7 Janvier 2014, 12:27pm

Publié par barreteau

Dalle des Olympiades (axe nord-sud): quelques unes des trente tours d'une centaine de mètres de hauteur. Paris 13ème (octobre 2010)

Dans le projet initial de l'opération Italie 13, l'avenue d'Italie devait être élargie aux dimensions des Champs-Elysées et transformée en voie rapide. Les piétons et la desserte locale devaient traverser l'avenue par des passerelles ou des tunnels, et de chaque côté de l'avenue, des tours de grande hauteur devaient s'élever, presque toutes sur le même modèle du parallélépipède strict … la folie des grandeurs !

Le point le plus ambitieux de cette opération devait être la tour Apogée : d'une hauteur comparable à celle de la tour Montparnasse: 210 mètres … encore la folie des grandeurs !

Mais au cours des années 1970, la hauteur projetée de cette tour "signal" a progressivement diminué avant l'annulation définitive de son projet.

Et en 1980, cerise sur le gâteau, l'État français a dû payer 470 millions de francs au promoteur pour être revenu sur le permis de construire qu'il lui avait délivré.

Cet évènement marque le point d'arrêt des grandes opérations d'urbanisme de tours à Paris. Le projet Italie 13 n'aura donc été que très partiellement mis en œuvre et au final, peut donc être considéré comme un semi-échec.

Partant de ce constat amer, l'urbanisme parisien s'est alors lancé dans une direction beaucoup plus modeste. Ainsi, l'opération Paris Rive Gauche, à quelques centaines de mètres d'Italie 13, seule opération urbaine de grande envergure menée à Paris depuis lors, marque sur l'avenue Pierre-Mendès-France l'abandon de la construction sur dalle et le retour à l'alignement sur rue, au gabarit uniforme : la pierre de taille de l'époque haussmannienne a simplement laissé la place à la paroi de verre.

Et le patrimoine urbain, que l'on croyait pouvoir négliger en dehors du "périmètre sacré" des six premiers arrondissements, fait désormais l'objet de toutes les attentions : alors que les architectes des années 1960 prévoyaient de détruire une gare d'Orsay devenue inutile, leurs successeurs des années 2000 intègrent la plupart des derniers vestiges du passé industriel: Grands Moulins de Paris, SUDAC, Frigos … dans les nouveaux quartiers du 21e siècle.

Et c'est tant mieux !


>> "Italie 13" : La politique de la table rase.

 

 

 

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Tati, avenue de France.

14 Décembre 2013, 08:35am

Publié par barreteau

Dans "Playtime", le film de Jacques Tati sorti en 1967, on découvre un Paris futuriste fait d'immeubles de verre et d'acier, froids et impersonnels.

Avenue de France, dans la bien-nommée ZAC(cage) de Paris-Rive Gauche, la fiction de Tati est aujourd'hui devenue réalité.

 Ici, la ville est à la fois touchante et terrifiante. Le long de buildings très graphiques, des sortes de funambules déambulent … perdus dans ces grands espaces. Et cette présence humaine fantomatique a du mal à animer la sinistre avenue.

A l'intérieur des immeubles on s'attend à rencontrer les mêmes "open-space" que ceux vus dans "Playtime", où des employés, jouets de la démesure et du grotesque, sont concentrés sur des plateaux sans âme.

De retour à l'extérieur, on guette une autre silhouette, celle du longiligne Tati …
On ne serait pas surpris en effet de l'apercevoir ici, avec son pas hésitant, sa mimique interloquée, et surtout se demandant pourquoi diable l'on a voulu à tout prix copier le décor de son film …



>> En savoir plus sur Playtime, le film de Jacques Tati.

>> La silhouette longiligne de Tati.

>> J'aurais aimé que ce monde me parle.
 

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" Omote tu ora "

27 Octobre 2013, 09:09am

Publié par barreteau

Avenue de France Paris 13ème (mai 2000)

Ce milieu urbain et son architecture nouvelle sont, au final, bien décevants.

Ici, les habitants sont noyés dans un maelström de bâtiments sans âme, et où ils finissent par disparaître, … tout un symbole de la déshumanisation de la société.

Pourtant chaque angle de rue se réserve le droit de nous livrer une nouvelle pièce de la mosaïque qui compose ce tentaculaire espace à vivre. Mais la monotonie des façades de verre et de béton se répètent à l'infini et laisse peu de place à l'humain.


Le Japon connaît depuis longtemps cette problématique de l'individu nié par la mégapole, que l'on désigne là-bas par l'expression "Omote tu ora" et que l'on peut traduire approximativement par : "Je ne veux pas que tu partes, ... que tu disparaisses". 

Reste donc sur les clichés, une ville neuve, propre, futuriste, mais une ville presque désertifiée où l'individu, fondu dans une urbanité abstraite, a fini par disparaître, et pourtant "Omote tu ora"


>> "J'aurais aimé que ce monde me parle ..."

 

 

 

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Le "street-art" entre dans une tour du 13e arrondissement ...

5 Octobre 2013, 09:27am

Publié par barreteau

 La Tour Paris 13, 5 rue Fulton, Paris 13e 

Cette tour des années 60, défraîchie et vide de ses occupants, sera entièrement détruite début novembre 2013. Mais avant cela, et pendant sept mois, elle aura été investie par plus de 100 graffeurs, venus du monde entier et sélectionnés pour réaliser une première dans l'univers du "Street Art": réaliser en intérieur ce qu'ils font généralement en extérieur …

Car de l'extérieur, en dehors d'un immense graffiti orange et noir, de 20 mètres de haut sur la façade, rien ne transparaît de tout ce qui a été réalisé à l'intérieur.

Spécialisée dans le graffiti, la galerie parisienne Itinérance est à l'origine de ce défi artistique aussi fou qu'éphémère.

Tout le mois d'octobre, le public pourra visiter cette œuvre d'art temporaire, avant sa destruction.

Les visites sont gratuites et il n'y a rien à vendre …


>> Le projet "La Tour Paris13".

>> Graffeur, ... est-ce un métier ?

 

 

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Massacre à Austerlitz !

3 Septembre 2013, 09:22am

Publié par barreteau


Le buffet de la gare de Paris-Austerlitz était en sursis depuis vingt ans. Les associations de quartier ont bataillé pour le sauver en tentant de faire échouer le projet de démolition de la Sémapa (Société d'économie mixte d'aménagement de Paris-Rive-Gauche) et de la SNCF.
En vain.

Son arrêt de mort était déjà signé depuis cinq ans, et aujourd'hui, on a démoli un bâtiment qui était un lieu de convivialité, pour créer une esplanade surplombant une cour livrée aux taxis.

Le restaurant Le Grenadier (en hommage à la bataille d'Austerlitz), situé au premier étage a donc été démoli, ainsi que la buvette du rez-de-chaussée. En attendant l'arrivée du TGV (sans doute pas avant 2020), il n'y a plus actuellement aucun vrai restaurant dans la gare !

Bien sûr le maire du 13ème arrondissement, par ailleurs président de la Sémapa, aura beau affirmer que "le buffet de la gare n'avait pas de valeur patrimoniale".
A voir.

Mais pour l'aménageur, le buffet avait surtout l'énorme inconvénient de barrer le débouché de l'avenue Pierre-Mendès-France qui désormais pourra affirmer plus encore son statut de quasi-autoroute urbaine.

Quant à la SNCF, elle démontre ici encore qu'elle n'a aucune vision urbaine. Son seul objectif est de faire circuler les trains et d'installer un centre commercial dans les étages supérieurs de la gare.

Il est en effet regrettable d'avoir choisi un projet qui détruit cette partie de la gare, un lieu fortement chargé d'histoires et d'émotions. Des murs pleins de souvenirs: ceux des séparations, des retrouvailles, de la joie des départs en vacances, de rencontres devant une tasse de café …

Et l'on ne me fera pas croire qu'il n'était pas possible d'élaborer un projet conciliant le neuf et l'ancien ... comme on le fait tout naturellement dans les métropoles anglo-saxonnes.

Mais décidément à Paris, massacrer le néo-classique à la française pour faire du fonctionnel plutôt moche est devenu très tendance !



>> La vaine lutte des associations de quartier.

>> La page Facebook de "La gare d'Austerlitz en mutation".

 

 

 

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Feu "Le Marinier".

26 Août 2013, 09:44am

Publié par barreteau

Le Marinier _ 53 quai Panhard & Levassor Paris 13ème (1997) 

Avant la restructuration brutale du quartier Paris Rive Gauche, il y avait sur la totalité de la longueur du quai Panhard & Levassor toute une vie de petits labeurs, coincée entre la Seine et les voies de chemin de fer.

Le populo, les mariniers, les dockers se mêlaient aux livreurs de la Sernam dans les nombreux bistrots qui faisaient face au fleuve. Souvent ils avaient des noms en rapport avec les activités portuaires du lieu: le bar de la Marine, le Marinier, le Navy …

Tous ont disparu quand la spéculation immobilière a décidé d'investir dans le quartier - ou plutôt d'investir le quartier. Tous ont été rasés pour faire place nette aux froids immeubles de verre et de béton qui désormais accueillent de nouvelles enseignes qui ne font plus rêver : Mezzo di Pasta, Sushi Massena, Bio Art …

Le midi, ce n'est pas le populo qui se presse au comptoir de ces modernes bistrots, mis à part quelques rares étudiants de Paris Diderot, ce sont surtout des cadres de Bercy et de la BNP ParisBas. La carte est un brin prétentieuse, les prix plutôt délirants.

Et l'on ne peut qu'être triste en songeant qu'il y avait là des resto-bars "cradingues", mais tout à fait authentiques. Bourguignon le lundi, Parmentier le mardi, Blanquette de veau le mercredi, Couscous le jeudi, Brandade le vendredi … c'était immuable, et à des prix en francs qui n'ont plus cours aujourd'hui (ni les prix, ni les francs !) … pichet de côte du Rhône compris …
Feu "le Mariner " vous souhaite un bon appétit !


>> Voir aussi : "Au bar de la Marine".

>> "The place to see before you die".

 

 

 

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Tolbiac sur Seine.

11 Juillet 2013, 18:07pm

Publié par barreteau

Rue Marguerite Duras - ZAC Tolbiac -  Paris 13ème - décembre 2007
Photo © "Archéologie du futur / Archéologie du quotidien" /Palagret

A cette époque, le campus de Tolbiac venait juste d'être inauguré et seuls les bâtiments rénovés des Grands Moulins et de la Halle aux farines étaient en mesure d'accueillir leurs premiers étudiants. Le reste du campus était un mélange de terrains vagues et de bâtiments universitaires en construction.

Rue Marguerite Duras, sur une palissade vantant le projet  Paris Rive Gauche, des tags rageurs attirent mon attention. On peut lire : "Regardez autour de vous", puis: "Réveillez-vous, avant qu'il ne soit trop tard". Le tout signé du A cerclé, sceau des anarchistes, mais aussi symbole de  l’insoumission, de la rébellion.
Mais justement, n'est-il pas déjà trop tard ?

Tout le vieux Tolbiac, celui des usines Panhard, de la rue Watt et des petites maisons en meulière a disparu depuis déjà bien longtemps.
Même la Seine pourtant toute proche semble avoir déserté le quartier, tant une multitude de nouveaux bâtiments de béton, de verre et d'acier la cache au regard du promeneur …

Puis récemment, on a installé ici une œuvre monumentale de l’artiste américaine Nancy Rubins. Cette sculpture, qui mesure plus de dix mètres de haut, est constituée d’une structure en inox, au sommet de laquelle sont accrochées soixante barques en aluminium, faisant - parait-il - référence à la Seine.

Pourtant ce colossal totem ne nous donne aucune indication sur la direction qui permettrait de trouver "l'absente", tant l'orientation des étraves de ces navires part dans tous les sens, rendant encore plus confuse la recherche du fleuve …

 

>> Des étudiants dans la farine.

>> "Monochrome for Paris, 2013", une œuvre de Nancy Rubins.

 

 

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Paris rêve de projets.

28 Juin 2013, 12:18pm

Publié par barreteau

Le projet Duo signé Jean Nouvel (une tour de 180 mètres et à son côté une tour de 115 mètres, dont la livraison est prévue pour 2018), se situera dans la ZAC Paris Rive Gauche, quartier Masséna-Bruneseau, 13ème  arrondissement.

Paris rêve de projets visant à bâtir une grande métropole du XXIe siècle. Dans le langage souvent abscons des architectes, ces programmes ont tous, ou presque, un point commun: ils partent d'une réalité existante, celle d'un urbanisme dévorant qu'il faut canaliser et d'un réseau de transports débordé qu'il faut réorganiser.

Réalisme ou utopie ? Qu'importe. Pour Jean Nouvel, cette réflexion sur la métropole du XXIe siècle, aussi imparfaite soit-elle, est une chance et une nécessité. Tout simplement, parce que "le changement d'époque que nous vivons s'accompagne d'un changement de modèle de développement". Comme le disait souvent l'un de mes profs en réponse à ses élèves qui n'entraient pas assez en profondeur dans leur exposé: "C'est vrai qu'à ce niveau de généralité, tout le monde ne peut être que d'accord ! "

Mais précisément, dans le cas de Paris, comment peut-on, comment doit-on faire ?
Car le rang de notre capitale est unique et la réflexion se doit d'être à la hauteur de cette ville, symbole de culture et de plaisir de vivre.

Mais vouloir encore "Agrandir Paris" pour y mettre plus de gens n'est-ce pas une stupidité ?
A Paris, il y a déjà trop de gens et dans les années 70, les futurologues de l'aménagement du territoire n'ont jamais imaginé l'enfer qu'ils allaient faire vivre aux franciliens quand leurs projets seraient traduits dans les faits …

Alors aujourd'hui encore il faut se méfier des gourous technocrates et des faux débats publics!
Et si l'on se contentait d'entretenir ce qui existe déjà … ?


>> Le grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !


 

 

 

 

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Par l'imposte vitrée du métro aérien.

24 Mai 2013, 09:43am

Publié par barreteau

La Salpêtrière, vue par la grande imposte vitrée fermant la Station du métro "Quai de la Gare" - ligne 5 - Paris 13ème.

Sur le quai du métro aérien, je laisse passer les rames. Aux gens sur le quai, je voudrais dire de regarder eux aussi. Mais je suis fort peu pédagogue. Et qui y a-t-il donc à voir ?
Simplement un vitrage de verre fumé qui filtre la lumière.
Mais ce cadre met diablement bien en valeur le clocheton de la chapelle de la Salpêtrière, qui apparaît alors dans un lointain inaccessible.

 

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J'aurais aimé que ce monde me parle.

20 Mai 2013, 09:24am

Publié par barreteau

Avenue de France  - Paris 13ème.

L'avenue de France qui traverse le secteur désormais remis à neuf du quartier de la Gare, n'est qu'un alignement glacial d'immeubles de bureaux et de logements.

Ça et là, de trop rares cafés et aucun resto véritablement digne de ce nom … car, dans ce quartier administratif c’est la grande réunion des restaurants industriels et le point central de la mal bouffe: salades à la sauce industrielle, lasagnes réchauffées au micro ondes (au fait, à la viande de quel animal … ?), … le tout à des prix excessifs.
Une fausse bonne ambiance règne dans ces établissements, finalement à l’image de ce quartier sinistre et sans âme. Ce décalage viendrait-il de la topographie des lieux ? Peut-être, car l'avenue est bancale. Sur la moitié de son parcours, elle longe en les surplombant les voies ferrées de la gare d'Austerlitz et de là-haut, le panorama ferroviaire ne fait pas rêver.


Si les anciens bâtiments des Grands Moulins et sa Halle aux farines ont été reconvertis assez harmonieusement en campus universitaire, la balafre des voies ferrées fait décidément désordre. Il aurait fallu repenser la séparation de cet ensemble totalement coupé de la ville, à l'opposé des campus américains; dépourvu de vie propre et de la moindre pousse d'herbe, à l'opposé des campus chinois.

Arpentant cette avenue dont on ne voit jamais la fin … j'aurais aimé percevoir l'esquisse d'un sourire ou le début d'une contrariété sur un visage, bref que le monde me parle … mais les individus que l'on croise sur l'avenue de France sont aussi froids et rigides que le tracé de cette artère.


>> L'ennui naquit un jour de l'uniformité.

>> Désertiques dorsales.

 

 

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La Halle Freyssinet à nouveau menacée.

18 Mars 2013, 09:21am

Publié par barreteau

La halle de Freyssinet (Paris 13ème) en 2005, époque où elle accueillait encore le centre de fret de la SERNAM.

Le combat pour la survie de la Halle Freyssinet que l'on croyait enfin gagné, risque de repartir de plus belle à la suite de nouvelles prises de positions de la mairie de Paris. La ville a en effet récemment demandé que la Halle soit désinscrite de l'inventaire supplémentaire des monuments historiques !

Dans quel but ? Sans aucun doute pour avoir la libre disposition des terrains, car maintenant que la SNCF a accepté le principe de vendre la Halle à la Mairie de Paris, cette dernière demande rien de moins que la destruction de six des trente travées qui la composent (quatre d’un côté, deux de l’autre). Un peu comme si l’on amputait une église dans le sens de la longueur !

Pourtant aujourd'hui, il reste peu de chose du patrimoine de Freyssinet, génie du béton dans les années 30. Ses halles de Reims ont été sauvées in extremis en 1992, mais beaucoup d'autres ouvrages ont été détruits. Dernièrement encore, une usine dans le sud de l'Ile de France a purement et simplement été rasée. A Paris, dans le 13ème arrondissement, la Halle Freyssinet était l'un des derniers symboles d'un Paris ouvrier. Mais qu'en reste-t-il aujourd'hui, on ne reconnaît rien …

La désinscription, relève maintenant de l’État. La décision n’est pour l’instant pas rendue, le pouvoir politique étant partagé entre attentisme et risque de perte de crédibilité car il faut bien dire que la gestion de ce dossier est - comment dire ça poliment ? - un désastre.


>> "4 d'un côté, 2 de l'autre …" : c'est le projet de double amputation de la halle Freyssinet !

>> Les halles de Reims.

>> La Halle Freyssinet devient très tendance.

>> Rue Louise Weiss.

 

 

 

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Du côté de Masséna et de la rue Watt.

13 Mars 2013, 09:04am

Publié par barreteau

La gare du boulevard Massena en mars 2012 (Paris 13ème)

J'aimais bien la façade ocre rouge de la station Masséna, avec le petit cartouche indiquant tout en haut "Chemin de fer", et à l'intérieur ses volées de marches assez monumentales. Le calme qui régnait aux environs de cette gare était trompeur quant à son avenir. Elle ne tarda pas, en effet, à subir les contrecoups des grands chamboulements qu'ont connus les abords d'Austerlitz.

Un temps reconverti en station "Boulevard Masséna" du RER C, les trains ont fini par déserter les lieux et, après avoir été abondamment squattée et outrageusement maquillée, la gare est désormais en piteux état.

Il y a peu de chance qu'elle conserve son caractère unique de terminus de campagne, dans son impasse, sous ses arbres qui autrefois cachaient sa passerelle de correspondance et ses quais un peu aériens.

La Ville de Paris qui a acheté le bâtiment à la SNCF souhaite désormais le convertir en un lieu dédié aux "Arts de la rue, du cirque et de la marionnette" …, mais le financement n'est pas bouclé et le projet traine.

Un peu plus loin, c'est une rue que sa nullité même avait fini par rendre célèbre. Il y a encore une vingtaine d'années, dans la rue Watt, au-delà des tabliers des ponts qui  recouvrent et obscurcissent presque la moitié de cette rue, il y avait encore quelques maisons dont les habitants devaient avoir les nerfs solides et de gros chiens.

Il n'y maintenant ici plus trace de vie entre les blocs vitrés de bureaux neufs et la rampe qui monte sur les voies. C'est interdit, mais c'est ouvert. Je monte. Le plateau ferroviaire est immense, beaucoup plus que ce que j'imaginais. Beaucoup plus que lorsque je l'observais depuis le viaduc de Tolbiac, maintenant détruit. C'est sans doute le fait d'être au niveau des rails. Des rails où rien ne roule.

Tout près, rescapée de la démolition systématique du secteur, l'usine de la Compagnie Parisienne de l'Air Comprimé a fière allure, avec sa haute cheminée et son hall vitré où vient se refléter le soleil couchant.
Les restes ferroviaires et industriels du vieux 13ème ont encore de la gueule !



>> La passerelle du samouraï.

>> Les "Lieux Retrouvés de Parisperdu" : n°037_Gare Massena

>> Est-ce encore la rue Watt ... ?

>> L'usine de la compagnie parisienne de l'Air comprimé, sur Pariperdu.

 

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" The place to see before you die "

4 Mars 2013, 09:58am

Publié par barreteau

Bar de la Poste (près du Centre de Tri d'Austerlitz) - rue Bellièvre _Paris 13ème

Je regrette de ne pouvoir boire un verre au bar de la Poste: il est à présent fermé de telle manière qu'il ne rouvrira certainement jamais.

Dans ce quartier, les bars traditionnels ont d'ailleurs tous fermé, les uns après les autres. Puis les petits immeubles où étaient logés ces bistrots ont été rasés pour faire place, dans ce secteur de la ZAC Paris Rive Gauche, à l'édification d'énormes parallélépipèdes de verre et de béton.

Au rez-de-chaussée de ces horreurs, on trouve parfois un établissement censé remplacer le bar disparu. Mais ce ne sont que Fast-food, Lounge-bar avec ou sans DJ, Café chicha ou narghilé, Buddha-bar, Bar à Cocktails, After Work,  Happy Hours et Tapas …

Bref, c'est la course à l'ultime mode, le surf sur la dernière vague. Tout cela certes dans une atmosphère festive mais aussi très superficielle … et bien loin des vieux rades du quartier où le coudoiement au zinc créait du lien social bien réel.

Aujourd'hui, le Lounge bar: "The place to see before you die" te fait penser que tu es dans un lieu important, tout comme Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis …
Le réveil va être difficile !

 

>> Voir aussi : 19 rue de Bellièvre

 

 

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L'insolite place Pinel.

6 Janvier 2013, 11:54am

Publié par barreteau

La place Pinel aujourd'hui _ Paris13ème (© Google Maps)

Il a quelques dizaines d'années, lorsque vous empruntiez la ligne 6 du métro, en direction de Nation, juste avant la station Nationale, vous aviez une vue plongeante sur un vaste espace … complètement désert !

Il y avait là un cercle d'une centaine de mètres de diamètre, dallé de grandes plaques de ciments plus ou moins disjointes, recouvrant tant bien que mal d'anciens pavés. Pas un arbre, pas la moindre végétation, ici il n'y avait que le vide ….  
Un lieu "vide de centre" et d'une certaine manière "vide de sens". C'est ainsi que vous apparaissait, la minérale Place Pinel, en contrebas, par les vitres du métro aérien.

Autour de ce néant, bien au large : des immeubles bas où s'étaient installés quelques petits commerces, de rares artisans et des dépanneurs de petit électroménager, dans ces années 70 où Moulinex régnait sans partage sur son marché.

Longtemps j'ai trouvé cet endroit totalement improbable dans une ville comme Paris.
Au cœur de la cité, la place Pinel dégageait une curieuse impression d'inachevée, son vide procurait comme une gêne, une sensation dérangeante …

Mais comme la ville a horreur du vide, on finit par aménager l'ensemble, par combler l'espace, … tout l'espace. On a commencé par la périphérie avec la construction d'immeubles d'une dizaine d'étages.

La place arrondie, un peu naïve, s'est alors peu à peu retrouvée rétrécie, défigurée par de volumineux immeubles cubiques qui s'inséraient souvent mal dans ses courbes.

Quelques grossistes asiatiques de  matériels divers ont remplacé les dépanneurs Moulinex, … aujourd'hui, on ne dépanne plus, on jette et on rachète du neuf. Leader Price a chassé les petits commerces, la boucherie chevaline a fermé … mange-t-on encore du cheval de nos jours ?

Puis, au centre, sur plusieurs cercles concentriques, on a planté des arbres, beaucoup d'arbres et disposé des bancs semblables à des pierres tombales. De grosses boules de verdure occultent désormais le centre de la place, coupent les perspectives et en masquent sa physionomie générale.

Aussi maintenant, vu du viaduc du métro aérien, on devine la Place plus qu'on ne la voit. On n'image pas qu'il y a quelque temps, la place Pinel était bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui. C'était alors un endroit totalement insolite … mais non dénué de caractère.


>> La Place Pinel, à nouveau en cours de réaménagement.

 

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