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PARISPERDU

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Les débuts (3_10)

15 Février 2021, 12:19pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Les débuts (3_10)

Paris, Le 14 juillet 1936 vu par Willy Ronis _© Willy Ronis

 

Willy a 15 ans lorsque son père, qui possède un studio photo et qu'il exploite sous le pseudonyme de "Roness", lui offre un appareil photo. S'il commence à parcourir les rues de Paris pour s'essayer à la photographie, Willy Ronis n'a qu'un rêve : devenir compositeur de musique.

Cependant à 20 ans, Ronis découvre la Société Française de Photographie et notamment les travaux de Brassaï, de Pierre Boucher, et de Rogi André l'épouse d'André Kertész. Ces photographes lui ouvrent les yeux sur une pratique radicalement différente de la photographie qu'exerce son père dans son studio : une pratique qui met en avant des images vivantes et non-conventionnelles.

Mais lors de son retour du service militaire en 1932, son père, très malade, lui demande de l’aider au studio. C'est ainsi que Willy Ronis va faire lui-même les tirages de ses photos personnelles. Et s'il est peu intéressé par la photographie commercialisée par le studio familial, il reste passionné par les expositions de photographies qu'il va voir un peu partout dans Paris.

Alors qu'en France la Gauche se mobilise, ce qui amènera l’avènement du Front populaire aux élections législatives de 1936, le jeune photographe, partisan de telles idées, suit avec entrain les manifestations ouvrières d’alors et prend ses premiers clichés marquants. Ceux-ci seront publiés, dès 1932, par la revue Regards, un média de sensibilité communiste.

Cette année 1932 sera décisive pour lui puisqu’elle est celle de la mort de son père et aussi de la vente d’un studio qui périclitait et qu'il vivait comme un fardeau.
Ainsi libéré, Willy Ronis allait pouvoir partir vers une nouvelle carrière …

 

>> Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)
 
 
 
 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)

7 Février 2021, 18:50pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 : Belleville Ménilmontant (2/10)
 

Carrefour rue Vilin - rue Piat - Belleville - 1959 © Willy RONIS

 

Willy Ronis et Belleville-Ménilmontant, c'est une longue histoire d'amour. Et celui qui en parle encore le mieux, c'est évidement Ronis lui-même. Alors voici en quels termes il nous raconte sa découverte puis de son attachement à Belleville et à Ménilmontant :
"Je n’imaginais pas que Belleville prendrait dans mon travail une telle importance. C’est un peu le hasard qui m’a fait connaître le quartier. Je l’ai connu à un moment où il se présentait sous des dehors particulièrement intéressants. Fin 1947, quand j’ai commencé à m’y promener, il y avait moins de voitures dans Paris qu’en 1939. La guerre était passée par là. Il n’y avait plus d’essence, on avait réquisitionné la plupart des véhicules et l’industrie automobile redémarrait à peine. Imaginez des rues de Paris sans quasiment aucune voiture. Ça, pour un photographe, quel bonheur !
Depuis tout petit, on m’avait dit : « Ne va pas dans ce quartier, c’est le milieu, les Apaches, les prostituées ». En plus de cela, j’avais, jeune homme, une grande fringale de monuments, de belles choses. J’allais sur les quais, les Champs-Élysées, les musées… Ce qui fait courir les touristes. Dans les quartiers populaires de Belleville, il n’y avait rien de tout ça. Je découvre donc Belleville fin 1947. Ma femme qui était peintre, connaissait un garçon du nom de Daniel Pipard qui habitait 88 rue de Ménilmontant et qui lui avait dit : "Tu devrais venir avec ton mari chez nous et tu verras, c'est un quartier intéressant." Et c’est ainsi qu'accompagnant ma femme, j’ai fait la connaissance et des Pipard et du quartier. Pipard m’a emmené deux ou trois fois voir certains coins pittoresques du quartier et au bout d'un certain temps, je lui ai dit : "Laisse-moi maintenant, je vais faire des photos, on verra bien ce qui en sortira."

Et puis voilà, je me suis pris d'intérêt, d’affection pour ces lieux. Je me promenais comme dans une ville étrangère que j’étais peut-être amené à ne jamais revisiter.  Et comme j’aimais le quartier, je montais très souvent d’un coup de moto faire des photos entre deux reportages.

Peu à peu a germé dans mon esprit que ça pourrait faire un livre. Mais personne n’en a voulu. Ça n’était pas un quartier vendeur. Pas le Paris que les touristes ou les provinciaux ont envie d’acheter pour montrer : « Regardez comme c’est beau, Paris ! ». Au bout d’un certain temps, j’ai cessé d’aller voir les éditeurs et j’ai rangé mes photos dans un tiroir. C’est seulement en 1953 que la fille de l’éditeur Arthaud m’a contacté. Son père venait de lui confier une collection – « Les imaginaires » - un peu en marge du caractère commercial de la maison. Je lui ai montré mon Belleville. Elle a été prise d’enthousiasme. Le livre est paru l’année suivante mais n’a eu aucun succès commercial.
Mais une deuxième édition parait en 84, et là, elle a été épuisée en trois mois. Depuis il y a encore eu deux autres éditions.
Dans le quartier, le livre et ses photos ont eu un grand écho car il y avait naturellement les nostalgiques, les gens qui habitaient là et qui ont vu changer le quartier, pas en très bien la plupart du temps, et puis également les gens qui s’intéressaient au vieux Paris et pour qui ce livre était le reflet d'un Paris disparu, enfin presque entièrement disparu".

Et, en 2015 la Ville de Paris donne le nom de Willy Ronis au belvédère qui surplombe le parc de Belleville. La dénomination “Belvédère Willy Ronis” est ainsi attribuée à l’espace commençant au numéro 7 et finissant au numéro 33 de la rue Piat, à Paris 20ème.
Même si l'on peut considérer qu'elle est un peu tardive, il s'agit d'une juste reconnaissance, car le Belvédère de la rue Piat occupe exactement l'emplacement où Willy a capturé cette célèbre photo, des gamins sur la grille de l'escalier de la rue Vilin ... c'était dans les années 50 !



>> Willy Ronis raconte Belleville Ménilmontant.

>> Willy Ronis : Evocation de Belleville (Document Ina)

>> Willy Ronis ou la preuve par 9 (1/10)

 

 
 

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Willy Ronis ou la preuve par 9 ! (1/10)

28 Janvier 2021, 12:59pm

Publié par barreteau

Willy Ronis ou la preuve par 9 ! (1/10)

La passerelle du pont des Arts - Paris, 1964_ ©Willy Ronis

 

On connait ici mon admiration et mon attachement pour Willy Ronis.

Ce grand photographe humaniste a été pour moi une source d'inspiration et il m'a encouragé lors de la création du blog Parisperdu. Sur ce blog, depuis le début de mes publications, en 2005, 90 billets lui ont déjà été consacrés.
Est-ce beaucoup ? Est-ce trop ?
Sans doute n'est-ce toujours pas assez pour cet immense photographe, aussi à partir d'aujourd'hui j'entame une série de 9 billets supplémentaires.
Pourquoi 9 billets me direz-vous ?

Eh bien parce que le chiffre 9 m'apparait vraiment être le chiffre-clé de Willy Ronis.
Jugez plutôt : il est né à Paris dans le 9e arrondissement et nous a quitté en 2009 à 99 ans, il obtient le grand Prix national de la photographie en 1979 et est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1990, il lègue son œuvre photographique de 90 000 clichés à la France en 1989 et  l'exposition-vente de sa succession a débuté un 9 décembre … et je pense que l'on pourrait trouver encore d'autres occurrences du chiffre 9 dans l'œuvre et dans la vie de Ronis !
Nous voici donc au départ de cette série: "Willy Ronis ou la preuve par 9", soit une aventure de 99 ans en 9 chapitres dont le premier sera, sans doute, celui qui me tient le plus à cœur et aussi celui que j'ai le plus exploré à travers ses images et en arpentant moi-même le terrain, il s'agit bien sûr de : Belleville Ménilmontant.

 

>> Parisperdu sur Willy Ronis : une centaine de billets .

 

 

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Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?

13 Décembre 2020, 16:54pm

Publié par barreteau

Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?
Willy Ronis tenant son Rolleiflex • Crédit : Lily FRANEY/Gamma-Rapho – Getty (1993)

 

Willy Ronis que j'ai côtoyé sur le tard était un homme absolument merveilleux, un conteur hors pair, quelqu’un d’une humanité prodigieuse et d’une immense sensibilité. Tout cela se lit sur ses photos.

En 2008, une année avant sa disparition, il disait : " Je ne crois pas du tout qu'une fée spécialement attachée à ma personne ait, tout au long de ma vie, semé des petits miracles sur mon chemin. Je pense plutôt qu'il en éclot tout le temps et partout, mais nous oublions de regarder. Quel bonheur d'avoir eu si souvent les yeux dirigés du bon côté ! "

Je partage avec lui le sentiment que pour réussir une belle image il faut certes un jeu de circonstances, de hasard, d’instinct et de métier, mais qu’au fond une bonne photo sur le vif c’est avant tout une rencontre imprévue et fugace entre des gens qui ne se parleront pas, et que l’imprévu est le sel de toute chose pour les âmes curieuses. Et Willy Ronis d'ajouter : "Il y a parfois des moments qui sont si forts que j'ai peur de les tuer en faisant une photo".
Et oui, si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?


>> "Le siècle de Willy Ronis".

 

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Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

28 Novembre 2020, 18:11pm

Publié par barreteau

Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

Isabelle Huppert, Photo: ©Willy Ronis, 1994

 

Le "New York Times" vient de classer Isabelle Huppert, meilleure actrice du XXIe siècle.
La Française est en effet placée par le journal américain au deuxième rang du classement des 25 plus grands acteurs du siècle en cours. Mais comme c'est un homme qui occupe le premier rang (Samuel L. Jackson), le titre de meilleure actrice revient donc à Isabelle Huppert.

Willy Ronis ne s'était pas trompé en 1994 lorsqu'il accepta de photographier l'actrice, car c'est la seule "star" qu'il aura photographiée.
En effet, Willy qui ne fréquentait guère le monde du cinéma ou du show business, préférait se rendre dans les quartiers populaires pour y photographier de petites gens et ainsi continuer à assoir son rang de n°1  des photographes humanistes (selon mon classement personnel !).

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

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La traversée de Belleville … dans les pas de Willy Ronis.

15 Juin 2020, 09:13am

Publié par barreteau

La traversée de Belleville … dans les pas de Willy Ronis.

  La traversée de Belleville (Extrait du fascicule publié en 1990 par le Bar Floréal, p. 2-3).

 

C'est un itinéraire photographique, une déambulation dans Belleville et Ménilmontant, un parcours publié à l'occasion de l'exposition "Willy Ronis" organisée en novembre 1990 à l'Espace Floréal, un lieu emblématique pour les photographes amoureux de Belleville.

Le parcours s'articule comme suit :

Départ : Rue des Couronnes à la hauteur du Bar Le Floréal > rue Henri Chevreau > rue de la Mare > place de Ménilmontant > rue des Amandiers > rue des Partants > rue Gasnier Guy > place Martin Nadaud > avenue Gambetta > place Gambetta > rue des Pyrénées > rue du Retrait > rue Laurence Savart > rue Boyer > rue des Cascades > rue des Savies > rue de la Mare > rue des Couronnes > rue du Transvaal > Parc de Belleville > descente par le parc jusqu'à la rue des Couronnes, jusqu'au point de départ du bar Le Floréal.

Mais le long de ce parcours, je vous conseille de faire de petits crochets - que j'ai tous testé moi-même - pour découvrir d'autres lieux également photographiés par Willy Ronis et qui valent la peine que l'on rallonge la balade.
Je vous les donne ici en respectant le sens de l'itinéraire de base :

  • Cité A. Loubeyre
  • Impasse du 34 rue Henri Chevreau
  • Passerelle de la rue de la Mare
  • Eglise ND de la Croix
  • Ancien secteur de la rue de la Cloche
  • Passage des Soupirs
  • Passage du Retrait
  • Villa de l'Ermitage
  • Cité Leroy
  • Rue des Envièrges
  • Passage Plantin
  • Cité Castel
  • Rue Piat
  • Rue Julien Lacroix
  • Rue de Pali-Kao

Alors à vos appareils photos et bonne balade !


>> Willy Ronis et André Lejarre préparent le parcours.

>> 49 rue Vilin vu par Ronis (1947) et Doisneau (1953)

>> Balade alternative, l’itinéraire fondateur de Parisperdu.




 

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Willy Ronis : “Il faut avoir l’œil partout”

10 Février 2020, 11:45am

Publié par barreteau

Willy Ronis : “Il faut avoir l’œil partout”

Semaine de Noël, Place du Palais Royal, 1954 ©Willy Ronis

 

C'est Willy Ronis qui nous parle photo et qui -au passage- donne quelques précieux conseils aux photographes amateurs. Ecoutons-le :

"Au moment du déclic, il y a toujours l’appréhension. Lorsqu’on travaille sur le vivant, il y a toujours une fugacité génératrice d’angoisse. « Est-ce que j’ai pris le bon moment ? ». Cette angoisse m’a toujours tenaillé.
Ensuite, il y a le moment du développement. Quand je développe, il y a naturellement la grande inconnue : « Est-ce que j’ai appuyé au bon moment ? N’ai-je pas négligé quelque chose qui, dans le fond, casse complètement l’intérêt de mon image ? Quelque chose qui prend une importance que je n’avais pas prévue au moment où j’ai appuyé ? ».
Physiologiquement, l’œil n’est pas construit pour embrasser tout le champ visuel avec la même capacité d’analyse. L’œil est un toucher à distance. Et on ne touche qu’un seul objet à la fois. L’œil est incapable de capter en photographie une vision globale : le principal et l’accessoire. Il y a toujours le danger que l’accessoire tue le principal. L’exemple le plus simple, c’est le jeune homme qui photographie sa petite amie dans un jardin et ne fait pas attention qu’elle a un arbre qui lui sort de la tête. L’arbre est à trois mètres derrière mais il regarde la fille, pas ce qu’il y a derrière elle ! Ça, c’est une chose à laquelle il faut toujours avoir l’esprit : que se passe-t-il derrière et sur les côtés ?
C’est pourquoi j’aime tant les marchés. À mon avis, on touche là la plus haute difficulté photographique. On voit quelque chose d’intéressant mais quelque chose à côté peut tuer complètement ce que l’on voit : ou bien c’est un grand trou – et alors ça casse la composition – ou bien ça n’est pas bon et ça rentre en contradiction avec ce que l’on a voulu exprimer. Il faut avoir l’œil partout.

Dans ces conditions, avec toutes ces contraintes, la photo parfaite pour moi serait celle où j’aurais pu communiquer à celui qui la regarde l’émotion qui a déterminé le déclic. Je veux faire participer. Je veux montrer quelque chose qui m’a ému et je voudrais que ce soit parfait.
Donc, les questions formelles sont extrêmement importantes. Je suis un fou de la forme. Pour moi, il ne peut pas y avoir de contenu exprimé s’il n’y a pas une forme complètement châtiée dans tous ses détails. Ou alors… c’est un cas très spécial. Par exemple lorsqu’il n’y a qu’un seul personnage avec un fond inexistant ? A ce moment-là, c’est la simple expression du personnage qui compte. Mais la composition est ce qui requiert mon attention la plus vive.

Je m’autorise à mettre en scène ou à faire recommencer une situation en reportage commandé, jamais la photo libre. Dans la photo libre, la composition se fait spontanément par le fait du hasard combiné avec votre aptitude à vous placer au bon endroit. Là, on photographie d’abord avec ses pieds. Cette composition sur le vif est évidemment très difficile ".

A méditer puis à appliquer lors de nos prises de vues !

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

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Sans Willy Ronis, une partie du monde nous serait inconnue *.

10 Janvier 2020, 11:54am

Publié par barreteau

Sans Willy Ronis, une partie du monde nous serait inconnue*

Les marchandes de frites, Rue Rambuteau - Paris, 1946©Willy Ronis

 

Willy Ronis nous a quitté le 11 septembre 2009. Décidément les 11 septembre n'apportent rien de bon … A quelques mois près il aurait atteint sa 100ème année aussi on peut dire qu'il aura jeté son regard sur la totalité du 20ème siècle !
Soucieux de transmettre son témoignage aux générations futures, il avait par deux fois légué à l'Etat français l'ensemble de son œuvre, en 1983 et 1989, et aujourd'hui plusieurs milliers de ses images sont conservées à la Médiathèque du Patrimoine.
Mais au-delà de ces legs, Willy Ronis a aussi laissé à son petit-fils Stéphane Kovalsky, 6000 clichés provenant de son fond privé et, le 13 décembre 2016, ARTCURIAL organisait la vente d'une partie de cette succession avec 164 œuvres proposées aux enchères.
Les résultats sont éloquents puisque que de nombreux clichés ont largement dépassés les estimations. Ainsi pour le lot 107, le célébrissime "Petit Parisien" courant une baguette sous le bras, la fourchette d'estimation était de 8.000 - 10.000 € mais il a été vendu 19.500 €. Une autre icône, le "Nu provençal" a atteint 15.000 euros et beaucoup d'autres tirages estimés entre 1.500 et 3.000 euros ont trouvé preneur à quasiment le double de ces montants.

Bien sûr, tous ces clichés portent un cachet indiquant leur provenance de l'atelier de Willy Ronis et de la collection de Stéphane Kovalsky, certifiant ainsi l'authenticité de l'œuvre.
On peut espérer que cette vente assainisse un marché pollué, après le décès de Ronis, par de nombreux tirages "sauvages". 

_____________________

*: citation de Didier Daeninckx

 

 

>> Catalogue ARTCURIAL de Succession Willy Ronis /Collection Stéphane Kovalsky.

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

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Willy Ronis raconte Belleville Ménilmontant.

24 Septembre 2019, 08:48am

Publié par barreteau

Willy Ronis raconte Belleville Ménilmontant.

"Rue de la Cloche, Ménilmontant, Paris, 1948" ©Willy Ronis.

 

C'est Willy Ronis qui parle :

"Il n'y a pas d'années où je ne passe pas au moins 6 ou 8 fois dans ce quartier de Belleville Ménilmontant, parce que j'y suis resté très attaché. Je n'y suis venu, pour la première fois, que vraiment très tard : fin 47, donc j'avais 37 ans, et c'est un ami peintre qui habitant rue de Ménilmontant qui m'a dit : " Mais viens voir mon quartier, tu verras c'est formidable".
Il y avait certainement des rapports beaucoup plus faciles entre les gens, beaucoup de petites rues étroites qui faisaient que les gens se connaissaient tous et descendaient aux beaux jours avec leurs chaises sur le trottoir, pour faire des veillées sur le trottoir et les gosses pouvaient jouer là, sans crainte aucune.
Non c'était vraiment … c'était une période extraordinaire".

Voilà donc un fil de l'histoire et c'est en tirant d'autres fils que l'on tisse la toile de la mémoire …


>> Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.


>> Le Paris de Willy Ronis.

>> Belleville-Ménilmontant de Willy Ronis.

>> Rue de la Cloche_ Paris 20ème_ juin 1994

>> Parisperdu et Willy Ronis.

 

 

 

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Pouvaient-ils se connaître ?

19 Septembre 2019, 09:00am

Publié par barreteau

Pouvaient-ils se connaître ?

 Photos © Robert Franck et Willy Ronis


Robert Frank est à Paris en 1950 et prend ce cliché près de Montmartre où Mary qu'il épousera en 1954, apparait plein cadre, tenant dans ses bras leur fils Pablo, prénommé ainsi en hommage à Pablo Casals.

Le cadrage en plongée dans un escalier me fait invariablement penser à une autre photo d'un autre grand photographe : Willy Ronis. Un cliché pris dans l'escalier de l'avenue Simon Bolivar, dans le 19ème arrondissement. Où là aussi une femme tient un enfant dans ses bras.

Toutes deux prises en plongée, ces deux photos ont incontestablement un "air de famille". Et, lorsqu'on découvre que les deux clichés sont de la même année : 1950, on en vient à se demander si l'un n'a pas été inspiré par l'autre ?
Mais cette année-là Franck et Ronis pouvaient-ils se connaître ?
Vraisemblablement pas, et pourtant …


>> N 'est pas Willy Ronis qui veut ... !

>> Robert Frank, un géant de la photographie.



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Willy Ronis : Autoportraits

30 Juillet 2019, 10:39am

Publié par barreteau

Willy Ronis : Autoportraits

 Autoportrait Willy Ronis ©_Paris, rue des Couronnes, 1985

 

L’autoportrait est un jeu auquel Willy Ronis s’est souvent livré et, avec des approches toujours fort différentes.
Véritable flash-back sur un demi‑siècle d’existence, cette série de photographies nous fait passer du jeune homme plutôt sophistiqué au vieux monsieur bien intégré dans la vie.

En effet, ses premiers autoportraits sont des images assez apprêtées, soigneusement éclairées et mise en scène. On y lit clairement l’influence du studio photo paternel.

Puis, le photographe s’éloigne de ce passé et profite de son travail et de ses rencontres pour réaliser des images plus vivantes.
Déjà, le célèbre autoportrait aux deux flashes, en 1951, est plus réaliste et techniquement plus élaboré. Le regard s’approfondit, témoignant d’une tendance évidente à l’introspection, tout en s’efforçant d’intégrer la réalité qui l’entoure, comme l’illustrent les autoportraits vénitiens de 1981.
Cette démarche trouve son aboutissement dans l’image quasi surréaliste captée à Paris, rue des Couronnes, en 1985, où le photographe se fond en un double reflet de lui-même, intégré dans le jeu des miroirs d’une vitrine de magasin. Ronis signe-là un chef d'œuvre de sophistication pour ce type d'exercice de style.

Dix ans plus tard, en 1995, Ronis souhaite nous léguer un ultime autoportrait, mais il cherche un moyen original, il y parviendra en se photographiant lui-même lors d'un saut … en parachute.
Il avait 85 ans !


>> Petit échantillon des autoportraits de Willy Ronis.

>> Willy Ronis parachutiste, autoportrait pris avec un "Horizon" à balayage (1995).



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Celles que l'on n'a jamais vues …

16 Juin 2019, 15:38pm

Publié par barreteau

Celles que l'on n'a jamais vues …

Extrait de la planche-contact du "Nu Provençal", 1949 © Willy Ronis

 

Parmi les images célébrissimes de Willy Ronis figurent bien évidement le "Nu provençal" et
"L'Aéromodéliste". Toutes deux ont été capturées à Gordes, à l'aube des années 50, lorsqu'il y résidait en famille. Aussi n'est-il pas étonnant de constater que Ronis, à cette époque, a "utilisé" les personnes qu'il avait alors "sous la main" :  sa femme Marie-Anne pour le Nu et son fils Vincent pour l'Aéromodéliste …
Mais si ces images iconiques sont connues dans le monde entier, il y a celles que l'on n'a jamais vues, celles qui faisaient partie du même "shooting" et qui n'ont pas été retenues par Willy qui les jugeait moins intéressantes.
Nous vous dévoilons ici ces images inconnues, celles que l'on n'a jamais vues …


>> Le Nu Provençal (les 3 autres prises sur la planche contact), Gordes, 1949

>> Vincent aéromodéliste, celle qu'on n'a jamais vue.

>> Le Nu provençal, déjà sur Parisperdu

>> Vincent aéromodéliste,
déjà sur Parisperdu

>> "Marie-Anne, Vincent et moi", par Willy Ronis.

 

 

 

 

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Quelques heures avec Willy Ronis.

3 Mai 2019, 18:20pm

Publié par barreteau

Quelques heures avec Willy Ronis.

Willy Ronis dans son appartement de la rue de Lagny, Paris 20ème (Février 2008)

 

Nous sommes en février 2008 et c'est ma troisième rencontre avec Willy Ronis, chez lui rue de Lagny.

Douze ans plus tôt, en 1995 donc, je l'avais rencontré pour la première fois à la FNAC Etoile, introduit par Régis Debray. Et, à la suite de cette première rencontre, il m'avait donné rendez-vous au Square Sarah Bernhardt, tout près de son domicile parisien.

Puis je reprendrai contact avec Ronis fin 2007, un an après le lancement du blog Parisperdu pour lequel je sollicitais son avis. Et là, pour en parler, il me fait l'immense honneur de m'inviter chez lui, rue de Lagny.

Pour cette troisième rencontre, je lui avais apporté de nouvelles photos de la rue de la Mare, un secteur qu'il avait beaucoup arpenté dans les années 55-60 et qu'il appréciait encore énormément.

Une autre rencontre était programmée en novembre 2008 mais elle n'aura pas lieu car je n'ai jamais pu le recontacter à la suite du message qu'il avait laissé sur mon répondeur téléphonique.

En juillet 2009, aux Rencontres photographiques d'Arles, dont il était l'invité d'honneur, j'ai seulement pu l'apercevoir brièvement sans toutefois pouvoir suffisamment l'approcher pour échanger quelques mots avec lui.
Je pensais alors que ce n'était que partie remise et que nous allions nous revoir à Paris. Mais je n'avais pas saisi à quel point ce déplacement à Arles avait pu le fatiguer. Car à peine deux mois plus tard, le samedi 12 septembre 2009 Willy nous quitte, laissant orphelins tous les amoureux de la photographie humaniste (et pas seulement). Il avait 99 ans. Mon modeste hommage sera le billet "Au revoir et merci Monsieur Ronis" que je publie le lendemain de sa disparition.

Les quelques heures que j'ai pu passer avec Willy Ronis m'ont appris beaucoup, sur l'homme d'abord dont je peux dire qu'il était un être merveilleux, ensuite sur Paris et les petites gens de la capitale dont il était une sorte d'expert et enfin sur la technique photographique qu'il m'a permis d'améliorer en me prodiguant quelques conseils. Un exemple parmi d'autres : "Attention, me disait-il, avant de déclencher vous devez vérifier que dans votre cadre il n'y a pas d'éléments qui vont parasiter votre image, car l'objectif lui, il avale tout".

Les années qui suivront, et encore aujourd'hui, le vide qu'il me laisse est immense. C'est sans doute pour cela qu'en 2012 je suis retourné rue de Lagny pour essayer de voir si cela m'apporterait quelque apaisement. Puis en 2015, dans le même état d'esprit, j'entreprends une sorte de pèlerinage à Gordes et à L'Isle-sur-la-Sorgue, dans cette Provence où il vivra - en famille - de façon permanente entre 1972 et 1983.
Vous l'avez compris je voue une admiration sans borne à ce grand bonhomme de la photo qui est dans mon panthéon photographique avec Boubat et Cartier-Bresson … Et, même si finalement je n'ai passé que quelques heures avec lui … que de richesses celles-ci m'ont apportée.

 


>> Willy Ronis et parisperdu.

 

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"La vie en passant" : 1ère rétrospective allemande de Willy Ronis à Aix-la-Chapelle.

6 Mars 2019, 09:32am

Publié par barreteau

"La vie en passant" : 1ère rétrospective allemande de Willy Ronis à Aix-la-Chapelle.

"Petit parisien, 1952"
Photo dédicacée par Willy Ronis le 20 août 2004 lors du vernissage de son exposition à Aix-la-Chapelle

 

La première grande rétrospective des photos de Willy Ronis en Allemagne a lieu en 2004 au musée "Aachen Suermondt Ludwig".
"La vie en passant" (c'est le titre de l'exposition) montre alors quelque 160 clichés pris au cours des 50 dernières et qui resteront exposés durant trois mois. Le titre de l'expo est très pertinent car, comme Ronis le disait souvent : "Durant toutes ces années, j'ai uniquement photographié la vie, comme ça, en passant "

A Aix-la -Chapelle Ronis est, en 2004, alors peu connu en Allemagne, aussi le catalogue de l'expo pense utile de donner cette présentation du photographe français :

"Né à Paris en 1910, Ronis appartient à un cercle de photographes humanistes incluant par exemple Robert Doisneau et Henri Cartier-Bresson.
Ronis, qui a dû abandonner la photographie en 2002, a également participé à la légendaire exposition photographique "The Family of Man" en 1955 au Musée d'Art Moderne de New York, a reçu une médaille d'or à la Biennale de Venise en 1957.
Entre les quartiers populaires de Paris, sa ville natale et les places de villages de Provence, Ronis a capturé les relations humaines et des scènes quotidiennes d'images sensibles. Les détails qu'on y relève et qui sont apparemment insignifiants contribuent pourtant significativement à la pertinence de ses images.

Il était tout sauf un photojournaliste impétueux, c'était plutôt un observateur silencieux de son prochain".

Il est vrai que lorsque Willy Ronis nous montre le "Petit parisien, 1952", ce petit garçon, qui court fièrement avec une grande baguette de pain sous son bras, il témoigne d'une époque où les jeux d'enfants étaient bien différents de ceux de notre époque, dorénavant noyautés par les consoles de jeux et les gazouillis incessants des messageries des réseaux sociaux.

"Willkommen und danke" Monsieur Ronis !

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

>> Vente De la succession Willy Ronis - 13 décembre 2016
        "Le petit Parisien – Paris,1952", Lot 107, estimé par ARTCURIAL : 8 000 - 10 000 €, s'est vendu 19 500 €

>> Sur le banc avec Willy Ronis.

 

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On a retrouvé Victor … !

12 Octobre 2018, 08:32am

Publié par barreteau

On a retrouvé Victor … !

"Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955 " ©Photo Willy Ronis

 

C'est grâce à Gilles LE PENGLAOU, éminent généalogiste (qui nous a malheureusement quitté l'an dernier), que nous en savons un peu plus sur la célèbre photo de Willy Ronis, intitulée "Chez Victor, impasse Compans".

Ses recherches généalogiques sur sa famille l'ont amené à Yvonne-Charlotte MULTINIER. Celle-ci se marie le 15 mai 1926 à Paris 19e avec Victor CARLI.
Elle est alors domiciliée 18, impasse Compans. Aussi, il y a tout lieu de penser que ce Victor CARLI est le patron de la guinguette "Chez Victor" située également au 18 de l'impasse et que Yvonne-Charlotte dite "Nenette", son épouse serait selon toute vraisemblance la dame que l'on voit derrière le comptoir (*), sur la photo de Willy Ronis.

Le généalogiste nous apprend aussi que Yvonne-Charlotte, née en 1903, est la cousine germaine de sa mère. Mais que cette dernière ignorait son existence.
Mais pour nous, les amoureux de Willy Ronis, on a retrouvé Victor … !

 

(*) J'ai appris récemment que la dame figurant sur la photo de Willy Ronis ne serait pas Nenette/Madame Victor mais serait plutôt Madame Pierre Matti, la patronne de la guinguette avant Madame Victor.

 

>> Chez Victor, déjà sur Parisperdu.

 

 

 

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