Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

willy ronis

"Willy Ronis par Willy Ronis", … Prolongation jusqu'au 2 janvier 2019.

31 Août 2018, 19:12pm

Publié par barreteau

 "Willy Ronis par Willy Ronis", dernier mois …

Exposition "Willy Ronis par Willy Ronis", Au Pavillon Carré de Baudoin. Paris 20ème.
Jusqu'au 29 septembre 2018, Prolongation jusqu'au 2 janvier 2019
du mardi au samedi de 11h à 18h, entrée libre.

 

Il vous reste un petit mois jusqu'au 2 janvier 2019  pour foncer au Pavillon Carré de Baudouin, dans ce 20e, sur les terres de Ménilmontant et de Belleville que Willy a tant arpenté et dont il disait : "Belleville et Ménilmontant sont, tout au moins pour moi, deux éléments essentiels de ce que j’aime bien appeler : la poésie de l’authenticité.”

Car oui, plus qu'une exposition, c'est le retour du photographe sur ses terres. Un voyage en noir et blanc dans un Paris sensible et touchant.
Mais surtout Ronis nous montre un Paris qui n’existe plus, je dirais volontiers un Paris perdu. Et force est de constater que le monde a moins changé entre les débuts de Ronis, en 1926, et ses dernières photos de 1975, que depuis cette date.
 Les photos de Paris, prises souvent dans les rues autour de l’exposition, celles des ouvriers, des cafés, des enfants, … montrent un monde dur, pauvre, ce n’est pas le Paris gentrifié. Mais au-delà de la difficulté de la vie, on ressent une certaine joie de vivre, et on contemple une classe ouvrière qui n’existe plus.

Mais pour moi, l’intérêt majeur de cette exposition, outre le vaste choix des images présentées (200), repose sur les passionnants commentaires rédigés par Willy Ronis en accompagnement de ses images. En revenant sur les conditions de prise de vue de telle ou telle photo, il partage avec nous son sentiment que pour réussir une belle image il faut certes un jeu de circonstances, de hasard, d’instinct et de métier, mais qu’au fond une bonne photo sur le vif c’est avant tout une rencontre imprévue et fugace entre des gens qui ne se parleront pas, et que l’imprévu est le sel de toute chose pour les âmes curieuses.

 

>> "Willy Ronis par Willy Ronis", déjà sur Parisperdu.

>> Sur le blog Parisperdu, plus de 100 billets sur Willy Ronis.

 

 

 

Voir les commentaires

Willy Ronis par Willy Ronis.

17 Mai 2018, 19:10pm

Publié par barreteau

Willy Ronis par Willy Ronis.

 

"Willy Ronis par Willy Ronis", telle est l'appellation - quelque peu osée - choisie pour cette exposition qui se tient actuellement au Pavillon Carré de Baudouin, dans le 20ème arrondissement.
Car en effet, cela fait bientôt 9 ans que Willy nous a quittés, alors comment pourrait-il, en personne, nous présenter ses photographies ?

Aussi, pour que ce soit l’exposition de Willy Ronis "par Willy Ronis", l'organisateur a souhaité que les spectateurs puissent le voir et l’entendre parler de sa vie, de son œuvre. Et pour cela, il y a trois films à notre disposition, au rez-de-chaussée, à l’étage et dans l’auditorium. Dans cette dernière salle, un film d’une heure présente une autobiographie détaillée du photographe afin que nous puissions nous imprégner totalement de l'homme et de son univers.

Finalement, avec près de 200 clichés, le Pavillon Carré de Baudouin retrace pleinement l’œuvre de Willy Ronis, de ses débuts à ses dernières photos, en passant par ses voyages à l’étranger et ses séjours en France.

Ronis aurait particulièrement apprécié que cette expo se tienne ici, à Ménilmontant, son quartier de cœur. Il aurait aussi certainement aimé que l'expo soit gratuite pour le public et… c'est le cas.
Encore une fois, merci Willy …

 

>> Willy Ronis et Parisperdu

>> Willy Ronis par Willy Ronis, le dossier de Presse.

 

 

 

Voir les commentaires

Paris Ronis.

29 Avril 2018, 12:39pm

Publié par barreteau

Paris Ronis

 

"Paris Ronis" est le titre d'un petit ouvrage que vient d'éditer Flammarion. Pour moi, appeler ainsi ce livre, est une évidence tant le photographe et la ville sont intimement liés. Et de surcroît, Paris et Ronis n'est-elle pas une rime riche ?

Cet ouvrage nous offre une sélection d'une centaine de belles photographies de Willy Ronis et comme toujours, Willy nous fait visiter son Paris avec tendresse et poésie…

Willy Ronis que j'ai côtoyé sur le tard était un homme absolument merveilleux, un conteur hors pair, quelqu’un d’une humanité prodigieuse et d’une immense sensibilité. Tout cela se voit sur ses photos.

A Paris il photographie, inlassablement, des couples enlacés, sans jamais bouder son plaisir car il confiera : "Chaque fois que je rencontre des amoureux, mon appareil sourit ; laissons-le faire."

En 2008, une année avant sa disparition, il dira : " Je ne crois pas du tout qu'une fée spécialement attachée à ma personne ait, tout au long de ma vie, semé des petits miracles sur mon chemin. Je pense plutôt qu'il en éclot tout le temps et partout, mais nous oublions de regarder. Quel bonheur d'avoir eu si souvent les yeux dirigés du bon côté ! "

Et même lorsqu'il photographiait les ouvriers et la vie rude des quartiers défavorisés de l'Est parisien, l'image n'était jamais triste car à cette époque Paris était une ville vivable, paisible, charmante et pittoresque, mais "c'était avant" … avant la mondialisation, la pollution et l'effondrement des frontières...
Merci de nous le rappeler Willy ...


>> "Paris Ronis "aux Editions Flammarion, 128 pages 9,90€


>> Au revoir et merci Monsieur Ronis.

>> Willy Ronis et Parisperdu : plus de 100 billets !

 

 

Voir les commentaires

Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

2 Février 2018, 12:06pm

Publié par barreteau

Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.

    Rue de Ménilmontant _ Paris 20ème

 

C'est Willy Ronis qui nous parle de son attachement à Belleville et à Ménilmontant :

"Ce quartier, dans l’imaginaire des petits bourgeois qu’étaient mes parents, avait une connotation très péjorative, c'était un quartier de voyous. Je le découvre fin 1947. Ma femme qui était peintre, connaissait un garçon du nom de Daniel Pipard qui habitait 88 rue de Ménilmontant et qui lui avait dit : "Tu devrais venir avec ton mari chez nous, j'ai un chic atelier dans une petite impasse, rue de Ménilmontant, et tu verras, c'est un quartier intéressant."

Et c’est ainsi qu'accompagnant ma femme, j’ai fait la connaissance et des Pipard et du quartier. Daniel Pipard m’a emmené deux ou trois fois voir certains coins pittoresques du quartier et je me suis pris d’un très grand intérêt pour Belleville et Ménilmontant et au bout d'un certain temps, je lui ai dit : "Laisse-moi maintenant, je vais faire des photos, on verra bien ce qui en sortira."
Et chaque fois que j’avais un peu de temps devant moi, je sautais sur ma moto mais comme à cette époque, j'habitais le 15ème, je traversais donc tout Paris pour voir ce quartier et pour aller chez cet ami peintre. Et puis voilà, je me suis pris d'intérêt, d’affection pour ces lieux mais je ne l’ai pas fait en chercheur et en historien, je l'ai fait simplement au pif, comme ça. Je me promenais comme dans une ville étrangère que j’étais peut être amené à ne jamais revisiter.
Je suis assez peu entré chez les gens, j’ai surtout musardé par les rues et les passages. C’est ainsi que j'ai engrangé beaucoup de documents entre novembre 1947 et 1950. Je pensais qu’il y avait là matière à un album. J'ai montré mes photos à une dizaine d'éditeurs, mais ça n’a intéressé personne. Entre temps, j’ai fait la connaissance de Pierre Mac Orlan que Daniel Pipard connaissait bien et qui a bien voulu, à tout hasard, m’écrire une préface pour ce projet. Voyant que je n'obtenais aucun succès en montrant ces photos, je les ai fourrées dans un tiroir et je n’y ai plus pensé.

En 1953, j'ai eu un jour la visite de Claude Arthaud, la fille de Benjamin Arthaud, le fondateur des éditions, et elle me dit : "Voilà, mon père m’a confié la direction d'une collection qui s’appellera Les Imaginaires et j’aimerais bien, connaissant votre travail, commencer avec un album signé de vous. Est-ce que vous avez un sujet que vous voudriez bien traiter ? " Alors je lui dis : "Non seulement cette idée me plaît mais j'ai quelque chose de tout prêt". J’ai ouvert le tiroir où dormaient depuis très longtemps toutes ces photos et cela lui a beaucoup plu. La première édition a paru en 1954. Ce livre a eu un succès d’estime mais une bonne partie est partie dans les boîtes des quais et ensuite rachetée par des soldeurs.

Entre temps, je m'étais tellement épris du quartier qu’il n'était pas question de ne pas y retourner parce que le livre était paru. J’ai donc continué à y faire des photos dans les années cinquante et soixante et puis ma vie a pris un autre tour, j’étais préoccupé par d’autres sujets. D'ailleurs entre 1972 et 1983, ma femme et moi, nous avons quitté Paris pour le Vaucluse et je n’y ai plus pensé. Mais si je me plaisais beaucoup dans le Midi, j’avais quand même une certaine nostalgie de ma vie antérieure.

Et donc en 83, j'avais reparlé chez Arthaud d’une éventuelle réédition du livre car on n’en trouvait plus sauf chez des libraires spécialisés où ils se négociaient fort cher. L'éditeur a acquiescé et la deuxième édition est parue en 84. Elle a été épuisée en trois mois. Depuis il y a encore eu deux autres éditions.
Dans le quartier, il y avait naturellement les nostalgiques, les gens qui habitaient là et qui ont vu changer le quartier, pas en très bien la plupart du temps, et puis également les gens qui s’intéressaient au vieux Paris et pour qui ce livre était un reflet du vieux Paris disparu, enfin presque entièrement disparu".

Après avoir lu cela, vous comprenez aisément pourquoi Parisperdu porte un si vif intérêt à ce quartier de Paris et aussi au photographe qui en a si bien restitué l'atmosphère si particulière et si attachante. Un grand merci, un très grand merci Willy …


>> Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

>> La traversée de Belleville par Willy RONIS.

>> Parisperdu, la genèse du blog.

 

 

 

Voir les commentaires

Et il y a aussi, le chat …

6 Janvier 2018, 11:16am

Publié par barreteau

 

 Et il y a aussi, le chat …

 

La photo de l'Avenue Simon Bolivar, prise par Willy Ronis en 1950 est une image culte.
C'est aussi une image très dense qui comprend une multitude de personnages : la dame qui descend l'escalier avec son bébé dans les bras, la charrette à cheval, le monsieur qui remplace l'ampoule du feu tricolore, les passants, le cordonnier sur son pas-de-porte … et il y a aussi l'ombre très présente d'un arbre.
Ronis pensait connaitre sa photo par cœur, dans ses moindres détails, pourtant cinquante ans après l'avoir prise, dans les années 2000, il découvrait que, sur cette image, il y avait aussi… un chat.

Cela a dû lui faire bien plaisir, tant il adorait les chats … surtout les noirs qui apportent toujours un excellent contraste sur des images en noir et blanc …

L'Avenue Simon Bolivar serait donc une photo encore plus riche qu'il n'y parait au premier coup d'œil … n'est-ce pas le chat … ?

 

>> Vous aussi vous ne l'avez pas vu ? … mais si, il est là !

>> Les chats par Willy Ronis. 

>> Le chat à Gordes
 

 

Voir les commentaires

Un voyage de Rose.

11 Juillet 2017, 16:20pm

Publié par barreteau

Un voyage de Rose.

 

Rose Zehner, Usine Citroën, Paris, mars 1938 _ Photo : © Willy Ronis    

 

En 1938, aux usines Citroën en grève, quai de Javel, Willy Ronis capte ce cliché d'une ouvrière haranguant ses camarades.

Quarante ans plus tard, en 1978, Rose Zehner se reconnaît sur la photo, enfin publiée après un long oubli. Elle entre en contact et entreprend une relation épistolaire et téléphonique avec Ronis.

En 1982, le cinéaste, Patrick Barberis rencontre Willy RONIS et lui demande s’il peut faire un reportage sur lui. Au cours de leur entrevue, Willy RONIS lui raconte ses retrouvailles avec Rose, qui, à cet instant précis, téléphone. Transporté par cette histoire, le cinéaste décide d’en faire un film.

C’est ainsi qu’en 1982, quarante-quatre ans après cette photo, sera organisée et filmée la rencontre entre Willy RONIS et Rose Zehner, dans l’ancien bistrot que Rose a tenu après son licenciement de chez Citroën, et qui s’appelait autrefois "Où va-t-on ? Chez Lulu et Rosette", et devenu alors "Le Petit manoir", rue Saint-Charles (15e), non loin de l’usine Citroën Javel.
Patrick Barberis en tirera le film émouvant "Un voyage de Rose", où la vieille dame – qui n’a rien perdu de sa verve ni de son humour – déroule son histoire et ses luttes.

Mais pour ce film, impossible de tourner dans l'usine de Javel, elle a été rasée entre 1976 et 1984, pour laisser place à un vaste programme immobilier et à la création d’un parc de 13 hectares.

Le réalisateur en est donc réduit à utiliser des images extraites de journaux télévisés tournées chez Citroën à Aulnay-sous-bois (93) opportunément également en grève, en cette année 1982.

Quelques trente ans plus tard, l'usine d'Aulnay connaitra le même sort que celle de Javel, en mai 2015 les ateliers de montage sont entièrement démolis.

Mais c'est une autre histoire que ne connaitra pas Rose. Elle nous avait déjà quittés en 1988…

 

>> Voir le film " Un voyage de Rose", un Long métrage avec Willy Ronis, Guy Le Querrec, sous la direction de Patrick Barbéris (1982)

 

>> Rose Zehner est sur Wikipédia !
 

>> Ronis avait-il en mémoire cette autre image ... ? 
 

>> Parisperdu et Willy Ronis

 

Voir les commentaires

Sans cesse ce lieu m'attire …

3 Novembre 2016, 12:11pm

Publié par barreteau

Sans cesse ce lieu m'attire …

En regardant cette image, lorsque l'on n'a jamais visité l'endroit, celui-ci peut sembler terriblement banal. Juste un escalier qui passe sous un immeuble au standing quelconque, et débouche sur une avenue. La belle affaire ! Alors pourquoi tout comme moi, des centaines, peut-être même des milliers de personnes viennent chaque année photographier ce lieu ?

C'est qu'ici, précisément en cet endroit, l'un des plus grands photographes du siècle dernier a figé sur la pellicule une scène à la fois insolite, vivante et poétique. Le cliché s'intitule "Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin" et le photographe n'est autre que Willy Ronis.

Est-ce pour cela que sans cesse ce lieu m'attire … ? Oui sans doute. Mais il faut bien reconnaître que l'endroit n'a pas été choisi au hasard par le photographe. Tout le prédestinait à s'y arrêter : d'abord le trou béant sous cet immeuble qui aspire le regard tout autant qu'il l'inspire, puis l'escalier qui ordonne les plans dans l'espace et enfin la lumière de l'échappée visuelle: la lumière libérée par l'avenue.

Alors bien sûr, en haut de l'escalier, on attend que, dans le champ, entre quelque chose d'aussi insolite, d'aussi vivant que sur le cliché de Ronis. Mais l'attente ne donne en général que de maigres résultats, car comme je le disais dans un précédent billet : "N'est pas Willy Ronis qui veut ... !". Mais qu'importe, je reviendrai bientôt, car c'est vrai, … sans cesse ce lieu m'attire.


>> N'est pas Willy Ronis qui veut ... !

 

Voir les commentaires

Les trois escaliers de l'autre butte …

15 Juillet 2016, 08:24am

Publié par barreteau

 

Les trois escaliers de l'autre butte …

 

Dans sa "Complainte de la Butte", Mouloudji nous dit que "les escaliers de la butte sont durs aux miséreux". Cette butte, c'est  Montmartre bien sûr. Mais, non loin de là, il est une autre butte, moins célèbre mais tout aussi attachante. Car la butte Bergeyre est un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne. Et-là, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris.

Pour grimper là-haut, deux escaliers abrupts, percés étroitement au travers d'immeubles, donnent accès au sommet. L'un de ces escaliers, avenue Simon Bolivar, est précisément celui où Willy Ronis a saisi dans son objectif un instant magique, "sur le fil du hasard", comme il se plaisait à le dire. Un troisième escalier, baptisé "rue Michel Tagrine", permet de couper le lacet quasi montagnard, de la rue Georges-Lardennois. Mais quelque soit l'escalier que l'on choisisse, arrivé au sommet, on sera récompensé de ses efforts par la soudaine découverte d’un panorama grandiose sur Montmartre et le Sacré-Cœur, panorama d’autant plus merveilleux qu’il était insoupçonné …


>> La butte Bergeyre sur Parisperdu.

 

 

Voir les commentaires

La petite fille de Venise.

22 Janvier 2016, 20:57pm

Publié par barreteau

 

 La petite fille de Venise.

Fondamente Nuove _Venise 1959 © Willy Ronis

 

Pour moi, il n'est pas question d'aller à Venise sans aller faire un tour au Fondamente Nuove. Et lorsque je suis sur ce quai, invariablement je pense à cette petite fille que Willy Ronis a photographiée ici. C'était en 1959.

Plus aucun enfant ne joue désormais là, ni au bord de la lagune ou le long des canaux de Venise... La cité des Doges est devenue bien trop touristique, bien trop encombrée pour laisser le moindre terrain de jeux aux enfants ….

Pourtant de nouveau, le mois dernier, je suis allé vérifier si, au Fondamente Nuove, la magie révélée par l'image de Ronis, opérait encore … ?

Aujourd'hui le quai n'est plus qu'une accumulation de pontons (les "zattere"), de mâts affublés de caméras de surveillance, de cabines et d'installations diverses … si bien que, si par le plus grand des hasards, une petite fille s'aventurait sur la lagune, on ne la verrait même pas …

Pourtant il nous reste le cadre de l'image, tel que Ronis l'a choisi. Il a peu changé avec son palais en toile de fond comme pour nous dire que malgré le temps qui passe, nous sommes bien encore et toujours à Venise … Une cité unique au monde, incomparable et … espérons-le … éternelle.

Alors une fois encore, merci Willy …

 

>> Le quai "Fondamente Nuove" aujourd'hui (2015) et hier (1959).

>> Analyse d'une photographie d'enfant.

 

 

 

 

Voir les commentaires

Willy Ronis : "Marie-Anne, Vincent et moi".

15 Décembre 2015, 10:20am

Publié par barreteau

 

Willy Ronis : "Marie-Anne, Vincent et moi".
Marie-Anne, Vincent … et le chat _ Gordes, 1947 © Willy Ronis

Sous ce titre tout simple, vous allez découvrir un ouvrage constitué d'un ensemble de 24 photographies en noir & blanc. Toutes dévoilent des facettes de la vie intime et familiale de Willy Ronis avec sa femme Marie-Anne et son fils Vincent.

Y a-t-il une différence d'attitude entre l'amateur et le professionnel lorsqu'ils photographient leurs proches ou prennent leur propre portrait ? Je ne le crois pas. Dans les deux cas, en effet, il s'agit d'une activité foncièrement sentimentale et ludique, puisqu'elle se manifeste, soit chez soi dans un moment de détente, soit en week-end, soit en vacances. Se trouvent par là-même associés, quel que soit celui qui photographie, le désir de conserver, au fil du temps, et la mémoire des lieux et celle des êtres qui leurs sont chers.
En bref, c'est une photographie du bonheur.

 

>> A Gordes, les photos du bonheur familial.(1)

>> A Gordes, les photos du bonheur familial.(2)

>> A Gordes, photo de famille.

>> "Marie-Anne, Vincent et moi", la première de couverture.

>> Marie-Anne, Vincent et moi: un livre secret de Willy Ronis _Ed. Filigranes 1999.

 

Voir les commentaires

En visite au Café de France … la place juste.

10 Décembre 2015, 09:23am

Publié par barreteau

 

En visite au Café de France … la place juste.

Café de France - Isle Sur La Sorgue - 1979 © Willy RONIS

En 1972, Ronis s'installe à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) dans une maison avec un petit jardin, une demeure plus confortable que ses maisons de Gordes. Dernièrement, j'ai retrouvé - grâce à Monsieur André Pharel que je remercie ici vivement - cette habitation, au 8 de la rue Ledru-Rollin, tout près de la place de la Collégiale. Et là, sur cette place, se trouve encore aujourd'hui, dans son jus car rien n'a changé, le "Café de France" dont il fera une photo devenue célèbre.

A L'Isle-sur-la-Sorgue, il va consacrer beaucoup de temps à l’enseignement : à l’École des Beaux-arts d’Avignon, puis aux facultés d’Aix-en-Provence et de Marseille et ce, jusqu'à son retour à Paris en 1983.

La petite ville de l'Isle-sur-la-Sorgue sera le cadre de nombreuses scènes de rues, de places, de marchés qu'il capturera avec soin et avec cette technique qui lui est propre et qu'il décrit mieux que personne: "En général, je ne change rien à ce qui se passe, je regarde, j’attends. Simplement, à chaque photo, je suis impressionné par une situation, et j’essaie de trouver la bonne place où pouvoir placer mon instantané, pour que le réel se révèle dans sa vérité la plus vive. Il y a un vrai plaisir à trouver la place juste, cela fait partie de la joie de la prise de vue, et c’est quelquefois aussi un tourment, parce qu’on espère des choses qui ne se passent pas où qui arriveront quand vous ne serez plus là."

La photo du "Café de France à Isle Sur La Sorgue" est une merveilleuse illustration de sa technique car là, il a trouvé la place juste,  juché sur un escabeau face à son sujet, il attend patiemment que tout s'organise harmonieusement dans son cadre. Splendide et tellement… humain.


>> Le 8 de la rue Ledru-Rollin à L'Isle-sur-la-Sorgue.

>> Aujourd'hui à L'Isle-sur-la-Sorgue, n'est pas Willy Ronis qui veut ©Photo Pierre Barreteau.

>> A Paris aussi, "n'est pas Willy Ronis qui veut" 

>> Autre scène de rue captée par Willy Ronis à l'Isle-sur-la-Sorgue.

 

Voir les commentaires

Chez Willy Ronis à Gordes.

5 Décembre 2015, 10:13am

Publié par barreteau

Chez Willy Ronis à Gordes.

 

En 1948, Ronis avait acheté une maison en ruine à Gordes ("la Maison-Vieille"),  rue de la Calade, puis une autre maison en 1958 (le "Moulin"), toute proche la première, rue de la Fontaine-Basse.

Au début, Gordes sera le village de la résidence secondaire, utilisée seulement à la belle saison, entre deux allers-retours vers Paris.

Mais à Paris, les commandes se font rares car, durant toute cette période, Ronis n'est pas reconnu, et sombre dans l’oubli. Il dira d'ailleurs: "Les rédactions pensaient que j'avais tout plaqué, elles ne m'appelaient plus. J'ai alors sérieusement songé à quitter le métier. J'étais une espèce de maniaque inadapté." Alors il s'installe à plein temps à Gordes, dans sa maison de la rue de la Fontaine-Basse, un ancien moulin avec sa roue, qu'il avait d'abord acquis pour servir de garage à la "Maison-Vieille". Il va alors restaurer de fond en comble le "Moulin" et, en 1969, "Maison-Vieille" sera vendue.
Pour se régénérer, Ronis va se lancer dans l’enseignement à temps partiel avec des cours hebdomadaires aux Beaux-arts d'Avignon, à la Faculté des Lettres d'Aix en Provence, à la Faculté des Sciences Saint-Charles à Marseille, il prendra aussi la direction d'un stage à la Maison des Jeunes à Arles. Mais Gordes, éloigné des grands axes de circulation, ne rend pas facile tous ces déplacements alors, en 1972, il s’installe à L'Isle-sur-la-Sorgue. Il y restera 10 ans. Puis en 1982, il retourne à Paris, car vivre loin de la capitale pour un photographe est suicidaire, surtout pour quelqu’un qui travaille sur le réel immédiat, et de surcroît Marie-Anne est frappée par la maladie d'Alzheimer.

Dans le Vaucluse, comme à Paris, Ronis savait s’émerveiller des "cadeaux du hasard", des petites choses que d’autres auraient négligées et avec lesquelles il tirera de magnifiques images.  Car pour Ronis tous ces petits évènements ont une étincelle de vie : "Dans une vie, tout se ramène à une petite constellation de chose", nous dira-t-il. Même si dans ces évènements il y a souvent une accumulation de douleurs: la mort, en 1987, dans un accident de deltaplane de son fils aimé Vincent, puis la mort de Marie-Anne sa femme en 1991, et de tant d’amis proches … devenus des visages enfuis.


>> Le village de Gordes (Vaucluse), la première maison de Ronis ("la Maison-Vieille"),  se situe au centre du premier cercle des maisons du bas du village. Elle a les volets verts.

>> La première maison de Ronis à Gordes, ("la Maison-Vieille"), rue de la Calade, achetée à l'état de ruines en 1947.

>> La seconde maison de Ronis à Gordes, (le
"Moulin"), rue de la Fontaine-Basse, achetée en 1958.

 

 

Voir les commentaires

Suite et fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi …"

29 Novembre 2015, 09:47am

Publié par barreteau

Suite et fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi …"

Chat derrière la vitre, Gordes, 1957_© Willy Ronis

 

La maison que Willy Ronis occupe à Gordes entre 1947 et 1958 ("Maison-Vieille") est le lieu où ont été prises deux de ses photos majeures : "Le nu provençal" et "Vincent aéromodéliste".

Mais à Gordes, il va surtout écrire une chronique intimiste et secrète car sa femme Marie-Anne, son fils Vincent et  … son chat seront alors ses uniques modèles.

Pour son animal domestique, c'est le fenestron de l'entrée de la maison de Gordes qui va servir de cadre. Et si le "Chat derrière la vitre, Gordes, 1957" ne fait pas partie de ses plus célèbres photos, il est incontestable que Ronis a toujours été attiré par les chats, à tel point qu'il ira jusqu'à publier - en 2007 - un ouvrage entier sur eux.
Et les chats de Willy Ronis sont magnifiques, mais il est difficile de comprendre comment il a su réussir à les saisir ainsi au vol, à traquer leur vérité intime, à les faire exister dans leur plus haute simplicité.

Et comme toujours chez Ronis, c'est la vie qu'il nous montre, cette fois-ci à travers le regard de ses chats, toujours noirs pour magnifier les tonalités et les nuances du noir et blanc argentique.

Il faut être un immense artiste pour laisser ainsi parler les chats, sans les trahir, sans exagérer, sans vouloir les enjoliver. Avoir été juste là, toujours à la bonne place, avec le geste prompt. C'est sans doute là que réside le secret de l'art de Willy Ronis.

 

>> Les chats de Willy Ronis.

>> Le fenestron de la "Maison Vieille" à Gordes.

>> Voir aussi: En visite chez "le nu provençal" …

>> Voir aussi: Suite du voyage à Gordes: "Vincent aéromodéliste".

Voir les commentaires

Suite du voyage à Gordes: "Vincent aéromodéliste".

3 Novembre 2015, 09:25am

Publié par barreteau

 Suite du voyage à Gordes: "Vincent aéromodéliste".

"Vincent aéromodéliste" Gordes, 1952 © Willy Ronis

 

Lors de mon récent voyage à Gordes, j'ai pu tout à loisir déambuler au plus près et tout autour de la maison de Willy Ronis (la "Maison Vieille"), aux endroits où précisément, entre 1948 et 1958, il a réalisé quelques uns de ses clichés mythiques.

Et soudain, je me rends compte que je marche sur la terrasse où Willy avait demandé à son fils Vincent de lancer son modèle réduit d'avion afin que, de la fenêtre de la cuisine, il puisse saisir, en pleine lumière, son garçon dans l'action … c'était en 1952, Vincent avait 12 ans.

Dans cette image intitulée "Vincent aéromodéliste", l’importance des ombres est primordiale. Willy Ronis disait d'ailleurs : " Ce n'est pas la lumière qui m'a inspiré, c'est ce qu'elle éclaire". Et en effet ici, Vincent émerge du clair-obscur de la terrasse, laissant au sol son ombre portée.

Cette photo est tellement emblématique de l'œuvre de Willy Ronis qu'elle figure en couverture du Photo Poche n° 46. Dans cette prestigieuse collection, c'est le numéro qui lui est consacré.

Impossible toutefois de ne pas saisir le caractère prémonitoire de cette photo, car Vincent son fils aimé, ou plutôt comme il le précisait: le fils de Marie-Anne, décédera en 1987, à 47 ans, dans un accident … de deltaplane.

Marqué à jamais par la disparition de Vincent dans ces brutales circonstances, Ronis décide en 1994, (il a alors 84 ans !) - peut-être comme pour conjurer le sort - de faire son premier saut en parachute. Pour l'occasion, il n'omettra pas d'immortaliser la scène avec son Minox. Mais Willy, le perfectionniste, n'est pas pleinement satisfait du cliché, il recommencera début septembre 1995 et pour ce second saut, cette fois-là il avait emmené son "Horizon à balayage" afin d'élargir le champ couvert. Le résultat vous est donné ci-dessous ...

 

A suivre, la fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi … "

 

>> La terrasse de "Vincent aéromodéliste".

>> La fenêtre de la cuisine de la "Maison Vieille" à Gordes.

>> Couverture du Photo Poche n° 46 consacré à Willy Ronis.

>> Willy Ronis parachutiste, autoportrait pris avec un "Horizon" à balayage (1995).

>> Lire aussi : "En visite chez Le Nu Provençal".

 

Voir les commentaires

En visite chez "le nu provençal".

29 Octobre 2015, 10:02am

Publié par barreteau

En visite chez "le nu provençal" …

Le Nu Provencal, Gordes, 1949 © Willy Ronis

On connaît ici mon admiration pour Willy Ronis et mon attachement à ses photos qui savent si bien décrire le Paris que j'aime, celui des petites gens et des quartiers populaires de Belleville et de Ménilmontant.

Mais il est une autre partie de son œuvre que je méconnaissais et que je souhaitais explorer plus avant, il s'agit de ses photos réalisées en Provence et plus particulièrement dans les deux villages du Vaucluse où il résida successivement, à Gordes puis à l'Isle sur la Sorgue.

A ce propos, Willy nous dit :"En juillet 1947, j'emmène à moto ma femme dans le Vaucluse. Le village de Gordes nous fascine et nous y trouverons l'année suivante une ruine, sans eau ni électricité, pour les vacances futures".

Et, le mois dernier, je me suis rendu dans le Vaucluse et j'y ai retrouvé cette maison, en partie grâce à l'aide de la Mairie de Gordes que je remercie vivement. La ruine dont nous parle Ronis, justement appelée "Maison-Vieille", est aujourd'hui devenue une résidence secondaire de charme, appartenant depuis près de 30 ans à une famille étrangère qui … et ç'en est presque comique, … ne connait rien de Ronis, ni de l'histoire de cette maison … ! Comique mais un peu décevant tout de même …

Mais qu'importe, car pour moi l'émotion est bien là lorsque que je découvre le lieu exact où Willy Ronis réalisa plusieurs de ses images cultes. Ainsi, sur la façade principale, j'ai en face de moi la fenêtre de la chambre du premier étage qui est celle du "Nu Provençal". Puis, au rez-de-chaussée, la fenêtre de la cuisine-séjour qui servie de cadre au cliché intitulé "Vincent Aéromodéliste" et je retrouve même la petite fenêtre de l'entrée, avec sa barre de défense, qui est celle du "Chat derrière la vitre". C'est donc là, dans cette haute maison aux volets verts et aux pierres blanchies par la chaleur du midi, qu'ont été pris successivement dans les années 1949, 52 et 57, ces trois mythiques clichés.

Voyons tout d'abord "Le Nu provençal". Incontestablement c'est la photo fétiche de Ronis, une photo mondialement connue, au sujet de laquelle il avait coutume de dire : "Le miracle existe. Je l'ai rencontré". Et c'est Philippe Sollers, dans l'ouvrage "Nues", qui en parle le mieux: "La composition est magistrale, elle dit la vraie joie de vivre dont notre époque est si tragiquement et piteusement dépourvue. Le miroir, la cuvette, le petit tapis, les craquelures du sol, voilà des cercles qui ne demandaient qu'à dialoguer. La fenêtre ouverte, le volet, le mortier, le pichet, la chaise se répondent dans la verticale (cette photo aurait ravi Cézanne). Tout vit, tout vibre doucement et veut être vu. Le corps nu est la résultante de cette magie matérielle. La lumière est là pour dire l'harmonie indestructible de l'ensemble (soleil sur les épaules, bénédiction du temps). On est tellement loin de l'imagerie exhibitionniste et grimaçante d'aujourd'hui qu'on se demande si ce conte de fées a pu exister.

Ronis parle de miracle. Il a raison, ç'en est un que seul celui qui en a vécu un semblable peut comprendre".

 

A suivre, dans un prochain billet sur ce voyage à Gordes, un autre cliché culte: "Vincent aéromodéliste".

 

>> Le Nu Provençal (les 3 autres prises sur la planche contact), Gordes, 1949

>> La Maison de Willy Ronis à Gordes (1948-1958) dont trois fenêtres ont servi de cadre à trois photos mythiques.

>> A lire aussi : "Sur la traces des domiciles parisiens de Willy Ronis".

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 > >>