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PARISPERDU

willy ronis

La rue Laurence Savart, si chère à Willy.

26 Juin 2010, 09:01am

Publié par barreteau

 

La rue Laurence Savart- Paris 20ème - Juin 2004


Maintes fois Willy Ronis m'a parlé de la rue Laurence Savart, l'une de ses favorites dans le secteur de Belleville-Ménilmontant.

Il m'a raconté comment, un petit matin de 1948, il avait failli "louper" sa célèbre photo de cette rue. En passant dans la rue du Retrait, un bref éclat de lumière attira son attention, c'était le vitrier qui remontait la rue Laurence Savart. Sans  ce "flash" produit par les vitres de l'artisan, "j'aurais vraisemblablement continué tout droit mon chemin" me disait-il.

Quand je lui fais remarquer que la rue, encore aujourd'hui, a peu changé, qu'on y retrouve les mêmes façades, la même lumière qu'a son époque ... il fait la moue et me dit: "Oui mais cet immeuble qui barre la rue dans sa partie basse, quel dommage ...".

Il faut bien reconnaître que la perspective n'est plus la même. Et que cette trouée, qui était comme un appel vers un ailleurs incertain, fait terriblement défaut.

La rue Laurence Savart était si chère à Willy, qu'il a accepté de donner son nom à une association qui luttait pour conserver le caractère original de la rue. Je ne suis pas sûr que Willy adhérait complètement au but poursuivit par cette association, mais il n'a pas su dire non à des gens qui comme lui chérissait ce lieu. Ainsi naquit fin 2006, "L'Association Willy Ronis  - Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart", ... la seule association qui aujourd'hui porte le nom de l'illustre photographe.


>> "La rue Laurence Savart", Photo: ©Willy Ronis 

>>
J'ai retrouvé le Paris perdu ...


>> Association Willy Ronis "Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart ". 

>> Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance.
 

 

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Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

1 Mai 2010, 09:01am

Publié par barreteau

7 Rue Rémy  de Gourmont Paris 19ème (juin 1997)

 

A deux pas du prestigieux bâtiment du siège du Parti Communiste, réalisé par un Niemeyer alors au sommet de son art, se niche un havre d'authenticité. Une petite butte où l'air est plus pur, où la vie est plus vraie … C'est la butte Bergeyre, un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.

En 1918, sur cette butte, on construit le stade Bergeyre, ainsi nommé pour rendre hommage à un joueur de rugby mort pendant la Première Guerre mondiale. Il héberge alors le club de football de l'Olympique de Paris qui sera absorbé par le Red Star en 1926. La même année, le stade est démoli et des logements sont bâtis à sa place. Le lotissement est inauguré en 1927, par Joséphine Baker.

 

Aujourd'hui, lorsque l'on déambule sur la butte Bergeyre et que l'on emprunte la rue Rémy de Gourmont, on remarque cette petite épicerie encore restée "dans son jus".

Elle arbore un vieux panonceau "Epicerie fine", ce qui ne signifie pas qu'elle soit dépositaire des produits Hédiard ou Fauchon. Non, en ce temps-là il y avait des épiceries fines comme il y avait du "vin fin". Cette "finesse" voulait simplement indiquer que les produits proposés étaient d'une qualité un peu au-dessus du "tout-venant".

 

Mais, maintenir une épicerie dans un si petit quartier relève bientôt de l'utopie. Pour ne pas qu'elle meure, l'association des habitants de la butte Bergeyre, va la racheter et la rebaptiser "L'Utopicerie"

 

L'Utopicerie va alors devenir, un lieu de rencontre et d'échanges, un lieu d'expression et de créativité aussi, avec des activités pour les enfants ou les adultes, un Ciné club, des expositions … Mais le local conserve toujours sa fonction commerciale d'origine et vous pouvez encore y acheter des fruits et des légumes, … bien sûr, maintenant, ils sont "bio"… On passe la commande sur place le mercredi soir et le mercredi suivant on vient chercher son panier … et on repasse sa commande pour la semaine suivante !

 

Là se retrouvent les esprits libres et non-conformistes qui fuient l'artificialité des "bobos". La chaleur est immédiate, la proximité non feinte, la fidélité acquise.

Finalement, elle n'est pas si utopique que cela, l'épicerie de la butte Bergeyre … !



>> Voir aussi sur Parisperdu : "Sur la butte Bergeyre".

>> "N'est pas Willy Ronis qui veut ... !"

>> Butte Bergeyre, … et il y avait-là un stade.

 

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Arles 2009, et ce fut la dernière.

27 Avril 2010, 09:37am

Publié par barreteau

"La belle image, c'est une géométrie modulée par le cœur". (Willy Ronis)

 

En juillet 2009, Willy Ronis s'était rendu aux 40èmes Rencontres Photo d'Arles.
Il en était l'invité d'honneur. Arles lui rendait alors hommage avec une belle rétrospective à l'église Sainte-Anne, une manifestation émouvante comme un Requiem, surtout celui de Fauré qu'il aimait tant.

 

Willy, c'était un peu le grand-père de tous les photographes. Il ne se déplaçait plus alors qu'en fauteuil roulant, affaibli par son grand âge. A Arles, il fit une toute dernière apparition dans la lumière bleutée du théâtre antique. Son petit-fils, le photographe Stéphane Kovalsky, poussait le fauteuil de son cher "Villy" comme on l'a toujours appelé dans la famille, … pas de W pour les proches !

 

Ce soir-là, après un tonnerre d'applaudissements, Willy se contentera d'un geste de la main: un "au revoir" qui sonnait comme un adieu. Ce fut un moment extrêmement touchant, chacun a bien senti qu'il se passait quelque chose de très fort, un peu comme un clap de fin …
 

Actuellement, pour retrouver cet immense photographe, courez voir, à la Monnaie de Paris, l'exposition:"Willy Ronis: Une poétique de l'engagement". Willy avait lui-même préparé cette exposition, elle devait marquer son 100ème anniversaire …

Pour cette rétrospective en 150 images, à côté des incontournables, il y a là quelques belles découvertes …


>> Voir aussi sur Parisperdu: "Au revoir et merci Monsieur Ronis".

>> Actuellement "Willy Ronis : Une poétique de l'engagement" à la Monnaie de Paris, 11, quai de Conti Paris 6ème,  jusqu'au 22 août 2010.

 

 

 

 

 

 

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N 'est pas Willy Ronis qui veut ... !

25 Février 2010, 09:03am

Publié par barreteau

" Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin". © Willy Ronis -1950.

 

Je suis retourné sur la butte Bergeyre et, au bout de la rue Georges Lardennois, j’ai retrouvé l’escalier que je cherchais. L’escalier immortalisé par Willy Ronis dans son célèbre cliché : "Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin".

Pour rallier cet endroit, je préfère toujours arriver par la butte Bergeyre plutôt que par l’avenue Bolivar, bruyante, brouillonne et trop animée, alors que le calme règne dans les petites rues, sur les hauteurs de la butte.

 

Willy nous décrit les instants qui ont précédé son déclic, en quelque sorte, l’histoire de cette photo :

« Cette photo, je l’ai faite en 1950. J’étais là, dans cet escalier, j’attendais quelque chose, parce que je voulais qu’il y ait un peu de monde qui passe. À un moment donné, j’entends une voix de femme derrière moi, qui parlait à son enfant, qu’elle tenait dans ses bras. J’ai attendu qu’elle me dépasse, et miracle, miracle qui arrive quelquefois dans la photographie : quand elle est arrivée en bas, est passé cet attelage étonnant - car même en 1950 il n’y avait plus tellement d’attelages avec des chevaux. Et ce qui est amusant, c’est qu’il y a en même temps cet ouvrier municipal, qui est en train de réparer ses feux tricolores, et des femmes qui promènent leurs enfants dans des poussettes derrière. Et puis le petit cordonnier qui parle avec le client. Et le petit chat noir, en bas de l’escalier. C’est une photo pleine d’histoires ! »

 

Mais nous ne sommes plus en 1950 et n’est pas Willy Ronis qui veut … car aujourd’hui, si l’escalier est toujours là, son environnement a bien changé.

Inutile, bien sûr, d'attendre l’attelage avec les chevaux, ni même de rechercher en l’arrière-plan les maisons de la rue Lauzin, voire de petits commerçants qui discuteraient sur leurs pas de porte … tout cela n’est plus de ce monde !

 

Car sur l’avenue Bolivar, règne maintenant l'automobile : une incessante circulation, une cohorte de voitures en stationnement, et partout des panneaux de signalisation ou de publicité, … tout cela crée une grande anarchie visuelle, un parasitage peu propice à l’harmonie du cadrage photo …

 

Alors le photographe d’aujourd’hui est tout naturellement tenté de remonter plus haut dans l’escalier pour trouver un peu plus de quiétude. Mais là, il aura inévitablement dans le champ de son objectif l'immeuble qui surplombe le passage et en barre la vue … Vouloir se positionner plus haut que Willy Ronis est définitivement impossible !


Qu’à cela ne tienne, on a quand même dans le viseur l’échappée de l’escalier vers l’avenue et l’on peut – tout comme Willy  "attendre quelque chose" … Mais aujourd'hui, dans le champ, il ne se passera pas grand chose : quelques piétons bien trop ordinaires et surtout beaucoup, beaucoup trop de voitures …

Décidément, n’est pas Willy Ronis qui veut … !

 

 

 

>> Avenue Simon Bolivar et escalier de la rue Georges Lardennois (Essai 1 - 1999)

 

>> Avenue Simon Bolivar et escalier de la rue Georges Lardennois (Essai 2- 2009)


 

 

 

 

 

 

 

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Izis, Paris des rêves .

24 Janvier 2010, 12:09pm

Publié par barreteau

 

Sur les quais de la Seine, Petit Pont. Crédits photo : © IZIS Bidermanas


Avec cette exposition-rétrospective de l'œuvre de IZIS, un accrochage de quelques 270 photographies, la Mairie de Paris entend rendre hommage à un photographe encore trop méconnu. Pourquoi ce titre "Paris des rêves" ?  Pour moi, indiscutablement c'est parce que Izis rime avec onirisme …

 
L'exposition présente toute la palette de celui qui fut à la fois artiste et reporter, grand portraitiste et flâneur aux aguets. De son œuvre protéiforme, on retiendra surtout le volet parisien - qui fait l'éloge du rêve et de la lenteur au cœur de sa ville d'adoption, une œuvre qui révèle la diversité, l'originalité et la modernité de son travail.

Izis nous donne une image poétique du Paris populaire : les rues et les quais de la Seine, les enfants et les amoureux, les fêtes foraines et les gens du cirque, les ouvriers et les vendeurs de muguet, etc ...
On l'aura compris c'est un photographe humaniste qui nous est dévoilé à l'Hôtel de Ville, un photographe à l'égal des plus grands photographes-amoureux de Paris: Willy Ronis et Robert Doisneau.

Mais trente ans après sa disparition, en 1980, Izis demeure moins célèbre que ses compagnons d’alors.
Willy Ronis, lui-même se scandalisait de "cette mise au purgatoire" des photographies d’Izis dont il vantait la démarche esthétique.
A
voir absolument.



>> "Izis, Paris des rêves". A l'Hôtel de Ville - Paris 4ème, jusqu'au 29 Mai 2010. 

>> Déjà sur Parisperdu: "Izis, de Paris et d'ailleurs" …


>> … et aussi, "Sur les pas d'Izis".

 




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La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (3/3)

27 Décembre 2009, 18:12pm

Publié par barreteau

 

Les amoureux de la rue Etienne Marcel – 75001 Paris – Juin 2005  

 

On peut effectivement se poser la question : la photo humaniste ne serait-elle pas déjà morte ? D'ailleurs, aucun nom de photographe humaniste de moins de 50 ans ne me vient spontanément à l'esprit ...  Aujourd'hui, la photographie ne serait-elle pas déjà passée à un stade plus conceptuel ?

 

Sans doute, … mais si les Doisneau, Ronis, Izis, Boubat … sont morts, la photo humaniste elle, se doit de vivre car elle est, selon moi, l'un des vecteurs principal d'émotions en photographie ! Mais peut-être faut-il pour cela que les deux "camps" précités (le photographe et le photographié) arrêtent de se voir en ennemis et de s'incriminer...

 

Respect et confiance, voilà ce qui est nécessaire.

Il faut que le photographe respecte le sujet (il ne serait rien sans lui après tout), respecte le contexte de l'image, sans essayer de la détourner et conserve une certaine éthique.

Il faut en même temps que le sujet fasse confiance au photographe quant à l'utilisation de son image et à sa diffusion.

 

Dans un "monde idéal", les deux "camps" doivent arriver à s'abstraire de la notion d'argent. Le photographe doit agir dans une démarche purement artistique et le sujet ne doit pas redouter qu'on fasse de l'argent sur son dos pendant que lui n'en retire rien.

Alors, ... dans ce "monde idéal", la photographie humanisme vivrait !


Oui... sauf que dans le "monde réel": respect, confiance et désintérêt pécuniaire sont en perte de vitesse, ce qui peut nous rendre assez pessimiste sur l'avenir de la photo humaniste...



>> Voir aussi sur Paris perdu : "La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ... ?"


>> Voir aussi : "La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (2/3)"

 

 

 

 

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La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (1/3)

19 Décembre 2009, 10:08am

Publié par barreteau

Rue de l'Université  - Paris 7ème -  octobre 2008

 

Avant de partir, Willy RONIS nous a donné sa définition de l'école humaniste : "C'est le regard du photographe qui aime l'être humain"…
Il ajoutait aussi : "Je suis un photographe de la vie quotidienne, de ce que l'on voit en circulant dans la ville. Je regarde les gens, j'ai envie de les photographier et de creuser un peu ce qu'a été leur vie".

Circuler dans la ville, regarder les gens et les photographier … oui, bien sûr … mais est-ce encore possible aujourd'hui ?

 

Disons-le tout de suite, pour le photographe d'aujourd'hui, il est devenu difficile d'opérer librement dans la rue. Le niveau des risques encourus est en effet devenu très élevé : regards obliques, quolibets, menaces de représailles, voire violence physique pouvant aller, comme dans les films d'action … jusqu'à la tentative d'extraction de la carte numérique !
Oui, aujourd'hui, la méfiance, la violence, voire la paranoïa  font partie de la vie citadine, et si l'on veut réaliser un reportage objectif, il est nécessaire d'intégrer ces paramètres …

 

Willy Ronis disait "Une photo, ça se mérite..", et  Robert Capa ajoutait : "Si votre photo est ratée, c'est que vous étiez trop loin…". Oui bien sûr, mais ces "grands" photographes qui opéraient dans la rue avaient la chance, à leur époque, de pouvoir le faire avec une réelle liberté et une certaine insouciance. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne se préoccupaient pas d'éviter les situations "glauques", ou les images qui auraient mis leurs sujets en situation défavorable …

Mais leur avantage, leur vraie chance était de ne point avoir, en permanence, au-dessus de leur tête, l'épée de Damoclès du "droit à l'image" qui aujourd'hui oblige à beaucoup de retenue …

 

Alors la photo humaniste va-t-elle mourir ? Devrons-nous à l'avenir nous contenter de travailler en studio, en vase clos, avec des modèles stéréotypés, sans l'improvisation à assumer, sans le hasard à gérer et, finalement sans cette petite mort qui rôde tout près de vous … ?


Je voudrais que le photographe recouvre, aux yeux de la loi, à côté de son "droit à l'information", un peu de son "droit à la création" …

 

A suivre …


>> Le droit à l'image : l'art et l'information avant les "états d'âme".

>> La photo humaniste va-t-elle mourir ? 

>> Déjà sur Parisperdu : "La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ... ?"


>> Déjà sur Parisperdu : "Les Humanistes".


 

 

 

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Un jeune homme ...de presque cent ans !

21 Novembre 2009, 09:19am

Publié par barreteau


Novembre 2008, il y a tout juste un an, Willy Ronis me fait parvenir un exemplaire de "Ce jour-là", l'un de ses ouvrages qui vient d'être réédité.  Il y ajoute une dédicace, comme toujours très touchante car je sais qu'elle vient d'un homme profondément sincère.

 

Bien sûr, je n'ai pas manqué de remarquer, que cette fois-ci, le tracé de son écriture était terriblement hésitant … mais rien d'extraordinaire, quel sera le tracé de votre écriture à 98 ans ?


Lorsque je téléphone à Willy, pour le remercier de sa délicieuse attention, je lui dis combien ses photos créent en moi des ondes de nostalgie, surtout celles captées dans ce Belleville-Ménilmontant aujourd'hui disparu et que nous aimions tant.

Comme souvent, sa réponse est emprunte de cet humour désarmant que je lui connais bien.
Et c'est avec un brin de malice qu'il me rétorque : " Non moi, je ne suis pas nostalgique … mais j'aimerais bien que ça recommence".

 

Depuis, Willy nous a quittés … et je me remémore souvent ce message d'espoir, de soif de vie … émanant d'un jeune homme de presque cent ans.

 

 

>> Voir aussi : "Au revoir et merci Monsieur Ronis".

 

 

 

 

 

 

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Belle amie.

9 Novembre 2009, 09:29am

Publié par barreteau



"Le photographe sur le qui-vive est comme l'amoureux qui attend une belle amie.

Parfois elle ne vient pas, ou bien celle qui arrive en souriant n'est pas celle qu'il attendait. Qu'importe ! Ce qui compte c'est l'émotion, et l'aptitude à capturer son passage."

Willy Ronis (Extrait du livre "Ce jour-là", aux Editions Mercure de France, 2006)

 

En parcourant l'œuvre de Ronis, je me suis aperçu que beaucoup d'amoureux s'y était donné rendez-vous. Et en relisant les écrits de Willy, j'ai compris qu'il avait trouvé-là matière à rêver, à imaginer et à romancer.
Dans l'escalier, à l'angle de la rue d'Annam et de la rue de la Bidassoa, dans le 20ème arrondissement, ce jour-là, moi aussi j'ai trouvé matière à rêver ...



 >> "Rue de la Bidassoa", voir l'histoire de cette photo, dans Parisperdu.

 

 

 

 

 

 

 

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La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ?

22 Septembre 2009, 09:17am

Publié par barreteau

Photo: © Bertrand Prévost

 


Crise internationale, crise du monde financier, crise des entreprises, mondialisation, délocalisation, crise de l'emploi …

Des milliards de pertes, mais pour qui ? : les actionnaires, les patrons, les épargnants …

Des profits, mais pourquoi ? : parachutes dorés, primes pour les traders, stock-options …

Plan de relance sur plan de relance … Des sommets où le monde politique essaie de rattraper un pouvoir économique non maîtrisé …

Au milieu de ce cataclysme international où l'on perd tous nos repères, nos valeurs, nos références, nous qui voulons comprendre les responsabilités, tirer les leçons de ces erreurs; seule une tribune ouverte à tous, plurielle, libre, nous évitera de sombrer dans l'obscurantisme, l'extrémisme et toutes ses conséquences.

 

Dans un monde médiatique, où tout va trop vite via Internet, la photographie a-t-elle encore une place, un rôle à jouer ? La force de la photographie, devenue numérique, réellement instantanée, est d'être un support majeur qui s'exprime dans notre subconscient.

Au-delà de son message, la photographie est aussi une expression culturelle, un ressenti, une atmosphère et cette qualité reste en ces temps difficiles très prisée par un public toujours plus nombreux sur les photo-blogs, les magazines ou les grandes expositions spécialisés ?
La photographie peut-elle remettre l'homme au centre du débat, le placer au-dessus de la logique économique, financière qui bien souvent l'écrase ou même tout simplement le nie … ?

 

Quelque soit l'actualité, Parisperdu, poursuit sa recherche d'une vision d'un Paris et de ses habitants faite de libre expression et de respect des valeurs essentielles de tolérance et d'humanisme.

Un grand ancien, récemment disparu nous en a clairement indiqué le chemin …

 

 

>> Willy Ronis, un grand ancien récemment disparu …

 

>> Bertrand Prévost, un photographe humaniste d'aujourd'hui ?

 

>> Bertrand Prévost, "Projet des  Parisiens du 19ème."

  

 

 

 

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Au revoir et merci Monsieur Ronis.

13 Septembre 2009, 09:10am

Publié par barreteau


"Les amoureux de la Bastille". 1957, sur les murs de l'Hôtel de Ville, Paris 2005.
Portrait WR:  AFP/Gérard Julien

 

 

Willy Ronis, photographe et amoureux de Paris, nous a quitté samedi 12 septembre. Considéré comme l'un des grands maîtres à penser de la photographie humaniste, il avait 99 ans.

Je suis ému à l'extrême par ce grand départ. Willy, que j'ai eu la chance de pouvoir croiser à plusieurs reprises au cours de ces quinze dernières années, me laisse le souvenir d'une grande sensibilité, d'une gentillesse hors du commun. C'était un être fait de paix tranquille, qui parlait des hommes aussi bien qu'il les photographiait.

J'attendais avec crainte le décès inéluctable de mon très cher "Professeur", car c'est grâce à lui que j'ai "la passion" de l'image, et c'est aussi grâce à lui qu'est né Parisperdu.
Ses photos et la douceur de leurs nuances, la délicatesse de leur lumière, la poésie de leur composition, sont très exactement l'émanation du personnage fait de tendresse et d'imagination que j'ai connu. Avec Ronis, on comprend tout de suite que c'est le photographe qui fait la photo, pas l'appareil...


Un Grand merci, Willy, pour l'œuvre que vous nous laissez, une œuvre à la hauteur du grand homme que vous resterez. Un grand merci aussi pour l'exemple que vous êtes, car pour les nouvelles générations, Willy Ronis, c'est l'école de la photographie par excellence.
La relève ne va pas être facile.

 


>> En mai dernier,  Willy Ronis racontait les circonstances dans lesquelles il a pris un certain nombre de ses clichés les plus célèbres.

 

 

  • Willy Ronis et Parisperdu :

>> La photo de Willy Ronis fait débat …

>> Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.

 

 

 

 

 

 

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La photo de Willy Ronis fait débat.

27 Juillet 2009, 11:10am

Publié par barreteau

Image © AFP

 

 

Quand l'AFP va en Arles pour couvrir l'édition 2009 des Rencontres photographiques, elle s'intéresse - quoi de plus normal -  à l'invité d'honneur, le doyen des photographes français Willy Ronis, 98 ans.  

 

Gérard Julien, le photographe de l'Agence fait son métier et prend plusieurs images de Willy Ronis. Mais photographier un maître de la photo n'est pas si aisé. Le respect qu'on lui voue a naturellement quelque chose d'intimidant et forcément, au moment d'appuyer sur le déclic, un petit frisson vous parcourt le corps …

 

L'AFP, proposera donc avec son interview plusieurs portraits du Maître. Mais le vieil homme, ne se déplace plus qu'en fauteuil roulant, et là est la question : plan large, plan serré, fauteuil dans ou hors cadre … le débat est ouvert, que faut-il choisir ?

 

Par respect, je dirais même par amitié pour Willy, ma réponse est celle du plan serré : une image où Willy nous délivre un franc sourire et des yeux pleins de malice, montrant qu'il a gardé toute sa vivacité d'esprit.

Pourtant ce n'est pas le choix que feront la quasi-totalité des journaux qui reprendront l'article de l'AFP. La chasse au sensationnel est leur credo et l'unique photo qui sera bien souvent publiée est celle d'un Willy Ronis dans son fauteuil roulant, la tête renversée et le visage pâle. Un Willy un peu fatigué, accusant bien sûr le poids des ans, mais surtout las d'être traqué par une multitude d'objectifs sous des angles quelque peu indignes. Oui indignes car Willy qui n'a jamais recherché le sensationnel, qui a toujours su montrer l'homme, même le plus miséreux, sous son meilleur jour … oui Willy méritait mieux que cela.

Si d'ici fin Août, vous passez par Arles, vous pourrez facilement vous en rendre compte …
 

 

>> La Photo qui fait débat /  Image © AFP

 

>> Déjà dans Parisperdu : "Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles".

 

 

 

  

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Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.

7 Juillet 2009, 09:18am

Publié par barreteau


Paris est sans conteste l'un des grands thèmes de Ronis, ses images éclectiques et abondantes, se répondent et se croisent, dans une danse de vie placée sous le signe de la liberté. Le "photographe-polygraphe", comme il se nomme lui-même, fut en effet toujours guidé par le seul souci de s'affranchir des contraintes et des modes. Un artiste autonome, en recherche constante de l'authenticité.

Ronis nous montre simplement les choses et les êtres comme ils sont, comme ils vont, comme ils viennent dans ce Paris, où il va au hasard de la vie, de la ville, "pour provoquer des images", comme il le dit joliment.


"Paris, c'est mon sang!" ajoute-t-il. Dans les quartiers populaires de Belleville, de Ménilmontant, mais dans beaucoup d'autres aussi, il parcourait les ruelles vétustes, les arrière-cours, les squares, les friches urbaines, fixant sur la pellicule les petits métiers, les jeux des enfants, les fêtes foraines et les bals...


Rien de laid ni de vulgaire n'apparaît jamais sur les photos de Ronis. Tout est joie et espièglerie, douceur et volupté, légèreté et humour. Même lorsqu'il traite de sujets difficiles - la pauvreté, par exemple -, il parvient à distiller ce je-ne-sais-quoi de "bonheur malgré tout" et d'humaine tendresse.

Ronis fêtera ses 99 ans aux Rencontres de la Photographie d'Arles, où une rétrospective lui est consacrée. Le doyen des photographes français, a passé trois quarts de siècle à promener son regard bienveillant parmi les hommes, leurs destins, leurs joies et leurs misères. Aujourd'hui qu'il n'exerce plus ses talents, il garde encore cette capacité à s'émerveiller sur le monde, à croire en l'avenir, à ne rien regretter de ce qu'il a vécu.

Mais comment regretter une vie passée à ouvrir grands les yeux, pour faire en sorte que l'ordinaire se révèle extraordinaire ?

 

>> Ecoutez Willy Ronis sur son parcours, sa vision de la photographie, ...

>> Parisperdu et Willy Ronis.


 

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Henri Cartier-Bresson, à vue d'oeil.

16 Juin 2009, 09:12am

Publié par barreteau

Rue Mouffetard, Paris, 1954 © Henri Cartier-Bresson/MAGNUM



Vous avez jusqu'au 30 août pour courir à la Maison Européenne de la Photographie et découvrir cette exposition qui propose de parcourir quelques 320 œuvres d’Henri Cartier-Bresson. Une bonne partie de l'accrochage reprend d'ailleurs les clichés de "Paris à vue d’œil", une exposition présentée en 1984, au musée Carnavalet.

A travers des images apparemment anodines, Henri Cartier-Bresson traque les moments de vie, comme autant d’instants magiques, dans mille et un lieux, mille et un milieux. Il dresse, comme personne, le portrait d’un pays, d'une ville. Et comme toujours, ses images mêlent émotion et regard acéré. Cartier-Bresson nous montre que, même là où ne l'attend pas, la beauté existe … pour qui sait la voir.

Et si au début, ses images montrent surtout des "gueules", le regard s’affine ensuite peu à peu. Ses instantanés affichent alors, une organisation rigoureuse et ultra-soignée : lignes de fuite parfaites, merveilleux travail d’ombres et de lumières, composition impeccable, distance millimétrée, justesse innée du cadre, car il ne recadrait pas.

Bien qu’archi-connues pour la plupart, ces photos éblouissent encore. Récemment, Willy Ronis me confiait que pour lui, "Henri Cartier-Bresson était le plus grand". L'hommage vient de haut …

 
>> Le site web de Maison Européenne de la Photographie.

>> Henri Cartier-Bresson, le site officiel.


 

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Voir et comprendre Paris.

27 Février 2009, 09:44am

Publié par barreteau


Comment voir Paris et comment comprendre cette ville ?
C'est une question que beaucoup se pose et à laquelle le photographe peut essayer de répondre.


On peut décrire Paris à partir des regards de ceux qui se sont déjà approprié cette ville. Les regards des grands maîtres de la photo : les Ronis, Izis, Doisneau ... mais on peut aussi choisir d'arpenter la capitale telle qu'elle est aujourd'hui, avec ses territoires architecturés et ses terrains vagues ...

On en arrive alors à d'autres questionnements. On cherche alors à comprendre quel regard porter sur le réel, comment mettre en mouvement son regard ? Le leur me fascine, surtout celui de Willy, et en voulant voir de plus en plus, on voit de mois en moins ... à moins qu'il ne faille tout reconsidérer autrement ?

Parisperdu tente ce défi singulier, en travaillant avant tout sur la perception de la rue, celle d'hier comme celle d'aujourd'hui.
La photographie est-elle un tremplin pour mieux comprendre cette ville en perpétuelle évolution?
A vous d'en juger !



>> Déjà sur Parisperdu "Le regard sur la ville".
 

 

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