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PARISPERDU

logement

Garnis et meublés ... "Une chambre en ville" (2/3)

20 Mars 2008, 10:14am

Publié par barreteau


Hôtel de la Poste, 15 rue Julien Lacroix Paris 20e

A Paris, la panne actuelle des filières de logement social, aggravée par l'absence d'un secteur privé à bas prix, accessible aux familles à faibles revenus, fait "les choux gras" d'hôteliers aux méthodes peu scrupuleuses qui font monter les enchères vis-à-vis des associations humanitaires ou des pouvoirs publics ayant recours à leurs services ... faute de mieux !

On peut s'indigner, à juste effet, des sommes versées à des logeurs, parfois qualifiés de "marchands de sommeil", par des services sociaux, contraints aujourd'hui à se rabattre sur ce secteur délabré pour abriter des familles sans toit.
Certains drames, dont le plus terrible fut l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra qui fit 25 morts en avril 2005, ont attiré l'attention sur ces hôtels meublés souvent vétustes et surpeuplés, signe de la pénurie de logements pour les plus démunis.
Va-t-on enfin prendre des mesures pour améliorer la situation de ce secteur locatif objet de tant d'abus ... ?

A suivre sur Parisperdu ...

 
>> Voir aussi : Garnis et meublés ... "Une chambre en ville". (1/3)

>> Déjà dans Parisperdu:  "Marchand de sommeil".     

>> Déjà dans Parisperdu: "Le Grand Hôtel des Vosges, Passage Goix" 

 

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Garnis et meublés ... "Une chambre en ville" (1/3)

15 Mars 2008, 09:37am

Publié par barreteau


Grand Hôtel du Lion d'or, rue Houdart Paris 20e
 

A Paris, les "garnis", à savoir les hôtels et les maisons meublées destinés à l'origine aux salariés modestes et aux ouvriers débarquant dans la capitale, sont devenus au fil du temps de véritables "bidonvilles en dur". Pourquoi une telle déchéance ?

Ce secteur des "meublés" a toujours dit la misère, mais il disait aussi l'hospitalité urbaine. C'était un moyen de trouver sa place dans la ville, avec la souplesse du gré à gré, la possibilité d'avoir la clé de sa chambre en cinq minutes.

Mais aujourd'hui, sous l'effet de la crise du logement, les "meublés" sont occupés par des personnes ou des familles en situation de grandes difficultés: femmes avec enfants en situation de rupture familiale, grandes familles immigrées pas toujours en situation régulière ...
Bloquées dans une vie au jour le jour, toutes ces personnes ont pour point commun leur précarité sociale et économique, à laquelle s'ajoute celle de leur logement.


Bref, une voie sans issue, ... mais un parcours à suivre sur Parisperdu.


>>
Le pôle national de lutte contre l'habitat indigne.
 

 

 

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Odoul et les lofteurs.

1 Février 2008, 10:03am

Publié par barreteau


Jusqu'à un passé encore récent, se dressait fièrement, rue de l'Atlas, une forteresse en briques rouge. Dans cette petite rue en pente régnaient alors les "Etablissements Odoul", une entreprise spécialisée dans les déménagements et le "garde-meubles". Une maison centenaire, une vraie curiosité qu'il fallait pouvoir observer en semaine lorsque le portail était ouvert.

A l'époque de leur construction, ces bâtiments faisaient figure d'avant-garde architecturale car les entrepôts étaient constitués d'éléments modulaires en béton vibré, une technique alors récemment mise au point par l'ingénieur Freyssinet. En outre, les bâtiments utilitaires - à base de briques, de béton et de fer - incorporaient d'inédits monte-charges qui rendaient l'ensemble très fonctionnel.

En 2004, la famille Odoul passe la main au leader de la profession DEMECO et cherche à valoriser au mieux ce fabuleux patrimoine immobilier ancré dans ce petit coin du 19ème arrondissement.

Le promoteur immobilier Paris-Ouest rachète l'ensemble à la famille Odoul, et monte un projet visant à transformer la "forteresse rouge" en un immeuble d'habitation de standing, sur un concept à la mode : le loft. Le programme, qui sera dénommé LOFT 19, comportera donc 30 lofts et 2 locaux d'activités.

Dans le quartier, les habitants ont toujours cru que les bâtiments Odoul étaient inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques et qu'ainsi le promoteur n'aurait pas les coudées franches. Mais, fin 2005, les bâtiments tombent un à un, faisant douter qu'ils aient été quelque peu protégés ou classés. Renseignements pris, les habitants du quartier découvriront que les bâtiments ne sont pas classés ... seules quelques façades le sont.
L'intervention de la Mairie d'arrondissement et du conseil de quartier va permettre de préserver l'essentiel : le grand immeuble en briques rouges de l'Architecte Lodz.
Les travaux de l'ambitieux programme Loft 19 dureront deux ans et génèreront beaucoup de nuisances pour les riverains ... à telle enseigne qu'une maisonnette classée s'effondrera durant le chantier. Elle sera gommée du paysage...

Aujourd'hui, les acquéreurs de ces splendides lofts sont bels et bien installés. Les plus jolis lofts de 100m² et plus, situés dans les étages supérieurs, ont trouvé preneurs pour un million d'euros. C'est dire combien cette réalisation  participe à "l'embourgeoisement" général de Belleville, dont seuls les immeubles sociaux de la rue Rébeval semblent maintenant pouvoir garantir à terme le maintien de la mixité sociale de ce secteur.

Alors Odoul : heureux Lofts ? Peut-être, à moins que ce ne soit  "Oh douloureux lofts" !


 

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Ségrégation urbaine

24 Novembre 2007, 10:21am

Publié par barreteau


Haut de la rue Gasnier-Guy, 1995

 

La "reconquête" immobilière des quartiers populaires de l'est parisien masque en fait un rapport de forces sociétales, déguisant ses desseins financiers sous les oripeaux du "cool" et du "sympa". Car les futurs habitants, détenteurs de capital intellectuel - et pas seulement de capital tout court - sauront habilement tirer un bénéfice concret de ces "rénovations".

 

Mais pour "bien vendre la ville" à la néo-bourgeoisie, il faut à la fois la délivrer de ses "défauts", la désencombrer, l'embellir, y réduire le bruit, la circulation, les mauvaises odeurs, les mauvaises rencontres, ... et aussi y ajouter certains "signes de prestige", synonymes de loisirs et de consommation chics.

 

Ici, on va bientôt accueillir des acteurs du "tertiaire", des professions libérales, ... Des sociétés et des prestataires de services veulent aussi s'implanter dans ces quartiers néo-branchés... On va donc, leur bâtir des résidences confortables ... ce sont des gens qui ont besoin de calme et aussi d'être bien logés. Comme si les autres n'avaient besoin ni de calme ni de logements confortables... C'est la citoyenneté à géométrie variable !

 

La ville et ceux qui la décident, ceux qui la dessinent, n'échappent décidément pas à l'idéologie de la ségrégation urbaine.

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Vers une nouvelle géographie urbaine"

 

>> Rue Gasnier Guy, la rue-symbole de Parisperdu

 

 

 

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Apartheid résidentiel.

2 Novembre 2007, 10:01am

Publié par barreteau


Rue Charles Friedel -Paris 20ème. 

Avec ses hôtels et ses meublés minables, ses bouis-bouis vietnamiens, ses couscous à toute heure ... Belleville aura longtemps constitué un quartier populaire et dans certains logements, plus que vétustes, "on aurait dit du Zola" ... tant la "condition urbaine" était dure !

Aujourd'hui, beaucoup de ces immeubles sont réhabilités par une clientèle "bobo", des gens travaillant dans les médias, des graphistes, des designers ...
Et, maintenant ici,  les intérieurs sont "ouverts", "lumineux", avec peu de cloisons et du "volume". Des parquets en chêne ou en merbau, une baignoire en fonte "comme autrefois", ... tout cela justifie sûrement les 7 000 à 8 000 euros le mètre carré. Soit des duplex souvent proches du million d'euros.

Voilà comment on écrème la clientèle et comment l'on crée une sorte d'apartheid résidentiel ....
Car une fois nettoyée, ripolinée, enrichie, sécurisée, valorisée par de nouveaux lieux culturels, la grande ville redevient désirable mais ne peut plus être peuplée par des habitants en manque d'argent et de culture.
Alors, elle s'en débarrasse...


 
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Une ville fantôme aux mains des dévitaliseurs"
 

        

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Vers une nouvelle géographie urbaine.

20 Octobre 2007, 10:23am

Publié par barreteau

1997, la rue Olivier Métra - Paris 20ème, en cours de gentrification

Dans le 20ème arrondissement de Paris, à la fin des opérations immobilières menées par des promoteurs intéressés surtout par un profit rapide, le quartier ouvrier accouche d'un quartier embourgeoisé avec, comme le note le sociologue Jacques Donzelot, "un style de vie où émergent cafés et restaurants du monde entier, salles de concert, galeries et des boutiques d'art ethnique ... autant de signes de prestige que ces promoteurs ont appris à manier pour conférer à certains lieux cette marque du global qui attirera les candidats à cette communauté mondiale".

De quoi construire une "image fun de la ville", renchérit l'historien Alessi dell'Umbria : avec la "disparition du travail au profit du service et des travailleurs au profit des serviteurs, l'espace se trouve peu à peu occupé par la culture et le tourisme, la ville devient une zone commerciale d'un genre particulier, consacrée au divertissement des classes moyennes, pour qui restaurants, bars branchés et expositions balisent un parcours sans aspérité".

Bien sûr, la géographie urbaine a toujours réfléchit les rapports entre le travail et l'habitat. Il fallait des corons, aux patrons du XIXe siècle, pour fixer près de leurs usines une main-d'œuvre trop vagabonde. Il fallait des HLM, durant les « trente glorieuses » (1945-1975), pour achever l'exode rural, pour amener petites mains et gros bras à portée de cyclomoteur des zones industrielles. Mais aujourd'hui, avec un marché du travail ouvert jusqu'à Bucarest, avec des fabriques qui se délocalisent à Hanoï ou à Pékin, les prolétaires n'apparaissent plus comme essentiels au fonctionnement économique de la ville. Inutile donc d'attirer en centre-ville les couches populaires, de leur promettre une "qualité de vie" conforme à leurs attentes. S'ils travaillent, c'est déjà beau ...

Pour la ville, reste donc à conquérir une élite, désignée comme celle des "producteurs de richesses"...
La ville est en route vers une "gentrification", un embourgeoisement à grande échelle qui dessinera une toute nouvelle géographie urbaine.


>> La géographie urbaine et le concept de ville.
 

 

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En redescendant des hauts de Ménilmontant

12 Septembre 2007, 10:21am

Publié par barreteau

 

 


Ménilmontant, tout comme Belleville - son voisin - sont tous deux et depuis bien longtemps des quartiers multiethniques.

En redescendant des hauts de Ménilmontant ou en remontant du bas de Belleville, vous allez trouver ici un échantillon représentatif des deux tiers de l'humanité, sur moins de deux hectares... Chaque habitant de ces quartiers est donc naturellement immergé dans le multiculturalisme.

Mais Ménilmuch' a bien changé, son côté très popu et un peu canaille a aujourd'hui fait place a une ambiance plutôt "bobo-chicos", et ... progressivement la physionomie des rues a été profondément modifiée : les merceries ont été remplacées par des cybercafés, les cordonneries par des galeries et les brasseries par ... des Mac Do.

Au cours de ces vingt dernières années, les appartements de Ménilmontant ont vu leur population changer radicalement. Les nouveaux habitants ne sont plus ces locataires-résidents de condition modeste qui peuplaient encore majoritairement le quartier jusqu'au tournant des années 90.
Aujourd'hui, graphistes, journalistes, photographes, architectes ou designers... en sont les propriétaires-occupants. Ceux-ci ont rénové l'habitat et tous goûtent ici, au cœur de ces quartiers de traditions populaires, un nouvel art de vivre ...

Aussi, profitant d'une demande en forte hausse, les agences immobilières prolifèrent ... Certaines n'hésitent pas à proposer des greniers de 50 m2 au prix de 300 000 euros, ... travaux à prévoir !

Le sociologue Jacques Donzelot qualifie ces nouveaux habitants aux allures vaguement bohèmes de "classe émergente de la mondialisation".
Ménilmontant et sa sœur jumelle Belleville, les "multiculturelles" se trouvent donc, plus que jamais, au cœur de la mondialisation ...


>> En savoir plus sur Jacques Donzelot.

 

 

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Odette, quatre fois vingt ans.

23 Août 2007, 10:08am

Publié par barreteau


Odette était ouvrière dans un atelier de mécanique de précision situé rue des Savies et, depuis 1963, elle habitait dans un modeste appartement, tout près de son lieu de travail.

Des promoteurs, avec l'aide de la ville, ont préempté son immeuble et Odette a été contrainte de déménager : "On m'a foutue dehors oui. On m'a dit : "Il faut que vous partiez." "Ça s'est passé d'une façon inhumaine, sans mettre les gants."

Pourtant, Odette avait pensé, qu'on la traiterait avec un peu plus de considération eut égard à son grand âge et à une vie entière consacrée à un travail souvent pénible.

Aujourd'hui, le simple fait de se remémorer les circonstances de ce déménagement aux allures d'expulsion, l'horrifie encore. Odette aurait tant souhaité finir sa vie à Belleville, là où elle avait connu tant de peines mais aussi quelques joies.

Sur son visage de "quatre fois vingt ans", comme elle aime à le dire ... tous ces évènements peuvent facilement se lire car ... ils y sont profondément gravés.

 

 

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" Paris n'est plus Paris ..."

23 Juillet 2007, 22:50pm

Publié par barreteau


Aujourd'hui à Belleville, devant les HLM, on peut rencontrer de jeunes ados, toujours en groupe, invariablement coiffés de casquettes ou encapuchonnés ... et souvent ... sans avenir. Eux ne parlent pas aux nouveaux arrivants que sont les bobos de Belleville  ... et  ils les traitent de "bourgeois".
 

Il faut dire que vivre ici, dans une mixité aussi large, ne facilite pas la communication ... Car s'il est vrai que l'on communique avec des codes, là - à Belleville - c'est cinq ou six codes minimum qu'il faut connaître pour pouvoir dialoguer tous ensemble : le code du tutoiement avec les arabes, mais pas avec les noirs ... et comment doit-on faire avec les chinois, et pour les sépharades, et les arméniens ? ...
Et pour encore mieux se comprendre, il faudrait aussi pouvoir s'exprimer un peu dans toutes les langues du quartier : le Français et l'Arabe bien sûr mais aussi le Kurde, le Turc, le Laotien ... Des langues, ... on n'en  compte pas moins de dix-sept à Belleville !

Le fossé entre bobos et ados est donc large. Mais ces antagonismes vont encore s'accentuer ... car ces ados sont dérangeants, bruyants, suspectés de trafic et ne rêvent que d'une chose : sortir de ces quartiers populaires ... alors que les bobos rêvent de s'y établir ...

Alors à Belleville, les bobos vont préférer rester entre eux, dans des îlots préservés, à l'écart des rues très fréquentées et - dès la tombée de la nuit - ils se gardent bien de s'aventurer dans les voies étroites du quartier.

Il y a 40 ou 50 ans, Belleville et ses cités tranquilles étaient des havres de paix, calmes et sans bruit, on pouvait alors quitter son domicile tout en laissant la fenêtre ouverte.

Aujourd'hui, sans faire preuve de racisme, mais sans non plus s'encombrer du concept "politiquement correct" de la mixité, tous les anciens habitants du quartier vous le diront : "Paris, n'est plus Paris" ...
 

>> Déjà dans Parisperdu ...

 

 

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Paris devient intouchable.

20 Juin 2007, 14:22pm

Publié par barreteau

 

 


Belleville a toujours été un quartier multi ethnique et aussi, jusque dans les années 70, un quartier ouvrier ... avec ses usines et ses ateliers.

Aujourd'hui, les bobos envahissent Belleville et changent profondement la nature du quartier : ils privatisent ses ruelles lépreuses et les transforment en courettes, protégées par des portes cochères équipées de digicode, bien à l'écart des rues bruyantes du quartier. Ainsi les bobos auront un cadre de vie qui leur ressemble ... et ils vont vite se retrouver entre eux, car le marché de l'immobilier va rapidement faire le tri ... Ils pourront alors vivre et communiquer exclusivement avec leurs congénères ... pas question d'adresser la parole aux jeunes des HLM voisines ...

Certes, les bobos inscrivent leurs enfants dans la maternelle du coin classée en zone d'éducation prioritaire, mais à partir du collège, ils usent et abusent des dérogations pour échapper à la mixité sociale qu'ils défendent pourtant avec ardeur dans leur discours.

Mais pourquoi donc les bobos cherchent-ils à vivre dans ces quartiers populaires de l'Est parisien ?
Tous vous le diront : "c'est parce que c'est cool, parce qu'on peut y rencontrer les vrais gens, vivre parmi eux, et ainsi se sentir peuple et avoir du plaisir". Car, c'est bien connu, le peuple a la vie comme plaisir ... il n'a même que cela ... puisqu'il n'a pas la richesse ...
Et cette "vraie" vie  dans la ville, les bobos viennent la chercher ici ... puisqu'ils ne la trouvent pas dans les beaux quartiers.

Les bobos aimeraient donc le peuple mais cet amour étouffe le peuple, le tue ... Les gens de Belleville qui étaient propriétaires de leur petit appartement, devant la monté vertigineuse des prix, le vendent en se disant : "Je vais avoir plus grand ailleurs ...",  mais ailleurs, ce n'est souvent plus dans la ville ... mais dans ces banlieues ... dont les bobos ont horreur.

On assiste alors à l'embourgeoisement ou "gentrification" du quartier. La "gentrification", c'est la captation de la ville par ceux qui peuvent se l'offrir ... et c'est vraisemblablement l'avenir des grandes métropoles européennes. Paris va-t-il finir comme Londres : une ville où le prix moyen du M2 est supérieur à 10 000 Euros, avec des caméras partout pour débusquer le moindre délit et ... un péage urbain pour les voitures ... ?

Oui, la ville est bien la valeur suprême ... et Paris devient "intouchable" !
Ainsi se fait et se défait la ville ... elle chasse les plus pauvres et dorlote les riches.


>>  Les bobos vus et chantés par Renaud
 

 

 

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HLM libre à louer

14 Janvier 2007, 15:20pm

Publié par barreteau


Le logement constitue une des premières préoccupations des Parisiens aux revenus modestes.
Le problème est complexe : hausse des loyers, suppression des logements type "Loi de 1948" et ventes à la découpe, offre sociale très inférieure à la demande sont autant de mécanismes qui excluent de plus en plus de Parisiens d'un habitat décent et bon marché. A ces difficultés s'ajoute un déséquilibre criant entre les revenus des demandeurs et le prix ou les loyers des logements disponibles.

 

Une solution existe pourtant depuis longtemps : les HLM, habitations à loyers modérés.
Mais l'attribution d'un HLM est souvent un véritable parcours du combattant, au long duquel chacun des acteurs institutionnels intervient successivement en ajoutant ses propres critères de sélection des demandeurs. Si bien que la transparence pour l'attribution d'un logement social n'est pas garantie : le processus est pour le moins opaque.

C'est ce que dénonçait   - il y a dix ans - cette affichette collée dans les rues du 19ème arrondissement.

L'affichette serait-elle encore d'actualité ? Bien sûr que non : ... le franc n'existe plus !


>> OPAC, vous avez-dit opaque ... ?

 

 

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Marchand de sommeil.

15 Décembre 2006, 16:57pm

Publié par barreteau


La définition du Larousse est brève et sans équivoque: "un marchand de sommeil est un logeur qui exploite ses clients". Par extension, on pense à un propriétaire qui loge ses locataires dans des conditions indignes, tout en leur réclamant un loyer important, voire exorbitant, en totale disproportion avec la qualité de l'habitat.

Mohamed habite ici au dernier étage de cet immeuble de la rue de la Mare, dans le 20ème. Il paye l'équivalent de 1 100 euros, soit l'essentiel de son salaire de balayeur pour vivre dans 12 mètres carrés - avec sa femme et ses deux enfants - dans des conditions de confort d'un autre âge. Pas d'eau chaude, des carreaux cassés, un seul lit dans la chambre. "C'est pire qu'en prison, raconte-t-il. Dans une cellule, on n'a pas davantage de place, mais on la partage seulement à deux."

Dans ce même immeuble, les services d'hygiène de la ville ont découvert des familles entières entassées dans des lieux humides, dépourvus de tout confort et souvent sans eau courante. La faillite de la copropriété, la démission du syndic ont en effet entraîné la coupure de l'alimentation en eau. La ville a même dû ouvrir un point d'eau sur le trottoir pour les dizaines de personnes qui habitent l'immeuble.

Contraint et forcé, le propriétaire a retapé le toit, la rampe d'escalier et les huisseries. Les raccordements sauvages à l'antenne TV de l'immeuble voisin ont disparus. Pour le reste, il impute les dégradations aux locataires et n'envisage pas d'autres travaux car la maison n'est plus déclarée insalubre.

Aujourd'hui, Mohamed et les siens ont au moins des fenêtres neuves et il ne pleut plus par le toit.
La famille n'envisage pas de déménager car ... ailleurs c'est peut-être mieux mais c'est surtout beaucoup trop cher ... 

Le marchand de sommeil de la rue de la Mare peut dormir tranquille ...



>> L'immeuble aujourd'hui après les travaux d'urgence ... (© Photo : François Legendre)

 

 

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Favela parisienne.

31 Août 2006, 14:33pm

Publié par barreteau


A cette époque, la place de Rungis était librement ouverte sur une gare de Marchandise reliée au réseau de la Petite Ceinture.
Là, tout était à l'abandon : les hangars, les quais de déchargement, les wagons, ...

Dans la vaste cour de cette ancienne gare, des « boat-people » avaient élu domicile dans des cabanes construites de bric et de broc avec des planches et des palettes récupérées sur le site : une favela en plein Paris !

Certains hangars avaient déjà été rasés et faisaient place à un terrain vague où les gamins du quartier venaient jouer au foot après l'école.
A Paris comme à Rio, le terrain de foot jouxte souvent la favela !

Puis la SNCF loua l'emplacement à une société de tri et de recyclage de déchets. Les « boat-people » furent invités à « aller voir ailleurs ».
Quand on est « boat-people », on n'est à priori pas recyclable et ... le tri est vite fait ...

Aujourd'hui, le site fait l'objet d'un grand projet qui excite tout le « landerneau » écologique : l'ECOZAC de la place de Rungis; le nom sonne haut et fort. Il s'agit de faire aussi bien qu'à Londres ou qu'à Fribourg, en Allemagne, où des projets similaires ont déjà vu le jour.

Mais les promoteurs immobiliers veillent au grain, il ne faudrait pas laisser échapper les trois hectares de l'une des dernières friches industrielles de Paris intra-muros.

Eux aussi sont pour le développement durable ....  



>> Vue aérienne du site

>> L'Association « Les Peupliers » 



 

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Passage Goix : une voie sordide …

11 Juillet 2006, 10:20am

Publié par barreteau


Kiné presse le pas pour rentrer chez elle. Elle habite ici, 6-8, passage Goix - avec son mari et leurs quatre enfants - au Grand Hôtel des Vosges. Un "meublé" voué à la démolition comme la plupart des autres bâtiments extrêmement dégradés de cet îlot situé au cœur du quartier Stalingrad.

De ses fenêtres le spectacle est permanent. Un terrain vague baptisé "la jungle", massif broussailleux mal défendu par des palissades en tôle, sert de "chambre de shoot". S'aventurer au milieu de ce champ d'immondices, s'avère particulièrement dangereux tant le sol est jonché de seringues et de cuillères ... Le passage Goix, cette sinistre ruelle, est devenu une zone interdite: qu'on s'en approche, qu'on y risque un regard appuyé, et un homme s'avance, vient vous demander d'un ton rogue ce que vous voulez.

Kiné et sa famille vivent ici dans des conditions invraisemblables : l'extrême délabrement des lieux, la présence permanente de dealers, de drogués, de squatters, les intrusions incessantes dans leur immeuble, ... sans parler des rats et du saturnisme qui menace ses enfants ... tout cela devient très vite insupportable. Mais quand on est clandestin il faut tout supporter : c'est le prix à payer.

Vu du Sénégal, Paris ne ressemblait pas du tout au Passage Goix ...



>> Le nouveau passage Goix   

  
>> Le quartier est aujourd'hui entièrement réhabilité



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