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PARISPERDU

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Album des Lieux retrouvés.

20 Juin 2026, 10:02am

Publié par Pierre Barreteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieux retrouvés 048__Sentier de la Station Paris 19ème

L'album des Lieux retrouvés montre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.
Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs).
C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.

 

>> Le sentier de la Station, déjà sur Parisperdu.

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Les gens de Paris il y a cent ans.

25 Janvier 2026, 10:24am

Publié par pierre barreteau

 

A Paris, le Musée Carnavalet présente jusqu’au 8 février l’exposition
"Les gens de Paris, 1926-1936, dans le miroir des recensements de population".
Il s'agit d'une rencontre inédite avec la population de la capitale durant l’entre-deux-guerres.

Le point de départ pour évoquer le Paris d’il y a cent ans consiste en trois recensements, réalisés en 1926 (le premier à dresser une liste nominative des Parisiens), puis en 1931 et en 1936.
Mais au-delà des chiffres froids des statisticiens ce sont les clichés de l'époque qui font vivre cette exposition.
Et les images les plus remarquables sont celles du reportage intitulé "La France travaille", un travail réalisé entre 1931 et 1934 par François Kollar. Jusqu’en 1934, Kollar arpente plus de 20 départements pour rencontrer ouvriers et employés, découvrir ateliers et usines.

Ancien tourneur chez Renault, François Kollar est l’un des grands photographes du monde industriel de l’entre-deux-guerres.
Formé à l’image publicitaire après avoir quitté, en 1924, Bratislava, dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie, pour Paris, le jeune homme se fait remarquer lors de l’Exposition internationale de photographie, en 1930, à Munich, en Allemagne. Là, il côtoie Florence Henri, André Kertész ou Germaine Krull : le sommet de l’avant-garde photographique de l'époque.

De son reportage "La France travaille" Kollar ramènera 2000 précieux clichés.
Courrez vite les voir au Musée Carnavalet, jusqu'au 8 février 2026.

 

>> L'expo "Les gens de Paris, 1926-1936" au Musée Carnavalet.

23 Rue de Sévigné, 75003 Paris

 

 

 

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100 ans de photographie Leica.

21 Avril 2025, 15:13pm

Publié par pierre barreteau

"Caffè all'italiana" ©Walter Vogel

En 1925, il y a tout juste 100 ans, le premier appareil photo conçu et fabriqué par Leica (naturellement nommé Leica 1) était présenté à la Foire du printemps de Leipzig… la photographie entrait dans une nouvelle ère car il s’agissait du premier appareil photo de petit format fabriqué en série.

Depuis 100 ans les appareils Leica ont donné lieu à d'innombrables clichés époustouflants et, à l’occasion de cet anniversaire une sélection de ces images est exposée tout au long de cette année dans les galeries Leica à travers le monde : de Paris à Tokyo en passant par New York et Melbourne.

Ces lieux d’exposition vont montrer un équilibre entre la photographie contemporaine et les icônes du passé. Car à l'occasion de son centenaire, Leica célèbre cet héritage au moyen d’un concept unique qui instaure un dialogue visuel entre le passé et l'avenir de la photographie. Tous les mois, une galerie Leica à travers le monde ouvrira une exposition qui réunira un talent contemporain reconnu et un lauréat ou une lauréate du Grand Prix Leica (Le « Hall of Fame »).
Douze duos hors du commun verront ainsi le jour. Leurs œuvres se complètent et jettent des ponts entre elles tout en étant des sources d’inspiration pour le public professionnel ou amateur.

Bonne visite !

 

>> 100 ans de photographie Leica : Dialogue - Réflexions photographiques entre hier et aujourd'hui.

 

 

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Quand la photographie détourne le réel.

28 Janvier 2025, 15:19pm

Publié par pierre barreteau

©Photo de Yves Marchand et Romain Meffre :« Ruines de Paris » crée par l’intelligence artificielle.

 

A l’ère de l’Intelligence Artificielle (IA ou AI) il semble opportun de questionner les pratiques photographiques actuelles et de s’interroger sur la notion d'illusion photographique.

Souvent pensée comme le reflet exact de la réalité, la photographie a cependant dès son invention tenté de "jouer les faussaires" en manipulant la lumière, les points de vue, les cadrages, les techniques de prise de vue, de développement ou de post productions numériques...

Il suffit de visiter les photos de la collection du Musée Niepce pour comprendre qu'il y a toujours eu ce goût des photographes à détourner et à manipuler la réalité, révélant ainsi dans l'image des apparitions perturbantes ou spectrales, des univers parallèles...

Dans un monde hors du réel, les photographes surréalistes vont bien sûr être à leur aise : de Man Ray à Hans Bellmer en passant par Dora Maar et Lee Miller, ils ont représenté le rêve et l’imaginaire. Ces célèbres artistes surréalistes ont eux aussi marqué l’histoire de la photographie.

Et aujourd’hui l'IA ouvre grand la porte aux manipulations de l'information et des images, aussi est-il passionnant de voir comment certains photographes s'emparent des différente techniques photographiques et numériques pour interroger, déformer, poétiser ou dynamiter le réel... Et en ce domaine nous ne sommes qu'au début d'une nouvelle ère de la photographie moderne.

 

>> L’artiste allemand Boris Eldagsen a gagné la catégorie « Open » du Sony World Photography Awards. Problème : la photo présentée a été réalisée en partie avec de l’intelligence artificielle. Boris Eldagsen a refusé de recevoir son prix. Sony a depuis retiré cette image de son site web.

>> Dora Maar : Main Coquillage, (1934)

>> Retour au réel...

 

 

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"Visa pour l'image" : France périphérique

1 Septembre 2024, 18:33pm

Publié par barreteau

 France périphérique

©Photo : Pierre Faure / Hans Lucas

 

A Perpignan, chaque année début septembre , des photojournalistes venus du monde entier présentent leur travail lors du Festival "Visa pour l'image" qui affiche cette année sa 35ème édition. Comme toujours Visa met en avant différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde ...
Ainsi cette année sont mis en avant : la guerre en Ukraine, le 7 octobre 2023 et la guerre Israël-Hamas, le chaos en Haïti, les femmes en Iran, le dérèglement climatique… et bien d'autres sujets d'actualité. Et à Visa on peut aussi admirer les images iconiques de photographes stars, cette année se sont celles de Peter Turnley et Elliott Erwitt.

Mais par-delà tous ces sujets qui nous montrent un monde souvent brutal, au bord du chaos, j'ai retenu un autre sujet: plus proche de nous mais tout aussi poignant, c'est "France périphérique" du photographe Pierre Faure.

Depuis 2015, Pierre Faure documente la pauvreté en France en parcourant l’ensemble du pays : des marges périurbaines les plus fragiles des grandes villes jusqu’aux espaces ruraux, en passant par les petites villes et villes moyennes. Il souligne que désormais, 60 % de la population et les trois quarts des nouvelles classes populaires vivent dans cette France périphérique, à l’écart des villes mondialisées.

Pierre Faure a voulu, dans une démarche sincère et profonde, tout en s’engageant dans un processus à long terme, sensibiliser le public en s’intéressant aux évolutions qui modifient réellement la société française.
Environ deux cents jours par an, il arpente l’ensemble du territoire afin de constituer un témoignage photographique de la pauvreté dans l’hexagone, en rendant visible cette "relégation sociale’’. Il se confronte aux préoccupations liées à l’emploi, la santé, le logement, le transport, la solidarité… qui rythment le quotidien de ces individus. Par ses images, il tente de rendre palpable les conditions de vie d’une partie de nos concitoyens pour qu’enfin des visages se substituent aux statistiques, aux pourcentages et aux mots qui leur sont associés.

 

 

>> Le Festival "Visa pour l'image" 2024.

 

>> Site official du photographe Pierre Faure.

 

>> Visa pour l'image sur Parisperdu (archives)

 

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Neuf ponts de Paris.

28 Avril 2023, 15:45pm

Publié par barreteau

Neufs ponts de Paris.

A gauche : "Les neuf ponts, 1958", ©Willy Ronis  /    A droite : Même endroit, 2023 ©Parisperdu

 

A propos de sa photo :"Les neuf ponts, 1958", Ronis nous dit : "J'avais constaté sur le plan de Paris que si je me plaçais en un certain point sur le quai rive droite, le cours du fleuve était rectiligne sur une distance telle que mon axe de visée pourrait embrocher successivement neuf ponts. Je me rends sur place et découvre le point de vue idéal : le petit square de l'Hôtel de Ville. Je ne m'étais pas trompé".

Et il ajoute : "Ma photographie représente, de haut en bas : le pont d'Arcole, le pont Notre-Dame, le pont au Change, le Pont-Neuf, la passerelle du pont des Arts, le pont du Carrousel, le Pont-Royal, l'ancien pont de Solférino, et une pile du pont de la Concorde. Les premiers plans sont flous. En effet, le système n'est pas diafragmable, et pour les sujets de grande profondeur il faut mettre au point selon une cote mal taillée. L'image dévoile même, sur fond de ciel, le clocher de Saint-Pierre de Chaillot, avenue Georges V et (peut-être) la flèche de l'église écossaise de la rue Bayard".

Alors moi aussi je me suis rendu dans ce petit square situé sur la partie basse des berges de Seine. Son accès se fait obligatoirement depuis le quai de l’Hôtel de Ville par une passerelle, qui enjambe la voie sur berges. Une voie où l'automobile est désormais bannie aussi c'est à cette occasion qu'en 2013, lors de la piétonisation des Berges de Seine, l'on a rebaptisé le jardin Square Federico-García-Lorca. Il est très fréquenté par les photographes pour son panorama sur les îles de la Cité et de Saint-Louis.

Il n'est toutefois pas aisé de retrouver la place exacte du cadrage de cette photo de Ronis. Le niveau du square, en 1958, était possiblement plus bas qu'il l'est aujourd'hui car je n'arrive pas à avoir accès à un plan de vue qui passe au plus bas de l'eau, sous les ponts. Peut-être Ronis avait-il décidé de se mettre à plat-ventre pour pouvoir ordonner les plans comme il le souhaitait ? Je le crois fort capable de prendre une telle décision.

Pour ma part j'ai aujourd'hui un handicap supplémentaire par rapport à Willy car je n'ai pas le matériel adéquat : en effet Ronis nous dit avoir monté pour sa prise de vue un objectif de 500 mmm sur son Foca ! Or moi ce jour-là je n'ai que mon smartphone !
Peu importe, l'émotion est bien là : celle d'être à l'endroit où Ronis a su capturer cette image quelque peu insolite des bords de Seine, des lieux qu'il affectionnait particulièrement.

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

 

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Peut-on aujourd’hui encore faire des photos à Belleville ?

17 Février 2020, 10:30am

Publié par barreteau

Reste-t-il aujourd’hui des photos à faire de Belleville ?

Rue de Belleville et place Fréhel _ Paris 20ème (avril 2011)

 

La réponse sera : oui mais … Car si j’aimerai bien photographier Belleville aujourd’hui, je cale un petit peu parce que je ne suis pas encore tout à fait décidé. Enfin, je le ferai peut-être parce que j’y suis très attaché et l'ai déjà beaucoup photographié…
Mais je suis mû par deux envies contradictoires.
L’une est de montrer ce qui n’a pas changé, ce qui alimente la nostalgie. Et il y a encore à faire dans cette voie-là. Mais ça n’est pas suffisant, c’est un peu passéiste. Il faut aussi montrer les nouveaux aspects. Mais je trouve ces nouveaux aspects pas tellement excitants… aussi c’est difficile.
Et encore ce n'est pas la seule difficulté. L'autre difficulté vient de l'aspect sécuritaire qui à l'évidence s'est beaucoup dégradé depuis l'époque - pourtant pas si lointaine – où j'arpentais allègrement les rues de Belleville et de Ménilmontant.
Tout au long de ces 6 années (1994-99) où j'ai accumulé plus d'un millier de photos dans les rues, les villas et les impasses de ces quartiers Est de la capitale, je n'ai connu que du bonheur et très peu de situations difficiles, à part: "T'arrêtes avec ta Tour Eiffel !" .
Mais il faut dire que la drogue et ses dealers n'avaient pas encore totalement gangréné ces quartiers.
A l'époque, se promener avec un appareil photo à la main n'avait rien de suspect, les seules remarques tournaient bien souvent autour de : "Vous êtes de la mairie, vous êtes en repérage pour raser le secteur ?" Jamais je n'ai ressenti de lourds regards vers l'appareil, comme si au coin de rue suivante on voulait vous l'arracher des mains …

Bien évidemment, il reste encore des photos à faire dans les rues de Belleville pour nous montrer ce quartier à part, cette ville loin de la ville … mais aujourd'hui, ce n'est ni facile ni sans risque.


>> "Pas de Photos".

>> "T'arrêtes avec ta Tour Eiffel !"

>> "C'est privé !"

>> "Vous êtes de la Mairie ?"

 

 

 

 

 

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La zone, aux portes de Paris.

11 Juillet 2019, 08:58am

Publié par barreteau

La zone, aux portes de Paris.

Enfants de la Zone, Rue Forceval, Porte de la Villette, Paris 19ème, 1940.
Photographe anonyme, avec l
aimable autorisation de la Galerie Lumière des Roses.

 

Certains mots sont comme des terrains vagues : on en comprend le sens, mais on peine à les définir avec exactitude. L’expression " la zone" est de ceux-là ; elle évoque aujourd’hui le flou de la banlieue, une forme d’ennui ou encore le seuil de la délinquance, mais on ignore souvent qu’elle s’ancre dans une réalité historique précise.
En effet, la Zone désigne au départ une bande de terre de 250 m de large qui court le long des 34 km de fortifications édifiées autour de Paris en 1844. Cette zone" non aedificandi" devait rester déserte, mais elle est progressivement occupée par une population pauvre qui s’y établit durablement en construisant des habitations précaires, cabanes et baraques en tout genre.

Cette année, du 1er juillet au 22 septembre les Rencontres Photographiques d'Arles (dont c'est la 50ème édition) mettent à l'honneur la Zone avec une exposition exceptionnelle car, hors mis quelques photographes célèbres comme Eugène Atget ou Germaine Krull, la photographie de l’entre-deux-guerres s’est peu intéressée à ce phénomène urbain et social. Aussi à Arles, la majorité des photographies exposées sont l’œuvre de photographes anonymes.
Cet ensemble inédit de photographies documentaires réhabilite ainsi une population pauvre, reléguée aux confins de la capitale comme un inconscient de la ville moderne qu’on s’est empressé de refouler.

 

>> Voir aussi sur Parisperdu :

° de la zone au périph'.

° Intra-muros

° L'envers de la ville, la ville à l'envers

 

 

 

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Inge Morath

30 Juin 2019, 11:39am

Publié par barreteau

Inge Morath

Montmartre, 1957 – ©Inge Morath

 

Inge Morath est une photojournaliste américaine née en 1923 à Graz en Autriche et morte en 2002 à New York à l'âge de 78 ans.

Elle a côtoyé les grands noms de la photographie, s’est inspirée de leur travail, puis est devenue à son tour une grande dame de l’image.
Tout d'abord journaliste, elle a ainsi formé son œil alors qu’elle travaille pour Magnum à l'écriture des légendes des photographies. Avant même de se lancer dans la photographie, elle apprend celle-ci en analysant et en étudiant tout l’art d’un certain Henri Cartier-Bresson.
En 1953 elle présente une série de ses photos à Robert Capa, qui lui propose alors de devenir photographe pour Magnum. Elle travaillera pendant plus de 50 années pour la célèbre agence. En 1962, elle épouse Arthur Miller, de leur union, naitra une fille : Rebecca Miller qui deviendra actrice et réalisatrice de cinéma.

En 1999 Inge Morath publie "La vie en tant que photographe" un ouvrage qui résume toute sa pensée et sa vie autour de la photographie. On peut y lire ces phrases :
"La photographie est un phénomène étrange. Malgré l'utilisation d'un même appareil-photo, deux photographes, au même endroit en même temps, ne reviennent jamais avec les mêmes images.
Leur vision personnelle est habituellement là dès leur plus jeune âge ; résultante d'une chimie spéciale de personnalité et de sentiments".

En 2002, après sa mort, les membres de Magnum Photos créent en son honneur le prix Morath-Inge, administré par la Fondation Inge Morath, et qui est attribué annuellement à une photographe ayant moins de 30 ans.


>> Inge Morath en action (1977) …

>> Inge Morath, site officiel

>> Le prix Morath-Inge



 

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Le Bal, l'image sous toutes ses formes.

18 Janvier 2019, 12:20pm

Publié par barreteau

 Le Bal, l'image sous toutes ses formes …

L'Impasse de la Défense, Paris 18ème _Juin 2017

 

L'Impasse de la Défense est une discrète petite ruelle du 18e arrondissement. Autrefois, dans les années folles, au numéro 6 de l'impasse de la Défense, il y avait là une guinguette : "Chez Isis" qui attirait une clientèle venue s’encanailler aux portes de Paris.
Après la Seconde Guerre mondiale, le lieu devient le plus grand PMU de France jusqu’en 1992, puis est laissé à l’abandon. E
n 2006, cet espace est acquis par la Ville de Paris pour mener à bien le projet du BAL, un nom qui évoque l'ancienne guinguette et ... sa salle de bal qui se tenait là il y a maintenant fort longtemps.

Aujourd'hui, LE BAL est une plateforme indépendante d’exposition, d’édition et de pédagogie, dédiée à l’image contemporaine sous toutes ses formes : photographie, vidéo, cinéma, nouveaux médias... Créé en 2010 par Raymond Depardon et Diane Dufour, LE BAL est une association à but non lucratif.

Son pôle pédagogique, "La Fabrique du Regard", mène chaque année depuis 2008 un travail en profondeur avec plus de 2000 jeunes relevant de l’éducation prioritaire, en collaboration avec 150 écoles élémentaires, collèges et lycées de 13 académies. L’objectif est de permettre aux jeunes de penser le monde en images, mais aussi de former des "regardeurs", actifs et concernés par les profonds bouleversements qui traversent nos sociétés. 

Un lieu à découvrir absolument …

 

>> LE BAL, site officiel.

>> Une expo, au BAL.

>> L'Impasse de la Défense, Paris 18ème en février 2017.

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La photo est la mémoire du silence.

21 Décembre 2018, 12:31pm

Publié par barreteau

La photo est la mémoire du silence.

La passerelle, Champigny-sur-Marne, 1957 © Willy Ronis

 

Le philosophe Fabrice Jean écrit dans son ouvrage "Lueurs de désespoir", paru en 1997 : "La photo est la mémoire du silence. Elle immortalise l'oubli et fixe à jamais le néant".

Et cela est encore plus vrai aujourd'hui où le silence visuel de la photographie constitue un contrepoint remarquable au tintamarre médiatique que l'on nomme désormais le "buzz".
Car la photographie, dans son immobilité du monde qu'elle nous montre, instaure un point de rupture avec le brouhaha de la société d'aujourd'hui. Et ce silence est comme une suspension du temps.

Lorsque je regarde un cliché ou lorsque je parcours une exposition photographique, cela me "repose" assurément du bruit de la communication en continu, cela permet une curieuse éclipse, une absence par rapport à l’immédiateté proliférante.

Prenons l'exemple des paysages en photographie : ils sont parfaitement calmes, silencieux, car incertains, flottants, indistincts. Comme si cette indétermination de la forme paysagère induisait l’élimination du bruit que fait le monde.
On "entend" (si l’on peut dire !) cet effet, en regardant les images de Raymond Depardon, d'Edouard Boubat, de Willy Ronis … et de tant d'autres lorsqu'ils nous montrent des paysages naturels ou urbains.

Si l'on regarde la photo de Willy Ronis : "La Passerelle à Champigny" prise en 1957, on conviendra que bien des choses ont aujourd'hui changé sur ces bords de Marne … A cet endroit exact les immeubles ont remplacé les arbres, plus personne ne peut se prélasser sur les pontons, eux aussi disparus depuis longtemps, pas question non plus de "piquer une tête" dans l'eau …
Mais la photo de Ronis continue à vivre sur nos yeux, elle immortalise l'oubli et fixe à jamais le néant.

 

>> Willy Ronis et Parisperdu … une longue histoire d'amour !

 

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Ghorban, né un jour qui n'existe pas.

15 Septembre 2018, 15:36pm

Publié par barreteau

Ghorban, né un jour qui n'existe pas.

Ghorban, Pont du canal St Martin Janvier 2010
©Photographie d'Olivier Jobard _Visa pour l'image Perpignan septembre 2018

 

A Perpignan, pour la 30ème édition de "VISA pour l'image", les photos montrent, hélas comme toujours, les tourments du monde et sa cohorte de misères et de guerres.

Mais les images d'Olivier Jobard qui nous narrent le destin de Ghorban nous apportent une note à la fois intimiste et optimiste, un message de foi et d'espérance en l'Homme. Et elles montrent surtout que la combativité envers un sort contraire peut conduire à une issue heureuse.

Ghorban Jafari est arrivé à Paris en 2010, il avait 12 ans et dormait sous les ponts. Il venait de parcourir 12 000 kilomètres en clandestin depuis son Afghanistan natal. Il avait côtoyé seul la peur et les dangers des routes migratoires.

Quelques semaines après son arrivée à Paris, Ghorban est aidé par un militant qui lui trouve une place dans un foyer d'urgence. Un long et laborieux chemin d'intégration commence.
Pour ses papiers d'abord : une erreur de traduction le fait naître un 31 novembre, un jour qui n'existe pas. Un grain de sable qui enraie la machine administrative pour des années.
Orphelin de père, arraché à sa mère et élevé par les hommes de la famille pour garder le bétail, Ghorban n'a alors qu'une obsession : aller à l'école.
A Paris, ballotté de foyer en foyer sans étudier, Ghorban s'isole et se renferme. Puis il suit des séances de thérapie avec l'aide d'un psychologue. Ghorban réussi alors à apprivoiser un passé fait de déchirements et d'abandon. Il comprend avec le temps que sa mère a été forcée de l'abandonner. Et, en 2017, après l'obtention de la citoyenneté française, il décide de partir la retrouver …


>> Visa pour l'image, festival international du Photojournalisme.


>> Autre image d'Olivier Jobard, sur Ghorban.

>> Visa pour l'image, les éditions précédentes sur Parisperdu.

 

 

 

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Pas de photo … on n'est pas à Chicago ici … !

23 Mai 2018, 10:06am

Publié par barreteau

 Pas de photo … on n'est pas à Chicago ici … !

Place d'Aligre, Paris 12ème_ mars 2018

 

La place d'Aligre a beaucoup de charme avec son horloge centrale hissée sur un petit kiosque, sa halle couverte et, installés à l'air libre le long de la rue d’Aligre, une multitude d'étals de forains.

Le douzième arrondissement, hétéroclite mais authentique est ici encore bien vivant et les week-ends, il y a foule sur cette place colorée … car de surcroît, ce marché a la réputation d'être le moins cher de Paris.

Mais Aligre change, et les touristes, les chalands qui n'achètent rien ne sont pas les bienvenus. J'en ai fait l'expérience récemment ici quand un forain m'a véhément lancé : "Pas de photo … on n'est pas à Chicago ici … !"
Aligre, Chicago … quel rapport ? A moins qu'il ne m'ait pris pour Al Capone ou que l'esprit de la "Commune libre d'Aligre" soit désormais en voie de disparition ?

 

Le Marché d'Aligre déjà sur Parisperdu.

>> Aligre, surgi de nulle part.

>> Le douzième à la dérive ... ?

>> Chez Charlette.

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J'ai essayé le bokeh dans la nuit parisienne …

4 Mars 2018, 08:46am

Publié par barreteau

 

Les Champs Elysées, Paris_ Février 2018

 

Le "bo" quoi ?  Le bokeh (à prononcer "bokè") est un mot d'origine japonaise, qui se traduit en français par "flou". C'est aussi le terme utilisé en photographie, non pas pour décrire une image ratée, mais au contraire pour désigner la qualité "artistique" de la partie de la photo où la mise au point n'a pas été effectuée.

Il s'agit donc d'un flou d'arrière-plan, obtenu avec un téléobjectif lumineux et une ouverture maximale afin d'avoir une très petite profondeur de champ.

Pour savoir si vous avez réussi votre bokeh, il suffit alors de regarder si votre sujet est bien net et votre fond bien flou.

Alors que pensez-vous de ce bokeh que j'ai dernièrement capturé dans la descente des "Champs" … ?

 

>> Le bokeh pour les débutants, sur nikon.fr

 

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Les lumières de l'Evangile.

27 Janvier 2018, 17:28pm

Publié par barreteau

Les lumières de l'Evangile.

Quartier de l'Evangile, Station Rosa Parks, Paris 18e et 19e, février 2016.

 

Je suis revenu des dizaines de fois à cet endroit car je voulais sentir les saisons, la brume hivernale à l’aube, la pluie légère ou drue, la neige pourtant rare à Paris, mais aussi le soir à la tombée de la nuit. 

Chaque mois, chaque jour, chaque moment, la lumière varie sans cesse et pour le photographe, elle est très importante, primordiale même. Ici, elle permet aussi de restituer l'émotion ressentie avant la restructuration de ce quartier de l'Evangile, un quartier à cheval entre le 18e et le 19e arrondissement.

C'est un endroit unique dans la capitale, où trônaient autrefois les gazomètres, où l'on trouve encore aujourd'hui le dernier calvaire de Paris et où la rue sur quelques centaines de mètres semble se poursuivre sans fin entre ses deux murs semblables pour se perdre en elle-même …

Pour obtenir la bonne lumière, j’ai parfois attendu toute une journée. Je me souviens d’avoir poireauté ici cinq heures sous une pluie fine, légèrement abrité par la tranchée des chemins de fer de l'Est.
A la fin de la journée, un arc en ciel est apparu au-dessus des immeubles, des grues et des voies ferrées. Alors, c’est comme si la lumière diffractée était sortie de terre et qu'elle voulait nous restituer tout ce qui a ici disparu, enterré par ce nouveau quartier.
Un vieil adage ne prétend-t-il pas qu’au pied de l'arc en ciel, il y a un trésor ?
Ce jour-là, pour moi, c’était la photo parfaite.

 

>> Retrouvez le secteur de l'Evangile, sur Parisperdu.

 

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