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PARISPERDU

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Vues de dos…

14 Septembre 2026, 08:30am

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Publié par Pierre Barreteau

 

Toutes ces jeunes filles nous tournent le dos… elles semblent ne pas s'intéresser à nous, n'avoir rien à nous dire, comme accaparées par ce qu'elles voient, par ce qu'elles cherchent du regard ou fixent attentivement.

Chaque image est si différente qu'elle nous en dit beaucoup…sur le lieu où se trouvent ces jeunes filles, sur leur environnement, et surtout sur leur attitude qui semble à première vue identique mais qui se révèle finalement si différente.

1 :  La fille de Bercy
Sur les terrasses du palais omnisports de Paris-Bercy, actuellement parrainé sous le nom d'Accor Arena (Paris 12ème _juillet 1995)

2 : La fille de Paulilles
Contre le mur anti-débarquement de la plage de l'usine_Site de Paulilles, Port-Vendres, Pyrénées-Orientales (août 2026)

3 : La fille de Quéribus
Dans la tour supérieure du château cathare de Quéribus à Cucugnan, Aude (juillet 2009)

4 : La fille de Santorin
Sur le balcon d'un hôtel d'Imerovigli  _île de Santorin, Grèce (septembre 2021)

 

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C'était Paris en 1970.

7 Septembre 2026, 07:54am

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Publié par Pierre Barreteau

(©-BHVP-Photographe-non-identifé)

Au printemps 1970, la Ville de Paris et la Fnac qui était encore alors la "Fédération Nationale d'Achats des Cadres", lancent un grand concours dans le but de constituer des archives photographiques de la capitale.
Pour l’occasion, Paris est divisé en 1755 carrés virtuels de 250 mètres sur 250 mètres ; chaque carré pouvant être tiré au sort par un photographe amateur en vue d’y effectuer un reportage. La Bibliothèque historique de la Ville est alors désignée pour recevoir la riche production du concours qui a fourni en quelques semaines, 30 000 diapositives couleur et 70 000 tirages noir et blanc, soit 100 000 photographies amateures : un chiffre impressionnant récolté en si peu de temps.  
Et aujourd'hui, c’est tout le Paris de 1970, avec ses rues, ses monuments mais aussi ses habitants, qui reprend vie dans cette exposition organisée à l’occasion du Bicentenaire de la photographie.

Courrez voir cette formidable machine à remonter le temps : entre nostalgie et redécouverte de la ville.

 

 >> Exposition "C'était Paris en 1970", à découvrir à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris jusqu'au 7 octobre 2026

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Martine Barrat aux Rencontres d'Arles 2026.

31 Août 2026, 09:04am

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Publié par Pierre Barreteau

Martine Barrat, Paris, La Goutte D’or, Friends Playing, 1984, © Martine Barrat

 

Cette année aux Rencontres d'Arles, j'ai surtout remarqué le travail de Martine Barrat dans une exposition intitulée : L’âme de la ville [Soul of the City].

Mais qui est Martine Barrat ?

Martine Barrat [née en 1932 ou 1933 à Oran, alors en Algérie française], est une photographe, actrice, danseuse, écrivaine, réalisatrice, documentariste et vidéaste française qui vit et travaille à New York.

C'est donc une artiste aux multiples vies.
D'abord danseuse, un accident met fin à sa carrière. Elle se procure alors un appareil vidéo et au début des années 1970, entreprend à New York un travail documentaire, sur les gangs du South Bronx.

Mais le vol de sa caméra la conduit à acquérir son premier appareil photographique. Martine Barrat commence alors une œuvre en dehors des circuits traditionnels de la photographie et autour d’un sujet principal : New York et ses quartiers marginalisés : Lower East Side, le Bronx et Harlem.

Barrat développe une œuvre passionnante guidée par sa curiosité pour la rue, ses codes et ses modes de vie. Jamais moralisatrice, elle fait partie intégrante des quartiers qu’elle photographie. Elle sait que malgré la dureté de leur environnement, leurs habitants continuent à vivre et à aimer et qu’il en va de sa responsabilité de les photographier avec respect et dévouement.

A partir des année 80, elle va beaucoup voyager et photographier dans le monde entier, au Japon, au Brésil, à Cuba et en France avec pour seule devise : « mon appareil est une extension de mon cœur ».

À Paris, elle découvre le quartier de la Goutte d’Or et enregistre - tout comme elle le fait à New York - les liens qui unissent les résidents d'un quartier défavorisé. 
Parisperdu ne pouvait ignorer le regard de cette dame désormais âgée, qui est enfin mise en plein jour en France grâce aux Rencontres d'Arles.

 

>> Les Rencontres Internationale de la Photographie d'Arles : Du 6 juillet 2026 au 4 octobre 2026 : MARTINE BARRAT, à l'Espace Van Gogh.

 

>> Martine Barrat in New York (2017) :

 

>> Les Rencontres Internationale de la Photographie d'Arles sur Parisperdu.

 

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Album des Lieux retrouvés.

20 Juin 2026, 10:02am

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Publié par Pierre Barreteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lieux retrouvés 048__Sentier de la Station Paris 19ème

L'album des Lieux retrouvés montre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.
Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs).
C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.

 

>> Le sentier de la Station, déjà sur Parisperdu.

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Les gens de Paris il y a cent ans.

25 Janvier 2026, 10:24am

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Publié par pierre barreteau

 

A Paris, le Musée Carnavalet présente jusqu’au 8 février l’exposition
"Les gens de Paris, 1926-1936, dans le miroir des recensements de population".
Il s'agit d'une rencontre inédite avec la population de la capitale durant l’entre-deux-guerres.

Le point de départ pour évoquer le Paris d’il y a cent ans consiste en trois recensements, réalisés en 1926 (le premier à dresser une liste nominative des Parisiens), puis en 1931 et en 1936.
Mais au-delà des chiffres froids des statisticiens ce sont les clichés de l'époque qui font vivre cette exposition.
Et les images les plus remarquables sont celles du reportage intitulé "La France travaille", un travail réalisé entre 1931 et 1934 par François Kollar. Jusqu’en 1934, Kollar arpente plus de 20 départements pour rencontrer ouvriers et employés, découvrir ateliers et usines.

Ancien tourneur chez Renault, François Kollar est l’un des grands photographes du monde industriel de l’entre-deux-guerres.
Formé à l’image publicitaire après avoir quitté, en 1924, Bratislava, dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie, pour Paris, le jeune homme se fait remarquer lors de l’Exposition internationale de photographie, en 1930, à Munich, en Allemagne. Là, il côtoie Florence Henri, André Kertész ou Germaine Krull : le sommet de l’avant-garde photographique de l'époque.

De son reportage "La France travaille" Kollar ramènera 2000 précieux clichés.
Courrez vite les voir au Musée Carnavalet, jusqu'au 8 février 2026.

 

>> L'expo "Les gens de Paris, 1926-1936" au Musée Carnavalet.

23 Rue de Sévigné, 75003 Paris

 

 

 

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100 ans de photographie Leica.

21 Avril 2025, 15:13pm

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Publié par pierre barreteau

"Caffè all'italiana" ©Walter Vogel

En 1925, il y a tout juste 100 ans, le premier appareil photo conçu et fabriqué par Leica (naturellement nommé Leica 1) était présenté à la Foire du printemps de Leipzig… la photographie entrait dans une nouvelle ère car il s’agissait du premier appareil photo de petit format fabriqué en série.

Depuis 100 ans les appareils Leica ont donné lieu à d'innombrables clichés époustouflants et, à l’occasion de cet anniversaire une sélection de ces images est exposée tout au long de cette année dans les galeries Leica à travers le monde : de Paris à Tokyo en passant par New York et Melbourne.

Ces lieux d’exposition vont montrer un équilibre entre la photographie contemporaine et les icônes du passé. Car à l'occasion de son centenaire, Leica célèbre cet héritage au moyen d’un concept unique qui instaure un dialogue visuel entre le passé et l'avenir de la photographie. Tous les mois, une galerie Leica à travers le monde ouvrira une exposition qui réunira un talent contemporain reconnu et un lauréat ou une lauréate du Grand Prix Leica (Le « Hall of Fame »).
Douze duos hors du commun verront ainsi le jour. Leurs œuvres se complètent et jettent des ponts entre elles tout en étant des sources d’inspiration pour le public professionnel ou amateur.

Bonne visite !

 

>> 100 ans de photographie Leica : Dialogue - Réflexions photographiques entre hier et aujourd'hui.

 

 

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Quand la photographie détourne le réel.

28 Janvier 2025, 15:19pm

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Publié par pierre barreteau

©Photo de Yves Marchand et Romain Meffre :« Ruines de Paris » crée par l’intelligence artificielle.

 

A l’ère de l’Intelligence Artificielle (IA ou AI) il semble opportun de questionner les pratiques photographiques actuelles et de s’interroger sur la notion d'illusion photographique.

Souvent pensée comme le reflet exact de la réalité, la photographie a cependant dès son invention tenté de "jouer les faussaires" en manipulant la lumière, les points de vue, les cadrages, les techniques de prise de vue, de développement ou de post productions numériques...

Il suffit de visiter les photos de la collection du Musée Niepce pour comprendre qu'il y a toujours eu ce goût des photographes à détourner et à manipuler la réalité, révélant ainsi dans l'image des apparitions perturbantes ou spectrales, des univers parallèles...

Dans un monde hors du réel, les photographes surréalistes vont bien sûr être à leur aise : de Man Ray à Hans Bellmer en passant par Dora Maar et Lee Miller, ils ont représenté le rêve et l’imaginaire. Ces célèbres artistes surréalistes ont eux aussi marqué l’histoire de la photographie.

Et aujourd’hui l'IA ouvre grand la porte aux manipulations de l'information et des images, aussi est-il passionnant de voir comment certains photographes s'emparent des différente techniques photographiques et numériques pour interroger, déformer, poétiser ou dynamiter le réel... Et en ce domaine nous ne sommes qu'au début d'une nouvelle ère de la photographie moderne.

 

>> L’artiste allemand Boris Eldagsen a gagné la catégorie « Open » du Sony World Photography Awards. Problème : la photo présentée a été réalisée en partie avec de l’intelligence artificielle. Boris Eldagsen a refusé de recevoir son prix. Sony a depuis retiré cette image de son site web.

>> Dora Maar : Main Coquillage, (1934)

>> Retour au réel...

 

 

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"Visa pour l'image" : France périphérique

1 Septembre 2024, 18:33pm

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Publié par barreteau

 France périphérique

©Photo : Pierre Faure / Hans Lucas

 

A Perpignan, chaque année début septembre , des photojournalistes venus du monde entier présentent leur travail lors du Festival "Visa pour l'image" qui affiche cette année sa 35ème édition. Comme toujours Visa met en avant différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde ...
Ainsi cette année sont mis en avant : la guerre en Ukraine, le 7 octobre 2023 et la guerre Israël-Hamas, le chaos en Haïti, les femmes en Iran, le dérèglement climatique… et bien d'autres sujets d'actualité. Et à Visa on peut aussi admirer les images iconiques de photographes stars, cette année se sont celles de Peter Turnley et Elliott Erwitt.

Mais par-delà tous ces sujets qui nous montrent un monde souvent brutal, au bord du chaos, j'ai retenu un autre sujet: plus proche de nous mais tout aussi poignant, c'est "France périphérique" du photographe Pierre Faure.

Depuis 2015, Pierre Faure documente la pauvreté en France en parcourant l’ensemble du pays : des marges périurbaines les plus fragiles des grandes villes jusqu’aux espaces ruraux, en passant par les petites villes et villes moyennes. Il souligne que désormais, 60 % de la population et les trois quarts des nouvelles classes populaires vivent dans cette France périphérique, à l’écart des villes mondialisées.

Pierre Faure a voulu, dans une démarche sincère et profonde, tout en s’engageant dans un processus à long terme, sensibiliser le public en s’intéressant aux évolutions qui modifient réellement la société française.
Environ deux cents jours par an, il arpente l’ensemble du territoire afin de constituer un témoignage photographique de la pauvreté dans l’hexagone, en rendant visible cette "relégation sociale’’. Il se confronte aux préoccupations liées à l’emploi, la santé, le logement, le transport, la solidarité… qui rythment le quotidien de ces individus. Par ses images, il tente de rendre palpable les conditions de vie d’une partie de nos concitoyens pour qu’enfin des visages se substituent aux statistiques, aux pourcentages et aux mots qui leur sont associés.

 

 

>> Le Festival "Visa pour l'image" 2024.

 

>> Site official du photographe Pierre Faure.

 

>> Visa pour l'image sur Parisperdu (archives)

 

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Neuf ponts de Paris.

28 Avril 2023, 15:45pm

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Publié par barreteau

Neufs ponts de Paris.

A gauche : "Les neuf ponts, 1958", ©Willy Ronis  /    A droite : Même endroit, 2023 ©Parisperdu

 

A propos de sa photo :"Les neuf ponts, 1958", Ronis nous dit : "J'avais constaté sur le plan de Paris que si je me plaçais en un certain point sur le quai rive droite, le cours du fleuve était rectiligne sur une distance telle que mon axe de visée pourrait embrocher successivement neuf ponts. Je me rends sur place et découvre le point de vue idéal : le petit square de l'Hôtel de Ville. Je ne m'étais pas trompé".

Et il ajoute : "Ma photographie représente, de haut en bas : le pont d'Arcole, le pont Notre-Dame, le pont au Change, le Pont-Neuf, la passerelle du pont des Arts, le pont du Carrousel, le Pont-Royal, l'ancien pont de Solférino, et une pile du pont de la Concorde. Les premiers plans sont flous. En effet, le système n'est pas diafragmable, et pour les sujets de grande profondeur il faut mettre au point selon une cote mal taillée. L'image dévoile même, sur fond de ciel, le clocher de Saint-Pierre de Chaillot, avenue Georges V et (peut-être) la flèche de l'église écossaise de la rue Bayard".

Alors moi aussi je me suis rendu dans ce petit square situé sur la partie basse des berges de Seine. Son accès se fait obligatoirement depuis le quai de l’Hôtel de Ville par une passerelle, qui enjambe la voie sur berges. Une voie où l'automobile est désormais bannie aussi c'est à cette occasion qu'en 2013, lors de la piétonisation des Berges de Seine, l'on a rebaptisé le jardin Square Federico-García-Lorca. Il est très fréquenté par les photographes pour son panorama sur les îles de la Cité et de Saint-Louis.

Il n'est toutefois pas aisé de retrouver la place exacte du cadrage de cette photo de Ronis. Le niveau du square, en 1958, était possiblement plus bas qu'il l'est aujourd'hui car je n'arrive pas à avoir accès à un plan de vue qui passe au plus bas de l'eau, sous les ponts. Peut-être Ronis avait-il décidé de se mettre à plat-ventre pour pouvoir ordonner les plans comme il le souhaitait ? Je le crois fort capable de prendre une telle décision.

Pour ma part j'ai aujourd'hui un handicap supplémentaire par rapport à Willy car je n'ai pas le matériel adéquat : en effet Ronis nous dit avoir monté pour sa prise de vue un objectif de 500 mmm sur son Foca ! Or moi ce jour-là je n'ai que mon smartphone !
Peu importe, l'émotion est bien là : celle d'être à l'endroit où Ronis a su capturer cette image quelque peu insolite des bords de Seine, des lieux qu'il affectionnait particulièrement.

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

 

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Peut-on aujourd’hui encore faire des photos à Belleville ?

17 Février 2020, 10:30am

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Publié par barreteau

Reste-t-il aujourd’hui des photos à faire de Belleville ?

Rue de Belleville et place Fréhel _ Paris 20ème (avril 2011)

 

La réponse sera : oui mais … Car si j’aimerai bien photographier Belleville aujourd’hui, je cale un petit peu parce que je ne suis pas encore tout à fait décidé. Enfin, je le ferai peut-être parce que j’y suis très attaché et l'ai déjà beaucoup photographié…
Mais je suis mû par deux envies contradictoires.
L’une est de montrer ce qui n’a pas changé, ce qui alimente la nostalgie. Et il y a encore à faire dans cette voie-là. Mais ça n’est pas suffisant, c’est un peu passéiste. Il faut aussi montrer les nouveaux aspects. Mais je trouve ces nouveaux aspects pas tellement excitants… aussi c’est difficile.
Et encore ce n'est pas la seule difficulté. L'autre difficulté vient de l'aspect sécuritaire qui à l'évidence s'est beaucoup dégradé depuis l'époque - pourtant pas si lointaine – où j'arpentais allègrement les rues de Belleville et de Ménilmontant.
Tout au long de ces 6 années (1994-99) où j'ai accumulé plus d'un millier de photos dans les rues, les villas et les impasses de ces quartiers Est de la capitale, je n'ai connu que du bonheur et très peu de situations difficiles, à part: "T'arrêtes avec ta Tour Eiffel !" .
Mais il faut dire que la drogue et ses dealers n'avaient pas encore totalement gangréné ces quartiers.
A l'époque, se promener avec un appareil photo à la main n'avait rien de suspect, les seules remarques tournaient bien souvent autour de : "Vous êtes de la mairie, vous êtes en repérage pour raser le secteur ?" Jamais je n'ai ressenti de lourds regards vers l'appareil, comme si au coin de rue suivante on voulait vous l'arracher des mains …

Bien évidemment, il reste encore des photos à faire dans les rues de Belleville pour nous montrer ce quartier à part, cette ville loin de la ville … mais aujourd'hui, ce n'est ni facile ni sans risque.


>> "Pas de Photos".

>> "T'arrêtes avec ta Tour Eiffel !"

>> "C'est privé !"

>> "Vous êtes de la Mairie ?"

 

 

 

 

 

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La zone, aux portes de Paris.

11 Juillet 2019, 08:58am

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Publié par barreteau

La zone, aux portes de Paris.

Enfants de la Zone, Rue Forceval, Porte de la Villette, Paris 19ème, 1940.
Photographe anonyme, avec l
’aimable autorisation de la Galerie Lumière des Roses.

 

Certains mots sont comme des terrains vagues : on en comprend le sens, mais on peine à les définir avec exactitude. L’expression " la zone" est de ceux-là ; elle évoque aujourd’hui le flou de la banlieue, une forme d’ennui ou encore le seuil de la délinquance, mais on ignore souvent qu’elle s’ancre dans une réalité historique précise.
En effet, la Zone désigne au départ une bande de terre de 250 m de large qui court le long des 34 km de fortifications édifiées autour de Paris en 1844. Cette zone" non aedificandi" devait rester déserte, mais elle est progressivement occupée par une population pauvre qui s’y établit durablement en construisant des habitations précaires, cabanes et baraques en tout genre.

Cette année, du 1er juillet au 22 septembre les Rencontres Photographiques d'Arles (dont c'est la 50ème édition) mettent à l'honneur la Zone avec une exposition exceptionnelle car, hors mis quelques photographes célèbres comme Eugène Atget ou Germaine Krull, la photographie de l’entre-deux-guerres s’est peu intéressée à ce phénomène urbain et social. Aussi à Arles, la majorité des photographies exposées sont l’œuvre de photographes anonymes.
Cet ensemble inédit de photographies documentaires réhabilite ainsi une population pauvre, reléguée aux confins de la capitale comme un inconscient de la ville moderne qu’on s’est empressé de refouler.

 

>> Voir aussi sur Parisperdu :

° de la zone au périph'.

° Intra-muros

° L'envers de la ville, la ville à l'envers

 

 

 

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Inge Morath

30 Juin 2019, 11:39am

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Publié par barreteau

Inge Morath

Montmartre, 1957 – ©Inge Morath

 

Inge Morath est une photojournaliste américaine née en 1923 à Graz en Autriche et morte en 2002 à New York à l'âge de 78 ans.

Elle a côtoyé les grands noms de la photographie, s’est inspirée de leur travail, puis est devenue à son tour une grande dame de l’image.
Tout d'abord journaliste, elle a ainsi formé son œil alors qu’elle travaille pour Magnum à l'écriture des légendes des photographies. Avant même de se lancer dans la photographie, elle apprend celle-ci en analysant et en étudiant tout l’art d’un certain Henri Cartier-Bresson.
En 1953 elle présente une série de ses photos à Robert Capa, qui lui propose alors de devenir photographe pour Magnum. Elle travaillera pendant plus de 50 années pour la célèbre agence. En 1962, elle épouse Arthur Miller, de leur union, naitra une fille : Rebecca Miller qui deviendra actrice et réalisatrice de cinéma.

En 1999 Inge Morath publie "La vie en tant que photographe" un ouvrage qui résume toute sa pensée et sa vie autour de la photographie. On peut y lire ces phrases :
"La photographie est un phénomène étrange. Malgré l'utilisation d'un même appareil-photo, deux photographes, au même endroit en même temps, ne reviennent jamais avec les mêmes images.
Leur vision personnelle est habituellement là dès leur plus jeune âge ; résultante d'une chimie spéciale de personnalité et de sentiments".

En 2002, après sa mort, les membres de Magnum Photos créent en son honneur le prix Morath-Inge, administré par la Fondation Inge Morath, et qui est attribué annuellement à une photographe ayant moins de 30 ans.


>> Inge Morath en action (1977) …

>> Inge Morath, site officiel

>> Le prix Morath-Inge



 

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Le Bal, l'image sous toutes ses formes.

18 Janvier 2019, 12:20pm

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Publié par barreteau

 Le Bal, l'image sous toutes ses formes …

L'Impasse de la Défense, Paris 18ème _Juin 2017

 

L'Impasse de la Défense est une discrète petite ruelle du 18e arrondissement. Autrefois, dans les années folles, au numéro 6 de l'impasse de la Défense, il y avait là une guinguette : "Chez Isis" qui attirait une clientèle venue s’encanailler aux portes de Paris.
Après la Seconde Guerre mondiale, le lieu devient le plus grand PMU de France jusqu’en 1992, puis est laissé à l’abandon. E
n 2006, cet espace est acquis par la Ville de Paris pour mener à bien le projet du BAL, un nom qui évoque l'ancienne guinguette et ... sa salle de bal qui se tenait là il y a maintenant fort longtemps.

Aujourd'hui, LE BAL est une plateforme indépendante d’exposition, d’édition et de pédagogie, dédiée à l’image contemporaine sous toutes ses formes : photographie, vidéo, cinéma, nouveaux médias... Créé en 2010 par Raymond Depardon et Diane Dufour, LE BAL est une association à but non lucratif.

Son pôle pédagogique, "La Fabrique du Regard", mène chaque année depuis 2008 un travail en profondeur avec plus de 2000 jeunes relevant de l’éducation prioritaire, en collaboration avec 150 écoles élémentaires, collèges et lycées de 13 académies. L’objectif est de permettre aux jeunes de penser le monde en images, mais aussi de former des "regardeurs", actifs et concernés par les profonds bouleversements qui traversent nos sociétés. 

Un lieu à découvrir absolument …

 

>> LE BAL, site officiel.

>> Une expo, au BAL.

>> L'Impasse de la Défense, Paris 18ème en février 2017.

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La photo est la mémoire du silence.

21 Décembre 2018, 12:31pm

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Publié par barreteau

La photo est la mémoire du silence.

La passerelle, Champigny-sur-Marne, 1957 © Willy Ronis

 

Le philosophe Fabrice Jean écrit dans son ouvrage "Lueurs de désespoir", paru en 1997 : "La photo est la mémoire du silence. Elle immortalise l'oubli et fixe à jamais le néant".

Et cela est encore plus vrai aujourd'hui où le silence visuel de la photographie constitue un contrepoint remarquable au tintamarre médiatique que l'on nomme désormais le "buzz".
Car la photographie, dans son immobilité du monde qu'elle nous montre, instaure un point de rupture avec le brouhaha de la société d'aujourd'hui. Et ce silence est comme une suspension du temps.

Lorsque je regarde un cliché ou lorsque je parcours une exposition photographique, cela me "repose" assurément du bruit de la communication en continu, cela permet une curieuse éclipse, une absence par rapport à l’immédiateté proliférante.

Prenons l'exemple des paysages en photographie : ils sont parfaitement calmes, silencieux, car incertains, flottants, indistincts. Comme si cette indétermination de la forme paysagère induisait l’élimination du bruit que fait le monde.
On "entend" (si l’on peut dire !) cet effet, en regardant les images de Raymond Depardon, d'Edouard Boubat, de Willy Ronis … et de tant d'autres lorsqu'ils nous montrent des paysages naturels ou urbains.

Si l'on regarde la photo de Willy Ronis : "La Passerelle à Champigny" prise en 1957, on conviendra que bien des choses ont aujourd'hui changé sur ces bords de Marne … A cet endroit exact les immeubles ont remplacé les arbres, plus personne ne peut se prélasser sur les pontons, eux aussi disparus depuis longtemps, pas question non plus de "piquer une tête" dans l'eau …
Mais la photo de Ronis continue à vivre sur nos yeux, elle immortalise l'oubli et fixe à jamais le néant.

 

>> Willy Ronis et Parisperdu … une longue histoire d'amour !

 

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Ghorban, né un jour qui n'existe pas.

15 Septembre 2018, 15:36pm

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Publié par barreteau

Ghorban, né un jour qui n'existe pas.

Ghorban, Pont du canal St Martin Janvier 2010
©Photographie d'Olivier Jobard _Visa pour l'image Perpignan septembre 2018

 

A Perpignan, pour la 30ème édition de "VISA pour l'image", les photos montrent, hélas comme toujours, les tourments du monde et sa cohorte de misères et de guerres.

Mais les images d'Olivier Jobard qui nous narrent le destin de Ghorban nous apportent une note à la fois intimiste et optimiste, un message de foi et d'espérance en l'Homme. Et elles montrent surtout que la combativité envers un sort contraire peut conduire à une issue heureuse.

Ghorban Jafari est arrivé à Paris en 2010, il avait 12 ans et dormait sous les ponts. Il venait de parcourir 12 000 kilomètres en clandestin depuis son Afghanistan natal. Il avait côtoyé seul la peur et les dangers des routes migratoires.

Quelques semaines après son arrivée à Paris, Ghorban est aidé par un militant qui lui trouve une place dans un foyer d'urgence. Un long et laborieux chemin d'intégration commence.
Pour ses papiers d'abord : une erreur de traduction le fait naître un 31 novembre, un jour qui n'existe pas. Un grain de sable qui enraie la machine administrative pour des années.
Orphelin de père, arraché à sa mère et élevé par les hommes de la famille pour garder le bétail, Ghorban n'a alors qu'une obsession : aller à l'école.
A Paris, ballotté de foyer en foyer sans étudier, Ghorban s'isole et se renferme. Puis il suit des séances de thérapie avec l'aide d'un psychologue. Ghorban réussi alors à apprivoiser un passé fait de déchirements et d'abandon. Il comprend avec le temps que sa mère a été forcée de l'abandonner. Et, en 2017, après l'obtention de la citoyenneté française, il décide de partir la retrouver …


>> Visa pour l'image, festival international du Photojournalisme.


>> Autre image d'Olivier Jobard, sur Ghorban.

>> Visa pour l'image, les éditions précédentes sur Parisperdu.

 

 

 

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