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PARISPERDU

photo

Paris, les couleurs de la nuit.

18 Novembre 2016, 13:29pm

Publié par barreteau

Boulevard de la Bastille_ février 2006

 

Il fait nuit, il pleut … et dans la ville, l'animation se fait rare.
Ne cumule-t-on pas alors les pires conditions pour la photographie de rue ?

Peut-être pas ?

A vous de juger …


>> Voir aussi Paris Pluie

 

 

 

 

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La photo de rue en péril ?

8 Mai 2016, 09:53am

Publié par barreteau

La photo de rue en péril ?

Rue du Retrait © Le Hodja - Blogatou

En conformité avec la loi, tout est flouté : la personne au DAB, sa main retirant l'argent, la caméra de surveillance et la plaque minéralogique de la voiture !… Ouf! On ne risque plus rien rue du Retrait! (Paris XXe). 

La Commission européenne s'est récemment penchée sur la réforme de la directive du droit d’auteur (aussi nommée par ses opposants: "Loi sur la liberté de panorama"). Et,au parlement européen, l'amendement 421 a été longuement débattu. Selon ce texte, les photographes, dans le cas d'une utilisation commerciale, ne peuvent exploiter et partager leurs images sur les réseaux sociaux qu'avec l'autorisation des titulaires des droits des œuvres, principalement architecturales. Ce qui revient à dire que nous ne pourrons plus rien photographier. La photo de rue est en danger, du moins en Europe. Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis doivent se retourner dans leur tombe. Le monde devient fou.

Le résultat de ce texte apporte plus de confusion que d'éclaircissements, aussi le directeur éditorial de l'agence Magnum Photos, Clément Saccomani, portant défenseur du droit d'auteur, doute du signal qu'envoie la Commission juridique à l'heure "où tout le monde a dans sa poche un Smartphone qui peut faire des photos". Car de surcroît, en France, il y a déjà beaucoup de restrictions sur la création.

En effet, au droit d'auteur, que les photographes doivent donc respecter, s'ajoute le droit à l'image. Ce dernier stipule que, sans autorisation des personnes photographiées, le photographe s'expose à des poursuites judiciaires en cas de publication de ses photos.

Par conséquent, en raison des risques de procès, il devient maintenant très compliqué de faire de la photo de rue. Dans l'action, il n'est pas toujours évident de demander à chaque personne photographiée, de remplir un formulaire d'autorisation d'utilisation de l'image.

Symptôme des obstacles rencontrés sur le terrain, Clément Saccomani, a rappelé lors de la dernière exposition "Paris Magnum", que dès les années 90, on a moins d'images de scènes de rue, et donc, par rapport aux périodes précédentes, on a beaucoup moins de personnes photographiées dans la rue.

Alors désormais, avant de prendre votre photo et surtout, avant de la mettre en ligne, veuillez regarder le code civil !

Google dans "Street View" utilise déjà depuis longtemps des algorithmes de "floutage", mais voir du flou en permanence, n'est ni très esthétique ni très bon pour la rétine …

On va voir ce que dit la jurisprudence… car il y a une chance pour que la différence entre le "non commercial" et le "non lucratif" d’une part, puis entre la "réalisation" et la "diffusion" d’autre part, permette de multiples échappatoires. Alors attendons les jurisprudences …


>> La photo humaniste a-t-elle un avenir ?

>> Exemple de formulaire d'autorisation d'utilisation d'image.

 

 

 

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Silhouettes parisiennes.

2 Mars 2016, 09:03am

Publié par barreteau

Silhouettes parisiennes.
Rue des Meuniers/Square du Massif Central _Paris 12ème (1996)


En photographie, le plus important n'est pas la marque de votre boitier ou le prix de vos objectifs… le plus important c'est la lumière … et la façon dont vous allez la capturer. Willy Ronis avait coutume de dire: "Ce n'est pas l'appareil qui fait la photo, c'est le photographe".

N’oubliez pas l'étymologie : photographier c’est "écrire avec la lumière" et, si vous avez compris cela, vous savez qu'il est essentiel d’apprendre à bien gérer cette lumière pour obtenir le meilleur résultat possible sur vos images.

Et qui dit lumière dit aussi forcément "ombres". L’ombre est liée à l’obscurité et aux éléments "cachés", rien de mieux donc pour ajouter un petit effet mystérieux à votre image en tentant de faire deviner un élément ou de faire naître une atmosphère. Vous pouvez aussi choisir la silhouette pour présenter le sujet de votre photo sous un autre angle, c'est alors l’ombre qui devient votre sujet principal... et ainsi, en jouant avec l’ombre et la lumière, vous allez sublimer le réel, transformer les corps en silhouettes anonymes.

Cet effet de silhouette donne souvent de la force aux images : il s’en dégage une ambiance particulière. L’image est à la fois simple (le sujet est noir sur un arrière-plan clair), et forte car elle raconte une histoire. Comme en ce jour d'été à la sortie d'un passage couvert sous la Petite Ceinture, quelque part dans le 12ème arrondissement …

 

>> Ecrire avec la lumière.

 

 

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Le lieux retrouvés de Parisperdu.

24 Octobre 2015, 09:42am

Publié par barreteau

Le lieux retrouvés de Parisperdu.

Lieux Retrouvés n°44, le 10 rue des Mûriers Paris 20ème

 

Une composition supplémentaire dans l'album des Lieux retrouvés.

Cet album montre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc. Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire. En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs). C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.


>> L'album des Lieux retrouvés.

 

 

 

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Des pellicules plein la tête.

20 Mars 2015, 09:19am

Publié par barreteau

M. Wu Dinh devant son magasin du 72 de l'avenue des Gobelins_Paris 13ème

Au 72 de l'avenue des Gobelins, une devanture attire mon regard. Il y est écrit: "Photo-Ciné Gobelins".

Y pénétrer n'est pas une mince affaire car la boutique est littéralement remplie à ras bord de matériels photo : des appareils et des objectifs bien sûr mais aussi une montagne de filtres et d'accessoires divers entassés-là, pêle-mêle dans le plus grand désordre.

Vous êtes chez Monsieur Wu Dinh qui depuis 35 ans, tient cette sorte de caverne d'Ali Baba, … version vietnamienne ! Aidé par son épouse, il vend, achète, stocke et répare du matériel d’occasion, essentiellement de "l'argentique".

Comme il est pratiquement impossible de rentrer à l'intérieur de la boutique, les transactions se font sur le trottoir. On peut négocier, mais Monsieur Wu Dinh est dur, très dur en affaires ...

Des pellicules plein la tête, des appareils par milliers et des monceaux d'accessoires, ici il n'y a rien à jeter : le magasin de M. Wu Dinh, c'est une véritable chasse au trésor pour les photographes.


>>  L'Insta du magasin "Photo-Ciné Gobelins".

>> "Photo-Ciné Gobelins": impossible de rentrer à l'intérieur !

 

 

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Sur le quai de la gare d'Austerlitz, la naissance d'une idylle.

30 Août 2014, 09:55am

Publié par barreteau


Elle a l'air d'une jeune fille à qui on donnerait le bon Dieu sans confession; cela tient sans doute à sa blondeur diaphane. Seules les sandales de saison corrigent cette impression de trop grande sagesse. Lui ressemble à ces hipsters qu'on a vu éclore ces derniers temps : lunettes à grosse monture noire, barbe fournie, sweat à capuche, bermuda en Jean et chaussures montantes. Ils appartiennent à deux mondes qui n'ont presque rien en commun, mais l'été, parfois, favorise les rencontres improbables. Car les gestes de tendresse parlent pour eux : ces deux-là sont "ensemble" comme on dit, quand on n'ose pas dire "amoureux".

Ce qui frappe, c'est leur léger tremblement, comme s'ils se sentaient menacés. L'explication arrive au bout de quelques minutes: elle doit le quitter, elle a un train à prendre.

Il voudrait la retenir. La kidnapper peut-être, dans un élan romantique. Lui proposer de ne pas se quitter, pas déjà; ils ont l'âge pour ce genre de "folie". Elle repousse tristement sa tentative : "Tu sais bien que ce n'est pas possible". Elle va rejoindre ses parents, elle n'a que 17 ans. On est très sérieux quand on a 17 ans.

Alors il l'accompagne sur le quai pour l'étreindre une dernière fois. Ils échangent à l'oreille une promesse qu'on n'entend pas, mais qu'on devine. Et puis elle monte, il la salue d'un baiser depuis le quai. Le train part. Quelques secondes plus tard, un SMS arrive. Je ne peux pas lire par-dessus l'épaule du jeune homme, mais là encore on devine l'échange : "Tu me manques déjà". II répondra : "Toi aussi".

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "La photo humaniste a-t-elle un avenir? "

 

 

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La mosquée de la rue Morand.

17 Avril 2013, 09:49am

Publié par barreteau


Au milieu du terre-plein qui sépare la rue des Trois-couronnes de la rue Jean-Pierre Timbaud, presqu'au niveau de la mosquée de la rue Morand, que l'on ne remarque que par quelques détails: ses quatre ouvertures d'un genre mozarabe et de pauvres paires de souliers quittés par des fidèles, je suis abordé par un jeune homme.

Il est grand, barbu et sans conteste de type nord-africain. Il se dit intéressé par mon appareil photo, qu'il veut examiner sous toutes les coutures. Serait-il prêt à me l'acheter, qu'il ne s'y prendrait pas autrement ! Je tiens toutefois le reflex fermement par sa courroie car je n'ai aucune confiance en cet inconnu et en ses airs soupçonneux.

Finalement, il me dit qu'il s'appelle Mehdi et il m'avoue pourquoi il m'a abordé. Il ne veut pas que je photographie la sortie des fidèles de la mosquée, en ce vendredi, jour de prières. Je lui dis que je ne suis pas ici pour cela et que mon propos est simplement d'arpenter les quartiers Est de la capitale et de prendre les clichés que le hasard de la balade peut m'offrir.

- "Ok - me dit-il - mais pas la mosquée".
- "Pourquoi pas la mosquée ?" 
C'est la question de trop. Le voilà lancé dans une logorrhée, déversant des flots de paroles, des arguments plus ou moins étayés sur l'impérialisme américain, les martyrs de la Palestine, les juifs qui dominent le monde, les français tous racistes, etc. … et il conclut :
- "Donc, mon ami, pas la mosquée."


Mettant fin à cette conversation avec "mon ami", et sans réfuter ses propos, ni accepter sa demande, je passerai devant le lieu de culte en shootant à la volée une rafale de trois images.
Je vous offre ici la mieux cadrée, au nom de la liberté de circuler dans mon pays: démocratique et laïque!


>> Voir aussi sur Parisperdu: " Paris-Dakar"

 

 

 

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Cent photos de légende sur Paris.

8 Mars 2013, 10:46am

Publié par barreteau

Dans la modeste rue de Chazelle (17e), la statue de la Liberté émergeant des ateliers du fondeur Gaget-Gauthier, 1883.
Photo© : Maurice-Louis Branger/ Roger Viollet



"Paris mythique" est un beau-livre, pas trop onéreux. Il vient de sortir en librairie et nous invite, en 100 photos de légende, à une promenade poétique à travers le Paris que nous aimons.

Dans cet ouvrage, les œuvres d'anonymes côtoient les clichés légendaires de la capitale, pris au quotidien ou lors de moments historiques.

Ces photographies, toutes en noir et blanc, dévoilent la ville d'antan avec ses toits, ses bals populaires, les quais de Seine ensoleillés et les trottoirs trempés …

Tous les grands photographes qui ont aimé Paris sont là : Daguerre, Atget, Brassaï, Kertész, Doisneau, Cartier-Bresson, Boubat, Izis, Ronis, Riboud … mais aussi Horvath, William Klein et Man Ray … aucun ne manque pour cette grande rétrospective d’un Paris éternel.

 

>> "Paris mythique", éditions Parigramme, 144 pages, Edition bilingue français-anglais - 9,90 euros

 



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Paris à Visa pour l'image.

12 Septembre 2012, 10:30am

Publié par barreteau

A  Perpignan, hier …


Comme chaque année à pareille époque, "VISA pour l'image" nous donne à voir le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec ses conflits, ses crises, ses mœurs, sa misère … son humanisme aussi.

Mais, à côté du photojournalisme, une nouvelle écriture photographique, le "web documentaire" a, depuis quelques années, été introduit, à Perpignan.
Et dans ce nouveau genre, c'est un thème plus léger qui a été primé.

"Défense d'afficher" a  en effet pour sujet l’art urbain et se vit comme un parcours sur les traces de graffeurs s’exprimant dans huit villes de la planète.

Paris est l'une d'elles. Et ce n'est pas l'escale la moins originale avec, comme guide, Ludo qui se sert de la lumière des espaces publicitaires des abribus et des grandes enseignes pour détourner subtilement les marques et les transformer en plantes carnivores ou en aliens menaçants.
A voir …



>> "Défense d'afficher, ce que le street art raconte du monde".

>> Le web documentaire, nouvelle écriture photographique.

>> Visa pour l'image":déjà sur Parisperdu.

>> L'art urbain, le street-art sur Parisperdu.


 

 

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Une prolifération d'images ...

26 Décembre 2011, 14:55pm

Publié par barreteau


Il n'est plus original de parler de la prolifération des images. Partout, nous vivons dans un monde plein de photos, de vidéos... Dans les rues, dans les transports, et même de plus en plus dans nos poches, sur les écrans de nos téléphones, nous "subissons" des images qui nous parviennent à un rythme de plus en plus accéléré. Nous ne prenons plus le temps de les analyser, de les hiérarchiser. La plupart du temps, nous recevons cette masse de visuels de manière très passive.

Parisperdu est là pour prendre le contre-pied de cet état de fait, en proposant des choix assumés, revendiqués. En donnant à chaque sujet plus ou moins d'importance, en faisant comprendre l'importance d'une légende, d'un texte explicatif … en laissant à chacun la liberté de choisir entre l'image ou le texte ou encore … l'image plus le texte.

Avec "l'album des Lieux retrouvés", Parisperdu va un peu plus loin. Le mélange s'ajoute à l'accumulation.

Cet album montre en effet des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.

Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs).

C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.



>> Les "Lieux retrouvés" de Parisperdu.

 

 

 

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" Paris, Portrait d'une ville "

18 Décembre 2011, 11:02am

Publié par barreteau

Démolition des Halles de Baltard. Août 1971. Copyright : Jean-Claude Gautrand.


Jean-Claude Gautrand, passionné par notre chère capitale, nous offre avec le livre "Paris" aux éditions Taschen, une chronique photographique exceptionnelle sur Paris. Avec ses 600 pages et plus de 500 photographies, ce livre est un incroyable voyage à travers un siècle et demi d’histoire, du second empire à nos jours.

Il faut dire que Jean Claude Gautrand, né en 1932, est l’un des plus grands spécialistes français de la photographie. C'est aussi un homme véritablement passionné par cette ville, sa ville "quand je franchis le périphérique, je suis à l’étranger" dit-il en reprenant les mots de Doisneau, qu’il fait sien.


Photographe professionnel depuis 1960, il s’est également fait un nom comme historien, journaliste et critique, grâce à de nombreuses publications. Il est l’auteur, toujours aux Editions  Taschen, des livres "Paris mon amour" (1999), "Brassaï" (2004) et "Ronis" (2005) et aussi de deux livres consacrés à Doisneau (2003).

Aujourd'hui, avec cette collecte de photographies tirées de dizaines d’archives et de collections privées, se rencontrent le passé et le présent, le monumental et le quotidien, les choses et les gens.

"Paris, Portrait d’une ville" qui vient de sortir en librairie, tombe donc à pic pour faire un très beau cadeau lors des fêtes de fin d’année. Car cet "album de famille", qui pourrait être celui de tout Parisien, fera le régal de tous les amoureux de Paris et de la photographie.



>> Ecouter Jean- Claude Gautrand nous présenter ce livre.

>> Le livre, au catalogue des Editions Taschen.

  

 

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Ecrire avec la lumière.

6 Décembre 2011, 09:19am

Publié par barreteau

Environs de Hoi An (Viêt-Nam) - novembre 2010


L'étymologie du mot est sans ambigüité: photographier, c'est écrire avec la lumière.
Parfois, on dit aussi que photographier, c'est "capturer" ou "shooter", mais je n'aime pas trop ces termes barbares, belliqueux …
Je leur préfère le terme "apprivoiser". Apprivoiser la lumière idéale qui ne dure pas, le regard d’un sujet que vous ne connaissez pas et qui ne vous connait pas, un moment fragile qui déjà s’échappe …

J’ai besoin de la photographie parce qu’elle me permet d’exprimer ce que l’écriture ne dit pas, de dévoiler ces interstices où les mots ne peuvent aller.
Je l’aime simple, saisissant un instant … parce qu'alors, elle repousse les limites du sensible et conduit un peu plus loin, au-delà des apparences.

Saisir un regard, un geste, un mouvement qui n’attend pas … la photographie c’est avant tout une rencontre.
Mais pour cela, il faut sortir de chez soi et aussi de soi, arpenter sa rue, sa ville, le monde peut-être … le photographe est forcement voyageur car, si rester c'est exister, voyager c'est vivre !

Vivez donc votre voyage dans Paris, même si ce Paris a disparu, Parisperdu est là pour essayer de vous le restituer !

 

>> Voir aussi: "De l'intérêt du Noir & Blanc ..."

 

 

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De l'intérêt du Noir & Blanc.

13 Janvier 2011, 11:10am

Publié par barreteau

34 Rue Montorgueil  - 75001 Paris

 

 

La monochromie donne à l'image une unité, lui confère une qualité quasi tactile, presque "sensuelle" que l'on ne retrouve pas toujours avec la couleur.
Et, dans tous les cas, une image en Noir & Blanc permet une expression plus personnelle.

Avec sa riche et subtile gradation des valeurs de gris, le Noir & Blanc exerce une sorte de fascination qui se prolonge longtemps, alors que la couleur est souvent plus immédiate, plus émotionnelle.

 

Bien sûr, cela ne veut pas dire que la photo Noir & Blanc soit foncièrement plus "artistique" que la couleur. Mais parce qu'elle est une représentation plus fidèle de la réalité, une photo couleur nous incite à nous intéresser davantage au sujet qu'à l'esthétique de l'image... alors que le Noir & Blanc donne un impact plus fort à l'image et le message visuel passe alors plus facilement.

 

Alberto Moravia  nous délivre la conclusion quand il écrit : " La réalité est en couleur mais le noir et blanc est plus réaliste".

 

>> La preuve par l'image …(1)

 

>> La preuve par l'image …(2)

 

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" Mon point central, c'était la place des Fêtes ".

20 Mai 2010, 16:19pm

Publié par barreteau

La place des Fêtes,  novembre 2009 -  Paris 19ème


Ce billet est publié à l'occasion du 150ème anniversaire du 19ème arrondissement. Plus particulièrement, il est destiné à accompagner le concours photo: "D-Clic-19 : Mon quartier Place des fêtes" qui se déroule, jusqu'au 8 juin, dans le cadre de cette manifestation.

Pour cet évènement, nous vous proposons de faire un petit retour en arrière grâce à Paul Adnot, un ancien résident du quartier, qui nous relate l'ambiance populaire, animée et chaleureuse d'un Belleville aujourd'hui disparu.

"Flash-back" donc, avec Paul:

"J'ai été deux fois déraciné.
J'aimais la campagne, j'étais habitué au grand air, aux champs, et on m'a ramené à Paris, dans cette ville incroyable, j'étais perdu, affolé, on m'a mis à l’école avec des instituteurs qui étaient des peaux de vaches.
La deuxième fois que j'ai été déraciné, c'est quand ils ont foutu notre quartier en l'air. Tout le monde se connaissait avant : c'était un village, c'était notre campagne à nous. Ce n'est pas comme maintenant, on passe à côté des gens sans les voir, personne vous voit, vous voyez personne non plus. Mon point central, c'était la Place des Fêtes quand j’étais gosse : il y avait des baraques foraines dans le "square Monseigneur Maillet", il y avait la fête, des parades foraines. Le dimanche, les cafés étaient pleins; ils restaient ouverts jusqu'à près de minuit : bien sûr, il y avait quelques ivrognes… L'été, on sortait du boulot, on avait soif, on allait boire un pot chez Dupont, au coin de la rue Pré-Saint-Gervais et de la rue Compans.

Puis ça a commencé avec les types qui ont commencé à prendre les métrés, les géomètres, puis après, on a vu arriver les engins avec leurs grosses boules d’acier qui abattaient les murs. Les premiers bâtiments construits sont les "paquebots" de la rue de Bellevue. Après, ils ont foutu en l'air l’école de garçons : j'en ai bavé dans cette école, mais ça m’a fait mal au ventre quand ils l'ont démolie, c'était mon passé. Quant à moi, j'habite dans des HBM (habitations bon marché), les HLM d'autrefois qui ont été construits en 1921 et finis en 27. J'avais un oncle, peintre en bâtiment : quand il a vu mon appartement, il n'en revenait pas : vous vous rendez compte, les W-C. chez soi ! Or, on ne savait pas ce qu'ils allaient construire... Quand on a vu la hauteur des constructions alors là, ça nous a déchirés ! C'était affreux... Quand on sortait du métro, tous les gens s'arrêtaient, regardaient, et comptaient les étages en espérant chaque jour qu'ils s’arrêteraient. Par rapport à ce qui était prévu, ils ont changé quatre fois de plans, mais les tours y étaient toujours. Pas mal de gens sont partis en banlieue  (ceux qui ont été expulsés); d’autres ont été relogés près des casernes entre la Porte des Lilas et de Bagnolet : c'est pas beau, je voudrais pas y habiter.

Alors une nouvelle époque est née, et sont apparus les frigidaires, les télévisions, tout le confort, quoi ! J'avais un copain d’enfance, on allait le voir tous les vendredis soir. On arrive : Oh !... Il s'était acheté un frigidaire ! Le lendemain, on achetait un frigidaire. Un soir on arrive, il avait acheté la télé : c'est pas vrai ! Moi, je l'ai acheté un ou deux ans plus tard. Mais çà a été dommage : on était collé dessus ! Vous vous rendez compte : le cinéma à domicile, on se dérange plus !... Maintenant, je suis plus sélectif, je ne regarde pas n’importe quoi ".
 

Paul  Adnot nous livre-là le témoignage authentique d'une époque. Il a connu les taudis de Belleville, les miséreux, la face sombre de la condition ouvrière d'alors, contre laquelle luttait quotidiennement cette belle convivialité, faite de solidarité, d'entraide et dont il faut bien voir, derrière son aspect plaisant, qu'elle constituait une technique collective de survie, difficile à retrouver aujourd'hui malgré notre "crise" actuelle qui n'est pas comparable, même de loin, sinon peut-être au plan psychologique.

Si cette ambiance Bellevilloise, désormais mythifiée, nous apparaît comme un passé irrémédiablement perdu; il est heureusement des gens qui, aujourd'hui encore, continuent à créer du lien entre les habitants de ce 19ème arrondissement, si vivant, si attachant …
Alors merci à eux et, bon anniversaire à la Place des Fêtes !




>> Le 19ème arrondissement fête ses 150 ans : Concours Photo.

>> La place des Fêtes, déjà sur Parisperdu.


>> Voir aussi : "Ce n'est vraiment pas la fête ... !"



 

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La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (3/3)

27 Décembre 2009, 18:12pm

Publié par barreteau

 

Les amoureux de la rue Etienne Marcel – 75001 Paris – Juin 2005  

 

On peut effectivement se poser la question : la photo humaniste ne serait-elle pas déjà morte ? D'ailleurs, aucun nom de photographe humaniste de moins de 50 ans ne me vient spontanément à l'esprit ...  Aujourd'hui, la photographie ne serait-elle pas déjà passée à un stade plus conceptuel ?

 

Sans doute, … mais si les Doisneau, Ronis, Izis, Boubat … sont morts, la photo humaniste elle, se doit de vivre car elle est, selon moi, l'un des vecteurs principal d'émotions en photographie ! Mais peut-être faut-il pour cela que les deux "camps" précités (le photographe et le photographié) arrêtent de se voir en ennemis et de s'incriminer...

 

Respect et confiance, voilà ce qui est nécessaire.

Il faut que le photographe respecte le sujet (il ne serait rien sans lui après tout), respecte le contexte de l'image, sans essayer de la détourner et conserve une certaine éthique.

Il faut en même temps que le sujet fasse confiance au photographe quant à l'utilisation de son image et à sa diffusion.

 

Dans un "monde idéal", les deux "camps" doivent arriver à s'abstraire de la notion d'argent. Le photographe doit agir dans une démarche purement artistique et le sujet ne doit pas redouter qu'on fasse de l'argent sur son dos pendant que lui n'en retire rien.

Alors, ... dans ce "monde idéal", la photographie humanisme vivrait !


Oui... sauf que dans le "monde réel": respect, confiance et désintérêt pécuniaire sont en perte de vitesse, ce qui peut nous rendre assez pessimiste sur l'avenir de la photo humaniste...



>> Voir aussi sur Paris perdu : "La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ... ?"


>> Voir aussi : "La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (2/3)"

 

 

 

 

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